C’est le 1er, je balance tout ! # 6 – Juin 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

 Petit mois de juin, mais j’ai bien l’intention de me rattraper en juillet !

 

Pas de flop ce mois-ci mais des top en veux-tu en voilà !
En premier lieu évidemment La mémoire de Babel de Christelle Dabos ! J’ai également relu le tome 2 de La Passe-Miroir et décidément, quel bonheur, cette saga ! (Les gens intelligents ont relu les tomes précédents en mai pour pouvoir se jeter sur le 3 le 1er juin, mais évidemment…)
Restons dans les sagas avec ma relecture d’Illuminae, tome 1 : Dossier Alexander, avant de me jeter sur le Dossier Gemina. Amie Kaufman et Jay Kristoff ont encore frappé fort avec ce second tome très réussi (malgré les légers bémols expliqués dans ma chronique).
Enfin, deux découvertes. La première avec Sandman du talentueux Neil Gaiman. Une totale nouveauté pour moi qui ne suis nullement attirée par les comics, mais Sandman a su me séduire par ses personnages, son histoire et même ses dessins (car le graphisme des comics est l’un des éléments qui me rebutent le plus). Je ne comptais pas me lancer tout de suite dans la suite de la série, mais changement de plan puisque mes gentilles collègues m’ont offert l’intégrale 2 pour mon départ ! (Et pour être franche, je meurs d’envie de tous les avoir avec leurs magnifiques couvertures…). Seconde découverte avec C’est juste un film d’Earl Lovelace, auteur trinadien, une lecture immersive qui m’a fait découvrir cette petite île à travers une multitude de portraits hauts en couleurs.

Concernant les challenges sur le blog, j’ai doucement avancé.
– Deux chroniques pour le Challenge de l’été avec Illuminae et Sandman.
– Trois nouvelles consignes validées pour Les Irréguliers de Baker Street, soit… 8/60 :

  • La Figure Jaune (lire un livre dont la couverture est à dominante jaune) : C’est juste un film ;
  • Les Trois Garrideb (lire le troisième tome d’une saga) : La Passe-Miroir, T3, La mémoire de Babel ;
  • La Deuxième Tache (lire le deuxième tome d’une saga) : Illuminae, T2, Dossier Gemina.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Commençons par deux chroniques atypiques :

  • Celle d’Histoires vermoulues concernant Eugène Onéguine de Pouchkine et Songe à la douceur de Clémentine Beauvais: il s’agit, je pense, de l’une des meilleures critiques en vers – critique croisées de deux œuvres en plus – que j’ai pu lire, ça a été un véritable plaisir de la lire, je la trouve incroyablement réussie, alors, encore une fois, bravo !
  • La seconde sera celle de Saiwhisper sur le Dossier Gemina : elle nous a fait un véritable rapport semblable à ceux du roman et c’est un régal de lire une chronique aussi enthousiaste et originale !

Parlons ensuite d’un tir groupé sur un même roman, The Glass Magician de Charlie N. Holmberg, démonté avec énormément d’humour par Charmant Petit Monstre, Le Brocolis de Merlin, Le petit monde d’Isa et June & Cie (qui est un petit peu moins dure et lui accorde quand même quelques qualités).

Deux autres chroniques pour finir :

  • Celle de La viduité sur Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey: ça faisait un moment que ce livre – signé par l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou – me faisait de l’œil et sa chronique m’a rappelée que je ne dois surtout pas oublier de le lire à l’occasion ;
  • Celle d’Ambroisie à propos de Dracula de Bram Stocker: dans sa chronique, toujours aussi riche et bien écrite, elle regrette la misogynie et le paternalisme du roman, un aspect qui m’a intéressée et dont je n’ai aucun souvenir (je dois dire, à ma décharge, que je l’ai lu vers 12 ou 13 ans et que mon féminisme n’était pas encore très développé).

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

J’ai essayé de décrocher un peu de mon ordinateur (et je pense que je vais continuer dans cette voie en juillet) et je n’ai pas tellement traîné sur le net. Par conséquent, je n’ai aucune découverte géniale à partager avec vous. Je vais donc vous parler… de livres.

Je suis totalement d’accord avec l’article de Plume de Soie sur la romance omniprésente pour le meilleur et surtout le pire. La romance est un passage presque obligé qui commence à m’irriter. Certes, certaines romances sont adorables (je pense évidemment à Ophélie et Thorn qui me font fondre comme une midinette), mais pour une histoire d’amour intéressante, combien d’autres totalement inutiles ?

Ensuite, un tag pointe le bout de son nez (enfin, il est peut-être vieux, mais je ne le découvre que maintenant) : le tag 100% féministe. Evidemment, c’est le genre de titre qui va tout de suite attirer mon attention et je peux remercier Lupiot d’Allez vous faire lire, Tom de La Voix du livre et Le Brocolis de Merlin pour l’allongement de ma wish-list suite à leurs réponses très intéressantes.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Euh… J’ai enfin répondu au tag Liebster Award ? Je me suis inscrite à Livraddict pour pouvoir participer au Challenge de l’été ? Non, j’ai dû faire quelque chose de mieux… Mais je ne vois pas. C’était un mois banal. Boulot, métro, dodo. Et en écrivant ça, je réalise que c’est vrai et que c’est horrible et qu’il faut au moins que je raye le métro de ma vie en quittant Paris (quoi, monomaniaque, moi ? Non, ab-so-lu-ment pas !).
Ah si, je suis enfin retournée au théâtre, ça faisait au moins une éternité que je n’y étais pas allée ! Je suis allée voir Le Cercle des Illusionnistes et je vous la recommande vraiment. C’est une pièce écrite et mise en scène par Alexis Michalik, également créateur du magique Porteur d’Histoire (que j’ai vu deux fois sans me lasser) et, si j’ai une préférence pour cette dernière, la magie opère à nouveau. Le principe est le même : quelques comédien.nes, quelques pièces de costumes, quelques éléments de décors, et c’est parti pour un voyage dans le temps. De nombreux rebondissements, de la poésie, et, à la fin, la boucle se boucle. Il faut juste se laisser embarquer par le texte, par le jeu, par l’histoire.

 

Voilà, c’est fini pour ce sixième « C’est le 1er » préparé un peu à l’arrache le 30 juin après-midi. Et c’est avec une pensée pour Simone Veil, une femme extraordinaire qui a tant fait pour la condition féminine, que je vous souhaite un beau mois de juillet à tous et de belles lectures !

Illuminae, tome 2 : Dossier Gemina, d’Amie Kaufman et Jay Kristoff (2016)

Illuminae, tome 2 (couverture)Cette fois, j’ai été plus maligne qu’avec La Passe-miroir, j’ai relu le tome 1, Dossier Alexander, avant la sortie du Dossier Gemina pour me jeter sur celui-ci dès le 21 juin ! Ma relecture a été un vrai bonheur et j’ai à nouveau été glacée par les terribles ravages du virus Phobos et fascinée par AIDAN.

Tandis que Kady, Ezra, AIDAN et les autres filent à toute allure vers la station de saut Haimdall, ils ne se doutent pas que celle-ci est attaquée par un escadron d’élite de BeiTech. Ceux-ci prennent rapidement la situation en main, mais Hanna Donnelly, fille du commandant responsable de la station, passionnée de mode mais aussi d’arts martiaux, et Niklas Malikov, membre de la mafia locale, vont leur mettre des bâtons dans les roues. Mais les mercenaires ne sont pas les seuls dangers présents sur la station.

En découvrant le résumé, j’ai eu un peu peur de la redondance par rapport au premier tome. Certes, il y a quelques aspects répétitifs entre les deux volumes (les deux couples qui, au début du moins, ne sont pas sur la même longueur d’ondes – Kady et Ezra car ils venaient de rompre, Hanna et Nik parce qu’ils ne vivent pas du tout dans le même milieu social –, la menace insidieuse du virus puis des laminas), mais les auteurs ont quand même su se renouveler suffisamment. Toutefois, j’ai d’autres reproches à faire à ce second tome.
Dossier Alexander nous plongeait directement au cœur de l’invasion de BeiTech sur Kerenza et nous faisait découvrir Kady et Ezra au milieu de l’action. En revanche, Dossier Gemina prend davantage son temps pour introduire Hanna, son caractère, ses relations avec Nik, son père ou encore Jackson Merrick, elle nous présente aussi la station Heimdall via son journal. Autant le premier tome m’a immédiatement happée, autant il m’a fallu une centaine de pages pour être vraiment dans celui-ci.
Il m’a ensuite semblé qu’il y avait une moins grande variété dans les documents constituant l’histoire. On trouve majoritairement des résumés de vidéosurveillance pour faire avancer l’action (ainsi que du chat). Or, ces retranscriptions sont les moins originales, elles sont moins marquantes visuellement et, finalement, ce sont simplement des récits avec un narrateur omniscient qui commente les faits et gestes des protagonistes.
Enfin, je l’ai trouvé moins visuel que le premier tome. Je suis encore hantée par la vision de cette petite fille traînant son cœur humain comme un nounours ou par leurs « Arrête de me regarder ». J’ai des images très fortes liées au Dossier Alexander. Pas avec le Dossier Gemina. Déjà parce que j’ai eu du mal à imaginer, à visualiser les laminas (des bestioles mortelles élevées par la Maison des Couteaux, la mafia locale, qui se sont échappées et se baladent dans les tuyaux d’aération). J’ai plus ou moins fini par définir leur apparence dans mon esprit, mais je n’en suis pas satisfaite et je ne suis jamais parvenue à véritablement leur donner vie.

Cependant, j’ai quand même passé un excellent moment et ma déception reste légère ! (J’insiste là-dessus, j’ai commencé par les points négatifs, mais j’ai quand même été happée par ce roman et je les conseillerai toujours mille fois !)
La forme du roman est toujours aussi originale et plaisante à lire. J’ai notamment apprécié le journal de Hanna (papier contrairement à celui de Kady) et le petit côté manga de ses dessins ainsi que le trombinoscope de l’escadron BeiTech progressivement barré au fil des morts.

Le changement de décor est agréable. La présence du trou de ver donne l’impression d’être sur un fil où tout peut dégénérer en un clin d’œil. La théorie du multivers est aussi abordée. Je ne sais pas si elle sera réutilisée par la suite, mais c’était bien amené et j’ai adoré la double narration qu’elle permet sur quelques pages.

Illuminae T2 6

Les personnages sont une nouvelle fois efficaces et on s’y attache rapidement. Hanna, cette fille pas aussi superficielle qu’elle en a l’air, courageuse et décidée malgré toutes les pertes qu’elle connaît. Nik, fort sympathique également. Je mets toutefois un bémol sur la romance, mignonne certes mais malheureusement trop prévisible. Ma préférence va, de toute façon, à Ella, la cousine hackeuse et battante du héros. (Et j’ai retrouvé AIDAN avec plaisir, diminué mais toujours tentant de comprendre les humains ! Et toujours drôle.)
Enfin, on retrouve les ingrédients d’une aventure survoltée : la tension liée à la traque, le jeu entre proies et prédateurs (qui s’inverse parfois), le rythme (car, malgré ce début un peu moins prenant, on se retrouve vite embarqué dans une course folle), l’émotion, l’humour, l’horreur parfois. Des révélations aussi ainsi que des retournements de situation !

Certes, le Dossier Gemina est à mon goût un peu en-deçà du Dossier Alexander, mais ça reste malgré tout une lecture géniale ! Je n’ai pas lâché mon livre, j’ai été happée par cette histoire, bref, c’est addictif ! Donc n’hésitez pas ! Le plus dur reste à venir : il faut maintenant attendre l’année prochaine pour découvrir l’ultime volume, le Dossier Obsidio !

« Vue de l’extérieur, la station est fabuleuse. Rien ne trahit les drames qui s’y déroulent. Ni impact de balle, ni cadavre, ni tache de sang sur les murs. Une ville circulaire en constante révolution autour d’un trou scintillant au bord de l’univers. »

« Rêver l’impossible : une quête de chaque instant. »

Illuminae, tome 2 : Dossier Gemina, Amie Kaufman et Jay Kristoff, illustré par Marie Lu. Casterman, 2017 (2016 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Australie) par Corinne Daniellot. 670 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – La Deuxième Tache : 
lire le deuxième tome d’une saga

Sandman, volume 1 (intégrale) de Neil Gaiman (1989-1996)

Sandman(couverture)Si vous me suivez régulièrement, vous savez tout le bien que je pense des romans de Neil Gaiman – au cas où : je les adore –, il fallait donc que je teste ses talents dans un autre genre, les comics. Je précise que je suis totalement inculte en matière de comics pour deux raisons (et sans doute pétrie de présupposés, je l’avoue) : la principale étant que je n’accroche pas aux dessins que je trouve (de ce que j’en ai vu) globalement lisses avec cette colorisation très unie et la seconde étant qu’il y en a trop, tout simplement, et que je n’ai pas particulièrement envie de me jeter dans cet univers sans fin. Ce sera donc une critique de néophyte. Venons-en à ce Sandman que je craignais de ne pas aimer (spoiler : J’AI AIMÉ !)

Sandman, Morpheus, Kai’ckul, quel que soit son nom, est un Infini, Seigneur du Songe et Maître des Rêves. En 1916, il est capturé par des petits magiciens qui visaient sa sœur, la Mort pour l’empêcher de nuire. Pendant soixante-dix ans, il est retenu captif jusqu’à ce que ses geôliers commettent une erreur, lui permettant de s’évader. A travers les rêves et les cauchemars des hommes, il retourne mettre de l’ordre dans son royaume, laissé à l’abandon depuis sa disparition.
Cette première intégrale comprend les recueils « Préludes & Nocturnes » (9 histoires) et « La Maison de poupées » (7 histoires).

Sandman 2

Sandman est à la frontière du fantastique et de l’horrifique (avec une pointe de super-héros) et on retrouve bien la touche Gaiman dans des scènes particulièrement angoissantes, glauques et morbides (voir l’histoire « 24 heures » avec Docteur Destin, alias John Dee, un fou échappé d’Arkham qui joue avec l’esprit, les pulsions et les folies des habitués d’un café ou « Collectionneurs » qui nous plonge dans une convention de tueurs en série).
Au milieu de l’action et de la vengeance, de l’horreur et du sang, « Le bruit de ses ailes » (chapitre n°8) est une histoire d’ambiance, calme et douce dans laquelle Sandman suit sa sœur, la Mort, une attachante jeune femme, à la rencontre des récemment décédés.
Toutes les histoires ne se valent pas et certaines sont plus prenantes que d’autres. On sent parfois des différences de ton, d’ambiance comme si Neil Gaiman cherchait sa voix dans les premiers chapitres. La première histoire a été particulièrement difficile à suivre pour moi car elle présente beaucoup d’éléments et paraît un peu brouillonne, mais une fois passée, on sait où on va, qui est qui, et la lecture devient fluide (j’y suis même revenue un peu plus tard et elle m’a semblée beaucoup plus claire !). Gaiman enchâsse les récits, introduit de nouveaux personnages – toujours plus originaux – et ne perd jamais son lecteur. Et confirme une nouvelle fois son talent de conteur.

Sandman 4

Je craignais le graphisme, mais mes inquiétudes se sont révélées infondées. Les dessinateurs de Sandman proposent ici une œuvre plus sombre et plus riche que l’idée que je me faisais du dessin de comics. De plus, je trouve assez agréable l’homogénéité du style en dépit des changements de dessinateurs. J’ai particulièrement eu un coup de cœur pour les couvertures de chaque chapitre qui présente des personnages à travers des portraits oniriques et torturés.

Et je dois dire qu’il m’intrigue, ce Sandman. On le découvre peu à peu. Son caractère, attachant même s’il ne fait rien pour – il est consciencieux au possible, il ne se déride jamais (si, il rit une fois dans ce volume), il est austère (personnellement, il m’a beaucoup rappelé Thorn, pour les lecteurs et lectrices de La Passe-Miroir…). Son passé – « Contes dans le sable » raconte ses amours malheureuses avec une reine africaine tandis que « Hommes de bonne-encontre » se focalise sur son amitié et sa rencontre centennale avec un homme auquel il a accordé l’immortalité. Sa famille, les autres Infinis – la Mort, le Désir, et j’espère découvrir ses autres frères et sœurs dans les prochains tomes.

Sandman 3

Interviews avec Neil Gaiman, sur son projet, ses idées, chapitre par chapitre… Les suppléments sont très intéressants et m’ont apporté de nombreux éclairages, notamment par rapport aux références à d’autres comics ou bien à des personnages connus des fans qui sont passés dans ce volume pour faire un coucou (comme John Constantine). Des détails qui me sont évidemment passés sous le nez et qui doit rendre la lecture encore plus riche pour un connaisseur. Cette ultime partie apporte ainsi des informations bienvenues pour saisir pleinement la complexité de Sandman.

Une œuvre dense et mature, sombre et captivante, un univers qui s’annonce vaste, à la frontière mouvante entre le rêve et la réalité. Neil Gaiman a encore frappé, je n’ai qu’une envie : découvrir la suite des aventures de ce personnage atypique.

« Si mon rêve était vrai, alors, tout ce que nous savons, tout ce que nous croyons savoir est faux. Ça signifie que le monde est à peu près aussi solide et fiable qu’une couche d’écume à la surface d’un puits d’eau noire qui plonge sans fin, et il y a dans ses profondeurs des choses auxquelles je ne veux même pas penser. Ça signifie que nous sommes des poupées. Nous n’avons aucune idée de ce qu’il se passe réellement, nous nous imaginons que nous contrôlons notre vie, alors qu’à une feuille de papier de là, des choses qui nous rendraient fous si nous y réfléchissions trop jouent avec nous, nous déplacent d’une pièce à l’autre, et nous rangent le soir quand elles sont fatiguées, ou qu’elles s’ennuient. »

Sandman, volume 1 (intégrale), Neil Gaiman. Urban Comics, coll. Vertigo Essentiels, 2012 (1989-1996 pour les éditions originales). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Marcel. 496 pages.

Tag Liebster Award

Tag Liebster AwardMe voilà à mon tour confrontée au fameux Liebster Award. La coupable : Niognot qui m’a taguée il y a un mois tout pile ! Il était d’ailleurs temps que je m’y mette (j’ai deux autres tags en attente, il est donc fort possible qu’ils arrivent bientôt). Elle m’a donc confié la mission de :

  1. Raconter 11 choses sur moi
  2. Répondre à ses 11 questions
  3. Nominer 11 autres personnes avec mes propres 11 questions.

Bon, c’est parti !

Commençons par les onze choses sur moi.
(Attention, ça va être passionnant !)

  1. Mon pseudo n’est absolument pas volé, je suis une vraie ourse. Enfin, pas avec des griffes, des crocs et des poils (quoique), mais je suis une solitaire qui rêve de vivre à la campagne sans autre humain aux alentours – d’où le fait que je ne me sens pas bien du tout à Paris où j’habite actuellement (mais plus pour trop longtemps si tout va bien). Non seulement je n’ai pas beaucoup d’ami.es, je ne sors pas vraiment, je ne me sens pas à ma place dans une fête, mais aussi j’aime faire les choses à ma manière, j’aime travailler seule et sans surveillance. Et j’aime assez cette indépendance. (Et en plus, les habitants de mon village – enfin, je devrais dire le village de mes parents maintenant – s’appellent les ours ! (Je vous laisse faire vos recherches !)).
  1. J’adore faire des cauchemars. Mais vraiment. J’adore avoir l’impression que mon cœur va s’arrêter tellement je flippe, j’adore ne pas être certaine d’être vraiment réveillée, j’adore me repasser des bouts de mon cauchemar. Malheureusement, je n’en fais pas tant que ça, ça dépend des périodes (après avoir revu la série Twin Peaks récemment, Bob m’a bien foutu les jetons deux-trois fois, mais sinon, ça fait longtemps).
  1. Je ne sais absolument pas ce que je veux. Et cette phrase est valable dans à peu près tous les domaines. Je ne sais pas ce que je veux quand je dois choisir UN livre dans une librairie, je ne sais pas ce que je veux quand je suis au restaurant, je ne sais pas ce que je veux faire de ma vie, je ne sais rien.
  1. J’adore les listes. J’en fais tout le temps, partout. Au travail, dans mon agenda pour les tâches quotidiennes, pour le blog. J’ai un carnet – parce que je suis fan des carnets de toutes sortes et de toutes tailles aussi – spécial listes diverses et variées. Principalement pour le plaisir de barrer, cocher, éliminer (d’ailleurs, je vais bientôt pouvoir barrer ce tag !).
  1. J’adore les chats… mais je suis allergique (et ne me parlez pas de chats sans poils ou de chats hypoallergéniques). Heureusement, j’adore aussi les chiens et j’en aurai un dès que je serai à la campagne (ou deux).
  1. Vous l’avez compris, je n’aime pas la ville. Certes Paris a d’indéniables avantages : les musées, les théâtres, les cinémas, les facilités pour prendre l’avion, le train ou autre, etc. Au début, c’était chouette, mais maintenant, je vois surtout le béton, le gris, la foule, la puanteur, la misère, le métro, le bruit qui m’agressent sans cesse et me poussent surtout à rester dans mon appartement (et la chaleur en ce moment n’arrange rien). Du coup, je n’attends plus qu’une chose : partir à la campagne. (A peu près n’importe où sauf dans le Nord et dans le Sud, quelque part au milieu quoi !)
  1. Dire que je n’ai pas du tout confiance en moi est un euphémisme.
  1. Je déteste les limaces et je les repère à 10 mètres (au moins, oui) dans les bois. Ce n’est pas que j’en ai peur (je ne suis quand même pas atteinte à ce point), mais ça me dégoûte indiciblement. (Et c’est un traumatisme d’enfance alors on ne rigole pas !)
  1. Par contre, je suis quasiment phobique du téléphone. Je déteste répondre au téléphone – quand mon téléphone sonne au bureau par exemple (sachant que je n’ai pas à répondre aux clients, ce n’est pas mon taf), ça me fait une décharge de stress dans le ventre à chaque fois (et je refile vite fait le bébé à mes collègues) – et je déteste appeler. Donc quand je dois passer un coup de fil administratif ou pour prendre un rendez-vous, il faut que je me le note (toujours les listes), définir une heure pour me préparer mentalement, et appeler… et le pire, c’est quand ça ne répond pas et qu’il faut recommencer un peu plus tard. Les seules exceptions sont ma mère et mon copain. Bref, ça se soigne, je sais.
  1. Depuis que je suis à Paris, j’enchaîne les CDD et autres contrats courts (même si en ce moment, j’ai un peu de mal à retrouver un poste à chaque fois que je finis un contrat, car qui dit manque de motivation pour sortir, dit manque de motivation pour chercher) et j’aime beaucoup ça. Ça me donne une liberté très agréable. Je sais que la fin est proche si un poste ne me plaît pas, je sais que je peux prendre des vacances et caler mes boulots en fonction de ça. Et je serai prête à partir de Paris rapidement ! Donc j’apprécie le changement et je ne suis pas impatiente d’être installée dans un travail avec un CDI.
  1. Je déteste le café même si je me suis forcée quand j’ai fait mon service civique Portage en bibliothèque pour faire plaisir à mes p’tites mamies (par contre, j’ai dû vider leurs réserves de sucre pour le faire passer). Et je ne bois aucun alcool. J’ai essayé beaucoup de breuvages, mais rien n’y fait. Vin, bière, cocktail, etc., tout a pour moi un goût et une odeur en commun (un goût et une odeur d’alcool quoi) qui ne passe pas. (Du coup, ça participe sans doute au fait que je ne me sens pas à l’aise dans une fête.) Je bois du jus de fruit et du thé (et de l’eau évidemment).

A présent, les onze questions de Niognot !

  1. Licornes ou pandas roux? Attention il y a un piège!

Je ne vais pas me faire des amis, mais… ni l’un ni l’autre ! Je ne comprends pas l’engouement autour des licornes (désolée, Niognot !) et je ne suis pas fan des pandas roux (ni des pandas noirs et blancs d’ailleurs, ni des koalas, mais je m’égare). Je préfère les dragons ou les hippogriffes s’il faut aller chercher dans l’imaginaire ou les panthères dans la vraie vie…

  1. Quelle est la durée d’une session lecture optimale pour toi?

Voyons… Toute la journée ?

  1. Tu préfères : ne plus jamais pouvoir acheter de livres pendant 5 ans ou être obliger de casser le dos de tous les romans qui sont déjà dans ta bibliothèque?

Aah, mais c’est quoi cette question de maso ?! Tu es cruelle, Niognot. Si je n’avais que des poches, je n’hésiterais pas, mais j’ai quand même des beaux livres, des BD et ça me ferait mal de les abîmer. Donc je prends les cinq ans sans achats ! Ça me permettra de vider ma PAL de malade, de relire certains titres et de mettre de côté pour voyaaaaaaager !

  1. Ton parfum de glace préféré?

Mangue-passion. Ça fait deux, mais ça va ensemble !

  1. Si tu ne travailles pas dans le milieu du livre, quel métier aurais-tu aimé exercer dans cette filière ? Si tu travailles déjà dans ce milieu, quel autre métier t’intéresserait ?

Si vous vous reportez au point 3 des onze choses sur moi, vous saurez que je ne sais pas. J’ai fait des études pour être bibliothécaire, je ne le suis toujours pas (foutus concours à la c**) et, à présent, je ne suis plus trop sûre de vouloir être bibliothécaire. J’ai testé la librairie, j’ai adoré conseiller les lecteurs et tout, mais les conditions n’étant à mon goût pas tenables, je suis vite partie (il faudrait que j’essaie dans une petite librairie).
Sinon, il y a plein de métiers qui m’intéresseraient – les animaux, les arts, les petits humains (entre 2 et 7 ans, j’aime bien), etc. –, mais si vous vous reportez au point 7, vous saurez que je n’ai pas confiance en moi du tout du tout et que, par conséquent, je me mets moi-même des barrières parce que je ne me considère pas capable de faire autre chose que caissière.

  1. Ton blog préféré (tout genres confondus)?

Euh… le tien ? :p Non, chaque blog a son caractère et il y en a beaucoup donc je raffole, mais je vais citer le premier blog que j’ai suivi assidûment : Allez vous faire lire. Julia/Lupiot (et son équipe) fait un boulot d’enfer et elle me donne envie de lire tous les livres dont elle parle tout en me faisant rire.

  1. Ton réseau social préféré?

Je ne suis pas vraiment une adepte des réseaux sociaux (rapport à la solitude et tout, voir le point n°1), mais j’aime beaucoup Pinterest et je pense m’inscrire prochainement sur Instagram. En revanche, je fréquente peu Facebook (plus pour suivre des gens ou des projets qui sont surtout sur Facebook) et je n’aime pas du tout Twitter.

  1. Pour toi quel est le roman feel good par excellence?

Je ne lis pas de romans « feel good », j’ai rarement adhéré quand j’ai eu l’occasion de tester, mais le livre qui me fait immédiatement me sentir bien, c’est Harry Potter.

  1. Sais tu que les canards se déguisent en utilisant des têtes de chien comme masque? (si tu ne me crois pas tape « ducks dog masks » dans Google)

Euh… Non, c’est une découverte !

  1. Y a-t-il un livre que tout le monde semble adorer sauf toi? Lequel?

Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows. Beaucoup de gens semblent avoir adorer ce roman qui a été pour moi une déception, tant au niveau des personnages, de l’exploitation du cadre géographique et historique, de l’écriture.

  1. Si tu devais porter qu’un seul T-Shirt toute ta vie, de quelle couleur le choisirais tu?

Aucune hésitation : noir !

Et pour la dernière partie…

Désolée, je triche ! Je ne vais nominer personne, ce tag a déjà beaucoup tourné et je doute de ma capacité à trouver des questions originales !

La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel, de Christelle Dabos (2017)

La Passe-Miroir 3 (couverture)Attention aux spoilers qui peuvent traîner !

Deux ans et sept mois après sa rencontre avec Dieu et la fuite de Thorn, Ophélie est toujours bloquée sur Anima, sans nouvelles de ses amis et surveillée par les Doyennes. Lorsqu’une opportunité se présente, elle n’hésite et quitte son arche, autrefois rassurante, aujourd’hui étouffante. La voilà qui débarque, seule, sur l’arche de Babel.

Le troisième tome de La Passe-Miroir ! Enfin ! Les gens intelligents ont relu les tomes qu’ils voulaient relire en mai pour pouvoir se jeter sur le troisième dès sa sortie, le 1er juin dernier, mais comme je ne suis pas bien maligne, j’ai recommencé à lire le deuxième tome à ce moment-là… D’ailleurs cette relecture des Disparus du Clairdelune m’a fait réaliser à quel je suis amoureuse d’Ophélie et de Thorn et d’Archibald (et aussi de tous les autres, mais ces trois-là…) et à quel point je voulais la suite.
Mais voilà, maintenant, je l’ai lu et je suis à la fois heureuse et triste. Comme après un tome d’Harry Potter il y a quelques années. Triste que la dernière page ait été tournée, triste de devoir des mois, des années, avant d’avoir la suite, mais heureuse d’avoir retrouvé Ophélie, encore plus heureuse quand nous avons enfin retrouvé Thorn, heureuse de retrouver cet univers et cette plume ! Bref, c’est le bonheur…

Car il n’y a pas à dire : ce troisième tome tient toutes ses promesses. Je ne dirai pas que c’est le meilleur car le 2 avait été le meilleur quand je l’avais lu, le 3 l’a été quand je l’ai refermé et le 4 le sera sans doute à sa sortie. Mais il met quand même la barre très haute. (Et cela n’est seulement dû à la beauté de sa couverture et à sa jolie couleur !)

Une nouvelle fois, j’ai été totalement émerveillée – comme si j’y étais – face à l’arche de Babel. Nouvelle arche, nouveaux esprits de famille, nouvelle société… nouvelles règles du jeu. Les mots de Christelle Dabos m’ont projetée face au Mémorial, à la Bonne Famille et m’ont emmenée faire un tour sur les petites îles de l’arche. Babel, en dépit de sa modernité steampunk, a un bon côté dictatorial parfait pour y tricoter cette nouvelle intrigue.
Ce tome est plus inquiétant à mon goût. Ophélie doit se débrouiller seule – pas de Thorn, pas de Berenilde ou de Tante Roseline pour la protéger – et les aspirants à la Bonne Famille ne sont pas franchement rassurants. Ajoutons à cela la menace de Dieu (ou celle, floue, de l’Autre) et l’ambiance se refroidit un peu.
Je ne devine rien, je ne sais jamais où Christelle Dabos va m’emmener et j’adore ça. Son univers ne cesse de s’enrichir. Ophélie, en quête de réponses, en soulève de nouvelles. De plus, j’ai eu l’impression d’une nouvelle maturité dans l’écriture et dans les thèmes (ainsi que chez tous les personnages d’ailleurs). L’évolution d’Archibald, la remise en question d’Ophélie, les peurs de Victoire (la petite – qui est plus grande qu’elle n’y paraît – de Berenilde et Farouk)…

Je dois toutefois reconnaître que la seconde partie est meilleure que la première. Une raison à cela : Thorn m’a manquée. Tout comme ses échanges piquants avec Ophélie et ses remarques cassantes à tous ceux qui s’adressent à lui m’ont manqués. La relation Ophélie-Thorn est quand même l’un des piliers de la saga, donc si l’un disparaît de l’équation… Ma lecture n’en a pas véritablement été perturbée (déjà parce que je l’ai malheureusement lu tellement vite que Thorn est réapparu assez rapidement…), mais je trouve que la seconde partie retrouve cette tension et ce piquant particuliers que Christelle Dabos a délicieusement mis en place dans les deux premiers tomes. (Et Archibald aussi m’a manquée…)

La fin, que dire ? La fin est juste parfaite, avec un cliffhanger glaçant. Je trépignais sur mon canapé en mode « C’est la mouiiise ! » et  aussi « Ils sont trop mignons ! » et « Je veux la suite ! ».
Car oui, Ophélie et Thorn m’ont fait fondre. En même temps, avec deux zigotos comme eux, il fallait s’y attendre. Ophélie – qui s’affirme (mais qui reste maladroite et discrète évidemment, on ne va pas en faire une Lara Croft) – et Thorn ont bien du mal à communiquer alors quand il faut parler de ce qui agite leurs cœurs, ce n’est pas évident et ça touche le mien.

Son univers, ses personnages, ses intrigues, Christelle Dabos assure de tous les côtés et nous confirme avec ce merveilleux troisième opus qu’elle est décidément une conteuse hors pair qui se hisse avec cette merveilleuse saga aux côtés des meilleurs (comme, voyons… J.K. Rowling par exemple ?) et j’attends la suite (et donc la conclusion de toute cette histoire malheureusement) avec impatience (et pourtant, il va en falloir de la patience…).

« La vérité, la seule vérité, c’est qu’elle avait été lâche.
Cette prise de conscience la traversa comme une brèche. Il lui sembla que c’était la surface entière de son être qui se craquelait de toutes parts, telle une coquille d’œuf. Cela lui fit mal, mais Ophélie savait que c’était une douleur nécessaire. La souffrance explosa quand son ancienne identité vola en éclats.
Elle se sentit mourir. Elle allait enfin pouvoir vivre. »

La Passe-Miroir, tome 3 : La mémoire de Babel, Christelle Dabos. Gallimard jeunesse, 2017. 482 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – Les Trois Garrideb :
lire le troisième tome d’une saga

C’est juste un film, d’Earl Lovelace (2011)

C'est juste un film (couverture)Alors que le mouvement du Black Power s’éteint peu à peu, ce calypsonien King Kala, « artisan de la confusion, greffier de ragots, démolisseur de réputations, révélateur de secrets », nous emmène à la rencontre des délinquants, des croyants, des politiciens, des joueurs de cricket, des rêveurs, des révolutionnaires qui composent son petit monde, à la rencontre de son pays, Trinité-et-Tobago.

Lire un livre trinidadien, voilà qui est une première pour moi ! Du coup, j’écris cette chronique au son des steeldrums de l’île, une première également.

Avant tout, si ce roman est aussi captivant, c’est pour son écriture poétique, enragée parfois, qui raconte les conflits entre les peuples, les tâtonnements politiques et les violences aussi bien que la communion pendant carnaval et l’engouement national pour le cricket ou les steelpans. Il coule tout seul, les chapitres s’enchaînent avec fluidité, convoquant les personnages les uns après les autres pour les raconter et les mettre à nu, faisant tomber leurs masques.

Car ce que je retiendrais surtout de cette lecture, c’est la rencontre avec ces personnages atypiques, hauts en couleur, drôles et touchants à la fois. Sonnyboy, Tante Magenta, Dorlene, Franklin, Aguillera et tous les autres. L’enthousiasme persistant de Sonnyboy en dépit des échecs, des coups montés, des coups ratés. La décision inébranlable d’Aguillera de ne jamais arrêter personne. La naïveté de Dorlene. Leurs superstitions et leurs croyances qui cohabitent avec les autres religions. Tous rêvent d’un monde meilleur, d’une vie meilleure, mais ils se confrontent souvent à la réalité qui n’est pas toujours tendre avec eux.

Ce roman dessine donc mille et un portraits. Celui des Trinidadiens avant tout, certes, mais ces tranches de vie tracent aussi le portrait d’une île, celle de Trinité, et d’une époque, ces années 1970, ces années Black Power et celles qui ont suivies. A tous, il raconte leurs espoirs et leurs rêves, leurs échecs et leurs désillusions, leurs amours et leurs amitiés.

C’est très immersif et Earl Lovelace nous embarque véritablement à la découverte de ce peuple (de ce mélange de peuples plutôt), de cette société, de son histoire et de ses luttes. Il y a beaucoup de tendresse et d’émotions dans ce roman et on ressent particulièrement l’amour de l’auteur pour sa terre et celles et ceux qui l’habitent. Et, après cette lecture, honte à vous si vous n’êtes pas incollable sur les steelpans, sur le carnaval ou sur le calypso !

Merci Babelio donc, pour cette surprise et cette découverte inattendues, pour ce voyage vers les Caraïbes, pour cette rencontre avec cette langue, avec ces gens et avec l’âme vibrante de Trinité. Quant au seul autre roman traduit d’Earl Lovelace, La danse du dragon, il file directement dans ma wish-list.

« Le Black Power, c’était fini ; gueuler Power n’avait rien fichu par terre. La voix loqueteuse des gens, c’était en fait la voix de Dieu. La révolution était finie. Ce monde que certains d’entre nous avions entrepris de changer pour y réclamer notre place était, en gros, toujours le même. L’espace d’un instant, nous autres du Black Power avions écarté le rideau de silence qui camouflait les plus gros problèmes du pays – la dignité des Noirs, l’égalité des chances, l’égalité tout court, ce qu’il restait à faire, comment continuer. »

C’est juste un film, Earl Lovelace. Le Temps des Cerises, coll. Romans des Libertés, 2017 (2011 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Trinité-et-Tobago) par Alexis Bernaut et Thomas Chaumont. 399 pages.

Challenge Les Irréguliers de Baker Street – La Figure Jaune 
lire un livre dont la couverture est à dominante jaune

Challenge de l’été – Edition 2017

Challenge de l'été 2017

Pour la cinquième année, Saefiel revient sur Livraddict avec son challenge de l’été ! Un challenge auquel je participe avec plaisir dans l’espoir de faire diminuer un peu ma P.A.L. !

(Et en passant, je vous conseille d’aller faire un tour sur son blog, Les petits mots de Saefiel, qui, en plus de regorger de chroniques de qualité, est visuellement magnifique.)

Voici les règles !

 Le règlement du challenge :

  • Le challenge commence officiellement le 21 Juin et se termine le 21 septembre (jour de l’automne.
  • Chacun fait une liste des livres qu’il veut lire cet été sans limite de nombre.
  • On peut s’ajouter des défis personnels comme lire un titre en VO ou finir les séries en cours.
  • Vous pouvez modifier votre liste à loisir durant la période du challenge, l’agrandir, la rétrécir. Tout est permis !
  • Si possible partagez votre avancement dans le groupe Facebook ou sur Livraddict.
  • Le fait d’avoir un blog et/ou de poster des chroniques n’est pas obligatoire. Quiconque est intéressé peut participer.
  • Les BD peuvent être comptabilisées dans vos listes.

Les médailles :
Quatre paliers sont proposés pour s’adapter à tous les lecteurs !

  • 10 livres lus : Trophée des orteils en éventail
  • 20 livres lus : Trophée du surfeur livresque
  • 30 livres lus : Trophée de la tong en or
  • 40 livres lus et plus : Trophée de la sirène de diamant
  • 3 challenges remplis ou plus : Trophée du challenger des sables

Car en effet, Saefiel nous propose quelques mini-défis qui, je l’espère, me motiveront à tirer quelques livres oubliés de ma P.A.L.

  • Lire un livre de plus de 1000 pages
  • Lire une antiquité de la PAL (dans la PAL depuis un an ou plus)
  • Lire un livre dans une langue étrangère
  • Finir une série
  • Faire une lecture commune avec un autre membre OU participer à la lecture commune géante sur Au fond de l’eau de Paula Hawkins.

Et n’oubliez pas, si vous réalisez trois challenges, le trophée du challenger des sables est pour vous !

Un dernier mot sur les inscriptions qui se font jusqu’au 21 juin sur Livraddict !

Et maintenant, les livres de mon challenge !

Je vise le trophée du surfeur livresque, c’est-à-dire 20 livres, car je serai en vacances une bonne partie du mois de septembre et mes lectures risquent de se faire rare. Toutefois, si je vois que je prends de l’avance, peut-être réajusterai-je mes objectifs en direction du trophée de la tong en or (30 livres). (Et comme mon anniversaire tombe pendant le challenge, je risque d’avoir de nouveaux titres à rajouter !)

Tout d’abord, je participe aux deux mini-challenges suivants :

  • Lire une antiquité de la PAL (dans la PAL depuis un an ou plus) : Au bonheur des ogres de Daniel Pennac et Le Journal d’Aurore (tome 1, Jamais contente, et tome 2, Toujours fâchée) de Marie Desplechin
  • Lire un livre dans une langue étrangère: Peter Pan de J.M. Barrie

(Et j’en ajouterai sûrement un troisième en cours de route pour viser le trophée du challenger des sables !).

Je me suis également lancée quelques défis personnels.

  • Finir le challenge Pavés 2016-2017 sur Babelio pour lequel je dois encore lire 4 livres de plus 500 pages avant le 1er août 2017 parmi Miss Charity de Marie-Aude Murail, Quatre filles et quatre garçons de Florence Hinckel, Silo de Hugh Howey, Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie et Illuminae, tome 2 : Dossier Gemina d’Amie Kaufman et Jay Kristoff  (puisqu’il a la bonne idée de sortir pile pour le challenge)
  • Reprendre ma lecture des Rougon-Macquart: La Curée d’Emile Zola

La Curée (couverture)

  • Lire un roman graphique, un comic et un manga: Gorazde de Joe Sacco, Sandman, intégrale 1 de Neil Gaiman et Black Butler (tomes 1 et 2) de Yana Toboso

Sinon, voilà ma petite liste de livres hors catégorie dans laquelle je piocherai cet été. On dépasse un peu les 20 romans, mais certains, vraiment courts, devraient se dévorer et comme je vais peut-être m’orienter ensuite vers les 30 livres lus, ça me donnera déjà quelques idées.

  • Lettres du Père Noël de J.R.R. Tolkien (oui, je lis ça en été !)
  • Les géants de Benoît Minville
  • L’étrange disparition d’Esme Lennox de Maggie O’Farrell
  • Histoires du chien qui avait une ombre d’enfant d’Hervé Walbecq
  • Les fausses bonnes questions (tome 1) de Lemony Snicket
  • Le silence de l’opéra de Pierre Créac’h
  • Le Paris des Merveilles, tome 1 : Les enchantements d’Ambremer de Pierre Pevel (et peut-être la suite de la trilogie vu que les trois m’attendent)
  • Chère Ijeawele de Chimamanda Ngozi Adichie
  • Lettre à celle qui lit mes romances érotiques et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle

(Ma liste est aussi sur Livraddict.)

Bonnes lectures et bel été à tous !

Mise à jour du 22 juin : J’avais aussi oublié, je vais aussi lire Inséparables de Sarah Crossan !

Mise à jour du 29 juin : Et je rajoute la seconde intégrale de Sandman, super cadeau de départ de la part de mes trois collègues !

Mise à jour du 05 juillet : Avant d’aller voir l’adaptation du Grand Méchant Renard au cinéma, je voudrais lire la BD de Benjamin Renner. J’avais eu l’occasion de la commencer mais pas de la finir, je compte donc réparer cela !

Mise à jour du 20 juillet : Ayant fêté mon anniversaire avec ma famille avec un petit mois d’avance, j’ajoute quelques livres dans ma PAL pour l’été : La tresse de Laetitia Colombani et les quatre tomes de Blast de Manu Larcenet. Lus il y a longtemps, ils ont enfin rejoint ma bibliothèque ! ♥