Anansi Boys, de Neil Gaiman (2005)

Anansi Boys (couverture)

Anansi Boys se déroule dans le même univers rempli de dieux qu’American Gods. Nous rencontrons ici Gros Charlie qui, à la mort de son père – Anansi donc – apprend que ce dernier était un dieu et qu’il a un frère appelé Mygal qui a hérité des pouvoirs paternels. Il découvre également à ses dépens que le frangin peut se révéler très très envahissant.

Je dois avouer – même si ça me fait un peu mal car j’adore habituellement le travail de Neil Gaiman – que je n’ai pas été tout à fait convaincue par cette histoire. Le ton de ce roman est plus humoristique que celui d’American Gods avec un Gros Charlie qui en voit de toutes les couleurs tandis que son frère tout en nonchalance s’incruste dans sa vie. Certaines touches d’humour, certaines répliques et réflexions parfois pince-sans-rire, ont su m’amuser, me faire rigoler en dedans : cependant, je n’ai pas accroché à cette succession de déboires. L’intrigue n’a pas su me passionner, m’embarquer dans ce périple mouvementé.
Du côté de la mythologie, je suis également restée sur ma faim. J’ai adoré les passages mettant en scène les mythes africains, les divinités qui parcourent encore la Terre du XXIe siècle, mais j’aurais bien aimé qu’il y en ait un peu plus.
Ce roman-ci n’a pas la richesse et la profondeur de son grand frère et c’est ce qui m’a frustrée car j’en attendais définitivement davantage.

Anansi Boys ce sont toutefois des personnages bien campés et intéressants quoique pas toujours sympathiques. Une belle-mère diabolique, un patron véreux, une flic surprenante et décidée, des sorcières floridiennes aux rituels un peu moins bien rodés qu’autrefois, une famille unique… et Gros Charlie bien sûr.
Car Anansi Boys c’est aussi une quête identitaire, celle d’un homme – un adulte pour une fois – qui va explorer son passé et, au fil d’épreuves dont il se serait peut-être bien passé, découvrir qui il est et prendre confiance en ses capacités. Gaiman explore la thématique du double avec Mygal, ce frère, cet alter ego, ce lui-même plus assuré, plus charmeur, plus admiré qui va finalement le faire trouver sa voie/voix. C’est d’ailleurs un aspect du récit qui m’a davantage convaincue.

Je suis une nouvelle fois ravie d’avoir découvert un livre de Gaiman avec les illustrations de Daniel Égnéus que je trouve fascinantes et inquiétantes, évocatrices et mystérieuses. Elles soulignent un autre aspect du roman, un peu caché à la lecture du fait de sa facette comique, à savoir qu’il s’agit quand même d’un monde dangereux avec vengeance, meurtre, intrigue, sorcellerie et sang à la clé. Je regrette simplement qu’elles ne soient pas plus nombreuses : encore une fois, un goût de trop peu…

Une lecture sympathique sans être le « signé Gaiman » le plus marquant qu’il soit. Un roman un peu trop rocambolesque à mon goût, un mélange indéfini de roman policier, de conte et de fantastique, le tout intriqué de burlesque.

« Les histoires sont comme les araignées, avec leurs longues pattes, et les histoires sont aussi comme les toiles d’araignées dans lesquelles l’homme s’englue mais qui ont l’air si jolies quand on les voit sous une feuille, dans la rosée du matin, élégamment reliées les unes aux autres, chacune à sa voisine. »

« Bien entendu, tous les parents font honte à leurs enfants. C’est inhérent à la fonction. La nature des parents est de faire honte à leurs enfants par le simple fait d’exister, tout comme la nature des enfants d’un certain âge est de frémir de honte, de gêne et de mortification si leurs parents leur adressent seulement la parole dans la rue. »

Anansi Boys, Neil Gaiman, illustré par Daniel Égnéus. Au Diable Vauvert, 2019 (2005 pour l’édition originale. 2006 pour la traduction française). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Michel Pagel. 412 pages.

Trois petites chroniques : Le livre des martyrs, Le discours et Les sœurs Carmines

J’ai un peu de mal en ce moment à écrire les longues chroniques dont j’étais coutumière. J’ai toujours envie de partager mes avis, mais sans avoir le courage ou la matière pour écrire davantage. Donc encore une fois, un trio un peu foutraque…

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 Le livre des martyrs, T1, Les jardins de la lune, de Steven Erikson (1999)

Le livre des martyrs T1 (couverture)Vous cherchez une lecture légère et sans prise de tête ? Un livre à lire entre deux stations de métro ? Un premier pas dans la fantasy ? Alors Les jardins de la lune ne sont pas pour vous !

Avant de commencer ma lecture, tous les avis que j’avais pu croiser – et la préface de l’auteur en rajoute une couche – soulignaient le fait que rentrer dedans pouvait être compliqué, que l’auteur ne donnait pas toutes les clés dans les deux premiers chapitres et que, en gros, soit on adorait, soit on abandonnait au premier tiers. Comme j’ai déjà les trois premiers tomes, j’ai donc commencé ma lecture aussi excitée qu’anxieuse à l’idée de ne pas accrocher et d’être perdue.
En fait, ça va. Certes, c’est une lecture qui nécessite de la concentration ; certes, il ne faut pas s’attendre à trouver une explication dès la première apparition d’un terme créé pour l’univers ; certes, il faut dépatouiller ça seul·e au fil des pages. Mais ce n’est pas un traité de physique quantique non plus. Pour être honnête, à présent, j’appréhende davantage la reprise d’un tome à l’autre selon le temps écoulé entre deux lectures et le niveau de détails qu’il me restera du tome précédent…

Quoi qu’il en soit, j’ai adoré cette intrigue. Un Empire qui cherche à s’étendre, des soldats désabusés, des dieux qui truquent la partie, une histoire passée qui irrigue le présent… Les personnages sont en effet nombreux, mais on ne s’emmêle pas les pinceaux tant ils sont intéressants, avec un caractère, une histoire et des intérêts propres, sans tomber dans des clichés. Et certains sont tellement captivants que c’est un vrai plaisir de les rencontrer et de passer du temps avec eux.
De nombreux peuples se côtoient et j’ai trouvé très agréable de sortir des habituels elfes, nains et orcs pour faire la rencontre de communautés originales. L’histoire est riche en intrigues, en rebondissements et en ambiguïtés, s’inscrivant dans un univers tellement vaste que je comprends comment l’auteur a pu écrire une saga de dix tomes. Le ton est épique, souvent grave, mais l’humour n’en est pas absent, ce qui est toujours agréable quand bien amené. C’est de plus très visuel et, voyageant avec les protagonistes, j’ai adoré traverser les paysages, les villes et autres lieux magiques.

Bref, pour moi, tout est réussi dans ce premier tome, absolument fascinant et d’une richesse ahurissante, et j’ai hâte de lire la suite ! Amateurs et amatrices de fantasy, je pense que Le livre des martyrs est une aventure à tenter !

Ma chronique est très succincte, mais si vous voulez davantage de détails, je vous conseille l’excellent article du Culte d’Apophis, beaucoup plus complète et convaincante que la mienne.

Le livre des martyrs, T1, Les jardins de la lune, Steven Erikson. Éditions Leha, 2018 (1999 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Canada) par Emmanuel Chastellière. 628 pages.

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Le discours, de Fabrice Caro (2018)

Le discours (couverture)Le discours, c’est :

Un repas de famille, une rupture fraîche de trente-huit jours, la perspective d’un discours au mariage de sa sœur, un esprit qui cavale, imagine, part en vrille, anticipe, extrapole, panique sur deux cents pages.

Des retours sur le passé, des hypothèses pour l’avenir, de la lassitude pour l’instant présent.

De l’humour grâce au regard désabusé d’Adrien, des passages qui vous feront sourire, laisser échapper un éclat de rire, voire un peu plus parfois. Un regard critique sur la famille et les relations sociales, des gaffes et des pensées acérées (car Adrien est un observateur féroce de la faune humaine).

De la mélancolie aussi : les défis d’une vie à deux, les névroses et les angoisses de chacun·e, le temps qui passe, la difficulté de s’intégrer. Donc on sourit, oui, mais on est un peu triste aussi en entrant dans la tête de cet Adrien un chouïa déprimé.

Un roman doux-amer, cocasse, qui frôle l’absurde avec délicatesse et manie l’ironie avec brio. Ce n’est pas aussi constamment désopilant que Zaï Zaï Zaï Zaï, mais c’est touchant, immersif et fort sympathique.

Le film fraîchement sorti en salles est très réussi également. D’une grande fidélité, il m’a convaincue par le jeu de ses acteurs et actrices. Benjamin Lavernhe brise le quatrième mur pour nous entraîner dans ses questionnements, ses doutes, ses angoisses et ses échecs.

Le discours, Fabrice Caro. Folio, 2020 (2018 pour la première édition). 209 pages.

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Les sœurs Carmines (3 tomes), d’Ariel Holzl (2017-2018)

J’ai enfin fini la trilogie des Sœurs Carmines ! Et c’était très chouette.

J’ai tout de suite adhéré à l’atmosphère gothique qui tourne au macabre des sujets quotidiens, à l’instar de l’éducation non pas sexuelle mais criminelle à base de pilule du non-lendemain et de protection des regards gênants des témoins. Grisaille, le théâtre des événements, semble nous plonger dans un univers digne de Tim Burton. Entre la rue Aigre et l’avenue Scolopendre, l’on peut croiser vampires, loups-garous, gorgones et fantômes tandis que les familles nobles se font la guerre pour le trône et que les pauvres meurent à tour de bras pour revenir en « rapiécés », de la main-d’œuvre bon marché.
Le tout est mâtiné d’un humour noir, parfois cinglant, qui joue avec la mort et la souffrance pour dresser le tableau d’un quotidien sanglant. L’écriture est vive, piquante, dynamique et entraînante.

Les trois sœurs sont très différentes, entre le bon cœur et la maladresse de Merryvère, le cynisme, le flegme et l’orgueil de Tristabelle, l’innocence futée et les amitiés spectrales de Dolorine. Cette dernière m’a un peu rappelé la petite Flora dans la mini-série The Haunting of Bly Manor. Mignonne et inquiétante à la fois, un combo irrésistible.

Petit « néanmoins », j’ai un peu moins aimé le troisième tome (même s’il reste une bonne lecture) qui nous éloigne un peu de Grisaille et passe un peu vite sur certaines choses comme les mystérieux Amécrins.

Une trilogie décalée et efficace dont je retiendrais avant tout l’univers sinistre particulièrement riche et enthousiasmant avec ses classes sociales, sa faune, ses coutumes, ses risques et périls.

« Elle devrait se laisser aller davantage. La vie était courte à Grisaille ; on tuait les semaines en attendant qu’elles ne vous tuent. »
Tome 1, Le complot des corbeaux

Les sœurs Carmines (3 tomes), Ariel Holzl. Éditions Naos :
– Tome 1, Le complot des corbeaux, 2017, 269 pages ;
– Tome 2, Belle de gris, 2017, 270 pages ;
– Tome 3, Dolorine à l’école, 2018, 271 pages.

C’est le 1er, je balance tout ! # 54 – Juin 2021

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Romans

Lectures graphiques

Non fiction

Côté Top… J’ai beaucoup aimé Le discours de Fabrice Caro. J’en reparlerai dans quelques jours avec une flopée de mini-chroniques, mais j’ai adoré ce ton entre humour et mélancolique, ce personnage quelque peu désabusé. Le film est d’ailleurs à la hauteur du bouquin et m’a fait passer un excellent moment également !

Côté Flop… Aucun doute, Chroniques d’Espérance de Lobo Grant est le flop du mois, du début d’année, probablement de 2021 (du moins, j’espère qu’il n’y aura pas de plus mauvaise lecture…). Un échec catastrophique et une chronique si négative que j’ai presque eu des scrupules à l’écrire.

Ces livres que je ne critiquerai pas davantage

Lignes de faille, de Nancy Huston (2006)

Lignes de faille (couverture)Une histoire de famille à quatre voix qui nous fait remonter le temps, chaque partie étant narrée par un enfant de six ans, le suivant étant à chaque fois un parent du précédent.
Je dois avouer que cette lecture n’avait pas très bien commencée car je n’ai eu aucune affection pour le premier gamin, narcissique et malaisant. Ses obsessions sexuelles malsaines avaient sûrement un rôle dans l’histoire, mais elles m’ont essentiellement parues non crédibles, exagérées et rebutantes. J’ai failli abandonner la lecture avant de décider d’accorder une chance aux autres.
Et la suite s’est heureusement améliorée, les autres enfants ne montrant pas les mêmes penchants que le petit dernier de la lignée. Des secrets de famille sont mis en place avant d’être progressivement éclairés par les chapitres suivants. Ces regards d’enfants ne comprennent pas toujours le monde des adultes qu’ils examinent (bien que leur réflexion soit parfois très mature), mais laissent échapper des indices pour notre compréhension. C’est un roman sur la filiation, sur le deuil, sur la manière dont se transmettent les souffrances. Quatre générations d’enfants solitaires, qui observent leurs parents avec envie et espoir. Le passé et le futur s’entremêlent, modelant les adultes en devenir et leur descendance.
Une chronique un peu foutraque, à l’image de mon ressenti face à cette lecture. Si je n’ai pas été bouleversée ou marquée comme d’autres lecteur·rices, j’y ai trouvé une construction intéressante et réussie, ainsi que quelques images fortes (comme celle de ce grain de beauté transmis de génération en génération, marque de naissance avec laquelle chaque porteur et porteuse entretient des relations très différentes) et une découverte d’un pan du IIIe Reich.

Le silence est d’ombre, de Loïc Clément (scénario) et Sanoe (dessin) (2020)

Le silence est d'ombre (couverture)Dernière parution en date des Contes des cœurs perdus, cette bande-dessinée relate une histoire poétique et touchante. Amun, après une existence pleine de souffrance, craint la vie comme beaucoup craignent la mort. Comme l’on peut craindre la vie, même vivant, d’ailleurs… C’est peu bavard, c’est fin, c’est bouleversant.
Les planches de Sanoe sont à tomber tant leurs couleurs sont lumineuses et profondes, sublimées par le contraste avec le gris des personnages. Je découvre son trait avec cet ouvrage et ce graphisme magnifique est la grande découverte de cette lecture (parce que je savais déjà que Loïc Clément était coutumier des intrigues intelligentes, philosophiques et sensibles).

Un jour, j’ai perdu les clefs de chez moi… alors je suis partie faire le tour du monde, de Mademoiselle Smoothie (2021)

Un jour j'ai perdu les clés de chez moi... (couverture)Le résumé promettant que « grâce à ses carnets de voyage, vous partirez à la découverte de trente pays différents », je m’attendais à un carnet de voyage. Or, il s’agit en réalité d’un recueil de citations. Certes, je note parfois des citations, des extraits de romans, des mots qui me parlent particulièrement, mais je ne suis pas très intéressée par les livres qui les recensent.
Ici, ça parle de bonheur, de rêves, de joie de vivre (et de voyage parfois). Or, étant du genre anxieuse, pleine de doutes et de paniques, cette accumulation de jolies phrases me disant que la joie et l’optimisme ne sont qu’un choix m’a bien lassée. Parce que j’aimerais bien, j’ai essayé souvent, mais mon cerveau refuse de suivre cette voie de l’insouciance.
(En outre, parmi ces citations, l’une d’entre elles revient deux fois et l’on trouve deux citations célèbres mais apocryphes (c’est-à-dire attribuées à tort à quelqu’un) : « Mais alors, dit Alice, si le monde n’a absolument aucun sens, qui nous empêche d’en inventer un ? » (Clémentine Beauvais avait écrit un excellent article à ce sujet) et « Je ne suis pas d’accord avec ce que vous dites, mais je me battrai jusqu’à la mort pour que vous ayez le droit de le dire » associée à Voltaire.)
Les dessins qui accompagnent les citations sont plus que minimalistes avec un trait simple et des aplats de couleurs. Certains sont poétiques, mais le tout avait malgré tout un goût de trop peu.
Outre le fait que le lien entre les citations, les illustrations et les pays ne soit pas toujours franchement évident ou pertinent, on ne voit des contrées « visitées » que quelques éléments incontournables et sans surprise : un torii japonais, un panda chinois, Big Ben pour l’Angleterre… Personnellement, ça n’a pas suffi à me faire voyager.
J’ai donc trouvé ce petit livre décevant et trop léger, du moins si l’on a dans l’idée de s’émerveiller face à un carnet de voyage. De plus, je reconnais que le côté « inspirant et optimiste » n’est sans doute pas une branche qui me parle suffisamment…

Côté challenges…

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

J’ai passé assez peu de temps devant mon ordi, donc les points 2 et 3 vont être assez rapides car je n’ai pas grand-chose à partager.

Si mes dernières excursions avec Jules Verne n’ont pas été fantastiques, je ne baisse pas les bras et je pense que j’ai trouvé ma future lecture grâce à PatiVore et Ça sent le book qui parle toutes deux d’un titre méconnu, Le Chancellor.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

J’ai découvert le blog du Bazar du Renard et, en fouillant parmi ces chroniques, je suis tombée sur celle de l’adaptation du Petit Prince. Il propose une analyse creusée et pertinente qui, en plus d’être très intéressante, m’a donné envie de le revoir.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier (ou les petits bonheurs, c’est déjà bien).

 Retour dans les salles obscures pour y voir The Father et Le discours ! Le premier est vraiment bouleversant, passionnant dans sa construction et porté par un Anthony Hopkins et une Olivia Colman au top, tandis que le second est, comme je l’ai déjà évoqué, très fidèle au roman, mêlant avec justesse le cocasse et la mélancolie dans le regard porté sur la vie, les gens, la famille…

Sinon en vrac :
– un amigurumi terminé,
– une belle récolte de cerises,
– beaucoup de temps en famille,
– un escape game en vrai dans lequel nous avons eu une chance incroyable,
– et pas mal de temps passé à observer mes plantations notamment mes gigantesques plants de tomates cerises !

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Et vous, quels ont été vos meilleurs moments en juin ?
Avez-vous des projets pour l’été ?
Sur ce, je vous souhaite un beau mois de juillet !

Le tour du monde en 80 jours, de Jules Verne (1872)

Le tour du monde en 80 joursSuite à un audacieux pari qui pourrait lui coûter la moitié de sa fortune, Phileas Fogg se lance dans un tour du monde – à réaliser en 80 jours maximum – accompagné de Passepartout, son domestique.

Et c’est là à peu près tout ce que je savais de ce roman. Si je crois avoir vu enfant le film avec Jacky Chan notamment, je n’en garde aucun souvenir. Aussi ma première surprise fut relative au personnage de Phileas Fogg. Moi qui imaginais un excentrique, un aventurier, un personnage un peu farfelu, j’ai été bien surprise de trouver un homme à la rigueur mathématique, dont la vie est réglée à la minute et qui renvoie son domestique car l’eau de rasage est trop froide de deux degrés Farenheit. C’est un personnage parfois antipathique par sa froideur, parfois un peu ridicule, maniaque à l’extrême, qui ne jettera pas un œil aux paysages traversés, préférant jouer au whist pour faire passer le temps.
Il contraste fortement avec Passepartout curieux, qui tente de faire ici ou là un peu de tourisme – ce qui ne facilite pas toujours la tâche de Phileas Fogg – et qui se retrouve souvent embrigadé dans des situations loufoques ou périlleuses. C’est là un personnage un peu plus intéressant, rendu davantage vivant par ses bourdes, ses espoirs et désespoirs, ses inquiétudes et ses joies.

Ce livre étant l’un des plus célèbres de Jules Verne, je m’attendais à être captivée et embarquée dans une aventure rocambolesque à travers le monde. Or, ce ne fut pas tout à fait le cas. Il m’a manqué de l’immersion, des descriptions des lieux parcourus, de regards sur les pays traversés. C’est souvent une énumération de villes, de distances (en milles en prime) et de vitesses (celles des trains, des bateaux et de tous les moyens de transport adoptés). C’est donc un voyage qui s’effectue de manière trop détachée à mon goût, bien que cette vision très mathématique du périple soit conforme au personnage de Phileas Fogg. Seules les quelques excursions de Passepartout permettent d’avoir une ébauche des beautés du voyage.
De plus, la première partie de l’expédition se déroule trop facilement, ce qui n’est guère palpitant. Phileas Fogg se contente de payer tout le monde pour accélérer le mouvement. D’ailleurs, tous les problèmes se résolvent par l’argent que le héros sort de ses poches par poignées. Cette facilité dans le périple m’a donné un sentiment de facilité dans le roman, qui a donc échoué à m’émouvoir et à me captiver. De plus, c’est aussi là que l’esprit raciste et colonialiste se fait un tantinet sentir : un peuple placé « au dernier degré de l’échelle humaine », une belle Indienne correctement éduquée selon la culture britannique…
J’ai donc pris un peu plus d’intérêt à la suite de ce tour du monde, lors de leurs pérégrinations états-uniennes. C’est certes moins exotique, mais, les délais se raccourcissant et les embûches se multipliant, le voyage se fait moins fluide et aisé créant un peu de suspense quant à la réussite de ce pari. De plus, c’est également à ce moment-là que Fogg commence à être moins irritant : il se montre alors généreux, attentif et prêt à perdre son pari pour aider autrui.

Ce ne fut pas une lecture désagréable, mais nous sommes tout de même loin de l’enthousiasme et du voyage trépidant du début à la fin. Les précisions très scientifiques de Verne ne me dérangeraient en rien s’il y avait un peu plus de sensations et d’émotions autour : ici, au contraire, j’ai eu du mal à me sentir investie dans le récit. Il semblerait que le voyage ait été trop rapide pour moi !

J’avoue commencer à m’interroger si j’aime toujours Jules Verne. Je gardais de bons souvenirs de 2000 lieues sous les mers, Voyage au centre de la Terre et de L’île mystérieuse, mais j’accumule à part égale les petites ou grosses déceptions (Michel Strogoff, Le sphinx des glaces et ce titre-ci). Je vais devoir relire les premiers romans cités pour savoir si c’est mon regard qui a changé ou si ce sont mon avis qui diverge selon les récits.

« Il ne voyageait pas, il décrivait une circonférence. C’était un corps grave, parcourant une orbite autour du globe terrestre, suivant les lois de la mécanique rationnelle. En ce moment, il refaisait dans son esprit le calcul des heures dépensées depuis son départ de Londres, et il se fût frotté les mains, s’il eût été dans sa nature de faire un mouvement inutile. »

Le tour du monde en 80 jours, Jules Verne. Éditions Famot, 1979 (1872 pour la première édition). 252 pages.

Lu dans le cadre du rendez-vous Les classiques, c’est fantastique

LEs classiques c'est fantastique : Jules Verne

Autour de ma PAL : Tag « Indimidating TBR »

Un petit tag parce que ça faisait longtemps et que c’était l’occasion d’aller farfouiller dans ma Pile À Lire. Il vient de chez Critiques d’une lectrice assidue.

  1. Un livre dans ta PAL que tu n’as pas terminé

Le seul titre qui peut rentrer dans cette question est Suttree de Cormac McCarthy. C’est un auteur que j’aime énormément, j’ai lu plusieurs de ses romans, pourtant j’ai échoué deux fois à terminer Suttree. A chaque fois, je m’embourbe au milieu de ces six cents pages et quelques et finis par abandonner. Je ne désespère pas néanmoins et, lorsque ma PAL sera suffisamment basse à mon goût, je m’offrirais une relecture des romans déjà aimés, une découverte des quelques titres qui me manquent et un nouvel assaut pour terminer Suttree.

Suttree (couverture)

  1. Un livre que tu n’as juste pas eu le temps de lire

Techniquement, je pourrais répondre « tous les livres de ma PAL », mais je peux citer un de ces titres pour lesquels j’attends le fameux « bon moment ». Ces titres que j’ai terriblement envie de lire, mais que je veux savourer sans frein. C’est par exemple le cas de Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey, petite brique de presque neuf cents pages dans son si joli écrin dans la collection Les Grands Animaux chez Monsieur Toussaint Louverture. Après tout, on me l’a offert à Noël 2019 : un an et demi, c’est un peu juste pour trouver le bon moment.

Et quelquefois j'ai comme une grande idée

  1. Un livre que tu n’as pas encore lu parce que c’est une suite de saga

J’ai assez peu de sagas dans ma PAL, mais j’ai par exemple les trois premiers tomes du Sorceleur d’Andrzej Sapkowski. N’ayant pas lu le premier, c’est logique que je n’ai pas lu les deuxième et troisième.

J’ai aussi le tome 2 (en deux volumes chez Bragelonne) de Chronique du tueur de roi de Patrick Rothfuss (ainsi que La Musique du Silence qui se déroule dans le même univers) et ce sont des livres que je délaisse volontairement. Pour l’instant évidemment. J’attends que le monsieur se décide à lâcher la fin de la trilogie avant de la recommencer depuis le début. Etant donné que, vu le rythme de publication, ça peut prendre encore dix ans, je ne fais pas une priorité de ces romans (même si Le Nom du Vent était incroyablement génial).
(Patrick, si tu me lis… on attend.)

  1. Un livre que tu n’as pas encore lu parce qu’il est tout neuf

En réalité, j’achète très peu de livres. Mon dernier livre neuf, Le discours de Fabcaro, a été lu dans la foulée, mais sinon, les derniers arrivés dans ma PAL et toujours non lus datent de Noël. Ce qui pour moi est très récent vu que tous mes livre ont tendance à mariner quelques années dans ma PAL. Donc je peux citer Les groseilles de novembre d’Andrus Kivirähk (typiquement un livre pour lequel j’attends le « bon moment » tant L’homme qui savait la langue des serpents a été un choc littéraire).

Les groseilles de novembre

  1. Un livre d’un auteur dont on a déjà lu un autre livre sans l’apprécier

Une seule réponse possible pour cette question (c’est chouette quand les réponses sont simples et évidentes) : Bienvenue au club de Jonathan Coe. J’avais été assez peu convaincue par La pluie, avant qu’elle tombe, donc je garde ce roman pour lui laisser une nouvelle chance, mais ce n’est pas une priorité. Si vous avez des arguments pour me faire voir les choses autrement, n’hésitez pas !

Bienvenue au club

  1. Un livre dans ta PAL que tu n’as juste pas envie de lire pour l’instant

Wunderkind de Nikolai Groznl. C’est un roman qui semble potentiellement intéressant, mais je pense qu’il va devoir attendre encore un moment. Je ne sais pas ce qui me freine exactement : le contexte d’un régime communiste, l’histoire autour de la musique, un résumé qui semble promettre un roman grandiose ou un mélange de tout cela ? Je n’ai jamais voulu l’éjecter de ma PAL, mais je n’ai pas encore ressenti l’envie de le lire. Je crois que j’ai un peu peur de passer à côté en fait.

Wunderkind (couverture)

  1. Un livre dans ta PAL que tu n’as pas encore lu parce qu’il est énorme

Restons dans les pays de l’Est avec Vie et destin de Vassili Grossman. 1175 pages précisément pour une fresque qui risque d’être potentiellement exigeante.

Vie et destin

  1. Un livre dans ta PAL que tu as acheté simplement pour sa couverture

Il faut déjà que je trouve un livre que j’ai acheté moi-même, avec mes petits sous, ce qui ne court plus ma PAL (composée essentiellement de livres offerts ou récupérés ici ou là). Heureusement que j’ai The Jungle Book de Rudyard Kipling, dans son édition créée par MinaLima. (Et on ne va pas se mentir, je voudrais bien tous leurs livres…) Cela dit, je ne l’ai pas acheté uniquement parce qu’il est beau, c’est aussi qu’il m’intéresse. (Mais il est très très beau quand même.)

The Jungle Book

  1. Le livre dans ta PAL que tu trouves le plus intimidant

Je pense qu’il s’agit de mon intégrale de La mer de la fertilité de Yukio Mishima. 4 tomes en un pavé, 1490 pages. Acheté en 2010 et toujours pas lu. Je pense d’abord relire Confession d’un masque avant de me lancer.

La mer de la fertilité

C’est terminé pour cet article qui change un peu des chroniques !
N’hésitez pas à le reprendre, que ce soit sur votre blog ou en commentaires !