C’est le 1er, je balance tout ! # 18 – Juin 2018

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top… Désolée, je passe mon tour. Parce qu’entre La fourmi rouge, Oh, boy !, Les cancres de Rousseau, Le sommet des dieux, Je suis ton soleil et les intégrales 4 et 5 de Sandman, je suis tout simplement dans l’incapacité de trancher. Toutes ses lectures ont été fabuleuses. En fait, niveau lecture, le mois de juin a été exceptionnel !

Côté Flop… Si ça se bouscule au portillon côté top, autant Sylvain Tesson et son Dans les forêts de Sibérie sont peinards du côté flop. Je ne vais pas réexpliquer tout ce que je n’ai pas aimé dans ce livre moralisateur et prétentieux, mais il remporte aisément la palme du livre le plus détestable de cette première moitié d’année (quoi ? on a fait une moitié d’année ? je suis la seule à trouver ça dingue ?).

Côté challenges…

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Ce ne sont pas tout à fait des chroniques, mais c’est littéraire, alors ne chipotons pas. En tout cas, les articles d’Alice Pumpkin et du Joli (Les jolis choux moustachus) sur la condescendance littéraire m’ont vraiment intéressée et je rejoins tout à fait leur point de vue.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

La Moustache – du blog Les jolis choux moustachus (oui, encore !) – m’a fait revivre d’excellents souvenirs avec sa chronique du film culte The Rocky Horror Picture Show. Lisez-la (vous êtes d’ailleurs invité.es à suivre leur blog et leurs articles toujours alléchants) et surtout, regardez ce film ! (Deux visionnages peuvent être nécessaires pour aborder cet OVNI cinématographique…)

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Voili voilou. Comme vous pouvez le voir, je n’ai pas grand-chose à raconter. Je fuis un peu mon ordi, à part pour écrire mes chroniques et quand même lire quelques articles qui m’intéressent, donc niveau découvertes, c’est un peu le désert.
Niveau IRL, ce n’est pas mieux. L’été arrive, ce qui ne m’enchante guère, j’ai chaud, je cherche le frais tandis que mon chien suit la course du soleil (on la savait croisée beauceron, elle doit aussi avoir du lézard parmi ses ancêtres). Donc je lis et je n’ai rien à raconter. (Et mon article cinéma de mercredi est à peu près aussi vide, ça promet.)
D’ailleurs, ça risque de ne pas s’arranger en juillet-août (il n’y aura peut-être même pas de bilan en juillet, ça dépendra de où je suis à ce moment-là) car j’ai quelques pavés qui me font de l’œil depuis trop longtemps. (Et je serai peut-être un peu longue à répondre aux commentaires, mais je finirai toujours par répondre.)

Je vous souhaite un très beau mois de juillet (et dans le doute, un excellent mois d’août) !

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C’est le 1er, je balance tout ! # 17 – Mai 2018

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top… Mai fut un beau mois de lecture ! Ma plus grande joie (teintée d’un peu de tristesse tout de même) fut d’avoir terminé le mastodonte qui hantait ma bibliothèque, Le Dit du Genji, de Murasaki-shikibu ! (Vous ne devriez donc plus trop m’entendre le citer à tout bout de champ…)
La lecture de ce pavé et le temps passé en sa compagnie ont tendance à me faire trouver la plus part des livres lus depuis trop courts et superficiels, mais ça va passer. Pour contrecarrer ce mauvais sort, Shining m’a aidée ainsi que Monsieur Malaussène, le quatrième tome de la célèbre saga de Daniel Pennac. Si j’ai déjà parlé du premier en long, en large et en travers dans ma chronique, le second n’aura pas de critique ailleurs que dans ce bilan (sauf si je fais un article sur toute la saga…).

Saga Malaussène - Monsieur Malaussène (couverture)Donc deux mots sur Monsieur Malaussène : le tome le plus épais de la saga Malaussène. 644 pages de rebondissements malchanceux pour le célèbre bouc de Belleville. Alors qu’il se torture les méninges et le cœur à l’annonce de sa paternité, une machination plus complexe que jamais se trame contre lui : meurtres, vol, attentats… le voilà accusé de tous les maux survenus en France ces dernières années par le commissaire Legendre, le gendre du sympathique commissaire Coudrier. Les premiers chapitres s’écoulent sans que l’on sache véritablement où notre narrateur – que l’on connaît si bien après tant de pages passées côte à côte – nous emmène. Les pièces se mettent doucement en place, des nouveaux personnages font leur apparition, agrandissant encore un peu l’entourage de la tribu Malaussène. Et le tout devient de plus en plus extravagant et en même temps c’est toujours aussi prenant. On s’étonne, on rit, on craint pour Benjamin et Julie, on se délecte des bons mots, des mots justes, des mots rigolos, des mots que Pennac maîtrise à la perfection. Un régal dont je ne me lasse pas !

Pour rire intelligemment, deux recommandations spéciales (les chroniques arriveront je ne sais pas quand, j’ai plusieurs mini-critiques à publier, mais je ne sais pas encore comment les agencer. Autant dire que ça risque de finir dans un grand vrac, une braderie de la chronique un de ces quatre matins). Tout d’abord, Le journal d’Edward, hamster nihiliste, de Miriam et Ezra Elia : un hamster désabusé et philosophe dont les réflexions ne sont pas sans écho dans notre vie d’humains. Ensuite, les Lettres timbrées au Père Noël, d’Elizabeth Brami et Estelle Billon-Spagnol (dont j’avais beaucoup aimé le roman Amour, vengeance & tentes Quechua) : des réclamations enfantines face à des cadeaux tous pourris ! Colères justifiées, colères engagées, colères généralisées… quand le Père Noël fait n’importe quoi, les enfants ne se laissent pas faire. (En plus d’être drôle et bien pensé, les autrices ont utilisé plein de matières, d’écriture, d’outils différents et chaque lettre est un plaisir à découvrir.)

Comme vous pouvez le voir, il y a de l’Exprim’ dans l’air. Colorado Train et La sauvageonne, sans compter que j’ai ma critique des Petites Reines de Clémentine Beauvais dans les tiroirs depuis des mois, auxquels s’ajouteront probablement en juin La fourmi rouge d’Emilie Chazerand et Les cancres de Rousseau d’Insa Sané qui m’attendent depuis le SLPJ de Montreuil en décembre dernier.

Côté Flop… Rien à l’horizon ce mois-ci !

Côté challenges… J’ai cartonné avec mes quatorze lectures.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

J’avoue que la belette du blog The Cannibal Lecteur m’a bien alléchée avec sa critique de Sauf d’Hervé Commère qui semble assez dingue.

Sinon, j’ai aussi découvert le blog de Caro Bleue Violette. Des critiques livresques et cinématographiques, mais aussi des articles personnels, mais surtout beaucoup d’humour et d’autodérision.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Sans avoir tout lu encore, le blog de Zelda, Sick Sad Me, découvert grâce à Alberte, est un vrai coup au cœur. Incroyablement bien écrit, ce blog mélange jeux vidéos et souvenirs ou réflexions personnelles. Cynique, dure, mal dans sa peau, elle se pose plein de questions qui font écho aux miennes, tout en le formulant mieux que je ne pourrais le faire.

Je me suis passionnée pour les analyses de personnage de Kaamelott sur la chaîne Sy Play, analyses que je trouve fouillées et vraiment intéressantes outre le fait que ça nous permet de revoir des scènes que je peux voir cent fois sans me lasser. Je ne les ai pas encore toutes regardées car, croyez-le ou non, je n’ai encore jamais vu la fin de la dernière saison (pas celle qui est un préquel, la fin de l’histoire avec le Arthur dépressif, Excalibur dans le rocher, les clans séparatistes des uns et des autres, tout ça) et je voyais dans les vidéos des choses pas vues dans la série et du coup, je n’avais pas envie de trop me spoiler. (C’est-y clair ?)

Je me suis bien amusée à lire ces extraits d’Harry Potter revisités à la manière d’auteurs classiques ou contemporains : Balzac, Chateaubriand, Tolkien, Levy…

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai adopté une chienne ! Une seule visite au refuge SPA de Rennes fut suffisante pour être présentés à Dena. Un coup de foudre (que j’espère un minimum réciproque, dans la mesure où les chiens sont capables d’un coup de foudre). Un caractère bien têtu quand elle s’y met, mais elle reste adorable. Et elle m’occupe bien ! (D’ailleurs, présentement, je la soupçonne d’être sur le canapé rien que pour attirer mon attention et avoir des caresses. Ne la croyez pas en manque, elle est tout simplement insatiable de caresses.)

Dena

A part ça, j’ai réussi le code, c’est donc conduite conduite conduite à présent. Les choses avancent petit à petit.

Et puis, mes parents sont venus une petite semaine et m’ont fait découvrir la Bretagne et, oui, il y a quand même des jolis coins par ici !

La parenthèse 7ème art – Avril 2018

Nouveautés

  1. Moi, Tonya (VO : I, Tonya), de Craig Gillespie

 En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression. (Allociné)

Moi, Tonya (affiche)

Je crois que j’ai tout aimé dans ce film. La façon dont il est construit en y insérant des « interviews » des protagonistes. L’humour subtilement dosé, subtilement injecté, parfois absolument cruel ou désespérant, sachant laisser place à l’émotion juste au bon moment. La façon dont est filmé le patinage : dynamique, sportive, précise, fascinante. Les rôles de la mère (Allison Janney) et de Tonya Harding (Margot Robbie, l’excellente Harley Quinn d’un Suicide Squad sans aucun autre intérêt). Le caractère de cette dernière : volontaire, arrogant, sans filtre.
J’ai vraiment apprécié le personnage Tonya Harding et ce film m’a donné l’impression de réhabiliter quelque peu la sportive et la jeune femme qu’elle était. De ce que m’ont dit des personnes suffisamment âgées pour avoir suivi cette affaire, elle était perçue uniquement comme une fille très dure et la méchante de l’histoire, son exploit avec le triple axel passant complètement à l’arrière-plan. Ici, on voit un être humain vraiment malmené physiquement et psychologiquement par sa mère, puis par son premier petit ami/mari.
Le film dénonce aussi un milieu sportif qui discrimine les patineuses en fonction de leurs origines sociales et qui préfère mettre à l’honneur de petites princesses à la vie parfaite plutôt que le talent s’il vient d’une fille un peu rustre, endurcie par une vie difficile. Je ne sais pas si telle est la réalité du monde du patinage artistique, mais les injustices dont Tonya est parfois victime sont consternantes. Si, contrairement à ce qu’elle affirme plusieurs fois dans le film, elle n’est pas toujours étrangère à  tout ce qui lui arrive, effectivement, ce n’était pas entièrement de sa faute : quel que fut son implication, elle a été surtout rattrapée par la violence qui l’a élevée.

Un film énergique et passionnant, drôle et émouvant, porté par deux actrices absolument parfaites.

(Le rôle de la jeune Tonya est joué par Mckenna Grace que j’avais découverte dans Mary : son regard noir transmettant à la fois force et vulnérabilité, elle est une nouvelle fois excellente.)

  1. L’île aux chiens (VO : Isle of Dogs), de Wes Anderson

En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville. (Allociné)

L'île aux chiens (affiche)

Films d’animation + Wes Anderson : je ne pouvais décidément pas manquer L’île aux chiens, le dernier film en stop-motion de ce dernier. J’y suis allée en fermant mes oreilles à toutes les critiques, j’avais simplement vu la bande-annonce. Et quel moment de cinéma !

Visuellement, c’est atypique et fascinant : la peau lisse de poupée des personnages, les pelages miteux des chiens, les paysages, les « effets spéciaux » à base de coton lors des bagarres… Si cela donne envie de tout toucher, ça ne nuit en aucun cas à l’immersion. L’on ose à peine imaginer le travail nécessaire à la création de des superbes plans qui émaillent le film.
Entre dystopie, western et récit d’aventure, le rythme décoiffant nous happe rapidement et nous voilà plongé au cœur de cette histoire étonnante et de cet univers atypique. Les dialogues vifs et bondissants, les sous-titres qui défilent en français et en anglais, la musique intense – la BO d’Alexandre Desplat est envoûtante, mêlant thèmes lancinants et airs guerriers portés par des tambours japonais –… tout cela impulse une dynamique efficace.
Porté par un casting impressionnant (comme toujours avec Wes Anderson), les langues sont multiples et le choix de laisser la place au japonais (écrit ou parlé) est à la fois plaisant et original. On ne comprend pas forcément ce que disent les personnages, mais leur ton est généralement suffisamment explicite pour que l’on comprenne. Nous nous retrouvons au même niveau que les chiens : nous les comprenons très bien à l’inverse des humains.

A travers ce conte parfois macabre, Wes Anderson rend un bel hommage à la gent canine et aborde nombre de problèmes sociétaux. L’île aux chiens et ses montagnes de déchets sont un appel écologique, le maître Kobayashi est une critique des despotes de ce monde, et le film dénonce l’intolérance qui imprègne le monde et la mise à l’écart des marginaux et autres SDF, mais j’y ai également vu un message d’amitié et d’espoir de connaître un jour égalité et tolérance. Malgré ce discours qui semble banal et un peu cucul, ce film ne l’est en aucune façon et mêle avec talent et réalisme poésie et violence, humanité et cruauté.

Hypnotisante. C’est le mot que j’utiliserais pour qualifier cette fable japonisante à l’humour acerbe et ironique qui enchante et étonne aussi bien la vue que l’ouïe.

Je vous encourage également à découvrir l’excellente chronique d’Alberte Bly sur ce film.

  1. Lady Bird, de Greta Gerwig

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. (Allociné)

Lady Bird (affiche)

J’avais vraiment hâte de voir ce film et je n’ai pas été déçue ! C’est une véritable plongée dans les affres de l’adolescence et je pense que tout le monde se retrouvera un peu en Lady Bird. Evidemment, il y a les immanquables – les amitiés qui se nouent, s’effilochent et se renouent, les premiers amours et les premières déceptions, la colère contre les parents, ce sentiment d’incompréhension et de frustration – mais il y a également de nombreux petits détails qui vont marquer cette dernière année de lycée qui vont permettre à Lady Bird de mûrir et de découvrir ce qu’elle doit à ces parents qu’elle pensait médiocres… J’ai trouvé le tout présenté sans la moindre caricature et avec une grande justesse.
La relation avec la mère est au cœur du film, ce que j’ai trouvé vraiment original car je n’ai pas le souvenir d’avoir vu beaucoup de films qui mettaient l’accent sur cet aspect-là de l’adolescence. Leur incapacité à dialoguer, bloquées par leur fierté, amène aussi bien une grande force émotionnelle qu’une certaine frustration pour le spectateur. Leur amour mutuel, muet et conflictuel, est vraiment magnifiquement mis en scène.
Saoirse Ronan est excellente (je l’avais déjà beaucoup aimé dans Brooklyn d’ailleurs) : vive, impertinente, passionnée, elle donne vie à cette rebelle qui se sent en décalage avec sa famille, sa ville, son lycée. Le reste du casting est tout aussi bon : Timothée Chalamet (que j’ai adoré dans Call me by your name) qui amène une touche de nonchalance arrogante, Tracy Letts, le père, bulle de douceur qui tente sans cesse d’arrondir les angles entre sa femme et sa fille, etc.
Un portrait sensible et sincère d’une adolescence dans l’Amérique post-11 septembre.

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 Autres films

  1. Les combattants, de Thomas Cailley (2014)

 Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille. Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux. (Allociné)

Les combattants (affiche)

Une histoire assez simple et en même temps riche et originale. Un vent de rébellion, la naissance de l’amour chez deux personnalités antagonistes… Si les deux personnages sont très réalistes, Adèle Haenel se détache, intelligente, volontaire et enragée. Sa relation avec un Arnaud habitué à un certain confort est touchante grâce à leur duo étonnant qui marche du début à la fin.
Entre fin de l’humanité et désillusion quant à l’avenir, la jeune génération est clairement pas l’optimisme incarné (mais je ne vais pas critiquer, je m’y retrouve bien !). Malgré tout, Madeleine n’a pas tout abandonné : elle attend d’un stage au sein de l’armée (dire que si j’avais su qu’ils allaient à l’armée, je n’aurais sans doute pas regardé ce film…) un apprentissage poussé des techniques de survie (elle a beau être résignée, elle n’en est pas moins résolue à survivre le plus longtemps possible). Attentes cruellement déçues : ce sont l’obéissance et la solidarité qui sont exigées, et non les interrogations et les instincts primaires. Symptomatique de l’humour qui irrigue délicatement le film, cette discipline (que les personnages ne tardent pas à fuir) est gentiment moquée.
Ce n’est pas un film qui fera date dans mon esprit mais j’ai néanmoins passé un bon moment. Une histoire initiatique connue mais contée de manière si fraîche et inédite (ainsi mêlée avec une histoire de survivalisme) qu’elle en redevient intéressante.
(Et non, cet article n’est pas sponsorisé par le lobby des parenthèses.)

  1. Still Alice, de Richard Glatzer et Wash Westmoreland (2015)

Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration. (Allociné)

Still Alice (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Un drame plutôt réussi qui nous fait entrer dans l’intimité d’une famille éprouvée par la maladie d’Alzheimer. La tragédie est prétendument amplifiée par le fait qu’Alice est une intellectuelle, une linguiste pour qui – elle l’explique d’ailleurs à un moment – les mots, l’expression et l’élocution jouent un rôle essentiel dans la construction de son identité (c’est ce qu’on essaie de nous dire, mais c’est en réalité toujours une tragédie quel que soit le milieu social de la malade). Si, avec ce genre de sujet, il y a forcément les « passages clés » de la progression de la maladie, attendus dès le début, qui semblent parfois là avant tout pour bouleverser le spectateur (spoiler : ça n’a pas marché avec moi), je trouve que le film garde globalement une certaine pudeur qui évite l’apitoiement.
Parmi les trois enfants du couple, Lydia (Kristen Stewart) est la seule qui été sympathique (même si je n’ai pas trouvé son jeu renversant). Le fils est relativement transparent tandis que la fille aînée est tout bonnement insupportable avec ses airs pincés. Lydia est la seule à ne pas viser une grande carrière comme le souhaite sa mère : elle veut être comédienne et s’est pour cela éloignée de sa famille en partant sur la côte Ouest. Elle est la seule à rester vraie, à parler franchement (mais avec tact malgré tout) à sa mère, même si cela engendre souvent des conflits.
Je suis entrée dans le film sans savoir ce que c’était et j’avoue que le trio « maladie + Julianne Moore + Kristen Stewart » m’aurait certainement fait reculer si j’en avais été prévenue à l’avance, mais j’ai passé un bon moment même si le film est très linéaire et globalement sans surprise.

  1. Will Hunting (VO : Good Will Hunting), de Gus Van Sant (1998)

Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses études, refusant le brillant avenir que pouvait lui procurer son intelligence. Il vit désormais entouré d’une bande de copains et passe son temps dans les bars à chercher la bagarre et à commettre quelques petits délits qui risquent bien de l’envoyer en prison. C’est alors que ses dons prodigieux en mathématiques attirent l’attention du professeur Lambeau, du Massachusetts Institute of Technology. (Allociné)

Will Hunting (affiche)

(Disponible sur Netflix)

En dépit des dialogues qui touchent justes d’un bout à l’autre, le déroulement du film est assez classique et sans surprise. En réalité, ça n’affecte pas énormément le plaisir pendant le visionnage car je me laisse prendre par l’histoire, mais c’est un peu dommage malgré tout.
Cependant, j’ai apprécié que Will (Matt Damon) ne soit pas le genre « génie asocial (et moqué par les autres) » que l’on voit souvent. Il a une bande de potes avec qui il sort, il est bagarreur et rebelle, il est capable de parler à une fille, il fait des petits boulots, bref, il se débrouille. A ce niveau, ça change.
Tous les acteurs (et Minnie Driver, la seule et unique actrice…) sont excellents, à l’image de leurs personnages, attachants et vrais. Robin Williams est évidemment génial dans le rôle du psychiatre qui, finalement, fait sa propre thérapie en même temps que celle de Will. Son duo complice avec Matt Damon fonctionne à merveille.
Un très agréable divertissement.

  1. Paprika (VO : Papurika), de Satoshi Kon (animation, 2006)

Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l’inconscient.
Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l’un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs. 
(Allociné)

Paprika (affiche)

Dans son « C’est le 1er » du mois de mars, Alberte Bly mentionnait son coup de cœur pour Paprika, un film que j’avais vu – et beaucoup aimé bien qu’il m’avait laissé bien décontenancée – il y a six ou sept ans. J’ai donc décidé de le voir et d’écrire cette petite critique avant d’aller lire la sienne.

Ce nouveau visionnage a été un vrai bonheur ! Et un sacré trip aussi. Parce que dans le genre étrange, bizarre et flippant, Paprika se pose là !
Si Inception vous a perdu, laissez tomber. Inception n’est pas si compliqué que ça à mon goût (d’ailleurs Alberte a un autre avis là-dessus, donc à vous de vous faire le vôtre !) alors que Paprika, même s’il ne présente pas tout à fait les emboîtements de rêves d’Inception, nous fait osciller sans cesse du rêve à la réalité, puis le premier entre dans la seconde, sommeil ou non. On se croit dans une scène ordinaire et paf, un truc totalement anormal se produit. La frontière est beaucoup plus poreuse et le résultat est beaucoup plus anarchique et inattendu dans la version japonaise. Bref, 1h30 d’onirisme et de délire, servie par une animation dynamique, dense et absolument envoûtante.

Entre les parades hallucinées et ondulantes pleines de poupées flippantes et les déformations corporelles parfois dérangeantes, ce n’est pas un film aussi gentil et joyeux que laissent imaginer ses couleurs acidulées et son entraînante BO – qui est totalement géniale. Il est sombre et le monde des rêves révèle bien des traumatismes et des obsessions chez les rêveurs. Toutefois, cette plongée dans cet univers pas si ludique que ça est aussi une plongée dans la psyché humaine et, si elle révèle la mégalomanie de certains, elle fait aussi grandir les personnages de Tokita, d’Atsuko et du commissaire Konakawa.

Original et inquiétant, voire glauque parfois, Paprika est une immersion surprenante dans un univers onirique et psychotique. Une expérience délirante que je vous conseille vivement !

(Cela m’a donné envie de me replonger dans le cinéma d’animation japonais et dans la filmographie de Satochi Kon – j’avais aussi vu Tokyo Godfathers (dont on voit l’affiche dans Paprika), mais une piqûre de rappel ne me ferait pas de mal –, ne soyez donc pas surpris si ceux-ci fleurissent dans les prochains bilans cinéma.)

  1. Fantastic Mr. Fox, de Wes Anderson (animation, 2010)

Fox, le plus rusé des voleurs de poules, sa femme, Mrs Fox, Ash, son fils, le cousin Kristofferson et tous les autres animaux de la forêt défient trois odieux fermiers. Ils vont vivre la plus périlleuse et délirante des aventures. (Allociné)

Fantastic Mr. Fox (affiche)

La découverte de L’île aux chiens m’a donné très envie de revoir le premier film d’animation de Wes Anderson, une adaptation du roman de Roald Dahl et, dès la présentation des trois fermiers, j’ai été plongée dans cette histoire de mon enfance.
L’animation en stop-motion est soignée – les poils, la fumée en coton… – et la mise en scène est parfaite : on aperçoit au travers de ce long-métrage tout ce que permet le choix de l’animation, toute l’inventivité qui vient servir le récit. L’anthropomorphisme exacerbé aurait pu me déranger, mais non, rien ne m’a heurté, d’autant plus que la bestialité de nos héros pointe régulièrement le bout de son nez : une goutte d’eau parmi toutes ses situations exagérées et parfois absurdes. Le film regorge de petits détails amusants (et pertinents) comme sait les placer Wes Anderson, comme ce décompte en années-renard par exemple. L’histoire de ce voleur invétéré est évidemment portée par un casting de voix aux petits oignons (autre signe distinctif du réalisateur) et des dialogues très fins.
Si L’île aux chiens me semble plus abouti et plus prenant, Fantastic Mr. Fox n’en reste pas moins un film sympathique, drôle et subtil, qui questionne l’ambition, la famille, la jalousie.

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Séries

  1. Captive (VO : Alias Grace), créée par Mary Harron et Sarah Polley, d’après le roman de Margaret Atwood (2017, mini-série, 6 épisodes)

Dans le Canada du XIXe siècle, un aliéniste américain, Simon Jordan, tente d’évaluer si Grace Marks, servante condamnée à mort (peine commuée en emprisonnement à perpétuité) pour les meurtres de son maître et d’une gouvernante, devrait être graciée. Est-elle innocente ou coupable, folle ou saine d’esprit ? (Wikipédia)

Alias Grace (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Après m’avoir attirée par un scénario alléchant, puis par des premières images qui donnent immédiatement une grande envie d’en voir plus, cette mini-série s’est révélée être un vrai régal. Elle a su me surprendre et se jouer de mes attentes. Elle a su m’indigner (en même temps, ce n’était pas tellement difficile lorsque l’on voit les injustices auxquelles sont soumises les femmes), me fasciner, me questionner.

Les images sont superbes : la lumière, les costumes, les robes, les plans sur le visage de Grace, les incroyables édredons en patchwork… C’est décidé, la couverture en patchwork rencontre dans la longue liste des « un jour, je ferai ça » (juste après apprendre à coudre…). Visuellement – comme à tout autre niveau –, c’est vraiment une réussite !

L’actrice qui interprète Grace, Sarah Gadon,  a un visage absolument fascinant : doux et mystérieux, il semble illuminé de l’intérieur et l’on doute, comme le docteur Simon Jordan chargé d’établir son innocence ou sa culpabilité, jusqu’à la fin. Elle est véritablement troublante et, si le reste de casting ne présente aucune fausse note, c’est bien elle qui confère à la série tout son sel et son intérêt.

Six épisodes tout simplement parfaits, sans la moindre fausse note. Une série qui m’a laissée fascinée et quelque peu pensive.

  1. Avatar, le dernier maître de l’air (VO : Avatar : The Last Airbender), créée par Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko (animation, 2005-2008, 3 saisons, 61 épisodes)

Prisonnier à l’intérieur d’un iceberg pendant un siècle, Aang, un garçon d’une douzaine d’années, est libéré des glaces par deux jeunes membres de la tribu de l’eau du pôle sud. Aang a une destinée hors du commun : il est l’Avatar, chargé de garantir l’équilibre entre les maîtres des quatre éléments. Ceux-ci sont répartis en quatre civilisations : les tribus de l’eau, le royaume de la terre, la nation du feu et les nomades de l’air.
Toutefois, sa tâche se complique lorsqu’il découvre que la nation du feu a profité des cent ans passés pour semer la guerre et la destruction. Et ce, pour étendre son emprise sur les trois autres peuples. Aang est le seul à pouvoir rétablir l’ordre au sein de l’univers. Néanmoins, il doit commencer par apprendre à maîtriser tous les éléments. C’est le seul moyen d’atteindre son but. (Wikipédia)

Avatar le dernier maitre de l'air (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Avatar est un dessin animé que ma sœur regardait et que j’aimais voir également, cependant, je voyais un épisode par-ci, par-là, et je n’ai jamais eu toute l’histoire. Ayant eu l’occasion (la chance, dirais-je) de mener une vie de célibataire pendant plusieurs jours ce mois-ci, j’en ai profité pour corriger ça – puisque Netflix a eu la gentillesse de les ajouter – et renouer avec mon âme d’enfant !

Et ça a fonctionné ! La maîtrise des quatre éléments est un sujet fascinant et je ne me suis pas lassée une seconde des prouesses qu’ils étaient capables d’accomplir avec l’air, l’eau, la terre et le feu. Visuellement, on en prend plein la vue, les mouvements sont tout en fluidité, il y a beaucoup de grâce et de puissance dans la danse qu’ils font avec les éléments.
Outre leurs fascinants pouvoirs, j’ai adoré découvrir les différents royaumes, les villes, voyager de la banquise aux montagnes, des marais aux volcans, faire la connaissance des gens et des créatures étranges qui peuplent ce monde. On découvre plein de cultures, de façons de vivre. Outre le ravissement pour la spectatrice que je fus, tout cela va également contribuer à l’évolution des personnages.

Bon, on reste dans un dessin animé. Globalement, les gentils sont les gentils (même s’ils vont parfois faire quelques bourdes, être jaloux ou désireux de vengeance, ils restent les gentils), les méchants sont les méchants et il y a un méchant qui va évidemment devenir gentil (mais pas forcément au moment attendu !). Toutefois les enfants mûrissent et ils vont aussi faire la connaissance de personnes qui ne sont pas toutes blanches ou toutes noires, des gens aigris, des gens qui se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment, des gens aveuglés par la tristesse. Leur long périple constitue un voyage initiatique qui leur fera connaître joie, deuil, amour, doutes, peur, amitié, jusqu’à les conduire là où est leur place.
La bande de l’Avatar est éclectique et sympathique. Elle n’est certes pas exempte de clichés, mais créateurs et scénaristes ont tout de même su par moments épaissir leur profil sans les cantonner uniquement à une facette. (Le seul épisode m’ayant insupportée au possible est celui où Katara succombe au charme de Jet, le brun mystérieux et rebelle. Grr !) Ils sont en outre entourés de toute une flopée de personnages secondaires dont certains sont vraiment géniaux (Bumi par exemple !).
(Et puis, il y a l’oncle Iroh doublé par Marc Cassot, alias la voix de Dumbledore ! En plus, il a un peu le même type de rôle : le vieux sage et pacifique, mais néanmoins extrêmement puissant, tout ça quoi.)

Emotions, humour, action. Diversités de paysages, de cultures et de caractères. Epoustouflante maîtrise des quatre éléments et combats ébouriffants. Joies et peines du quotidien. Beauté et poésie du monde. Cruauté et violences de la guerre.  Sagesse, spiritualité et philosophie. Mythes et esprits d’inspiration asiatique. Art du thé. Autant d’éléments mariés avec harmonie pour créer un dessin animé intelligent et vraiment très chouette.

(En cherchant une illustration pour la série, j’ai découvert qu’il y avait eu un film ! Je n’ose imaginer le résultat et, comme je ne veux pas corrompre les bons moments passés avec le dessin animé, voilà un film que je ne regarderai pas !)
(J’ai également découvert l’existence d’une suite intitulée La légende de Korra. Je me méfie toujours des suites, mais je pense tout de même la visionner à l’occasion.)
(Et n’oubliez pas que Adlyn du blog Un rat des villes a créé un petit challenge pour rendre hommage à cette très chouette série !)

C’est le 1er, je balance tout ! # 16 – Avril 2018

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top… Mes lectures du mois vont de simplement bonnes à excellentes pour la plupart d’entre elles. Difficile donc de dégager un top (je ne parlerai pas de Harry Potter, il est hors compétition.). We Come Apart de Sarah Crossan et Brian Conaghan arrive en tête : on en reparle bientôt mais ce roman à deux voix est tout simplement bouleversant.
Dans le registre « percutant et drôle », je ne peux pas ne pas citer Dysfonctionnelle d’Axl Cendres tandis que Zaï Zaï Zaï Zaï de Fabcaro m’a offert une belle tranche de rire absurde nichée dans une pertinente critique de notre société.
Le registre « pas drôle du tout » est quant à lui dominé par Maus d’Art Spiegelman et Le bébé et le hérisson de Matthis. Le premier est un classique de la BD, le second une pépite made in Thierry Magnier ; le premier est bavard, le second économise ses mots ; le premier aborde la grande Histoire, le second rend visite à trois enfants solitaires ; tous deux ne m’ont pas laissée partir indemne.

Côté Flop… Aucune de mes lectures ne méritent l’appellation « flop ». La moins marquante d’entre elle fut Y a pas de héros dans ma famille ! de Jo Witek. J’en attendais un peu plus, mais j’ai néanmoins passé un très bon moment avec les Dambek.

Côté challenges…

  • Coupe des 4 maisons : 2205 + 185 points, soit 2390 points pour Serpentard ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 2, soit 31/60 ;
  • Les 4 éléments : + 2, soit 8/20 ;
  • Voix d’autrices : + 6, soit 12/50.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

J’ai redécouvert le plaisir de lire Ambroisie, du bloc Celestial Musae. Qu’elle parle de Martin Eden ou des Fiancés de l’hiver – qu’elle m’a fait revivre comme si je lisais le roman – en passant par le théâtre avec Une maison de poupée, ses articles sont toujours fouillés, riches, denses. Une écriture d’émotions et de poésie, une plume à fleur de peau. Un blog vraiment pas comme les autres.

Grâce à A l’horizon des mots, j’ai ajouté dans ma WL un livre qui m’intrigue tant elle en parle avec passion autant qu’il me rebute, un roman qui clairement ne semble pas laisser indifférent : My Absolute Darling de Gabriel Tallent.

Enfin, cogitons un peu à présent avec le blog Fille d’album qui, dans un article très intéressant, propose diverses pistes de réflexion pour lutter contre les stéréotypes de genre dans la littérature jeunesse. Pertinent, complet, nécessaire.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Ils auraient pu être parmi les critiques littéraires, mais je les ai découvert avec une critique cinéma sur L’île aux chiens, le génialissime nouveau Wes Anderson, les voilà donc ici. Mesdames et messieurs, laissez-moi vous présenter… Les Jolis Choux Moustachus ! Un blog tout nouveau tout beau ! Il est écrit à six mains, pas moins pas plus, et leurs articles sont variés et passionnants. Vous aurez envie de tout voir, vous aurez envie de tout lire, mesdames et messieurs ! Hop hop hop, on va les applaudir, mieux, on va les lire !

Baptiste Beaulieu m’a vraiment émue avec cette tribune très personnelle : « J’ai fait témoigner le « lobby LGBT », celui qui m’a permis de ne pas mourir. » Je vous en recommande la lecture.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai fait mon propre granola en suivant la recette de Papilles & Pupilles et c’était délicieux ! Je suis en outre devenue accro aux flocons d’avoine. J’adore ajouter tout ce qui me tombe sous la main dans mon porridge, sucré, salé, peu importe (mais pas les deux en même temps). Je me vois donc dans l’obligation de me restreindre pour ne pas en faire mon unique repas et m’en dégoûter d’ici une semaine. (Mais c’est quand même trop bon !)

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Ta-daaam !

Ayant déménagé il y a peu, j’ai perdu tous mes repères niveau cinémas. Dans le coin, il n’y a pas vraiment de petites salles d’art et d’essai diffusant des films en VO, pas d’UGC ou de MK2 auxquels Paris avait fini par m’habituer, il a fallu aller dans un cinéma Gaumont. Et là, je me suis retrouvée face à un système particulièrement étrange à mes yeux : choisir sa place. Avant d’entrer dans la salle ! Je trouve ça bizarre avec quelque chose de prétentieux. Genre le cinéma qui se prend pour le théâtre. Et puis, normalement le choix de la place pour moi, c’est la prise en compte de plusieurs critères (distance de l’écran, inclinaison de la salle, éviter les gens, etc.) et là… Bref, ce fut une expérience très déstabilisante. Passionnante, ma vie ?

Et pour finir, je voudrais tous vous remercier car nous avons dépassé les 200 abonné.es ! De la gnognotte pour certain.es, mais énorme pour moi alors merci tout le monde !

Je vous souhaite un très beau mois de mai ! 

Tag Mon rapport à la lecture

J’ai été taguée il y a une éternité (ah non, ça ne fait que dix mois) par Ambroisie (Envole de page) dont je vous recommande les réponses poétiques, je n’ai décidément aucune rigueur sur les tags. Je suis vraiment désolée, je suis incorrigible !

La liseuse

La liseuse, Fragonard

Quel est ton rythme de lecture ?

Fluctuant.
Ça dépend de ce que je lis. Si je ne lis que des BD ou des romans jeunesse, mon rythme de lecture ne va pas être le même que si je lis un putain de pavé (comme actuellement, au cas-où vous auriez raté mes multiples remarques sur ma lecture du moment… (cf question suivante)).
Ça dépend aussi de mon humeur, du temps disponible. Je lis tous les jours ou presque, à mon rythme, j’ai besoin de la lecture, c’est mon oxygène, mais je ne m’impose rien. Et si tel jour, je ne lis que quelques pages parce que j’ai la tête ailleurs, parce que j’ai envie de jouer à Zelda, soit ! (De toute façon, si je persiste à lire dans ses conditions, mon esprit s’égare et la lecture devient superficielle et inintéressante.)

Un ou plusieurs livres en même temps ?

Ça dépend. Lire plusieurs livres en même temps ne me pose aucun problème particulier (d’autant plus s’ils sont de genres différents). Ça varie en fonction du moment, de ce que je lis… C’était tout à fait habituel avant, je le faisais moins ces derniers temps (sans doute parce que, lisant beaucoup de livres jeunesse et YA, une lecture ne me demandait pas assez de temps pour avoir le temps d’en commencer une seconde !) et j’ai recommencé à ouvrir plusieurs livres en attaquant le Dit du Genji pour m’offrir de courtes respirations au milieu de ce pavé d’une densité inhabituelle). Autre exemple, si je picore un recueil de poésie ou si je me lance dans un essai, je vais forcément avoir un roman à côté.

Papier ou E-book ?

Définitivement papier. J’ai testé la liseuse empruntée en bibliothèque pour ne pas mourir idiote, mais ce n’est clairement pas pour moi. Outre le fait que je n’aime pas la lecture sur écran (« oui, mais un écran de liseuse, ce n’est pas comme une tablette ou un ordi… » peut-être mais non), il me manque le contact avec le papier, pouvoir le toucher, le feuilleter, l’annoter parfois (ou lire les annotations de précédents lecteurs), retrouver un passage, retrouver ma page, regarder où est la fin du chapitre, l’épaisseur de la page, le poids du roman, la beauté de la couverture… Bref, papier.

Relis-tu tes livres ?

Oui ! Enfin, je le faisais et je veux encore le refaire. J’ai relu mille fois les livres de mon enfance et de mon adolescence (ah ! mes relectures annuelles d’Harry Potter, de Bottero, des Rois maudits !), mais depuis que j’ai quitté le nid, que mes moyens financiers ont un peu augmenté, que j’ai découvert les librairies d’occasion, les boîtes à livres, les cartons de livres abandonnés sur les trottoirs des grandes villes, ma PAL est devenue énorme. Et il y a les blogs ! ces tentations quotidiennes, amenant toujours de nouvelles idées de lecture. Le combo PAL + blogs a fait que j’ai relu peu de livres ces dernières années, mais ça va changer ! Il y a énormément de livres que j’ai envie de relire. Parce que je ne m’en souviens plus, pour les redécouvrir avec un œil plus âgé, pour retrouver une plume, des personnages, un univers…

Connaître la fin ne gâche absolument pas mon plaisir car je redécouvre des indices cachés, des détails, des subtilités ignorées à la première lecture. Je vous conseille d’ailleurs cette vidéo : « Vous détestez vous faire spoiler ? Vous avez tort. » Je l’ai découverte dans un « C’est le 1er » de ce mois-ci (par contre, je ne sais plus chez qui : que la concernée lève la main !) et c’est très intéressant. (Par contre, ce n’est pas une raison pour venir me dévoiler la fin d’une série (télévisée ou livresque), je suis la seule autorisée à me spoiler !)

Quel genre de livre lis-tu généralement ?

Tout. J’ai envie de dire tout sauf des romances et des polars, mais ce n’est pas exact puisque certains de mes livres favoris sont des romances (coucou Zweig, coucou autrices anglaises du XIXe siècle !). En revanche, je lis très peu de polars, je confirme.
Après… de tout. J’ai lu beaucoup  de littérature blanche pendant mon adolescence (à part quelques sagas de fantasy – HP (ah bon ?),  A la croisée des mondes, Bottero, Artemis Fowl… -, je lisais essentiellement de la littérature « adulte ». J’ai (re)découvert la littérature jeunesse et ado il y a quelques années (je crois, je n’ai pas la notion du temps qui passe), j’en ai lu pas mal et maintenant, j’ai à nouveau envie de changer, de retourner vers la littérature générale, d’aller vers la SF, quelques classiques… Voilà, je lis beaucoup de genres différents, mais ça fluctue en fonction de mes envies, du moment.

Quel est ton rapport avec ta PAL ?

Globalement, nos rapports sont bons. Ma PAL, c’est actuellement six cartons pleins (je pense que je serai morte avant d’avoir atteint le sixième), plus tous les classiques, intégrales, et autres bouquins trop beaux pour être enfermés en attendant que je leur accorde gracieusement un peu d’attention. Si je fais une moyenne en comptant le premier carton, je pense qu’elle tourne autour des 200-250 livres.
Généralement, j’aime cette manne livresque dans laquelle je peux puiser, je me délecte à l’avance des pépites que je vais y trouver. Je ne supporterais pas d’être en flux tendu, de ne pas avoir le choix immense qui est le mien actuellement. Je vois ma PAL comme une corne d’abondance : j’ai beau y piocher des livres, elle est toujours pleine. (Mais ça aussi, c’est censé changer : j’ai décidé de la diminuer un peu !)
Cependant, je suis parfois traversée par des moments d’angoisse et d’oppression face à cette accumulation de livres où j’ai envie de tout bazarder et de recommencer à zéro. Heureusement, je ne vais pas jusque-là (je le regretterai aussitôt), mais la dernière fois que j’ai ressenti ça, je m’en suis débarrassée en faisant du tri dedans, c’est-à-dire en disant adieu à quelques livres que je n’allais décidément jamais lire. Mais bon, ces passages sont relativement rares. Et j’aime ma librairie personnelle ! (Oui, les livres lus sont ma bibliothèque et ma PAL ma librairie, c’est comme ça !)

As-tu déjà eu une panne de lecture ? Que fais-tu pour t’en sortir ?

En fait, je n’ai pas de souvenirs d’une panne de lecture. J’ai l’impression de lire en continu depuis que je sais lire. Les périodes de faible lecture sont liées à un manque de temps, mais je continue de lire même si c’est à deux à l’heure.

Qu’est-ce qu’un lecteur ? 

 (Ou une lectrice. Non mais.) C’est quelqu’un qui lit, bêta ! Quelqu’un qui aime s’immerger dans une histoire, confier son esprit et son cœur à la plume d’un artiste. Qu’il ou elle lise pour découvrir des cultures et des pays, pour s’évader dans une autre dimension, pour se faire peur, pour pleurer, pour rire. Qu’il ou elle lise des romans à l’eau de rose, des polars, des essais, de la poésie… Curiosité, ouverture d’esprit, envie de connaître, de comprendre le monde et les êtres humains, empathie : ce sont les qualités que j’aimerais trouver chez quelqu’un qui lit (mais en réalité, ma naïveté n’est pas si grande et je sais que les imbéciles et intolérants sont partout…)

Voilà, la compilation de « moi, je » touche à sa fin.
N’hésitez pas à le reprendre ou à venir discuter habitudes de lecture.

Bonne journée et belles lectures !

La parenthèse 7ème art – Mars 2018

Avec le déménagement, le cinéma a disparu de mon quotidien. Je compte sur lui pour revenir dès que les choses se seront un peu posées, mais en attendant, c’est la misère. Voilà pourquoi, encouragée par Pauline du blog Histoires Vermoulues, j’ai décidé d’élargir le champ de mes chroniques et de parler également de films vus chez moi, peinarde sur mon canapé. (Je ne parlerais cependant de ceux qui m’inspirent, pas besoin de reparler de mon énième visionnage d’Hair ou d’évoquer le film un peu naze regardé pour me vider la tête.)

  1. Call me by your name, de Luca Guadagnino

 Été 1983. Elio Perlman, 17 ans, passe ses vacances dans la villa du XVIIe siècle que possède sa famille en Italie, à jouer de la musique classique, à lire et à flirter avec son amie Marzia. Son père, éminent professeur spécialiste de la culture gréco-romaine, et sa mère, traductrice, lui ont donné une excellente éducation, et il est proche de ses parents. Sa sophistication et ses talents intellectuels font d’Elio un jeune homme mûr pour son âge, mais il conserve aussi une certaine innocence, en particulier pour ce qui touche à l’amour. Un jour, Oliver, un séduisant Américain qui prépare son doctorat, vient travailler auprès du père d’Elio. Elio et Oliver vont bientôt découvrir l’éveil du désir, au cours d’un été ensoleillé dans la campagne italienne qui changera leur vie à jamais. (Allociné)

(Ils devraient faire des résumés encore un peu plus longs chez Allociné…)

Call me by your name (affiche)

Difficile, je pense, de ne pas avoir entendu parler de Call me by your name. Avec La forme de l’eau (et, dans une moindre mesure peut-être, Lady Bird), ce sont LES films de ce début d’année. Mais si le Guillermo del Toro ne m’a pas bouleversée plus que ça, je ne peux pas dire de même pour celui-ci.

Le rythme est lent et prend le temps de la mise en place pour ces personnages, ce coin d’Italie, cet été avec les stridulations des insectes et le glougloutement de l’eau. J’ai adoré me laisser emporter cette tranquillité languissante, léthargique. L’immersion est totale et les décors se montrent aussi importants que les personnages. La caméra les aime et les sublime tout au long du film : les fruits tendres, juteux et sucrés, les statues marmoréennes à la beauté immortelle, la rivière, le soleil caressant les corps alanguis… tout autant de passage pour les deux protagonistes.
Le désir et la prise de conscience de ce désir ne déboulent pas dès les premiers jours et les deux hommes vont passer un bon bout de temps à se tourner autour. Pourtant, grâce à l’intensité et la justesse du jeu de Timothée Chalamet et Armie Hammer, on ne s’ennuie pas une seconde et les regarder apprendre à se connaître, se trouver, découvrir l’amour se révèle tout bonnement attendrissant.

Les personnages sont superbes, profonds, et merveilleusement incarnés. Ils ne sont nullement parfaits – Oliver a d’ailleurs commencé par m’agacer avant de me faire changer d’avis par sa gentillesse et son amour pour Elio. Elio – tout comme son amie Marzia d’ailleurs qui m’a émue lors de son ultime apparition – est à la fois d’une grande intelligence et d’une sensibilité aiguë. Entre innocence et maturité, il est difficile de rester insensible face à lui.
Elio peut compter sur le soutien de ses parents, ce qui change de ces familles qui se déchirent face à l’homosexualité. Le père notamment se révèle magnifique. L’incroyable lien de compréhension et d’amour entre son fils et lui, sublimé dans son discours à la fin du film, est extrêmement touchant.

Pour moi, Call me by your name est une petite perle. A la fois très sensuel et pudique, c’est un film sublime, fort et juste qui transmet de belles émotions. Une réussite totale, des décors aux personnages, des acteurs au choix des plans, de la musique aux silences.

(En voulant vérifier l’orthographe du nom du réalisateur, j’ai appris qu’une suite était prévue en collaboration avec l’auteur du bouquin, André Aciman : mêmes personnages, quatre ou cinq ans après les événements de celui-ci. Le genre de projet qui me laisse un peu dubitative (et partagée parce que, d’une part, je trouve la fin parfaite et crédible et poignante, et d’autre part, parce qu’ils avaient une belle relation quand même, du coup…), mais que je serai curieuse de découvrir. Avec appréhension.)

  1. Forrest Gump, de Robert Zemeckis (1994)

Quelques décennies d’histoire américaine, des années 1940 à la fin du XXème siècle, à travers le regard et l’étrange odyssée d’un homme simple et pur, Forrest Gump. (Allociné)

Forrest Gump (affiche)

(Disponible sur Netflix)

J’arrive avec un temps de retard pour découvrir ce classique du cinéma.
Impeccablement interprété par Tom Hanks, Forrest Gump effectue un voyage passionnant et touchant. Incapable de mensonge, il est le genre de personnage véritablement attendrissant qu’il est difficile de ne pas aimer. Ce qu’il vit fait écho en chacun de nous, il appréhende la vie avec une fraîcheur et une innocence magnifiques. Imperturbable, assis sur un banc, il déroule le fil de sa vie avec un immense sérieux qui fait sourire ou qui touche, bref, qui ne laisse jamais indifférente. (En revanche, Jenny (Robin Wright), son amie, son amour secret, la femme de sa vie, est parfaitement horripilante et la façon dont elle l’utilise m’a indignée.)
La façon dont son périple est intégré à l’histoire américaine (Elvis Presley, guerre du Vietnam, hippies, Black Panthers, JFK, John Lennon, Nixon, Apple, les smileys, etc.) est réussie et divertissante. Tout en faisant le point sur ses connaissances en histoire, on s’amuse à trouver les références et de la façon dont Forrest en devient instigateur principal. Les effets visuels et trucages sont bluffants (j’avoue : je suis une quiche dans ce genre de domaine, m’impressionner n’est donc nullement un exploit).
Aventure humaine poétique et enthousiasmante, Forrest Gump mérite amplement son statut de film culte !

  1. Annihilation, d’Alex Garland

 Lena, biologiste et ancienne militaire, participe à une mission destinée à comprendre ce qui est arrivé à son mari dans une zone où un mystérieux et sinistre phénomène se propage le long des côtes américaines. Une fois sur place, les membres de l’expédition découvrent que paysages et créatures ont subi des mutations, et malgré la beauté des lieux, le danger règne et menace leur vie, mais aussi leur intégrité mentale. (Allociné)

Annihilation (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Apparemment, ce film a été jugé « trop compliqué » et « trop intellectuel » pour les salles de cinéma (françaises entre autres). Mouais. Certes, ça ne bourrine pas toutes les trente secondes, mais de là à le qualifier de « trop intellectuel », je pense qu’il y a un peu de marge. Certes, on se pose des questions et il y a moyen d’élaborer quelques théories, cependant, au final, j’ai surtout été déçue. Il y avait de l’idée, un scénario qui diverge des films de SF que l’on peut voir habituellement, des passages contemplatifs, des instants un peu malsains (plus oppressants que les moments vaguement gore) mais je n’ai vraiment pas réussi à être prise par l’histoire. Je ne sais pas pourquoi, la lenteur n’est pas un problème pour moi, mais là, j’ai trouvé que c’était beaucoup de bruit pour rien. Et la fin tombe à plat.
Quant à la team 100% féminine, oui, chouette, ça change. Mais le cliché de la fille physicienne super intelligente toute timide qui se cisaille les bras ou celui de la grande musclée forcément lesbienne… No way.
Je ne connais pas le livre d’où est tiré le film, mais j’aurais presque envie de le lire si je n’en avais pas trois mille autres en attente pour voir si c’est le film, si c’est moi, ou si c’est le livre qui coince. Dommage ! SF, Natalie Portman, héroïnes, sujets de réflexion : j’aurais aimé ne pas passer à côté !

***

Séries (ou « la section qui n’apparaîtra pas souvent »)

  1. Chasseurs de Trolls (VO : Trollhunters), créée par Guillermo del Toro (2016-, 2 saisons, en cours)

Sur le chemin de l’école, Jimmy Dulac, un adolescent de quinze ans, trébuche par inadvertance sur une amulette magique. Il découvre alors une extraordinaire civilisation secrète de puissants trolls vivant sous sa petite ville d’Arcadia. Jimmy se retrouve soudainement destiné à être le protecteur du monde des trolls et des humains. (Allociné)

Chasseurs de Trolls (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Ayant commencé cette série d’animation en pensant qu’il s’agissait simplement d’un film, j’ai été embarquée par le rythme court des épisodes (23 minutes) et par l’histoire. Certes, certains ressorts sont assez classiques : le héros qui effectue tout le parcours initiatique auquel on s’attend, le grand méchant prisonnier dans les Darklands, un petit gros comme sidekick, une belle fille intelligente comme troisième comparse, des aides et des ennemis, des ennemis qui deviennent des soutiens, des soutiens qui ne sont pas si honnêtes que ça finalement, etc. Et pourtant, j’ai bien accroché.

Tout d’abord à ce monde souterrain de trolls, changelins et gnomes. Comme dans Harry Potter, Le seigneur des Anneaux et autres récits de fantasy, c’est là toute une mythologie que je trouve toujours fascinante. La seconde saison nous fait découvrir d’autres trolls que ceux basés au Marché et ainsi élargir notre connaissance de cet univers. Je passerais bien quelques jours dans la bibliothèque de Blinky, le mentor de Jim, pour tout savoir des trolls.
Ensuite, j’ai été séduite à l’esthétisme de la série. Le physique des personnages (même si je ferai le même reproche qu’aux autres dessins animés : pourquoi seules les vieilles filles ou les méchantes peuvent-elles avoir un physique atypique ? Evidemment, l’amie ou la mère de Jim sont très jolies… et très lisses), les différentes créatures de la nuit, les lumières, les roches… C’est très beau ! L’animation est très réussie à la hauteur des studios qui ont vu naître Dragons (Krokmou passe d’ailleurs faire un petit coucou !)
Et malgré les défauts évoqués au début, les personnages n’en sont pas moins attachants et le format série permet de creuser un peu plus leur personnalité, leurs rêves et leur passé que dans un simple film. L’univers banal de l’école et de la maison est aussi important que leur vie cachée de chasseurs de trolls, tout est fouillé, exploité avec talent. Toby, Aargh !, Blinky, Strickler… inoubliables.

Les scènes d’action ne sont jamais redondantes ou inutiles, l’humour fait son apparition sans devenir lourd ou répétitif, l’intrigue est captivante (et on veut savoir la suite à la fin de chaque épisode) et l’univers fantastique créé par Guillermo del Toro est absolument fascinant : bref, une super série d’animation !

Patience à présent : la suite de l’histoire sera apparemment narrée dans une série dérivée, 3 Below, qui sortira fin 2018.

  1. Under the Dome, créée par Brian K. Vaughan, d’après le roman de Stephen King (2013-2015, 3 saisons)

Les habitants d’une petite communauté se réveillent un matin, coupés du monde et piégés dans la ville à cause d’un immense dôme transparent. Certains tenteront, de manière dissimulée, de tirer profit de cette situation inquiétante et inexpliquée, afin de prendre le pouvoir. Mais une résistance va s’organiser autour d’un vétéran de la guerre en Irak, pour empêcher ces personnes malveillantes de parvenir à leur fin. (Allociné)

Under the Dome (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Dans ma grande démarche « donner une seconde chance à Stephen King, tant à ses livres qu’aux adaptations » suite à mon coup de cœur pour Ça, nous nous sommes lancés dans le visionnage de la série Under the Dome. Je précise que je n’ai pas lu le livre.

Que dire ? La première saison et la première moitié de la seconde (à vue d’œil car, ayant enchaîné les épisodes, je n’ai pas vraiment intégré les limites de chaque saison) m’ont plutôt accrochée. Le principe est assez classique : la survie sous le dôme avec tous les problèmes auxquels nous pouvons nous attendre (nourriture et autres ressources, effritement de la solidarité, folie, prise de pouvoir, tentatives d’évasions, crimes, etc.). En dépit de l’originalité toute relative de la chose, je ne me suis pas ennuyée en découvrant le dôme et en regardant les personnages se débattre et appréhender peu à peu leur nouvel environnement.
Toutefois, la direction prise par la série par la suite n’a suscité chez moi qu’une lassitude de plus en plus abyssale. Je l’ai trouvé bâclée (ce qui est fort compréhensible étant donné qu’il s’agit d’une série annulée après la saison 3), sans intérêt, sans accroche. Du grand n’importe quoi à mon goût. Même les effets spéciaux ou l’apparence des cocons ou des nouveaux arrivants (je n’en dis pas plus pour ne pas spoiler de potentiels courageux désireux de se lancer dans un visionnage laborieux…) étaient mauvais, laids. Il n’y a aucun moment d’horreur ou de thriller, aucun passage flippant où l’on craindrait pour les personnages (d’ailleurs, ceux-ci non plus ne semblent jamais effrayés), il n’y a pas de suspense et c’était parfois usant de regarder de longues séquences interminables pour arriver à un résultat prévu trois épisodes plus tôt.

Et j’avoue avoir tout au long de la série (saison 1 à 3) été stupéfaite des choix et/ou de la bêtise, de la naïveté des personnages. Certaines réactions (ou absences de réaction) sont totalement ahurissantes. De toute façon, les personnages ne sont pas bien intéressants, il y a une fadeur généralisée qui ne fait que s’amplifier au fil des saisons. D’un côté, des Julia, Joe ou Barbie, bien sympathiques, mais trop lisses, trop gentils pour être véritablement passionnants. De l’autre, un Junior dont la tête t’annonce dès sa première apparition qu’il est le psychopathe de la série (mais c’est parce qu’il n’a plus sa maman et que son papa était méchant, vous allez vite le piger puisque c’est répété au moins cent mille fois. Au moins.)
Ouf, un personnage s’est détaché : Big Jim (le méchant papa de Junior), joué par Dean Norris (vu dans Breaking Bad également, cet acteur est parfait). Contrairement aux autres personnages, cet homme est bien plus complexe. Mégalo, égocentrique (il y a eu un moment où j’étais au bord de la crise de nerfs à chaque fois qu’il commençait une phrase par « I », c’est-à-dire à peu près toutes ses phrases), on se demande souvent dans quelle mesure il agit par amour pour sa ville – attachement qu’il clame régulièrement – ou uniquement pour sauver sa peau. Véritable salopard parfois, il est cependant capable d’actes de générosité. Bref, il oscille perpétuellement, on ne sait pas toujours que penser de lui, et j’ai eu une vraie relation amour-haine avec ce personnage.
(Parmi les personnages qui relèvent un peu le niveau, je citerai également la capricieuse Norrie (Mackenzie Lintz) – je ne la supportais pas au début, mais sa colère et sa révolte ont finalement fini par me plaire, son imperfection étant assez rafraîchissante parmi tous ces protagonistes à une seule facette – et Sam Verdreaux (Eddie Cahill), personnage parfois flou, malheureusement sacrifié dans la saison 3 – pas sacrifié dans le sens « tué », sacrifié dans le sens « lui enlever tout intérêt ».)

Pour être juste, j’ai regardé le début sans déplaisir et cette histoire de dôme avait des atouts pour me convaincre, mais le fait que cette série ait réussi à faire naître un tel ennui chez moi bien que je sois relativement bon public est un exploit que seul Dexter avait réussi jusqu’à présent.
Donc mon conseil : regardez plutôt Chasseurs de Trolls (ou la saison 2 de Désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire, j’en ai déjà parlé donc je ne vais pas recommencer mon speech, mais la seconde saison me confirme que cette série est merveilleuse !)

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (série)

C’est le 1er, je balance tout ! # 15 – Mars 2018

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Et surtout – c’est ce qui explique le peu de lecture – j’ai lu le livre 1 du Dit du Genji !

Le Dit du Genji (coffret)

Côté Top… Mes deux premières BD du mois, à savoir Polina de Bastien Vivès et Le Sculpteur de Scott McCloud, ont été d’excellentes et prenantes lectures. Toutes deux ont d’immenses qualités et la passion qui anime les deux personnages principaux ainsi que le pacte faustien accepté par le jeune sculpteur m’ont fascinée. Les dessins sont vifs et retranscrivent très bien les mouvements des artistes. Le choix du noir et blanc pour l’une et du noir et bleu pour l’autre se révèle également excellent.

Côté Flop… Elle s’appelait Tomoji fut ma plus mauvaise lecture du mois. C’est aussi une grosse déception car j’aime habituellement beaucoup le travail de Jiro Taniguchi. Cette biographie (j’ai découvert que c’en était une en arrivant à la fin du manga) m’a semblé froide et peu expressive. Elle possède un côté très descriptif qui m’a donné l’impression de ne lire qu’une succession d’années (« Nous sommes en [telle année], Tomoji a alors [tel âge]. »). Les personnages et leur histoire ne m’ont en aucune manière touchée, absence d’émotions et d’intérêt accrue par la rapidité à laquelle se lit cette histoire.

Côté challenges,

  • Coupe des 4 maisons : 2165 + 40 points, soit 2205 points pour Serpentard ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 1, soit 29/60 ;
  • Les 4 éléments : + 0, soit 6/20 ;
  • Voix d’autrices : + 0, soit 6/50.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Je vous avais parlé de mon coup de cœur pour Proxima du Centaure de Claire Castillon : je vous propose à présent de découvrir la chronique de New Kids On The Geek qui en parle magnifiquement. Sa critique contient autant de poésie et d’émotions que le roman. Si après ça, vous n’avez toujours pas envie de le découvrir, je ne peux plus rien pour vous !

Je ne sais pas si c’est un fait ou juste une impression, mais j’ai l’impression de citer notre Charmant petit monstre préféré tous les deux mois, mais qu’y puis-je si ses chroniques sont truculentes, passionnantes, enthousiasmantes, hilarantes ? Allez donc lire sa critique de Notre-Dame de Paris si vous l’avez manquée et vous verrez ce que je veux dire !

Je suis un enfant qui tue des gens : un titre absolument charmant et une totale découverte grâce à la Récolteuse de mots. Cette BD m’intrigue à 100%, elle a quelque chose de fascinant et de repoussant en même temps. En tout cas, sa chronique m’a donné envie de tenter le coup !

Mon coup de cœur pour Ça  m’a convaincue de redonner une chance à Stephen King – et ce, malgré l’ennui qu’a provoqué chez moi la série Under the Dome (mais on en reparle mercredi) – et Alec à la bibliothèque et Maned Wolf (Déjeuner sous la pluie : un autre blog que l’on croise fréquemment par ici, je jure que je ne suis pas payée pour les citer le plus possible !) m’ont convaincue que le prochain serait The Shining (même si je n’avais pas aimé le film).

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Lire les bilans mensuels de June est toujours un régal, à l’image de celui de février qui nous emmène pour un vol plein d’humour à destination de toutes les chouettes chroniques de cette super blogueuse. Embarquez vite sur June&Cie Airlines !

Je débarque avec près de deux ans de retard, mais j’ai découvert l’analyse proposée par Buffy Mars (Tout est politique) sur Harry Potter : « Entre dictature, racisme et sexisme » (partie 1 et partie 2). Elle y parle politique et sociologie et le résultat est sérieux, riche, intelligent, complet deux articles qui font réfléchir (et qui donnent envie de relire HP pour la cinquantième fois). Bonus : pléthore de sources pour approfondir le sujet.

Voilà trois mois que je suis décidée à écouter l’émission de France Culture « La compagnie des auteurs » et plus spécifiquement les quatre épisodes consacrés à J.K. Rowling. Je ne vais pas dire que c’est chose faite, mais j’ai écouté le premier avec François Comba et Jean-François Ménard hier et c’était passionnant. Ces regards, parfois nouveaux, parfois complémentaires du mien sur Harry Potter, me donnent décidément une furieuse envie de relire cette fabuleuse saga.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai lu 1/3 du Dit du Genji et j’ai fini (hier) le premier livre ! Un mois de lecture entrecoupée de bandes dessinées pour respirer un peu. Ça a été les 416 pages les plus longues de ma vie, mais entre les trois colonnes de texte par page et le style qui est ce qu’il est, j’ai eu l’impression d’en lire un millier. Rassurez-vous, ça n’a pas été que pure souffrance, j’y ai aussi pris beaucoup de plaisir, mais on en reparlera dans deux mois quand j’aurai lu les deux livres suivants !

Sinon, ma vie n’est pas passionnante : démarches administratives, peinture dans la maison et surtout code, code, et code… Eh oui, au programme de ces prochaines semaines : leçons de conduite et passage du code (et j’espère, découverte de la Bretagne).

Voilà, je vous souhaite un beau mois d’avril et de belles lectures !