Le Phare au Corbeau, de Rozenn Illiano (2019)

La Phare au corbeau (couverture)Le Phare au Corbeau met en scène un duo atypique : en effet, Agathe et Isaïah sont exorcistes. Agathe voit les esprits mais est incapable de converser avec eux et par là de les apaiser. C’est donc Isaïah qui, sans même les voir, les pousse à quitter notre monde. Quand on les appelle pour un manoir hanté en Bretagne, rien ne laisse supposer que l’esprit du lieu se montrera plus récalcitrant que les autres (hormis le fait que, si c’était le cas, il n’y aurait pas de roman). Sauf que lorsqu’il s’y mêle une malédiction, de multiples morts, des secrets bien gardés par des locaux peu amènes et une histoire macabre qui s’étale sur plusieurs siècles, la partie ne s’annonce pas si facile.

Je dois dire tout d’abord que je suis ravie d’avoir enfin pu appréhender la plume de Rozenn Illiano. Je suis son blog « Onirography » depuis quelques mois et ses nombreux projets n’ont cessé d’attiser ma curiosité. Il y a eu Midnight City, le livre vagabond, ses petites poupées qui offrent un visage à ses personnages, et puis ce fameux « Grand Projet » qui rassemble et lie tous ses romans (si Le Phare au corbeau est le premier qui passe entre les mains d’un éditeur, Rozenn Illiano n’en est pas à son premier coup d’essai et a déjà publié plusieurs livres en auto-édition). Mais la vie et ma PAL et mes finances font que ce désir de découvrir son œuvre a toujours été repoussé… jusqu’à aujourd’hui !

L’exorcisme fait partie de la culture populaire et tout le monde aura des images ou des formules en tête (« Vade Retro Satana » par exemple). Pourtant, je ne crois pas avoir regardé beaucoup de films sur le sujet (non, pas même L’exorciste dont je n’ai vu que des extraits) et encore moins de livres. Je n’ai même aucun doute là-dessus : Le Phare au Corbeau était mon premier roman mettant en scène des exorcistes.
Ce qui a, je pense, fortement accru mon enthousiasme en commençant ce roman (c’est comme si tu me donnes une histoire de pirates : j’aime beaucoup les pirates, mais j’en lis finalement très peu, donc je serais dès le début très excitée à l’idée même de la lecture à venir). J’ai adoré cette plongée dans le monde du hoodoo et des rituels mêlant sorcellerie africaine et saints catholiques que pratique Isaïah. Les vévés, les herbes, les huiles, les formules… et la rencontre de cet univers underground des sorciers où certain·es absorbent les émotions des autres, ont des « intuitions » leur permettant de connaître des événements en train de se dérouler ou sur le point d’advenir, perçoivent les malédictions et bien sûr voient les morts. Un univers enthousiasmant, bien construit et immédiatement crédible.

Le cadre du roman était aussi fascinant qu’inquiétant. Le domaine de Ker ar Bran est un lieu qui ne pouvait que me fasciner. Ce phare scellé, dressé face à la mer ; le vent, menaçant de vous pousser à bas de la falaise ; les cris des goélands mêlés à ceux du fameux corbeau ; cette grande demeure mi-rénovée, mi-abandonnée ; ce domaine isolé du reste du village ; les morts qui parsèment son histoire… Une Bretagne qui fait fantasmer, aux légendes séculaires porteuses d’émerveillement et d’inquiétude.
Un endroit qui ne pouvait qu’enfanter mille craintes et superstitions… et tout autant de questions. Autant pour nous qui lisons les mots de Rozenn Illiano que pour Agathe. D’où lui vient ce sentiment de familiarité avec ce petit coin de Bretagne ? Pourquoi ce phare l’appelle-t-il ainsi ?

Les personnages sont également l’un des grands points forts de ce récit. Si Isaïah semble parfois si parfait que l’on ne peut qu’approuver Agathe lorsqu’elle déclare qu’« il devrait y avoir des lois contre ça », il n’en est pas pour autant agaçant et fade, travers dans lequel l’autrice aurait pu tomber. Il est un personnage lumineux et rassurant, confiant en lui et en les autres ; il est le pendant d’une Agathe plus sombre, introvertie et torturée. Sensation de ne pas être à sa place, honte face à un don incomplet, peur d’être inutile, inconfort face à de nouvelles personnes, mille doutes tourbillonnant sous son crâne… Agathe est un personnage un peu paumé dans lequel je me suis malheureusement beaucoup trop reconnue. Isaïah est pour elle un ami d’exception et leur relation fonctionne à merveille d’un bout à l’autre du récit.
Ce sont des personnages qu’il me plairait beaucoup de voir évoluer. C’est un roman tout fait indépendant, avec un début, un milieu et une fin, mais qui a cependant la possibilité d’évoluer en série (c’est en tout cas le souhait de l’éditeur, semble-t-il). La fin du récit – dont je ne peux rien vous dire – laisse percevoir des changements à venir dans leur façon de travailler et je suis curieuse de voir comment Agathe s’adaptera aux révélations de cette enquête.

Si la majeure partie de l’histoire se déroule en 2014, des chapitres ici et là nous ramènent quelques siècles en arrière en 1921 et 1839 à la rencontre du passé de Ker ar Bran, personnage à part entière dont l’ombre pèse sur chacun des protagonistes, mais aussi de Nenoga, Théophile de Saint-Amand ou encore Gwennyn. Des personnages aussi fragilisés par la vie que l’est Agathe. Des êtres craints, rejetés, car jugés trop différents. Leur indépendance, leurs savoirs, leurs croyances, leurs pouvoirs choquent et heurtent la petite communauté et les voilà bientôt livrés à la vindicte populaire.

Ma seule « déception » – je le mets entre guillemets car le mot est trop dur pour le sentiment réellement éprouvé – tient au résumé qui m’a induite en erreur. Je n’en blâme donc pas l’autrice, mais plutôt l’éditeur. En disant « il leur faudra ébranler le mutisme des locaux et creuser dans un passé que certains aimeraient bien garder enfoui », ce n’est pas faux, c’est même totalement ce qu’il se passe, mais dans des proportions bien moindres que ce que j’imaginais. L’enquête dans le village n’est pas le cœur du récit et se révèle finalement assez brève et vite expédiée (une fois que les personnages se lancent) alors que j’imaginais bien plus de rencontres, de mensonges et de répugnances à parler. Ce n’est pas une déception à proprement parler car je ne suis pas amère de ne pas avoir trouvé une plus longue enquête, mais ça m’a déstabilisé (c’est ça le sentiment réellement éprouvé) : je me demandais quand les locaux interviendraient dans cette affaire (comme quoi, je devrais toujours m’en tenir à mes lectures incomplètes des résumés, cela ne me réussit jamais). 

Les dessins de Xavier Collette – à savoir la couverture du livre et son portrait d’Agathe – ont énormément influencé la manière dont je visualisais cette histoire. Je suis souvent totalement fan de son travail (il a notamment illustré un de mes jeux préférés, Abyss) et cette tendance se confirme avec Le Phare au Corbeau. Ses ambiances ont marqué mon imagination et toutes les images nées dans mon esprit (celle du domaine envahi par une sombre aura par exemple). Je trouve qu’il a parfaitement capturé l’atmosphère de la Bretagne que raconte Rozenn Illiano et le caractère d’Agathe, toutes deux fières, indomptables, uniques.

La Phare au corbeau - Agathe par Xavier Collette

Agathe, par Xavier Collette

Que vous croyez ou non aux esprits, je vous invite à découvrir Le Phare au Corbeau et son envoûtante histoire de fantômes. Pour ses personnages humains et attachants, pour ses paysages de côtes bretonnes battues par les vents et les vagues, pour son ambiance de magie, de superstitions et de légendes, pour ce mélange de fantastique, de douce frayeur et de croyances populaires, pour la magnifique couverture de Xavier Collette… pour bien d’autres raisons qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes.

« Que le spectacle commence, répète toujours Isaïah. Lui se considère en représentation ; moi, j’ai l’impression de jouer ma vie au point de sentir sur mon âme comme un trait gravé avec la pointe d’une pierre, un pour chaque mort que je fixe dans les yeux. Leurs regards me brûlent. Leurs regards me brûlent parce qu’ils me voient, et ils me voient parce que moi je les vois. »

« La jeune femme comprit que tout était perdu pour elle. Personne ne lui viendrait en aide, et surtout pas sa famille. Lorsqu’elle leva les yeux vers sa mère, s’arrachant au poignant spectacle de Lug et d’Enora terrorisés dans leur coin, elle la vit telle qu’elle était : une femme vieillie trop tôt qui n’avait jamais pu accepter les chaînes qu’elle portait, qui avait dû subir sa vie puisqu’elle ne pouvait pas faire autrement. Comme toutes les femmes du village, comme toutes celles qui vivaient dans la région ou ailleurs, condamnées à se marier et à devenir mère parce que leur famille en avait décidé ainsi, à endurer les assauts pressants de leur mari, la terrible douleur de l’enfantement, le travail aux champs ou au lavoir, l’esprit et le corps enfermés dans une cage en fer. L’on traitait de sorcières celles qui s’échappaient de cette geôle, qu’elles possèdent véritablement des pouvoirs ou non… Comment Gwennyn pouvait-elle espérer sans sortir ? »

Magie grise, T1, Le Phare au Corbeau, Rozenn Illiano. Critic, 2019. 382 pages.

Challenge Voix d’autrice : un livre dont le personnage principal est une femme

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Spécial Albums – Top Car, Mister Black et Jusqu’en haut

Les albums ne sont clairement pas ma spécialité et sont très rares par ici. J’ai néanmoins fait de très chouettes découvertes cet été et j’ai eu envie de les partager avec vous dans ces courtes chroniques. Aujourd’hui (ce qui laisse entendre que d’autres articles dédiés aux albums devraient pointer le bout de leur nez si je ne procrastine pas trop), je vous parle de trois albums aux thématiques très contemporaines.

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Top Car, de Davide Cali (texte) et Sébastien Mourrain (illustrations) (2018)

Top Car (couverture)Un petit album qui raconte l’histoire d’un homme dévoré par le désir d’acheter la nouvelle voiture à la mode, plus belle, plus rapide, plus parfaite. Pourtant, il a déjà une voiture. Elle n’est pas aussi tendance, elle n’est pas aussi spacieuse, mais elle roule bien et, avec son petit gabarit, pas de problème de parking. Mais cette voiture l’obsède, il lui faut trouver un moyen de l’acheter.

C’était là un album qui ne pouvait que m’interpeller. Derrière un trait fin et épuré, Top Car dénonce la société de consommation. Ce pouvoir des publicités qui passe la barrière de la raison et touche aux sentiments pour faire naître des besoins inexistants. Travailler jusqu’à l’abrutissement pour s’offrir un petit plaisir passager qui sera caduque dès que le nouveau modèle encore plus attractif sortira. La fin, au choix, fait sourire ou désespère tant cet album raconte notre société.

Un album malin et bien construit qui peut-être fera écho dans quelques consciences.

Top Car, Davide Cali (texte) et Sébastien Mourrain (illustrations). Editions des éléphants, 2018. 40 pages.

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Mister Black, de Catalina Gonzalez Vilar (texte) et Miguel Pang (illustrations) (2018)

Mister Black (couverture)Mister Black est un vampire qui vit sur une île de monstres. Autant dire qu’il a une image à tenir. Un vampire, c’est effrayant, ce n’est pas joyeux et ça s’habille en noir. Sauf que Mister Black aime passionnément… la couleur rose.

Encore un album très actuel avec cette ode à la différence. L’histoire de Mister Black nous invite à dépasser nos préjugés et à s’ouvrir à des personnalités riches, surprenantes et uniques. Elle nous raconte aussi la difficulté à vivre sous le regard de nos pairs, ce regard si pesant car parfois terriblement jugeant. Comment s’épanouir lorsque l’on nous dit que nos goûts et nos envies ne sont pas acceptables, qu’il faut les enfermer dans un coffre et balancer le coffre à la mer ?
L’histoire, si vous me permettez le jeu de mots, ne sera pas rose tous les jours : elle menace même de prendre une tournure très noire et désespérée, heureusement redressée par une fin qui souligne l’hypocrisie de la société. La méchanceté, la monstruosité, se cache décidément sous tous les corps.
J’ai moins adhéré aux dessins, je dois l’avouer. Cependant, les couleurs très franches ont le mérite de faire ressortir ce rose éclatant et détonnant dans un monde de monstres ou, au contraire, de faire ressortir la tristesse d’un monde en noir, gris et autres marrons ternes, bref, de souligner les (très) différentes facettes de ce vampire atypique.

Un second album tout aussi actuel qui tord le cou à quelques stéréotypes en appelant à un peu plus de bienveillance.

Mister Black, Catalina Gonzalez Vilar (texte) et Miguel Pang (illustrations). Editions Les Fourmis rouges, 2018. 36 pages.

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Jusqu’en haut, d’Emilie Vast (2019)

Jusqu'en haut (couverture)Semblable aux contes de randonnée, cet album nous emmène toujours plus haut dans un arbre de la forêt amazonienne. Pourquoi Ocelot est-il tombé sur le dos de Coati ? Pour cela, il faut découvrir la réaction en chaîne qui a conduit à cet événement. Intrigant… Qui a bien pu déclencher tout ce remue-ménage ? De maillon en maillon, du sol vers la canopée, le mystère s’éclaircit jusqu’à cette fin qui pourrait illustrer l’effet papillon : un petit quelque chose anodin qui bouscule la jungle.
Au fil de cet album tout en verticalité, une petite dizaine d’animaux exotiques se dévoile : Tamandua, Toucan, Paresseux, Singe hurleur… Tous ces êtres plus ou moins connus, plus ou moins étonnants, sont mis en valeur par leurs couleurs qui contrastent sur les feuilles noires de la végétation. Le dessin est tout en finesse, avec une petite touche géométrique, tandis que le texte sur la page de gauche s’élève avec nous, montant d’un degré à chaque étape de notre accession.
(La thématique contemporaine et dénonciatrice est moins marquée dans ce troisième album qui possède toutefois une certaine dimension écologique.)

Un très bel album à la découverte du poumon vert de la Terre et des espèces menacées qui le peuplent.

Jusqu’en haut, Emilie Vast. Editions Memo, 2019. 48 pages.

C’est le 1er, je balance tout ! # 31-32 – Juillet-Août 2019

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Vu que je n’étais pas chez moi au 31 juillet, comme l’année dernière, j’ai sauté un bilan. Qu’à cela ne tienne, je me rattrape maintenant malgré mon incommensurable flemme. Heureusement – pour moi, pour vous, je ne sais pas – je n’ai pas lu énormément cet été parce que j’ai été plongée dans quelques pavés (sans compter que je lis beaucoup moins quand je suis chez mes parents). Le plus conséquent d’entre eux n’apparaît même pas sur ce bilan puisque je suis encore plongée dans les presque 1800 pages des Misérables de l’ami Victor (on se côtoie depuis assez de jours à présent pour que je l’appelle Victor, oui).

Romans

BD

(…et j’ai aussi lu plein d’albums grâce au boulot, mais je ne les liste pas. Toutefois certains risquent d’apparaître sur le blog dans de futurs articles.)

Côté Top… (sans compter Les Misérables que j’aime déjà d’amour mais dont on reparlera fin septembre) mon top du top du top du toptoptop, c’est évidemment Le Nom du Vent, de Patrick Rothfuss (et premier tome de la trilogie Chronique du tueur de roi). J’en ai déjà parlé dans tous les sens dans ma chronique, donc je ne vais pas vous refaire le topo ici, mais c’était vraiment formidable !

Côté Flop… ce sera sans doute Ecureuillette contre l’univers Marvel dont je parle juste en-dessous. Le temps passant, il s’avère qu’il ne m’a clairement pas vraiment marquée

Ces livres que je ne critiquerai pas

Ecureuillette (couverture)Ecureuillette contre l’univers Marvel, de Ryan North et Erica Henderson (2016). J’en aurais mis du temps à lire ces cent vingt pages ! Non pas que je n’étais pas du tout intéressée par l’histoire racontée ici, mais j’ai eu du mal à rentrer dedans. Sans doute déstabilisée par les petits commentaires en bas de page, par ce dessin que je n’ai pas apprécié du tout, par cet humour et par cette super-héroïne qui tranche étonnement avec ce que je connais de Marvel (c’est-à-dire que dalle si on parle des comics papier et non des films).
Le ton est ici presque parodique. Peut-être un peu comme Deadpool, mais je suis mal placée pour en juger puisque j’ai très vite laissé tomber le visionnage de ce film. En première ligne, Iron Man qui en prend pour son grade dans cette histoire délirante (dans laquelle notre héroïne se retrouve confrontée à elle-même, ou plutôt à son double maléfique). Même si, à peu près tous les super-héros et super-héroïnes connu·es (ou inconnu·es si vous êtes aussi néophyte que moi) se font botter les fesses.
Ecureuillette (Unbeatable Squirrel Girl en VO) se démarque parmi ses collègues. Elle n’a rien du physique ou du costume très près du corps d’une Veuve Noire ou Captain Marvel : les incisives de rongeur l’en éloignent à grands pas. Pour le coup, quand elle n’est pas en mode « moitié écureuil », Ecureillette, Doreen de son vrai prénom, a tout de l’étudiante banale.
J’oublierai sans doute assez vite cette lecture, à commencer par l’intrigue elle-même, il s’agit malgré tout d’une découverte que je ne regrette pas, qui m’aura donné  à lire une autre facette de l’univers Marvel.

J’ai aussi lu plusieurs livres de la collection Petite Poche chez Thierry Magnier. Si aucun titre n’égale pour l’instant mes deux premiers coups de cœur avec Lettres d’un mauvais élève et Je suis le fruit de leur amour, c’était, comme toujours avec eux, de très bons moments de lecture.

  • Ma grand-mère en container, de Thomas Scotto: une histoire tendre de fratrie, un grand frère qui apprécie taquiner son petit frère trop crédule sur le destin d’une mamie bientôt retraitée, un ton léger et une jolie fin où l’arroseur se retrouve arrosé dans cette famille qui décidément semble avoir le sens de l’humour.
  • Les enfants parfaits, de Marriannick Bellot: un récit de science-fiction un peu effrayant (tout étant relatif, c’est un roman accessible aux jeunes lecteur·rices) entre humains et droïdes. Quand la technologie devient trop parfaites, difficile de savoir qui est qui. La fin ouverte nous laisse dans l’expectative, sans savoir sur quel pied danser…
  • Un grand bol d’air frais avant chaque repas, de Colin Thibert: une histoire qui se passe dans mon coin, dans le Jura, je n’en rencontre pas tous les jours. Celle-ci est assez classique : un jeune de la ville qui se retrouve chez les paysans et qui finalement réalise qu’être à la campagne n’est pas forcément aussi rasoir qu’il le pensait, ça s’est déjà vu (je pense notamment à Mentine de Jo Witek). Une petite aventure du quotidien agréable à lire malgré tout.
  • L’expulsion, de Murielle Szac: une thématique d’actualité, une famille qu’on cherche à expulser d’un immeuble insalubre, la voix d’une petite fille, la peur de la séparation, l’incompréhension, la violence de voir son père menacé, la honte d’être vue à la télé dans ces circonstances, le soutien inattendu des voisin·es, des maîtres et des maîtresses. Un moyen peut-être de discuter avec les enfants.
  • Grand Ami, de Jo Hoestland: une amitié improbable entre un ours et un enfant, le temps qui suit son cours, qui fait grandir, qui fait vieillir, qui renforce la tendresse mais parfois fait diverger les chemins. Un texte émouvant, porté par une écriture très poétique qui souligne les petits trésors de la vie.

Côté challenges…

  • Voix d’autrices : + 1, soit 21/50 ;
  • Challenge de l’imaginaire : + 6, soit 52/72 (livres chroniqués, et non livres lus) ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 1, soit 46/60 ;
  • Les 4 éléments : + 0, soit 16/20.

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.




Bon.

Je viens d’ouvrir mon dossier de favoris intitulés « Découvertes du mois » et… il y en a quand même quelques-uns. Oups. Donc, chères blogueuses – et éventuellement blogueurs, mais je ne crois pas qu’il y en ait dans cette liste –, j’espère que vous ne m’en voudrez pas de ne pas longuement m’étendre sur vos mérites, mais je suis fatiguée à l’heure où j’écris ceci et j’ai envie de retourner lire aussi. Sachez, toutefois, que j’ai trouvé tous les articles ci-dessous géniaux, enthousiasmants, percutants, et que j’incite toute personne étant passée à côté à cliquer sur les liens.

  • Lupiot d’Allez-vous faire lire, instigatrice du présent rendez-vous, a publié un article sur son top littérature jeunesse 2018 et, sans surprise, j’ai envie de tout lire (elle a aussi publié son top littérature ado-adulte, mais je ne l’ai pas encore lu) (je peux toutefois parier que l’effet sera le même) ;
  • Question essais (je suis bien davantage team romans que team essais, mais bon nombre d’entre eux me font de l’œil malgré tout), Ada et le Charmant petit monstre m’ont poussée à ajouter à ma wish-list Ainsi soit-elle de Benoîte Groult pour la première et Nomadland de Jessica Bruder pour la seconde : quand rejoindront-ils ma PAL ? bonne question… ;
  • Alors là, on est sur quelque chose que je ne lirais fort probablement jamais, mais dont la critique très développée (et suffisamment riche pour que je puisse m’en contenter) m’a énormément intéressée : je remercie donc La Récolteuse d’avoir parlé de Des amis, récit nord-coréen de Baek Nam-ryong datant de 1988 ;
  • Puis elle a enchaîné (ou peut-être pas, je n’ai plus la chronologie en tête) avec une belle chronique sur un livre à mon niveau que, après mon moment de poésie passé avec Un funambule sur le sable, je lirai probablement un jour : Des mirages plein les poches de Gilles Marchand ;
  • Toujours dans le surprenant, Romanesquement Vôtre parle d’un livre très connu mais peu évoqué sur la blogo, à savoir La Divine Comédie de Dante : rien que ça, les amis ! Avec La Recherche du temps perdu et Don Quichotte, on est clairement sur du classique qui m’effraie un peu (pourtant, ce n’est pas mon genre de faire de la discrimination envers les classiques), donc je ne suis qu’admiration pour l’autrice de la chronique ;
  • Parce que lire en anglais, ça peut être sympa aussi, je vous redirige volontiers vers un article de Plouf qui fait « péter ta wishlist » avec cinq livres pour débuter en anglais (et maintenant, il faut que je me trouve les Sarah’s Scribble…).

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

(Vous en avez marre ? Ce n’était pourtant que le début…)
Donc tout pareil que l’introduction du point 2 évidemment. Je vous applaudis toutes. Bravo, chapeau, merci, etc. !

  • En plus de son activité de blogueuse littéraire, La Récolteuse a ouvert un nouveau site où elle parle dessin, projets personnels, Peculiar Maelstrom (je ne vous dis pas ce que c’est : si vous êtes intrigué·e, allez donc sur son site), féminisme, calligraphie, engagements… S’il n’y a que peu d’articles pour le moment, le tout est prometteur et elle a de belles idées pour l’avenir que je lui souhaite de tout cœur de pouvoir mettre en œuvre ;
  • Je suis très douée pour ne pas voir/lire les trucs que tout le monde voit/lit, mais Dear Ema avec ses cinq petits points concis mais efficaces m’a donné une urgente envie de découvrir Stranger Things (par contre, ce n’est toujours pas fait, sans surprise) ;
  • Parasite de Bong Joon-ho a été mon gros coup de cœur cinéma de cet été – et sans doute de cette année (pour l’instant) – et Alberte en a magnifiquement bien parlé, exercice auquel je ne me serais pas risquée, en soulignant tout ce qui fait que ce film est une perle (et je me permets de rappeler à la prénommée Alberte qu’elle avait parlé d’une liste de films coréens…) ;
  • Relatif à ce que je disais – sur le fait d’être en retard sur la blogosphère quand il s’agit de découvrir les best-sellers –, je n’avais jamais eu particulièrement envie de lire The Hate U Give d’Angie Thomas, mais ça, c’était avant Le Joli (maintenant, elle va être obligée de me le prêter, ça apprendra à faire envie !) ;  
  • Un petit article « biographie » pour finir avec Babitty Lapina d’Histoire naturelle de bibliophiles qui nous parle merveilleusement bien de Jane Austen (après ma relecture d’Emma, je ne peux qu’approuver son choix !).

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Ça y est, mon cerveau sature. Vous ne m’en voudrez pas si je vous fais une version courte ? (Il fait super chaud et ça sent les frites, ce qui me perturbe grandement, à l’instar de mon organisme qui est à la fois attiré et révulsé par cette odeur.)
Donc.
J’ai fait un vide-grenier avec ma mère, ce qui était un projet toujours repoussé depuis moult années : c’était sympa (même si, là aussi, il faisait chaud), on a bien rigolé, on a récupéré un peu de sous, j’ai dit adieu à mes jouets et voilà, ça, c’est fait.
J’ai fait des heures supplémentaires au boulot, ce qui va me faire un peu d’argent pour visiter la Bretagne à l’automne une fois les touristes partis.
J’ai fait des crêpes, des gaufres et des pancakes (pas en même temps, rassurez-vous) et c’était bon. J’ai aussi fait une tarte au citron et c’était un délice (vive le beurre et le sucre !). J’ai été invitée pour un brunch exceptionnellement bon (en fait, c’était surtout les œufs brouillés qui m’ont renversée, je n’avais jamais mangé des œufs brouillés aussi délicatement épicés, c’était surprenant car je m’extasie rarement sur des œufs).
J’ai vu Yannick Jaulin dans son spectacle « Conteur ? Conteur » (à Fougères, une ville qui semble fort jolie d’après ce que j’ai pu en voir), ce n’est que la troisième fois que je le vois sur scène cette année (mais toujours pour des spectacles différents) et, comme toujours, c’était magistral. Je ne vais même pas essayer d’aligner des mots pour décrire à quel point c’était drôle et percutant et… je n’y arriverai pas.
J’ai vu des écureuils, des ragondins et des chevreuils. Et des vers luisants.
Je me suis lancée dans l’aventure Coupe des Quatre Maisons en tant que préfète de Gryffondor, ce qui s’annonce plutôt sympathique (quoique chronophage) !
Et voilà…
Ah, si ! Je me suis baignée dans la Manche ! Quand même, un an et demi qu’on est en Bretagne, et première baignade la semaine dernière, c’est un comble ! C’était merveilleusement agréable.
Et j’ai lu mon premier Shakespeare et j’ai osé tirer Les Misérables de ma PAL.
Voilà.

Sur ce, j’espère que vous avez passé un bel été, que vous êtes prêt·es à retrouver des saisons plus agréables, que vous avez fait/lu/vu/expérimenté de belles choses.
(Je vous écoute !)

A bientôt !

Causons Challenges !

Vu que ça devient un peu le bazar question challenges – et que je suis à deux doigts de m’y perdre – je me fends d’un petit récapitulatif (qui me sera plus utile qu’il ne vous intéressera).

♦ Challenges illimités dans le temps ♦

Les Irréguliers de Baker Street : 46/60
Les Irréguliers de Baker Street

Les 4 éléments : 16/20
4 éléments

♦ Challenges limités dans le temps ♦

Coupe des Quatre Maisons : 0 point pour Gryffondor
header
Voix d’autrices 2019 : 21/50
Voix d'autrices 2019 (logo)

Challenge de l’imaginaire 2019 : 52/72
Challenge de l'imaginaire (logo)

♦ Petits derniers sur Babelio ♦

A ceux-là s’ajoute le challenge Pavés organisé sur Babelio que je suis depuis trois éditions et qui me pousse parfois à sortir les plus grosses briques de ma PAL.
Score actuel pour 2019 : 20/35

Cette année, je participe également un challenge solidaire : Des classiques contre l’illettrisme. Invitant à (re)découvrir trente auteurs et autrices classiques, il permet aussi de récolter 0,10€ par lecture chroniquée.
Score actuel pour 2019 : 2

♦ Et puis, il y a les challenges personnels, mais non écrits… ♦

Vider ma PAL est un objectif constant, quoique probablement irréalisable. Je me refuse d’ailleurs à tout recensement précis. Disons que je préfère rester dans le flou et me dire qu’il y en a juste beaucoup et que, comme dirait Calcifer, c’est pas gagné gagné.
Après tri et comptage (et en excluant les livres restés chez mes parents et mes œuvres complètes), il reste 149 livres dans ma PAL.

J’ai aussi l’envie d’explorer d’autres littératures, de découvrir d’autres nationalités que le triumvirat omnipotent formé par la France, les Etats-Unis et le Royaume-Uni. En effet, avisant ma carte des auteurs et autrices sur Livraddict, j’ai été effarée par ces étendues blanches que sont l’Afrique et l’Amérique du Sud (l’Europe de l’Est, le Moyen-Orient et l’Asie ne sont guère mieux lotis, c’est misérable…). J’ai ainsi l’envie de voyager à travers le monde entier, livre après livre, page après page, et corriger ce honteux constat. Ma liste des pays du monde est constituée et je suis parée pour le départ. Cependant, je ne me fais pas d’illusions, je sais que mon odyssée sera lente, très lente…
Les pays visités depuis le lancement de ce challenge personnel : Hongrie, Arménie, Afghanistan, Groenland.

♦ Editions passées, challenges terminés ♦

Et vous, participez-vous à des challenges ?

Sur ce, bonnes lectures !

 

Challenge Coupe des Quatre Maisons – Année scolaire 2019-2020

headerOn ne se refait pas, ce challenge littéraire est en train de revenir récurrent par ici : me voici donc partie pour une troisième année à Poudlard ! Cette année, je défendrai les couleurs de Gryffondor, maison dont j’ai l’honneur d’être préfète !

gryffonOn remet les compteurs à zéro et c’est reparti pour une année scolaire. 101 items, 7 années, 1 chasse aux créatures fantastiques… et de belles lectures en perspective ! Petite nuance pour cette session : certains items peuvent être validés par un certain nombre de BD ou mangas.

Pour découvrir les règles plus en détails (tout savoir sur les livres acceptés, les revalidations, etc.), je vous laisse découvrir le forum sur lequel se déroule le challenge ! Il reste des places (sauf chez les Serdaigle), donc n’hésitez pas à nous rejoindre. L’ambiance y est très sympathique et puis, c’est Harry PotterBref, venez donc !

La rentrée est le 1er septembre ! (C’est à dire que ne sont pris en compte que les livres commencés à partir de dimanche.)

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Total : 110 points

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La liste des items

Première année – 10 points

  • Canis Lupus (3 BDM) : Un livre avec un chien dans l’histoire
  • Riddikulus (3 BDM) : Un livre qui vous a fait rire
  • Nymphadora Tonks (3 BDM) : Un livre où l’héroïne est une femme forte
  • Farfadet (3 BDM) : Un livre qui se passe en Irlande
  • Impero (3 BDM) : Un livre choisi par quelqu’un autre (dans votre Pile à lire)
  • Nox (3 BDM) : Un livre avec une couverture sombre
  • Oubliettes : Lire ou relire un des spin-offs d’Harry Potter (Les Contes de Beedle le Barde, Les Animaux fantastiques, Le Quidditch à travers les âges)
  • Le Monstrueux Livre des Monstres : Un livre que vous n’avez pas réussi à terminer
  • Greta Grandamour : Un livre d’un auteur que vous n’avez jamais lu
  • Albus Severus : Un livre contemporain
  • Philtre de confusion : Un livre qui vous laisse perplexe
  • Hedwige (3 BDM) : Un livre avec le titre en blanc
  • Maison de Poudlard : Un livre avec la couverture de la couleur correspondant à votre maison (rouge pour Gryffondor, jaune pour Poufsouffle, bleu pour Serdaigle, vert pour Serpentard)

Deuxième année – 20 points

  • Expecto Patronum : Lire le premier livre d’un auteur
  • Sortilège informulé (3 BDM) : Un livre dont tu as peu entendu parler
  • Elixir d’Euphorie : Un livre qui se termine en happy-end (ne pas donner le nom du livre)
  • Bézoard (3 BDM) : Un livre où le héros frôle la mort
  • Sectumsempra (3 BDM) : Un livre qui vous a fait pleurer
  • Haleine pimentée : Un livre qui vous a tenu en haleine
  • Caramels d’Hagrid : Un classique
  • Grimoire poussiéreux : Un livre qui prend la poussière dans votre Pile à lire depuis au moins un an
  • Avis (3 BDM) : Un livre avec un oiseau sur la couverture
  • Lunard (3 BDM) : Un livre avec un loup-garou dans l’histoire
  • Le Terrier (3 BDM) : Un livre avec une maison sur la couverture
  • Amortentia (3 BDM) : Un livre avec un titre qui parle d’amour
  • Objets des fondateurs : L’objet correspondant à votre maison doit se trouver dans le titre ou sur la couverture du livre (une épée pour Gryffondor, une coupe pour Poufsouffle, un diadème ou une couronne pour Serdaigle, un médaillon ou un collier pour Serpentard)

Troisième année – 30 points

  • Auror (4 BDM) : Un livre policier ou un thriller
  • Choixpeau magique (4 BDM) : Un livre conseillé par quelqu’un (hors Pile à lire)
  • Gilderoy Lockhart : Un livre au titre éponyme
  • Canons de Chudley (4 BDM) : Un livre où le héros est roux / l’héroïne est rousse
  • Violette et la Grosse Dame : Un livre dont la 4ème de couverture est dans la continuité de la 1ère et du dos (preuve à l’appui)
  • Photographie enchantée (4 BDM) : Un livre qui a été adapté au cinéma ou en série (ou qui va prochainement l’être) (anime exclus)
  • Retourneur de Temps : Un livre publié il y a moins de trois mois
  • Beauxbâtons (4 BDM) : Un livre dont l’auteur est français
  • Protego (4 BDM) : Un livre avec une arme sur la couverture
  • Patmol (4 BDM) : Un livre où le héros a des problèmes familiaux
  • Cho Chang (4 BDM) : Un livre avec un triangle amoureux dans l’histoire
  • Carte du Maraudeur : Un livre avec une carte dessinée à l’intérieur
  • Vertus : Un livre où les qualités du personnage principal sont en rapport avec celles de votre maison (courage, audace ou esprit chevaleresque pour Gryffondor, loyauté, travail ou honnêteté pour Poufsouffle, intelligence, créativité ou savoir pour Serdaigle, ruse ou ambition ou adaptabilité pour Serpentard)

Quatrième année – 40 points

  • Philtre de Paix (5 BDM) : Un livre où l’histoire se passe durant une guerre
  • Ombrage (4 BDM) : Un livre qui traite du racisme ou du harcèlement
  • Chourave : Un livre illustré (un livre avec quelques illustrations)
  • Accio (5 BDM) : Un livre où le héros a des capacités psychiques Le Phare au corbeau, de Rozenn Illiano
  • Beedle le Barde (4 BDM) : Une réécriture de contes
  • Ford Anglia volante : Un livre de type road trip
  • Dictionnaire de runes : Un livre de non fiction
  • Dent-de-Vipère du Pérou (4 BDM) : Un livre d’un auteur hispanophone
  • Croc-en-manche : Un livre pour lequel vous auriez souhaité une fin différente
  • Always : Une histoire d’amour qui finit mal (ne pas donner le nom du livre)
  • Gâteau au chocolat (5 BDM) : Un livre publié le même mois que celui de votre anniversaire (photo du dépôt légal à l’appui)
  • Foudre VII (4 BDM) : Un livre avec le mot « foudre » dans le titre
  • Blason : Un livre avec l’animal correspondant à votre maison dans l’histoire (grands félins pour Gryffondor, mustélidés pour Poufsouffle, oiseaux pour Serdaigle, reptiles pour Serpentard)

Cinquième année – 50 points

  • Danse endiablée : Un  livre avec des dieux ou des démons dans l’histoire
  • Filet du Diable : Un livre que vous pensiez aimer mais qui est une déception
  • Batteurs : Un livre écrit à quatre mains (deux auteurs)
  • Madame Bibine : Un livre où l’alcoolisme tient une place importante
  • Marque des ténèbres : Un livre où le héros a un tatouage
  • Cornelius Agrippa : Un livre banni
  • Astrologie : Un livre dont la couverture comporte l’animal de votre signe chinois
  • Maléfice de Jambencoton : Un livre sur le handicap
  • Queudver : Un livre avec une trahison dans l’histoire
  • Andros l’Invincible : Un livre dont le titre est un adjectif
  • Charlie Weasley : Un livre où le héros quitte le nid familial
  • Fumseck : Un livre avec un animal mythique dans le titre
  • Dortoirs : Un livre dont l’histoire se déroule dans un univers médiéval pour Gryffondor / laisse une place importante à la cuisine pour Poufsouffle / parle d’étoiles ou d’astronomie pour Serdaigle / se déroule près de l’eau pour Serpentard

Sixième année – 60 points

  • Mille herbes et champignons magiques : Un livre qui parle du petit peuple
  • Arithmancie : Un livre avec un numéro dans le titre ou sur la couverture
  • Sortilège de disparition : Un livre qui parle de deuil
  • Tapisserie des Black : Une série complète de BD ou mangas (minimum 8 tomes)
  • Bloclang : Un livre dont le titre est en un seul mot
  • Incarcerem : Un livre dont l’intrigue tourne autour d’un kidnapping ou d’une prise d’otages
  • Ordre de Merlin : Un livre qui a reçu plusieurs prix littéraires
  • Magicobus : Un livre dont le titre comporte un moyen de transport
  • Cornedrue : Un livre avec un sacrifice dans l’histoire
  • Teddy Lupin : Un livre dans lequel le personnage principal a été adopté
  • Beuglante : Un livre avec une question ou une exclamation dans le titre
  • Bizarr’ Sisters : Un livre où le héros fait partie d’un groupe de musique
  • Directeurs de maisons : Un livre dont le personnage principal est une personne âgée féminine pour Gryffondor / enrobé pour Poufsouffle / un nain pour Serdaigle / un espion pour Serpentard

Septième année – 70 points

  • Club de duel : Lire deux livres du même auteur La Guerre des clans, T5, Sur le sentier de la guerre, et T6, Une sombre prophétie, d’Erin Hunter
  • Touffu : Lire une trilogie
  • Fourchelang : Un livre lu dans une autre langue que le français
  • Mechanicus : Un roman de steampunk
  • Eclair de Feu : Lire un roman de plus de 400 pages en 24 heures
  • Bibliothèque de Poudlard : Lire une intégrale
  • Engorgio : Lire un livre d’au moins 55 chapitres
  • Hermione, sors de ce corps ! : Lire 100 livres
  • Service des détournements de l’artisanat moldu : Un livre avec des antonymes dans le titre
  • Patronus : Un livre dont le titre résume ta vie
  • Azkaban : Un livre dont l’histoire se passe en prison
  • Fred & George : Un livre dont les héros sont jumeaux
  • Fondateurs : L’auteur doit avoir les mêmes initiales que votre fondateur (GG pour Gryffondor, HP pour Poufsouffle, RS pour Serdaigle, SS pour Serpentard)

Chasse aux animaux fantastiques – 40 points

  • Niffleur : Un livre où le vol (voleur) est au centre de l’histoire
  • Démonzémerveille : Un livre avec des créatures nocturnes dans l’histoire
  • Sombral : Un livre que vous avez commencé avec des préjugés
  • Botruc : Un livre avec une forêt sur la couverture
  • Demiguise : Un livre dont vous aviez deviné la fin
  • Eruptif : Un livre qui se passe en Afrique
  • Zouwu : Un livre dont l’auteur est asiatique
  • Oiseau-tonnerre : Un livre avec une catastrophe naturelle dans l’histoire
  • Matagot : Lire 3 BD/Mangas en 24 heures
  • Occamy : Un livre avec le nom d’une pierre précieuse dans le titre

Items éphémères 

  • mystère…

Qui est déjà inscrit·e ? Qui ne l’est pas ? (et pourquoi ça ?)

Bonnes lectures et bon challenge !

Les Royaumes Crépusculaires, de Mathieu Gaborit (1995-1997)

Les Royaumes Crépusculaires (couverture)

Depuis l’année dernière et ma lecture de La Cité exsangue, j’avais très envie de découvrir les précédents romans de Mathieu Gaborit, notamment ceux prenant place dans le même univers. C’est à présent chose faite à travers l’intégrale des Royaumes Crépusculaires. Elle réunit deux trilogies :

Les Crépusculaires :

  • Souffre-jour ;
  • Les Danseurs de Lorgol ;
  • Agone.

Abyme :

  • Aux ombres d’Abyme ;
  • Renaissance ;
  • La Romance du démiurge.

Le cycle d’Agone
Agone de Rochronde doit hériter du titre de baron légué par son père, mais le jeune homme refuse d’accepter ce titre d’aristocrate, préférant parcourir l’Urguemand pour éduquer le peuple. Cependant, lorsqu’un testament de son père le met face à ses responsabilités et qu’il découvre les arcanes du pouvoir, Agone se prend au jeu et entame un périple semé d’embûches lors duquel il aura le sort du royaume entre les mains.
Le cycle d’Abyme
Quant à Maspalio, farfadet et Prince-voleur de la cité baroque d’Abyme, le voilà accusé de meurtre. Il se lance dans une enquête éperdue pour prouver son innocence et éclaircir les ténèbres qui l’entourent.

Après ma riche lecture du Nom du Vent, mon entrée dans l’univers de Mathieu Gaborit m’a semblé un peu rapide. A peine commencé, voici Souffre-jour terminé !
Si je me suis sentie un peu déphasée avec ce premier récit, c’est principalement pour deux raisons. Tout d’abord, car le séjour d’Agone de Rochronde au Souffre-jour est très bref. J’aurais aimé en savoir plus, mais, du fait de la narration à la première personne, cela aurait signifié une plus grande implication de la part d’Agone, ce qu’il se refuse à faire puisque ce passage au collège lui est imposé. C’est d’ailleurs assez original, me semble-t-il, ce refus du collège de la part du héros. Les autres élèves l’ont attendu et espéré, comme c’est souvent le cas en fantasy (difficile de ne pas penser à Harry Potter ou au Nom du Vent).
Ensuite, ce même héros s’est révélé très passif. Les intrigues se nouent autour de lui et il se contente le plus souvent de suivre le cours des événements sans savoir que ses prétendues décisions personnelles ne sont là que pour faire le jeu de ceux qui le manipulent.

Cet univers de manigance et de pouvoir constitue d’ailleurs la toile de fond de la trilogie : à de multiples reprises, divers personnages pensent en manipuler d’autres sans savoir qu’ils servent eux-mêmes de pantins à plus puissants, plus rusés ou plus clairvoyants qu’eux. Il faut dire que le premier tome prend place dans un collège qui a la particularité de former des éminences grises : le ton est donné.
C’est aussi un univers de magie assez fascinant qui se met en place : les souffre-jours, les Psycholunes, l’accouchement d’une rapière dotée d’une conscience (et d’instincts meurtriers), l’Accord, les fées noires… Tout un vocabulaire qui a capturé mon attention, stimulé mon imagination et régalé mon appétit de fantasy.
Mathieu Gaborit n’explique pas tout et nous laisse découvrir le monde dans lequel il nous plonge au fil des pages. Si généralement, tout finit par s’éclairer, cela donne parfois lieu à des étrangetés comme cette unique et solitaire mention des « Gros » dans Les Crépusculaires. Certes, on en apprend davantage sur eux dans la second trilogie, mais qui ne la lirait pas resterait dans l’expectative jusqu’au bout. Elle est toutefois annonciatrice d’un monde plus vaste et c’est peut-être là sa principale utilité.

Les second et troisième tomes (Les Danseurs de Lorgol et Agone) se poursuivent sur cette même voie. Côté magie, on rencontre les Lutins, les Nains, les Défroqués et surtout les Danseurs, les artisans de la magie, des créatures de mouvement et de grâce manipulées par les mages pour faire naître les enchantements. Une idée originale qui m’a émerveillée… et qui est aussi la source de mes plus puissants dégoûts lorsque l’on rencontrera les Obscurantistes qui ont une façon assez sanglante de traiter avec les Danseurs.
L’intrigue devient de plus en plus complexe et stratégique. Les différents acteurs font leur apparition : le Cryptogramme-magicien, les trois ordres de mages (les Jornistes, les Eclipsistes et les Obscurantistes), les royaumes voisins… Tous ont leurs projets pour l’Urguemand, tous se mentent, se manipulent, se tirent dans les pattes et se trahissent. Complots et ambition sont au programme avec Agone au milieu. Agone qui gagne en maturité, qui apprend et qui devient enfin décisionnaire après avoir longtemps subi. Il faut dire qu’il a à sa disposition des talents lui conférant des avantages certains. Magie, musique et excellence au combat grâce à sa rapière constitue son trio d’atouts… qui semblent parfois trop vite acquis à mon goût. En fort peu de leçons, le voilà qui maîtrise tel ou tel art de manière tout à fait admirable (sauf pour la magie où l’on nous fait bien comprendre que son don n’est pas de taille à affronter d’autres maîtres). Non non non, c’est trop facile !
Finalement, l’histoire est plus creusée stratégiquement qu’humainement parlant. A l’exception d’Agone dont nous partageons les pensées, les autres personnages ne sont pas forcément d’une grande profondeur psychologique, bien que des excursions pendant lesquelles on suit un autre personnage d’Agone (comme Amertine, Lerschwin ou Amrod) permettent d’en savoir un peu plus sur leur intériorité, leurs pensées et leurs plans.
Dans un univers globalement masculin, quelques femmes parviennent toutefois à tirer leurs épingles du jeu et leur présence se révèlent cruciales pour Agone. Il y a Amertine, la fée noire capable de donner vie au métal et à la pierre : Ewelf, sa sœur digne d’une Eowyn, qui dirige la baronnie, tire à l’arc et se bat sans avoir rougir devant un soldat ; et Eyhidiaze, une magicienne de grand talent.

Si la fin est peut-être à l’image du début un peu trop rapide, un peu trop facile dans son dénouement, assez peu surprenante, ça n’en reste pas moins une trilogie qui m’a entraînée dans un monde magique riche et complexe doté d’un aspect stratégique globalement fascinant.

Nous montons ensuite un peu plus au nord pour découvrir la tentaculaire et abracadabrantesque ville d’Abyme. Là, après les mages qui utilisaient une créature pour faire fonctionner leurs pouvoirs, nous rencontrons des conjurateurs qui invoquent quant à eux des démons venus des abysses. Il en existe toute une tripotée – Opalins, Incarnat, Azurins, Vermillons, Obsidiens… – plus ou moins puissants, plus ou moins exigeants, chaque invocation donnant lieu à un contrat auprès d’un Advocatus Diaboli définissant la mission du démon et le paiement promis par le conjurateur.
Dans cette histoire, l’intrigue est plus resserrée autour de notre héros et une machination complexe contre Maspalio se met lentement en place. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Autant de questions sans réponses. L’univers fascine, les mystères s’épaississent, et nous sommes sans tarder happé·es par ce roman.
Maspalio est un personnage charmant, même s’il est le seul dans ce cas-là. Encore une fois, il est le seul que l’on apprend à connaître suffisamment bien pour qu’il puisse y avoir un quelconque attachement. Ancien Prince-voleur aux désirs parfois contradictoires – retraite vs plaisir des défis – il nous fait visiter sa ville dont il connaît tous les recoins. Les palais, les canaux, les souterrains, les rades, les différents visages de la ville se dessinent peu à peu. Les noms de rues et de lieux sont évocateurs et porteurs en eux-mêmes de toute une histoire parallèles. Il nous permet également de rencontrer tout un bestiaire mythologique : après les nains et les lutins d’Agone, voici des sirènes, satyres, méduses et autres minotaures.

Toutefois, tout au long de ma lecture et encore après, maintenant que je l’ai finie depuis quelques semaines, je ne parviens pas à me défaire de cette sensation de trop peu. J’aurais souhaité davantage d’épaisseurs, davantage de détails. Tant sur le monde que sur les personnages. Mathieu Gaborit a pourtant créé des personnages prégnants qui fascinent ou rebutent, c’est selon, comme les Lithurges ou les Gros, sauf que. Sauf que voilà, on ne les côtoie pas assez, on n’en sait pas suffisamment à mon goût. Certes, ils contribuent à donner de l’ampleur à l’univers créé, mais ça ne suffit pas à me rassasier et j’ai encore des questions en tête, une grande soif de détails.
De même pour les personnages. Une simple description ne suffit pas à leur donner corps. Je pense par exemple aux compagnons de Maspalio : à l’exception d’un voire deux d’entre eux, je les ai immédiatement mélangés et oubliés. Et lorsqu’un personnage est bien campé, la description physique est tout à fait accessoire. Pour résumer, je préfère qu’on me raconte qui il est intérieurement que à quoi il ressemble, chose qui m’importe peu.
J’avais déjà fait ce reproche au tome 1 des Nouveaux mystères d’Abyme, mais je les avais mis sur le compte du fait qu’il ne s’agissait justement que d’un premier tome. Il semblerait que ce ne soit pas lié finalement.

C’était vraiment une très bonne lecture, je me suis régalée, je ne peux pas dire le contraire. L’intrigue est efficace et, allant doit au but, nous pousse à tourner les pages à toute allure. L’univers imaginé par Mathieu Gaborit est vraiment riche et captivant. Il en ressort des idées assez originales – les Danseurs artisans de la magie, le Souffre-jour, collège atypique, les chasseurs de feux follets, le « code couleur » démoniaque, les Salanistres, etc. – et des ambiances fortes – sombres et délétères dans Agone, magiques et excentriques dans Abyme. Au fil des pages, il a généré chez moi de très belles images tandis que, soulignant cette imagination foisonnante, la plume de l’auteur s’est révélée agréable et soignée.
Cependant, on ne se refait pas, j’aurais aimé quelque chose de plus bavard : plus de détails, de précisions, d’anecdotes presque insignifiantes pour l’histoire. Je disais que Le Nom du Vent n’était pas un livre qui explicitait tout, celui-là l’est encore moins. Six livres en cinq cents pages, l’on n’a pas le temps de se perdre dans des digressions pour tout décortiquer, débrouillez-vous un peu, faites travailler votre imagination.
Un peu mitigée donc, même si je lirai la suite des Nouveaux mystères d’Abyme, si elle sort un jour, parce que j’ai bien envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

« Ces vieillards veillent sur moi autant que je veille sur eux. Chacun d’entre eux incarne des souvenirs précieux de mon existence. Un passé qui tisse à travers le temps la toile de nos complicités. Seulement, les farfadets vieillissent moins vite que les humains. Un soupçon d’immortalité qui me rend triste, qui m’empêche de leur appartenir jusqu’au bout. Les enterrements se succèdent comme des chapitres que l’on ferme. En attendant que le mien close définitivement le livre de nos vies. »

« Il a cédé sa Salanistre à une jeune humaine dont le cou frissonne sous les caresses de l’animal. Le lézard a refermé sa mâchoire sur la nuque de l’adolescente et se substitue peu à peu à son cœur afin qu’elle devienne Abyme.
Une harmonie minérale, une extraordinaire symbiose qui lie la jeune fille et la cité comme deux amants afin qu’ils forment une seule et même entité dont les frontières s’étendent du cœur de la ville jusqu’aux faubourgs.
Etre Abyme. Entendre les milliers de voix qui résonnent entre ses murs, ressentir les milliers de pas qui la piétinent. Une sensation vertigineuse, un ouragan émotionnel qui mène tout droit à la mort. En devenant votre cœur, la Salanistre n’offre qu’un seul et dernier voyage. […]
Une petite goutte de sang vient d’apparaître sur son épaule, un stigmate qui prouve combien la symbiose est parfaite entre cette jeune fille et Abyme. Quelque part, une arme a entaillé un mur. »

Les Royaumes Crépusculaires, Mathieu Gaborit. Mnémos, 2018 (1995-1996 pour Agone, 1996-1997 pour Abyme). 603 pages.

Challenge de l’imaginaire
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Trois petits livres signés par trois auteurs que j’apprécie beaucoup : Gaiman, de Fombelle et Bottero

Un peu par hasard, je me suis retrouvée avec trois livres de trois auteurs que j’aime beaucoup : Neil Gaiman, Timothée de Fombelle et Pierre Bottero. Odd et les géants de glace, Céleste, ma planète et Tour B2 mon amour sont trois courts romans jeunesse que j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir.

***

Odd et les géants de glace, de Neil Gaiman (2009)

Odd et les géants de glaceOdd, globalement, n’a pas beaucoup de chance. Plus de père, une mère réinstallée avec un gros bonhomme qui n’aime guère son beau-fils, une jambe en miette suite à un accident de bûcheronnage et voilà que l’hiver s’éternise, s’éternise, s’éternise… Il décide de partir du village sans se douter que son périple le fera côtoyer dieux et géants.

Avant son livre La mythologie Viking (que je n’ai pas encore lu), Gaiman avait déjà exploré ces contrées à travers une petite histoire. Un conte dans lequel un enfant vient en aide à Odin, Thor et Loki chassés d’Asgard par un géant de glace.
Ce n’est pas un Gaiman qui me restera en tête très longtemps. Ce serait même plutôt l’inverse. Attention, c’est une lecture très agréable, le décor prend vite forme – même s’il fait chaud dehors, on s’imagine aisément projeté au cœur de l’hiver –, les personnages sont sympathiques – même si je n’ai pas eu le temps de m’attacher à qui que ce soit – et l’on suit les péripéties sans déplaisir. Mais, contrairement à Timothée de Fombelle qui parvient en moins de pages encore à donner naissance à un récit puissant, Odd et les géants de glace se déroule trop facilement. Odd ne rencontre aucune difficulté et son aventure se déroule comme notre lecture, sans anicroche et bien trop rapidement. Le déroulé du récit est très classique et linéaire. J’aurais sans doute bien davantage accroché à cette histoire enfant, notamment pour l’aspect mythologique et la rencontre avec Loki, Freya et les autres.

Si j’aurais aimé une histoire plus approfondie, Odd et les géants de glace n’en reste pas moins un conte agréable que je conseillerais toutefois davantage aux enfants qu’aux adultes.

« Il était une fois un garçon nommé Odd, ce qui n’avait rien d’étrange ni d’inhabituel en ce temps et dans cette contrée-là. « Odd » signifiait « la pointe d’une lame », c’était un nom porte-bonheur.
Le garçon, en revanche, était un peu bizarre. C’était du moins l’avis des autres villageois. Bizarre, il l’était sans doute ; mais chanceux, certainement pas. »

« De l’écarlate retomba doucement autour d’eux, et tout fut souligné de vert et de bleu, et le monde fut couleur framboise, et couleur de feuille, et couleur d’or, et couleur de feu, et couleur de myrtille, et couleur de vin. »

Odd et les géants de glace, Neil Gaiman, illustré par Brett Helquist. Albin Michel, coll. Wiz, 2010 (2009 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Valérie Le Plouhinec. 141 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Le Problème du Pont de Thor : 
lire un livre en rapport avec la mythologie nordique

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Céleste, ma planète, de Timothée de Fombelle (2007)

Céleste ma planèteJe préviens, je vais spoiler pour cette chronique !

Dans un monde ultra modernisé, avec des complexes commerciaux titanesques, des tours dans lesquelles les voitures sont garées à la verticale, des humains qui ne mettent plus le nez dehors et une planète en souffrance, notre héros va faire une découverte incroyable qui va tout changer. Il tombe amoureux de Céleste, une jeune fille très malade… qui souffre des maux infligés à la planète.

On retrouve immédiatement la patte « de Fombelle » dans ce très court récit vite avalé. Poésie est un mot qui revient très souvent pour parler des œuvres de Timothée de Fombelle et ce texte ne fait exception. Cette histoire d’amour cache en réalité un fort engagement écologique et nous interpelle sur les ravages causés à la Terre et à la nature. Une manière originale et onirique pour parler de pollution. Un petit roman très actuel qui fait passer un message fort par le biais d’une histoire efficace et immédiatement prenante.

« Chaque coup porté à notre Terre était reçu par Céleste.
Céleste ne souffrait de rien d’autre que de la maladie de notre planète.
Elle allait mourir à petit feu.
Son sang devait être pollué comme les mers et les rivières, et ses poumons comme le plafond de fumée de nos villes. »

Céleste, ma planète, Timothée de Fombelle, illustré par Julie Ricossé. Gallimard, coll. Folio junior, 2016 (2007 pour la première publication). 91 pages.

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Tour B2 mon amour, de Pierre Bottero (2004)

Tour B2 mon amour (couverture)De Bottero, je n’ai lu que ses trilogies – La quête et Les mondes d’Ewilan, Le pacte des Marchombres et L’Autre – ainsi que Les âmes croisées, premier tome qui, tristesse infinie, restera sans suite. Ses one-shots me restent donc à découvrir et je suis tombée sur Tour B2 mon amour totalement par hasard.

C’est l’histoire d’une rencontre. De la rencontre de deux mondes entre les tours bétonnées d’une cité. La rencontre entre Tristan qui y est né et y a toujours vécu et Clélia qui a dû y emménager par la force des choses. Alors que son décrochage scolaire, ses conflits avec sa mère et la pression des copains menacent de faire glisser le premier sur une bien mauvaise pente, la seconde débarque dans sa vie avec sa spontanéité, sa gentillesse et son amour des livres et des mots. Tout cela, ainsi que sa veste trop grande et son vocabulaire soutenu, font d’elle une extraterrestre, parfaitement ignorante des codes de la cité.

Je n’avais pas de grandes attentes pour ce livre, moins encore lorsque j’ai compris qu’il allait s’agir d’une histoire d’amour, mais la plume de Bottero a su me convaincre.
Certes, l’histoire en elle-même n’est ni inoubliable ni particulièrement originale. La relation des deux personnages est très mignonne et, peu à peu, on s’attache à eux, à leurs fragilités, à leurs rêves, à leurs différences. J’ai apprécié que les personnages restent des collégiens et que les drames de leur quotidien restent crédibles et réalistes. Bottero aborde des thématiques actuelles, mais sans rendre le récit trop pesant, sombre ou torturé.
Cependant, le point fort de ce roman reste cette magie, cette profondeur dans son écriture. Cette justesse des mots qui touchent à chaque fois au cœur. Cette façon de raconter les sentiments, les tempêtes qui agitent cœurs et esprits. Si Clélia est un personnage atypique et décalé que j’ai immédiatement adoré, Tristan m’a également touchée par les craintes et espoirs qui l’agitent : la peur du rejet, le poids du regard des autres, l’envie de se dépasser, le rêve d’un avenir plus radieux, les efforts pour s’améliorer, la sensibilité qu’il tente de cacher, les instants de liberté avec Clélia…

C’est un joli petit récit, empli de tendresse, d’espoir et de la violence des premières histoires d’amour.

« Et maintenant, il était paumé. Déchiré entre des pulsions contradictoires, il ne savait que penser. L’image de Clélia se superposant à celle de ses copains, les accents de sa voix, ses mots formant une cacophonie avec le langage de la cité, il ne savait qu’écouter. Son passé luttant contre un futur à peine esquissé, il ne savait que croire. »

Tour B2 mon amour, Pierre Bottero. Flammarion jeunesse, coll. Tribal, 2004. 150 pages.