La parenthèse 7ème art – Décembre 2017 + Bilan de l’année 2017

Contrairement à ce que j’espérais, décembre n’a pas été beaucoup plus prolifique que novembre en terme de films vus en salle. Entre le travail et les séjours dans nos familles respectives, nous n’avons pas eu beaucoup de temps pour y aller. Tant pis, ce n’est que partie remise !
Comme cet article est assez court, je lui joins mon bilan cinématographique de l’année 2017 !

  1. Coco, de Lee Unkrich et Adrian Molina

Depuis déjà plusieurs générations, la musique est bannie dans la famille de Miguel. Un vrai déchirement pour le jeune garçon dont le rêve ultime est de devenir un musicien aussi accompli que son idole, Ernesto de la Cruz. Bien décidé à prouver son talent, Miguel, par un étrange concours de circonstances, se retrouve propulsé dans un endroit aussi étonnant que coloré : le Pays des Morts. Là, il se lie d’amitié avec Hector, un gentil garçon mais un peu filou sur les bords. Ensemble, ils vont accomplir un voyage extraordinaire qui leur révélera la véritable histoire qui se cache derrière celle de la famille de Miguel… (Allociné)

Coco (affiche)

J’ai beaucoup aimé ce nouveau Disney-Pixar. Si l’histoire est parfois cousue de fil blanc et un peu facile parfois, elle reste cependant très touchante. Et surtout, il est visuellement magnifique. L’intrigue prend place El Día de Los Muertos, le jour des morts, où la frontière entre vivants et défunts se fait plus mince que jamais et le héros, Miguel, va la franchir et se retrouver dans la ville des morts. Tout au long du film, j’ai été submergée par la beauté des couleurs, notamment chez les morts. Leur cité est si riche en détails que j’ai hâte de le revoir pour en saisir toutes les subtilités. La mort n’est absolument pas quelque chose de sombre et les familles tracent de lumineux chemins fleuris pour permettre aux ancêtres de retrouver leur chemin jusqu’aux offrendas. La mort n’est pas montrée comme absolument négative et, tant que les vivants se souviennent des morts, c’est davantage une seconde vie qui commence. Les musiques ne se valent pas toutes, mais donnent un beau rythme et une ambiance festive au film. Bref, une belle histoire sur la famille, l’oubli (un personnage atteint de la maladie d’Alzheimer, voilà qui est nouveau !), les rêves, et surtout la vie et la mort, et un beau Pixar comme je n’en avais pas vu depuis Vice-Versa.
Pour retrouver le même genre d’univers, je vous conseille également La légende de Manolo, sorti en 2014.

La légende de Manolo (affiche)

  1. Seule la terre (VO : God’s Own Country), de Francis Lee

Johnny travaille du matin au soir dans la ferme de ses parents, perdue dans le brouillard du Yorkshire. Il essaie d’oublier la frustration de son quotidien en se saoulant toutes les nuits au pub du village et en s’adonnant à des aventures sexuelles sans lendemain. Quand un saisonnier vient travailler pour quelques semaines dans la ferme familiale, Johnny est traversé par des émotions qu’il n’avait jamais ressenties. Une relation intense naît entre les deux hommes, une relation qui pourrait changer la vie de Johnny à jamais. (Allociné)

Seule la terre (affiche)

Si je ne suis jamais allée dans le Yorshire, ces grandes étendues isolées et froides inondées de brouillard, sublimées par un rayon de soleil, n’ont pas été sans me rappeler l’Ecosse. Tout comme le parler rugueux de ses habitants. J’ai dès les premières minutes été plongée dans un monde qui me fascine et m’attire énormément.
Comme pour Petit paysan, le superbe film français dont j’ai parlé dans la parenthèse ciné du mois d’août, il s’agit d’un premier long-métrage pour le réalisateur, un premier film qui prend place dans la ferme parentale. Le monde agricole sonne donc totalement véridique (le quotidien, l’agnelage, le travail prenant, parfois abrutissant…) et on sent tout autant que le réalisateur a mis dans son film tout ce qu’il aimait à la campagne (le rapport aux animaux, la nature…).
Si Johnny n’est pas immédiatement sympathique, à la différence de Gheorghe, on apprend peu à peu le connaître et son comportement s’explique et s’excuse rapidement par une vie difficile, uniquement dédiée au travail à l’exception de ses escapades nocturnes, à porter la ferme de son père affaibli par un AVC, simplement aidé par sa grand-mère. Et lorsque des sourires éclairent son visage, il devient beaucoup plus facile à approcher, à apprécier et à aimer. On assiste à la naissance de leur relation et, si celle-ci est d’abord assez rude, elle se teinte bientôt d’une immense complicité qui ne peut que toucher.
Ian Hart et Gemma Jones (alias Quirrell et Madame Pomfresh pour celles et ceux qui, comme moi, ont découvert les acteurs et actrices britanniques dans Harry Potter) sont parfaits dans les rôles de Martin, le père, et de Deidre, la grand-mère. Une famille dans laquelle on parle peu, une famille pour laquelle la ferme est tout, une famille dans laquelle il est difficile de se trouver personnellement. Mais une famille dans laquelle, à la fin, le soutien et l’amour sont bien là.
Un film sensible et sincère. Peu de mots, mais des émotions brutes, à fleur de peau. L’économie de dialogues et autres discours n’empêchent pas un instant la complexité des sentiments et la profondeur des caractères. Seule la terre raconte une existence dure, voire violente, mais l’espoir et le bonheur qui souffle sur le film n’en est que plus réconfortante.

  1. Diane a les épaules, de Fabien Gorgeart

Sans hésiter, Diane a accepté de porter l’enfant de Thomas et Jacques, ses meilleurs amis. C’est dans ces circonstances, pas vraiment idéales, qu’elle tombe amoureuse de Fabrizio. (Allociné)

Diane a les épaules (affiche)

Diane a les épaules est tout à fait le genre de film qui a des chances de me plaire. Un petit film proche des personnages, une histoire humaine, avec quelques dilemmes affectifs que l’on voit venir. Clotilde Hesme est fabuleuse et irradie le film de sa présence.
Sauf que ce film a quand même un point noir : Fabrizio. Le nouveau copain de Diane est peut-être sympathique au départ, mais il m’a rapidement insupportée. Certes, son arrivée dans la vie de Diane constitue un point de bascule dans le déroulement de la grossesse de celle-ci (et sans lui, pas d’histoire), mais je l’ai trouvé possessif et irrespectueux au possible. Il tente peu à peu de s’approprier son corps et ce qu’il contient comme si elle, pauvre femme irresponsable, ne pouvait faire des choix convenables. Il va jusqu’à s’imposer dans la salle d’accouchement, refusant de prévenir les futurs pères (Diane, les pieds dans les étriers, étant plutôt dans l’impossibilité de le faire par elle-même) et se comportant comme s’il était le géniteur de l’enfant. Bref, à mes yeux, il est imbuvable et tout simplement macho, et la fin ouverte, suggérant la possibilité qu’il revienne dans la vie de Diane, m’a fait quitter la salle plutôt remontée.
Je vis peut-être un peu trop le film, mais, si l’on oublie ce personnage exaspérant, c’est un bon moment à passer même s’il ne me marquera sans doute pas plus que ça sur la durée.

  1. Les Gardiennes, de Xavier Beauvois

1915, à la ferme du Paridier, les femmes ont pris la relève des hommes partis au front. Travaillant sans relâche, leur vie est rythmée entre le dur labeur et le retour des hommes en permission. Hortense, la doyenne, engage une jeune fille de l’assistance publique pour les seconder. Francine croit avoir enfin trouvé une famille. (Allociné)

Les Gardiennes (affiche)

J’écris cette critique deux semaines après avoir vu le film et je bloque un peu. C’est un beau film qui dessine des portraits de femmes sensibles, notamment avec une Iris Bry formidable dans le rôle de Francine qui s’émancipe peu à peu. Les hommes sont au second plan et, si certains passent quelques permissions à la ferme, ils sont davantage des fantômes ou de simples souvenirs. Même si je lui ai trouvé quelques longueurs, j’ai aimé la façon dont Xavier Beauvois a filmé les saisons, le temps qui coule lentement et les travaux des champs. Cette lenteur sert le film et retransmet avec justesse le quotidien de ces femmes. Je garderai le souvenir de tableaux, délicatement illuminés par une lumière naturelle, parsemés ici et là de touches bleutées (le bleu des étoffes, le bleu des volets…). Une belle histoire familiale, finement ciselée, joliment filmée.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?

***

Top 10 de l’année 2017 !

Top 10… quelle idée. C’est tellement difficile de trancher, il y a tellement de films que j’aimerais citer ! J’ai vu 93 films au cinéma cette année (j’aurais aimé atteindre le palier de 100 films, mais tant pis) et il y en a quelques-uns qui se sont révélés très bons… Et d’autres très mauvais, mais on en reparle à la fin de ce top. (Et d’autres dont je n’ai déjà plus aucun souvenir, c’est dire s’ils m’ont marquée…)
Je me suis limitée aux films récents, sans compter les vieux films qui sont repassés dans les salles obscures pour mon plus grand plaisir. La première sélection comportant déjà vingt films, n’ajoutons pas en plus Mulholland Drive (David Lynch), Hair (Milos Forman) ou Trainspotting (Danny Boyle) qui viendraient gaiement piquer la place de leurs nouveaux compagnons.

Top 10, c’est parti !

(L’ordre est très subjectif – la sélection aussi d’ailleurs : redemandez-moi de la refaire dans six mois, elle aura sans doute changé – et certains films ne peuvent pas vraiment être comparés avec leurs voisins.)

  1. 120 battements par minute, de Robin Campillo

Le coup de cœur annoncé, le film que j’attendais. Le public et le privé, le quotidien au sein d’Act Up et l’amour, la maladie et la passion, la vie qui flirte avec la mort. La révélation Nahuel Perez Biscayart entourée d’acteurs éblouissants. Un film puissant et vivant.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art de septembre.

  1. Djam, de Tony Gatlif

Daphné Patakia, une actrice flamboyante. Une bande-son entraînante longtemps écoutée. Des sujets graves, mais un film lumineux. Incroyablement beau et touchant.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’août.

  1. La La Land, de Damien Chazelle

Le film qui a marqué ce début d’année. Un plaisir pour les yeux et les oreilles. Des couleurs chatoyantes, des robes tournoyantes pour les premiers. Des chansons entêtantes pour les secondes (et une nouvelle fois, une BO qui résonne encore parfois dans mon appartement). Une Emma Stone époustouflante et un Ryan Gosling pas moins fantastique. Un film poétique et envoûtant.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art de février.

  1. Petit paysan, d’Hubert Charuel

Une tranche de vie pleine de justesse inspirée des souvenirs d’Hubert Charuel, un acteur incroyable (Swann Arlaud, époustouflant), des vaches magnifiques qu’on finit par aimer autant que le personnage et le réalisateur, une maladie visuelle, une économie de mots servie par des images soignées. Un premier film touchant et très réussi.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’août.

  1. Brimstone, de Martin Koolhoven

Un film que j’ai adoré mais que je ne suis pas prête de revoir dans l’immédiat. Une ambiance pesante et malsaine. Une héroïne obligée de devenir une guerrière dans un monde sexiste qui méprise et utilise les femmes, un Guy Pearce haïssable à la présence incroyablement crispante. Un film soigné visuellement avec des images sublimes, une construction à rebours qui nous fait remonter le temps. Un film perturbant et psychologiquement violent (physiquement aussi d’ailleurs…).
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’avril.

  1. Ouvrir la voix, d’Amandine Gay

Un documentaire passionnant qui donne la parole à des femmes noires. Racisme, sexisme et parfois homophobie, c’est un témoignage essentiel que constituent ces faces caméra.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’octobre.

  1. Noces, de Stephan Streker

Une histoire désespérante sur un mariage forcé. A la base, un fait divers ; au final, la dénonciation d’un phénomène terrible mais encore banal dans certains pays. Des acteurs et actrices justes et surtout une héroïne merveilleusement interprétée par Lina El Arabi.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art de mars.

  1. La Passion Van Gogh, de Dorota Kobiela et Hugh Welchman

Tout simplement parce qu’il est esthétiquement magnifique. Un film entièrement peints à la main. Un bel hommage à Van Gogh qui nous immerge dans ses toiles. En plus, une intrigue prenante sur les derniers jours du célèbre peintre. Le film d’animation de l’année.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’octobre.

  1. Le vénérable W., de Barbet Schroeder

Second documentaire de la sélection. Un choc terrifiant, cette découverte de l’autre visage du bouddhisme. Des paroles de haine posément déclarées avec un sourire jovial, des rassemblements glaçants. Une claque sur le sort des Rohingyas et sur la cruauté qui, décidément, se loge dans toutes les religions.
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art de juillet.

… et le dernier !

Les Mauvaises Herbes (affiche)

  1. Les Mauvaises Herbes, de Louis Bélanger

Un film inattendu dans ce top, un film original d’un bout à l’autre, drôle et toujours fin, tendre mais jamais niais, une touche d’amoralité et d’accent québécois, et on obtient un coup de cœur !
Chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’avril.

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Bonus 1 :
Les  cinq repêchés
(ceux qui ont failli être dans le top 10, mais en fait, non…)

  1. Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel : fidélité au roman, magnificence des images et des masques, formidable Nahuel Perez Biscayart, une vraie réussite qui a su effacer toutes mes appréhension (chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’octobre) ;
  2. Une femme fantastique, de Sebastián Lelio : un film sensible et délicat, une actrice juste, de l’authenticité du début à la fin, de l’émotion mais pas de pathos inutile (chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’août) ;
  3. Logan, de James Mangold : un film de super-héros qui sort clairement du lot avec son ambiance sombre et poussiéreuse, ses personnages sur le déclin (sauf pour la petite nouvelle jouée par Dafne Keen, une boule d’énergie qui concentre sur elle tous les regards et qui a du potentiel), ça sent la fin (chronique complète dans la parenthèse 7ème art de mars) ;
  4. Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov : une fable bulgare plutôt absurde mais non pas dénuée de réalisme, intelligente bien que parfois ubuesque, une excellente découverte (chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’avril) ;
  5. Coco, de Lee Unkrich et Adrian Molina (chronique complète ci-dessus).

Mais j’aurais également pu citer Seule la terre, Ça (même si je suis un peu plus critique depuis que j’ai lu les romans), De sas en sas, La planète des singes, Tunnel, Après la tempête

***

Bonus 2 :
Le Top 5 des plus mauvais films de l’année
(ceux dont l’arrivée du générique de fin a été accompagnée d’un soupir de soulagement)

  1. Valérian et la cité des mille planètes, de Luc Besson : prévisible, sexiste, ridicule, vide, inutile (chronique complète dans la parenthèse 7ème art d’août) ;
  2. La Momie, d’Alex Kurtzman : une momie qui n’est là que pour marcher lentement et nous faire admirer sa plastique, aucun suspense, aucun sursaut, une romance stupide, un film dont je n’attendais rien et qui a réussi à me surprendre par sa nullité (chronique complète dans la parenthèse 7ème art de juin) ;
  3. Les Gardiens de la Galaxie 2, de James Gunn : la déception après un premier volume bien sympathique, des longueurs, des personnages laids et peu crédibles, de l’humour pas drôle, des combats interminables, des discours pathétiques… (chronique complète dans la parenthèse 7ème art de mai) ;
  4. Kong : Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts : un gorille toujours plus grand, des créatures étranges à deux pattes, une surenchère d’effets spéciaux qui laisse de marbre, des humains stupides et clichés… (chronique complète dans la parenthèse 7ème art de mars) ;
  5. Justice League, de Zack Snyder : longueurs, tentatives d’humour ratées, scénario et méchant identiques à tous les précédents blockbusters, héros insupportables… bref, profond ennui (chronique complète dans la parenthèse 7ème art de novembre).

Voilà ! Il ne me reste plus qu’à vous souhaiter un beau mois de janvier dans les salles de cinéma !

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C’est le 3, je balance tout ! # 12 – Décembre 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Désolée, je suis un peu en retard, j’avais commencé à préparer ce bilan, mais finalement, je n’ai pas eu le temps – ni spécialement l’envie – de le fignoler quand j’étais chez mes parents.

Côté Top… Beaucoup de très belles lectures en décembre. Les petites reines de Clémentine Beauvais et La petite marchande de prose de Daniel Pennac m’ont beaucoup fait rire, Pete Fromm dans Indian Creek m’a fait rêver de nature et de solitude, Stéphane Servant m’a envoûtée et entraînée dans un monde de sombre poésie avec sa Langue des bêtes, Elizabeth Gaskell m’a fait voyager du Nord au Sud sur les traces d’une romance tourmentée et d’un monde ouvrier plus vrai que nature, Emma m’a poussée à réfléchir avec Un autre regard tandis que Brian Selznick a, à nouveau, apporté du rêve dans mon quotidien avec L’invention de Hugo Cabret.

Côté Flop… question facile ce mois-ci : je dois citer le premier tome de la série Sally Lockhart, La malédiction du rubis, de Philip Pullman. C’est simple, je n’ai pas réussi à le finir et j’ai abandonné au bout de 150 pages environ (et ça faisait un moment que cela ne m’était pas arrivé). C’était une relecture d’un livre emprunté une fois à la bibliothèque quand j’étais petite et, si je n’avais aucun souvenir de l’histoire, j’en avais une bonne impression. Raté. Je ne sais pas à quel endroit j’ai bloqué. Une héroïne forte, voilà qui aurait dû me persuader de continuer, mais j’ai trouvé que les personnages n’avaient pas la profondeur et la richesse de ceux de A la croisée des mondes. Cependant, ce qui m’a stoppée, c’est tout bonnement que je n’avançais pas, trouvant l’histoire poussive et brouillonne.

 Côté challenges,

  • Coupe des 4 maisons : 970 + 420 points, soit 1390 points pour Serpentard ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 3, soit 24/60 ;
  • Les 4 éléments : +2, soit 2/20.

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

(Désolée, je vais être assez succincte aujourd’hui car je prépare ce bilan en quatrième vitesse.)

Décembre a été le mois du retour de Lupiot du fabuleux blog Allez vous faire lire ! Mine de rien, ses chroniques drôles, intelligentes et toujours très persuasives m’avaient manqué. Je vous conseille donc ses TOP 5, notamment des « livres petits mais costauds », des recommandations pour remplacer de « mauvais livres à la mode » et des beaux-livres tous plus sublimes les uns que les autres.

Et sinon, en vrac :

… et tout ça donne très envie !

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

J’ai découvert les « real monsters » de Toby Allen qui illustrent des troubles mentaux. Les dessins sont superbes et permettent parfois de mieux comprendre ce qu’est telle ou telle maladie.

Une fois n’est pas coutume, je vous invite à lire une BD d’Emma (dont j’ai enfin découvert le premier tome d’Un autre regard). Les commentaires en dessous m’ont particulièrement choquée : autant dire que certains comportements sont bien ancrés dans la société et que les mentalités ne vont pas changer de sitôt…

Après Tristan Lopin, j’ai découvert les vidéos « Et tout le monde s’en fout ». Une nouvelle fois, j’adore leur ton, les sujets me parlent, bref, j’adore. Je ne les ai pas toutes regardées encore, mais je les trouve très justes et pertinentes.

Enfin, June rend hommage à Bill Nighty, un acteur que j’adore. Un nouvel « Have you met… » passionnant !

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Le mois de décembre a très bien commencé avec le salon du livre de Montreuil ! Je n’y suis allée que le samedi pour une journée bien chargée en rencontres et dédicaces. J’ai enfin pu me faire plaisir avec des livres dont j’avais envie depuis plusieurs mois parfois (je pense notamment aux Exprim’). L’occasion de rencontrer Julia/Lupiot, de discuter de la petite déception qu’avait été Jungle Park avec Tibo Bérard (et de lui dire tout le bien que je pense de sa collection aussi, évidemment), et d’échanger avec Brian Selznick (que j’avais déjà rencontré la veille à l’occasion d’une très chouette rencontre Babelio), Marie Pavlenko, Thibault Vermot, Estelle Billon-Spagnol et les autres. (Une mauvaise surprise en rentrant chez moi : je me suis aperçue que la quatrième de couverture de mon Hugo Cabret était presque totalement fendue d’un coup de cutter, sûrement à l’ouverture du carton… Mais bon, un petit peu de bricolage et le voilà comme neuf.)

Je ne suis pas beaucoup allée au cinéma malheureusement, mais je suis retournée au théâtre deux fois !
Tout d’abord, pour voir Le Tartuffe, avec Michel Bouquet et Michel Fau. La première scène, où l’on découvre le splendide décor, a été nécessaire pour me réhabituer aux longues tirades en vers, mais sinon, j’ai passé un excellent moment. Malgré les deux grands noms à l’affiche, c’est la comédienne jouant Dorine, la servante, qui s’est particulièrement détachée du lot à mes yeux (cependant, je n’ai rien à redire sur l’interprétation des autres comédiens (mais je ne m’y connais pas assez pour être très exigeante)).

Le Tartuffe (affiche)

Ensuite, nous sommes allés voir Le gros diamant du prince Ludwig, de la Compagnie des Femmes à Barbe. Si leurs spectacles d’improvisation sont absolument hilarants et merveilleux pour qui aime les histoires, Gwen Aduh et sa troupe se débrouillent plutôt bien au théâtre aussi. Toutes deux adaptées de pièces anglaises, « Les faux British » cartonne depuis un bon moment et « Le gros diamant… » semble prendre le même chemin. Je crois d’ailleurs avoir préféré la seconde à la première (mais avec ma mémoire de poisson rouge, on ne sait jamais). Le comique de situation tourne parfois à l’absurde, et si certains gags sont un chouïa trop longs, on rit de bon cœur tout du long tandis que la musique live est très entraînante. Des personnages attachants, de bons jeux de mots et quelques trouvailles de mise en scène absolument géniales, comme cette scène de contre-plongée étourdissante. Un excellent moment !

Le gros diamant du prince Ludwig (affiche)

Sinon, j’ai passé Noël dans la famille de mon compagnon, c’était très agréable, le repas n’est pas tombé dans le piège de la surenchère écœurante, et quelques cadeaux m’ont fait patienter jusqu’à la remise « officielle » chez mes parents la semaine suivante (le 30 décembre parce que, décidément, nous ne sommes pas très à cheval sur les traditions). J’ai donc passé quelques jours dans le Jura avant de rentrer à Paris cette nuit et d’attaquer ces deux mois de recherche de maison et de déménagement. Il va falloir mettre un peu de côté les superbes livres reçus à Noël ainsi que ma Switch maintenant pourvue de Mario Odyssey et de Zelda, tous deux passionnants et très chronophages (mais géniaux !).

J’espère que vous avez tous passé de bonnes fêtes et je vous souhaite un très beau mois de janvier et une bonne année 2018 !

La parenthèse 7ème art – Novembre 2017

Bon.
Novembre a été un mois misérable pour le cinéma. Seulement quatre films, ce qui est juste misérable. Promis, je me rattrape en décembre !

  1. Jalouse, de David et Stéphane Foenkinos

Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme. (Allociné)

Jalouse (affiche)

Le programme ciné ne m’inspirait guère en ce début novembre (malheureusement, de nombreux films me faisant très envie sont ensuite sortis sans que je ne trouve vraiment le temps (ou le courage) d’aller les voir), je me suis donc rabattue sur ce film sur lequel je ne projetais pas de grandes espérances. C’est une comédie parfaite pour se vider la tête. Karin Viard se révèle parfaitement insupportable par sa jalousie dévorante (même si certaines répliques acides sont assez amusantes). Elle n’a toutefois pas réussi à s’attirer beaucoup de mon affection. Si je peux comprendre son mal-être et l’impulsivité née du malheur qui nous fait dire des choses immédiatement regrettées, sa jalousie devient un peu trop malsaine et méchante. En outre, on tourne un peu en rond jusqu’au dernier quart d’heure. Avant cela, c’est parole vacharde sur allusion désagréable pour qu’on soit bien sûrs que personne n’est épargné, mais j’ai fini par me lasser et souhaiter que le film avance.
Les seconds rôles sont très convaincants. J’ai notamment relevé Anne Dorval et Marie-Julie Baup, la nouvelle compagne de son ex-mari, présenté tout d’abord comme une cruche, méprisée par l’universitaire qu’est Karin Viard, mais qui se révèle très humaine, amusante et intuitive lorsqu’on la découvre par les yeux de sa belle-fille.
Je n’ai pas énormément de choses à dire sur ce film dont je ne garderai pas longtemps un souvenir précis, la faute résidant sans doute principalement dans le fait que je n’ai pas été touchée par le personnage de Nathalie Pêcheux.

  1. Les conquérantes (VO : Die Göttliche Ordnung), de Petra Biondina Volpe

Woodstock, Flower Power, Révolution Sexuelle: trois ans se sont écoulés depuis mai 68 mais la vague de libération ne semble pas avoir atteint le petit village suisse d’Appenzell. En mère au foyer exemplaire, Nora ne conçoit d’ailleurs pas sa vie autrement. Pourtant, à l’approche d’un référendum sur le droit de vote des femmes, un doute l’assaille : et si elles s’affirmaient davantage face aux hommes ? A mesure que Nora propage ses drôles d’idées, un désir de changement s’empare du village, jusque chez les plus récalcitrantes…(Allociné)

Les conquérantes (affiche)

Les conquérantes m’a beaucoup fait penser au film Pride de Matthew Warchus (déjà juste pour voir une Ombrage (Imelda Staunton) et un Moriarty (Andrew Scott) doux et gentils comme des agneaux, il est chouette à voir !) qui raconte l’union entre des mineurs du pays de Galles et une association LGBT en 1984. Si le sujet est évidemment différent, les deux films racontent une lutte pour des droits et ils font du bien. On s’attache aux personnages, on les rejoint dans leur combat et on est bien heureux de voir leur amitié naître et se solidifier ainsi que de les voir triompher. (En tout cas, c’est l’effet que ça me fait…)

Pride (film)

Revenons à nos conquérantes. Nous sommes donc en Suisse en 1971 et les femmes n’ont toujours pas le droit de vote (en réalité, certains cantons l’accordaient déjà depuis 1959 (et celui d’Appenzell Rhodes-Intérieures attendra 1991 (!) pour l’accorder), mais ce n’était pas encore acté au niveau fédéral), mais un vote (masculin) devant décider de leur accorder ou non approche à grands pas. A première vue, Nora se fiche bien de voter ou pas, mais quelques événements venant bouleverser son quotidien de femme au foyer viennent également bousculer ses convictions (ou son absence de conviction). Elle réalise à quel point les femmes sont dépendantes des hommes et commence à froncer les sourcils. Avec deux autres femmes du village, Graziella (qui a en plus la malchance d’être immigrée italienne) et Vroni (qui clame fièrement qu’elle avait déjà voté « oui » en 1959), elles s’entraînent mutuellement dans une lutte qui vient bousculer « l’ordre divin » (le titre en VO du film).
Les conquérantes est vraiment un excellent film porté par un très bon scénario. Tout d’abord, il est très drôle. On rit beaucoup même si certaines situations ne sont pas amusantes pour un sou. Un parfait équilibre entre le drame et la comédie. Et en plus de cet humour, il est tout simplement passionnant. Parallèlement à cette lutte contre le patriarcat, nous suivons également les prises de conscience et le cheminement progressif de notre héroïne. J’ai été parfois abasourdie par cette époque pas si lointaine où les femmes étaient muselées et attachées au foyer (ce n’était pas une découverte, mais c’est à chaque fois un étourdissement).
Les actrices crèvent l’écran avec en tête Marie Leuenberger dans le rôle de Nora et Sibylle Brunner dans celui de Vroni. Si l’on peut sans doute trouver quelques situations prévisibles, je trouve que les personnages ne tombent pas trop dans la caricature (même si la réalisatrice a fait en sorte d’utiliser au mieux ses femmes pour nous présenter tout un échantillon : la femme contre le droit de vote, l’immigrée, etc.). Elles sont attachantes, parfois maladroites, elles bravent leur timidité et les pudeurs enseignées depuis des générations, et j’ai tout autant aimé la solidarité qui les unit peu à peu.
Film intelligent et plein d’humour, véritable feel good movie, ces Conquérantes sont décidément des femmes à rencontrer !

  1. Justice League, de Zack Snyder

Après avoir retrouvé foi en l’humanité, Bruce Wayne, inspiré par l’altruisme de Superman, sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d’une attaque apocalyptique… (Allociné)

Justice League (affiche)

Ça y est, j’ai atteint l’écœurement des films de super-héros, que ce soit Marvel ou DC (et on peut même Star Wars dans la liste, ce sont des marques que je ne peux plus voir en peinture). Je me suis ennuyée d’un bout à l’autre du film et je n’ai pas pu retenir tous les soupirs que ce film m’a inspirés.
Je n’en peux plus de ces films où le scénario est tout le temps le même, où les dialogues ne changent pas. « Aaah, je vais tous vous écraser ! C’est la fin du monde ! » « Notre devoir est de sauver le monde.. » « On va tous mourir ! » « Ah ben non, personne n’est mort. » (Il y en a même certains qui ressuscitent, c’est plus pratique pour continuer à faire des milliers de films identiques sur eux.)
Les méchants sont plus ridicules les uns que les autres. Celui de Wonder Woman n’était déjà pas bien impressionnant, mais celui-là n’est pas crédible pour un sou. Il s’approche de celui du dernier X-men, le bonhomme violet censé amener l’apocalypse. Les scènes de combat n’en finissent pas, mais on connaît quand même bien la fin. Peu importe le nombre de fois que les héros auront été encastrés dans les murs.
Remarque, les héros ne sont pas vraiment plus convaincants. J’ai essayé, hein, mais je ne suis pas parvenue à voir autre chose que des hommes qui font des grandes phrases et qui se prennent beaucoup trop au sérieux. L’humour de Flash tombe à plat (désolée, Ezra, j’aurais tellement aimé apprécier ton rôle !) et j’ai franchement eu envie de claquer Diana. Son histoire d’amour avec le mec qui meurt dans Wonder Woman ne m’avait vraiment pas émue, mais qu’elle vienne me dire, CENT ANS APRES, qu’elle ne s’est pas remise de son crush de trois jours… c’est un peu too much. Et Batman qui se pleure dessus… Ah, ces âmes torturées… Dommage qu’ils ne soient absolument pas crédibles.
Bref. Vous avez compris, je me suis ennuyée et je suis en overdose totale.

  1. Battle of the Sexes, de Jonathan Dayton et Valerie Faris

1972, la championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple… (Allociné)

Battle of the sexes (affiche)

Heureusement que ce film est venu relever le niveau du précédent… J’ai trouvé ce second film féministe du mois très bon.
Je parlais de la crédibilité absente des acteurs dans Justice League, j’ai ici été bluffée par Emma Stone. Ses cheveux noirs et ses lunettes la rendent suffisamment méconnaissable pour que je me laisse totalement aller à suivre l’histoire de Billie Jean King. Et son jeu est tout simplement formidable.
Ce sont deux aventures, l’une professionnelle, l’autre personnelle, qui se mêlent dans cette histoire. 1972 a dû être l’une des années les plus importantes de sa vie. Dans sa vie publique, BJK se bat pour les femmes, pour une égalité de traitement et pour un véritable respect, tandis que, dans sa vie privée, elle découvre son homosexualité à une époque où celle-ci n’est pas très bien considérée et se retrouve déchirée entre son amante et son mari (compréhensif et attentif au possible).
Le bouffon phallocrate, Bobby Riggs, joué par Steve Carell, est tout aussi convaincant. Bien qu’il soit irritant au possible, il n’est pas aussi fort (ni aussi misogyne) qu’il tente de le faire croire. Comme Billie Jean, il a ses faiblesses et les deux réalisateurs ne se contentent pas de nous le présenter comme le macho à détester, nous montrant toutes les facettes du personnage, y compris les plus touchantes.
On se laisse prendre par le film. Peu à peu, j’ai été captivée par la volonté et le courage de Billie Jean King tout en découvrant le personnage progressivement créé par Bobby Riggs après sa mise à la retraite. Un peu de tension vers la fin jusqu’à l’apogée du film : le match qui les oppose et la victoire de Billie Jean, nouvelle marche dans la lutte féministe.
Cette plongée dans le monde du tennis des années 1970 m’a permis de découvrir une histoire vraie dont je n’avais jamais entendu parler. Ce n’est pas seulement un épisode de l’histoire du sport, c’est surtout un épisode de l’histoire de l’égalité entre les femmes et les hommes.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Je vous souhaite un beau mois de décembre dans les salles de cinéma !

C’est le 1er, je balance tout ! # 11 – Novembre 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

Quoi ? Novembre est fini, mais où est passé novembre ?! Nous voilà déjà en décembre, période de salon du livre de Montreuil, de Noël et de cadeaux, mais ça, ce sera pour le mois prochain. Parlons plutôt de ce mois qui a filé à toute vitesse et de ce bilan qui risque de filer tout aussi vite.

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Huit livres lus, ce n’est pas énorme, mais certains sont de jolis pavés, ce qui a enfin fait baisser ma PAL en longueur plutôt qu’en nombre…

Côté Top… Beaucoup d’excellentes lectures ce mois-ci, à commencer par le sublime, l’envoûtant, le sombre, le passionnant Jonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke. Je ne m’y attarde pas car ma critique a déjà été publiée.
J’ai également découvert grâce à Babelio l’œuvre étonnante de Brian Selznick avec Le musée des merveilles et Les Marvels. Ces romans en mots et en images m’ont émerveillée et transportée dans des lieux hors du monde et du temps. Je suis curieuse de découvrir le célèbre L’invention d’Hugo Cabret.
J’ai retrouvé la gouaille et la malchance de Benjamin Malaussène avec La fée carabine, de Daniel Pennac. Des personnages terriblement attachants, une enquête policière pleine d’humour, la balade dans Belleville, et surtout le plaisir de la langue et des images, ce second tome confirme le coup de cœur que j’avais eu avec Au bonheur des ogres.
Enfin, THE surprise. Ça, de Stephen King. Je pensais bien que j’allais aimer, mais je ne pensais autant aimer. Je l’ai trouvé magnifique, plein de belles réflexions sur l’enfance, sur le fait de grandir, sur les regards portés par les uns et les autres sur le monde. Plus qu’un livre d’horreur, c’est une superbe histoire d’amitié et j’ai eu vraiment du mal à quitter cette bande de gosses.

Côté Flop… Je n’ai pas de flop ce mois-ci, mais si je fais le bilan (et c’est bien ce que je suis en train de faire), le livre que j’ai le moins aimé, c’est – je ne pensais jamais dire ça un jour – celui de Clémentine Beauvais… Comme des images ne m’a pas déplu, mais il m’a laissée quelque peu partagée. Et quelques semaines après ma lecture, ce sentiment se confirme dans le fait que je n’en pense plus grand-chose…

 Côté challenges,

  • Coupe des 4 maisons : 720 + 250 points, soit 970 points pour Serpentard ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 3, soit 21/60

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Désolée, je n’ai pas énormément d’articles à partager avec vous, je n’ai pas été autant présente que d’habitude sur vos blogs.
Toutefois, Cha’ a su trouver les mots justes pour parler d’Orgueil et Préjugés d’une manière qui m’a donné envie de le ressortir direct de l’étagère.
J’ai également eu un coup de cœur pour l’article de Fée moi lire sur Pierre Bottero et le féminisme. C’est l’un de mes auteurs préférés, Ewilan et Ellana ont accompagné mon enfance et mon adolescence (et je prends toujours autant de plaisir à les retrouver) et je trouve qu’elle en parle merveilleusement bien.

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

J’ai adoré l’article « La Récolteuse grandit » de La Récolteuse de mots, un bilan hyper complet pour le premier anniversaire de son blog et c’est juste le bilan le plus touchant que je n’ai jamais lu. On retrouve totalement la plume de celle qui anime ce blog incroyable (que je vous invite mille fois à découvrir si ce n’est pas encore fait), pleine d’intelligence et de sensibilité. En prime : une petite histoire très jolie et émouvante, origine du nom de son blog.
Une nouvelle fois, je dois citer une BD d’Emma qui parle avec intelligence et pertinence de la phrase parfois déstabilisante qu’est « Mais détends-toi ! » et la manipulation qu’elle sous-tend.

« Nous exécutons un numéro d’équilibriste quotidien, coincées entre les injonctions à savoir se défendre et les accusations d’hystérie quand nous le faisons. » (Emma)

Le Petit Pingouin Vert a rendu un très bel hommage au film bouleversant et débordant de vie qu’est 120 battements par minutes. Par ces quelques mots, Alexandre a ressuscité toutes les émotions que ce petit chef-d’œuvre m’avait fait vivre.
Enfin, je suis tombée sur cette pétition contre la règle « Le masculin l’emporte sur le féminin » et j’ai eu la surprise et le plaisir de tomber sur pas moins de cinq profs (même s’il y en a deux que je ne connais pas) de mon ancien petit lycée jurassien ! Même si je ne sais pas encore trop quelle écriture adopter (je crois avoir publié quelques articles avec la règle de proximité, mais ce n’est pas encore évident, et globalement, j’accorde comme on m’a appris à le faire), je suis tout à fait d’accord avec leur démarche et j’ai été ravie de trouver leurs noms dans cette liste !

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai travaillé.
C’est pas vraiment stupéfiant, mais du coup, je n’ai pas eu le temps de faire bien grand-chose d’autre. Mais j’ai quand même eu le temps de craquer (après deux jours de réflexions si intenses à peser le pour et le contre que j’ai failli dérailler) et de m’offrir la Nintendo Switch ! J’ai été un peu raisonnable et j’ai simplement acheté Mario Kart pour me vider la tête après le boulot avec une ou deux courses avec Monsieur. Mario Odyssey et Zelda seront, j’espère, pour Noël !
Et j’ai quand même une nouvelle qui a illuminé la fin novembre : ON PAAAART DE PARIS ! Enfin. Je vais quitter cette ville que je ne supporte plus. Donc aux alentours de fin février/début mars, je serai bretonne puisque nous partons vers Rennes !
(Ah, et aussi, Julia m’a citée dans son « C’est le 1er » (enfin, le 6 dans son cas !) d’octobre et ça fait quand même drôlement plaisir !)

Je vous souhaite un beau mois de décembre et j’espère croiser peut-être certains ou certaines d’entre vous à Montreuil !

Et vous, qu’avez-vous fait de beau en novembre ?

La parenthèse 7ème art – Octobre 2017

Un mois d’octobre qui a fait la part belle au cinéma français !

  1. Demain et tous les autres jours, de Noémie Lvovsky

Mathilde a 9 ans. Ses parents sont séparés. Elle vit seule avec sa mère, une personne fragile à la frontière de la folie. C’est l’histoire d’un amour unique entre une fille et sa mère que le film nous raconte. (Allociné)

Demain et tous les autres jours (affiche)

Le mois d’octobre commence mal… Je n’ai pas du tout accroché à ce film. Ça ne partait pourtant pas trop mal avec ce duo mère/fille, la folie de la mère qui se dessine peu à peu, les responsabilités assumées par la fillette… Un ton au départ quelque peu burlesque qui s’assombrit rapidement, un petit côté En attendant Bojangles en moins réussi… La touche de fantastique avec cette chouette parlante ne m’a pas convaincue et des longueurs s’installent. Ce n’est pas un film qui me laissera un souvenir pérenne, en dépit de certains moments très réussis. Des passages dans lesquels on sent l’amour de Mathilde pour sa mère, mais aussi son désir douloureux d’avoir une vraie mère, une mère qui protège, qui ordonne parfois, une mère forte, une mère présente.

  1. Nos années folles, d’André Téchiné

La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul… (Allociné)

Nos années folles (affiche)

Cette histoire vraie avait tout pour me plaire (j’avais d’ailleurs beaucoup aimé la bande dessinée de Chloé Cruchaudet, Mauvais genre, inspirée de la même histoire). Et ce fut globalement le cas… à une exception près. Le comportement de Paul, parfois horripilant. Certes, les épreuves affrontées pendant la guerre et les années suivantes permettent parfois de l’expliquer, de comprendre sa détresse psychologique, mais cela m’a tout de même un peu empêché de ressentir de l’empathie pour le personnage. Sa jalousie, sa manière de traiter la femme qui a menti pour lui, qui l’a aidé, qui l’a soutenu… Crispant.
Autres petits reproches : les allers-retours dans le temps un peu déstabilisants au début, mais on finit par s’y faire et le nombre de sujets abordés et un peu survolés à cause de la durée (plutôt courte) du film. Mais Nos années folles restent un bon film, porté par une intéressante mise en abîme par le biais du théâtre et par le jeu de Pierre Deladonchamps, Céline Sallette et Michel Fau, tous trois très justes et convaincants.

  1. Le sens de la fête, d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17e siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné. Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête. (Allociné)

Le sens de la fête (affiche)

Le sens de la fête n’est pas un film que je serais allée voir toute seule, n’étant pas grande amatrice de comédies. De plus, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve ne font pas partie de mes acteurs favoris, mais je comptais sur Jean-Pierre Bacri et Suzanne Clément (actrice que j’ai découverte grâce aux films de Xavier Dolan) pour faire pencher la balance. Et quoi que j’en dise, cette séance ne fut pas une torture. Ce n’est pas le film de l’année et certaines scènes sont très convenues et prévisibles, mais d’autres sont parvenues à me faire sourire. L’humour caustique et désabusé de Bacri a plutôt bien marché sur moi. On prend plaisir à découvrir sa bande de bras cassés et les différentes personnalités, parfois un peu bancales. Celles-ci sonnent parfois plutôt justes, mais sont aussi parfois un peu stéréotypées, ce qui est dommage. Le rythme est suffisamment vif pour que l’on ne s’ennuie pas. Bref, un film divertissant et un bon moment.

  1. Une suite qui dérange : le temps de l’action (VO : An Inconvenient Sequel : Truth to Power), de Bonni Cohen et Jon Shenk

L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale. Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants : alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes. (Allociné)

Une suite qui dérange (affiche)

Même si je n’ai pas (encore) vu Une vérité qui dérange, le premier film d’Al Gore sorti en 2006, Une suite qui dérange m’intéressait totalement… même si je pressentais bien qu’il n’allait pas être très réjouissant. Je m’attendais à un documentaire classique avec voix off et non pas à suivre ainsi Al Gore dans les coulisses de son combat. Ce choix s’est révélé parfois un peu agaçant et narcissique, parfois passionnant. Il se démène pour amener à une prise de conscience à travers le monde entier, mais je regrette qu’il ne présente pas tant de solutions que ça (à part le solaire et l’éolien). Je ne sais pas s’il touchera des climatosceptiques, je pense que c’est le genre de film qui ne prêche que des convaincus, mais c’est toujours intéressant (et un peu déprimant). Il y a des scènes qui m’ont laissée abasourdie (les « rain bombs » s’abattant sur les villes ou la fonte des glaces), d’autres dubitative, comme ce long passage sur les attentats de Paris (le rapport me semble assez ténu quand même…). Un documentaire intéressant, même s’il fait davantage le portrait d’un homme qu’un véritable point sur la situation.

  1. Barbara, de Mathieu Amalric

Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l’envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle. (Allociné)

Barbara (affiche)

Je ne connais pas particulièrement Barbara et ses chansons, ne comptez donc pas pour moi pour vous dire si Jeanne Balibar est convaincante dans ce rôle. Ce n’est même pas un film que je comptais aller voir, cette mode des biopics me laissant un peu de marbre, mais l’occasion s’est finalement présentée.
J’étais intriguée par la mise en abîme originale proposée par Amalric, le film n’étant pas un biopic classique, mais montrant un projet de biopic tourné par un réalisateur joué par Amalric. Le film fascine par la façon dont l’actrice principale et le réalisateur sont happés par ce rôle, par la présence d’une Barbara ressuscitée. Jeanne Balibar est plutôt convaincante, bien qu’irritante parfois, tout comme Mathieu Amalric.
Néanmoins, je lui ai tout de même trouvé quelques longueurs (sur un film d’1h35, il faut le faire), des passages décousus et/ou inintéressants, j’ai été un peu perdue sur l’identité de certains personnages secondaires et j’avoue avoir décroché sur la fin. Globalement, et en dépit de quelques points positifs, ce fut une déception qui sera vite oubliée.

  1. Ça (VO : It), d’Andy Muschietti

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou…  (Allociné)

Ça (affiche)

Ah, LE film de cet automne ! D’un côté, j’avais très envie de voir Ça, notamment pour la prestation de Bill Skarsgård qui semblait démente. D’un autre côté, je n’avais pas tellement envie parce que j’avais la frousse (les films d’horreur et moi, on n’est pas copains vu que je sursaute déjà dès que quelqu’un arrive derrière mon dos, ou parle quand je ne m’y attends pas, ou klaxonne à côté de moi, ou… bref, vous avez saisi). Je me suis un peu préparée en regardant le téléfilm (histoire de repérer les passages potentiellement flippants, tout ça), téléfilm qui ne m’a pas déplu même s’il a vieilli et si ce brave Tim Curry n’est pas effrayant pour un sou. C’est donc les jambes flageolantes d’appréhension (et avec l’impression de repousser mes limites) que je suis allée au cinéma, c’est donc les poings serrés et le corps crispé que j’ai passé la séance. Il paraît que ce n’est pas un film d’horreur, mais ça l’est largement assez pour moi !
Malgré tout… j’ai adoré ! Certes, les jumpscares ont parfaitement fonctionné puisque j’ai sursauté quasiment à chaque fois qu’il fallait sursauter (oui, je sais, ils sont prévisibles, mais quand même…). Mais à part beaucoup de sursauts, je n’ai pas eu si peur que ça (une fois que le clown est visible et que plus rien ne saute sur les gamins, c’est bon, aussi moche ou effrayante soit son apparence au moment dit) et j’ai plein de compliments à faire à ce film :

  • Il est beau: j’ai adoré les décors, les couleurs, tout ce qui participe à l’ambiance glauque qui règne à Derry (d’ailleurs les adultes sont aussi – voire plus – monstrueux que Pennywise) ;
  • Les gosses jouent très bien, ils sont adorables, drôles, attachants, et c’est aussi une belle histoire d’amitié qui se dessine ici (mais je me serais bien passé de la Beverly, princesse sauvée d’un baiser…) ;
  • Le film nous fait passer de l’épouvante (enfin, moi, en tout cas) au rire: légèreté et gravité se mêlent et c’est un soulagement de se détendre de temps en temps avec une scène amusante ou attendrissante.
  • Bill Skarsgård est génialement malsain: il est décalé, dérangeant et à aucun moment sympathique, son sourire est particulièrement flippant et chacune de ses apparitions transcende le film.

Je n’ai pas encore lu le livre, mais c’est prévu pour tout bientôt. Toutefois, de ce que je sais de l’histoire (grâce au téléfilm ou à des critiques que j’ai pu lire), j’ai quelques appréhensions quant au chapitre deux, notamment par rapport au fait qu’ils oublient Ça en grandissant, donc j’espère que ce ne sera pas un film constitué de 50% de flash-backs. Idem pour Henry Bowers qui est aussi censé être présent… Enfin, on verra bien, j’ai adoré ce chapitre un que je reverrai avec plaisir et, maintenant, la prochaine étape pour moi est de lire le roman de Stephen King !

  1. La Passion Van Gogh (VO : Loving Vincent), de Dorota Kobiela et Hugh Welchman

Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère. (Allociné)

La Passion Van Gogh (affiche)

Magnifique ! Ce film d’animation est un chef-d’œuvre et fait clairement partie de mes coups de cœur de l’année.
Premièrement, ce film est superbe, esthétiquement parlant. Tout le film a été peint – travail extraordinaire – et cela lui donne un cachet fabuleux. Plus de 62 000 plans peints à la main, à l’huile « façon Van Gogh » pour un résultat sublime. En se basant sur bon nombre de tableaux de Van Gogh, les artistes lui rendent un bel hommage et donnent vie à ses toiles. Les flash-backs en noir et blanc, mais peints eux aussi, sont tout aussi réussis.
On reconnaît d’ailleurs les acteurs et actrices ayant donné vie aux personnages puisque les scènes ont d’abord été filmées pour de vrai. Par exemple, le docteur Gachet est joué par Jerome Flynn et il est facile de retrouver Bronn sous la peinture !

Deuxièmement, l’histoire est tout à fait prenante. Intrigue policière, c’est une véritable enquête qui sème le doute sur la mort du célèbre peintre néerlandais. Armand Roulin se rend auprès de tous ceux qui l’ont connu pour tenter de percer le mystère de cet étrange suicide. Tous lui parlent du Vincent qu’ils ont connu, de ce Vincent qui, lui, ne s’exprime qu’à travers ses lettres et ses toiles.
La Passion Van Gogh est un film d’animation passionnant et visuellement éblouissant. La technique choisit nous immerge dans l’œuvre du peintre tout en nous faisant vivre ses derniers jours.

  1. Knock, de Lorraine Levy

Knock, un ex-filou repenti devenu médecin diplômé, arrive dans le petit village de Saint-Maurice pour appliquer une « méthode » destinée à faire sa fortune : il va convaincre la population que tout bien portant est un malade qui s’ignore. Et pour cela, trouver à chacun la maladie réelle ou imaginaire dont il souffre. Passé maître dans l’art de la séduction et de la manipulation, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais il est rattrapé par deux choses qu’il n’avait pas prévues : les sentiments du cœur et un sombre individu issu de son passé venu le faire chanter. (Allociné)

Knock (affiche)

Comme pour Le sens de la fête, Knock n’est pas un film que je serais allée voir si une amie ne me l’avait pas proposé. Parce que les comédies et moi, ça fait deux (et j’en ai déjà vu une ce mois-ci avec Le sens de la fête). Je n’ai pas lu le livre qui traîne pourtant dans ma PAL depuis une éternité et je ne connais de Knock pas grand-chose de plus que le célèbre « Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? », donc je n’établirai aucune comparaison avec la pièce de Jules Romains.
Je n’ai pas passé un mauvais moment, mais le film est assez convenu et il ne nous surprend jamais dans les directions qu’il prend. J’avoue avoir été presque surprise par le happy end : dans mon esprit, tout cela devait mal se finir.
Deux éléments m’ont toutefois beaucoup agacée. Le premier est l’inévitable coup de foudre. J’y suis résignée, mais j’en suis totalement lassée. Le second est ce rôle de femme frustrée qui se déshabille devant l’homme qui l’attire et, une fois ses avances repoussées, va se plaindre de tentative de viol. C’est une situation trop souvent mise en scène et que je ne trouve pas drôle du tout. Comment être surprise que la parole des femmes violées soit mise en doute quand les films montrent des menteuses prêtes à tout pour se venger ?
Ceci mis à part, la rencontre avec ces villageois hauts en couleur est sympathique, le docteur joué par Omar Sy est finalement bien plus rempli d’humanité que sa petite arnaque ne le laissait présager : un film sans prise de tête.

  1. Zombillénium, d’Arthur de Pins et Alexis Ducord

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et s’il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ? (Allociné)

Zombillénium (affiche)

Ne connaissant pas la BD, je ne m’étais pas intéressée plus que ça à la sortie de ce film d’animation… et quelle bonne surprise ce fut !
Le graphisme m’a tout d’abord laissée dubitative avant de me convaincre. Je l’ai finalement trouvé plutôt beau ! Je signale également le générique de début qui montre la naissance du parc : je le trouve extrêmement bien fait et pertinent en plus d’être passionnant.
Certains éléments humoristiques sont très bien trouvés, ce monde des morts et des monstres faisant souvent écho au nôtre. Le cerbère, avec sa troisième tête yorkshire prête à s’attaquer à plus gros qu’elle, est très bien trouvé et m’a beaucoup fait rire. Certes, si vous voulez des monstres flippants, vous n’êtes pas au bon endroit puisqu’ils sont tous très sympathiques… à l’exception des vampires, totalement insupportables et imbus de leur personne.
Zombillénium est aussi un film intelligent et ne s’interdit pas de dénoncer le capitalisme et la discrimination dans le monde du travail. Rien que ça ! Ajoutons une BO qui tient bien la route et on obtient un très bon film d’animation rythmé et drôle !
Entouré par Le monde secret des Emojis, My little pony et Opération casse-noisette 2, il relève bien la barre de ces sorties automnales dans le domaine du film d’animation.

  1. Ouvrir la voix, d’Amandine Gay

Ouvrir La Voix est un documentaire sur les femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles.  Le film est centré sur l’expérience de la différence en tant que femme noire et des clichés spécifiques liés à ces deux dimensions indissociables de notre identité « femme » et « noire ». Il y est notamment question des intersections de discriminations, d’art, de la pluralité de nos parcours de vies et de la nécessité de se réapproprier la narration. (Allociné)

Ouvrir la voix (affiche)

Ce documentaire qui offre la parole à des femmes d’origine africaine ou antillaise se révèle tout simplement passionnant. Deux heures en tête à tête et pas une minute d’ennui. On constate à travers les tranches de vie qu’elles partagent avec nous que le problème du racisme se pose dans toutes les strates de la société et dans tous les milieux. Leur première expérience du racisme donne le ton. Si je suis évidemment consciente de certains faits, je suis parfois restée bouche bée. Notamment face à cette absurde violation de leur intimité : des gens qui se permettent de leur toucher les cheveux. Comment peut-on avoir l’idée de se permettre d’une telle chose ? Les combats qu’elles doivent mener toute leur vie durant sont révoltants et pourtant elles ne s’apitoient pas sur elles-mêmes. Un film qui permet de relativiser certaines choses et de mesurer les privilèges dont, femme blanche, on bénéficie inconsciemment.
En abordant de multiples sujets, Amandine Gay offre avec ce film un témoignage important. A voir.

  1. Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire. (Allociné)

Au revoir là haut (affiche)

J’avais adoré Au revoir là-haut et j’étais curieuse de voir le film, même si je ne suis pas vraiment fan d’Albert Dupontel. De toute façon, je ne pouvais rater Nahuel Perez Biscayart, coup de cœur de 120 battements par minutes, dans le rôle de l’extravagant et impertinent Edouard Péricourt. J’avais à l’origine pensé relire le roman, ma lecture remontant à quatre ans, mais, en lisant ici ou là que de nombreuses scènes avaient été ajoutées, j’ai préféré m’abstenir. Et j’ai bien fait. Mon souvenir un peu flou m’a empêchée de comparer livre et film scène par scène et de juger durement l’adaptation.
Car finalement, je l’ai trouvée très fidèle au roman de Pierre Lemaitre. Effectivement, la folle aventure d’Edouard et Albert sont racontées à un gendarme marocain par Albert (récit enchâssé absent du roman), des raccourcis ont été faits, des rencontres ont été imaginées, même la fin a été légèrement modifiée, et pourtant, l’esprit du roman et des personnages était tout à fait respecté.
C’est aussi un régal pour les yeux. Les images sont soignées, les couleurs vives, le rythme dynamique tout comme la caméra qui tourne et danse d’un personnage à l’autre, la reconstruction du Paris de 1920 est stupéfiante. L’immersion est réussie à 100%.
Les masques sont superbes tout comme celui qui les porte. Un regard, une gestuelle exacerbée et des bruits de gorge, voilà ce avec quoi Nahuel Perez Biscayart a dû composer son personnage. Et il y parvient à merveille, donnant à Edouard une présence formidable. Exceptionnel.
Une adaptation fantastique, passionnante, haute en couleur, drôle, émouvante et visuellement stupéfiante !

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?

C’est le 1er, je balance tout ! # 10 – Octobre 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

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  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top, comment choisir ? Mes lectures ont été excellentes ce mois-ci. Ma plus grande découverte est sans aucun doute La guerre des salamandres de Karel Čapek, chef-d’œuvre de science-fiction, choisi (presque) au hasard dans une librairie alors que j’étais en panne de livres loin de ma PAL. Un roman visionnaire et politique publié en 1936 qui m’a tout simplement scotchée et dont je vous parle la semaine prochaine.
Mais il y a aussi ma relecture du troisième tome de A la croisée des mondes de Philip Pullman, la fin de l’attente avec le troisième tome de Génération K de Marine Carteron qui a eu le bonheur de me surprendre, le plaisir des retrouvailles avec Neil Gaiman et son Monarque de la vallée, le coup de cœur attendu de la Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite de Camille Emmanuelle et enfin le nouveau sublime roman en vers libre de Sarah Crossan, Moonrise.
Donc.
Comment choisir ?

Lyra et les oiseaux (couverture)Côté Flop, sans aucun doute, c’est Lyra et les oiseaux de Philip Pullman, qui remporte la palme. Une nouvelle qui prend place à Oxford deux ans après les événements du tome 3 de A la croisée des mondes. C’est très court, peu étoffé. Des documents sont étrangement insérés dans le livre et se révèlent franchement inutiles. L’histoire en elle-même n’a que peu d’intérêt et la brièveté du récit fait que je n’ai pas eu le temps de m’y intéresser.

 Côté challenges,

  • Coupe des 4 maisons : 240 + 480 points, soit 720 points pour Serpentard ;
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 3, soit 18/60.

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  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Charmant Petit Monstre m’a donné envie de me replonger dans l’œuvre de Cormac McCarthy (et de découvrir enfin ceux que je n’ai pas encore lus) grâce à sa chronique de No Country for Old Men.

Je ne suis pas dingue de nouvelles et pourtant, Le vent dans les pages m’a convaincue avec sa critique de Mort(s), un recueil publié par Les Artistes Fous. Cet ouvrage dont l’univers a tout pour me plaire m’intrigue au plus haut point !

Enfin, je ne me suis pas encore penchée sur le dernier Timothée de Fombelle, Neverland, mais si une personne m’a persuadée de le faire sous peu, c’est bien L’oiseau lit avec sa chronique sensible et touchante. Et puis, son écriture est juste magnifique.

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  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Je commence avec « Critères de beauté = ras le bol ! », une vidéo de Maud Bettina-Marie partagée lors du C’est le 1er d’octobre par La Tête en Claire, mais qui fait tellement chaud au cœur, qui est tellement intelligente et tellement motivante qu’il fallait absolument que je la repartage.

Je suis tombée, je ne sais comment, sur cette BD de Mirion Malle publiée sur son blog Commando Culotte en septembre 2016, « L’impunité des hommes (célèbres) ». J’ai notamment été sciée par la liste qu’elle fait à la fin. Leurs actes n’ont aucune conséquence sur leur carrière ou l’amour du public pour eux, la plupart des faits sont d’ailleurs tout à fait ignorés du grand public (même les accusations portées à Woody Allen m’étaient passées sous le nez jusqu’à cet été, je sais que je vis parfois loin de la Terre, mais quand même…). Une petite bande dessinée très instructive.

Buffy Mars nous parle de l’écriture inclusive : c’est clair, c’est efficace… et ça donne des arguments simples pour celles et ceux qui ont tendance à bafouiller et à oublier toutes les bonnes raisons de faire telle ou telle chose dans une confrontation IRL.

Je remercie aussi Lupiot de m’avoir fait découvrir ce nouveau prix de littérature jeunesse, le prix Vendredi dont j’étais malheureusement complètement passée à côté… (Je suis en plus ravie de constater au vu des commentaires que je ne suis pas la seule à être restée perplexe face à ce nom.)

Enfin, Pauline du blog Histoires vermoulues m’a fait regarder avec tendresse et nostalgie sur ces longues années passées en compagnie d’Harry Potter. Une belle histoire dans laquelle je me retrouve énormément.

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  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Voyons…
J’ai survécu à Ça. Avec plaisir en plus. (Non, je ne suis pas copine avec les films d’horreur.)
J’ai enfin vu la saison 7 de Game of Thrones ET la dernière saison d’Orphan Black (avec un petit pincement au cœur). Je vais maintenant pouvoir attaquer la saison 3 de Twin Peaks.
Je me suis inscrite au challenge Read in English sur Livraddict pour tenter de lire un peu plus en anglais, plaisir redécouvert récemment avec The Broken Bridge, One et Moonrise. (Dommage, j’ai lu ces livres avant mon inscription.)
J’ai commencé à tenir un journal de lecture. Merci Victoria !

Bref, pas grand-chose comme vous pouvez le voir.

Je me suis également interrogée sur le fait de continuer ou pas le blog car je doute franchement de son intérêt (et mes échecs successifs pour lui offrir une bannière et un avatar dignes de ce nom ne m’ont pas réconfortée). Mais je prends quand même du plaisir à le tenir, ce qui est l’essentiel à mes yeux, je vais donc le maintenir pour l’instant. (Le chanceux a survécu à cette période de doute, il est en sursis jusqu’à la prochaine !)
En revanche, j’ai un peu réduit le rythme de publication, passant d’une chronique tous les trois jours à deux chroniques par semaine (mercredi et samedi). Ainsi, pas de pression, cela étale davantage mes chroniques et me laisse davantage de temps notamment pour lire des pavés et/ou des classiques dont je repousse sans cesse la lecture. J’ai ainsi pu m’attaquer l’énorme brique de Susanna Clarke, Jonathan Strange & Mr Norrell.

Jonathan Strange & Mr Norrell (couverture)

Voilà pour ce bilan mensuel, je vous souhaite à tous un beau mois de novembre et m’en vais de ce pas découvrir VOS bilans !

La parenthèse 7ème art – Septembre 2017

Le mois de septembre fait la part belle aux films américains ! Heureusement que deux films, l’un français, l’autre japonais, viennent un peu étoffer cette rétrospective.

  1. 120 battements par minute, de Robin Campillo

 Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean. (Allociné)

120 BPM

LE film que j’attendais. J’ai vu la bande-annonce quasiment avant chaque séance pendant deux mois et je ne m’en suis jamais lassée. Et une fois devant, quel bonheur ! 120 BPM s’est révélé totalement à la hauteur de mes attentes. (J’avoue que j’avais une légère crainte, par rapport à toutes les critiques dithyrambiques entendues ici et là…)
Avec un œil quasi documentaire, Robin Campillo replonge dans son passé de militant à coup de RH (réunions hebdomadaires) et d’actions coup de poing. On aurait pu croire que les réunions d’une asso étaient ennuyeuses à filmer, mais pas celles d’Act Up en tout cas. L’humour est là, les débats font rage et les opinions divergent, notamment entre le fondateur Thibaud, le diplomate, le bavard, et Sean, le fiévreux, le radical qui réclame de l’action. Mais le soutien ne faiblit jamais et on se serre toujours les coudes. Leur colère est palpable, leur souffrance, leur frustration et l’urgence de la situation aussi. Plongée dans ces années noires où le SIDA tuait sans faire de vagues. Emotions brutes. Témoignage d’un combat qui ne doit pas être oublié et qui doit continuer.
Au milieu de tout ça, il y a l’intime, il y a l’amour, il y a Sean et Nathan. Le premier (Nahuel Perez Biscayart, magnifique), est un enragé, un engagé, un agité, un passionné. Le second (Arnaud Valois, touchant), petit nouveau dans l’association, doux, rassurant, imposant malgré lui, tombe vite sous son charme. Leur histoire est belle, brûlante, poignante, tendre, vraie. Autour d’eux, le reste de l’association, des acteurs et des actrices charismatiques, éblouissants, bouleversants.
Des scènes poétiques, imagées viennent lier le tout : gros plans, sorties en boîte de nuit et lumières kaléidoscopiques, la danse pour rester vivants, la Seine rougie par le faux sang (projet irréalisable d’Act Up enfin réalisé)…
Juste du début à la fin, sans fausse note pendant 2h20, 120 battements par minute est un film incroyable, sans aucun doute l’un des meilleurs de l’année. Je m’attendais à prendre une claque, mais c’est un bon gros coup de poing que m’a donné ce film sublime, puissant, sensuel, vibrant, vivant.

  1. Patti Cake$, de Geremy Jasper

Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son Dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’une battle sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial. (Allociné)

Patti Cakes (affiche)

Même si le rap n’est absolument pas ma tasse de thé, ce film m’intriguait, ne serait-ce en premier lieu pour son héroïne hors norme comme il est plaisant d’en voir au cinéma. Patti (Danielle Macdonald) est une jeune femme attachante et l’on s’identifie rapidement à elle, à ses problèmes, à ses rêves. Elle a envie d’autre chose que le New Jersey miteux et les galères qui font sa vie. Au cours du film, elle va peu à peu se forger sa propre identité, trouver sa propre personnalité, notamment en se détachant de son idole OZ. Son talent va éclore progressivement, ignorant les critiques adressées à sa corpulence, à sa couleur de peau ou à ses textes. Le second personnage qui se détache vraiment à mes yeux est Basterd (joué par Mamoudou Athie). Un laissé-pour-compte timide et magnétique, avec son regard doux et sa voix grave trop rarement entendue.
Les points négatifs du film, ceux qui m’ont un peu lassée, sont le côté vulgaire et sexuel du rap (finalement, seul le dernier morceau de Patti m’a plu, pour ses paroles) et le comportement de sa mère. Certes, ça met du piquant et je comprends les frustrations qui ont amené Barb à se conduire ainsi, mais j’ai vraiment du mal avec les personnages de mères qui insultent, voire humilient leurs filles. Cela n’empêche pas qu’il y a un peu d’amour entre elles, mais ce genre de relation m’échappe totalement.
Patti Cake$ est un film sympathique, enthousiasmant et positif. A travers le personnage de Patricia, cette comédie dramatique  nous encourage tous à trouver notre propre voix/voie.

  1. Seven Sisters (VO : What Happened to Monday?), de Tommy Wirkola

2073, La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement… (Allociné)

Seven Sisters (affiche)

Voilà un film que j’avais repéré depuis longtemps ! A la fois pour son actrice principale et pour son synopsis, je pressentais que Seven Sisters allait me plaire. Et mes attentes n’ont pas été déçues !
Parlons d’abord du cadre. Je m’aperçois que j’apprécie vraiment découvrir de nouvelles dystopies, que ce soit dans la littérature ou au cinéma (pour les films, je me souviens d’ailleurs avoir eu une grosse fringale du genre il y a quelques années). J’adore me poser cette question « Et si… ? » Mais en plus de créer un univers comme je les aime, le futur imaginé dans Seven Sisters est un futur qui me parle et qui m’effraie. La surpopulation me semble déjà un problème actuel et je ne suis pas très positive quant au futur de l’humanité.
Ensuite, Noomi Rapace est sept fois incroyable. Elle incarne sept sœurs aux caractères bien distincts. Même si certaines restent plus effacées et inconnues que d’autres, on identifie rapidement qui est qui. Le rythme d’enfer du film arrive tout de même à laisser de la place à la psychologie des sœurs, ce qui j’ai trouvé très appréciable. Certes, elles ne sont pas toujours très étoffées et l’accent est souvent mis sur un trait de leur personnalité, mais cela semblait inévitable avec un film de deux heures.
On ne s’ennuie pas une seconde et même si certains « secrets » n’en sont pas vraiment (on se doute bien de ce que deviennent les enfants cryogénisés : simple question de logique et de place), Seven Sisters a réussi à me surprendre plus d’une fois. Et si je me suis parfois posée quelques questions (du genre comment, dans un monde hyper rationné et surveillé, leur grand-père a-t-il pu nourrir huit personnes au nez et à la barbe du gouvernement ?), je n’ai pas soulevé de gros défauts à ce film.
Un thriller SF dynamique et très réussi avec une Noomi Rapace éblouissante dans ses sept rôles.

Et là, je suis obligée de faire un aparté et vous parler d’Orphan Black.

Orphan Black (affiche)

Orphan Black est une série en cinq saisons (elle s’est malheureusement terminée cette année et, même si je n’ai pas encore vu la dernière saison, je sais que les filles vont me manquer un petit peu). Une histoire passionnante de clones, de projet de laboratoire, de sœurs, de famille. Et ce qui fait, entre autres, la grande qualité de la série, c’est Tatiana Maslany qui est juste incroyable dans le rôle de tous les clones. Avantage de la série, on a beaucoup plus de temps pour apprendre à les connaître et découvrir leurs multiples facettes. Elle leur offre à toutes un look, un regard, une façon de bouger, de parler qui les rend unique. Elles sont toutes attachantes et on ne peut pas rester indifférente face à Sarah, Helena, Cosima ou même Alison, souvent hilarante malgré elle.
Il faudrait aussi parler de Felix, le frère adoptif de Sarah, Siobhan, sa mère adoptive, Donnie, le mari d’Alison, et de bien d’autres personnages savoureux. Il faudrait parler de l’intrigue bien ficelée, de l’action toujours prenante, de l’atmosphère de suspicion et de la menace émanant d’ennemis pas toujours connus. Bref, c’est une série palpitante et à voir, ne serait-ce que pour la prestation spectaculaire de Tatiana Maslany.

Orphan Black (affiche)

  1. Mary (VO : Gifted), de Marc Webb

Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques. (Allociné)

Mary (affiche)

Mary est le genre de film dont tu peux deviner à peu près tout le déroulement uniquement grâce à la bande-annonce. Voire simplement au synopsis. Mais peu importe, j’avais envie d’un film mignon, pas trop prise de tête, et la gamine semblait rigolote à souhait. Autant dire que, puisque je n’avais pas d’immenses attentes, je n’ai pas été déçue. Si le film n’évite sans doute pas quelques clichés, il questionne également sur la vie et l’éducation offerte aux jeunes surdoué.es. D’une part, une grand-mère qui recherche l’excellence et le travail acharné pour développer au mieux les capacités de la petite fille ; d’autre part, un oncle qui veut la voir profiter de son enfance, avoir des amis de son âge, faire du sport, etc. Mais c’est surtout un film très tendre et émouvant (même s’il avance parfois avec des gros sabots : les scènes qui me hurlent « c’est le moment de verser ta petite larme », ça ne marche pas tellement sur moi). Point fort du film, Mckenna Grace qui joue Mary est un mélange détonnant d’intelligence, d’humour, de fougue et de gentillesse. La relation avec son oncle est très douce, sublimée par quelques moments de complicité. Un bon moment.

  1. Dans un recoin de ce monde (VO : Kono Sekai No Katasumi Ni), de Sunao Katabuchi

La jeune Suzu quitte Hiroshima en 1944, à l’occasion de son mariage, pour vivre dans la famille de son mari à Kure, un port militaire. La guerre rend le quotidien de plus en plus difficile, malgré cela, la jeune femme cultive la joie et l’art de vivre. Mais en 1945, un bombardement va éprouver son courage. (Allociné)

Dans un recoin de ce monde (affiche)

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de film d’animation japonais et celui-là a été un réel plaisir. Tout d’abord, il y a l’esthétisme sublime du film, tout doux avec ces couleurs lumineuses. L’une des scènes de bombardement, si terrible soit-elle, est tout simplement magnifique, avec ces taches de peinture qui explosent dans le ciel. Un contraste entre beauté de la forme et horreur du fond qui revient souvent au cours du film.
Car il y a aussi ce talent qu’ont les Japonais d’aborder des thèmes durs. Précédemment, il y a eu Le Tombeau des Lucioles, impossible de ne pas y penser. Et, même s’il reste en-deçà du chef-d’œuvre d’Isao Takahata et bien que plus optimiste grâce à son personnage principal, Dans un recoin de ce monde est parfois terrible et sans concession : les morts, les souffrances liées à la guerre, les horreurs dont les civils ont pu être témoins.
Les années s’égrènent et l’on voit grandir la petite Suzu, son mariage, son installation dans sa belle-famille, la guerre de plus en plus proche. Elle reste fondamentalement optimiste, trouvant de la joie même dans des moments où bien d’autres se seraient laissés abattre. Même après un événement dramatique et bouleversant, on la voit retrouver peu à peu cette incroyable abnégation et des paillettes d’espoir réapparaissent dans leur vie.
On pourra regretter quelques longueurs ainsi que des personnages qui parfois se ressemblent un peu trop ou dont on ne cerne pas vraiment l’âge, mais Dans un recoin de ce monde reste un film superbe, triste sans tomber dans le pathos, dont on se souviendra aussi pour ses moments de joie et de poésie.

  1. Wind River, de Taylor Sheridan

Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature… (Allociné)

Wind River (affiche)

Même si je trouve que la scène de viol aurait pu être seulement suggérée et que l’enquête se résout un peu vite, Wind River reste un thriller efficace. Mais le plus intéressant dans ce film est ce qu’il montre d’une région des Etats-Unis et de la vie de ses habitants. Une vie dure, confrontée au climat rude. Le sort des Amérindiens, le triste quotidien d’une réserve, les problèmes de drogue, la résignation, la solitude. Les acteurs et actrices ont su trouver le ton juste et la psychologie des personnages, très travaillée, est ce qui confère à ce film engagé toute sa force. Dans un Wyoming où les pumas et les loups rodent, le prédateur le plus dangereux est pourtant encore et toujours l’homme.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Sur ce, je vous souhaite un beau mois d’octobre dans les salles de cinéma !