La faucheuse, livre 1, de Neal Shusterman (2016)

La faucheuse (couverture)La Terre est devenue une utopie. Les besoins de chacun sont assurés par une intelligence artificielle, le Thunderhead, et les inégalités n’existent plus. Mieux encore, la maladie et la mort ont été éradiquées. A présent, la tâche de réguler la population incombe à une Communauté indépendante : les Faucheurs. Eux seuls ont le pouvoir de glaner, c’est-à-dire de prendre définitivement une vie. Choisis par l’Honorable Maître Faraday pour devenir apprentis, Citra et Rowan vont découvrir que la communauté n’est pas toujours aussi morale et juste qu’elle le devrait.

« Les commandements du Faucheur :
Tu tueras.
Tu tueras sans aucun parti pris, sans sectarisme et sans préméditation.
Tu accorderas une année d’immunité à la famille de ceux qui ont accepté ta venue.
Tu tueras la famille de ceux qui t’ont résisté.
 »

Comme souvent avec les romans de science-fiction, j’ai beaucoup aimé la découverte de cette société dans laquelle les inégalités, les gouvernements, les guerres, les maladies, les deuils, la mort n’ont plus cours. On se rend compte peu à peu qu’il s’agit également d’un monde dans lequel les passions n’existent plus. La mort étant devenue une exception, la pression du temps et la peur de disparaître ne poussent plus l’humanité à apprendre, à créer, à éprouver des émotions fortes.
En tant que lectrice – et tout comme certains protagonistes, notamment Dame Curie –, je me suis beaucoup interrogée au fil de ma lecture sur le poids de la mort, sur le prix de la vie, sur les bonheurs de la seconde mis en relief par la première, sur les répercussions de l’immortalité.

Pendant longtemps, j’ai davantage apprécié d’en apprendre plus sur l’univers que sur les personnages. Car je n’ai pas eu de coup de foudre pour Citra et Rowan (et eux n’en ont pas eu l’un pour l’autre, ce qui est extrêmement appréciable !), auxquels j’ai préféré leurs différents maîtres. La sagesse de Maître Faraday, la compassion de Dame Curie, la folie de Maître Goddard (qu’on aime détester même s’il est totalement dérangeant !)… La découverte des protagonistes est progressive, à travers leurs journaux de bord notamment (des extraits sont intercalés entre tous les chapitres). Tous ne perçoivent pas leur tâche de la même façon et Neal Shusterman nous propose des personnages vraiment différents, subtils et intéressants.

Progressivement, on découvre l’envers de la Communauté. Si Maître Faraday est un parangon de vertu, tous les faucheurs ne suivent pas son modèle. La corruption ronge la Communauté et la cruauté pointe chez certains de ses membres. Or, ils sont les seuls sur lesquels le Thunderhead n’a pas d’emprise (si un humain est tué autrement que par un faucheur, l’intelligence artificielle se chargera de l’amener directement à un centre de résurrection). Ils sont ainsi les derniers humains dont la mesquinerie et la malveillance peuvent avoir de réelles conséquences sur l’humanité. Ils pourraient bien être le grain de sable dans la belle utopie qui avait presque été atteinte.

Fait assez rare dans les romans de ce type, La faucheuse prend son temps et fait attendre son lecteur impatient de connaître la suite des événements. La formation des apprentis est approfondie, tout comme le sont les rituels de la Communauté. Chaque situation et chaque conséquence des choix des personnages sont détaillées. Le rythme en pâtit parfois quelque peu, mais je trouve très positif le temps pris par l’auteur pour poser son monde, l’idéologie des différents faucheurs, les réactions des humains face à eux. L’action n’est pas mise en avance à tout prix et, pour une fois, il n’y a pas vraiment d’ennemis à éliminer, mais plutôt une vague menace : et si les faucheurs cessaient de glaner pour se mettre à tuer ? Si leur humanité disparaissait pour laisser place au plaisir de donner la mort ?

Seul reproche, je n’ai pas toujours adhéré à l’écriture, trouvant parfois certaines phrases bien alambiquées (comme si la traductrice avait galéré à traduire les idées de l’auteur) et certains dialogues un peu faibles… Mais c’est un détail qui ne m’a pas ralenti dans ma lecture.

La faucheuse se démarque par un univers très bien ficelé, par des protagonistes à la psychologie fouillée et par une fin parfaite. En plus, l’auteur prend le contre-pied des romans post-apocalyptiques mettant en scène une humanité exsangue et des romans de SF avec une IA flippante et tyrannique, et ça, c’est vraiment chouette !

« Prends garde à ne jamais perdre ton humanité, ou bien tu ne seras plus qu’une machine à tuer. »

« Car le pouvoir est inexorablement infecté par la seule maladie qu’il nous reste encore. Un virus qu’on appelle la nature humaine. Je ne donne pas cher de l’avenir de notre espèce si jamais les faucheurs se mettent à aimer ce qu’ils font. »

« Je me demande comment sera la vie dans un millénaire quand l’âge moyen approchera les mille ans. Serons-nous tous des enfants du nouveau monde, doués dans toutes les sciences et tous les arts parce que nous aurons eu le temps d’apprendre à les maîtriser ? Ou bien l’ennui et la morne routine nous rongeront-ils encore plus qu’aujourd’hui, nous donnant encore moins de raisons de mener une existence infinie ? Je prie pour que le premier cas de figure soit juste, ais je crois que le deuxième ne l’emporte. »

La faucheuse, livre 1, Neal Shusterman. Robert Laffont, coll. R, 2017 (2016 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Cécile Ardilly. 495 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Le Tordu : 
lire un livre débutant par un assassinat

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Lotto Girl, de Georgia Blain (2017)

Lotto Girl (couverture)Fern Marlow est une Lotto Girl. Grâce à une loterie, ses parents ont pu lui offrir un profil génétiquement modifié par BioPerfect ainsi que la meilleure éducation possible dans la prestigieuse école de filles, Halston.

L’histoire est construite avec des chapitres jonglant entre le présent et le passé. D’une part, on découvre Fern sous un faux nom, obligée de trimer dans un camp de ReCorp, une entreprise responsable du tri des déchets ; d’autre part, on suit Fern depuis son enfance et son entrée à Halston, ses études, ses amies et la suite d’événements l’ayant menée à ReCorp.
J’ai eu davantage d’intérêt pour les souvenirs de Fern que pour le présent. Pour Halston que pour le camp de ReCorp. Les informations sont distillées au compte-goutte et la progression est extrêmement lente. Il y a de nombreuses redites et j’ai parfois eu du mal à avancer dans le livre tant je m’ennuyais. Finalement, j’ai eu l’impression de lire une looooongue introduction.

Les personnages ne m’ont pas tirée de mon ennui. Fern tente de rester le plus longtemps possible dans son conte de fées. Pour une héroïne de dystopie, elle n’est ni révoltée, ni éclairée, ni badass. C’est bien de changer des schémas classiques, mais si c’est pour avoir une héroïne râleuse, aveugle et agaçante… Je lui ai préféré ses amies Lark, Wren et Ivy ou la surveillante Miss Margaret, moins sensibles à la propagande de BioPerfect.
Toutefois, je dois concéder un bon point par rapport aux personnages : pas de véritable romance ! Youhou ! Bon, le beau Chimo ne m’a pas intéressée, mais au moins, il ne nous embête pas trop longtemps.

Pourtant, l’univers présenté est intéressant ! Comme dans La Faucheuse, le concept de nation est devenu obsolète. Cette fois, la Terre est contrôlée par un réseau de grandes entreprises, comme BioPerfect, dirigées par les Parents. BioPerfect possède bon nombre de filiales et le salaire (en données) et le niveau de vie de ses employés varient en fonction de celle à laquelle ils sont affiliés. Ainsi, ceux travaillant à ReCorp ou NewMatter doivent lutter pour survivre, ceux de PureAqua sont un peu mieux payés, etc. On se retrouve avec un système de classe cher à la dystopie. Les plus miséreux vivent dans des camps de fortune surpeuplé, leur air est pollué et poussiéreux et ils doivent affronter les moussons et autres désagréments climatiques ; pendant ce temps, les riches vivent dans de grandes villas sous un ciel d’un bleu pur, offrent à leurs enfants une éducation de qualité, et surtout, ont accès aux services de génétique de BioPerfect pour avoir une descendance intelligente, belle et en bonne santé. Des ressorts classiques, mais efficaces.

La situation, jusqu’alors idyllique de Fern, se complique peu à peu et ni elle, ni le lecteur ne savent à qui faire confiance. Parmi les thématiques abordées, on trouve la manipulation génétique et la manipulation psychologique, l’eugénisme, la perfection, le rôle de l’éducation et de l’environnement social, la prédestination, etc. Nous sommes dans un monde post-apocalyptique qui a changé après le mystérieux Effondrement, ce qui permet d’évoquer les questions de la nature, dans ce monde où les produits frais et non génétiquement modifiés se font rare et où il est mal vu d’avoir une plante verte chez soi.
De plus, qui dit dystopie, mensonges et inégalités, dit révolte. Je l’attendais cette révolution, j’attendais que BioPerfect soit confronté directement, j’attendais qu’il se passe quelque chose. Et pourtant, ça fait un peu pétard mouillé dans ce roman. Les Opposants se cachent… et c’est tout. Ils sont plus baba cool cultivant leur potager hors du monde BioPerfect que guerriers. C’est bien beau, c’est pacifiste, j’approuve, mais ça ne fait pas avancer l’histoire.

Je ressors donc frustrée de ma lecture car de nombreuses questions restent sans réponse (et le resteront puisque Georgia Blain est morte l’an passé…) : les Parents, l’Effondrement, les Souterrains, la rébellion… J’ai du mal à penser que l’autrice ait pensé ce roman en one-shot tant il appelle une suite pour éclaircir bien des points et approfondir les personnages (et si c’était le cas, c’est un très mauvais one-shot).

Malgré un monde plein de potentiel et un regain d’intérêt dans les 70 dernières pages, j’ai été soulagée d’arriver au bout de cette lecture. Lotto Girl souffre réellement d’un manque de rythme et d’action, la progression étant bien trop lente pour être efficace. En outre, personnages et univers ne sont pas assez étoffés pour devenir captivants.

« – Je suis une Lotto Girl. Ils nous utilisent. Parfois pour combler un manque dans le marché du travail, parfois pour tester un nouveau profil. Ils voudront peut-être voir ce que donnera une enseignante avec davantage d’imagination. Ils se servent de nous pour les réglages, pour affiner un modèle. Nous ne sommes que des prototypes de travail. Ils encouragent nos parents, ou les soudoient. Les miens se sont entendus dire que je serais belle s’ils choisissaient l’option préconisée par BioPerfect.
Je l’ai dévisagée. Je n’avais jamais envisagé qu’on puisse être autre chose que des chanceuses. »

Lotto Girl, Georgia Blain. Casterman, 2017 (2016 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Australie) par Alice Delarbre. 329 pages.

Le Paris des Merveilles, tomes 1 à 3, de Pierre Pevel (2003-2015)

Bienvenue dans le Paris de 1909 ! Mais attention, vous êtes ici dans un Paris alternatif et magique. Ici, la Tour Eiffel est construite d’un bois blanc qui chante les nuits de pleine Lune, de petits dragons volettent dans le jardin du Luxembourg, les gargouilles peuvent réellement prendre leur envol, les portiers sont des ogres, des ondines jouent dans les points d’eau et les magiciens se réunissent en clubs. Tel est le décor des aventures du mage Griffont et de l’enchanteresse Isabel de Saint-Gil.

Je n’ai pas envie de détailler les péripéties des protagonistes et de vous raconter l’intrigue de chacun des tomes, j’en parlerai bien sûr, mais en général. Je souhaite plutôt vous parler de l’ambiance, du ton et des personnages pour vous donner envie de découvrir cette belle trilogie.

L’écriture est élégante et délicate, un rien précieuse dans ses descriptions, et l’auteur prend le temps de poser ses personnages, ses décors. Je me serais passée des descriptions répétées à chaque tome, procédé un peu lassant. En parlant d’Isabel par exemple, j’ai aimé son mauvais caractère, son impulsivité, sa mauvaise foi réjouissante, sa naïveté feinte, son intelligence et son intrépidité. Je n’ai pas besoin que l’on me rappelle à chaque chapitre à quel point elle est belle, souple, fine, cascade de cheveux roux traversés d’or, yeux ambrés pailletés d’émeraude, etc. Ses qualités la rendent admirable, mais ce sont ses défauts qui la rendent attachante. Son physique m’importe peu, j’aurais donc apprécié qu’il soit moins rabâché. (La remarque vaut également pour la magicienne Cécile de Brescieux.)
On s’attache néanmoins sans difficulté aux personnages. De plus, la majorité d’entre eux sont récurrents, ce qui permet à l’auteur de leur fournir une psychologie suffisamment fouillée. Je regrette seulement de ne pas avoir vu davantage sur Azincourt, le chat ailé de Griffont : le troisième tome laissait entendre qu’il aurait un rôle plus important et finalement, non.
Enfin, je donne un bon point pour la relation entre Griffont et Isabel. Elle m’a parfois fait sourire et parfois attendrie, leurs savoureux échanges ne manquant pas de piquant.

Un point qui m’a beaucoup amusée est le jeu instauré par le narrateur avec le lecteur. Une connivence s’installe grâce à des interpellations directes. Par exemple, dans la nouvelle « Magicis In Mobile », il s’amuse également des derniers chapitres explosifs dans bon nombre de romans (bien que lui-même nous réserve des finals sur les chapeaux de roue dans chacun des tomes du Paris des Merveilles) : « L’auteur de ces lignes se refuse à travestir la réalité dont il se veut le chroniqueur fidèle, et tant pis pour les principes romanesques qui exigent un final spectaculaire à tout bon récit d’aventures. »

Le cadre est idyllique et Pierre Pevel nous emmène dans des mondes enchanteurs. D’une part, nous avons un Paris de la Belle-Epoque, tout de boiseries, de cuivre, de bronze et de verre, délicatement parsemé d’éléments merveilleux. D’autre part, il y a Ambremer, une cité sortie d’un Moyen-Âge idéalisé, parfait et propre. A ce sujet, le narrateur nous dit : « Ambremer était une cité médiévale, mais telle que vous, moi et l’essentiel de nos contemporains la rêvons. A savoir pittoresque et tortueuse, avec des venelles pavées plutôt que boueuses, des maisons en belle pierre plutôt qu’en mauvais torchis, des toits de tuile rouge plutôt que de chaume sale. Elle fleurait bon, et non l’urine, la crasse et le fumier mêlés. »
Non content de revisiter la capitale, Pierre Pevel s’approprie bon nombre de personnages historiques pour en faire des mages : on croisera ainsi l’alchimiste Nicolas Flamel, le cinémagicien Georges Méliès ou encore Lord Dunsany, futur auteur de La Fille du roi des elfes.

On retrouve ce qui constitue à mon goût les ingrédients classiques de la fantasy (sachant que je ne suis pas une experte, c’est juste mon expérience de lectrice qui parle). Que ce soit au niveau des créatures magiques (dragons, fées, elfes, chats ailés, arbres savants…) ou des thématiques (une haine sororale, l’infidélité de l’époux de la reine déclenchant la guerre entre les peuples, la magie noire), tout est là. Cependant, tout s’agence si bien et on prend un tel plaisir à découvrir ce monde magique que la sauce prend sans difficulté.
L’atmosphère s’assombrit au fil des tomes, le premier étant finalement le plus léger. Le troisième, en revanche, nous plonge dans un Paris menacé par des attentats et le retour de la Reine Noire. Entre meurtres et suspicion, voilà qui laisse moins de temps pour le badinage. Le second tome prend également le temps d’un petit voyage dans le temps, en 1720, année de la rencontre entre Griffont et Isabel – ce qui nous permet d’en savoir plus sur nos deux héros – dont les évènements trouveront une résonnance particulière près de deux cents ans plus tard.

Une intrigue à la fois policière et surnaturelle, des aventures rocambolesques, des mondes oniriques, de l’humour et de l’action, Le Paris des Merveilles est une excellente trilogie de fantasy, mâtinée de roman feuilleton et de cape et d’épée.

J’ajouterai en plus que l’édition poche chez Folio SF est magnifique dans ses déclinaisons de bleus et que la douceur de ses couvertures gravées est un plaisir pour les doigts.

« La mémoire est un ciment solide. Si solide et durable que la nostalgie survit parfois longtemps à l’amitié. Elle peut même s’y substituer et nous tromper. Combien de fois nous sommes-nous aperçus trop tard que rien ne nous attachait désormais à tel ou telle, sinon le souvenir d’une époque évanouie ? Quand cette idée frappe, douloureuse, le temps paraît faire un bond et nous nous découvrons subitement face à un étranger que les hardes de sentiments défunts ont cessé de déguiser. Cela, plus que les ans, fait vieillir. L’âge est le catalogue de nos désenchantements intimes. » (Tome 1)

« Ils étaient à la fois les acteurs et les spectateurs d’une relation qui ne les ménageait pas, certes, mais ne croiserait jamais vers les eaux calmes de l’ennui. Et lorsqu’ils doutaient parfois d’être aimés, lorsque leur comédie réciproque risquait de les tromper ou qu’une houle trop forte pourrait avoir raison de leurs sentiments tourmentés, il leur suffisait de surprendre un trouble sincère et fragile chez l’autre pour se sentir brusquement investis du devoir impérieux de vivre à ses yeux. » (Tome 2)

« Les bibliothèques sont des rêves.
Rêves de ceux qui les ont voulues et bâties. Rêves de ceux qui les fréquentent et les aiment. Rêves enchâssés en des milliers et des milliers de pages préservées. Rêves puisés à la source des désirs et des sciences, des imaginations fertiles, des ambitions, des lectures patientes, des nuits passées dans le secret des livres. Elles sont des portes vers le Troisième Monde. Certaines ne font que l’approcher, le frôler, apercevoir ses confins. D’autres le rejoignent puis s’éloignent, au gré des astres et leurs caprices. Quelques-unes, enfin, les plus belles et les plus émouvantes, appartiennent entièrement à l’Onirie. » (Tome 3)

Le Paris des Merveilles, tome 1 : Les enchantements d’Ambremer, suivi de Magicis In Mobile, Pierre Pevel. Gallimard, coll. Folio SF, 2017 (Le Pré aux Clercs, 2003, pour la première édition). 416 pages.
Le Paris des Merveilles, tome 2 : L’élixir d’oubli, Pierre Pevel. Gallimard, coll. Folio SF, 2017 (Le Pré aux Clercs, 2003, pour la première édition). 418 pages.
Le Paris des Merveilles, tome 3 : Le Royaume immobile, Pierre Pevel. Gallimard, coll. Folio SF, 2017 (Bragelonne, 2015, pour la première édition). 446 pages.

Silo, tome 1, de Hugh Howey (2012)

SiloDans un futur post-apocalyptique, l’air extérieur est devenu toxique, mortel, et l’humanité survivante se voit contrainte de se terrer dans un gigantesque silo enterré de 144 étages, régi par des règles strictes et de nombreuses interdictions. Ainsi va la vie depuis des générations. Mais parfois, certains se posent des questions, certains fouillent, certains parlent, brisant alors l’un des tabous du silo. Ceux-là doivent quitter le silo, mais auparavant, nettoyer les caméras, œil sur le monde extérieur. C’est le nettoyage.

L’intérêt pour ce roman est venu progressivement… et est devenu réel dès la troisième partie. En effet, les deux premières parties se concentrent sur des personnages qui vont lancer les l’histoire, mais qui n’iront malheureusement pas plus loin. A peine commence-t-on à s’attacher qu’ils nous sont enlevés. J’ai cependant aimé ces deux sections, la première pouvant presque être une nouvelle à elle toute seule avec un twist intéressant et la second étant vraiment touchante. A partir de la troisième partie, Juliette, la nouvelle shérif, devient personnage principal et nous la suivrons, parmi d’autres, tout au long du roman.

Silo est une dystopie dense et riche avec un univers fort et des personnages bien campés. Il possède un côté descriptif qui peut rebuter, mais cela ne m’a jamais dérangée. Au contraire, j’ai été immergée dans cette histoire. Le roman prend parfois son temps pour poser le décor, présenter les personnages plus en profondeur et j’ai trouvé très agréable d’en savoir plus sur cet étrange silo et ses habitants.
L’atmosphère du lieu est lourde, étouffante et, comme on le découvre rapidement, pleine de secrets. Les personnages sont réalistes et intéressants, voire attachants (surtout en ce qui concerne le peuple du fond). Hugh Howey prend le temps d’explorer les relations entre les étages, les espoirs de chacun, le système de castes avec leurs salopettes de couleur, la manipulation des habitants par les gens au pouvoir, l’utilisation que ceux-ci font des communications difficiles, d’un escalier qui demande des jours de marche pour parcourir entièrement.

Silo est un roman sur l’oppression et sur la révolte, sur ce qui advient quand des secrets trop important pour être cachés sont révélés, sur l’exaspération d’un peuple qui découvre la vérité, sur un nettoyage de trop qui pousse à la rébellion. Hugh Howey fait peu à peu monter la pression et, dans la seconde moitié du roman quand la situation commence à dégénérer, met en place une narration qui alterne les points de vue, accrochant totalement son lecteur ou sa lectrice, avide de savoir ce qu’il advient de tel ou tel protagoniste. Système très utilisé évidemment, mais très efficace !

Une excellente lecture, vous l’aurez compris, même si je ne vous en dis pas davantage sur l’histoire pour vous laisser la surprise des différents rebondissements. Le silo m’a capturée entre ses murs pour me rejeter quelques jours plus tard, la dernière page tournée. De nombreuses questions me trottent encore dans la tête concernant le passé de ce monde ravagé et l’avenir de certains personnages, je suis donc curieuse de découvrir les deux autres tomes de la trilogie pour avoir les réponses !

« – Que font les graines quand on les laisse trop longtemps dans un coin ? demanda-t-elle.
Il fronça les sourcils.
– Nous pourrissons, dit-il. Tous autant que nous sommes. Nous nous abîmons et nous pourrissons si profondément que nous ne pouvons plus pousser.
Il refoula ses larmes et la regarda.
– Nous ne repousserons jamais. »

« Exprimer tout désir à s’en aller. Oui. L’infraction suprême. Tu ne comprends pas pourquoi ? Pourquoi c’est interdit ? Parce que toutes les insurrections sont parties de ce désir, voilà pourquoi ? »

Silo, tome 1, Hugh Howey. Le Livre de Poche, 2016 (2012 pour l’édition originale. Editions Actes Sud, 2013, pour l’édition française en grand format). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Yoann Gentric et Laure Manceau. 739 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Le Détective Agonisant :
lire un livre dans lequel un personnage est gravement malade/meurt au début du livre

Illuminae, tome 2 : Dossier Gemina, d’Amie Kaufman et Jay Kristoff (2016)

Illuminae, tome 2 (couverture)Cette fois, j’ai été plus maligne qu’avec La Passe-miroir, j’ai relu le tome 1, Dossier Alexander, avant la sortie du Dossier Gemina pour me jeter sur celui-ci dès le 21 juin ! Ma relecture a été un vrai bonheur et j’ai à nouveau été glacée par les terribles ravages du virus Phobos et fascinée par AIDAN.

Tandis que Kady, Ezra, AIDAN et les autres filent à toute allure vers la station de saut Haimdall, ils ne se doutent pas que celle-ci est attaquée par un escadron d’élite de BeiTech. Ceux-ci prennent rapidement la situation en main, mais Hanna Donnelly, fille du commandant responsable de la station, passionnée de mode mais aussi d’arts martiaux, et Niklas Malikov, membre de la mafia locale, vont leur mettre des bâtons dans les roues. Mais les mercenaires ne sont pas les seuls dangers présents sur la station.

En découvrant le résumé, j’ai eu un peu peur de la redondance par rapport au premier tome. Certes, il y a quelques aspects répétitifs entre les deux volumes (les deux couples qui, au début du moins, ne sont pas sur la même longueur d’ondes – Kady et Ezra car ils venaient de rompre, Hanna et Nik parce qu’ils ne vivent pas du tout dans le même milieu social –, la menace insidieuse du virus puis des laminas), mais les auteurs ont quand même su se renouveler suffisamment. Toutefois, j’ai d’autres reproches à faire à ce second tome.
Dossier Alexander nous plongeait directement au cœur de l’invasion de BeiTech sur Kerenza et nous faisait découvrir Kady et Ezra au milieu de l’action. En revanche, Dossier Gemina prend davantage son temps pour introduire Hanna, son caractère, ses relations avec Nik, son père ou encore Jackson Merrick, elle nous présente aussi la station Heimdall via son journal. Autant le premier tome m’a immédiatement happée, autant il m’a fallu une centaine de pages pour être vraiment dans celui-ci.
Il m’a ensuite semblé qu’il y avait une moins grande variété dans les documents constituant l’histoire. On trouve majoritairement des résumés de vidéosurveillance pour faire avancer l’action (ainsi que du chat). Or, ces retranscriptions sont les moins originales, elles sont moins marquantes visuellement et, finalement, ce sont simplement des récits avec un narrateur omniscient qui commente les faits et gestes des protagonistes.
Enfin, je l’ai trouvé moins visuel que le premier tome. Je suis encore hantée par la vision de cette petite fille traînant son cœur humain comme un nounours ou par leurs « Arrête de me regarder ». J’ai des images très fortes liées au Dossier Alexander. Pas avec le Dossier Gemina. Déjà parce que j’ai eu du mal à imaginer, à visualiser les laminas (des bestioles mortelles élevées par la Maison des Couteaux, la mafia locale, qui se sont échappées et se baladent dans les tuyaux d’aération). J’ai plus ou moins fini par définir leur apparence dans mon esprit, mais je n’en suis pas satisfaite et je ne suis jamais parvenue à véritablement leur donner vie.

Cependant, j’ai quand même passé un excellent moment et ma déception reste légère ! (J’insiste là-dessus, j’ai commencé par les points négatifs, mais j’ai quand même été happée par ce roman et je les conseillerai toujours mille fois !)
La forme du roman est toujours aussi originale et plaisante à lire. J’ai notamment apprécié le journal de Hanna (papier contrairement à celui de Kady) et le petit côté manga de ses dessins ainsi que le trombinoscope de l’escadron BeiTech progressivement barré au fil des morts.

Le changement de décor est agréable. La présence du trou de ver donne l’impression d’être sur un fil où tout peut dégénérer en un clin d’œil. La théorie du multivers est aussi abordée. Je ne sais pas si elle sera réutilisée par la suite, mais c’était bien amené et j’ai adoré la double narration qu’elle permet sur quelques pages.

Illuminae T2 6

Les personnages sont une nouvelle fois efficaces et on s’y attache rapidement. Hanna, cette fille pas aussi superficielle qu’elle en a l’air, courageuse et décidée malgré toutes les pertes qu’elle connaît. Nik, fort sympathique également. Je mets toutefois un bémol sur la romance, mignonne certes mais malheureusement trop prévisible. Ma préférence va, de toute façon, à Ella, la cousine hackeuse et battante du héros. (Et j’ai retrouvé AIDAN avec plaisir, diminué mais toujours tentant de comprendre les humains ! Et toujours drôle.)
Enfin, on retrouve les ingrédients d’une aventure survoltée : la tension liée à la traque, le jeu entre proies et prédateurs (qui s’inverse parfois), le rythme (car, malgré ce début un peu moins prenant, on se retrouve vite embarqué dans une course folle), l’émotion, l’humour, l’horreur parfois. Des révélations aussi ainsi que des retournements de situation !

Certes, le Dossier Gemina est à mon goût un peu en-deçà du Dossier Alexander, mais ça reste malgré tout une lecture géniale ! Je n’ai pas lâché mon livre, j’ai été happée par cette histoire, bref, c’est addictif ! Donc n’hésitez pas ! Le plus dur reste à venir : il faut maintenant attendre l’année prochaine pour découvrir l’ultime volume, le Dossier Obsidio !

« Vue de l’extérieur, la station est fabuleuse. Rien ne trahit les drames qui s’y déroulent. Ni impact de balle, ni cadavre, ni tache de sang sur les murs. Une ville circulaire en constante révolution autour d’un trou scintillant au bord de l’univers. »

« Rêver l’impossible : une quête de chaque instant. »

Illuminae, tome 2 : Dossier Gemina, Amie Kaufman et Jay Kristoff, illustré par Marie Lu. Casterman, 2017 (2016 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Australie) par Corinne Daniellot. 670 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – La Deuxième Tache : 
lire le deuxième tome d’une saga

La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel, de Christelle Dabos (2017)

La Passe-Miroir 3 (couverture)Attention aux spoilers qui peuvent traîner !

Deux ans et sept mois après sa rencontre avec Dieu et la fuite de Thorn, Ophélie est toujours bloquée sur Anima, sans nouvelles de ses amis et surveillée par les Doyennes. Lorsqu’une opportunité se présente, elle n’hésite et quitte son arche, autrefois rassurante, aujourd’hui étouffante. La voilà qui débarque, seule, sur l’arche de Babel.

Le troisième tome de La Passe-Miroir ! Enfin ! Les gens intelligents ont relu les tomes qu’ils voulaient relire en mai pour pouvoir se jeter sur le troisième dès sa sortie, le 1er juin dernier, mais comme je ne suis pas bien maligne, j’ai recommencé à lire le deuxième tome à ce moment-là… D’ailleurs cette relecture des Disparus du Clairdelune m’a fait réaliser à quel je suis amoureuse d’Ophélie et de Thorn et d’Archibald (et aussi de tous les autres, mais ces trois-là…) et à quel point je voulais la suite.
Mais voilà, maintenant, je l’ai lu et je suis à la fois heureuse et triste. Comme après un tome d’Harry Potter il y a quelques années. Triste que la dernière page ait été tournée, triste de devoir des mois, des années, avant d’avoir la suite, mais heureuse d’avoir retrouvé Ophélie, encore plus heureuse quand nous avons enfin retrouvé Thorn, heureuse de retrouver cet univers et cette plume ! Bref, c’est le bonheur…

Car il n’y a pas à dire : ce troisième tome tient toutes ses promesses. Je ne dirai pas que c’est le meilleur car le 2 avait été le meilleur quand je l’avais lu, le 3 l’a été quand je l’ai refermé et le 4 le sera sans doute à sa sortie. Mais il met quand même la barre très haute. (Et cela n’est seulement dû à la beauté de sa couverture et à sa jolie couleur !)

Une nouvelle fois, j’ai été totalement émerveillée – comme si j’y étais – face à l’arche de Babel. Nouvelle arche, nouveaux esprits de famille, nouvelle société… nouvelles règles du jeu. Les mots de Christelle Dabos m’ont projetée face au Mémorial, à la Bonne Famille et m’ont emmenée faire un tour sur les petites îles de l’arche. Babel, en dépit de sa modernité steampunk, a un bon côté dictatorial parfait pour y tricoter cette nouvelle intrigue.
Ce tome est plus inquiétant à mon goût. Ophélie doit se débrouiller seule – pas de Thorn, pas de Berenilde ou de Tante Roseline pour la protéger – et les aspirants à la Bonne Famille ne sont pas franchement rassurants. Ajoutons à cela la menace de Dieu (ou celle, floue, de l’Autre) et l’ambiance se refroidit un peu.
Je ne devine rien, je ne sais jamais où Christelle Dabos va m’emmener et j’adore ça. Son univers ne cesse de s’enrichir. Ophélie, en quête de réponses, en soulève de nouvelles. De plus, j’ai eu l’impression d’une nouvelle maturité dans l’écriture et dans les thèmes (ainsi que chez tous les personnages d’ailleurs). L’évolution d’Archibald, la remise en question d’Ophélie, les peurs de Victoire (la petite – qui est plus grande qu’elle n’y paraît – de Berenilde et Farouk)…

Je dois toutefois reconnaître que la seconde partie est meilleure que la première. Une raison à cela : Thorn m’a manquée. Tout comme ses échanges piquants avec Ophélie et ses remarques cassantes à tous ceux qui s’adressent à lui m’ont manqués. La relation Ophélie-Thorn est quand même l’un des piliers de la saga, donc si l’un disparaît de l’équation… Ma lecture n’en a pas véritablement été perturbée (déjà parce que je l’ai malheureusement lu tellement vite que Thorn est réapparu assez rapidement…), mais je trouve que la seconde partie retrouve cette tension et ce piquant particuliers que Christelle Dabos a délicieusement mis en place dans les deux premiers tomes. (Et Archibald aussi m’a manquée…)

La fin, que dire ? La fin est juste parfaite, avec un cliffhanger glaçant. Je trépignais sur mon canapé en mode « C’est la mouiiise ! » et  aussi « Ils sont trop mignons ! » et « Je veux la suite ! ».
Car oui, Ophélie et Thorn m’ont fait fondre. En même temps, avec deux zigotos comme eux, il fallait s’y attendre. Ophélie – qui s’affirme (mais qui reste maladroite et discrète évidemment, on ne va pas en faire une Lara Croft) – et Thorn ont bien du mal à communiquer alors quand il faut parler de ce qui agite leurs cœurs, ce n’est pas évident et ça touche le mien.

Son univers, ses personnages, ses intrigues, Christelle Dabos assure de tous les côtés et nous confirme avec ce merveilleux troisième opus qu’elle est décidément une conteuse hors pair qui se hisse avec cette merveilleuse saga aux côtés des meilleurs (comme, voyons… J.K. Rowling par exemple ?) et j’attends la suite (et donc la conclusion de toute cette histoire malheureusement) avec impatience (et pourtant, il va en falloir de la patience…).

« La vérité, la seule vérité, c’est qu’elle avait été lâche.
Cette prise de conscience la traversa comme une brèche. Il lui sembla que c’était la surface entière de son être qui se craquelait de toutes parts, telle une coquille d’œuf. Cela lui fit mal, mais Ophélie savait que c’était une douleur nécessaire. La souffrance explosa quand son ancienne identité vola en éclats.
Elle se sentit mourir. Elle allait enfin pouvoir vivre. »

La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel, Christelle Dabos. Gallimard jeunesse, 2017. 482 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Les Trois Garrideb :
lire le troisième tome d’une saga

S’accrocher aux étoiles, de Katie Khan (2017)

S'accrocher aux étoiles (couverture)Carys et Max n’ont plus que quatre-vingt-dix minutes à vivre. Dérivant dans l’espace, tentant par tous les moyens de sauver leur vie, ils regardent la Terre et se remémorent leurs souvenirs communs.

S’accrocher aux étoiles est avant tout une histoire d’amour. Autant dire qu’en découvrant cela, j’étais plutôt sceptique. Cela dit, même si j’ai été moyennement touchée par l’histoire de Carys et Max, je ne me suis pas ennuyée au cours de cette lecture (qui se lit vite, avouons-le). Ce qui m’a manqué est avant tout un attachement aux protagonistes. Ce couple est sympathique, mais pas marquant pour autant. Ils sont vraiment humains (avec des défauts et des qualités, sans capacité hors du commun), mais je n’ai pas tremblé pour eux. (La quatrième de couverture compare ce roman à Gravity, or ce film ne m’a pas fait davantage vibrer.)
Nous sommes directement plongés dans l’action, quand les deux astronautes constatent que leurs réserves d’oxygène s’épuisent, et c’est au fil du roman que des flash-back nous feront revivre leur histoire (avec toutes les étapes attendues : rencontre, séduction, conflits, réconciliations, etc.). Puisqu’ils sont dans l’espace et que leur champ d’action est relativement restreint, le roman est composé majoritairement de dialogues, leur permettant de se déclarer leur amour, de se disputer ou de se remémorer les bons et mauvais souvenirs. Cela donne aussi un côté léger au roman… qui n’est donc plus si dramatique !

Si l’histoire d’amour ne m’a que peu passionnée, j’étais curieuse – comme à chaque fois que je lis de la SF – d’en apprendre davantage sur ce futur qui – s’il ne fait pas rêver malgré ses rêves de perfection – collait assez bien avec notre présent : une guerre a détruit les Etats-Unis et le Moyen-Orient, l’Union Européenne a resserré les rangs pour donner naissance à Europa, l’humanité est perpétuellement connectée (du moins dans les pays suffisamment riches), la parité est totale (car je veux croire que l’on avance en ce sens !). Le cadre et les réflexions sur la guerre et les frontières, la religion et la foi, l’utopie et la loi, l’amour et le couple, ont bien davantage attiré mon attention que la relation entre Carys et Max !

Histoire d’amour et anticipation, un univers qui pose quelques questions, un roman sans prétention à mon goût dont j’ai particulièrement apprécié les trois dernières parties, intéressantes et bien construites, qui ont d’ailleurs été une petite surprise. Malheureusement, je ne peux rien dire…

 « Quand on vous dit que quelque chose vous est refusé, je pense que c’est dans la nature humaine de commencer à en avoir envie. »

« Après avoir pesé et comparé différents mode de vie, nous en choisissons un : tu ne crois pas que c’est ça, le sens véritable d’utopie ? Europia sentirait vite le rance si des gens comme moi ne remettaient pas de temps en temps en question le bien-fondé de certaines règles. Il vaut mieux être mort que cesser d’être curieux. »

S’accrocher aux étoiles (VO : Hold back the stars), Katie Khan. Editions Super 8, 2017 (2017 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Royaume-Uni) par Marie Hermet. 352 pages.