C’est le 1er, je balance tout ! # 28 – Avril 2019

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Rimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Avril fut un mois de lecture avec énormément de BD ! Voilà longtemps que je n’en n’avais pas lu autant et je renoue avec plaisir avec le genre.

Romans (et un guide littéraire)

BD

Côté Top… Homo Sapienne de Niviaq Korneliussen se dégage du lot et pas uniquement car c’est mon premier roman groenlandais. L’écriture est géniale et les thématiques étaient terriblement parlantes pour moi. Côté BD, si je ne devais citer qu’une série, ce serait probablement Le Château des étoiles d’Alex Alice, ne serait-ce que pour les fabuleuses planches offertes par ces quatre tomes. (Mais j’ai aussi beaucoup aimé Ninn, Frnck et Freaks’ Squeele, mais j’en reparlerai au cours du mois de mai !)

Côté Flop… Flop est peut-être un peu dur, mais disons que ma plus grosse déception a été avec Brexit Romance de Clémentine Beauvais dont j’attendais… plus. Côté BD, la fin de L’obsolescence programmée de nos sentiments de Zidrou et Aimée de Jongh m’a vraiment laissée perplexe et nuit, je m’en rends compte avec un peu de recul, à mon ressenti de cette BD autrement très humaine et sensible.

Sinon, je compte parler de tout ça dans des chroniques (ou des mini-critiques pour la plupart d’entre eux, vous avez peut-être pu voir que ce format avait tendance à fleurir sur le blog en ce moment), sauf de Dad de Nob. Ce fut néanmoins une lecture agréable, légère et rigolote qui nous plonge dans le quotidien mouvementé d’un père célibataire et souvent malmené par ses quatre filles. C’est drôle, les personnages sont attachants bien que répondant à des stéréotypes, bref, cinq BD qui se lisent très vite et avec plaisir.

Côté challenges…

  • Tournoi des trois sorciers : 3110 + 900, soit 4010 points pour Poudlard ;
  • Voix d’autrices : + 6, soit 13/50 ;
  • Challenge de l’imaginaire : + 6, soit 22/36 (livres chroniqués, et non livres lus) ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 0, soit 44/60 ;
  • Les 4 éléments : + 0, soit 16/20.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Je ne citerais qu’une seule chronique ce mois-ci, celle d’Alberte Bly – dont je savoure chaque article (même si leur autrice nous fait languir entre deux…) – sur le roman de Johanna Marines, Cendres. Malgré une histoire d’épilogue qui a l’air un peu foireuse, ça donne quand même bien bien envie de découvrir tout ça. Accessoirement, c’est aussi une piqûre de rappel pour explorer le catalogue de Snag qu’Alberte promeut avec vigueur depuis plusieurs titres.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Fangirl : Bigre nous parle d’Ezra Miller et je ne peux qu’approuver.

Gourmandise : Nymeria parle du miel dans un joli article très poétique ; peut-être l’occasion de découvrir son blog très personnel et totalement atypique.

Jeu : Cha inaugure une nouvelle rubrique pour parler de jeux de société (et je n’ai pas souvent l’occasion d’en parler sur le blog, mais j’aime beaucoup les jeux de société), donc même si je n’ai pas grand-monde pour jouer avec moi, je ne peux qu’être enthousiaste face à une si bonne idée. En plus, elle nous parle d’un jeu avec des pirates, ce qui est tout simplement la meilleure approche pour vendre sa nouvelle rubrique.

Humour : Babitty Lapina illustre sa vie de lectrice avec Kaamelott, ce qui est à la fois très drôle et très vrai, je ne pense pas être la seule à me reconnaître dans ses choix de gifs.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Je dois avouer que cette section pour quelqu’un qui n’est pas habituée à se jeter des fleurs et qui, franchement, ne fait pas grand-chose de ses dix doigts est un casse-tête mensuel.
J’ai lu plein de BD, ce qui me manquait un peu ces derniers mois.
J’ai apprécié le soleil puis la pluie.
J’ai planté des plantes aromatiques (et ça commence à pousser à mon plus grand ravissement (j’étais sûre que tout allait mourir)) et apporté un peu de verdure dans ma maison (ce que je voulais faire depuis des siècles).
Je renoue tout doucement avec le conte et j’ai vu ce mois-ci deux fabuleux conteurs, ceux qui font partie du sommet de la pyramide de mon panthéon personnel : Pépito Matéo pour sa « Leçon de français » (un travail en cours) et Yannick Jaulin pour « Ma langue maternelle va mourir et j’ai du mal à vous parler d’amour ». Les mots dans la bouche de ces deux artistes sont des trésors, ils font rire, beaucoup, et bouleversent tout autant. La langue, l’amour, la compréhension, la transmission… Bref, c’est beau.
(Et je me rends compte que je n’ai jamais parlé d’eux sur le blog, c’est quelque chose qu’il faudrait que je corrige à l’occasion.)

Et voilà, ce bilan s’arrête là !

N’hésitez pas à venir me parler de vous et de votre mois d’avril (ou de vos projets du mois de mai) (ou de ce que vous voudrez). Après autant de « je », ça nous fera du bien !

 

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La parenthèse 7ème art – Mars 2019

(En vrai, j’ai regardé la dernière série en avril, mais on ne chipotera pas.)

Ce mois-ci, la moisson de films est bien pauvre. J’en ai vu d’autres, mais je n’avais forcément envie d’écrire dessus. J’ai aussi une grosse tendance à m’endormir devant les films en ce moment – qu’ils soient petits films français comme Se souvenir des belles choses ou blockbusters comme Avengers : Infinity War –, ce qui est particulièrement agaçant et me pousse donc à me tourner vers le format série.

Film

  1. Marie Stuart, Reine d’Ecosse (VO : Mary Queen of Scots), de Josie Rourke (2019)

Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ s’étend aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire. (Allociné)

Mary Stuart, Reine d'Ecosse (affiche)

Ce sont les actrices qui m’ont donné envie de voir ce film, mais finalement, il n’a fait que confirmer une tendance : les biopics, tellement présents au cinéma ces dernières années (peut-être est-ce ainsi depuis plus longtemps, mais j’ai l’impression qu’il en sort toutes les semaines à présent), m’ennuient profondément. Certes, l’histoire est l’histoire (même si tous les biopics ne sont pas d’une fidélité exemplaire) et ils ne vont pas réécrire la fin en décapitant Elisabeth plutôt que Marie Stuart, mais j’ai l’impression de voir toujours les mêmes scènes (notamment les sexes de sexe/viol, apparemment indispensables pour faire plus vrai). Ils semblent tous filmés de la même manière, lisse, comme s’ils étaient filmés à la chaîne, sans changement d’équipe technique, sans le point de vue personnel d’un ou d’une réalisatrice. Cependant, l’idée des lords noirs et des suivantes asiatiques dans l’Angleterre du XVIe est assez originale (irréaliste et incompréhensible à mes yeux, mais atypique).

 De même, je n’ai pas aimé l’image véhiculée de ces deux femmes, particulièrement de Marie Stuart. Les hommes de son entourage l’insultent et la rabaissent en la traitant de faible femme et toutes les joyeusetés et finalement, le portrait que le film dessine d’elle n’est guère plus glorieux. Stratège, Marie ? Solide dirigeante, Elisabeth ? Influentes, ces reines ? Ce n’est guère ainsi qu’on les perçoit, mais en femmes manipulées, malmenées et passives face aux événements. Waouh. Je suis époustouflée. Surtout par rapport à Elisabeth : régner 45 ans en faisant des fleurs en papier, c’est impressionnant. Et le film se veut féministe ?

 Le très bon jeu des actrices (notamment Saoirse Ronan qui ne m’a jamais déçue jusqu’à présent) n’a pas suffi à me faire oublier ni les longueurs ni les raccourcis et, finalement, les seuls éléments qui auront suscité un peu d’émotion chez moi sont les paysages écossais.
Je suis peut-être de mauvaise foi à cause de l’ennui que ce film a provoqué chez moi, mais je me dis que j’aurais dû lui préférer une relecture du Marie Stuart de Stefan Zweig.

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Séries

  1. Dark, créée par Baran bo Odar et Jantje Friese (2017, 1 saison, 10 épisodes)

Un enfant disparu lance quatre familles dans une quête éperdue pour trouver des réponses. La chasse au coupable fait émerger les péchés et les secrets d’une petite ville. (Allociné)

Dark (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Tiens, une série allemande ! Déjà que je ne regarde pas beaucoup de séries, c’est encore moins souvent que je me croise le chemin de nos voisins germaniques ! Après Il miraculo italien, je voyage !
Après Poupée russe, il semblerait les voyages dans le temps soient à la mode. Mais les deux séries sont très réussies, chacune dans leur genre. Là où Poupée russe était morbide mais drôle, Dark est, comme son nom l’indique, beaucoup plus sombre et pesant. Des enfants qui disparaissent, des corps qui réapparaissent des décennies plus tard, des grottes obscures, une immense forêt digne des contes de fées, un village isolé, un petit côté Twin Peaks… le décor est posé.
L’atmosphère est assez anxiogène et les personnages sont souvent torturés par leurs travers, leurs regrets ou leurs passé. Des ingrédients plein de noirceur (surtout quand tu rajoutes un prêtre mystérieux) particulièrement alléchants.
Le puzzle se met en place petit à petit, ce qui est totalement accrocheur. L’envie d’en savoir davantage, de comprendre, les révélations surprenantes révélées au compte-goutte… les réalisateurs ont soigneusement dosé leurs effets et ça fonctionne à merveille. L’intrigue se complexifie au fil des épisodes et c’est un régal.

J’ai beaucoup aimé les personnages, étonnement… ordinaires. Dans le sens, qu’on pourrait les croiser en sortant dans la rue. Et ça fait du bien. Dans les films, les séries, les personnages sont souvent particulièrement beaux (belles, car les femmes n’ont que rarement le droit à l’erreur (ou alors c’est que son physique banal ou moche servira dans l’intrigue)), particulièrement drôles ou intelligents, enfin, toujours mieux que toi (en tout cas, c’est ce que je ressens). Mais là, non. Les femmes sont belles, mais ce ne sont pas des beautés « parfaites », dans les normes actuelles ; ce sont des beautés particulières, des beautés atypiques que l’on croise chaque jour. Idem pour leurs caractères : les protagonistes ne peuvent être résumés à « méchant·e » « gentil·le ». Tous et toutes ont des défauts, des qualités, certain·es tendent vers le louche, d’autres sont globalement sympathiques, mais ils et elles sont faillibles.
Je ne sais pas si vous avez suivi ce que j’essayais laborieusement de vous dire, c’est clair dans ma tête, mais ça s’embrouille sur le clavier.

Par contre, à ce sujet, il y a un certain risque d’embrouillage à cause du nombre de personnages, sachant qu’il faut multiplier le tout par deux, voire trois, lorsque l’on retourne dans le passé. On a regardé les premiers épisodes de façon assez décousue, sans être bien immergés dedans et on s’est retrouvés quelques fois en mode « attends, mets pause, du coup, elle, c’est celle qui tient l’hôtel quand elle était petite, c’est ça ? c’est la mère de l’autre là, comment il s’appelle déjà ? le copain de la fille, tu sais ! » (il nous a fallu les trois quarts des épisodes pour retenir tous les prénoms allemands) « ah, mais du coup, elle, c’est la tante de machin vu que son père était son frère mais dans le passé ! » (En vrai, on s’y fait, mais évitez peut-être de laisser passer trop de temps entre les premiers épisodes.)
Mais il paraît que la saison 2 doit arriver prochainement, j’espère qu’elle ne tardera pas, histoire que je n’ai pas tout oublié qui est qui et qui est où quand la série recommencera.

Une série oppressante et fascinante, portée par un scénario qui tient la route d’un bout à l’autre. Vivement la suite !

  1. Sex Education, de Laurie Nunn (2019, 1 saison, 8 épisodes)

Maeve, jeune fille rebelle, seule et sans parents décide de créer un cabinet de sexologie dans son lycée avec l’aide d’un camarade de classe, Otis, fils de sexologue. Celui-ci aide alors des personnes à gérer leurs relations, alors qu’il est lui-même vierge. (Wikipédia)

Sex Education (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Troisième série que je commence alors qu’il n’y a qu’une saison. C’est très rare pour moi : généralement, j’attends qu’elle se finisse et au final, soit je les oublie, soit je vois que ça ne finit jamais et la probabilité pour que je les regarde un jour fond à toute vitesse (un exemple parmi d’autre : Orange is the New Black me semblait intéressante lorsque la première saison est sortie, mais maintenant qu’on en est à la sixième ou septième, c’est nettement moins le cas).
Du coup, pour libérer de la place dans la section « séries » de mon cerveau, j’ai plus ou moins décidé d’abandonner Outlander. J’ai tenu pendant les deux premières pour l’Ecosse (les paysages, la langue… c’était beau), la troisième m’a un peu ennuyée, j’ai vu le premier épisode de la quatrième et c’est bon, j’ai donné : les voir s’embourber dans des situations pas possibles, être séparés, être réunis, se faire violer, subir une deux trois dix tentatives de viols alors qu’ils restent en Amérique, ce n’est pas la peine. Je ne le supporterai pas une quatrième fois sans une dose d’Ecosse pour faire passer la pilule. Bye Jamie, bye Claire !

Sinon, de quoi devait-on parler ? Ah oui, Sex Education.

Ça va être court, je n’ai pas dix mille trucs à en dire. Ce n’est pas une série qui révolutionne le monde des séries, on est d’accord. On est dans un lycée, à moitié anglais, à moitié américain, avec des personnages stéréotypés : la bande fashion avec péteux et pétasses, insupportables avec tout le monde, y compris entre eux, la rebelle que personne n’aime et que tout le monde insulte tandis que toi, devant ton écran, tu ne les comprends pas du tout car ça crève les yeux qu’elle est à la fois démentiellement cool et intelligente, le gay flamboyant, le timide, etc.
Mêmes choses pour les thématiques : l’adolescence, les premières fois, l’amour, les déceptions amoureuses, les disputes entre amis…
Idem pour certaines séquences que l’on voit venir à des kilomètres (pas d’exemples, pas de spoils).
MAIS. C’était sympa quand même. Ça fonctionne. Grâce aux personnages. On s’attache à Otis, Maeve et Eric. On s’intéresse à Adam : j’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont certains protagonistes – dont lui – évoluent. On se retrouve à éprouver de la compassion et de la sympathie pour des lycéens a priori secondaires et/ou insupportables. On s’amuse beaucoup de la curiosité de Jean, la mère d’Otis (même si on est d’accord qu’on aurait aimé lui arracher les yeux si elle avait été notre mère quand on était ado ?).
C’est drôle, c’est léger, et il y a facilement de quoi passer un très bon moment à condition de ne pas avoir des attentes démesurées.
(En plus, Otis et Eric aiment Hedwig and the Angry Inch ! Quoi ? Ce n’est pas un argument ?)

  1. The Umbrella Academy, de Steve Blackman (2019, 1 saison, 10 épisodes)

En 1989, le même jour, quarante-trois bébés sont inexplicablement nés de femmes qui n’étaient pas enceintes et que rien ne relie. Sir Reginald Hargreeves, un industriel milliardaire, adopte sept de ces enfants et crée The Umbrella Academy pour les préparer à sauver le monde. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Les enfants devenus adolescents, la famille se désagrège et l’équipe est dispersée. Les six membres toujours en vie, désormais trentenaires, se retrouvent à l’occasion de la mort de Hargreeves. Luther, Diego, Allison, Klaus, Vanya et Numéro Cinq travaillent ensemble pour résoudre le mystère qui entoure la mort de leur père. La famille désunie se sépare cependant de nouveau, incapable de gérer des personnalités et des pouvoirs trop différents, sans même parler de l’apocalypse qui menace… (Allociné)

The Umbrella Academy (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Puisque je suis dans l’exploration des séries Netflix, autant ne pas passer à côté de la dernière en date. J’avoue, c’est surtout Ellen Page qui a été mon principal moteur pour lancer le premier épisode. Mais finalement, mon enthousiasme est un peu retombé.

Mettons les choses au clair : je suis complètement accro aux personnages de Klaus (aka Robert Sheehan) et Numéro Cinq (Aidan Gallagher). Ce sont les deux dont j’ai adoré chaque apparition à l’écran : le premier est irrésistiblement attachant tout en étant bien allumé (les drogues qu’il prend à longueur de temps n’y sont pas pour rien) tandis que le second est charismatique et cynique à souhait. Bref, deux personnages jubilatoires.
Et pendant ce temps, les autres m’ont globalement laissée bien indifférente (dans le sens « mourez ou vivez, ça m’est égal »). Diego est même allé jusqu’à m’irriter encore et encore (ça doit être la moustache). Et je suis la seule à avoir tiqué sur le costume de Luther ?
Quant à Ellen Page, je suis mitigée. D’un côté, elle joue très bien son rôle de fille ordinaire dans une famille extraordinaire, mais voilà, elle apparaît un peu trop terne, un peu trop ordinaire et il est donc un peu difficile de s’y attacher. En fait, elle joue trop bien son rôle.

Et l’intrigue ? J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs, je me suis périodiquement ennuyée, notamment lors de scènes répétitives de dissensions familiales et de certaines petites histoires personnelles. Et tout est un peu cousu de fil blanc : les secrets concernant Vanya n’en sont pas vraiment, on devine le rôle que doit jouer Leonard dès la première minute où il apparaît, etc. Bref, ça reste classique, malgré quelques bonnes idées.

Heureusement, je suis bon public, la BO est plutôt cool, l’esthétique est sympa, et je suis irrémédiablement fascinée par Klaus et Numéro Cinq, donc je suis prête à signer pour une deuxième saison. (De toute façon, juste pour eux, j’en veux encore.) (Sinon, une série JUSTE avec eux, ce n’est pas possible ?)

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Avez-vous vu certaines de ces séries ? Ou bien d’autres ?
Je prends aussi les bons conseils cinématographiques (même si je vais devoir attendre de récupérer le contrôle de mes paupières pour les regarder).

C’est le 1er, je balance tout ! # 27 – Mars 2019

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top… Beaucoup d’excellentes lectures ce mois-ci : Syngué sabour, Des sorciers et des hommes, Mers mortes, La constellation du chien, Simple… mais ces livres-ci ont ou seront critiqués, alors j’ai envie de mettre en avant un coup de cœur pour l’album Maman d’Hélène Delforge et Quentin Gréban.
Des mamans de tous les pays, de toutes les époques. Maman inuit, maman hippie, maman marquise ou mécanicienne, maman énervée, maman en deuil, maman femme. Des textes poétiques pour un concentré d’amour. Un ouvrage sublime porté par des illustrations pleine page d’une douceur à couper le souffle. La lumière des regards, le grain des peaux, la tendresse des postures… Le travail de Quentin Gréban illumine cet album et donne vie à toutes ces femmes et leurs enfants. Tout simplement superbe.

Quelques illustrations trouvées sur le site des éditions Mijade :

Côté Flop… Le diptyque Les Pluies de Vincent Villeminot a été une énorme déception pour moi : de nombreuses critiques élogieuses et au final, je n’ai globalement ressenti qu’un ennui prodigieux mâtiné ici et là d’agacements profonds et d’irrépressibles envies de rire.

Côté challenges…

  • Tournoi des trois sorciers : 2515 + 595, soit 3110 points pour Poudlard ;
  • Voix d’autrices : + 3, soit 7/50 ;
  • Challenge de l’imaginaire : + 13, soit 16/36 (livres chroniqués, et non livres lus) ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 2, soit 44/60 ;
  • Les 4 éléments : + 1, soit 16/20.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Kara et Kin, du blog Plumes de lune, m’ont fait baver devant le beau-livre Un voyageur en Terre du Milieu de John Howe.

La Geekosophe m’a donné envie de découvrir Une fille facile de Louise O’Neil, un roman qui semble être une vraie claque, le genre de livre que tu ne fermes pas avec désinvolture (en tout cas, sa chronique m’a remuée !).

A propos de coup de cœur, de coup de poing, bref, de livres qui nous marquent, je vous conseille encore et toujours Nous rêvions juste de liberté d’Henri Loevenbruck. Et si vous ne le connaissez pas encore, peut-être que Le Joli pourra vous convaincre de vous y plonger.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Le chant du loup n’était pas un film qui me tentait particulièrement (je ne l’ai toujours pas vu, mais je ne suis presque pas allée au cinéma ce mois-ci), mais La Tête en Claire l’a adoré et son enthousiasme est communicatif. Elle en parle d’une telle manière qu’on a juste envie d’éplucher le programme des cinémas du coin pour trouver une petite séance !

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai commencé mon nouveau contrat – un temps partiel en bibliothèque – mais c’est bien la seule chose notable du mois. Et prendre soin de ma chienne qui a eu besoin de quelques allers-retours chez le véto (mais bon, c’est normal, je ne l’ai pas adoptée pour la laisser souffrir).
Sinon, je me suis remise à lire plein de BD, ce que je voulais faire depuis un moment.

Bref.

Et vous ? Comment s’est passé votre mois de mars ?
Des lectures, des films, des expos, des projets ?

Je vous souhaite un beau mois d’avril et on se retrouve dans un mois !

La parenthèse 7ème art – Février 2019

Si j’ai vu pas mal de films ce mois-ci, je n’ai pas forcément envie d’écrire dessus. J’ai revu Le Cercle des poètes disparus, l’un de mes films préférés. Au cinéma, j’ai également vu La Mule de Clint Eastwood. J’étais partie pour écrire un petit quelque chose dessus, mais j’ai lu la chronique de La Moustache et comme elle a tout dit (et qu’elle l’a si bien dit), j’ai renoncé, mon avis aurait été inintéressant. Allez plutôt la lire !

  1.  Dragons 3 : Le monde caché (VO : How to Train your Dragon : The Hidden World), de Dean DeBlois (2019)

Harold est maintenant le chef de Berk aux côtés d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent. (Allociné)

Dragons 3 (affiche)

Complètement dingue des deux premiers films (et des dragons), j’attendais avec impatience la sortie de ce troisième opus.
A mes yeux, ce film clôture cette fantastique aventure. J’espère que les choses en seront ainsi car cette conclusion est très bien (mais quand même, les dragons…) et j’ai peur de l’essoufflement. En effet, le premier film était très bien, Harold devait convaincre son père, parfait ; deuxième film, un grand méchant qui vient compromettre le nouvel équilibre instauré sur Berk, ok, logique, il fallait bien montrer la cupidité humaine ; troisième film, un méchant encore plus méchant… vous voyez où je veux en venir ? (J’ai vu après coup que Dragons avait bel et bien été pensé comme une trilogie, c’est donc parfait !)
Si j’ai beaucoup aimé le film, que je me suis régalée, j’avoue mettre un bémol sur le scénario peu surprenant. Certes, il apporte enfin l’occasion à Krokmou de redécouvrir sa nature sauvage et à Harold de mûrir, de dépasser ses craintes adolescentes et de devenir un grand chef, bref, une belle conclusion. Mais j’avoue qu’entre le méchant encore plus méchant (finalement rapidement battu, il n’était pas si terrible apparemment) et la bande carrément lourdingue composée de Kranedur, Kognedur et Rustik, je ne suis pas comblée à 100%.

 Mais punaise, que c’est beau. L’animation est géniale, certaines scènes sont pleines de grâce, les décors sont magnifiques, le souci du détail est juste fabuleux… et pourtant, j’ai également été un peu déçue par la Furie Eclair, un peu trop lisse à mon goût. Harold a grandi (dommage que les autres personnages soient finalement assez transparents quand ils ne sont pas insupportables) et les dragons – Krokmou en tête – sont toujours aussi adorables.

Aboutissement d’une grande histoire initiatique, passage à l’âge adulte avec toutes les souffrances qu’il implique, c’est une excellente fin qui souffre malgré tout de la comparaison avec deux précédents opus quasiment parfaits.                                                                                                                   

  1. The Danish Girl, de Tom Hooper (2016)

The Danish Girl retrace la remarquable histoire d’amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l’artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. (Allociné)

The Danish Girl

(Disponible sur Netflix)

J’avais adoré ce film à sa sortie, aussi n’ai-je pas tardé à le revoir une fois mis à disposition sur Netflix. Second visionnage qui m’a confirmé le caractère tout à fait génial de ce film et la perfection de ses interprètes, l’un et l’autre s’entremêlant en parfaite harmonie.

Une merveilleuse histoire du temps (affiche)Eddie Redmayne prouve une nouvelle fois qu’il est un acteur hors pair (Netflix met aussi à disposition le biopic sur Stephen Hawking, Une merveilleuse histoire du temps, dans lequel il est tout aussi marquant). Son interprétation délicate du personnage de Lili Elbe est bouleversante (sauf quand quelques minauderies irritent un chouïa…). On oublie l’acteur pour ne voir que cette pionnière courageuse qui a voulu trouver qui elle était, être en accord avec ce qu’elle ressentait en dépit des opinions des médecins rencontrés.
Alicia Vikander, elle, joue Gerda, la femme d’Einar, l’amie de Lili, qui ne l’a jamais laissée tomber, qui l’a aimée et soutenue jusqu’au bout. Une magnifique histoire d’amour, pas niaise pour un sou. Lili a apporté avec elle des combats, des incompréhensions, de la jalousie et de la solitude pour Gerda, mais cette dernière a toujours été un pilier fiable pour Einar comme pour Lili. Bref, Alicia Vikander y est passionnée, superbe, poignante, profonde. Incroyable.

Certes, c’est un biopic classique. Mais grâce à Eddie Redmayne et Alicia Vikander, grâce à cette histoire importante, grâce à cette beauté (quel régal pour les yeux ! la lumière, les costumes, la caméra qui effleure la peau de ses sujets, les toiles, les vêtements…), c’est aussi un biopic sensible qui m’a émue.

  1. Les invisibles, de Louis-Julien Petit (2019)

Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis ! (Allociné)

Les invisibles (affiche)

Un film qui avait tout pour me plaire… et que j’ai effectivement beaucoup aimé. Les SDF ne sont déjà pas forcément un sujet dont on parle énormément (les dispositifs anti-SDF semblent montrer que l’on ne souhaite pas les voir dans les villes) ; les femmes SDF le sont encore moins. Pourtant leur quotidien est encore plus compliqué.
Cependant, ce film n’est pas aussi dur qu’il aurait pu l’être. Il rejette tout misérabilisme sans minimiser les difficultés et les horreurs d’un tel quotidien. Au contraire, il rayonne de bonne humeur et de courage. Toutes ces femmes sont inspirantes : leur vie pourrait leur donner le droit à l’auto apitoiement, mais non, elles sont pleines d’humour sur elle-même et de bonne volonté.

Lumineuses, actrices amatrices et professionnelles sont au diapason. Les premières ayant connu cette vie-là apportent beaucoup de sincérité. Elles sont d’une présence folle et, lorsque le film s’achève, c’est à regret que je les ai quittées tant j’aurais aimé savoir quel avenir les attendait. Les secondes sont impressionnantes de crédibilité et de justesse. Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena (révélée dans le génial Divines) sont fabuleuses, chacune à leur manière, discrète, grande gueule, réaliste, idéaliste, mais réellement impliquées (et je parle autant les actrices que de leurs personnages). Le travail des travailleuses sociales est sidérant et l’investissement qu’elles y mettent réellement digne d’admiration.
Le film montre les obstacles que les unes et les autres peuvent rencontrer avec beaucoup de sensibilité : sentiment d’échec, peur de l’inconnu, estime de soi en berne, savoir mettre une limite entre vies personnelles et professionnels…

Un film sérieux, intelligent, drôle, engagé qui va vous émouvoir, vous faire rire, vous indigner. Presque un documentaire, Les invisible est un film tendre et humain à voir sans aucune hésitation.

  1. Blancanieves, de Pablo Berger (2013)

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen « Blancanieves » vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable. (Allociné)

Blancanieves (affiche)

Nouveau visionnage, six ans après avoir découvert ce film lors de sa sortie en salles. Pablo Berger revisite ici le conte de Blanche-Neige d’une façon totalement captivante. Film en noir et blanc, film muet avec pour bande-son un formidable usage des airs entraînants du flamenco. Blanche-Neige au pays des toréadors : surprenant, mais réussi.
Si je désapprouve la corrida, incapable de comprendre ces distractions barbares, je ne peux m’empêcher d’être séduite par l’atmosphère vénéneuse de ce film qui reprend parfaitement les principales étapes du conte connu par tout un chacun.

Rien à redire sur le casting et les actrices principales sont tout simplement formidables. Sofía Oria joue une Carmen enfant frondeuse et maltraitée qui parvient malgré tout à trouver un peu de lumière dans l’obscurité de son quotidien injuste tandis que Macarena García est une adulte rayonnante ; impossible de rester indifférent·e face à elles. Maribel Verdú est, quant à elle, une marâtre fascinante, aussi séduisante que perfide. Cupide, elle ne se mire pas dans un miroir magique, mais dans les revues, et quand celles-ci accorde la couverture à sa belle-fille, Encarna voit rouge.

L’image est sublime, le noir et blanc souligne les ombres, caresse les visages, les illumine ou les assombrit selon les émotions qui les traversent.

Tragique, mais aussi comique, ce conte revisité s’offre un final qui nous laissera un peu amer, un peu triste. Des images magnifiques, des émotions sublimées, une narration fluide, Blancanieves est une petite pépite malheureusement trop méconnue.

  1. Une vie volée (VO : Girl, Interrupted), de James Mangold (2000)

En 1967, lors d’un entretien avec un psychanalyste, Susanna Kaysen apprend qu’elle souffre d’un trouble de la personnalité. Elle est envoyée dans un hôpital psychiatrique renommé de la Nouvelle-Angleterre et se retrouve dans un univers étrange peuplé de jeunes filles aussi séduisantes que dérangées, telle Lisa, une charmante sociopathe qui met au point avec elle une désastreuse tentative d’évasion. (Allociné)

Une vie volée

(Disponible sur Netflix)

Vu pour la première quand j’étais lycéenne, j’ai été ravie de voir ce film apparaître au catalogue Netflix. Une plongée dans l’aile des femmes d’un hôpital psychiatrique et un portrait de personnes brisées, fragilisées, paumées, qui, sans être juste des « folles », font écho aux névroses qui nous hantent tous et toutes. Elles ne sont pas présentées uniquement par le biais de leurs maladies, mais de façon humaine et réaliste.
Le parcours de Susanna est fort car elle est un personnage plus proche de nous (de moi, en tout cas) qu’une Lisa ou une Polly. On suit le labyrinthe de ses pensées entre présent et passé au fil des réminiscences et ses peurs, certaines des postures qu’elle se donne parfois, ses doutes se révèlent très parlants.
Angelina Jolie y est magnétique : j’avais été frappée par la force de son interprétation la première fois et, une nouvelle, le « charme » – jeu entre attirance et répulsion – a opéré. Son duo avec la plus discrète Susanna est captivant. Le reste du casting est à l’avenant : efficace, juste, intéressant.

S’il n’est pas parfait, Une vie volée est un film touchant sur l’amitié, sur les pertes de repères, sur le gouffre qui peut être plus près que ce que l’on croit.

***

Séries

  1. Il Miracolo, créée par Niccolò Ammaniti (2018, 1 saison, 8 épisodes)

Lors d’une descente dans la cachette d’un chef de mafia, la police découvre une statuette de Madone en plastique pleurant des larmes de sang. Ce phénomène semble inexplicable, d’autant que l’objet énigmatique entraîne tous ceux qui l’approchent dans une extase mystique et bouleverse leur vie. (Allociné)

Il Miracolo (affiche)

C’est grâce à Alberte que j’ai découvert cette série italienne. Je me suis longtemps (enfin, tout est relatif puisque la série ne comporte que huit épisodes) questionnée sur l’intrigue et la direction prise par la série, sur les personnages… avant de décider de me laisser porter puisque l’ambiance me plaisait bien. Une atmosphère pas bien joyeuse, il faut le reconnaître. Les personnages – la majorité d’entre eux – sont dérangeants, louches ou, au mieux, simplement agaçants. Les portraits ici proposés ne sont guère flatteurs : frustrations, jalousie, violences… bref, l’être humain dans toute sa splendeur.
C’est aussi un portrait de l’Italie dans lequel deux forces s’affrontent : la politique et la religion. La statuette bouleverse les convictions de chacun·e : aucun scientifique et aucun croyant ne reste de marbre devant ce miracle apparent. Des réactions diverses, parfois extrêmes, parfois indécises, mais passionnantes à observer.
Je n’ai pas grand-chose d’autre à en dire : c’est surtout une série aux images aussi belles que son scénario est sombre qui m’a fait éprouver une persistante sensation d’étrangeté et de mal-être.

  1. Poupée russe (VO : Russian Dolls), de Natasha Lyonne, Amy Poehler et Leslye Headland (2019, 1 saison, 8 épisodes)

Une femme prise au piège d’une mystérieuse boucle revit sans cesse une nuit de fête à l’issue de laquelle elle meurt… avant de se réveiller la veille, indemne. (Allociné)

Poupée russe (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Cette série est si brève – huit épisodes de 25 minutes environ – qu’il serait dommage de passer à côté. Même lorsque, comme moi, on regarde relativement peu de séries. Et je ne regrette pas ce choix, ne serait-ce pour Natasha Lyonne (que, contrairement à moi, vous aurez peut-être déjà vu dans Orange is the New Black) et son ébouriffante interprétation de Nadia.

A travers une histoire de boucles temporelles, Poupée russe aborde plein de questions sur la vie et la mort, le passé, les relations humaines, l’amitié… et d’autres choses dont je ne peux pas vous parler sans risque de spoiler. Le tout est servi par un scénario très juste et captivant et des dialogues tout aussi fins et bien écrits.
C’est intelligent et c’est aussi très drôle. Dure, la voix éraillée et le ton gouailleur d’une désabusée, Nadia n’a pas la langue dans sa poche et, caparaçonnée dans sa désinvolture, elle est irrésistible. On la découvre peu à peu dans toute son intelligence et sa complexité et c’est un superbe personnage, bourré de défauts et de qualités, réaliste et attachant, qui se dévoile au fil des épisodes. Ses tentatives pour survivre et la mort qui toujours la rattrape donnent lieu à des scènes plus cocasses que morbides.
Elle est rejointe par un autre prisonnier du temps, Alan, dont je vous laisse le plaisir de la découverte.

Une série bourrée d’humour interrogeant sur la vie et la mort (et on s’en pose des questions sur le pourquoi de ces boucles temporelles !), avec la petite touche morbide qui va bien, une réalisation impeccable (BO, lumières, personnages… rien à redire), bref, Poupée russe est un petit bijou qui se dévore en quelques heures. Ne passez pas à côté !

Qu’avez-vous vu ce mois-ci ? Des coups de cœur, des déceptions ?
Cinéma, Netflix ou autres, je prends tous les bons conseils !

C’est le 1er, je balance tout ! # 26 – Février 2019

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Rimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top… Que des bonnes lectures ce mois-ci, mais j’ai eu un vrai coup de cœur pour les trois tomes de la trilogie du Tearling d’Erika Johansen. Je les ai dévorés d’une traite et j’ai eu l’impression que chaque volume était meilleur que le précédent. Je vous en reparle bientôt dans un article consacré à cette trilogie !

 Côté Flop… Rien à signaler !

Côté challenges…

  • Tournoi des trois sorciers : 2285 + 230, soit 2515 points pour Poudlard ;
  • Voix d’autrices : + 3, soit 4/50 (merci la trilogie du Tearling !) ;
  • Challenge de l’imaginaire : + 2, soit 3/36 (livres chroniqués, et non livres lus) ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 0, soit 42/60 ;
  • Les 4 éléments : + 0, soit 15/20.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Dysfonctionnelle d’Axl Cendres compte parmi mes romans Exprim’ favoris. Si vous l’avez raté, le Joli devrait vous convaincre de le lire de toute urgence !

Babitty Lapina, du blog Histoire naturelle de bibliophiles, a écrit – en juillet 2018, je suis un peu en retard – un super article bourré d’arguments pertinents sur l’incitation qui est faite de lire les livres en anglais.

Je ne suis pas du tout Saint-Valentin. Cha’ non plus de toute évidence. L’an passé, elle nous avait bien fait rire avec son articles sur les insupportables clichés qui parsèment les romances ; elle remet ça en 2019 avec son « Hymne contre la romance omniprésente dans le young adult ». N’étant toujours pas remise du désastre des Sorcières du clan du nord, ce n’est pas moi qui vais la contredire

La Tête en Claire a illuminé mon petit cœur de fangirl en nous informant via sa chronique du troisième tome de La Passe-miroir d’une nouvelle de la plus haute importance : Christelle Dabos a terminé la rédaction du quatrième et dernier volume !

 Grâce à Alberte, j’ai découvert ce formidable projet de l’autrice Rozenn Illiano : Midnight City, le livre vagabond ! Un exemplaire unique qui va voyager de lecteurs en lectrices, sans but précis… J’adorerais qu’il tombe, par un heureux et improbable hasard, entre mes mains ! En attendant, j’espère avoir l’occasion de découvrir d’autres romans de l’autrice (même si je vais d’abord donner la priorité à ma PAL).

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Le collège de mes rêves : une pédagogie inspirée de Poudlard, ça ne vous fait pas rêver ? En plus, les maisons sont nommées d’après des créatures mythologiques, ce qui est quand même vraiment génial.

Vincent Bal crée des illustrations uniques en dessinant mais surtout en utilisant l’ombre d’objets divers et variés. Original et malin, le résultat est bluffant !

Je n’ai pas encore lu De bons présages de Neil Gaiman et Terry Pratchett, mais il va falloir corriger ça. En effet, la série qui arrive promet du lourd ! June and cie nous récapitule tout ça et ça vend du rêve !

Savez-vous d’où vient le mot « galaxie » ? Non ? Je ne peux donc que vous conseiller le dernier article du Détective des mots. On y apprend plein de choses tout en s’amusant face à sa narration toute personnelle de l’histoire du jeune Héraclès.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Nous avons profité de ce beau temps surnaturel pour découvrir de nouveaux coins bretons. Se balader sur les plages désertes avec ma chienne. Déguster un énorme beignet à Saint-Malo. Visiter le musée des beaux-arts de Rennes. Explorer Brocéliande (merci DEEDR pour le rappel) en ayant les sentiers pour nous tous seuls : avant de laisser place au soleil, la brume se faufilant entre les troncs dénudés le matin conférait aux lieux – tombeau de Merlin, fontaine de Jouvence… – une atmosphère tout à fait particulière.
Nous avons aussi découvert un petit cinéma à un quart d’heure de la maison aux tarifs plus que raisonnables : les deux premiers films vus au cinéma de l’année sont… Dragons 3 et Les invisibles ! Les films passent peu de temps et parfois bien après leur sortie nationale, mais qu’importe, je préfère largement ces petites salles très bien tenues par une équipe de bénévoles au grand Gaumont de Rennes.

Je me suis rendue à Paris. En plus d’y constater que la foule, le bruit, la pollution et la puanteur ne me manquaient pas du tout, j’y ai aussi rencontré, grâce à Babelio, l’autrice Marie Pavlenko pour son dernier roman Un si petit oiseau et visité la très chouette exposition du musée Jean-Jacques Henner, « Roux ! ». J’y découvert un peintre qui m’était totalement inconnu (fait amusant, le musée des beaux-arts de Rennes possède justement un petit tableau de lui, une œuvre qui m’aurait peut-être échappée si je n’avais visité cette expo, mais qui m’a ici tapé dans l’œil dès mon entrée dans la pièce). Je me suis offert le catalogue d’exposition et je suis ravie de cet achat qui me semble tout à fait complémentaire de l’exposition physique.

J’ai aussi trouvé un boulot en bibliothèque (argh, enfin !). Un mi-temps qui devrait être bien intéressant. Je ne commence qu’en mars, donc je ne crie pas encore victoire, je suis plutôt au stade du stress profond actuellement.

Et qu’ai-je fait à la maison ?

  • M’être remise à l’aquarelle en m’amusant comme une gamine avec le drawing gum ;
  • Avoir compté ma PAL : 148 livres (sans compter ceux qui sont chez mes parents) (sans compter non plus mes œuvres complètes d’auteurs classiques), depuis, j’en ai lu quatre, j’en ai acheté un, on m’en a offert un et je dois en recevoir deux autres, donc pour l’instant, l’opération est nulle, mais au moins, je visualise mieux ;
  • Les bibliothèques de mon village et des communes alentours sont enfin en réseau : premières réservations effectuées et déjà plusieurs listes de livres ou films à faire venir constituées (ce qui ne va pas aider mes histoires de PAL) ;
  • Jouer un nouveau jeu de société, Imaginarium, que je recommande vivement (sans grande suprise car il est signé Bruno Cathala, le créateur de deux de mes jeux favoris, à savoir Abyss et 7 Wonders Duel) ;
  • Yoku’s Island Express : premier jeu sur la Switch à être fini à 100% (victoire personnelle) ;
  • S’être bien amusée avec deux petits jeux Switch : Snipperclips et Death Squared sont des jeux de collaboration un peu prise de tête mais très sympathiques !

Conclusion : février fut étonnement agréable !

Je vous souhaite – et me souhaite également, y a pas de raisons –
un excellent mois de mars !

Et n’hésitez pas à me raconter votre mois de février, vos lectures, vos loisirs, je suis aussi toujours preneuse de conseils (films, jeux, etc.), bref, je suis curieuse !

La parenthèse 7ème art – Décembre 2018 et janvier 2019

Je sais, il n’y a plus aucune régularité dans ce rendez-vous. J’écris mes petites chroniques cinéma de temps à autre en laissant beaucoup de films de côté. Et franchement, je ne crois pas que cela va changer dans l’immédiat.

  1. Astérix : Le secret de la potion magique, d’Alexandre Astier et Louis Clichy (2018)

À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique. (Allociné)

Astérix et le secret de la potion magique (affiche)

Que dire de nouveau après ma chronique, à l’automne dernier, du Domaine des Dieux ? Pas grand-chose, il faut le reconnaître, cette critique sera donc aussi brève qu’élogieuse. En effet, si l’on retrouve les mêmes ingrédients, c’est toujours aussi sympathique à regarder. C’est drôle pour les enfants comme les adultes (tout le monde ne sera peut-être pas touché par la même chose, mais chacun devrait pouvoir y trouver son compte), les voix sont parfaites, les clins d’œil à la culture populaire – de Superman à, bien évidemment, Kaamelott – font mouche. Et comme le premier, c’est beau, c’est rond, c’est propre, c’est bien léché.
Plein de détails rappellent les BD : les attaques des Romains, les navires sans cesse coulés des pirates, les sangliers… Cependant, j’ai aimé l’idée d’en apprendre plus sur Panoramix, de découvrir son passé, de le voir s’interroger. Il n’est plus seulement le vieux sage qui prépare la potion magique et que l’on voit ici et là.
De plus, la question posée par cet opus inédit (basé sur aucune bande-dessinée) est loin d’être idiote : pourquoi ne pas partager la potion et bouter l’envahisseur romain hors de Gaule ? Même si la méthode Sulfurix n’est guère recommandable, la problématique mérite d’être posée. Et enfin, on a un vrai méchant, pas un nul ridicule, mais quelqu’un qui met vraiment des bâtons dans les roues à nos héros.
Qu’importe si l’on sait dès son apparition à l’écran qui connaîtra le secret de la potion magique, j’ai suivi avec grand plaisir les pérégrinations du druide, du guerrier et du tailleur de menhir. Et même si Sulfurix rappelle fort un certain mÔsieu Elias de Kelliwic’h, même si la voix de Serge Papagalli est telle qu’Abraracourcix s’efface derrière Guethenoc, les deux réalisateurs ont su donner vie aux personnages de la BD avec beaucoup un juste dosage d’humour et d’action !

  1. Cloud Atlas, de Lana et Lilly (alors créditée comme Andy) Wachowski et Tom Tykwer (2012)

A travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement. Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié. (Allociné)

Cloud Atlas (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Un film que j’avais envie de voir depuis sa sortie, que j’avais raté, qui m’avait par la suite souvent effrayée par sa longueur et que Netflix a finalement eu la bonne idée de proposer dans son catalogue. Bilan : une excellente surprise dont les presque trois heures ont filé à toute vitesse.
Il faut dire qu’avec un tel casting, il aurait fallu que le film soit particulièrement mauvais pour que je reste indifférente. Hugo Weaving, Jim Broadbent et Tom Hanks forment l’excellent trio de tête. Trois acteurs que j’adore, entourés d’Halle Berry, Bae Doona, Ben Whishaw, Susan Sarandon, Hugh Grant, etc. Tous et toutes jouent de multiples rôles. Déguisé·es, maquillé·es, ils et elles se transforment pour incarner leurs différentes identités à travers les siècles. Dans ce film où les hommes deviennent femmes, où les Européens deviennent Asiatiques, vice versa, j’ai pris plaisir à scruter les traits des différents personnages les plus grimés pour découvrir qui se cachait en dessous.
Ensuite, la thématique des vies successives m’a totalement embarquée. Un peu perplexe durant les premières minutes du film, le temps de comprendre qui est qui, qu’est-ce qui se passe, où sommes-nous (je ne savais absolument rien du film si ce n’est que je voulais le voir), je me suis laissée emportée par les événements qui se mettent rapidement en place (même si je ne refuserais pas de le voir une seconde fois, histoire d’appréhender le début du film en connaissance de cause). J’ai adoré me plonger dans toutes les époques, surtout les plus lointaines (que ce soit en direction du passé ou du futur) et le langage de Zachry et des siens me reste en tête depuis mon visionnage.
Au fil des siècles, de 1849 à 2321, les personnages sont confrontés aux mêmes questionnements : la liberté, le choix, l’intérêt personnel ou collectif, l’amour… Ainsi, en dépit des différences entre un marin du XIXe siècle et un survivant de 2321, en dépit des presque cinq cents ans qui les sépare, ce n’est qu’une histoire qui trouve ses racines dans un passé lointain mais malgré tout fondamental. Une lente évolution d’une même âme à travers les âges et les lieux.

Après ce film fleuve d’une richesse folle qui m’a fait voyager à travers une histoire fascinante, je serais à présent curieuse de découvrir le roman dont ce film est l’adaptation, Cartographie des nuages de David Mitchell. En attendant, je pense le revoir très bientôt tant ce fut une claque. C’est complexe, c’est beau, c’est dense, c’est un concentré de vie. Bref, j’adore.

  1. Delicatessen, de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (1991)

La vie des étranges habitants d’un immeuble de banlieue qui se dresse dans un immense terrain vague et qui tous vont se fournir chez le boucher-charcutier, à l’enseigne « Delicatessen ». (Allociné)

Delicatessen (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Ce n’est pas la première fois que je visionne ce film qui me séduit pourtant à chaque fois comme si c’était le cas. Glauque et poétique à la fois, cette ambiance peut-être paradoxale à tout pour me séduire. Si le cadre global de l’histoire reste plutôt flou – les temps sont durs certes, mais que s’est-il passé exactement ? Mystère –, la vie de cet immeuble délabré et de ses habitants est présentée avec énormément de finesse.
Plus que l’histoire – drôle plus qu’effrayante, pleine de tendresse dans un monde brutal –, c’est l’esthétisme de ce film qui me reste à chaque fois en tête. L’univers présenté est absolument fascinant et imprégné de la personnalité des créateurs du film. Un soin presque maniaque est apporté aussi bien aux images, aux objets de décor et aux costumes, qu’aux bruits et musiques, proposant ainsi une cartographie sonore du bâtiment particulièrement détaillée. C’est tout simplement enchanteur alors même qu’une teinte jaune renforce cette atmosphère malsaine, délétère, comme de fin du monde.
La galerie de personnages qui traverse le film est totalement excentrique, avec des caractères et tics poussés à l’extrême, pour un résultat surprenant et captivant. A la tête de cette troupe, Jean-Claude Dreyfus excelle dans le rôle du boucher doucereux et amoral.

Suivez donc Louison, un attachant rêveur interprété par Dominique Pinon, et plongez dans les entrailles de ce film décalé, burlesque et original, je ne vois pas comment vous pourriez le regretter !

  1. Sur mes lèvres, de Jacques Audiard (2001)

 Carla Bhem, une jeune femme de 35 ans au physique plutôt moyen et qui porte des prothèses auditives, est secrétaire à la Sédim, une agence immobilière, mais elle est payée une misère et souffre d’un manque de considération de la part de ses employeurs. Son existence triste et solitaire va prendre une tournure différente avec l’arrivée dans la société de Paul Angéli, une nouvelle recrue de 25 ans, plutôt beau gosse, mais qui n’a aucune compétence dans la promotion immobilière. Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d’amour improbable, doublée de manipulation réciproque, va naître entre ces deux marginaux. (Allociné)

Sur mes lèvres (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Pioché au hasard sur Netflix, ce film a été une belle découverte. Emmanuelle Devos joue une Carla extrêmement convaincante que l’on prend rapidement en sympathie, à l’instar de son compagnon interprété par Vincent Cassel. Contrairement à ce que le résumé Netflix laissait entendre, le sujet du handicap n’est pas vraiment central. Oui, Carla entend très mal mais avec ses prothèses, elle n’est pas totalement isolée. Au contraire, avec sa maîtrise de la lecture sur les lèvres, bien loin de la pénaliser, cette particularité se transforme en atout.
Les personnages sont au centre de cette histoire qui est surtout un portrait de deux antagonismes qui vont se rencontrer, s’apprivoiser, s’apprécier et s’influencer mutuellement. On se lie avec ces deux cabossés de la vie et on se prend au jeu, notamment lors des passages légèrement crispants de la seconde moitié. Paroles mesurées, silences, le film laisse la place à leurs émotions, les laissant éclore lentement et nous incluant dans ces moments intimistes et pudiques.
L’histoire, la mise en scène, le jeu des acteurs, tout déborde de sensibilité. Résultat : un film efficace et complètement prenant.

  1. Crimson Peak, de Guillermo del Toro (2015)

Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère qui lui délivre un avertissement : « Prends garde à Crimson Peak ». Edith comprendra, trop tard, le sens de cette mise en garde.

Crimson Peak (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Je vous le dis tout de suite : le scénario ne recèle aucune surprise. Tout est couru d’avance et les « révélations » comme la fin peuvent être décelées bien avant cette dernière. Ce n’est donc pas pour l’histoire que l’on reste devant ce film jusqu’au bout.
En revanche, ce qui est plus fascinant, c’est l’univers victorien sombre et morbide, où les longues robes s’imbibent de sang, où des fantômes décharnés hantent les couloirs et les recoins, où les pièces délabrées murmurent d’abjects secrets. Superbement omniprésent, le décor – le manoir de Crimson Peak – est impressionnant : le lieu est encore habité par sa grandeur passée en dépit des éléments qui semblent se déchaîner contre lui comme pour réduire à néant ce théâtre d’indicibles événements. Les couleurs sont superbes : chaudes et pleines d’espoir en Amérique, elles deviennent glacées et désespérantes une fois de l’autre côté de la mer. Bref, c’est magnifique.
Une Jessica Chastain excellente, aussi séduisante que démente, et un Tom Hiddleston ambigu achève de transformer cette romance vénéneuse en un agréable moment de cinéma.

***

Séries

  1. Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire (VO : Lemony Snicket’s A Series of Unfortunate Events), créée par Daniel Handler, Mark Hudis et Barry Sonnenfeld (2017-2019, 3 saisons, 25 épisodes)

Le comte Olaf cherche par les plus vils moyens à dépouiller les trois orphelins Violette, Klaus et Prunille de leur héritage. Les enfants doivent se montrer plus malins que lui, mettre en échec ses plans tordus et le reconnaître sous ses pires déguisements, afin de découvrir la vérité sur le mystérieux décès de leurs parents. (Allociné)

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (série)

(Disponible sur Netflix)

J’ai déjà écrit une chronique relativement complète sur ce que je pensais de cette saga livresque et de la nouvelle série qui en a été tirée, mais à présent que la dernière saison est sortie, je ne peux m’empêcher de vous la conseiller une nouvelle fois.

Trois saisons, 25 épisodes, c’est vite regardé après tout, surtout face à une telle qualité. A y réfléchir, c’est rare qu’une série m’emballe à ce point du début à la fin (en même temps, je ne regarde pas beaucoup de séries, je vous l’accorde) : généralement, je trouve toujours quelque chose à redire. Là, mon enthousiasme ne retombe pas et je me suis sentie bien seule une fois le dernier épisode visionné.
L’histoire ? Fantastique. Délicieusement grinçante, sombre et drôle à la fois. Comme celle des livres, l’atmosphère de la série est à la fois tragique et colorée, poignante et hilarante, absurde et ridicule.
Le casting ? Impeccable. Olaf (Neil Patrick Harris) est fascinant et irrésistiblement attachant surtout lorsque la troisième saison nous dévoile enfin son humanité – un peu perdue certes –, ses faiblesses, ses doutes, ses désirs enfantins d’être aimé ; décidément, ce personnage aussi machiavélique que pathétique me touche terriblement. Le jeu des trois enfants/adolescents (Malina Weissman pour Violet, Louis Hynes pour Klaus et Presley Smith pour Sunny/Prunille) est sans reproche : s’ils sont tous les trois à la mesure de leur personnage, Sunny est tout simplement géniale et adorable d’un bout à l’autre de la série. Mais les acteurs et actrices sont parfait·es quelle que soit leur importance dans la série.
Les révélations ? Bel et bien présentes ! Celles et ceux qui ont lu les livres partageront sans doute ma frustration face aux nombreuses questions laissées sans réponse (« mais qu’y a-t-il dans ce foutu sucrier ?! ») et là, Daniel Handler alias Lemony Snicket nous fait le plaisir de nous révéler de nombreux détails. Non seulement sur le sucrier (mais est-ce la vérité ?…), mais aussi sur VFD : son passé s’éclaire, le schisme nous est expliqué grâce à des flash-backs totalement absents des livres. De la même façon que les actions des membres de la mystérieuse organisation (Jaquelyn Scieszka, Jacques et Kit Snicket, Larry…), que l’on suit parfois dans la série, nous étaient dans les livres aussi inconnues qu’elles l’étaient pour le trio.
Seul reproche : pourquoi le treizième livre a-t-il été adapté avec un épisode au lieu de deux, à l’instar des douze précédents ? pourquoi nous priver de cinquante minutes de plaisir ? (Non mais !)
La photographie ? Sublime. Les couleurs, les costumes (surtout les déguisements loufoques d’Olaf et les tenues « in » paraît-il d’Esmé), les décors, les accessoires… tout émerveille le regard. Trop de détails à observer, trop de belles scènes sur lesquelles on voudrait s’attarder, c’est une réussite.

Le générique – qui reste en tête – nous dit de regarder ailleurs, mais surtout n’en faites rien. Ce serait passer à côté d’une série tout simplement fabuleuse !

Et vous, qu’avez-vous vu de chouette ces derniers temps ?
Je mets souvent longtemps avant de voir les films, mais je suis toujours preneuse de bonnes recommandations, alors lâchez-vous !

C’est le 1er, je balance tout ! # 25 – Janvier 2019 + Petit bilan 2018

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top… La Maison dans laquelle de Mariam Petrosyan est sans aucun doute ma meilleure lecture du mois niveau roman. Un huis-clos et un monde immense en même temps, un texte complètement envoûtant, une lecture que j’ai savouré après l’avoir fait mijoter pendant un an.
Côté comics, j’ai fini la lecture des intégrales de Preacher de Garth Ennis et Steve Dillon. Un Dieu qui a abandonné le paradis, un prêcheur habité par une puissance supérieure née d’un ange et d’une démone, une fille qui tire plus vite que son ombre, un vampire irlandais, du sang du sang et des tripes en veux-tu en voilà, je vous reparle de tout ça prochainement.

Côté Flop… La palme est remportée par Méfiez-vous des enfants sages de Cécile Coulon. Après avoir adoré Le rire du grand blessé (ma chronique arrive un de ces jours), je me suis plongée avec enthousiasme dans cette nouvelle lecture… pour rapidement déchanter. L’histoire m’a laissée de marbre, les personnages ne m’ont pas touchée bien qu’ils ne soient pas inintéressants, j’ai l’impression d’avoir raté quelque chose.

Côté challenges…

  • Tournoi des trois sorciers : 1915 + 370, soit 2285 points pour Poudlard
  • Crazy Christmas : 2 livres lus, fin du challenge (mon score minable n’est pas une surprise : deux mois est un délai bien trop court pour moi qui aime laisser venir les lectures selon les envies du moment et non selon un programme bien établi) ;
  • Voix d’autrices : + 1, soit 1/50 ;
  • Challenge de l’imaginaire : 1/36 (j’ai lu plusieurs livres relevant de la SFFF, mais pour l’instant La Maison dans laquelle est ma seule lecture chroniquée) ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 0, soit 42/60 ;
  • Les 4 éléments : + 0, soit 15/20.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Histoire naturelle de bibliophile, alias Babitty Lapina, m’a donné envie de me replonger dans Les Annales du Disque-Monde de Terry Pratchett. J’en avais lu quelques-uns avant de progressivement arrêter mon exploration de cet univers loufoque et génial. Je reprendrais un jour, c’est presque certain, quand ma PAL aura diminuée (parce que, oui, ça arrivera un jour).

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

La Moustache (des Jolis choux moustachus) m’a impressionnée avec une belle et sensible chronique du film Dans la cour de Pierre Salvadori. Le film saura-t-il me toucher autant que ses mots ?

Si les essais vous font peur, allez donc lire Ada (La Tournée de livres). Son article sur « Comment lire des essais ? » est à la fois déculpabilisant et incroyablement motivant.

Callmeluh m’a appris que les livres de Leigh Bardugo – l’autrice de Grisha, Six of Crows et Le Chant des roncesvont être adaptés par Netflix. Si je redoute le résultat (je pars toujours très sceptique pour les adaptations), il n’empêche qu’il va falloir que je me mette un coup de pied aux fesses pour lire Grisha et Le Chant des ronces (qui m’attend dans ma PAL depuis Noël).

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Et si on zappait cette catégorie dans laquelle je n’ai rien à mettre pour parler de mes espoirs concernant la lecture pour cette nouvelle année ? Parce que j’ai un peu la flemme de faire une vraie rétrospective de l’année passée en fait…

Mes meilleures lectures de 2018 en images :

The Weight of WaterWe Come ApartSandman
Les Carnets de Cerise, T5 – Watership DownShining
Les Cancres de RousseauLe Sommet des dieux – Autobiographie d’une courgette
Dans la forêtJe suis ton soleilJe suis une légende
Le HobbitLe SilmarillionLe Seigneur des Anneaux (oui, j’aime Tolkien)

Et puis, il y a eu Le Dit du Genji de Murasaki-shikibu. Un roman énorme, pas évident au début, mais captivant une fois lancée, une lecture longtemps repoussée (le temps de me faire à l’idée sans doute), mais dont je suis assez fière et qui m’a procurée un immense plaisir.

Le Dit du Genji (couverture)

Sinon, j’ai jeté un coup d’œil sur les espoirs livresques que j’avais annoncé pour 2018 et le bilan n’est pas terrible.

1er espoir :
Vider un peu ma PAL, notamment en sortant quelques pavés qui, pour certains, traînent depuis trop longtemps : Le Dit du Genji (Murasaki Shikibu), La mer de la fertilité (Yukio Mishima, intégrale), La maison dans laquelle (Mariam Petrosyan), Americanah (Chimamanda Ngozi Adichie), Les Misérables (Victor Hugo).

J’ai un peu vidé ma PAL certes, mais essentiellement en donnant beaucoup de livres que je n’aurais probablement jamais lus. Cependant, j’ai tout de même lu Le Dit du Genji et La Maison dans laquelle, c’est un début (tous les autres restent donc d’actualité…).

2ème espoir :
Découvrir de nouvelles autrices, à commencer par Daphne du Maurier, Margaret Atwood et Carol Ann Duffy…

Sur les trois autrices citées, je n’ai lu que Margaret Atwood avec son C’est le cœur qui lâche en dernier (qui ne m’a pas vraiment emballée). Sinon, je n’ai pas tenu le compte, je pense que les hommes sont toujours les plus présents dans mes lectures, mais les femmes n’y sont pas invisibles pour autant.

3ème espoir :
Que la littérature jeunesse que j’aime d’amour laisse un peu la place aux bandes-dessinées, aux romans en anglais et à la littérature vieillesse (qu’elle soit blanche, fantasy ou SF).

Sans avoir tenu de statistiques précises (j’ai essayé, puis je me suis emmêlée les pinceaux et j’ai laissé tomber), je pense que le bilan était bien partagé entre littérature jeunesse et vieillesse et je suis très satisfaite de mes lectures de l’année (sauf question romans en VO, là, seule Sarah Crossan a eu toute mon attention).

4ème et dernier espoir :
Lire quelques classiques en continuant Les Rougon-Macquart ou en découvrant Steinbeck par exemple.

Rien de rien, néant, nada, je n’ai rien lu, les classiques ont été snobés en 2018.

Bref, la conclusion ? Je suis complètement nulle pour tenir des résolutions (c’est bien pour ça que je n’en prends jamais), mais je vais tout de même me pencher sur les souhaits pour cette année. Je veux :

  • Continuer à vider ma PAL ;
  • Lire plein de SFFF ;
  • Lire plus de BD, romans graphiques, voire comics (maintenant que les bibliothèques de ma région se sont mises en réseau, le choix va être plus intéressant) ;
  • Me faire plaisir et lire au rythme que je veux sans me mettre la pression, peu importe si j’en lis cinquante ou cent cinquante (sauf que ma PAL diminuera plus vite dans un cas que dans l’autre, mais on verra bien).

Quelques livres que j’aimerais lire en 2019 :

  • Les Misérables, de Victor Hugo
  • La mer de la fertilité (4 tomes), de Yukio Mishima
  • Americanah, de Chimamanda Ngozi Adichie
  • Apple and Rain, de Sarah Crossan
  • Deux Rougon-Macquart, d’Emile Zola
  • Les Royaumes crépusculaires (intégrale), de Mathieu Gaborit
  • Des sorciers et des hommes, de Thomas Geha
  • La horde du Contrevent, d’Alain Damasio
  • Contes et légendes inachevées, de J.R.R. Tolkien
  • Finir ma relecture de la trilogie des Fourmis, de Bernard Werber
  • Grisha (3 tomes) et Le Chant des ronces, de Leigh Bardugo
  • Le nom du vent, de Patrick Rothfuss
  • Ne suis-je pas une femme : femmes noires et féminisme, de bell hooks

Pour finir, je vous souhaite de belles lectures et n’hésitez pas à venir discuter de vos lectures du mois, de l’année, de vos espoirs secrets pour 2019, de vos envies de lectures communes (je ne suis pas très douée pour planifier des lectures, mais ça peut se faire quand même évidemment), de ce que vous voulez !