Tag Je suis une fangirl

Me revoilà avec un nouveau tag ! J’ai été nommée par Dévolivre en avril, autant dire que j’ai vraiment pris mon temps. Mais il faut dire que le choix a souvent été difficile !

Fangirl

  1. Si tu avais la possibilité de correspondre avec un personnage de roman, lequel choisirais-tu ?

Suite à ma relecture des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, j’aimerais beaucoup cuisiner Lemony Snicket pour qu’il me dise tout sur VDC, les orphelins Baudelaire et ce fameux sucrier. Bien sûr, notre correspondance serait entièrement cryptée et les messages seraient à récupérer dans des lieux incongrus et connus de nous seuls.

  1. Tu peux inviter un auteur à l’apéro, de qui s’agit-il ?

Avec un auteur (ou une autrice !) dans mon salon, je serais complètement pétrifiée, l’esprit vide, incapable de sortir autre chose que des banalités balbutiantes (cf moi dans les salons du livre…). Mais une moi alternative, pleine d’esprit et de répondant, adorerait recevoir Neil Gaiman, parce que le monsieur est un génie, que j’adore (quasiment) tout ce qu’il fait et qu’il doit être d’excellente compagnie. Ou alors Chimamanda Ngozi Adichie, qui semble en plus toute douce et accessible, avec laquelle je parlerais féminisme pendant des heures.

  1. Si tu devais écrire une fanfiction (une histoire imaginée par un fan, tirée d’un livre déjà existant), de quelle œuvre serait-elle tirée ?

Les fanfictions, ce ne sont pas trop mon truc. Même si je suis déjà tombée sur des bonnes, j’en ai lu si peu que je peux probablement les compter sur mes dix doigts. Mais imaginons… Je vais essayer de varier en citant une autre œuvre qu’Harry Potter (et les multiples aspects du monde des sorciers qui restent à explorer)… Allez ! Les arches encore inconnues de La Passe-Miroir (Christelle Dabos) offriraient un chouette décor pour une nouvelle histoire !

  1. Un de tes livres préféré va être adapté au cinéma (imaginons !), on te propose d’y jouer un rôle, quel personnage choisirais-tu d’interpréter ?

J’adorerais être Ellana (Le Pacte des Marchombres, Pierre Bottero) ! Mais attention, je veux devenir aussi souple, aussi rapide, aussi sportive qu’elle, je ne veux pas d’une doublure ! (Ce tag est une pure fiction finalement.) Sinon, pour un rôle moins sportif, je citerai Célia du magnifique Cirque des rêves. (Mais il faudra aussi un réalisateur de grand talent pour rendre à l’écran la magie subtile de ce merveilleux roman.)

Le Cirque des rêves (couverture)

  1. Un de tes livres préféré a été adapté au cinéma (réellement), néanmoins tu n’es pas d’accord avec le choix de l’acteur/actrice pour jouer un des personnages, de quel personnage s’agit-il et quel(le) acteur/actrice verrais-tu à la place ?

Je ne pense pas que ce soit totalement la faute de l’actrice, mais plutôt celle du scénario, du réalisateur ou de je-ne-qui-d’autre, mais je déteste ce qu’ils ont fait du personnage de Ginny Weasley (Harry Potter, J.K. Rowling, faut-il le préciser ?). Bonnie Wright n’a rien du personnage explosif des livres, cette excellente joueuse de Quidditch qui défend fièrement son indépendance, qui est peut-être petite par la taille mais grande par la puissance de ces sorts, qui s’impose à ses frères, qui prend des décisions. Dans les films, je la trouve molle et nunuche, elle m’agace. Par contre, je passe mon tour pour trouver une autre actrice.

Bonnie Wright

  1. Une de tes séries préférées est terminée mais tu souhaiterais voire une suite publiée. De quelle série s’agit-il ?

Est-ce que c’est de la triche de citer une série qui s’est terminée à cause de la mort de l’auteur ? Parce que j’aimerais beaucoup avoir la suite des Âmes Croisées de Pierre Bottero… Et sinon, je ne sais pas. Parce que oui, j’adore Harry Potter, A la Croisée des mondes, etc., donc on en voudrait toujours plus, mais en même temps, je n’aime pas trop les séries qui s’éternisent sur cinquante tomes.

  1. Voudrais-tu réécrire la fin d’un livre que tu as lu ? Si oui, de quel livre s’agit-il ?

Aucun livre ne me vient à l’esprit. L’épilogue d’Harry Potter était plutôt nul, mais ça ne me traumatise pas plus que ça, donc…

  1. Constitue ta famille « livresque » idéale : père, mère, frère et sœur. Choisis bien !

On serait une famille avec beaucoup de filles ! J’aimerais avoir comme grande sœur la Mort (Sandman, Neil Gaiman) et comme petites sœurs Tippi et Grace (Inséparables, Sarah Crossan).

Comme frères, je ne dirais pas non à Benjamin Malaussène (Au bonheur des ogres, Daniel Pennac) même s’il va nous apporter la poisse et à Sherlock (mais façon Cumberbatch, s’il vous plaît), histoire de mettre un peu d’ambiance.

Pour les parents, la question est plus compliquée… c’est d’ailleurs pour ça que j’ai tant retardé ce tag.
Comme père, je vais choisir M. Bennet (Orgueil et Préjugés, Jane Austen) parce qu’il est compréhensif, généreux et plutôt amusant.
Pour la mère, le choix a été difficile puisque seules des mères indignes me venaient à l’esprit. Molly Weasley (souvent citée) étant bien trop tyrannique et intrusive pour moi, je vais dire Ellana (Le Pacte des Marchombres, Pierre Bottero) parce qu’elle est badass et généreuse à la fois, qu’elle m’aurait toujours poussée à chercher mes limites et que son éducation aurait certainement été totalement féministe !

  1. Pour quelle édition collector dépenserais-tu sans hésiter la moitié de ton salaire ?

Clairement, je ne pense pas que je dépenserai un jour la moitié de mon salaire dans un livre. Déjà pour atteindre la moitié d’un salaire, il faudrait soit que ce soit un livre très très très cher, soit être très très très mal payée. Par contre, je craquerai volontiers pour les belles éditions, notamment celles illustrées par de talentueux artistes.

Je ne tague personne car celui-ci a déjà pas mal tourné, me semble-t-il (et que j’ai la flemme de vérifier qui l’a fait ou non), mais n’hésitez pas à le reprendre ou à me donner vos réponses personnelles en commentaire !

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Les fausses bonnes questions, tome 1 : Mais qui cela peut-il être à cette heure ?, de Lemony Snicket (2012)

Les fausses bonnes questions (couverture)A Salencres-sur-Mer, le jeune Lemony Snicket se trouve confronté à : une mentor totalement incapable de mener une enquête, un vol qui n’en était peut-être pas un, une voix au téléphone, une ville déserte, une statuette représentant une créature légendaire locale, et à quelques personnages insolites. C’est parmi cet embrouillamini qu’il va portant devoir trouver des réponses à ses trop nombreuses – et pas toujours pertinentes – interrogations.

Moi qui espérais trouver des réponses à mes propres questions suite à ma relecture des Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire (qu’on abrègera DAOB), me voilà le bec dans l’eau. Déjà l’histoire est une préquelle et, surtout, ce premier tome des Fausses bonnes questions prend clairement la même direction. A savoir, une direction fort nébuleuse.

La fin des DAOB avait divisé les lecteurs entre ceux qui la trouvaient dans le ton de la série – côté duquel je me place – et les frustrés de ne pas avoir de réponses – côté duquel j’ai quand même un ou deux orteils – et ce livre ne change pas décidé à changer cela. La fin… n’en est pas vraiment une. On n’en sait pas beaucoup plus qu’à la première page. Les douze chapitres précédents nous auront surtout fait courir à travers la ville. Quant à la mystérieuse organisation qui avait tant intrigué les lecteurs et lectrices des DAOB, VDC, elle est mentionnée, évoquée, murmurée, mais je n’ai pas l’impression que l’on en saura davantage au fil de la série.
L’absence d’informations n’est pas le seul point commun avec les DAOB. On retrouve sans doute aucun le ton décalé et absurde de Lemony Snicket avec le même amour des mots et des traits d’esprit. Caricaturant notre société, les personnages sont toujours aussi loufoques. De même, les lieux ont toujours ce petit quelque chose hors du commun (comme une ville de bord de mer qui n’est plus au bord de la mer, une mer d’algues survivant sur une terre asséchée, des puits d’encre, etc.).

Et pourtant… déception. L’histoire, totalement absconse, n’a pas réussi à me passionner, j’ai suivi Lemony un peu mollement. Les nouveaux personnages n’arrivent pas à la cheville de Violette, Klaus, Prunille, Olaf, Duncan, Isadora et tous les autres. Je n’ai pas retrouvé l’humour des DAOB, ni la jubilation littéraire qu’avait su faire naître précédemment la plume de Lemony Snicket (dont les apartés m’amusent bien plus lorsqu’ils viennent du Lemony adulte). N’étant donc pas convaincue par le cœur du récit, je me suis sentie dépitée face à ce néant final.

La plupart des ingrédients qui m’avaient réjouie dans les DAOB étaient pourtant présents, mais ce premier tome a totalement échoué à me séduire. Intrigue, protagonistes, écriture… rien n’égale les Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. Sans doute lirai-je un jour la suite, poussée par la curiosité, mais ce ne sera pas dans mes priorités.

« Dans toute bibliothèque, à ce qu’on dit, il y a quelque part un livre prêt à répondre à la question qui brûle comme un feu en chacun de nous. »

Les fausses bonnes questions, tome 1 : Mais qui cela peut-il être à cette heure ?, Lemony Snicket, illustré par Seth. Nathan, 2014 (2012 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Rose-Marie Vassallo. 249 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Le Rituel des Musgrave : 
lire un livre comportant une chasse au trésor/une énigme à résoudre

La faucheuse, livre 1, de Neal Shusterman (2016)

La faucheuse (couverture)La Terre est devenue une utopie. Les besoins de chacun sont assurés par une intelligence artificielle, le Thunderhead, et les inégalités n’existent plus. Mieux encore, la maladie et la mort ont été éradiquées. A présent, la tâche de réguler la population incombe à une Communauté indépendante : les Faucheurs. Eux seuls ont le pouvoir de glaner, c’est-à-dire de prendre définitivement une vie. Choisis par l’Honorable Maître Faraday pour devenir apprentis, Citra et Rowan vont découvrir que la communauté n’est pas toujours aussi morale et juste qu’elle le devrait.

« Les commandements du Faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.
 »

Comme souvent avec les romans de science-fiction, j’ai beaucoup aimé la découverte de cette société dans laquelle les inégalités, les gouvernements, les guerres, les maladies, les deuils, la mort n’ont plus cours. On se rend compte peu à peu qu’il s’agit également d’un monde dans lequel les passions n’existent plus. La mort étant devenue une exception, la pression du temps et la peur de disparaître ne poussent plus l’humanité à apprendre, à créer, à éprouver des émotions fortes.
En tant que lectrice – et tout comme certains protagonistes, notamment Dame Curie –, je me suis beaucoup interrogée au fil de ma lecture sur le poids de la mort, sur le prix de la vie, sur les bonheurs de la seconde mis en relief par la première, sur les répercussions de l’immortalité.

Pendant longtemps, j’ai davantage apprécié d’en apprendre plus sur l’univers que sur les personnages. Car je n’ai pas eu de coup de foudre pour Citra et Rowan (et eux n’en ont pas eu l’un pour l’autre, ce qui est extrêmement appréciable !), auxquels j’ai préféré leurs différents maîtres. La sagesse de Maître Faraday, la compassion de Dame Curie, la folie de Maître Goddard (qu’on aime détester même s’il est totalement dérangeant !)… La découverte des protagonistes est progressive, à travers leurs journaux de bord notamment (des extraits sont intercalés entre tous les chapitres). Tous ne perçoivent pas leur tâche de la même façon et Neal Shusterman nous propose des personnages vraiment différents, subtils et intéressants.

Progressivement, on découvre l’envers de la Communauté. Si Maître Faraday est un parangon de vertu, tous les faucheurs ne suivent pas son modèle. La corruption ronge la Communauté et la cruauté pointe chez certains de ses membres. Or, ils sont les seuls sur lesquels le Thunderhead n’a pas d’emprise (si un humain est tué autrement que par un faucheur, l’intelligence artificielle se chargera de l’amener directement à un centre de résurrection). Ils sont ainsi les derniers humains dont la mesquinerie et la malveillance peuvent avoir de réelles conséquences sur l’humanité. Ils pourraient bien être le grain de sable dans la belle utopie qui avait presque été atteinte.

Fait assez rare dans les romans de ce type, La faucheuse prend son temps et fait attendre son lecteur impatient de connaître la suite des événements. La formation des apprentis est approfondie, tout comme le sont les rituels de la Communauté. Chaque situation et chaque conséquence des choix des personnages sont détaillées. Le rythme en pâtit parfois quelque peu, mais je trouve très positif le temps pris par l’auteur pour poser son monde, l’idéologie des différents faucheurs, les réactions des humains face à eux. L’action n’est pas mise en avance à tout prix et, pour une fois, il n’y a pas vraiment d’ennemis à éliminer, mais plutôt une vague menace : et si les faucheurs cessaient de glaner pour se mettre à tuer ? Si leur humanité disparaissait pour laisser place au plaisir de donner la mort ?

Seul reproche, je n’ai pas toujours adhéré à l’écriture, trouvant parfois certaines phrases bien alambiquées (comme si la traductrice avait galéré à traduire les idées de l’auteur) et certains dialogues un peu faibles… Mais c’est un détail qui ne m’a pas ralenti dans ma lecture.

La faucheuse se démarque par un univers très bien ficelé, par des protagonistes à la psychologie fouillée et par une fin parfaite. En plus, l’auteur prend le contre-pied des romans post-apocalyptiques mettant en scène une humanité exsangue et des romans de SF avec une IA flippante et tyrannique, et ça, c’est vraiment chouette !

« Prends garde à ne jamais perdre ton humanité, ou bien tu ne seras plus qu’une machine à tuer. »

« Car le pouvoir est inexorablement infecté par la seule maladie qu’il nous reste encore. Un virus qu’on appelle la nature humaine. Je ne donne pas cher de l’avenir de notre espèce si jamais les faucheurs se mettent à aimer ce qu’ils font. »

« Je me demande comment sera la vie dans un millénaire quand l’âge moyen approchera les mille ans. Serons-nous tous des enfants du nouveau monde, doués dans toutes les sciences et tous les arts parce que nous aurons eu le temps d’apprendre à les maîtriser ? Ou bien l’ennui et la morne routine nous rongeront-ils encore plus qu’aujourd’hui, nous donnant encore moins de raisons de mener une existence infinie ? Je prie pour que le premier cas de figure soit juste, ais je crois que le deuxième ne l’emporte. »

La faucheuse, livre 1, Neal Shusterman. Robert Laffont, coll. R, 2017 (2016 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Ardilly. 495 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Le Tordu : 
lire un livre débutant par un assassinat

Challenge Coupe des quatre maisons – Année scolaire 2017-2018

Challenge Coupe des 4 maisons

Poudlard, me voilà !

Ce challenge m’avait fait de l’œil toute l’année sur le blog du Tanuki, mais cette fois, j’ai réussi à m’inscrire. Toutes les places étaient malheureusement prises à Serdaigle ou Poufsouffle, maisons qui avaient ma préférence, mais je suis quand même ravie de rejoindre Serpentard pour cette année !
Les items sont extrêmement variés, ça donne très envie. Il va falloir que je fouille ma PAL à la recherche de livres susceptibles de convenir, je vais pouvoir exhumer de sacrées antiquités !

Slytherin logo

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Total : 0 points

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Voici les items proposés cette année.

 Année 1 – 10 points

  • Le monstrueux livre des monstres : un livre que vous n’avez pas réussi à terminer
  • Mimi Geignarde : un livre dont vous n’aimez pas la couverture
  • Gobelbabil : un livre dont le titre est en anglais (mais dont le corpus n’est PAS en anglais)
  • Maison de Poudlard : un livre aux couleurs de la maison qui vous correspond le MOINS
  • Plume à papote : un livre dont vous entendez parler depuis longtemps
  • Philtre de Romilda Vane : un roman d’amour
  • Mornille : un livre qui coûte moins de 10 euros (hors livres numériques et hors livres d’occasion)
  • Livre invisible de l’invisibilité : un livre auto-édité
  • Reducto : un livre de moins de 150 pages
  • Rictusempra : un livre dont vous avez adoré la fin
  • Oubliettes : lire ou relire un des spin-offs de Harry Potter (Contes de Beedle le Barde, Les Animaux fantastiques, Le Quidditch à travers les âges)
  • Choixpeau magique : un livre choisi par quelqu’un d’autre
  • Histoire de Poudlard : un livre que vous avez déjà lu avant
  • Farces pour sorciers facétieux : un livre qui vous a fait rire
  • Le Survivant : un livre dont les chapitres ont des titres (photo à l’appui)
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Année 2 – 20 points

  • Eckeltricité : un livre numérique
  • Pétards surprises : un livre que l’on vous a offert
  • Obscurus Books : un livre édité dans votre maison d’édition préférée
  • Boursouflet : un livre de poche
  • Chicaneur : un livre publié il y a moins de 3 mois
  • Retourneur de temps : un livre édité l’année dernière (préciser la date)
  • Niffleur : le 1er tome d’une saga
  • Dobby : un livre de fantasy
  • Bal de Poudlard : un livre avec une robe sur la couverture
  • Violette et la Grosse Dame : un livre dont la 4e de couverture est dans la continuité de la 1ère et du dos (preuve à l’appui)
  • Arithmancie : un livre de science-fiction
  • Dudley : un one-shot
  • Dennis Crivey : un livre d’une jeune maison d’édition (moins de 4 ans ; préciser l’année d’ouverture)
  • Brasier obscur : un livre à la couverture en noir et blanc
  • Mrs Pince : un livre que vous avez emprunté
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Année 3 – 30 points

  • Photographie enchantée : un livre qui a été adapté au cinéma ou en série (ou qui va prochainement l’être)
  • Mandragore : un livre avec des plantes sur la couverture (pas de fleurs)
  • Scrutoscope : un roman d’horreur ou d’épouvante
  • Expecto Patronum : le premier livre publié d’un auteur
  • Collier d’opale : un livre où il est question de malédiction
  • Beauxbâtons : un livre dont l’auteur est français
  • Gallions : un livre qui coûte plus de 18€
  • Avada Kedavra : un livre dont l’auteur est décédé
  • La Trace : un livre dont l’auteur était mineur au moment de sa publication
  • Waddiwasi : 3 BDs/mangas en 24h
  • Grimoire poussiéreux : un livre qui prend la poussière dans votre PAL depuis au moins un an
  • Échecs version sorciers : un livre en lecture commune
  • Cheminette : un livre avec une narration à deux voix ou plus
  • Auror : un roman policier/thriller
  • Alohomora : un livre avec une clé, une serrure ou un cadenas sur la couverture
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Année 4 – 40 points

  • Sinistros : un livre apocalyptique ou post-apocalyptique
  • Miroir à double sens : un livre éponyme (le titre est aussi et seulement le nom du héros – le nom de la série ou le nom du tome)
  • Hiboux Express : un livre épistolaire
  • Gemino : un livre dont l’auteur porte le même prénom que vous
  • Impasse du tisseur : un livre avec une fin ouverte (ne pas citer le nom du livre)
  • Sphinx : un livre qui traite de la mythologie égyptienne
  • Petrificus Totalus : un livre à la couverture rigide
  • ASPICs : un livre noté 17/20 ou plus sur Livraddict
  • Sainte Mangouste : un livre où le héros principal est malade
  • Journal de Jedusor : une biographie ou une autobiographie
  • Carte du Maraudeur : un livre dans lequel il y a une carte illustrée du monde
  • Coquecigrue : un livre avec un animal mignon sur la couverture
  • Têtembulle : un livre qui se passe sous l’eau ou à proximité
  • Portoloin : un livre qui ne se passe ni en France, ni aux USA, ni en Angleterre, ni dans un monde imaginaire
  • Batteurs : un livre écrit à quatre mains
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Année 5 – 50 points

  • Champs de citrouilles : un livre terminé le jour d’Halloween
  • Hedwige : un livre à la couverture hivernale
  • Rita Skeeter : un livre dont vous avez posté la critique sur internet (ton blog, Babelio, Livraddict, Booknode, Goodreads, Amazon…) (une preuve pour cet item)
  • Véritaserum : un livre tiré d’une histoire vraie
  • Animagus : un livre dont le titre comporte le nom d’un animal existant
  • Zabini : un livre dont le titre ou le nom/prénom de l’auteur commence par Z
  • Beedle le Barde : un conte réinventé
  • Vitmagic : un livre sur le développement personnel
  • Bizarr’sisters : un livre dans lequel la musique tient une place importante
  • Croûtard : un livre dans lequel les rongeurs (lapins compris) sont à l’honneur
  • J.K. Rowling : finir un livre lors de la Journée nationale du livre (23 Avril 2018)
  • Gazette du sorcier : un livre dans lequel le journalisme a une place importante
  • BUSEs : un livre noté en dessous de 13/20 sur Livraddict
  • Filet du diable : un livre que vous pensiez aimer mais qui est une déception
  • Cognards : lire deux romans différents d’un même auteur
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Année 6 – 60 points

  • Salle Janus Thickey : un livre sur le thème de l’amnésie
  • Stupefix : un livre qui vous a bouleversé
  • Drago Malefoy : un livre où le personnage principal est un anti-héros
  • La tapisserie des Black : lire toute une série de BDs/mangas (au moins 4 tomes)
  • Albus Dumbledore : un livre dont l’histoire se passe à la Belle Époque (fin XIXe début XXe siècle)
  • Sombral : un livre que vous commencez avec des préjugés
  • Champifleur : un livre avec un troll dans l’histoire
  • Engorgio : Un livre composé d’au moins 40 chapitres
  • Angelina Johnson : un livre où l’héroïne est d’origine afro
  • Duel de sorciers : lire deux romans d’une même saga
  • Lumos : un livre sur lequel le titre est écrit en dorure
  • Ordre de Merlin : un livre qui a reçu plusieurs prix littéraires (au moins 2)
  • Ford Anglia volante : un livre de type roadtrip
  • Scrouts à Pétards : un livre dont le titre comporte un néologisme (un mot inventé, propre à l’univers)
  • Nicolas Flamel : un livre dont le personnage principal est une personne âgée
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Année 7 – 70 points et plus

  • Bloclang : un livre qui n’a qu’un seul mot pour titre
  • Amplificatum : un livre de plus de 800 pages
  • Bibliothèque de Poudlard : une intégrale (plusieurs tomes réunis en un seul livre)
  • Nox : un roman en huis clos
  • Pensine : un livre qui est sorti quand vous étiez enfant (entre 0 et 10 ans – Précisez l’année de publication du livre)
  • Dissendium : un livre d’un genre que vous n’avez pas l’habitude de lire
  • Fourchelang : un livre en VO (hors français)
  • Beuglante : un livre audio
  • Éclair de feu : lire un livre de plus de 400 pages en 24h
  • Hominum revelio : un livre dans lequel il n’y a pas d’humain – 80 points
  • Jumelles Patil : lire le tome final de deux sagas – 80 points
  • Touffu : une trilogie – 80 points
  • Poursuiveur : une saga entière d’au moins 4 tomes – 90 points
  • Rapeltout : lire ou relire tous les Harry Potter (7 tomes) – 100 points
  • Hermione, sors de ce corps ! : lire au moins 100 livres (maximum 30 mangas/BD confondus) cette année (sont aussi pris en compte les livres lus pour d’autres items) – 150 points
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

La chasse aux dragons – 40 points

  • Boutefeu chinois : un livre d’un auteur originaire de l’Extrême-Orient
  • Cornelongue roumain : un livre engagé
  • Dent-de-vipère du Pérou : lire le livre le plus court de votre PAL
  • Magyar à pointes : un livre classé dark (fantasy, romance, thriller, etc.)
  • Noir des Hébrides : un livre avec une flèche sur la couverture
  • Norvégien à crêtes : lire un roman noir scandinave
  • Opalœil des Antipodes : un livre dont l’intrigue se déroule dans 2 pays différents
  • Pansedefer ukrainien : lire le livre le plus gros de votre PAL
  • Suédois à museau court : un livre avec une couverture chargée (avec beaucoup de détails)
  • Vert gallois : un livre qui traite des légendes celtiques
  • Bonus – 50 points : Année complète validée

Items éphémères
Tout au long de l’année, des items à durée limitée vous serons proposés. En lien avec des événements annuels, ils vous permettront de rapporter un bon nombre de points à votre maison si vous le validez dans le temps imparti. Restez à l’affût de toute annonce !

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Distribution des points (informations importantes) :

Chaque année à Poudlard regroupe 15 items…

  • Plus l’année est importante, plus l’item est difficile et rapporte des points.
  • Vous pouvez choisir les items de votre choix, toutes années confondues. Il n’y a pas d’ordre particulier.
  • Un livre ne peut entrer que dans un seul item. Cependant, pour l’item Hermione, sors de ce corps ! les livres utilisés pour valider d’autres items seront pris en compte.
  • Un item revalidé ne rapporte que la moitié des points et il n’est renouvelable qu’une seule fois (ex : Vous validez l’item Dobby une 2e fois en lisant un 2e livre de Fantasy. Au lieu de vous rapporter 20 points comme la 1ère fois, cet item n’apportera que 10 points à votre maison).
  • Dans notre définition du livre nous incluons : les romans, les pièces de théâtre, les essais, les livres audios, les recueils de poésie, de nouvelles et de contes. Ne seront pris en compte que les livres pouvant être lus à partir de 7 ans.
  • L’attribution des points par la validation d’un item se fera à notre entière discrétion (d’abord votre directrice de maison et, en cas de doute, à la décision unanime des directrices et préfets).
  • Pour faire valider un item, il vous suffit de laisser en commentaire, sous la publication de l’emblème de votre maison, le nom de l’item correspondant, son nombre de points et sa signification, le titre et l’auteur, et si possible une photo du livre en question (exception faite pour l’item Impasse du Tisseur pour lequel, pour des raisons évidentes de spoil, nous vous demandons de ne pas divulguer le titre ni l’auteur du livre). Pour certains items, il sera utile d’ajouter quelques précisions, comme des informations ou des ressentis de lecture (exemple : Pensine).

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Cet article sera mis à jour au fil des validations et je ferai des points à chaque « C’est 1er. ».
Et vous, participez-vous à ce challenge ?

Pussy Riot Grrrls, émeutières, de Manon Labry (2017)

Pussy Riot Grrls (couverture)Des Riot Grrrls américaines du début des années 1990 aux Pussy Riot russes des années 2010, ce livre retrace l’histoire féministe et révoltée d’un mouvement punk et DIY qui aura connu, au fil des décennies, de multiples mutations et réappropriations par des femmes du monde entier.

« Revolution, Grrl Style, Now ! »

Début des années 1990, des groupes comme L7, Bikini Kill, Lunachicks et bien d’autres lancent un mouvement basé sur une idéologie punk, radicale, DIY et féministe. Ces chanteuses et musiciennes se révoltent contre le capitalisme et la société de consommation, contre le patriarcat qui règne aussi dans le milieu punk et la violence près des scènes de concert et contre les formes « classiques » de féminisme jugées trop austères et théoriques. Leur but : « rendre le punk plus féministe et le féminisme plus punk ».
Par le biais de la musique et des fanzines, elles découvrent d’autres femmes comme elles, elles promeuvent l’entraide et le soutien, elles crient le mal-être et les injustices et inciter les autres femmes à agir, à créer, à s’exprimer.

Les relations avec la presse mainstream sont conflictuelles : les Riot Grrrls protestent contre la récupération commerciale du mouvement et les définitions et limitations données par les médias d’une révolution qui se veut évolutive, mouvante et créative. De plus, le courant Riot Grrrls essuie des critiques internes et externes, notamment par rapport au manque de femmes de couleur et au terme « girl » jugé restrictif.

« Non seulement il est majoritairement blanc, non seulement la revendication valorisante du mot « fille » empêche de nombreuses personnes de le rejoindre et de le soutenir (pour des raisons d’identité sexuelle/de genre, d’âge, etc.), mais beaucoup trouvent qu’il recrute surtout parmi une population relativement aisée, favorisée par sa couleur de peau, son appartenance de classe et son niveau d’instruction. Aux yeux d’une partie des contemporain.es, le phénomène est élitiste, voire arrogant. »

Dans les années 2000, si les pionnières des années 1990 se sont éloignées, les Riot Grrrls sont toujours là et Internet et les blogs jouent un rôle important dans la diffusion du mouvement. Les Ladyfests (dont le premier est organisé en 2000) et les Girl Rock Camps visent à amplifier le phénomène, flouter les limites, le faire voyager, permettre aux femmes de se l’approprier de diverses manières et renouveler les pratiques, tout en promouvant les productions culturelles de femmes et en favorisant les échanges de savoir et les discussions.
Ce chemin nous conduit peu à peu aux Pussy Riot, opposées à la présidence de Poutine et à la censure imposée par le gouvernement.

« En février de cette année-là [2012], le « concert action » qu’elles performent dans la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou a en effet un énorme retentissement international. Inattendue, insoupçonnable, cette spectaculaire résurgence de la culture punk féministe frappe d’autant plus les esprits qu’elle signale une reterritorialisation non moins étonnante : nul n’avait prévu qu’elle se manifesterait avec autant de fracas dans un contexte aux antipodes de celui dans lequel le mouvement Riot Grrrl avait surgi vingt ans plus tôt. »

Voilà pour les grandes lignes, mais à part ça, qu’est-ce que j’en ai pensé ?

Je souligne d’ordinaire toujours l’accessibilité des essais des éditions iXe… mais pas cette fois. Dire qu’il n’est pas très facile à lire est une manière édulcorée de dire que j’ai un peu galéré. Contrairement à Women’s Lands ou Femmes et esclaves que j’avais dévorés, cet essai m’a résisté.
Non pas qu’il n’est pas intéressant, il l’est totalement, mais il y a beaucoup de noms, de références à des groupes, de dates et je m’y suis parfois un peu perdue. Surtout, je me suis sentie pénalisée par un manque de connaissance en musique et histoire musicale. Certains passages se sont révélés un peu laborieux pour moi qui n’y connais rien en musique et ne m’y intéresse pas plus que ça. (Par exemple, quand un titre me dit « Le virage électroclash/électropunk », je reste interdite car c’est à peu près du chinois pour moi.)
Je plaide donc coupable et je pense que ce livre sera beaucoup plus agréable à lire pour quelqu’un intéressé à la fois par le féminisme et par la musique.

Il y a toutefois des chapitres plus lisibles que d’autres : les premiers présentant les idées des Riot Grrrls et ceux sur les Layfests ou les Pussy Riot, par exemple, sont à la fois passionnants et fluides. J’ai trouvé parfaitement fascinante la capacité du mouvement de se réinventer, de se régénérer et, finalement, de n’avoir jamais disparu même lorsque certain.es le pensaient éteint.

Pussy Riot Grrrls est un livre riche, foisonnant, un peu ardu certes, mais qui m’a fait découvrir une nouvelle forme de féminisme. En racontant cette histoire toujours forte et vivace, Manon Labry nous incite, nous lectrices, à agir comme les premières Riot Grrrls et toutes celles qui leur ont succédées, à déconstruire les idées patriarcales insidieusement intégrées, à repousser la consommation bête et méchante, à s’exprimer et à créer afin de construire sa propre identité.

« Ulcérées par un hétérosexisme et un capitaliste omniprésents, elles choisissent la créativité comme mode d’action et font de la culture populaire un terrain privilégié de la lutte pour le politique. »

« La parole se libère, les ripostes s’inventent. Les figures charismatiques qui ont inventé la scène Riot Grrrl, les Hanna, les Vail, les Wolfe, les Dresch, les Tucker et toutes les autres, ont produit l’étincelle grâce à laquelle une myriade de jeunes femmes comprennent, enfin, que leur mal-être n’est pas l’effet d’un trouble mental et qu’elles peuvent suivre leurs désirs et passer à l’action. »

« Elles « prennent la balle au bond et courent plus loin avec », selon la formule imagée d’Allison Wolfe et de Molly Neuman, elles écrivent une nouvelle page de l’histoire de ce courant multiforme, qui entend le rester et refuse d’être catalogué sous un nom unique. Elles prouvent aussi que la jeune génération ne s’en laisse pas conter par les apôtres de l’inutilité et de la ringardise de l’engagement féministe. Enfin, par leur « réinvention » du courant Riot Grrrl, les Pussy Riot prouvent que de nouvelles formes de mobilisation peuvent surgir, qu’il est encore possible et toujours nécessaire de découvrir des connexions entre art, féminisme et politique. »

Pussy Riot Grrrls, émeutières, Manon Labry. Editions iXe, coll. Racine de iXe, 2017. 216 pages.

Lotto Girl, de Georgia Blain (2017)

Lotto Girl (couverture)Fern Marlow est une Lotto Girl. Grâce à une loterie, ses parents ont pu lui offrir un profil génétiquement modifié par BioPerfect ainsi que la meilleure éducation possible dans la prestigieuse école de filles, Halston.

L’histoire est construite avec des chapitres jonglant entre le présent et le passé. D’une part, on découvre Fern sous un faux nom, obligée de trimer dans un camp de ReCorp, une entreprise responsable du tri des déchets ; d’autre part, on suit Fern depuis son enfance et son entrée à Halston, ses études, ses amies et la suite d’événements l’ayant menée à ReCorp.
J’ai eu davantage d’intérêt pour les souvenirs de Fern que pour le présent. Pour Halston que pour le camp de ReCorp. Les informations sont distillées au compte-goutte et la progression est extrêmement lente. Il y a de nombreuses redites et j’ai parfois eu du mal à avancer dans le livre tant je m’ennuyais. Finalement, j’ai eu l’impression de lire une looooongue introduction.

Les personnages ne m’ont pas tirée de mon ennui. Fern tente de rester le plus longtemps possible dans son conte de fées. Pour une héroïne de dystopie, elle n’est ni révoltée, ni éclairée, ni badass. C’est bien de changer des schémas classiques, mais si c’est pour avoir une héroïne râleuse, aveugle et agaçante… Je lui ai préféré ses amies Lark, Wren et Ivy ou la surveillante Miss Margaret, moins sensibles à la propagande de BioPerfect.
Toutefois, je dois concéder un bon point par rapport aux personnages : pas de véritable romance ! Youhou ! Bon, le beau Chimo ne m’a pas intéressée, mais au moins, il ne nous embête pas trop longtemps.

Pourtant, l’univers présenté est intéressant ! Comme dans La Faucheuse, le concept de nation est devenu obsolète. Cette fois, la Terre est contrôlée par un réseau de grandes entreprises, comme BioPerfect, dirigées par les Parents. BioPerfect possède bon nombre de filiales et le salaire (en données) et le niveau de vie de ses employés varient en fonction de celle à laquelle ils sont affiliés. Ainsi, ceux travaillant à ReCorp ou NewMatter doivent lutter pour survivre, ceux de PureAqua sont un peu mieux payés, etc. On se retrouve avec un système de classe cher à la dystopie. Les plus miséreux vivent dans des camps de fortune surpeuplé, leur air est pollué et poussiéreux et ils doivent affronter les moussons et autres désagréments climatiques ; pendant ce temps, les riches vivent dans de grandes villas sous un ciel d’un bleu pur, offrent à leurs enfants une éducation de qualité, et surtout, ont accès aux services de génétique de BioPerfect pour avoir une descendance intelligente, belle et en bonne santé. Des ressorts classiques, mais efficaces.

La situation, jusqu’alors idyllique de Fern, se complique peu à peu et ni elle, ni le lecteur ne savent à qui faire confiance. Parmi les thématiques abordées, on trouve la manipulation génétique et la manipulation psychologique, l’eugénisme, la perfection, le rôle de l’éducation et de l’environnement social, la prédestination, etc. Nous sommes dans un monde post-apocalyptique qui a changé après le mystérieux Effondrement, ce qui permet d’évoquer les questions de la nature, dans ce monde où les produits frais et non génétiquement modifiés se font rare et où il est mal vu d’avoir une plante verte chez soi.
De plus, qui dit dystopie, mensonges et inégalités, dit révolte. Je l’attendais cette révolution, j’attendais que BioPerfect soit confronté directement, j’attendais qu’il se passe quelque chose. Et pourtant, ça fait un peu pétard mouillé dans ce roman. Les Opposants se cachent… et c’est tout. Ils sont plus baba cool cultivant leur potager hors du monde BioPerfect que guerriers. C’est bien beau, c’est pacifiste, j’approuve, mais ça ne fait pas avancer l’histoire.

Je ressors donc frustrée de ma lecture car de nombreuses questions restent sans réponse (et le resteront puisque Georgia Blain est morte l’an passé…) : les Parents, l’Effondrement, les Souterrains, la rébellion… J’ai du mal à penser que l’autrice ait pensé ce roman en one-shot tant il appelle une suite pour éclaircir bien des points et approfondir les personnages (et si c’était le cas, c’est un très mauvais one-shot).

Malgré un monde plein de potentiel et un regain d’intérêt dans les 70 dernières pages, j’ai été soulagée d’arriver au bout de cette lecture. Lotto Girl souffre réellement d’un manque de rythme et d’action, la progression étant bien trop lente pour être efficace. En outre, personnages et univers ne sont pas assez étoffés pour devenir captivants.

« – Je suis une Lotto Girl. Ils nous utilisent. Parfois pour combler un manque dans le marché du travail, parfois pour tester un nouveau profil. Ils voudront peut-être voir ce que donnera une enseignante avec davantage d’imagination. Ils se servent de nous pour les réglages, pour affiner un modèle. Nous ne sommes que des prototypes de travail. Ils encouragent nos parents, ou les soudoient. Les miens se sont entendus dire que je serais belle s’ils choisissaient l’option préconisée par BioPerfect.
Je l’ai dévisagée. Je n’avais jamais envisagé qu’on puisse être autre chose que des chanceuses. »

Lotto Girl, Georgia Blain. Casterman, 2017 (2016 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Australie) par Alice Delarbre. 329 pages.

La parenthèse 7ème art – Août 2017

Pour ce mois d’août, il y a eu du très bon (avec Djam et Petit Paysan entre autres) et du très mauvais (Valerian, ma bête noire du mois). Je vous laisse découvrir tout ça.

  1. Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Gladiator (affiche)

Le général romain Maximus est le plus fidèle soutien de l’empereur Marc Aurèle, qu’il a conduit de victoire en victoire avec une bravoure et un dévouement exemplaires. Jaloux du prestige de Maximus, et plus encore de l’amour que lui voue l’empereur, le fils de MarcAurèle, Commode, s’arroge brutalement le pouvoir, puis ordonne l’arrestation du général et son exécution. Maximus échappe à ses assassins mais ne peut empêcher le massacre de sa famille. Capturé par un marchand d’esclaves, il devient gladiateur et prépare sa vengeance. (Allociné)

Bien que le péplum soit un genre qui ne m’attire pas vraiment, j’ai été contente de découvrir ce célèbre film de Ridley Scott grâce à UGC Culte. On repassera sans doute pour l’exactitude historique, mais ce fut néanmoins une bonne surprise. Je me suis laissée prendre par cette histoire de vengeance, je ne me suis pas ennuyée à un seul instant. Même les scènes de bataille ont évité l’écueil de me plonger dans l’ennui car elles ne s’éternisent pas trop, ce qui est souvent le cas à mon goût. Mais surtout, j’ai beaucoup aimé la prestation de Russell Crowe (acteur qui me laisse globalement indifférente) que je trouve très charismatique (on comprend la fidélité qu’il inspire à ses hommes) ainsi que celle Joaquin Phoenix, parfaitement détestable et pitoyable dans sa jalousie puérile. Je considère donc Gladiator comme un bon péplum qui, à ma grande surprise, aura réussi à m’intéresser et à me divertir. Chapeau !

  1. Une femme fantastique (VO : Una Mujer Fantástica), de Sébastián Leilo

Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir. Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne … une femme fantastique ! (Allociné)

Une femme fantastique (affiche)

Mais qu’il est beau ce film ! Et dire que j’ai bien failli le rater, attendant le dernier jour pour aller le voir (il passait encore après, mais dans des cinémas trop lointains pour moi ou à des horaires impossibles genre 22h, l’heure idéale pour que je pionce devant). Un film sensible et très pudique. Beaucoup plus pudique que la famille d’Orlando obsédée par l’entrejambe de Marina. Daniela Vega, l’actrice principale est fantastique (oui, j’ai osé !), émouvante, belle, forte. Elle ne surjoue jamais, ne montrant que ce qu’il faut et contenant ses émotions qui transparaissent néanmoins sur son visage. Le traitement réservé à Marina – par la famille, les autorités, les médecins – est révoltant : elle doit affronter un tel irrespect qu’on la croirait à peine humaine. On sent bien que l’un des frères d’Orlando, Gabo, la respecte, mais il se tait, n’osant pas s’opposer ouvertement au reste de la famille. Un film qui appelle à la tolérance avec beaucoup de délicatesse !

  1. Crash Test Aglaé, d’Eric Gravel

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle. (Allociné)

Crash Test Aglaé (affiche)

La tête de hamster dépressif d’India Hair, l’idée de voyage et Yolande Moreau m’ont donné envie de découvrir ce film français sans prétention. Le périple s’annonçait épique. Bien qu’un peu déçue qu’Aglaé perde ses compagnes dès les premières étapes, j’ai apprécié ce road trip féminin et totalement décalé. La base étant une histoire de mondialisation, de délocalisation et de perte d’emploi, le sujet se prêtait à un ton tristounet. Mais non, le réalisateur offre à Aglaé une quête de son identité et l’opportunité d’enfin s’affirmer. La forme est loufoque et on rit souvent. En outre, les paysages sont souvent magnifiques et on en prend plein les yeux. Avec juste ce qu’il faut d’absurdité, d’humour et de tendresse, Crash Test Aglaé s’est révélé être un divertissement rafraîchissant porté par une actrice impeccable.

  1. Valérian et la cité des mille planètes (VO : Valerian and the City of a Thousand Planets), de Luc Besson

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers. (Allociné)

Valérian et la cité des mille planètes (affiche)

Film qui aurait pu s’appeler « Valérian et Laureline » comme la BD (ainsi renommée depuis 2007) puisque Laureline est aussi importante que Valérian et même plus forte que lui. Ah, Trinity Syndrome quand tu nous tiens ! On ne va quand même pas mettre un prénom de fille dans le titre ! Qui sait, les hommes pourraient fuir les salles de cinéma ! Allez, on fait passer la ville avant l’héroïne !
De même, je me serais passée des soupirs de Laureline du genre « oh, ils ont abîmé ma robe » ou « on va aller faire du shopping, toi et moi ! » (le toi étant une petite créature capable de tout dupliquer en des centaines d’exemplaires), Laureline n’ayant pas l’air superficielle pour un sou et probablement capable de savoir que l’heure n’est pas au shopping quand une menace mortelle plane au-dessus de sa tête.
L’histoire de mariage est totalement lourdingue et inutile, pourquoi nous enquiquiner avec ça ? Je n’y ai pas cru une seconde (déjà, je pensais qu’ils étaient frère et sœur, ça partait mal…) et Laureline n’a pas l’air d’être davantage convaincue. Je veux dire, ils peuvent commencer par avoir une relation un peu plus intime avant de se marier, non ? Ou dans le futur, on retourne en arrière ? (Cette phrase ne veut rien dire si on l’analyse deux secondes, mais bon.)
On appréciera également le fait que c’est la compassion toute féminine de Laureline qui permet de sauver tout un peuple tandis que Valérian aurait préféré aller voir ses supérieurs car il est un soldat et fait ce qu’on lui dit (ce sont ses mots). Soit il va voir ses chefs, soit il fonce tête baissée sans réfléchir. Aah… ça c’est un homme.
Du côté des autres personnages féminins, c’est tout aussi édifiant. Nous avons une strip-teaseuse qui se sacrifie pour le héros (qui a toujours le temps d’un show quand sa collègue est prisonnière), une princesse qui se dandine insupportablement avant de mourir et une reine qui n’est pas grand-chose d’autre qu’une excroissance dans le dos de son mari. Des personnages aussi profonds, ça me fait fondre.
Dans la même veine, j’aurais aimé voir un autre capitaine qu’un humain systématiquement mâle et blanc (et probablement américain) accueillir les nouveaux arrivants sur Alpha, mais non, les siècles s’écoulent mais rien ne change. Voilà, des « détails » qui m’ont bien fait rager sur mon siège.
Il faut dire que l’intrigue m’en a laissé le temps puisque le « méchant » est identifiable à la minute où on pose les yeux sur lui. J’ai même eu le temps d’imaginer des scénarios alternatifs et plus surprenants, mais non, le coupable était bien celui qui a une gueule de méchant. D’ailleurs, est-ce une obligation de toujours utiliser des militaires dans les films de SF ? La suite des péripéties est globalement attendue (même si une ou deux sont bien trouvées) : fusillades, batailles, courses poursuites en vaisseau spatial, installation de bombes (arriveront-ils à arrêter le compte à rebours à temps ? le suspense est trop intense pour moi !)…
Passons sur le scénario et voyons les images mille fois vantées de ce film. Certes, c’est très travaillé, il y a des milliers de détails dans les plans des diverses cités… mais on n’a pas vraiment le temps de les voir. Je suis décidément peu touchée par les images bien léchées du numérique et les effets spéciaux qui éclatent dans tous les coins.
Je ne suis ni fan ni anti Besson, je suis allée voir ce film par curiosité, pour me faire mon propre avis, pour voyager un peu et parce que la musique de la bande annonce (« Because » des Beatles) me promettait une atmosphère mystérieuse, éthérée et originale, mais ça a été une déception. Le scénario est vide, prévisible et répétitif, les personnages sont classiques, les images ne méritaient pas tout le foin que l’on en a fait, et surtout, le sexisme vieillot qui saupoudre le tout m’a écœurée. Désillusion intersidérale.

  1. Les filles d’Avril (VO : Las hijas de Abril), de Michel Franco

Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé́ avec son petit ami de garder l’enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l’aide sa mère Avril, installée loin d’elle et de sa sœur. À son arrivée, Avril prend les choses en mains, et remplace progressivement sa fille dans son quotidien… Jusqu’à franchir la limite. (Allociné)

Les filles d'Avril (affiche)

Le portrait de la mère se dessine petit à petit. De mère possessive, elle se transforme sous nos yeux impuissants en mère malade, voleuse et manipulatrice. C’est un personnage qui m’échappe totalement. Je ne comprends pas qu’une mère puisse blesser sa propre fille volontairement et manquer ainsi d’amour (ce serait valable aussi pour un père bien sûr). Son comportement envers Clara, la ramenant sans cesse à son poids, n’est pas plus exemplaire. Le sujet est clairement original et l’histoire se déroule peu à peu, me laissant totalement incrédule devant cette mère totalement immorale et devant l’absence de réaction de ses filles qui se laissent faire, jusqu’à un certain point, Valeria finissant enfin par prendre les choses en main pour récupérer sa fille.
Soulignons que ce film présente un personnage masculin d’une passivité totale (fait suffisamment rare pour être souligné) : Matéo, le père de l’enfant, suit le mouvement et se fait manipuler par la mère, par la fille, par ses parents sans aucune protestation. Une vraie marionnette d’une naïveté incroyable. La lâcheté du père de Valeria est tout aussi remarquable.
Si ce n’est pas un coup de cœur, notamment à cause de la frustration générée par la mollesse de certains personnages, Les filles d’Avril n’en est pas moins une tragédie familiale perturbante à découvrir.

  1. Djam, de Tony Gatlif

Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile sur le chemin vers Mytilène. Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir. (Allociné)

Djam (affiche)

Un film magnifique qui doit beaucoup à son actrice principale qui y est tout simplement parfaite. Daphne Patakia, alias Djam, y est incandescente. Une étincelle rieuse dans le regard, la musique chevillée au corps, elle fascine, éclate et détonne dans ce film plein de tendresse. Elle fait de l’ombre à Maryne Cayon (Avril) qui s’efface devant la fougue, la joie de vivre, la séduction et l’indépendance de sa lumineuse amie. Les autres personnages, Kakourgos en tête, sont tout aussi vrais et sympathiques. Malgré leur rudesse extérieure, ils sont unis et prêts à se serrer les coudes à chaque instant.
La musique y est entêtante et entraînante. Impossible de sortir de la salle sans avoir envie de danser (même quand on n’est pas danse pour un sou comme moi). Tous semblent aimer passionnément la musique qui fait partie de leur quotidien. J’ai découvert le rébétiko, une très belle musique dont les chants touchent au cœur. Cela me rappelle les films d’Emir Kusturica dont la musique m’accompagne généralement pendant des jours après les avoir vus (qu’est-ce que j’ai pu écouter la BO d’Underground !).
Djam est un film grave, dont les sujets sont sérieux (les difficultés de la Grèce, la pauvreté, la crise, l’exil), mais les actrices, les acteurs et la musique permettent de ne pas tomber dans le tragique et le désespéré.
Un film sublime, une actrice éblouissante, une musique hypnotisante, Djam est un immense coup de cœur !

  1. La Planète des Singes : Suprématie (VO : War of the Planet of the Apes), de Matt Reeves

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. (Allociné)

La planète des singes (affiche)

Pour moi qui suis souvent déçue par les blockbusters, La Planète des Singes aura été une très bonne trilogie de science-fiction. Intelligente et touchante. Et saisissante de réalisme. Les singes y sont magnifiques, souvent bien plus remplis d’émotions – amour, douleur, compassion – que les humains. J’avoue avoir été de leur côté dès les premiers instants et j’ai détesté les morts régulières dans leurs rangs (quand ce sont des soldats qui meurent, je m’en fiche comme d’une guigne, mais dès qu’il y a un animal en jeu – qu’il soit singe, chien, chat ou je ne sais quoi – je suis révoltée d’assister à sa mise à mort. Oui, je m’implique beaucoup dans les films.) Andy Serkis peut être félicité pour ce rôle car, par ses expressions, il donne vie à un leader véritablement charismatique qui nous permet de croire – pour la durée du film tout du moins – que César existe réellement.
La nature, les images, tout y est magnifique. Je remercie également le réalisateur d’avoir évité l’écueil fréquent des blockbusters : les batailles qui n’en finissent pas avec explosions dans tous les coins. La trilogie aura clairement mis l’accent sur les relations entre les singes ou entre les singes et les humains (qu’elles soient positives ou négatives) et c’est extrêmement appréciable. Si je regrette la rareté des personnages féminins dans la trilogie, j’ai néanmoins beaucoup aimé les nouveaux personnages introduits par cet épisode. L’un apporte du rire (le petit singe qui m’a parfois rappelé Gollum) et l’autre de la douceur (la petite fille muette : la relation qu’elle noue avec les grands singes est incroyablement traitée).
Un dernier opus plus sombre et plus froid – et peut-être meilleur que les précédents opus – qui réussit un savant mélange d’action, de tension, d’humour et de tendresse, bouclant ainsi une trilogie qui repart avec les honneurs.
Maintenant, je vais pouvoir lire le roman de Pierre Boulle qui doit traîner quelque part parmi mes livres à lire.

  1. Les Proies (VO : The Beguiled), de Sofia Coppola

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent John MacBurney, un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous. (Allociné)

Les Proies (affiche)

Le film passe à une vitesse folle, je n’ai pas vu les 90 minutes filer. Cela, c’est surtout grâce aux différentes actrices que l’on le doit. Elles sont excellentes et les traits de caractère de chacune, leurs désirs, leurs névroses se dessinent rapidement (on peut d’ailleurs regretter qu’elles soient figées dans leur rôle). La mise en scène est également très réussie, la lumière est belle et on sent bien le déclin et la monotonie qui frappent ce pensionnat.
Il y a toutefois un point qui me pose question. Ce film est un remake de celui du même nom réalisé en 1971 par Don Siegel. Il s’agit d’une copie presque en tout point. Si certains éléments ont été supprimés (l’esclave noire du pensionnat, la rencontre entre MacBurney et des soldats sudistes, la relation incestueuse entre la directrice et son frère, etc.), globalement tout est identique : les situations, les dialogues, les traits de caractères des pensionnaires et de leurs responsables… Du coup, je m’interroge toujours sur le pourquoi de refaire la même chose. Certes, l’esthétique soignée de Coppola redonne un petit coup de jeune au film, mais cela ne suffit pas pour me convaincre. Elle travaille un peu plus sur l’ambiguïté du personnage de MacBurney : chez Don Siegel, Clint Eastwood n’était clairement pas innocent et beaucoup plus antipathique que Colin Farrell. Pourtant, le film échoue à créer l’ambiance véritablement empoisonnée et pesante qu’il aurait pu avoir.
Les Proies n’est pas un mauvais film, il est en outre très beau à regarder, mais il ne restera pas longtemps dans mes annales.

  1. Petit paysan, d’Hubert Charuel

 Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver. (Allociné)

Petit paysan (affiche)

Petit paysan, c’est une tranche de vie, c’est un drame psychologique, c’est un film social, c’est vrai, c’est un bijou. Ce film, ça a été un moment incroyable. Swann Arlaud incarne à merveille Pierre, ce petit paysan, fou de ses bêtes auxquelles il tient comme à la prunelle de ses yeux. Swann Arlaud est plus que crédible, il est époustouflant. Il retient les émotions, n’en fait jamais trop, même dans les moments les plus durs. Bref, il est tout en sobriété, laissant simplement affleurer les émotions sur son visage si particulier. J’adore les visages comme le sien (comme celui de Nahuel Perez Biscayart dans 120 battements par minutes, une claque dont je ne vous parlerai que le mois prochain malheureusement : en attendant, allez voir ce film !), ils me touchent, ils me parlent, ils me font chavirer, et, oh joie ! il est à l’écran à chaque instant ou presque.
Pour l’épidémie, écho de la vache folle, une maladie a été inventée : la FHD, la Fièvre Hémorragique Dorsale. Une maladie très visuelle avec ces épines dorsales qui deviennent poisseuses de sang. Pierre est prêt à tout pour éviter le sort réservé aux bêtes d’une exploitation contaminée (il pourra d’ailleurs compter un temps sur sa sœur, vétérinaire, jouée par Sara Giraudeau, parfaite). Et, pauvre spectatrice, je me suis mise à avoir peur pour ces créatures si douces (de toute façon, je déteste quand des animaux sont tués). A plusieurs moments, on ressent leur détresse et leur souffrance, comme si elles étaient humaines, et leurs meuglements m’ont fendu le cœur.
Parlons-en un peu d’ailleurs. Sous leurs robes noires et blanches, les vaches sont magnifiques. La caméra est met en valeur, souligne la longueur de leurs cils, caresse leur poil brillant, flatte leur côtes. On ressent l’amour que Pierre leur porte, il est attentionné, il les connaît par cœur. Ses méthodes de production sont bien éloignées de celles de son ami qui a délégué à un robot les tâches que Pierre effectue à la main.
Il faut dire que Pierre n’est pas le seul à respecter les animaux. Car quelqu’un d’autre les connaissait bien pendant le tournage. Il s’agit du second atout de ce film, outre le talent de Swann Arlaud : son réalisateur. Car Hubert Charuel sait de quoi il parle. Fils d’éleveurs de vaches laitières, il connaît leur quotidien, leurs difficultés, les bêtes et la peur d’une épidémie. Il a d’ailleurs utilisé la ferme familiale comme lieu de tournage. De son enfance, de sa famille, il tire un premier film touchant et sublime sur le monde rural.
Si vous avez encore un doute, Petit paysan est un coup de cœur.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Sur ce, je vous souhaite un beau mois de septembre dans les salles de cinéma !