Jonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke (2004)

Jonathan Strange & Mr Norrell (couverture)1806. La magie a quasiment disparue d’Angleterre. Elle est seulement étudiée par des magiciens théoriciens incapables de la moindre prouesse. C’est à cette époque que deux érudits enthousiastes tirent de sa solitude le revêche Mr Norrell qui se révèle être un praticien fort doué. Bientôt surnommé le Plus Grand Magicien d’Angleterre, il apporte son aide au gouvernement britannique et ne tarde pas à trouver un apprenti à la hauteur de ses exigences en la personne de Jonathan Strange. Mais ce dernier n’a pas les réticences de son maître envers les fées et d’autres formes plus sombres de magie.

Jonathan Strange & Mr Norrell trône sur l’une de mes étagères depuis des temps immémoriaux (si, si, rien que ça), mais la taille de la brique (848 pages avec une police plutôt petite) m’a toujours fait repousser sa lecture (manque de temps, envie de lire davantage pour alimenter le blog, etc.). Et pourtant, une fois lancée dans ce roman, les pages semblaient se tourner toutes seules et j’aurais aimé continuer encore longtemps (sauf que ce n’est pas le plus pratique des livres à lire dans le métro). J’ai été complètement happée par cette histoire et je ne me reconnais pas du tout dans les nombreux commentaires sur Livraddict déplorant la longueur du roman. (Je les comprends cependant tout à fait, la lecture doit être particulièrement longue si l’on n’accroche pas à l’histoire, dans ce livre-ci plus que pour tout autre.)

Les descriptions ne me dérangeant pas outre mesure, j’ai trouvé en Jonathan Strange & Mr Norrell un roman riche qui est aussi bien un roman de fantasy (mais très différent d’Harry Potter ou du Seigneur des Anneaux auxquels il a parfois été comparé) qu’une fresque historique. Nous sommes tour à tour plongés dans les guerres napoléoniennes – que ce soit sur les mers, au Portugal et en Espagne, ou encore à Waterloo – et dans la société anglaise du XIXe siècle – aussi bien du côté des nobles et autres gentlemen que des domestiques. Evidemment, Susanna Clarke y injecte une bonne dose de magie qui vient pimenter le tout.
Evoquant irrésistiblement un roman de Jane Austen, nous découvrons les relations entre les uns et les autres, les usages, les bals et réceptions mondaines, les différences de classes ou encore le fonctionnement du gouvernement (à une époque où le roi était complètement fou et écarté du pouvoir).
La langue très soignée est parfaitement en accord avec l’époque et le style du roman. Avec une affection particulière pour les longues phrases, elle est subtile, délicate et riche en magnifiques images. Bref, littérairement parlant, c’est un bijou qui rend un bel hommage à la littérature anglaise du XIXe.

C’est, en outre, un véritable voyage, l’autrice nous donnant à voir les magnifiques paysages ainsi que les somptueuses et/ou intrigantes demeures arpentées par ses personnages. C’est un véritable hymne à la beauté de son pays, une terre bercée par la magie depuis toujours. La magie est intrinsèquement liée à l’Angleterre et Susanna Clarke puise dans Shakespeare (le nom d’Obéron traversent ici et là le récit), dans les légendes et dans la mythologie pour créer son propre univers.

Susanna Clarke utilise également un autre procédé pour étoffer son récit : les notes de bas de pages. Celles-ci citent parfois des ouvrages de magie, mais servent surtout à narrer des histoires parallèles passionnantes. Ces anecdotes – tantôt amusantes, tantôt pittoresques, tantôt troublantes… – permettent d’en apprendre davantage sur la magie, les praticiens des temps passés les fées, le Roi Corbeau ou l’histoire de l’Angleterre. S’étirant parfois sur plusieurs pages (du jamais vu), ces incroyables notes contribuent encore davantage à l’enrichissement du roman.

La longueur du récit permet à l’autrice de développer en profondeur ses personnages, que ce soit dans leur grandeur et dans leur bassesse, dans leurs aspects les plus sublimes et les plus repoussants, nous offrant alors l’opportunité de les connaître presque intimement. Difficile de ne pas s’attacher à Jonathan Strange, Childermass, Arabella Strange, Stephen Black ou même à l’irascible et irritant Gilbert Norrell. Les manipulateurs et antipathiques Drawlight et Lascelles sont tout aussi intéressants (l’un d’eux devenant même franchement pathétique avant la fin du roman) tandis que le gentleman aux cheveux comme du duvet de chardon se révèle dérangeant, fantasque et totalement inhumain. Au-dessus de tous ces personnages, plane l’ombre du mystérieux John Uskglass, le Roi Corbeau dont certains et certaines espèrent ardemment le retour.
Les personnages oscillent tout au long du roman entre raison et folie. La frontière est mince entre les deux. Mr Norrell est un homme très rationnel tandis que Strange se laisse davantage porter par son instinct. Tous deux ont d’ailleurs un petit côté Dr Jekyll et Mr Hyde, ce qui les rend à la fois antagonistes et complémentaires. La folie n’est d’ailleurs pas forcément mal considérée, les fous et les fées ayant toujours été proches.

Alors certes, le rythme est lent, mais laissez-vous bercer par cette ambiance envoûtante, moins paisible qu’on ne le croit, laissez-vous emmener à travers cette Angleterre parcourue de chemins de fées et de demeures abandonnées, laissez-vous captiver par cette renaissance d’une magie ancestrale qui parle aux pierres, aux arbres et aux cours d’eau. Page après page, l’histoire devient de plus en plus sombre, plus torturée, pour finir en apothéose dans la troisième et dernière partie.

Grâce à la richesse de cette histoire, la délicatesse de la plume de Susanna Clarke et aux touches d’humour british qui ponctuent le récit, je suis totalement tombée sous le charme unique de ce roman. Une perle véritablement ensorcelante qui rejoint mon panthéon livresque.

Jonathan Strange & Mr Norrell a été adapté en mini-série diffusée sur la BBC, je n’en ai entendu que de bons échos et j’ai hâte de prolonger le plaisir avec cette adaptation. De même, l’autre livre de Susanna Clarke, Les dames de Grâce Adieu rejoint immédiatement ma wish-list.

« Elle portait une robe couleur d’orage, de ténèbres et de pluie, avec un chapelet de regrets et de promesses rompues en sautoir. »

« En ruine depuis plus d’un siècle, elle était autant bâtie de sureaux et d’églantiers que de calcaire argenté, et il entrait dans sa composition autant de brises estivales embaumées que de fer et de bois. »

« – Oh, ma tante ! s’écria Miss Greysteel, en ramassant la petite boîte que Frank avait posé sur la table. Regardez comme elle est belle !
Petite, rectangulaire, la boîte était apparemment en argent et porcelaine. Elle était d’une délicate teinte de bleu, enfin pas exactement de bleu, plutôt de lilas, enfin pas exactement lilas non plus, étant donné qu’elle contenait une touche de gris dedans. Pour être plus précis, elle était de la couleur du chagrin. Heureusement, ni Miss Greysteel ni la tante Greysteel n’avaient souvent ressenti de chagrin, aussi ne reconnurent-elles pas sa couleur. »

« – Qu’est-ce là, monsieur ?
– Des créatures du magicien, répondit le gentleman. Il les renvoie en Angleterre avec des instructions à l’intention du ciel, de la terre, des rivières et des montagnes. Il bat le rappel de tous les vieux alliés du roi. Bientôt ils se mettront au service des magiciens anglais plutôt qu’au mien ! – Il poussa un grand cri de colère et de désespoir mêlés. – Je l’ai châtié comme je n’avais jamais châtié mes ennemis auparavant ! Pourtant, il œuvre contre moi ! Pourquoi ne se résigne-t-il pas à son sort ? Pourquoi ne désespère-t-il pas ? »

Jonathan Strange & Mr Norrell, Susanna Clarke. Robert Laffont, 2007 (2004 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Isabelle D. Philippe. 848 pages.

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Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite, de Camille Emmanuelle (2017)

Lettre à celle qui lit mes romances érotiques (couverture)Camille Emmanuelle dénonce le conservatisme des romances érotiques, ce genre littéraire également appelé « Mommy porn » qui  a explosé suite au succès inexplicable de 50 nuances de Grey. L’autrice sait de quoi elle parle puisqu’elle-même en a écrit une douzaine parce qu’il faut bien manger et payer son loyer de temps en temps. Autant dire que ce qu’elle a découvert des coulisses de la romance a bien hérissé le poil de cette spécialiste du féminisme, du genre et de la sexualité.

« J’ai arrêté d’écrire de la littérature cucul (c’est comme ça que je nomme les romances). J’aimerais que tu arrêtes, Manon, d’en lire. Pour cela, je vais te raconter les coulisses de cette écriture. Un récit que ne te fera pas jouir, mais qui, je l’espère, te fera rire. »

Je ne lis pas de romances érotiques, c’est un genre qui ne m’attire absolument pas (et les couvertures et résumés ne m’aident pas à m’en approcher), j’avais de forts préjugés envers ces romans, mais ce que j’ai appris dans ce livre dépasse… tout.

Déjà, Camille Emmanuelle se voit attribuer une fausse biographie : elle est Américaine, ses histoires se passent aux Etats-Unis et elle remercie à la fin d’imaginaires amis américains. La personnalité de l’autrice, pourquoi faire ? Il faut pouvoir la remplacer par quelqu’un d’autre en cas de problème. De toute façon, son éditrice lui imposera moult corrections pour rentrer dans les clous. La créativité n’existe plus.

« … je suis la nègre d’une auteure qui n’existe pas. Je suis la ghost writer d’un fantôme. »

Personnages pathétiques et figés dans des tableaux Excel, intrigues interchangeables et réglées comme du papier à musique, marques de luxe citées à la pelle… Le style littéraire est pauvre, voire inexistant. Ce serait un moindre mal si c’était l’unique problème posé par les romances érotiques.
Sauf que ce n’est pas le cas. Les romances ont beau parler de sexe, elles contribuent surtout à entretenir une vision sexiste et réactionnaire des relations femmes-hommes et du désir féminin. L’homme est fort, beau et riche (immensément riche, juste riche ne serait pas suffisant), mais il a une blessure secrète (et c’est pour ça qu’il est tout caparaçonné de sa virilité). La femme est… gourde. Elle est innocente, timide, faible, vierge et admirative face à l’homme. Leur sexualité est censée exciter les lectrices, mais se révèle conventionnelle et barbante. La pénétration est le but ultime (et ça tombe bien, l’homme n’a jamais de faiblesse à ce niveau-là). Bref, une vision stéréotypée et puante de la femme et de la sexualité.

« Un roman érotique n’est pas moderne parce que son héroïne mange des putains de cupcakes, il est moderne parce qu’il présente une vision nuancée, complexe, curieuse et diverse du plaisir et du sexe. »

Ces romances vantent le pouvoir de l’argent, le bonheur se trouve dans une énième paire de Louboutin. La richesse et les paillettes, voilà ce qui fait apparemment rêver. C’est tellement fade et vain. Rien de politique, rien de trop intelligent, pas de mention d’artistes qui risqueraient d’attirer l’attention de la lectrice vers une culture plus enrichissante. (Ce qui m’a fait rire, c’est que Camille Emmanuelle explique qu’il faut citer beaucoup de marques, des références qui parleront à la lectrice… Sauf que je n’en connaissais qu’une sur deux lorsqu’elle donnait des exemples. Je ne suis décidément pas la « target » idéale !)

« C’est toute une vision de la société – ultra-libérale, culturellement appauvrie et réactionnaire – qui est promue à longueur de page. Eh oui ! Manon, je n’ai pas écrit des mommy porns, mais bien des « Zemmour porns », réacs et bêtifiants. Je suis un peu la Monsanto de la littérature érotique. Et, alors que je suis une auteure féministe, j’ai contribué à délivrer aux femmes des messages extrêmement vieillots sur leur corps, leur vie, leurs rêves, leurs fantasmes. »

Le ton est drôle et sarcastique, bref, c’est juste hilarant (le lire dans le train n’était donc pas forcément l’idée du siècle). Certes, au bout d’un moment, la bêtise rétrograde de ces romances devient rageante. Franchement, pour la première fois de ma vie, j’ai eu envie de brûler des livres.

Le choix des citations a été un véritable challenge (c’est d’ailleurs pour ça que j’en ai semé partout), on pourrait citer quasiment toutes les pages tant ce livre est incisif et pertinent. La sexualité et le monde présentés dans ces livres sont tristes à pleurer et un tel succès pour cette littérature me déprime un peu. Mais en ce qui concerne Lettre à celle qui lit…, c’est à lire, c’est à relire, c’est à offrir, c’est un énooooorme coup de cœur !

(Et Camille Emmanuelle nous offre également quelques pistes pour une littérature érotique féministe. A explorer…)

« Je n’étais pas une auteure qui trouvait l’inspiration à une terrasse de café de Manhattan et avait envie de faire rêver ses lectrices. Non, j’écrivais à la chaîne et étais le rouage d’une « fabrique à fantasmes ». Les romances sont quasi exclusivement écrites par des femmes. Et ces femmes, dont j’ai fait partie, sont comme celles qui, au XVIIIe siècle, aidaient les autres femmes à serrer leur corset. La femme ainsi ficelée retenait sa respiration, puis souffrait en silence toute la journée, empêchée dans ses mouvements. Elle correspondait à ce qu’on attendait d’elle. Aujourd’hui, ces corsets sont mentaux, et empêchent tout autant de respirer et de se sentir libre. »

Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite, Camille Emmanuelle. Les Echappés, 2017. 133 pages.

Zen City, de Grégoire Hervier (2009)

Zen City (couverture)« Bienvenue à Zen City !
Grâce à notre programme Global Life®, la vie clés en main, profitez de tous nos services et travaillez dans un environnement idéal, naturel et sécurisant. »

Dominique Dubois, un homme totalement banal au chômage depuis quelques temps, retrouve l’espoir grâce à Zen City, une ville novatrice installée dans les Pyrénées. Un nouveau poste de cadre, un bel appartement, une voiture… tout semble aller pour le mieux jusqu’à ce que des hackeurs entrent dans sa vie et que l’une de ses collègues ne soit assassinée.

Le livre se présente comme un dossier étudiant la « Tragédie de Zen City » en se penchant tout spécialement sur le cas de Dominique Dubois. La première partie est majoritairement constituée des articles postés par Dominique sur son blog et encadrés de quelques commentaires. Nous décelons rapidement de petites anomalies, de petits abus, mais Dominique, enchanté par son nouveau quotidien, ne remarque rien, générant ainsi un intéressant décalage entre le lecteur et le personnage. Cela donne au roman un rythme dynamique qui ralentit malheureusement vers la moitié du récit. A ce moment-là, du côté de la forme, le blog se fait presque muet, relayé par une sorte de journal intime, tandis que, du côté du fond, le mystérieux réseau @Ω fait son apparition et la suite des événements se met en place. Le tout est assez lent et moyennement passionnant. Il faut quelques chapitres pour reprendre du poil de la bête, mais le roman finit tout de même assez énergiquement sur quelques rebondissements et des questions qui restent en suspens.

Malgré tout, c’est un livre assez glaçant. Le sujet des puces ne m’inspire aucune confiance et pourtant ce que Zen City met en place avec ces puces RFID (indispensables pour ouvrir sa porte, faire ses courses, etc.) n’est peut-être pas si futuriste que ça. Grégoire Hervier fait une critique assez efficace et effrayante de notre société de consommation (Zen City utilise habilement publicité ciblée et sentiment de manque pour pousser ses habitants à acheter toujours plus), de la géolocalisation et de l’hyper connexion qui régissent plus ou moins nos vies. Les habitants de Zen City perdent en liberté ce qu’ils gagnent en confort et en sécurité, ce sont des esclaves qui s’ignorent prisonniers d’une cage dorée.

Je n’ai pas eu d’atomes crochus avec le personnage principal. Dominique Dubois m’a d’ailleurs énormément agacée, que ce soit à cause de sa tendance à la lamentation ou la façon dont il parle des femmes qui l’entourent. Entre les seins de la recruteuse, les strings de sa collègue Candice, les « bombes » des Zen City, les femmes ne sont pas très valorisées pour leur intellect. Même la belle Isabel, de qui il tombe amoureux en un clin d’œil, ne semble pas le séduire pour autre chose que ses longues jambes. Heureusement que le personnage de Natouchka vient par la suite relever un peu la barre (sans être particulièrement mémorable).

Mi-thriller, mi-SF, cette enquête ne manquera pas de faire écho à notre monde actuel. Evoquant irrésistiblement un 1984 du XXIe siècle dans les Pyrénées, Zen City est un roman intéressant et pertinent, mais, si je ne me suis pas ennuyée, je ne suis pas totalement enthousiaste non plus. Les coupables : des personnages peu attachants, une intrigue qui devient parfois un peu brouillonne, des questions sans réponses et un baisse de régime au milieu du roman.

« – Après le traçage des individus, vous vous en prenez à la liberté de choisir, au libre arbitre… Vous voulez anéantir tout ce que vous ne pouvez pas contrôler, piétiner le peu qu’il reste de notre liberté…
– Ah la liberté ! C’était une bien belle idée… Hélas, cela fait bien longtemps qu’elle ne fait plus recette. Il n’y a pratiquement plus de demande. Sécurité, consommation, communication, d’accord ! Liberté… Mais les modes évoluent, ça reviendra peut-être, qui sait ? »

Zen City, Grégoire Hervier. Au Diable Vauvert, 2009. 347 pages.

La guerre des salamandres, de Karel Čapek (1936)

La guerre des salamandres (couverture)Un brave capitaine découvre des créatures jusqu’alors inconnues, isolées sur une île indonésienne : des salamandres (Andrias Scheuchzeri de son petit nom) qui marchent sur leurs pattes arrière, qui dansent les nuits de pleine lune et qui se révèlent très intelligentes et travailleuses. Si elles commencent par intriguer et fasciner, l’intérêt devient rapidement financier et les salamandres deviennent les nouveaux esclaves de ce XXe siècle. Vendues et exploitées pour coloniser la mer et construire de nouveaux territoires, la révolte, ignorée par des humains sûrs de leur fait, est inévitable.

La guerre des salamandres est un roman de science-fiction, mais l’Histoire et le contexte de l’époque se dessinent très clairement sous cette histoire incroyable. Pêle-mêle, voici ce que j’ai décelé :

  • les enjeux liés aux colonies ;
  • le communisme: il prend la défense de la main-d’œuvre exploitée que sont les salamandres (« Salamandres opprimées et révolutionnaires du monde entier, unissez-vous, l’heure de la lutte finale a sonné. ») ;
  • le racisme: lorsque les salamandres menacent les côtes asiatiques ou africaines, ces bons Européens diront en gros « mieux vaut eux que nous » ;
  • le Ku Klux Klan: les lynchages et bûchers de salamandres aux Etats-Unis, d’ailleurs dénoncés par des Noirs s’insurgeant du sort de leurs « frères », ne sont pas sans rappeler les agissements de la tristement célèbre organisation ;
  • l’antisémitisme: l’Allemagne interdit les vivisections… uniquement par les chercheurs juifs) ;
  • la montée du nazisme: les Allemands révèleront l’existence d’une « race supérieure de salamandres », la race aryenne du reptile, celles qui vivent dans les eaux germaniques ont la peau plus claire, la démarche plus droite, le crâne plus ceci ou cela… ;
  • les tensions entre l’Allemagne, la France et la Grande-Bretagne (bien que pour d’autres raisons que celles retenues par l’Histoire, celles du livre étant liées aux salamandres) ;
  • ou encore l’inefficacité de la Société des Nations à travers l’inutilité des grandes institutions qui échouent à trouver des solutions et même à trouver un nom correct aux salamandres : « La Commission pour l’Etude de la Question des Salamandres devait choisir l’appellation la plus appropriée et elle s’y attacha consciencieusement et avec ardeur jusqu’à la fin même de l’Âge des Salamandres ; mais elle ne fut pas en mesure d’adopter une conclusion finale et unanime. »

Et ce n’est que ce qui m’a sauté aux yeux grâce à mes petits savoirs ou de vagues souvenirs de cours d’histoire. Une meilleure connaissance du contexte de l’époque permet sans doute d’approfondir encore davantage sa lecture du roman et de la rendre plus passionnante encore.
Il y a également un passage qui m’a particulièrement perturbée. Quelques rapports présentent à un moment des expériences faites sur les salamandres. Enfin, par expériences, il faut entendre tortures. Ce qui m’a choquée, c’est que ces tortures (relatives aux températures, au jeûne, au manque d’eau, à des mutilations) rappellent celles subies par les Juifs entre les mains des « médecins » nazis. Sauf que ces « expériences » ont commencé quelques années plus tard. Ce n’est pas le seul moment où Karel Čapek se révèle visionnaire : une conférence fait étonnamment penser à celle de Munich en 1938…

Cette histoire nous est racontée d’un point de vue économique, politique, social… mais rarement émotionnel. A part le truculent capitaine Van Toch et sa touchante relation avec les salamandres, ses « tapa-boys », rares sont les personnages marquants. Nous ne sommes pas pris par la main par un personnage principal comme nous en avons l’habitude, les protagonistes passent, certains reviennent une ou deux fois, mais on ne les connaît jamais vraiment. Le point de vue change souvent de pays et reste relativement distant. Finalement, on nous présente des faits et la manière dont les choses se sont déroulées : la découverte, la fascination, l’idée commerciale, l’esclavagisme, etc. Le résultat aurait pu être froid, mais non. C’est un roman enthousiasmant, passionnant, que j’ai dévoré en quelques heures. L’auteur a réussi un véritable tour de passe-passe.

L’écriture est vivante, dynamique, moderne… Bien éloignée de ce que l’on pourrait redouter d’un roman de 1935. De nombreux comptes rendus et articles de journaux ponctuent le roman.
L’humour est omniprésent. S’il devient parfois presque saugrenu lorsque l’on nous fournit un document avec cette mention « Cf. la coupure suivante, d’un grand intérêt mais malheureusement dans une langue inconnue et donc intraduisible », il est souvent noir et cynique dans le ton, dans certaines comparaisons ou des remarques qui égratignent ici ou là les grandes nations.

Progressant dans ma lecture, je ne redoutais qu’une chose : la fin. Je craignais qu’elle ne parte en vrille et ne soit pas à la hauteur. Mais non ! Le dernier chapitre est une discussion de l’auteur avec lui-même, avec une petite voix intérieure qui l’interroge sur la suite des événements, sur les salamandres et sur les humains. C’est intelligent, fin, drôle et extrêmement original. J’adhère à 200%… sauf pour les six dernières pages. Mais peu importe pour moi, ce n’est qu’un fol espoir de sauver l’humanité, de vaines spéculations. Team salamandres ! (Même si je me doute qu’on est plus ou moins censé être pour les humains et que les salamandres, dictatrices voulant agrandir leur espace vital, représentent les nazis… Pas top…)

Commençant comme un récit d’aventures, La guerre des salamandres se révèle être un conte philosophique opposé aux totalitarismes d’une richesse inouïe. Pris un peu au hasard (pas totalement puisque j’ai réalisé par la suite avoir été attirée par le nom de l’auteur qui est le premier à avoir utilisé le mot robot inventé par son frère Josef), c’est une excellente découverte ! Un vrai coup de cœur, un concentré d’intelligence et d’humour dont je risque de parler longtemps !

Cette lecture m’a rappelé la récente trilogie cinématographique de La planète des singes. Comme les primates, les salamandres apprennent le langage, la lecture, intègrent des connaissances et utilisent des outils jusqu’à se hisser au niveau des humains, voire à les dépasser. Le livre de Pierre Boulle est dans ma PAL et figure parmi mes futures lectures.

« 2. Cette même salamandre sait lire, mais seulement les journaux du soir. Elle s’intéresse aux mêmes sujets que l’Anglais moyen et réagit d’une manière analogue, c’est-à-dire selon les idées reçues. Sa vie intellectuelle, dans la mesure où elle en a une, se compose de conceptions et d’opinions courantes à l’heure actuelle.
3. Il ne faut absolument pas surestimer son intelligence car elle ne surpasse en aucune façon celle de l’homme moyen de notre époque. »

« Les gens commencèrent enfin à considérer les salamandres comme quelque chose d’aussi banal qu’une machine à calculer ou un automate ; ce n’étaient plus, à leurs yeux, de mystérieuses créatures sorties, on ne sait à quelle fin, de tréfonds inconnus. En outre, les gens ne trouvent jamais de mystère dans ce qui leur rend service, dans ce qui leur profite, mais seulement dans ce qui leur nuit, dans ce qui les menace ; et puisque, comme on l’a vu, les salamandres étaient des créatures très utiles, à multiples emplois, elles étaient entrées dans l’ordre des choses normal et rationnel. »

« Pourquoi la nature devrait-elle corriger les erreurs que les hommes ont commises ? »

La guerre des salamandres, Karel Čapek. Cambourakis, 2012 (1936). Traduit du tchèque par Claudia Ancelot. 380 pages.

 

La parenthèse 7ème art – Octobre 2017

Un mois d’octobre qui a fait la part belle au cinéma français !

  1. Demain et tous les autres jours, de Noémie Lvovsky

Mathilde a 9 ans. Ses parents sont séparés. Elle vit seule avec sa mère, une personne fragile à la frontière de la folie. C’est l’histoire d’un amour unique entre une fille et sa mère que le film nous raconte. (Allociné)

Demain et tous les autres jours (affiche)

Le mois d’octobre commence mal… Je n’ai pas du tout accroché à ce film. Ça ne partait pourtant pas trop mal avec ce duo mère/fille, la folie de la mère qui se dessine peu à peu, les responsabilités assumées par la fillette… Un ton au départ quelque peu burlesque qui s’assombrit rapidement, un petit côté En attendant Bojangles en moins réussi… La touche de fantastique avec cette chouette parlante ne m’a pas convaincue et des longueurs s’installent. Ce n’est pas un film qui me laissera un souvenir pérenne, en dépit de certains moments très réussis. Des passages dans lesquels on sent l’amour de Mathilde pour sa mère, mais aussi son désir douloureux d’avoir une vraie mère, une mère qui protège, qui ordonne parfois, une mère forte, une mère présente.

  1. Nos années folles, d’André Téchiné

La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul… (Allociné)

Nos années folles (affiche)

Cette histoire vraie avait tout pour me plaire (j’avais d’ailleurs beaucoup aimé la bande dessinée de Chloé Cruchaudet, Mauvais genre, inspirée de la même histoire). Et ce fut globalement le cas… à une exception près. Le comportement de Paul, parfois horripilant. Certes, les épreuves affrontées pendant la guerre et les années suivantes permettent parfois de l’expliquer, de comprendre sa détresse psychologique, mais cela m’a tout de même un peu empêché de ressentir de l’empathie pour le personnage. Sa jalousie, sa manière de traiter la femme qui a menti pour lui, qui l’a aidé, qui l’a soutenu… Crispant.
Autres petits reproches : les allers-retours dans le temps un peu déstabilisants au début, mais on finit par s’y faire et le nombre de sujets abordés et un peu survolés à cause de la durée (plutôt courte) du film. Mais Nos années folles restent un bon film, porté par une intéressante mise en abîme par le biais du théâtre et par le jeu de Pierre Deladonchamps, Céline Sallette et Michel Fau, tous trois très justes et convaincants.

  1. Le sens de la fête, d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17e siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné. Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête. (Allociné)

Le sens de la fête (affiche)

Le sens de la fête n’est pas un film que je serais allée voir toute seule, n’étant pas grande amatrice de comédies. De plus, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve ne font pas partie de mes acteurs favoris, mais je comptais sur Jean-Pierre Bacri et Suzanne Clément (actrice que j’ai découverte grâce aux films de Xavier Dolan) pour faire pencher la balance. Et quoi que j’en dise, cette séance ne fut pas une torture. Ce n’est pas le film de l’année et certaines scènes sont très convenues et prévisibles, mais d’autres sont parvenues à me faire sourire. L’humour caustique et désabusé de Bacri a plutôt bien marché sur moi. On prend plaisir à découvrir sa bande de bras cassés et les différentes personnalités, parfois un peu bancales. Celles-ci sonnent parfois plutôt justes, mais sont aussi parfois un peu stéréotypées, ce qui est dommage. Le rythme est suffisamment vif pour que l’on ne s’ennuie pas. Bref, un film divertissant et un bon moment.

  1. Une suite qui dérange : le temps de l’action (VO : An Inconvenient Sequel : Truth to Power), de Bonni Cohen et Jon Shenk

L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale. Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants : alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes. (Allociné)

Une suite qui dérange (affiche)

Même si je n’ai pas (encore) vu Une vérité qui dérange, le premier film d’Al Gore sorti en 2006, Une suite qui dérange m’intéressait totalement… même si je pressentais bien qu’il n’allait pas être très réjouissant. Je m’attendais à un documentaire classique avec voix off et non pas à suivre ainsi Al Gore dans les coulisses de son combat. Ce choix s’est révélé parfois un peu agaçant et narcissique, parfois passionnant. Il se démène pour amener à une prise de conscience à travers le monde entier, mais je regrette qu’il ne présente pas tant de solutions que ça (à part le solaire et l’éolien). Je ne sais pas s’il touchera des climatosceptiques, je pense que c’est le genre de film qui ne prêche que des convaincus, mais c’est toujours intéressant (et un peu déprimant). Il y a des scènes qui m’ont laissée abasourdie (les « rain bombs » s’abattant sur les villes ou la fonte des glaces), d’autres dubitative, comme ce long passage sur les attentats de Paris (le rapport me semble assez ténu quand même…). Un documentaire intéressant, même s’il fait davantage le portrait d’un homme qu’un véritable point sur la situation.

  1. Barbara, de Mathieu Amalric

Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l’envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle. (Allociné)

Barbara (affiche)

Je ne connais pas particulièrement Barbara et ses chansons, ne comptez donc pas pour moi pour vous dire si Jeanne Balibar est convaincante dans ce rôle. Ce n’est même pas un film que je comptais aller voir, cette mode des biopics me laissant un peu de marbre, mais l’occasion s’est finalement présentée.
J’étais intriguée par la mise en abîme originale proposée par Amalric, le film n’étant pas un biopic classique, mais montrant un projet de biopic tourné par un réalisateur joué par Amalric. Le film fascine par la façon dont l’actrice principale et le réalisateur sont happés par ce rôle, par la présence d’une Barbara ressuscitée. Jeanne Balibar est plutôt convaincante, bien qu’irritante parfois, tout comme Mathieu Amalric.
Néanmoins, je lui ai tout de même trouvé quelques longueurs (sur un film d’1h35, il faut le faire), des passages décousus et/ou inintéressants, j’ai été un peu perdue sur l’identité de certains personnages secondaires et j’avoue avoir décroché sur la fin. Globalement, et en dépit de quelques points positifs, ce fut une déception qui sera vite oubliée.

  1. Ça (VO : It), d’Andy Muschietti

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou…  (Allociné)

Ça (affiche)

Ah, LE film de cet automne ! D’un côté, j’avais très envie de voir Ça, notamment pour la prestation de Bill Skarsgård qui semblait démente. D’un autre côté, je n’avais pas tellement envie parce que j’avais la frousse (les films d’horreur et moi, on n’est pas copains vu que je sursaute déjà dès que quelqu’un arrive derrière mon dos, ou parle quand je ne m’y attends pas, ou klaxonne à côté de moi, ou… bref, vous avez saisi). Je me suis un peu préparée en regardant le téléfilm (histoire de repérer les passages potentiellement flippants, tout ça), téléfilm qui ne m’a pas déplu même s’il a vieilli et si ce brave Tim Curry n’est pas effrayant pour un sou. C’est donc les jambes flageolantes d’appréhension (et avec l’impression de repousser mes limites) que je suis allée au cinéma, c’est donc les poings serrés et le corps crispé que j’ai passé la séance. Il paraît que ce n’est pas un film d’horreur, mais ça l’est largement assez pour moi !
Malgré tout… j’ai adoré ! Certes, les jumpscares ont parfaitement fonctionné puisque j’ai sursauté quasiment à chaque fois qu’il fallait sursauter (oui, je sais, ils sont prévisibles, mais quand même…). Mais à part beaucoup de sursauts, je n’ai pas eu si peur que ça (une fois que le clown est visible et que plus rien ne saute sur les gamins, c’est bon, aussi moche ou effrayante soit son apparence au moment dit) et j’ai plein de compliments à faire à ce film :

  • Il est beau: j’ai adoré les décors, les couleurs, tout ce qui participe à l’ambiance glauque qui règne à Derry (d’ailleurs les adultes sont aussi – voire plus – monstrueux que Pennywise) ;
  • Les gosses jouent très bien, ils sont adorables, drôles, attachants, et c’est aussi une belle histoire d’amitié qui se dessine ici (mais je me serais bien passé de la Beverly, princesse sauvée d’un baiser…) ;
  • Le film nous fait passer de l’épouvante (enfin, moi, en tout cas) au rire: légèreté et gravité se mêlent et c’est un soulagement de se détendre de temps en temps avec une scène amusante ou attendrissante.
  • Bill Skarsgård est génialement malsain: il est décalé, dérangeant et à aucun moment sympathique, son sourire est particulièrement flippant et chacune de ses apparitions transcende le film.

Je n’ai pas encore lu le livre, mais c’est prévu pour tout bientôt. Toutefois, de ce que je sais de l’histoire (grâce au téléfilm ou à des critiques que j’ai pu lire), j’ai quelques appréhensions quant au chapitre deux, notamment par rapport au fait qu’ils oublient Ça en grandissant, donc j’espère que ce ne sera pas un film constitué de 50% de flash-backs. Idem pour Henry Bowers qui est aussi censé être présent… Enfin, on verra bien, j’ai adoré ce chapitre un que je reverrai avec plaisir et, maintenant, la prochaine étape pour moi est de lire le roman de Stephen King !

  1. La Passion Van Gogh (VO : Loving Vincent), de Dorota Kobiela et Hugh Welchman

Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère. (Allociné)

La Passion Van Gogh (affiche)

Magnifique ! Ce film d’animation est un chef-d’œuvre et fait clairement partie de mes coups de cœur de l’année.
Premièrement, ce film est superbe, esthétiquement parlant. Tout le film a été peint – travail extraordinaire – et cela lui donne un cachet fabuleux. Plus de 62 000 plans peints à la main, à l’huile « façon Van Gogh » pour un résultat sublime. En se basant sur bon nombre de tableaux de Van Gogh, les artistes lui rendent un bel hommage et donnent vie à ses toiles. Les flash-backs en noir et blanc, mais peints eux aussi, sont tout aussi réussis.
On reconnaît d’ailleurs les acteurs et actrices ayant donné vie aux personnages puisque les scènes ont d’abord été filmées pour de vrai. Par exemple, le docteur Gachet est joué par Jerome Flynn et il est facile de retrouver Bronn sous la peinture !

Deuxièmement, l’histoire est tout à fait prenante. Intrigue policière, c’est une véritable enquête qui sème le doute sur la mort du célèbre peintre néerlandais. Armand Roulin se rend auprès de tous ceux qui l’ont connu pour tenter de percer le mystère de cet étrange suicide. Tous lui parlent du Vincent qu’ils ont connu, de ce Vincent qui, lui, ne s’exprime qu’à travers ses lettres et ses toiles.
La Passion Van Gogh est un film d’animation passionnant et visuellement éblouissant. La technique choisit nous immerge dans l’œuvre du peintre tout en nous faisant vivre ses derniers jours.

  1. Knock, de Lorraine Levy

Knock, un ex-filou repenti devenu médecin diplômé, arrive dans le petit village de Saint-Maurice pour appliquer une « méthode » destinée à faire sa fortune : il va convaincre la population que tout bien portant est un malade qui s’ignore. Et pour cela, trouver à chacun la maladie réelle ou imaginaire dont il souffre. Passé maître dans l’art de la séduction et de la manipulation, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais il est rattrapé par deux choses qu’il n’avait pas prévues : les sentiments du cœur et un sombre individu issu de son passé venu le faire chanter. (Allociné)

Knock (affiche)

Comme pour Le sens de la fête, Knock n’est pas un film que je serais allée voir si une amie ne me l’avait pas proposé. Parce que les comédies et moi, ça fait deux (et j’en ai déjà vu une ce mois-ci avec Le sens de la fête). Je n’ai pas lu le livre qui traîne pourtant dans ma PAL depuis une éternité et je ne connais de Knock pas grand-chose de plus que le célèbre « Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? », donc je n’établirai aucune comparaison avec la pièce de Jules Romains.
Je n’ai pas passé un mauvais moment, mais le film est assez convenu et il ne nous surprend jamais dans les directions qu’il prend. J’avoue avoir été presque surprise par le happy end : dans mon esprit, tout cela devait mal se finir.
Deux éléments m’ont toutefois beaucoup agacée. Le premier est l’inévitable coup de foudre. J’y suis résignée, mais j’en suis totalement lassée. Le second est ce rôle de femme frustrée qui se déshabille devant l’homme qui l’attire et, une fois ses avances repoussées, va se plaindre de tentative de viol. C’est une situation trop souvent mise en scène et que je ne trouve pas drôle du tout. Comment être surprise que la parole des femmes violées soit mise en doute quand les films montrent des menteuses prêtes à tout pour se venger ?
Ceci mis à part, la rencontre avec ces villageois hauts en couleur est sympathique, le docteur joué par Omar Sy est finalement bien plus rempli d’humanité que sa petite arnaque ne le laissait présager : un film sans prise de tête.

  1. Zombillénium, d’Arthur de Pins et Alexis Ducord

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et s’il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ? (Allociné)

Zombillénium (affiche)

Ne connaissant pas la BD, je ne m’étais pas intéressée plus que ça à la sortie de ce film d’animation… et quelle bonne surprise ce fut !
Le graphisme m’a tout d’abord laissée dubitative avant de me convaincre. Je l’ai finalement trouvé plutôt beau ! Je signale également le générique de début qui montre la naissance du parc : je le trouve extrêmement bien fait et pertinent en plus d’être passionnant.
Certains éléments humoristiques sont très bien trouvés, ce monde des morts et des monstres faisant souvent écho au nôtre. Le cerbère, avec sa troisième tête yorkshire prête à s’attaquer à plus gros qu’elle, est très bien trouvé et m’a beaucoup fait rire. Certes, si vous voulez des monstres flippants, vous n’êtes pas au bon endroit puisqu’ils sont tous très sympathiques… à l’exception des vampires, totalement insupportables et imbus de leur personne.
Zombillénium est aussi un film intelligent et ne s’interdit pas de dénoncer le capitalisme et la discrimination dans le monde du travail. Rien que ça ! Ajoutons une BO qui tient bien la route et on obtient un très bon film d’animation rythmé et drôle !
Entouré par Le monde secret des Emojis, My little pony et Opération casse-noisette 2, il relève bien la barre de ces sorties automnales dans le domaine du film d’animation.

  1. Ouvrir la voix, d’Amandine Gay

Ouvrir La Voix est un documentaire sur les femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles.  Le film est centré sur l’expérience de la différence en tant que femme noire et des clichés spécifiques liés à ces deux dimensions indissociables de notre identité « femme » et « noire ». Il y est notamment question des intersections de discriminations, d’art, de la pluralité de nos parcours de vies et de la nécessité de se réapproprier la narration. (Allociné)

Ouvrir la voix (affiche)

Ce documentaire qui offre la parole à des femmes d’origine africaine ou antillaise se révèle tout simplement passionnant. Deux heures en tête à tête et pas une minute d’ennui. On constate à travers les tranches de vie qu’elles partagent avec nous que le problème du racisme se pose dans toutes les strates de la société et dans tous les milieux. Leur première expérience du racisme donne le ton. Si je suis évidemment consciente de certains faits, je suis parfois restée bouche bée. Notamment face à cette absurde violation de leur intimité : des gens qui se permettent de leur toucher les cheveux. Comment peut-on avoir l’idée de se permettre d’une telle chose ? Les combats qu’elles doivent mener toute leur vie durant sont révoltants et pourtant elles ne s’apitoient pas sur elles-mêmes. Un film qui permet de relativiser certaines choses et de mesurer les privilèges dont, femme blanche, on bénéficie inconsciemment.
En abordant de multiples sujets, Amandine Gay offre avec ce film un témoignage important. A voir.

  1. Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire. (Allociné)

Au revoir là haut (affiche)

J’avais adoré Au revoir là-haut et j’étais curieuse de voir le film, même si je ne suis pas vraiment fan d’Albert Dupontel. De toute façon, je ne pouvais rater Nahuel Perez Biscayart, coup de cœur de 120 battements par minutes, dans le rôle de l’extravagant et impertinent Edouard Péricourt. J’avais à l’origine pensé relire le roman, ma lecture remontant à quatre ans, mais, en lisant ici ou là que de nombreuses scènes avaient été ajoutées, j’ai préféré m’abstenir. Et j’ai bien fait. Mon souvenir un peu flou m’a empêchée de comparer livre et film scène par scène et de juger durement l’adaptation.
Car finalement, je l’ai trouvée très fidèle au roman de Pierre Lemaitre. Effectivement, la folle aventure d’Edouard et Albert sont racontées à un gendarme marocain par Albert (récit enchâssé absent du roman), des raccourcis ont été faits, des rencontres ont été imaginées, même la fin a été légèrement modifiée, et pourtant, l’esprit du roman et des personnages était tout à fait respecté.
C’est aussi un régal pour les yeux. Les images sont soignées, les couleurs vives, le rythme dynamique tout comme la caméra qui tourne et danse d’un personnage à l’autre, la reconstruction du Paris de 1920 est stupéfiante. L’immersion est réussie à 100%.
Les masques sont superbes tout comme celui qui les porte. Un regard, une gestuelle exacerbée et des bruits de gorge, voilà ce avec quoi Nahuel Perez Biscayart a dû composer son personnage. Et il y parvient à merveille, donnant à Edouard une présence formidable. Exceptionnel.
Une adaptation fantastique, passionnante, haute en couleur, drôle, émouvante et visuellement stupéfiante !

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?

C’est le 1er, je balance tout ! # 10 – Octobre 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top, comment choisir ? Mes lectures ont été excellentes ce mois-ci. Ma plus grande découverte est sans aucun doute La guerre des salamandres de Karel Čapek, chef-d’œuvre de science-fiction, choisi (presque) au hasard dans une librairie alors que j’étais en panne de livres loin de ma PAL. Un roman visionnaire et politique publié en 1936 qui m’a tout simplement scotchée et dont je vous parle la semaine prochaine.
Mais il y a aussi ma relecture du troisième tome de A la croisée des mondes de Philip Pullman, la fin de l’attente avec le troisième tome de Génération K de Marine Carteron qui a eu le bonheur de me surprendre, le plaisir des retrouvailles avec Neil Gaiman et son Monarque de la vallée, le coup de cœur attendu de la Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle et enfin le nouveau sublime roman en vers libre de Sarah Crossan, Moonrise.
Donc.
Comment choisir ?

Lyra et les oiseaux (couverture)Côté Flop, sans aucun doute, c’est Lyra et les oiseaux de Philip Pullman, qui remporte la palme. Une nouvelle qui prend place à Oxford deux ans après les événements du tome 3 de A la croisée des mondes. C’est très court, peu étoffé. Des documents sont étrangement insérés dans le livre et se révèlent franchement inutiles. L’histoire en elle-même n’a que peu d’intérêt et la brièveté du récit fait que je n’ai pas eu le temps de m’y intéresser.

 Côté challenges,

  • Coupe des 4 maisons : 240 + 480 points, soit 720 points pour Serpentard ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 3, soit 18/60.

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Charmant Petit Monstre m’a donné envie de me replonger dans l’œuvre de Cormac McCarthy (et de découvrir enfin ceux que je n’ai pas encore lus) grâce à sa chronique de No Country for Old Men.

Je ne suis pas dingue de nouvelles et pourtant, Le vent dans les pages m’a convaincue avec sa critique de Mort(s), un recueil publié par Les Artistes Fous. Cet ouvrage dont l’univers a tout pour me plaire m’intrigue au plus haut point !

Enfin, je ne me suis pas encore penchée sur le dernier Timothée de Fombelle, Neverland, mais si une personne m’a persuadée de le faire sous peu, c’est bien L’oiseau lit avec sa chronique sensible et touchante. Et puis, son écriture est juste magnifique.

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Je commence avec « Critères de beauté = ras le bol ! », une vidéo de Maud Bettina-Marie partagée lors du C’est le 1er d’octobre par La Tête en Claire, mais qui fait tellement chaud au cœur, qui est tellement intelligente et tellement motivante qu’il fallait absolument que je la repartage.

Je suis tombée, je ne sais comment, sur cette BD de Mirion Malle publiée sur son blog Commando Culotte en septembre 2016, « L’impunité des hommes (célèbres) ». J’ai notamment été sciée par la liste qu’elle fait à la fin. Leurs actes n’ont aucune conséquence sur leur carrière ou l’amour du public pour eux, la plupart des faits sont d’ailleurs tout à fait ignorés du grand public (même les accusations portées à Woody Allen m’étaient passées sous le nez jusqu’à cet été, je sais que je vis parfois loin de la Terre, mais quand même…). Une petite bande dessinée très instructive.

Buffy Mars nous parle de l’écriture inclusive : c’est clair, c’est efficace… et ça donne des arguments simples pour celles et ceux qui ont tendance à bafouiller et à oublier toutes les bonnes raisons de faire telle ou telle chose dans une confrontation IRL.

Je remercie aussi Lupiot de m’avoir fait découvrir ce nouveau prix de littérature jeunesse, le prix Vendredi dont j’étais malheureusement complètement passée à côté… (Je suis en plus ravie de constater au vu des commentaires que je ne suis pas la seule à être restée perplexe face à ce nom.)

Enfin, Pauline du blog Histoires vermoulues m’a fait regarder avec tendresse et nostalgie sur ces longues années passées en compagnie d’Harry Potter. Une belle histoire dans laquelle je me retrouve énormément.

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Voyons…
J’ai survécu à Ça. Avec plaisir en plus. (Non, je ne suis pas copine avec les films d’horreur.)
J’ai enfin vu la saison 7 de Game of Thrones ET la dernière saison d’Orphan Black (avec un petit pincement au cœur). Je vais maintenant pouvoir attaquer la saison 3 de Twin Peaks.
Je me suis inscrite au challenge Read in English sur Livraddict pour tenter de lire un peu plus en anglais, plaisir redécouvert récemment avec The Broken Bridge, One et Moonrise. (Dommage, j’ai lu ces livres avant mon inscription.)
J’ai commencé à tenir un journal de lecture. Merci Victoria !

Bref, pas grand-chose comme vous pouvez le voir.

Je me suis également interrogée sur le fait de continuer ou pas le blog car je doute franchement de son intérêt (et mes échecs successifs pour lui offrir une bannière et un avatar dignes de ce nom ne m’ont pas réconfortée). Mais je prends quand même du plaisir à le tenir, ce qui est l’essentiel à mes yeux, je vais donc le maintenir pour l’instant. (Le chanceux a survécu à cette période de doute, il est en sursis jusqu’à la prochaine !)
En revanche, j’ai un peu réduit le rythme de publication, passant d’une chronique tous les trois jours à deux chroniques par semaine (mercredi et samedi). Ainsi, pas de pression, cela étale davantage mes chroniques et me laisse davantage de temps notamment pour lire des pavés et/ou des classiques dont je repousse sans cesse la lecture. J’ai ainsi pu m’attaquer l’énorme brique de Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr Norrell.

Jonathan Strange & Mr Norrell (couverture)

Voilà pour ce bilan mensuel, je vous souhaite à tous un beau mois de novembre et m’en vais de ce pas découvrir VOS bilans !

Le monarque de la vallée, de Neil Gaiman (2004)

Le monarque de la vallée (couverture)Deux ans après les événements racontés dans American Gods, Ombre a entamé un voyage solitaire. Dans un pub du nord de l’Ecosse, il est accosté par un drôle de docteur qui le fait engager comme vigile lors d’une étrange soirée dans une grande maison perdue dans la vallée. Cette requête est étrange : que lui veulent donc ces gens ?
Cette nouvelle a tout d’abord été publiée dans le recueil Des choses fragiles (Au Diable Vauvert, 2009).

Avoir lu American Gods n’est, je pense, pas forcément un prérequis, la nouvelle peut se lire indépendamment. Mais c’est quand même un plus pour comprendre le personnage, les allusions aux événements passés, les rêves d’Ombre, les histoires de dieux…

Rapidement plongé dans le vif du sujet, on sent tout de suite qu’il se passe des choses étranges, les personnages semblent tous bizarrement décalés. Rêves, cauchemars, réalité, légendes et vieilles croyances, tout se mêle dans cette étrange histoire qui voit se côtoyer des humains et des monstres, la cruauté n’étant pas forcément du côté attendu. Le nord de l’Ecosse, froid et venteux, est le lieu idéal pour faire revenir d’étranges créatures.

Les pages, les mots, les dessins, tout joue sur le mariage du noir et du blanc. Il m’a fallu quelques pages pour apprécier les dessins de Daniel Egnéus, mais j’ai fini par goûter à ces ombres et lumières. Elles étoffent l’ambiance parfois étrange et onirique, parfois sinistre et macabre du roman. Cela sert parfaitement le propos du livre et je pense que je m’offrirai l’édition pareillement illustrée d’American Gods (ça tombe bien, je ne le possède pas car je l’avais simplement emprunté).

Une magnifique et intrigante couverture, une histoire sombre, parfois cauchemardesque, des illustrations qui ont su capturer l’esprit Gaiman… Le monarque de la vallée est une excellente nouvelle pour prolonger American Gods.

Merci à Babelio et aux éditions Au Diable Vauvert pour cet envoi !

« Eux, ce sont ceux qui ont perdu, jadis. Nous avons gagné. Nous étions les chevaliers, eux les dragons, nous étions les tueurs de géants, eux les ogres. Nous étions les hommes, eux les monstres. Et nous avons gagné. Ils connaissent leur place, à présent. L’important est de ne pas les laisser l’oublier. C’est pour l’humanité que vous vous battrez, cette nuit. On ne peut pas les laisser prendre l’avantage. Pas même un tout petit peu. C’est nous contre eux. »

Le monarque de la vallée, Neil Gaiman, illustré par Daniel Egnéus. Au Diable Vauvert, 2017 (2004 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais par Michel Pagel. 110 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Le Mystère du Val Boscombe :
lire un livre se passant à la campagne