Les raisins de la colère, de John Steinbeck (1939)

Le premier rendez-vous de l’année autour des classiques fantastiques tape fort en nous invitant à piocher dans la bibliographie de John Steinbeck. Après mon coup au cœur avec Des souris et des hommes, je n’ai pas été originale en me tournant vers un autre chef-d’œuvre – titre amplement mérité – de l’auteur américain : Les raisins de la colère.

Les raisins de la colère, c’est l’histoire des Joad chassés de leurs terres, leur épopée vers la Californie et leurs jours de galère dans cet État qui ne veut pas vraiment d’eux. Mais, roman de la Grande Dépression, c’est aussi le chœur des voix de tous ceux qui sont jetés sur les routes par la perte de leur terre, par l’espoir d’une vie plus douce et d’un travail plus facile ; le chœur de tous ceux qui voyagent, qui vendent, qui tentent de s’en sortir, qui en profitent, qui se souffrent, qui se résignent, qui se mettent en colère ; le chœur des fermiers expropriés, des vendeurs automobiles, des travailleurs, des cyniques, des désespérés.

J’ai été captivée par ce roman magistral dont la forme m’a surprise, puis happée : Steinbeck alterne les chapitres suivant la famille Joad avec des chapitres qui offrent un regard plus général, voire contemplatif – l’action destructrice des tempêtes de poussière sur les cultures, la lente et opiniâtre avancée d’une tortue, les ravages des pluies incoercibles… Narration, description, dialogue, multitude de voix… les formes adoptées sont variées et confèrent un aspect presque documentaire unique et passionnant. Ces chapitres inattendus inscrivent l’histoire personnelle des Joad dans un cadre bien plus global et soulignent le côté démultiplié de ces malheurs.

Ce roman est la voix de la misère, de la dignité, de l’injustice et il est incroyablement puissant. Comment pourrait-il en être autrement face à ces espoirs forcément déçus, cette fuite en avant qui ne peut qu’aboutir dans un mur, ces magouilles bien plus grandes que ces gens normaux, ces manipulations révoltantes, ce jeu pipé avec des existences poussées à bout ?
C’est le récit d’un système injuste conçu pour exploiter la misère et l’espoir au profit de quelques-uns, pour arnaquer ceux qui sont déjà les plus défavorisés, pour engraisser les banques et les grosses entreprises en essorant les êtres.
Le récit d’un cercle vicieux où les gains ne peuvent dépasser les dépenses. Quel ébahissement face au cynisme des raisonnements capitalistes.
Le récit d’une humanité niée, de femmes et d’hommes rabaissés, exploités, maltraités, humiliés. Quel déchirement face à cette interrogation récurrente des Joad, cette question naïve, expression de la surprise et des sentiments blessés : comment peuvent-ils nous traiter comme si nous n’étions rien, comme si nous n’étions pas des êtres humains, comme si nous étions moins que des êtres vivants ?

Parallèlement à ce système à broyer les âmes, il y a ces femmes et ces hommes humbles, ces petits qui nous font vivre le déchirement de quitter sa maison et sa terre, les épreuves au fil de la route, l’amour pour leur famille, l’espoir qui les habite, leur bonne volonté et leur désir de s’intégrer, de trouver un nouveau foyer, le mépris et la haine qu’ils reçoivent en retour. Et au milieu de la violence, il y a là de l’honnêteté, de l’entraide, de la générosité, qui disent que tout n’est peut-être pas perdu tant qu’on se serrera les coudes.
Ce roman marque également pour ses personnages bouleversants, comme Man, la matriarche fantastique de courage et d’altruisme qui s’impose comme le véritable pilier de la famille, comme John, l’oncle noyé dans ses remords, comme Casy, l’ex-prêcheur et son regard lucide avant l’heure.

Plus bavard que Des souris et des hommes, mais tout aussi efficace, voilà un roman engagé qui dénonce et qui rend hommage, un classique vibrant qui émeut et qui révolte ; un monument littéraire impeccable qui mérite tous les encensements ; un récit sociologique déchirant qui trouve malheureusement une résonance certaine avec notre époque.

« On est bien dans un pays libre, tout de même.
Eh bien, tâchez d’en trouver, de la liberté. Comme dit l’autre, ta liberté dépend du fric que t’as pour la payer. »

« Un homme, une famille chassés de leur terre ; cette vieille auto rouillée qui brimbale sur la route dans la direction de l’Ouest. J’ai perdu ma terre. Il a suffi d’un seul tracteur pour me prendre ma terre. Je suis seul et je suis désorienté. Et une nuit une famille campe dans un fossé et une autre famille s’amène et les tentes se dressent. Les deux hommes s’accroupissent sur leurs talons et les femmes et les enfants écoutent. Tel est le nœud. Vous qui n’aimez pas les changements et craignez les révolutions, séparez ces deux hommes accroupis ; faites-les se haïr, se craindre, se soupçonner. Voilà le germe de ce que vous craignez. Voilà le zygote. Car le « J’ai perdu ma terre » a changé ; une cellule s’est partagée en deux et de ce partage naît la chose que vous haïssez : « Nous avons perdu notre terre. » C’est là qu’est le danger, car deux hommes ne sont pas si solitaires, si désemparés qu’un seul. »

« « – Du calme, fit-elle. Il faut avoir de la patience. Voyons, Tom… nous et les nôtres, nous vivrons encore quand tous ceux-là seront morts depuis longtemps. Comprends donc, Tom. Nous sommes ceux qui vivront éternellement. On ne peut pas nous détruire. Nous sommes le peuple et le peuple vivra toujours.
– Ouais, mais on prend sur la gueule tout le temps.
– Je sais. » Man eut un petit rire. « C’est peut-être ça qui nous rend si coriaces. Les richards, ils viennent et ils passent et leurs enfants sont des bons à rien, et leur race s’éteint. Mais des nôtres, il en arrive tout le temps. Ne te tracasse pas, Tom. Des temps meilleurs viendront.
– Comment le sais-tu ?
– J’sais pas comment. » »

« Le travail de l’homme et de la nature, le produit des ceps, des arbres, doivent être détruits pour se maintiennent les cours, et c’est là une abomination qui dépasse toutes les autres. »

« Les gens s’en viennent armés d’épuisettes pour pêcher les pommes de terre dans la rivière, et les gardes les repoussent ; ils s’amènent dans leurs vieilles guimbardes pour tâcher de ramasser quelques oranges, mais on les a arrosés de pétrole. Alors ils restent plantés là et regardent flotter les pommes de terre au fil du courant ; ils écoutent les hurlements des porcs qu’on saigne dans un fossé et qu’on recouvre de chaux vive, regardent les montagnes d’oranges peu à peu se transformer en bouillie fétide ; et la consternation se lit dans les regards, et la colère commence à luire dans les yeux de ceux qui ont faim. Dans l’âme des gens, les raisins de la colère se gonflent et mûrissent, annonçant les vendanges prochaines. »

Les raisins de la colère, John Steinbeck. Éditions Gallimard, 1963 (1939 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marcel Duhamel et Maurice Edgar Coindreau. Dans un recueil de quatre romans, pages 293 à 717.

Tiens, goûte !, de Chloé Charles et Tiphaine de Cointet (2022)

Tiens, goûte 1Chloé Charles est cheffe, Thiphaine de Cointet dessinatrice et Raphaelle Orliange seconde Chloé, prend les photos et apporte des petites infos complémentaires ; la première explique et dévoile quelques secrets culinaires à la seconde qui n’y connaît pas grand-chose et qui les partage à son tour par le biais du dessin.

J’avais repéré ce livre de cuisine atypique chez Owi Owi – dont le livre Le gâteau dont tu es le héros est en train de devenir ma bible des gâteaux tant tout me fait envie –, ce qui fait que j’ai sauté sur l’opportunité de la découvrir grâce à une Masse critique Babelio.

Graphiquement, je n’ai pas accroché, ce n’est pas un style de dessin que j’apprécie. Néanmoins, si je ne me suis donc pas attardée longuement à détailler les illustrations, cela n’a pas nui à ma lecture.
C’est une bande dessinée instructive qui, au fil des recettes de Chloé et des questions de Tiphaine, apporte des explications sur la raison d’ajouter tel type d’ingrédients, de cuire de telle manière… pour savoir un peu mieux jouer avec la cuisine et en comprendre les réactions chimiques, les harmonies gustatives, etc. L’idée est donc de comprendre ce que l’on fait pour pouvoir s’affranchir des recettes et se laisser aller à plus d’imagination et de spontanéité. De plus, Chloé Charles est dans une démarche gourmande et anti-gaspi qui me plaît bien.
L’enthousiasme et la complémentarité des caractères des participantes rend la BD rythmée et sympathique à lire : il semblait régner une bonne ambiance dans cette cuisine ! Le sens du partage et l’humour viennent agrémenter les connaissances de manière très équilibrée et agréable.

Ce n’est donc pas un livre de recettes, même si celles concoctées au fil de l’initiation de Tiphaine sont reprises à la fin de l’ouvrage avec une photo. Je doute de réellement y revenir pour les tester à l’avenir car l’une d’entre elle m’a laissée perplexe au niveau des proportions et beaucoup sont à base de viande ou produits de la mer, ce que je ne cuisine plus du tout. Cependant, je prendrai peut-être le temps de me pencher sur les recettes végé, de sauces ou de desserts.

Un ouvrage pédagogique et accessible qui explique plusieurs notions de cuisine dans une ambiance joyeuse en mode « viens avec moi, je vais te montrer tout ça ! ».

« N’empêche… Si on réfléchissait comme on cuisine, le monde aurait une bien meilleure saveur. »

Tiens, goûte ! : une bande cuisinée, Chloé Charles et Tiphaine de Cointet. First éditions, coll. La vie en bulles, 2022. 175 pages.

Mini-critiques : un recueil de nouvelles, un album et une BD

Je vous propose trois petites chroniques sur mes dernières lectures un peu miton-mitaine de 2022 : certaines m’ont davantage plu que d’autres, mais aucune n’est exempt de points négatifs alors qu’il y a une autrice et un scénariste que j’affectionne tout particulièrement (personne n’est infaillible !). C’est parti pour le tour des qualités et des défauts de 600 jours d’Apocalypse, Tout un monde d’animaux et Mauvais sang.

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600 jours d’Apocalypse,
de Rozenn Illiano
(Oniro Prods, auto-édition, 2019)

600 jours d'Apocalypse (couverture)Une nouvelle lecture du Grand Projet dans ma besace avec ce recueil de nouvelles qui complètent la série Town et le roman Onirophrénie également lus en 2022. Un livre compagnon qui nous fait retrouver Élias, Oxyde, Francesca, Saraï (personnage d’Elisabeta), Ana, Chester et Lili et Lucifer.

C’est un livre sympathique car il est toujours agréable de côtoyer un peu plus longtemps des personnages que l’on affectionne ; ce petit tour des différents protagonistes permet de mieux ressentir leur vécu de cette catastrophe, de les fréquenter le temps d’un instant, un épisode de vie pendant ces six cents jours dévastés. Cependant, je pourrais le qualifier de dispensable malgré tout, Town se suffisant à elle-même. Ce n’est à mon avis pas un livre pour découvrir l’univers de Rozenn Illiano à mon goût et plaira plutôt aux lecteurs et lectrices de Town (au minimum).
Je ne suis pas friande de nouvelles : pour réellement me plaire, elles doivent être particulièrement impactantes et rares sont les auteurs et autrices à parvenir à me convaincre inconditionnellement (même si j’aime leurs œuvres à côté de ça). Ici, les premières ne me marqueront guère, et j’ai noté une certaine redondance dans les descriptions des paysages apocalyptiques qui a légèrement gâché mon plaisir.

Je retiendrai néanmoins deux textes que j’ai vraiment appréciés.
Tout d’abord, la nouvelle « Au bout de la route » avec Lili et Chester. Un moment d’apaisement et de relâchement, de plaisanterie et de confiance, sans nier la terreur alors que la fin du monde approche à grands pas. Une connivence inattendue, un lien qui se tisse même s’il semble dérisoire face au néant qui se profile à l’horizon.
Ensuite, la novella « Mille chutes » qui donne la parole à un personnage aussi mystérieux que fascinant, Lucifer. Un personnage qui reste lointain dans Town, avec des motivations aussi insaisissables que sa personne, un discours dont on ne sait le vrai du faux. Alors, certes, cette novella brise un peu ce mystère, le rendant plus accessible, plus faillible, plus humain, mais elle permet également de mieux le connaître, de mieux comprendre l’histoire millénaire qui a conduit à cette fin du monde, les intrications des personnages, les plans célestes et les luttes terrestres pour les contrer, ainsi que l’histoire de Chester.

Un ouvrage plaisant, bien que facultatif : un bonus pour prolonger un peu la route.

« Maintenant, je pense que l’amitié est une chimère. L’amour aussi, sans doute. Étrangement, ce sont les amitiés perdues qui m’ont été plus douloureuses. J’aurais voulu avoir un ami d’enfance, comme dans les histoires ou dans les films. L’ami que tu connais depuis toujours, celui avec qui tu grandis et que tu considères comme ton frère… puis au fil des années, tu ne sais plus ce que tu éprouves pour lui, tu mélanges tout, l’amitié, l’amour, le désir, mais ce n’est pas grave parce que tu sais que quoi qu’il arrive, il sera là pour t’aider à déplacer un cadavre en pleine nuit, pour te faire passer un barrage de police à la frontière ou pour t’empêcher de sauter par la fenêtre. Je regrette de ne pas avoir eu cette chance. »
(Au bout de la route)

« J’avais là une unique occasion de retrouver l’un des miens. Car j’étais seul, te souviens-tu ? Durant des siècles, j’étais seul. Je ne pouvais partager avec personne les sentiments ambivalents qui étaient les miens, la joie d’arpenter ce monde et la peine de ne pas en faire partie, l’émerveillement devant tout ce que l’humanité avait à offrir face à la douleur perpétuelle de me savoir loin du Ciel. La Matière était à la fois une bénédiction et une malédiction propres à faire perdre la tête à n’importe qui ; comment s’habituer à ces émotions qui ne cessaient jamais, alors que l’on est né sans ? Comment supporter le battement constant du cœur dans notre poitrine, et le souffle qui va et vient sans fin ? »
(Mille chutes)

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Tout un monde d’animaux : un livre-jeu Deyrolle
(Gründ, coll. Green Gründ, 2022)

Tout un monde d'animaux (couverture)Deyrolle est un cabinet de curiosité parisien (dont j’ignorais l’existence en dépit du fait que je suis passée moult fois dans la rue du Bac qui l’abrite…) et les illustrations de ce livre sont tirées de ses collections pédagogiques. Cet album présente ainsi douze planches colorées célébrant la beauté et la diversité animalières à travers différents milieux : la ferme, l’océan, le jardin, l’Afrique, etc.

Les compositions jouent sur la répétition et la symétrie et ces pages foisonnantes proposent ainsi des jeux de cherche et trouve, d’éléments à compter, d’intrus à repérer, etc., sans compter le temps simplement passé à tout regarder pour ne pas en oublier.
Certaines pages sont extrêmement harmonieuses et agréables à détailler – on les exposerait bien ! – tandis que d’autres sont, à mon goût, un peu moins heureuses en terme de présentation (celles sur les poils, plumes et écailles par exemple, alors que le principe de reconnaissance « à qui cela appartient-il ? » est particulièrement ludique et plaisant.
Sur la page de gauche, un texte rapide introduit la planche tandis que quelques approfondissements – diverses informations sur les animaux représentés – sont offerts en fin d’ouvrages avec les solutions.

Une jolie découverte, ne serait-ce que pour quelques pages particulièrement esthétiques.

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Mauvais sang,
de Loïc Clément (scénario) et Lionel Richerand (dessin)
(Delcourt jeunesse, 2022)

Mauvais sang (couverture)

Issue de la collection des Contes des cœurs perdus, cette bande-dessinée raconte l’histoire de Tristan Tenebrae, vampire coincé depuis mille ans dans un corps d’enfant en proie à d’incommensurables angoisses. Du moins jusqu’à sa rencontre avec la famille Lux… Seconde histoire de vampire de la collection après Chaque jour Dracula, je dois avouer que ni l’histoire ni les illustrations n’ont su me convaincre.

L’intrigue et la narration tout d’abord. Certes, les doutes, inquiétudes et autres terreurs de Tristan sont touchantes et bien rendues dans ce qu’elles ont d’oppressantes et d’abrutissantes. Certes, l’histoire est intelligente, racontant le stress, le confort des habitudes, la solitude, prônant la différence, les familles de cœur quand celles de sang sont défaillantes et la confiance en soi. Néanmoins, le déroulé de l’histoire est beaucoup trop facile, rapide et sans surprise, me faisant nettement ressentir que je ne suis pas forcément le premier public de cet ouvrage (j’avais eu le même sentiment avec Chaque jour Dracula d’ailleurs). De même, la morale finale m’a parue lourde, assénée d’un bon coup de marteau au cas-où elle nous aurait échappé. (De plus, j’étais lassée presque avant de la rencontre de cette énième famille fantasque.)
Quant aux illustrations, je leur reconnais des qualités également : elles sont riches en détails et en clins d’œil, incitant à prendre son temps pour les détailler. Cependant, le trait de Lionel Richerand que je découvre ici n’est tout simplement pas à mon goût, notamment au niveau des couleurs trop ternes et des visages, ce qui m’a plus d’une fois interpellée et sortie de ma lecture (la couverture ne mentait pas à ce niveau-là…).

Ce n’est donc pas le meilleur opus de la série : si je lui reconnais diverses qualités, les défauts ont davantage imprégné mon ressenti vis-à-vis de cette lecture.

Personne ne gagne, de Jack Black (1926)

Personne ne gagne (couverture)Personne ne gagne est le récit autobiographique de Jack Black, hobo, voleur, cambrioleur, perceur de coffre. À travers ses errances, ses coups, ses incarcérations, à travers les États-Unis et le Canada, à travers quelques dizaines d’années de vie jusqu’à sa « reconversion » dans un emploi d’archiviste d’un journal, il nous fait découvrir une époque et un mode de vie.

Car, au-delà de sa vie, son récit trace aussi le portrait de l’Amérique de la fin du XIXe et du début du XXe siècles. Une Amérique post-ruée vers l’or avec ses saloons, ses fumeries d’opium, ses bordels, ses prisons aux pratiques cruelles. L’Amérique nocturne, celle des bas-fonds et de l’illégalité. Mendiants, prostituées, voleurs, assassins, vagabonds… tel est l’entourage de Jack Black. Un entourage dont il nous fait découvrir l’argot et le code moral étonnamment rempli de principes et de valeurs. Un entourage d’où naîtra quelques trahisons, mais aussi des amitiés fortes et des loyautés indéfectibles.

Jack Black raconte son histoire de manière assez humble et particulièrement lucide. Il analyse à plusieurs reprises le pourquoi de ses activités criminelles et ses sentiments fluctuant, sans finalement blâmer une quelconque cause extérieure.
Son récit est un plaidoyer contre la peine de mort et les mauvais traitements en prison qui ne résolvent rien et ne détournent personne de la récidive. Parfois maltraité, blessé physiquement par l’autorité, il raconte comment cela n’a fait que nourrir sa rage et son sentiment d’injustice, l’éloignant toujours davantage de la société, jusqu’à ce qu’il soit sauvé par la bienveillance d’un procureur, d’un juge, de personnes l’ayant aidé, lui ayant procuré un toit et un travail. Sa détermination fut également un outil précieux grâce à un déclic personnel nourrissant sa volonté d’arrêter l’opium, de rembourser ses dettes et de ne pas trahir la parole donnée.
Des passages sont particulièrement chouettes et intéressants, qu’ils soient drôles, touchants ou introspectifs, mais je regrette que d’autres m’aient laissé de marbre alors qu’ils n’auraient pas dû. Je pense notamment à ceux où des amis se font tuer sous ses yeux pendant des vols, mais où le récit ne transmet aucune émotion (pour le coup, on ne peut pas lui reprocher de tomber dans le pathos !).

Une fois Jack Black parti sur les routes, le roman souffre d’une certaine répétition à mes yeux : il s’agit d’un enchaînement de coups et d’emprisonnements un peu mécanique, amplifié par un détachement vis-à-vis de l’histoire, des événements, du narrateur. J’ai eu bien du mal à me sentir impliquée ; au contraire, je me suis sentie mise à distance, peut-être à cause du fait que l’auteur revient sur des événements s’étant déroulés des années auparavant. Paradoxalement, cela donne l’impression d’une liste de casses et de vols assez exhaustives sans que je ne me sois représentée le nombre de coups, le temps que cela lui demandait, les sensations et les pensées que cela génère chez lui sur le moment…
Cependant, cela est rattrapé sur la fin – c’est juste dommage d’avoir dû attendre autant – dans deux chapitres où il relate des coups en détail, presque mouvement par mouvement, ce qui rattrape tous les défauts énumérés ci-dessus. Outre le fait que l’on se rend mieux compte du temps qu’il y passe, c’est surtout beaucoup plus immersif ! Nous partageons sa tension, son appréhension du réveil de la victime ; nous vivons sa frustration en cas d’échec – tout en souriant de quelques gros ratés quasi burlesques – et son plaisir en cas de succès. Et, en parallèle, j’ai ressenti le côté hyper intrusif et dérangeant pour la cible endormie qui ignore qu’une main étrangère est en train de fouiller sous son oreiller…

L’argot utilisé par Jack Black – une boutanche, thuner, une consolante, les conventions dans les jungles, se faire un train… – m’a d’ailleurs interrogée. Car s’il permet d’offrir une voix originale et identifiable à son narrateur, de l’ancrer dans un milieu, son authenticité est questionnable étant donné qu’il s’agit d’une traduction. Ainsi, je me suis souvent demandé quel avait été l’angle des traducteurs et comment les termes avaient été choisis : sont-ils ceux des voleurs francophones ? sont-ils issus du parler des classes sociales les plus modestes ? J’avoue que j’aurais apprécié une petite annexe sur le sujet…

Car le roman est complété par trois annexes à l’intérêt variable. La première est un texte de Jack Black sur les pratiques dans les prisons, leur inefficacité, d’où un appel à davantage d’humanité : sa plume et ses développements sont à la fois intéressants et convaincants. La seconde est de la main de William S. Burroughs qui fut influencé par Jack Black, mais je l’ai trouvé particulièrement dispensable et oubliable ; enfin, la dernière précise un peu la reconversion de Jack Black et la genèse du roman et était potentiellement intéressant mais finalement trop brouillonne pour que je l’apprécie vraiment.

Un récit plaisant qui se lit rapidement – ce qui contribue sans doute à éviter la lassitude née de la redondance – mais bien loin des chocs littéraires qu’ont pu être d’autres Monsieur Toussaint Louverture (tels La Maison dans laquelle, Watership Down ou Et quelquefois j’ai comme une grande idée).

« Si on représentait sur une feuille mon parcours depuis le pensionnat jusqu’à ce bureau, on obtiendrait une ligne en zigzag du genre de celles des scientifiques pour observer les pics et les chutes des températures, des précipitations ou de la Bourse. Chaque changement de cap dans ma vie a été abrupt, soudain. Je ne me rappelle pas en avoir entrepris un seul avec élégance, douceur, facilité. »

« Mon argent fondait comme neige au soleil, je devais me renflouer et, chaque nuit, je rôdais en ville dans un seul but, repérer un coup. C’est difficile d’expliquer au profane la fierté du voleur. Sans elle, il ne paierait ni vêtement ni loyer et emprunterait sans avoir l’intention de rembourser. Jour après jour, il ne fait pas ces choses-là ; jour après jour, il prend des risques et il est fier de pouvoir s’acheter ce dont il a besoin. C’est tordu, bien sûr, mais c’est comme ça. »

« J’avais pris l’habitude de bien peser le pour et le contre avant d’agir. Le problème, c’est que je ne suivais pas toujours mes conclusions. Je savais que je prenais un risque en restant au Canada après mon évasion ; pourtant, j’étais resté. J’avais conscience depuis longtemps que chacun de mes actes était injuste et criminel ; pourtant, je n’avais jamais songé à changer. En réfléchissant à ma situation avec toute la lucidité, la logique et l’objectivité dont j’étais capable, je compris que le seul coupable dans l’histoire, c’était moi, que je m’étais laissé dériver d’un crime à l’autre jusqu’au naufrage. Ni les circonstances ni une quelconque puissance supérieure ne m’avaient forcé à embrasser cette vie et mis dans ce pétrin. Je m’étais moi-même engagé sur cette voir, et je la suivrais tant que je n’aurais pas moi-même décidé de revenir dans le droit chemin. Curieusement, ici et maintenant, je n’en ressentis pas l’envie. Ça me suffisait de sentir que c’était possible. Aucune raison de prendre de bonnes résolutions tant que je n’avais pas purgé ma peine. J’attendrais de voir ce qu’elle me réservait. »

« Je savais qu’un employé bien portant aura tiré plus de ses dix ans de labeur que moi des miens, et si j’avais eu l’intention de me trouver un boulot, j’aurais pris celui-ci comme n’importe quel autre. Mais l’idée de travaille m’était aussi étrangère que celle de cambrioler une maison le serait à un plombier ou à un imprimeur. Je n’étais pas paresseux ou tire-au-flanc ; je savais qu’il y avait des moyens moins risqués et compliqués de gagner sa vie, mais c’était la façon de faire des autres, des gens que je ne connaissais, ne comprenais pas, ne voulais pas. Je ne les traitais pas de gogos ou de péquenauds sous prétexte qu’ils étaient différents et travaillaient pour vivre. Ils représentaient la société. La société représentait la loi, l’ordre, la discipline, le châtiment. La société, c’était une machine conçue pour me mettre en pièces. La société, c’était l’ennemie. Un mur immense nous séparait, elle et moi ; un mur que j’avais peut-être moi-même érigé – je n’étais pas sûr. En tout cas, je n’allais pas l’escalader et rejoindre l’ennemi juste parce que j’avais eu un peu la poisse. »

Personne ne gagne, Jack Black. Monsieur Toussaint Louverture, coll. Les grands animaux, 2017 (1926 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jeanne Toulouse et Nicolas Vidalenc. 470 pages.

Bilan livresque 2022 et souhaits pour 2023

Regard sur 2022

L’heure du bilan… Qui va aller assez vite car je ne suis pas une fondue de statistiques et ne note pas suffisamment de détails sur chacune de mes lectures pour vous en présenter les origines ou les genres. Tout ce que je peux vous dire tient en une ligne : 116 lectures en 2022, environ 50% romans ou nouvelles et 50% BD, comics ou mangas… avec, attention, 5 ouvrages de non-fiction !

Je constate que je n’ai pas eu mille lectures marquantes cette année, de la même manière que je n’ai pas eu d’immenses déceptions ou d’abandons. Cependant, la majorité est composée des titres que j’ai appréciés, qui m’ont fait passer un excellent moment : des romans avec Les enfants sont rois, Le Chancellor ou Annie au milieu, de la fantasy avec Town et Onirophrénie, Les Douze d’Aritsar ou L’héritage de l’esprit-roi, des BD et mangas avec L’homme gribouillé, Le mari de mon frère, Au grand air ou le troisième tome d’Imbattable… Et certaines sont à la limite d’entrer dans ce top, mais pour une raison ou une autre, elles restent sur le seuil.

Voilà donc un petit florilège de mes meilleures lectures de 2022, celles qui, pour le coup, m’ont transportée, éblouie, fascinée, apporté quelque chose de nouveau ou d’original ou de bouleversant, et que je n’oublierai pas de sitôt.

Côté romans

Au zénith, de Duong Thu Huong
L’intégralité du cycle de Terremer, d’Ursula K. Le Guin
La Conquête de Plassans, d’Émile Zola
Mémoires de la forêt, tome 1, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, de Mickaël Brun-Arnaud
L’autre moitié du soleil, de Chimamanda Ngozi Adichie
L’Homme qui rit, de Victor Hugo
La mélancolie du monde sauvage, de Katrina Kalda

Bonus avec le livre inoubliable mais tellement perturbant que l’on ne peut parler de coup de cœur (de coup au cœur plutôt !) : Lolita, de Vladimir Nabokov

Lolita (couverture)

Côté lectures graphiques

Les découvertes…

Dans la tête de Sherlock Holmes, tome 2, de Cyril Lieron et Benoît Dahan (chronique du premier tome)
Blacksad, tome 1, Quelque part entre les ombres, de Juan Diaz Canales et Juanjo Guarnido
Le Jardin, Paris, de Gaëlle Geniller
René·e aux bois dormants, d‘Elene Usdin

… et les relectures si délicieuses

Heartstopper, d’Alice Oseman
Les jours sucrés, de Loïc Clément et Anne Montel
Sandman, intégrale 1, de Neil Gaiman

Mention spéciale pour le documentaire qui m’a captivée d’un bout à l’autre

L'odyssée des fourmis (couverture)

L’odyssée des fourmis, d’Audrey Dussutour et Antoine Wystrach

Les gros flops ?

Pas d’abandon cette année, ni de lectures vraiment détestées, mais je n’ai pas du tout accrochée à certaines.

La louve boréale, de Núria Tamarit
L’histoire de l’hiver qui ne voulait jamais finir, de Shane Jones
Souvenirs d’enfance, tome 1, La gloire de mon père, de Marcel Pagnol

J’en profite pour remercier mes deux copinautes, Maned Wolf et Alberte Bly, pour nos quatre formidables lectures communes : j’ai découvert Terremer, La rivière pourquoi et Personne ne gagne avec la première et Le Pavillon d’or avec la seconde. Même si tous les romans n’étaient pas à la hauteur de nos attentes, c’était un véritable plaisir d’en partager la lecture, de se soutenir dans les moments difficiles et d’échanger au fil des mots. Merci les copines !


Bilan de mes différents challenges et défis personnels

  •  Réduire ma PAL

Avec 56 livres dans ma PAL en décembre 2021, j’escomptais passer sous les 40 titres : c’est chose faite puisque j’étais à 30 livres lors de mon bilan de décembre !

  •  En sortir 22 en 2022 ?

Je ne prévoyais pas réellement de réussir totalement ce challenge impulsé par Moka, mais je suis assez fière de moi car j’ai lu pas moins de 16 titres sur les 22 choisis.

En sortir 22 en 2022

Les 16 romans lus et leur chronique :
1 – Mes vrais enfants, de Jo Walton
2 – L’autre moitié du soleil, de Chimamanda Ngozi Adichie
3 – Sorcières, la puissance invaincue des femmes, de Mona Chollet
4 – Stardust, de Neil Gaiman
5 – La rivière pourquoi, de David James Duncan
6 – Personne ne gagne, de Jack Black
7 – The Jungle Book, de Rudyard Kipling
8 – Fille noire, fille blanche, de Joyce Carol Oates
9 – Au zénith, de Duong Thu Huong
10 – La conquête de Plassans, d’Emile Zola
11 – La faute de l’abbé Mouret, d’Emile Zola
12 – Town, de Rozenn Illiano
13 – Les mystères d’Udolphe, d’Ann Radcliffe
14 – La mélancolie du monde sauvage, de Katrina Kalda
15 – Le pavillon d’or, de Yukio Mishima
16 – Bienvenue au club, de Jonathan Coe

Par la même occasion, j’ai également suivi mon désir de lire deux Rougon-Macquart.

  • Un genre par mois

Je n’ai pas trop mal réussi ce défi de Chez Iluze, avec seulement trois mois sans lecture dans les genres annoncés.

– Janvier : fantasy ou aventure > Le Royaume de Pierre d’Angle, tome 2, Les filles de mai de Pascale Quiviger
– Février : science-fiction > Mes vrais enfants de Jo Walton
– Mars : historique (roman, documentaire, romance historique…) > Beijing Coma de Ma Jian
– Avril : bulles graphiques (BD, romans graphiques, mangas, comics…) > L’homme gribouillé de Serge Lehman et Frederik Peeters
– Mai : jeunesse et young adult (albums, romans…) > Mémoires de la forêt : Le souvenirs de Ferdinand Taupe de Mickaël Brun-Arnaud, illustré par Sanoe 
– Juin : non fiction > Sorcières : la puissance invaincue des femmes de Mona Chollet
– Juillet : thriller, policier, polar > X
– Août : classique ou pièce de théâtre > The Jungle Book de Rudyard Kipling, Cendrillon de Joël Pommerat et La cantatrice chauve d’Eugène Ionesco
– Septembre : nouvelle ou novella > Le Petit Nicolas et les copains, de René Goscinny et Jean-Jacques Sempé
– Octobre : fantastique ou horreur > X
– Novembre : contemporain > La mélancolie du monde sauvage, de Katrina Kalda
– Décembre : romance > X

  • Bonus

Avec un immense plaisir, j’ai été plutôt fidèle à mon rendez-vous favori « Les classiques sont fantastiques » de Moka et Fanny : grâce à lui, j’ai découvert Lolita, Les mystères d’Udolphe, La sonate à Kreutzer, Le Chancellor, Le Petit Nicolas et les copains, La gloire de mon père, L’Homme qui rit, relu L’Amant et placé mes deux Zola annuels (La Conquête de Plassans et La Faute de l’abbé Mouret). Finalement, je n’ai manqué que trois rendez-vous consacrés à la littérature érotique, d’Amérique latine et du Grand Nord, les deux premiers par manque d’inspiration et le troisième de temps essentiellement.

J’ai enfin terminé le challenge des 4 éléments lancé par Adlyn en 2017 ! Presque 5 ans donc pour en venir à bout…


2023, me voilà !

  • En finir avec ma PAL…

… ou, a minima, passer de 30 à 10 livres restants, ça me semble faisable !

  • En sortir 23 en 2023 ?

En sortir 23 en 2023 (logo)Évidemment que je retente ma chance ! Surtout que ça sera peut-être la dernière année où ma PAL sera suffisamment conséquente pour pouvoir participer : l’an prochain, ça sera 24 livres à sortir de ma wish-list !
Donc voici ma liste (dont les cinq premiers sont les non-lus de 2022) :

1 – La Horde du Contrevent, d’Alain Damasio – Parce que je laisse de côté depuis trop longtemps sans raison.
2 – Le dernier stade de la soif, de Frederick Exley – Parce que Monsieur Toussaint Louverture évidemment.
3 – Québec Bill Bonhomme, d’Howard Frank Mosher – Parce que je ne sais pas de quoi parle ce livre mais que ça me dit bien de partir au Canada.
4 – Les raisins de la colère, de John Steinbeck – Parce que j’ai eu un immense coup de cœur pour Des souris et des hommes en 2021 (et que nous sommes en 2023 et que je n’ai toujours pas lu d’autre Steinbeck).
5 – Superstition, de David Ambrose – Parce que cette histoire de fantôme est dans ma PAL depuis des siècles et qu’il serait temps de lui laisser une chance.
6 – Les marins ne savent pas nager, de Dominique Scali – Parce que cadeau de Noël et grande curiosité envers ce titre qui semble diviser.
7 – Le père Goriot, d’Honoré de Balzac – Parce que je n’ai pas lu cet auteur depuis des années et que j’aimerais changer ça.
8 – D’hiver et d’ombres, de Rozenn Illiano – Parce que je veux continuer à découvrir son Grand Projet.
9 – Son Excellence Eugène Rougon, d’Émile Zola – Parce que c’est le prochain Rougon-Macquart sur la liste.
10 – L’Assommoir, d’Émile Zola – Parce que je veux en lire deux par an.
11 – The Wonderful Wizard of Oz, de L. Frank Baum – Parce que magnifique édition signée MinaLima.
12 – Wicked : la véritable histoire de la méchante sorcière de l’ouest, de Gregory MacGuire – Parce qu’après l’original, vient la réécriture.
13 – Les aventures de Mr Pickwick, de Charles Dickens – Parce que, figurez-vous, je n’ai jamais lu Dickens, ce qui ne peut plus durer.
14 – Thérèse Desqueyroux, de François Mauriac – Parce qu’il y a des titres que je traîne depuis trop longtemps, que je doute d’aimer sans savoir pourquoi et qu’il serait temps de savoir ce qu’il en est.
15 – Harry Potter and the Prisoner of Azkaban, de J.K. Rowling – Parce que je ne l’ai pas encore lu dans ma superbe édition illustrée par Jim Kay.
16 – Sueurs froides, de Boileau-Narcejac – Parce que pourquoi pas.
17 – L’art du jeu, de Chad Harbach – Parce qu’un jour, quelqu’un me l’avait vanté avec passion, mais cela fait si longtemps que je ne sais même plus de quoi il est sensé parler.
18 – Trainspotting, d’Irvine Welsh – Parce que j’aime beaucoup le film et que j’ai bien envie d’en découvrir l’origine.
19 – Wunderkind, de  Nikolai Groznl – Parce que j’aimerais savoir quoi faire de ce livre que je promène depuis des années et dont j’ignore s’il me passionnera ou si je passerai totalement à côté.
20 – Les liaisons dangereuses, de Pierre Choderlos de Laclos – Parce que je suis sûre d’aimer ce classique épistolaire (et serait très déçue si ce n’était pas le cas).
21 – Fahrenheit 451, de Ray Bradbury – Parce qu’il fait partie des classiques de la SF que j’ai lu ado et que je veux absolument relire.
22 – Les salauds gentilshommes, tome 1, Les mensonges de Locke Lamora, de Scott Lynch – Parce que j’avais entendu beaucoup de bien de cette série et qu’il serait temps que je m’y mette, avec un train de retard.
23 – Le cas Malaussène, I, Ils m’ont menti, de Daniel Pennac – Parce que j’ai aimé les autres livres de la saga Malaussène.

En sortir 23 en 2023 (photo)

J’ai bien conscience qu’il n’y a pas beaucoup de femmes dans cette liste et que cela reste bien concentré entre la France, l’Angleterre et les États-Unis, mais je commence à tirer les reliques de ma PAL et ce n’est pas là que je trouverai le plus de diversité. Cependant, il y aura toutes les autres lectures pour voir ailleurs.

(Et je continue donc la découverte des Rougon-Macquart par la même occasion.)

  • Et à part ça…

Se faire plaisir.

Et relire Le Cirque des rêves.

Et vous, quels sont vos résolutions livresques pour 2023 ? Vos envies ou vos challenges ?
Quels qu’ils soient, je vous souhaite une belle année de lecture !