La parenthèse 7ème art – Août 2017

Pour ce mois d’août, il y a eu du très bon (avec Djam et Petit Paysan entre autres) et du très mauvais (Valerian, ma bête noire du mois). Je vous laisse découvrir tout ça.

  1. Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Gladiator (affiche)

Le général romain Maximus est le plus fidèle soutien de l’empereur Marc Aurèle, qu’il a conduit de victoire en victoire avec une bravoure et un dévouement exemplaires. Jaloux du prestige de Maximus, et plus encore de l’amour que lui voue l’empereur, le fils de MarcAurèle, Commode, s’arroge brutalement le pouvoir, puis ordonne l’arrestation du général et son exécution. Maximus échappe à ses assassins mais ne peut empêcher le massacre de sa famille. Capturé par un marchand d’esclaves, il devient gladiateur et prépare sa vengeance. (Allociné)

Bien que le péplum soit un genre qui ne m’attire pas vraiment, j’ai été contente de découvrir ce célèbre film de Ridley Scott grâce à UGC Culte. On repassera sans doute pour l’exactitude historique, mais ce fut néanmoins une bonne surprise. Je me suis laissée prendre par cette histoire de vengeance, je ne me suis pas ennuyée à un seul instant. Même les scènes de bataille ont évité l’écueil de me plonger dans l’ennui car elles ne s’éternisent pas trop, ce qui est souvent le cas à mon goût. Mais surtout, j’ai beaucoup aimé la prestation de Russell Crowe (acteur qui me laisse globalement indifférente) que je trouve très charismatique (on comprend la fidélité qu’il inspire à ses hommes) ainsi que celle Joaquin Phoenix, parfaitement détestable et pitoyable dans sa jalousie puérile. Je considère donc Gladiator comme un bon péplum qui, à ma grande surprise, aura réussi à m’intéresser et à me divertir. Chapeau !

  1. Une femme fantastique (VO : Una Mujer Fantástica), de Sébastián Leilo

Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir. Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne … une femme fantastique ! (Allociné)

Une femme fantastique (affiche)

Mais qu’il est beau ce film ! Et dire que j’ai bien failli le rater, attendant le dernier jour pour aller le voir (il passait encore après, mais dans des cinémas trop lointains pour moi ou à des horaires impossibles genre 22h, l’heure idéale pour que je pionce devant). Un film sensible et très pudique. Beaucoup plus pudique que la famille d’Orlando obsédée par l’entrejambe de Marina. Daniela Vega, l’actrice principale est fantastique (oui, j’ai osé !), émouvante, belle, forte. Elle ne surjoue jamais, ne montrant que ce qu’il faut et contenant ses émotions qui transparaissent néanmoins sur son visage. Le traitement réservé à Marina – par la famille, les autorités, les médecins – est révoltant : elle doit affronter un tel irrespect qu’on la croirait à peine humaine. On sent bien que l’un des frères d’Orlando, Gabo, la respecte, mais il se tait, n’osant pas s’opposer ouvertement au reste de la famille. Un film qui appelle à la tolérance avec beaucoup de délicatesse !

  1. Crash Test Aglaé, d’Eric Gravel

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle. (Allociné)

Crash Test Aglaé (affiche)

La tête de hamster dépressif d’India Hair, l’idée de voyage et Yolande Moreau m’ont donné envie de découvrir ce film français sans prétention. Le périple s’annonçait épique. Bien qu’un peu déçue qu’Aglaé perde ses compagnes dès les premières étapes, j’ai apprécié ce road trip féminin et totalement décalé. La base étant une histoire de mondialisation, de délocalisation et de perte d’emploi, le sujet se prêtait à un ton tristounet. Mais non, le réalisateur offre à Aglaé une quête de son identité et l’opportunité d’enfin s’affirmer. La forme est loufoque et on rit souvent. En outre, les paysages sont souvent magnifiques et on en prend plein les yeux. Avec juste ce qu’il faut d’absurdité, d’humour et de tendresse, Crash Test Aglaé s’est révélé être un divertissement rafraîchissant porté par une actrice impeccable.

  1. Valérian et la cité des mille planètes (VO : Valerian and the City of a Thousand Planets), de Luc Besson

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers. (Allociné)

Valérian et la cité des mille planètes (affiche)

Film qui aurait pu s’appeler « Valérian et Laureline » comme la BD (ainsi renommée depuis 2007) puisque Laureline est aussi importante que Valérian et même plus forte que lui. Ah, Trinity Syndrome quand tu nous tiens ! On ne va quand même pas mettre un prénom de fille dans le titre ! Qui sait, les hommes pourraient fuir les salles de cinéma ! Allez, on fait passer la ville avant l’héroïne !
De même, je me serais passée des soupirs de Laureline du genre « oh, ils ont abîmé ma robe » ou « on va aller faire du shopping, toi et moi ! » (le toi étant une petite créature capable de tout dupliquer en des centaines d’exemplaires), Laureline n’ayant pas l’air superficielle pour un sou et probablement capable de savoir que l’heure n’est pas au shopping quand une menace mortelle plane au-dessus de sa tête.
L’histoire de mariage est totalement lourdingue et inutile, pourquoi nous enquiquiner avec ça ? Je n’y ai pas cru une seconde (déjà, je pensais qu’ils étaient frère et sœur, ça partait mal…) et Laureline n’a pas l’air d’être davantage convaincue. Je veux dire, ils peuvent commencer par avoir une relation un peu plus intime avant de se marier, non ? Ou dans le futur, on retourne en arrière ? (Cette phrase ne veut rien dire si on l’analyse deux secondes, mais bon.)
On appréciera également le fait que c’est la compassion toute féminine de Laureline qui permet de sauver tout un peuple tandis que Valérian aurait préféré aller voir ses supérieurs car il est un soldat et fait ce qu’on lui dit (ce sont ses mots). Soit il va voir ses chefs, soit il fonce tête baissée sans réfléchir. Aah… ça c’est un homme.
Du côté des autres personnages féminins, c’est tout aussi édifiant. Nous avons une strip-teaseuse qui se sacrifie pour le héros (qui a toujours le temps d’un show quand sa collègue est prisonnière), une princesse qui se dandine insupportablement avant de mourir et une reine qui n’est pas grand-chose d’autre qu’une excroissance dans le dos de son mari. Des personnages aussi profonds, ça me fait fondre.
Dans la même veine, j’aurais aimé voir un autre capitaine qu’un humain systématiquement mâle et blanc (et probablement américain) accueillir les nouveaux arrivants sur Alpha, mais non, les siècles s’écoulent mais rien ne change. Voilà, des « détails » qui m’ont bien fait rager sur mon siège.
Il faut dire que l’intrigue m’en a laissé le temps puisque le « méchant » est identifiable à la minute où on pose les yeux sur lui. J’ai même eu le temps d’imaginer des scénarios alternatifs et plus surprenants, mais non, le coupable était bien celui qui a une gueule de méchant. D’ailleurs, est-ce une obligation de toujours utiliser des militaires dans les films de SF ? La suite des péripéties est globalement attendue (même si une ou deux sont bien trouvées) : fusillades, batailles, courses poursuites en vaisseau spatial, installation de bombes (arriveront-ils à arrêter le compte à rebours à temps ? le suspense est trop intense pour moi !)…
Passons sur le scénario et voyons les images mille fois vantées de ce film. Certes, c’est très travaillé, il y a des milliers de détails dans les plans des diverses cités… mais on n’a pas vraiment le temps de les voir. Je suis décidément peu touchée par les images bien léchées du numérique et les effets spéciaux qui éclatent dans tous les coins.
Je ne suis ni fan ni anti Besson, je suis allée voir ce film par curiosité, pour me faire mon propre avis, pour voyager un peu et parce que la musique de la bande annonce (« Because » des Beatles) me promettait une atmosphère mystérieuse, éthérée et originale, mais ça a été une déception. Le scénario est vide, prévisible et répétitif, les personnages sont classiques, les images ne méritaient pas tout le foin que l’on en a fait, et surtout, le sexisme vieillot qui saupoudre le tout m’a écœurée. Désillusion intersidérale.

  1. Les filles d’Avril (VO : Las hijas de Abril), de Michel Franco

Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé́ avec son petit ami de garder l’enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l’aide sa mère Avril, installée loin d’elle et de sa sœur. À son arrivée, Avril prend les choses en mains, et remplace progressivement sa fille dans son quotidien… Jusqu’à franchir la limite. (Allociné)

Les filles d'Avril (affiche)

Le portrait de la mère se dessine petit à petit. De mère possessive, elle se transforme sous nos yeux impuissants en mère malade, voleuse et manipulatrice. C’est un personnage qui m’échappe totalement. Je ne comprends pas qu’une mère puisse blesser sa propre fille volontairement et manquer ainsi d’amour (ce serait valable aussi pour un père bien sûr). Son comportement envers Clara, la ramenant sans cesse à son poids, n’est pas plus exemplaire. Le sujet est clairement original et l’histoire se déroule peu à peu, me laissant totalement incrédule devant cette mère totalement immorale et devant l’absence de réaction de ses filles qui se laissent faire, jusqu’à un certain point, Valeria finissant enfin par prendre les choses en main pour récupérer sa fille.
Soulignons que ce film présente un personnage masculin d’une passivité totale (fait suffisamment rare pour être souligné) : Matéo, le père de l’enfant, suit le mouvement et se fait manipuler par la mère, par la fille, par ses parents sans aucune protestation. Une vraie marionnette d’une naïveté incroyable. La lâcheté du père de Valeria est tout aussi remarquable.
Si ce n’est pas un coup de cœur, notamment à cause de la frustration générée par la mollesse de certains personnages, Les filles d’Avril n’en est pas moins une tragédie familiale perturbante à découvrir.

  1. Djam, de Tony Gatlif

Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile sur le chemin vers Mytilène. Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir. (Allociné)

Djam (affiche)

Un film magnifique qui doit beaucoup à son actrice principale qui y est tout simplement parfaite. Daphne Patakia, alias Djam, y est incandescente. Une étincelle rieuse dans le regard, la musique chevillée au corps, elle fascine, éclate et détonne dans ce film plein de tendresse. Elle fait de l’ombre à Maryne Cayon (Avril) qui s’efface devant la fougue, la joie de vivre, la séduction et l’indépendance de sa lumineuse amie. Les autres personnages, Kakourgos en tête, sont tout aussi vrais et sympathiques. Malgré leur rudesse extérieure, ils sont unis et prêts à se serrer les coudes à chaque instant.
La musique y est entêtante et entraînante. Impossible de sortir de la salle sans avoir envie de danser (même quand on n’est pas danse pour un sou comme moi). Tous semblent aimer passionnément la musique qui fait partie de leur quotidien. J’ai découvert le rébétiko, une très belle musique dont les chants touchent au cœur. Cela me rappelle les films d’Emir Kusturica dont la musique m’accompagne généralement pendant des jours après les avoir vus (qu’est-ce que j’ai pu écouter la BO d’Underground !).
Djam est un film grave, dont les sujets sont sérieux (les difficultés de la Grèce, la pauvreté, la crise, l’exil), mais les actrices, les acteurs et la musique permettent de ne pas tomber dans le tragique et le désespéré.
Un film sublime, une actrice éblouissante, une musique hypnotisante, Djam est un immense coup de cœur !

  1. La Planète des Singes : Suprématie (VO : War of the Planet of the Apes), de Matt Reeves

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. (Allociné)

La planète des singes (affiche)

Pour moi qui suis souvent déçue par les blockbusters, La Planète des Singes aura été une très bonne trilogie de science-fiction. Intelligente et touchante. Et saisissante de réalisme. Les singes y sont magnifiques, souvent bien plus remplis d’émotions – amour, douleur, compassion – que les humains. J’avoue avoir été de leur côté dès les premiers instants et j’ai détesté les morts régulières dans leurs rangs (quand ce sont des soldats qui meurent, je m’en fiche comme d’une guigne, mais dès qu’il y a un animal en jeu – qu’il soit singe, chien, chat ou je ne sais quoi – je suis révoltée d’assister à sa mise à mort. Oui, je m’implique beaucoup dans les films.) Andy Serkis peut être félicité pour ce rôle car, par ses expressions, il donne vie à un leader véritablement charismatique qui nous permet de croire – pour la durée du film tout du moins – que César existe réellement.
La nature, les images, tout y est magnifique. Je remercie également le réalisateur d’avoir évité l’écueil fréquent des blockbusters : les batailles qui n’en finissent pas avec explosions dans tous les coins. La trilogie aura clairement mis l’accent sur les relations entre les singes ou entre les singes et les humains (qu’elles soient positives ou négatives) et c’est extrêmement appréciable. Si je regrette la rareté des personnages féminins dans la trilogie, j’ai néanmoins beaucoup aimé les nouveaux personnages introduits par cet épisode. L’un apporte du rire (le petit singe qui m’a parfois rappelé Gollum) et l’autre de la douceur (la petite fille muette : la relation qu’elle noue avec les grands singes est incroyablement traitée).
Un dernier opus plus sombre et plus froid – et peut-être meilleur que les précédents opus – qui réussit un savant mélange d’action, de tension, d’humour et de tendresse, bouclant ainsi une trilogie qui repart avec les honneurs.
Maintenant, je vais pouvoir lire le roman de Pierre Boulle qui doit traîner quelque part parmi mes livres à lire.

  1. Les Proies (VO : The Beguiled), de Sofia Coppola

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent John MacBurney, un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous. (Allociné)

Les Proies (affiche)

Le film passe à une vitesse folle, je n’ai pas vu les 90 minutes filer. Cela, c’est surtout grâce aux différentes actrices que l’on le doit. Elles sont excellentes et les traits de caractère de chacune, leurs désirs, leurs névroses se dessinent rapidement (on peut d’ailleurs regretter qu’elles soient figées dans leur rôle). La mise en scène est également très réussie, la lumière est belle et on sent bien le déclin et la monotonie qui frappent ce pensionnat.
Il y a toutefois un point qui me pose question. Ce film est un remake de celui du même nom réalisé en 1971 par Don Siegel. Il s’agit d’une copie presque en tout point. Si certains éléments ont été supprimés (l’esclave noire du pensionnat, la rencontre entre MacBurney et des soldats sudistes, la relation incestueuse entre la directrice et son frère, etc.), globalement tout est identique : les situations, les dialogues, les traits de caractères des pensionnaires et de leurs responsables… Du coup, je m’interroge toujours sur le pourquoi de refaire la même chose. Certes, l’esthétique soignée de Coppola redonne un petit coup de jeune au film, mais cela ne suffit pas pour me convaincre. Elle travaille un peu plus sur l’ambiguïté du personnage de MacBurney : chez Don Siegel, Clint Eastwood n’était clairement pas innocent et beaucoup plus antipathique que Colin Farrell. Pourtant, le film échoue à créer l’ambiance véritablement empoisonnée et pesante qu’il aurait pu avoir.
Les Proies n’est pas un mauvais film, il est en outre très beau à regarder, mais il ne restera pas longtemps dans mes annales.

  1. Petit paysan, d’Hubert Charuel

 Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver. (Allociné)

Petit paysan (affiche)

Petit paysan, c’est une tranche de vie, c’est un drame psychologique, c’est un film social, c’est vrai, c’est un bijou. Ce film, ça a été un moment incroyable. Swann Arlaud incarne à merveille Pierre, ce petit paysan, fou de ses bêtes auxquelles il tient comme à la prunelle de ses yeux. Swann Arlaud est plus que crédible, il est époustouflant. Il retient les émotions, n’en fait jamais trop, même dans les moments les plus durs. Bref, il est tout en sobriété, laissant simplement affleurer les émotions sur son visage si particulier. J’adore les visages comme le sien (comme celui de Nahuel Perez Biscayart dans 120 battements par minutes, une claque dont je ne vous parlerai que le mois prochain malheureusement : en attendant, allez voir ce film !), ils me touchent, ils me parlent, ils me font chavirer, et, oh joie ! il est à l’écran à chaque instant ou presque.
Pour l’épidémie, écho de la vache folle, une maladie a été inventée : la FHD, la Fièvre Hémorragique Dorsale. Une maladie très visuelle avec ces épines dorsales qui deviennent poisseuses de sang. Pierre est prêt à tout pour éviter le sort réservé aux bêtes d’une exploitation contaminée (il pourra d’ailleurs compter un temps sur sa sœur, vétérinaire, jouée par Sara Giraudeau, parfaite). Et, pauvre spectatrice, je me suis mise à avoir peur pour ces créatures si douces (de toute façon, je déteste quand des animaux sont tués). A plusieurs moments, on ressent leur détresse et leur souffrance, comme si elles étaient humaines, et leurs meuglements m’ont fendu le cœur.
Parlons-en un peu d’ailleurs. Sous leurs robes noires et blanches, les vaches sont magnifiques. La caméra est met en valeur, souligne la longueur de leurs cils, caresse leur poil brillant, flatte leur côtes. On ressent l’amour que Pierre leur porte, il est attentionné, il les connaît par cœur. Ses méthodes de production sont bien éloignées de celles de son ami qui a délégué à un robot les tâches que Pierre effectue à la main.
Il faut dire que Pierre n’est pas le seul à respecter les animaux. Car quelqu’un d’autre les connaissait bien pendant le tournage. Il s’agit du second atout de ce film, outre le talent de Swann Arlaud : son réalisateur. Car Hubert Charuel sait de quoi il parle. Fils d’éleveurs de vaches laitières, il connaît leur quotidien, leurs difficultés, les bêtes et la peur d’une épidémie. Il a d’ailleurs utilisé la ferme familiale comme lieu de tournage. De son enfance, de sa famille, il tire un premier film touchant et sublime sur le monde rural.
Si vous avez encore un doute, Petit paysan est un coup de cœur.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Sur ce, je vous souhaite un beau mois de septembre dans les salles de cinéma !

Publicités

C’est le 1er, je balance tout ! # 8 – Août 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Côté Top, nous trouvons évidemment Inséparables de Sarah Crossan, un roman en vers libre magnifique et bouleversant.
Parmi mes excellentes lectures du mois, citons la trilogie Le Paris des Merveilles de Pierre Pevel à l’univers riche et magique croisant le Paris de la Belle-Epoque et le surnaturel. Enquêtes, courses et duels, échanges piquants, écriture délicate, humour, les aventures de la baronne de Saint-Gil et du mage Griffont m’ont transportée dans un monde onirique et enchanteur.
Chimamanda Ngozi Adichie a encore su me convaincre avec son essai féministe percutant et pertinent, Chère Ijeawele, tandis que Daniel Pennac m’a séduite grâce à la plume pétillante et cynique d’Au bonheur des ogres.
Enfin, j’ai découvert en Gorazde de Joe Sacco un roman graphique exigeant et dur sur la guerre en Bosnie.

Côté Flop, le premier du mois a été Jamais contente, le premier tome du Journal d’Aurore, de Marie Desplechin. Je ne l’ai pas du tout aimé et il ne sera pas critiqué. J’ai parfois souri avec cette ado qui m’a rappelé quelques souvenirs, mais j’ai fini par être lassée du ton blasé d’Aurore et agacée par ses plaintes perpétuelles. Le second tome faisait partie de ma PAL, mais je ne le lirai pas.
Lotto Girl de Georgia Blain est également une déception. L’univers, potentiellement intéressant, aurait mérité d’être creusé davantage, tout comme ses personnages. Mais surtout, les longueurs qui s’étirent tout au long du roman l’ont transformé en une lecture particulièrement rébarbative. On en reparle plus en détail dans quelques jours.

 Côté challenge, j’en suis à 27 livres pour le challenge de l’été et j’ai validé deux items supplémentaires des Irréguliers de Baker Street :

  • L’Homme à la Lèvre Tordue (un livre dans lequel le personnage principal a une déformation physique) avec Inséparables ;
  • Le Traité Naval (un livre dont l’intrigue est en partie politique) avec Déicide, ou la liberté.

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Errer sur les blogs n’a pas été ma principale activité du mois, mais je vous propose tout de même :

  • La chronique très riche et très intéressante de L’oiseau lit sur Alice au pays des merveilles ;
  • Le coup de cœur de Victoria avec Super Sourde, un livre qui semble passionnant et tout mignon ;
  • Charmant Petit Monstre qui m’a donné envie de relire immédiatement Songe à la douceur (ce que je n’ai évidemment pas fait) ;
  • Broco qui m’a bien fait rire avec sa chronique de Forbidden que je ne lirai certainement pas et m’a irrémédiablement accrochée avec Bitch Planet (que je dois absolument lire, que je lirai dès que possible, promis !).

En outre, j’ai aimé retrouver la très belle plume de la Vagabonde sur Envolé de page sur son parcours de lectrice. Un texte très personnel dans lequel beaucoup d’entre nous pourront sans doute se retrouver.

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Laissez-moi vous prévenir que le programme n’est globalement pas très réjouissant.

Je vous invite à découvrir l’Endoprojet sur cette maladie encore trop mal diagnostiquée qu’est l’endométriose. L’article de ChEEk Magazine et celui de Sandrine R. concernant la mort de Marilyn Monroe l’ont rendue plus humaine à mes yeux, moins star et plus femme et j’avoue avoir été émue par les mots de Sandrine. Je suis d’ailleurs stupéfaite que les causes de sa mort puissent encore faire parler d’elle plus de cinquante ans après.

Plume de Soie a parfaitement exprimé ce que je pensais avec son article-discussion « Tu peux vraiment changer les choses » publié le 2 août, jour du dépassement. Les gestes dont elle parle sont tellement simples que je trouve révoltant de ne pas les faire. On peut tous faire un petit peu pour la planète.

Un autre article qui m’a touchée est celui BettieRose Books sur sa dépression. Je trouve qu’il faut beaucoup de courage pour se dévoiler ainsi et je pense que cela peut être utile d’en parler pour ne pas tomber dans les phrases toutes faites face à quelqu’un qui va mal. Elle m’a en outre permis de découvrir le sombre travail de Shawn Coss qui a notamment mis en image des maladies mentales et que j’apprécie beaucoup !

Je citerai également Dans mes pensées qui nous parle du harcèlement de rue, Jaddo de l’égalité femmes-hommes et Alfred de la violence (dans les faits et selon notre perception), et c’est très intéressant !

Moi qui ne regarde pas des masses de vidéos, j’ai été passionnée par celles d’Alice in Animation sur les dessins animés. Son bilan n’est pas extrêmement positif, mais le tout est particulièrement instructif.
Idem par celle d’Hugo sur les déformations de nos cartes géographiques traditionnelles. J’avoue avoir été sidérée de redécouvrir la taille réelle de certains pays. Comme quoi, on est bien conditionnés…

Parce qu’il faut rire un peu quand même, je vous propose « Valerian et la cité des mille plantages » de l’Odieux Connard avec qui je suis mille fois d’accord sur ce film sexiste qui m’a hérissé le poil pendant deux heures ! (Je vous en reparle dans trois-quatre jours.) Son intro rejoint totalement la première chose que j’ai dite à mon copain en sortant de la salle.

Un dernier lien et j’arrête. Finissons avec un peu de tendresse avec ce court-métrage absolument juste et tout bonnement craquant : « In a Heartbeat ».

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai réussi à m’inscrire pour la Coupe des quatre maisons, sur le gong car je suis toujours à la bourre pour ce genre de choses et les maisons se remplissaient vite. Après, l’avoir souvent vu sur le blog du Tanuki, il me faisait vraiment envie pour ses items vraiment très variés. Et puis, c’est Harry Potter ! ♥ J’aurais aimé être à Serdaigle ou Poufsouffle, mais, ces maisons étant déjà prises, je serai à Serpentard pour cette année !

Challenge Coupe des 4 maisons

J’ai fini mon carnet de voyage de l’automne passé, il était d’ailleurs plutôt temps vu que je repars en septembre !

J’en profite d’ailleurs pour vous dire que je serai en Ecosse une bonne partie du prochain mois ! Autant vous dire que je suis excitée comme pas possible à l’idée de découvrir ces paysages qui ont juste l’air renversants !. Je ne serai donc pas tellement présente en septembre, quelques articles programmés seront postés sur le blog, mais pas d’inquiétude si je ne réponds pas aux commentaires, je m’en occuperai dès mon retour !

J’ai d’ailleurs regardé les deux premières saisons d’Outlander pour me mettre dans le bain, j’ai haï Black Jack Randall, je suis tombée amoureuse de la moitié du cast écossais, de leur langue et de leur accent, de leurs kilts, de leur musique et, encore et encore, de leurs paysages. (J’ai hâte, au cas où vous n’auriez pas compris.)

Enfin, j’ai réussi à prendre suffisamment d’avance dans mes chroniques pour programmer des articles tout au long de mes vacances. Efficacité a été mon maître mot pendant ce mois d’août !

Je vous souhaite un bon mois de septembre et de belles lectures !

La parenthèse 7ème art – Juillet 2017

Un film finlandais, un documentaire, un biopic, une adaptation d’un roman, des zombies, un film d’animation, des premiers films… un peu de tout ce mois-ci pour préparer le mois d’août qui s’annonce chargé.

  1. Impitoyable (VO : Unforgiven), de Clint Eastwood (1992)

Kansas 1880. William Munny, redoutable hors-la-loi reconverti dans l’élevage va, à la demande d’un jeune tueur, reprendre du service pour venger une prostituée défigurée par un cow-boy sadique. (Allociné)

Impitoyable (affiche)

Ma critique va être courte. J’ai passé un très bon moment devant ce western. L’atmosphère est sombre, les personnages quelque peu tourmentés et magnifiquement campés (Clint Eastwood, Gene Hackman – détestable –, Morgan Freeman, Jaimz Woolvett et Richard Harris en tête). Je n’oublie pas les prostituées, dignes et décidées malgré leur situation, menées par la féroce Alice (interprétée par Frances Fisher). Et pour une fois, les rôles sont inversés : le shérif passe du côté des « méchants », la loi perd de son prestige et les tueurs viennent pour défendre une femme (et être payés quand même). Je lui reprocherais simplement quelques longueurs. Certaines scènes auraient clairement gagné à être un peu raccourcies. Un western à découvrir.

  1. Le Vénérable W., de Barbet Schroeder

En Birmanie, le « Vénérable W. » est un moine bouddhiste très influent. Partir à sa rencontre, c’est se retrouver au cœur du racisme quotidien, et observer comment l’islamophobie et le discours haineux se transforment en violence et en destruction. Pourtant nous sommes dans un pays où 90% de la population est bouddhiste, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent. (Allociné)

Le Vénérable W. (affiche)

Un choc. Choquée devant le film, choquée en sortant. Choquée par le moine bouddhiste Wirathu, surnommé « l’Hitler de Birmanie » (David Aaronovitch), « le visage de la terreur bouddhiste » (Times, juillet 2013). Choquée par ses paroles, les aberrations qu’il raconte. Par son sourire jovial. Par les violences montrées, les pamphlets haineux, les boycotts des magasins tenus par les Rohingyas, les incendies de leurs maisons, les tabassages, les camps, les exactions de l’armée. Choquée par cette vision d’un bonze en toge safran en train de frapper un homme à terre à coup de bâton. Et choquée d’être passée à côté de ça, je sais que je ne suis pas la personne la plus au courant des actualités, mais tout de même…
J’ai découvert un autre visage des bouddhistes et je suis atterrée. On entend souvent parler de la méditation, de ces stars converties au bouddhisme, on a tous, je pense, cette vision pacifiste du bouddhisme, mais décidément, il n’y a pas une religion pour rattraper l’autre et le fanatisme n’épargne personne. Comment peut-on suivre une religion qui prône la paix et soi-même entretenir la haine ? Certes, tous les moines birmans ne sont pas derrière Wirathu, certains se sont même opposés à lui pour faire interdire son mouvement Ma Ba Tha. Mais je suis, malgré tout, affligée de trouver des propos si nationalistes, extrémistes et islamophobe dans la bouche d’un moine (qui, ça ne vous surprendra pas, soutient Trump…). Les Birmans de religion musulmane représentent 4% de la population, c’est vrai que ça fait peur…
Le film est composé d’interviews de Wirathu qui raconte les émeutes, les violences, ses mouvements, ses livres (le bonhomme me semble un peu narcissique) avec un grand sourire, mais aussi d’images d’archives, de sermons de Wirathu qui, par son charisme, rassemble des foules impressionnantes et attise la haine, ou encore de films de propagande produits par Wirathu et ses équipes. Un film glaçant, mais passionnant et même important. Une claque. (En revanche, un petit bémol sur la voix off, un peu trop douce et molle).

  1. Ava, de Léa Mysius

Ava, 13 ans, est en vacances au bord de l’océan quand elle apprend qu’elle va perdre la vue plus vite que prévu. Sa mère décide de faire comme si de rien n’était pour passer le plus bel été de leur vie. Ava affronte le problème à sa manière. Elle vole un grand chien noir qui appartient à un jeune homme en fuite… (Allociné)

Ava (affiche)

La première chose qui m’a frappée dans ce film, dès les premières images, c’est la beauté de la photographie et la luminosité des couleurs, résultats de l’utilisation d’une pellicule Kodak. Le film est bien moins lisse qu’un film tourné en numérique. Le grain des peaux, les duvets, les poils, le sable, l’eau, toutes les matières, toutes les textures se retrouvent fixées sur la pellicule.
Cependant, je doute de l’empreinte que ce film laissera sur moi. Car si l’image est sublime, le scénario n’est pas des plus marquants. C’est une jolie histoire et la jeune Noée Abita qui joue Ava accroche le regard, me rappelant par moments la découverte Adèle Exarchopoulos dans La vie d’Adèle, est touchante dans ce rôle d’adolescente qui tente de profiter de ce dernier été dans l’espoir de ne pas « avoir vu que de la laideur ». Toutefois, le rôle de la mère très libérée (attention, Laure Calamy interprète magnifiquement cette mère physiquement trop présente), les méchants flics et la caricature de gitans m’ont un peu agacée ainsi que le rançonnage des nudistes qui manque de crédibilité à mon goût. La deuxième partie du film m’a moins intéressée et j’ai été un peu frustrée de la fin ouverte.
Ava me laisse donc mitigée. Ce film possède sans nul doute de bonnes idées, mais la direction prise par Ava et Juan me laisse dubitative.

  1. Visages Villages, d’Agnès Varda et JR

Agnès Varda et JR ont des points communs : passion et questionnement sur les images en général et plus précisément sur les lieux et les dispositifs pour les montrer, les partager, les exposer. Agnès a choisi le cinéma. JR a choisi de créer des galeries de photographies en plein air.
Quand Agnès et JR se sont rencontrés en 2015, ils ont aussitôt eu envie de travailler ensemble, tourner un film en France, loin des villes, en voyage avec le camion photographique (et magique) de JR. Hasard des rencontres ou projets préparés, ils sont allés vers les autres, les ont écoutés, photographiés et parfois affichés. Le film raconte aussi l’histoire de leur amitié qui a grandi au cours du tournage, entre surprises et taquineries, en se riant des différences.
(Allociné)

Visages Villages (affiche)

A travers ce documentaire, Agnès Varda et JR nous emmène sur les routes de France dans les petits villages à la rencontre des gens ordinaires. J’ai beaucoup aimé ces rencontres pleines de partage et d’humanité. On parle de l’art, de la mémoire, des femmes, de la mort, de l’amitié. C’est poétique et intéressant. Je regrette justement qu’il n’y ait pas eu plus de rencontres et moins de discussions entre Varda et JR entre les voyages. En effet, les échanges entre les deux artistes m’ont semblé parfois un peu trop écrits, leurs taquineries et leurs disputes manquant parfois de naturel. Malgré quelques défauts, Visages Villages reste un film plein de tendresse.

  1. Le Grand Méchant Renard et autres contes, de Benjamin Renner et Patrick Imbert

Ceux qui pensent que la campagne est un lieu calme et paisible se trompent, on y trouve des animaux particulièrement agités, un Renard qui se prend pour une poule, un Lapin qui fait la cigogne et un Canard qui veut remplacer le Père Noël. Si vous voulez prendre des vacances, passez votre chemin… (Allociné)

Le grand méchant renard (affiche)

[Cette critique a déjà été publiée avec celle de la BD, mais je la remets évidemment ici.]

Après avoir relu et adoré la BD de Benjamin Renner, je suis allée découvrir l’adaptation cinématographique. Et autant vous le dire tout de suite, je suis déçue. Dans ce film d’animation, le rideau du théâtre de la ferme s’ouvre trois fois pour nous raconter trois histoires : « Un bébé à livrer », « Le Grand Méchant Renard » et « Il faut sauver Noël » (un choix peut-être étrange vu la saison, mais pourquoi pas…).
Parlons tout d’abord de la seconde qui reprend le scénario de la bande dessinée et sur laquelle se focalisait toutes mes attentes. Si les éléments et les rebondissements principaux sont bien là, je n’ai pu que constater que certaines coupes avaient été effectuées dans les dialogues notamment. Logique, allez-vous me dire, on pouvait s’y attendre. Certes, mais je ne m’attendais pas à ce que tous les passages les plus drôles à mon goût disparaissent. Le résultat est bien moins humoristique et moins fin que la bande dessinée. Idem pour certaines scènes trop mignonnes entre les poussins et leur mère adoptive. Dommage…
Quant aux deux autres histoires qui tournent autour des personnages du cochon, du lapin et du canard, elles sont assez bateau et je dois reconnaître ne pas avoir été touchée du tout. Disons que je pense que le public visé est quand même un public très jeune.
En revanche, l’animation est plutôt jolie surtout pour les paysages en aquarelle que j’ai adorés et d’ailleurs préférés aux personnages. Une remarque à ce propos sur l’apparence des poussins, bien moins mignons que dans la BD (mais peut-être plus facile à animer avec leur nouveau physique lorsqu’ils sont plus grands ?).
Voilà, une déception donc. Il est peut-être préférable de le découvrir lorsque l’on a aucune attente grâce à la BD.

  1. The Last Girl – Celle qui a tous les dons (VO : The Girl with all the Gifts), de Colm McCarthy

Au fin fond de la campagne anglaise, une base militaire héberge et retient prisonniers un groupe d’enfants peu ordinaires qui, malgré le fait d’avoir été infectés par un agent pathogène « zombie » qui a décimé la planète, demeurent capables de penser et de ressentir des émotions. Lorsque la base est attaquée, Melanie, qui semble être la plus surdouée d’entre eux, réussit à s’échapper en compagnie de son professeur, de deux soldats et d’une biologiste qui ne voit en elle qu’un cobaye indispensable à la découverte d’un vaccin. Dans une Angleterre dévastée, Melanie doit découvrir qui elle est vraiment et décider ainsi de son propre sort comme celui de l’humanité tout entière. (Allociné)

The Last Girl (affiche)

Pour commencer… on parle du titre français que je n’ai toujours pas compris ? Pourquoi The Last Girl ? Quelqu’un a une explication ? Autant « Celle qui a tous les dons » s’explique, autant « La dernière fille »…
Séduite par l’idée de base – ces enfants qui sont restés enfants justement en dépit de leur contamination –, j’avoue avoir été un peu désappointée de voir le film tourner en film de zombies classique avec fuite des quelques humains restants et de Melanie devant des hordes de zombies sans cervelles. J’aurais aimé passer plus de temps avec les enfants et les premières scènes du film sont, à mon goût, les meilleures.
D’ailleurs, les personnages qui composent la petite troupe ne sont pas particulièrement originaux. Ok, disons les choses franchement, ils sont complètement caricaturaux. Voyons, nous avons la gentille et douce institutrice qui considère les enfants zombie comme des personnes avant tout, la méchante scientifique qui considère les enfants zombie comme de la viande à découper avant tout, le soldat gentil mais un peu benêt quand même et le soldat désagréable au début qui finira par montrer que, oui, il y a un cœur qui bat sous le treillis.
Heureusement qu’il y a Melanie ! L’actrice est très touchante et donne vie à cette fillette à la fois toute mignonne et dure en même temps, un mélange détonnant qui fait parfois flipper.
En revanche, j’ai aimé la fin qui soulève un débat réjouissant : est-ce qu’une espèce a plus de légitimité à vivre qu’une autre ? Pourquoi les zombies seraient-ils moins légitimes que les humains ?
Le début est original et prenant, la fin est intéressante, dommage que le milieu – la majeure partie du film donc… – tombe dans le convenu et le prévisible.

  1. The Circle, de James Ponsoldt

Les Etats-Unis, dans un futur proche. Mae est engagée chez The Circle, le groupe de nouvelles technologies et de médias sociaux le plus puissant au monde. Pour elle, c’est une opportunité en or ! Tandis qu’elle prend de plus en plus de responsabilités, le fondateur de l’entreprise, Eamon Bailey, l’encourage à participer à une expérience révolutionnaire qui bouscule les limites de la vie privée, de l’éthique et des libertés individuelles. Désormais, les choix que fait Mae dans le cadre de cette expérience impactent l’avenir de ses amis, de ses proches et de l’humanité tout entière… (Allociné)

The Circle 5AFFICHE°

Je l’avoue, lorsque je vois qu’Emma Watson est à l’affiche d’un nouveau film, j’ai tendance à avoir soudainement une grosse envie de cinéma. Je suis donc allée découvrir The Circle. Je n’ai rien à redire sur Emma Watson, son rôle n’est pas particulièrement exceptionnel, mais, pour sa défense, aucun ne l’est vraiment dans le film. Mais j’ai été déçue.
L’idée de départ n’est pas très originale : la société omniprésente à la Facebook ou Google, les risques d’un monde hyper connecté, la disparition de la sphère privée, etc. Certes, ce sont des sujets qui m’épouvantent car, à ce niveau-là, je suis décidément du côté de Mercer – l’ami de Mae qui fuit cette sociabilité qui passe uniquement à travers les écrans –, mais ils sont un peu vus et revus. Il est toutefois intéressant de voir comment ils justifient chaque nouvelle attaque contre l’intimité des gens par des arguments rationnels (sécurité, transparence, partage…). Cela dit, entre liberté et sécurité, mon choix est vite fait et j’ai du mal à croire que tout le monde avalera la couleuvre aussi facilement.
J’ai eu l’impression d’attendre toute la durée de la séance que le film commence… et avant d’avoir vraiment pu me dire « ça y est, on y est, on est bien dans l’histoire », c’était fini. En queue de boudin à mon goût. Je crois que j’aurais aimé un peu plus de révolte par rapport à cette intrusion insupportable à mes yeux. Ainsi qu’une plus grande mise en avant du mystérieux fondateur de The Circle.
Pour moi, The Circle n’est pas un mauvais film, simplement un film lent, pas assez fouillé et facilement oubliable.

  1. Tom of Finland, de Dome Karukoski

Touko Laaksonen, officier héroïque de la Seconde Guerre mondiale, est de retour en Finlande. Mais la vie à Helsinki n’est pas de tout repos. La persécution contre les homosexuels est insidieuse les contraignant le plus souvent à se marier et avoir des enfants. Touko trouve alors refuge dans l’art dessinant dans le plus grand secret des hommes musclés, désinhibés et fiers d’être gays. (Allociné)

Tom of Finland (affiche)

Ah, je commençais à désespérer de trouver un film qui me plaise vraiment ! Ce Tom of Finland est décidément le bienvenu. J’accueille souvent les biopics avec circonspection car ils fleurissent un peu trop à mon goût, mais celui-là était réussi (même si assez classique dans sa forme).
On couvre une période assez large, de la Seconde Guerre mondiale au début des années SIDA, ce qui permet aux personnages, mais surtout à la situation des homosexuels d’évoluer. On voit peu à peu l’émancipation des gays ainsi que les différences qui règnent entre les pays. (Ainsi, lorsque les flics entrent dans un jardin où est organisée une petite fête, Touko, fraîchement débarqué en Californie, craint de se faire arrêter – car c’est encore ce qui se passe dans une Finlande homophobe –, mais non, ils recherchaient juste un cambrioleur et repartent sans un sourcillement.)
Je ne connaissais pas du tout le travail de Tom of Finland, mais j’ai découvert une icône de la culture gay doublée d’un personnage véritablement touchant. Par ses dessins homoérotiques, il a aidé de nombreux homosexuels à se sentir fiers de ce qu’ils étaient, de s’accepter et de se dévoiler peu à peu. Il a aussi fait naître de nombreuses images qui semblent aujourd’hui clichées comme, par exemple, celles d’hommes virils portant cuir et moustache.
Un film sobre, pudique et intéressant sur la vie tourmentée et difficile d’un personnage qui a marqué la culture gay.

  1. My Cousin Rachel, de Roger Michell

Angleterre, début du XIXème siècle. Philip, un jeune noble anglais, apprend la mort mystérieuse de son cousin en Italie, survenue peu après son mariage secret avec la jeune et jolie veuve Rachel. Il n’a qu’une idée en tête : découvrir les véritables raisons de sa mort afin de le venger par tous les moyens. Mais la visite inattendue de cette nouvelle cousine va tout bouleverser. (Allociné)

My cousin Rachel (affiche

My Cousin Rachel offre une belle plongée dans la campagne anglaise du XIXe siècle. Les paysages sont renversants, la lumière – des bougies notamment – et les costumes sont superbes. L’histoire, comme son issue, sont peut-être légèrement prévisibles, mais j’aime qu’elle laisse des questions en suspens : est-elle coupable ou non ? Si je n’ai rien à dire sur Sam Claflin dans le rôle de Philip, c’est Rachel Weisz, troublante, qui se démarque : simple veuve ou manipulatrice sans scrupule ? Dommage que le rythme faiblisse un peu par moment, le récit prend le temps de s’installer, tombe parfois un peu trop dans une ambiance romantique et la tension apparaît finalement assez tardivement.
Un bon film qui, sans être renversant, est un sympathique divertissement. Et juste pour les paysages à couper le souffle, je suis contente de l’avoir vu.
(Apparaît également dans ce film Iain Glen, alias Jorah Mormont dans Game of Thrones. Je n’ai pas encore commencé la saison 7, mais j’ai vraiment hâte !)

  1. Eté 93 (VO : Estiu 1993), de Carla Simon Pipó

Suite à la mort de ses parents, Frida, 6 ans, quitte Barcelone et part vivre à la campagne chez son oncle, sa tante et leur petite fille de 3 ans. Le temps d’un été, l’été 93, Frida apprendra à accepter son chagrin, et ses parents adoptifs apprendront à l’aimer comme leur propre fille. (Allociné)

Eté 93 (affiche)

Maladie, deuil, orpheline, oncle et tante… Rassurez-vous, Eté 93 n’est pas un gros mélo pour faire pleurer dans les chaumières. Et Marga et Esteve, les parents adoptifs de Frida, ne sont pas les Dursley. Certes, le film contient son lot d’émotions, mais on ressent très fortement le besoin d’amour de Frida, celui que lui offrent sa famille – pas seulement Marga et Esteve, mais aussi ses autres tantes et ses grands-parents – ou le gouffre entre son enfance que l’on imagine difficile et celle, protégée, de sa cousine. Les deux jeunes actrices sont d’ailleurs très convaincantes, l’une toute en tristesse et colère contenue, l’autre toute en innocence.
La réalisatrice raconte son passé en toute simplicité, à travers des tranches de vie qui montre l’évolution des relations entre Frida et sa nouvelle vie, autant par rapport à sa nouvelle famille qu’à son nouveau lieu de vie. Une histoire sans prétention, parfois touchante, parfois drôle, mais qui a le bon ton de sonner juste.

A votre tour ! Dites-moi tout sur ce que vous êtes allés voir, ce que vous avez envie de voir, ce que vous avez aimé, pas aimé…

C’est le 1er, je balance tout ! # 7 – Juillet 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Juillet fut un beau mois de lecture ! Aucun flop, mais uniquement des tops ! Romans jeunesse ou vieillesse, BD, j’ai savouré chacun des ouvrages tirés de ma PAL. J’espère que le mois d’août sera d’égale qualité !

Tous les livres lus ont ou auront leur chronique, à l’exception des trois romans Petite Poche. J’avais déjà fait un article sur ceux qui m’ont fait découvrir cette intéressante petite collection, donc je vais simplement vous dire deux mots ici sur ceux lus ce mois-ci.

L’homme qui parlait pour deux, de Dedieu (2017)
Bob Zigomar, ventriloque, voit sa vie prendre un nouveau tournant lorsqu’il reçoit une nouvelle marionnette, troublante de réalisme. Un texte fantastique, un peu prévisible mais néanmoins bien ficelé, sur les marionnettes et la ventriloquie. Le fantastique et le trouble s’installent page après page : qui manipule qui ?

Et si la mer était bleue ?, de Mikaël Ollivier (2017)
Un garçon rêve qu’il va à la mer. Ah non, une fille rêve d’un garçon qui va à la mer. Ou est-ce un garçon qui rêve qu’une fille rêve de lui allant à la mer ? Des rêves imbriqués à la Inception ? Une histoire à deux voix poétique et onirique qui nous laisse songeur. Et si la réalité n’était pas celle que nous croyons ? Un court récit surprenant sur la puissance de l’imagination.

Rouge, de Mathieu Pierloot (2017)
Seymour, parce qu’il est différent, quitte sa famille pour s’installer seul dans une cahute. Ses amis sont le buffet, la grande horloge, la tasse de faïence… jusqu’à l’arrivée de Rouge, fillette mutique. Une rencontre qui s’inspire du Petit Chaperon rouge en y insérant les objets parlants de la Belle et la Bête. Un texte qui parle de différence, de souffrance, de maltraitance enfantine. Surtout, une amitié silencieuse qui m’a touchée. Les mots sont simples, mais résonnent juste.

Côté challenge, j’ai un tout petit peu progressé dans celui des Irréguliers de Baker Street avec :

  • Le détective agonisant (lire un livre dans lequel un personnage est gravement malade/meurt au début du livre) : Silo
  • Charles August Milverton (lire un livre dont le titre comporte un nom et un prénom) : L’étrange disparition d’Esme Lennox

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

J’ai essayé de me détacher un peu de mon ordi, il y a encore du travail, mais il y a une chose que j’ai complètement oublié de faire, c’est garder dans un coin les chroniques qui m’ont marquée ce mois-ci. J’en ai lu des excellentes, mais pour les retrouver, c’est une autre histoire. Donc je vous mets seulement les liens de deux critiques lues hier :

  • Déjeuner sous la pluie nous parle de La maison dans laquelle de Mariam Petrosyan, un roman qui me faisait déjà très envie, mais son article n’a rien arrangé à cet impérieux désir de découvrir ce livre (en plus, elle y a joint une vidéo très intéressante dans laquelle l’éditeur s’exprime sur son amour des livres, sur ce texte là en particulier, etc.) ;
  • Bouquinetatherapie m’a encore fait baver avec l’œuvre de Chimamanda Ngozi Adichie et L’hibiscus pourpre (promis, je découvre cette autrice très prochainement et reviendrai vous en parler).

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Je ne tiens pas à plomber l’ambiance, mais j’ai trouvé cet article sur les femmes tuées par leur conjoint de Titiou Lecoq – découvert grâce à un précédent « C’est le 1er… » mais pas lu plus tôt – sinistrement passionnant. La violence conjugale et le féminicide sont des réalités tristement sexistes et universelles.

Dans un registre beaucoup plus léger, je suis retombée sur cette vidéo québécoise et je suis pliée à chaque fois. D’autant plus que je suis tout à fait d’accord avec le mec vu que je suis souvent dubitative devant une photo de nouveau-né !

Pour moi qui adore me promener dans les cimetières (parmi les vieilles tombes, pas les récentes toutes proprettes), cet article du Pire blog de voyage au monde m’a donné des idées !

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai passé du temps en famille. Presque deux semaines à se baigner, à bien manger… et farfouiller dans le grenier pour faire du tri dans les vieilles affaires ! C’est vraiment rigolo de retrouver ses anciens jouets. Mais certains ne comptent pas assez pour moi et partiront en vide-grenier à la première occasion !

Je suis allée au théâtre découvrir le spectacle de Yann Frisch, Le syndrome de Cassandre. Un spectacle comme je les aime : grinçant, perturbant, tragiquement drôle, humour noir, entre le clown, le théâtre d’objet et la magie. J’ai été conquise. Je regrette seulement la durée du show – trop courte – et le fait que, lorsque l’artiste demande au public ce qu’il veut voir, les « A poil ! » fusent aussi vite. L’obsession de voir les gens nus me laissent toujours perplexe surtout dans un spectacle de qualité comme celui-ci.

Frisch

Source : Théâtre du Rond-Point

Oui, j’ai aussi fini la série Downton Abbey. Je n’avais pas vu les deux dernières saisons, je me suis donc offert une rediffusion complète. C’est une série que j’aime beaucoup. Je me suis attachée rapidement à tous les personnages ou presque (même si je les ai à peu près tous détestés pour leur méchanceté envers Thomas dans la dernière saison) et j’ai vraiment été triste de leur dire au revoir. C’est une série qui aura réussi à me faire rire et même à me faire pleurer, chapeau pour toutes ses émotions !

Downton Abbey

Je vous souhaite à toutes et à tous un beau mois d’août et de belles lectures !

Rendez-vous au cinéma ! – Juin 2017

Petit mois de juin pour les livres, mais pour le cinéma aussi ! Les raisons : absences fréquentes le week-end et mal de crâne chaque soir après une journée passée devant un ordinateur. J’ai surtout des vieux films et aucun chef d’oeuvre du côté des deux seules nouveautés que j’ai vues…

  1. La nuit du chasseur (VO : The Night of the Hunter), de Charles Laughton (1956)

Un prêcheur inquiétant poursuit dans l’Amérique rurale deux enfants dont le père vient d’être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix mille dollars, dont ils ne doivent révéler l’existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes. (Allociné)

La nuit du chasseur (affiche)

J’ai été ravie de voir que ce film repassait au cinéma. Je l’avais vu quand j’étais plus jeune, je devais avoir entre 11 et 13 ans et j’en gardais un excellent souvenir. Je me rappelais un film sombre et inquiétant, avec ce pasteur obsédé par le pactole, ses doigts tatoués et sa petite chanson indiquant sa venue.
Et j’ai été un peu surprise lors de cette redécouverte. En effet, j’ai été particulièrement déstabilisée par les nombreux éléments comiques qui parsèment le film et dont je n’avais aucun souvenir. Le film noir a aussi un côté farce ! De la même manière, les plans bucoliques sur les petits animaux au bord de la rivière m’ont plus amusée qu’autre chose, les couplets sur la religion m’ont lassée, le jeu de certain.es m’a semblé faux et la fin gentillette m’a un peu laissée sur ma faim. En revanche, comme la première fois, j’ai été totalement convaincue par la prestation de Robert Mitchum en pasteur démoniaque et manipulateur, en criminel parfois ridicule.
La nuit du chasseur est un film que je n’aurais pas dû revoir tant j’aurais aimé sur ce souvenir de film noir plein de tension. Heureusement, Robert Mitchum n’a pas réussi, lui, à me décevoir.

  1. Twin Peaks : Fire Walk With Me, de David Lynch (1992)

La mort mystérieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Deer Meadow va donner bien du fil à retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond qui vont mener une enquête en forme de charade et découvrir que bien des citoyens de la ville sont impliqués dans cette affaire. Un an plus tard, ce sont les sept derniers jours de Laura Palmer, qui se termineront par la mort brutale de cette dernière annonçant ainsi le début de Twin Peaks. (Allociné)

Twin Peaks Fire Walk With Me (affiche)

Fire Walk With Me est un préquel sorti après les deux premières saisons de Twin Peaks en 1992 et se penche sur l’assassinat de Teresa Banks et sur les sept jours précédant la mort de Laura Palmer. Evidemment, il est à voir après la série sinon vous n’aurez plus aucune surprise puisque le film révèle qui l’a tuée et ce qui s’est passé dans la petite ville de Twin Peaks (et sans la série, le film est, je pense, assez obscur (déjà que Lynch n’est pas toujours très facile à suivre…)).
J’avais vu la série et le film  pour la première fois il y a quelques années et je les ai a nouveau regardés cette année pour pouvoir enchaîner avec la troisième saison qui vient de sortir 25 ans plus tard. Si j’avais de nombreux souvenirs de la série, ce n’était pas le cas du film (dont je ne me rappelais qu’une scène qui n’est pourtant pas des plus marquantes).

Et décidément, la série est mille fois mieux que le film. (Déjà, dans le film, Donna, la meilleure amie de Laura, est jouée par une autre actrice et ça, c’est le genre de détail qui m’agace. Et on ne voit pas assez Cooper. Et trop de personnages sont absents.) Le film est à mon goût moins flippant que la série (car il montre plus les choses), mais il est beaucoup plus dérangeant. Certaines scènes m’ont vraiment mise mal à l’aise. Je ne peux pas trop en dire car c’est lié à l’identité du meurtrier (qu’est-ce que c’est compliqué de chroniquer ce genre de film !). Et il manque l’humour qui est omniprésent dans la série. Mon problème réside peut-être dans le fait que je ne peux pas m’empêcher de le comparer à la série. Sans elle, peut-être apprécierai-je bien davantage le film. Cela dit, Fire Walk With Me permet à la fois de côtoyer un peu plus Laura et d’apporter des éclaircissements à certains éléments restés obscurs dans la série, ce qui est plutôt satisfaisant ! Après, on retrouve aussi l’univers onirique de Twin Peaks, sa musique…
Donc je ne déteste pas ce film dans lequel on retrouve malgré tout un peu de la série, mais des éléments m’irritent et il est à mon goût totalement dispensable.

 

Je vais quand même profiter de l’occasion pour dire deux mots de cette série que j’aime d’amour. Pourquoi faut-il voir Twin Peaks ?

  • Pour le Special Agent Dale Cooper – alias Kyle MacLachlan, incroyable – qui est drôle, intelligent, décalé par rapport aux autres et terriblement charismatique (c’est drôle parce que je détestais Orson dans Desperate Housewives (oui, quand j’habitais dans un trou sans internet ou presque, avec cinq chaînes à la télévision, on regardait Desperate Housewives) avec son sourire mielleux et son côté manipulateur, mais Dale… son sourire à lui est tellement franc qu’il me fait rire dès qu’il entre en scène, alors quand il se met à parler… Bref, j’arrête là, vous avez compris.) ;
  • Pour les personnages tous touchants à leur façon (mais parfois complètement déjantés aussi) et merveilleusement interprétés: Andy et Lucy, shérif Harry, Albert et Denise et Gordon Cole (joué par David Lynch), Shelly et Norma, Leo, Audrey et les frères Horne, Josie et Pete, la femme à la bûche et le Major Briggs, etc. (je ne vais pas tous les citer quand même !). (Attention, même ceux que l’on déteste au début, on se mettra à les aimer plus tard ! Pour l’instant, seul Bobby me reste violemment antipathique) ;
  • Pour l’humour général de la série qui n’est pas seulement lié à Dale : nombreux sont les personnages et innombrables sont les situations qui recèlent un immense potentiel comique, je ne peux pas regarder un épisode sans glousser un peu ;
  • Pour le suspense car, après t’avoir fait rire, David Lynch te fera sursauter dans la scène suivante ;
  • Pour l’atmosphère troublante, dérangeante, étrange et pour les oscillations entre rêve et réalité ;
  • Pour le mélange détonnant policier/fantastique/thriller/humour ;
  • Pour les images et la musique ;
  • Pour Twin Peaks, village perdu au milieu des bois ;
  • Pour Bob parce qu’il me donne des cauchemars (et j’aime les cauchemars).

Bref, Twin Peaks, c’est culte, mais c’est surtout fantastique. ♥

  1. Mulholland Drive, de David Lynch (2001)

A Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité. (Allociné)

Mulholland Drive (affiche)

C’est fou comme certains de mes films préférés sont des films qui, la première fois que je les ai vus, m’ont fait « Euh… Oui…. Mais encore ?… Késako ?… ». The Rocky Horror Picture Show est l’un d’entre eux, Mulholland Drive en est un autre. Et pourtant, qu’il est génial, qu’il est beau, qu’il est troublant, ce film ! L’atmosphère nébuleuse et mystérieuse, la musique (créée, comme pour Twin Peaks, par Angelo Badalamenti) et la photographie, ce jeu entre la première et la seconde partie du film – l’ouverture de l’énigmatique boîte bleue étant la charnière –, les actrices époustouflantes…
Je trouve ce film plus que captivant, hypnotisant. Et viscéral. Il me prend aux tripes à chaque fois, que ce soit la séquence au Silencio, la relation entre Betty et Rita, la scène derrière le Winkie’s (je me rappelle encore de la pétoche que j’ai eu la première fois ! Du coup, j’appréhende à chaque fois maintenant…)
Je ne m’en lasse pas et on peut, de toute façon, le regarder encore et encore et découvrir à chaque fois de nouveaux indices, de nouveaux éléments qui relient les deux parties. Donc vraiment, regardez-le, il en vaut vraiment la peine. Et si vous le regardez et que vous ne comprenez rien ou pas grand-chose, ne vous inquiétez pas, il y a plein d’articles explicatifs sur internet !

  1. Hair, de Milos Forman (1979)

Le jeune et naïf Claude, croyant en Dieu, fils d’un fermier patriote de province, visite New York avant d’être incorporé comme militaire et partir pour la guerre du Vietnam. En chemin, il se retrouve au milieu d’un happening de hippies dans Central Park et tombe immédiatement sous le charme de la belle Sheila. Le leader pacifiste des hippies l’incite à lui déclarer sa flamme, tout en essayant de le dissuader de faire la guerre. Il fait alors l’expérience de la liberté, des drogues et cesse peu à peu de croire en ce qu’il avait jusque‑là considéré comme étant juste. (Allociné)

Hair (affiche)

Et après celui-là, promis, on revient à des films plus actuels !
J’adore les comédies musicales anglo-saxonnes. En étant fan de The Rocky Picture Show, j’ai ensuite découvert (pour certains grâce à Monsieur L’ours-plus-cinéphile-que-bibliophile) Hair, Chicago, Cabaret, Jesus-Christ Superstar, Hedwig and the Angry Inch, The Little Shop of Horror et, une fois lancée, je peux les regarder et les écouter en boucle (enfin, quand je vivais seule en tout cas : maintenant, j’essaie d’épargner un peu mon entourage de mes obsessions (mes parents auraient sûrement apprécié que je sois déjà comme ça à l’adolescence…)). Tout ça pour dire que voir Hair sur grand écran, ce n’est que du bonheur ! (Par contre, ne pas chanter, c’est dur…).
La plongée dans le monde des hippies me fait toujours regretter de ne pas connaître cette époque. Cette envie de paix, de liberté, d’amour, d’amitié, de joie… En premier lieu, il y Berger, joué par Treat Williams, dont l’insouciance et la bonne humeur sont totalement ravageuses… tout comme son sourire (comme Dale ! Décidément, je fais une fixette sur les sourires…). Mais ses complices, Jeannie, Woof et Hud, me sont tout autant spontanément sympathiques ! Et on se met facilement à la place de Claude qui débarque là-dedans, son dépaysement face à un univers si éloigné de son quotidien. Mais n’épiloguons pas trop sur les personnages si attachants soient-ils. Ils sont tous chouettes et c’est tout !
Car il faut parler des chansons. Elles sont juste incontournables. Elles sont entraînantes. Elles sont dynamiques, elles donnent envie de danser et de chanter (même quand on ne sait faire ni l’un ni l’autre). Elles sont parfois émouvantes aussi. Et surtout, elles se marient parfaitement avec le film et l’histoire.
Mais derrière les chansons entraînantes et le sourire de Berger, il y a aussi une histoire poignante et profondément pacifiste puisqu’il dénonce la guerre du Vietnam. Le fond et la forme valent autant le détour l’un que l’autre.
Voilà pourquoi Hair est une comédie musicale fabuleuse et extraordinaire et merveilleuse et inoubliable et, et, et, et peut-être bien ma préférée d’entre toutes (même si le Rocky aura toujours une place de choix dans mon p’tit cœur ! ♥). Et comme toutes les autres, j’adorerais les voir sur scène ! Let the sunshine in !

  1. Wonder Woman, de Patty Jenkins

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin. (Allociné)

Wonder Woman (affiche)

Partie voir le film avant tout pour faire plaisir à quelqu’un, j’ai été plutôt agréablement surprise par ce personnage qui ne m’a jamais attirée. Attention, je ne dis pas que c’est un chef-d’œuvre. Il y a des scènes qui manquent un peu de logique (l’Odieux Connard les souligne mieux que moi). L’histoire d’amour est totalement inutile (et puis, ils se connaissent depuis deux jours, quoi, alors les adieux déchirants…), les scènes de bataille sont un peu longuettes à mon goût (ça a tendance à m’endormir), la découverte du monde par Diana est mignonne au début mais un peu bateau quand même (les glaces, la neige, la danse, ce sont toujours les mêmes choses qui reviennent). Et j’ai un peu de mal avec la mythologie dans le monde contemporain (ou dans les films tout simplement). C’est un sujet qui m’intéresse énormément, j’en ai lu des recueils, des encyclopédies, des dictionnaires sur le sujet quand j’avais entre 9 et 13 ans, mais je trouve la représentation cinématographique des divers dieux et créatures si peu crédible que ça ne passe pas. Et effectivement, le méchant du film n’est pas aussi charismatique et impressionnant qu’il aurait pu l’être.
Cependant, ce film sur les origines de Wonder Woman (qui n’est jamais appelée ainsi dans le film) m’a fait passer un bon moment. Gal Gadot est quand même très très chouette dans ce rôle. (Non, ce n’est pas juste parce que je la trouve magnifique !) On suit son évolution, de l’enfance à l’âge adulte d’abord, puis dans les découvertes qu’elle fait sur ses pouvoirs et son destin. Forte, décidée, courageuse, elle botte les fesses aux chefs de guerre planqués dans leurs bureaux, elle motive sa petite troupe, elle ouvra la voie dans le no man’s land. Bref, elle est toujours en première ligne. Et ça fait du bien de voir une femme se battre et ne pas être uniquement là pour être aimée du héros ! J’aime particulièrement quand elle soulève souvent la question de la place des femmes, l’innocence peignée sur son visage. Un visage très expressif d’ailleurs. Je trouve souvent trop lisses les héroïnes de blockbusters, mais Gal Gadot échappe sans difficulté à cette critique.
Le reste du casting tient bien la route. J’ai été très contente de retrouver David Thewlis (Lupiiin !) et Ewen Bremner (mon favori dans Trainspotting). Et Robin Wright dans le rôle d’Antiope, tante et mentor bienveillante et exigeante, et Connie Nielsen dans celui d’Hippolyta, mère déchirée entre ce qu’elle sait du destin de sa fille et son amour pour elle, sont particulièrement convaincantes.
Un bon moment avec une super-héroïne qui crève l’écran. Cela faisait un moment que DC ou Marvel (DC dans ce cas) ne m’avait convaincue, donc bravo à Wonder Woman.

  1. La Momie (VO : The Mummy), d’Alex Kurtzman

Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, Ahmanet, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. (Allociné)

La Momie (affiche)

J’avoue, je n’avais aucune attente vis-à-vis de ce film, mais j’ai réussi à être surprise de sa nullité. Parce qu’il est quand même vraiment mauvais. Il n’y a aucune tension et c’est tellement gros lorsqu’ils veulent te faire sursauter (ce qui est pourtant très facile avec moi) que tu peux te préparer dix minutes à l’avance. Il faut aussi reconnaître que le scénario est tellement prévisible qu’il est difficile d’être surpris de quoi que ce soit. La momie, en plus d’avoir des ongles répugnants, doit avoir perdu quelques neurones pendant son emprisonnement car, si elle s’était dépêchée un chouia, si elle avait un peu moins songé à balancer des hanches et à marcher à deux à l’heure (était-ce censé être impressionnant ?), elle aurait sûrement réussi son coup. Mais on a bien compris qu’elle était davantage là pour être sexy que dangereuse. L’histoire d’amour est bateau ; pas un acteur, pas une actrice ne se démarque (et ce n’est pas parce qu’ils sont tous excellents) ; il n’y a pas plus de suspense que d’émotion.
Bref, le générique de cette daube a été accueillie avec soulagement. Mais au moins, j’ai vu la Momie, je n’irai probablement pas voir les prochains films du « Dark Universe » puisque les studios Universal semblent bien décidés à revenir sur tous ses films de monstres des années 30, à savoir Frankenstein, l’homme invisible, Dracula, etc. En plus, j’adore ces vieux films et ces remakes version blockbuster me semblent totalement fades et sans charme.

Et vous, avez-vous fait de belles découvertes dans les salles noires ? Ou eu de terribles déceptions ?

C’est le 1er, je balance tout ! # 6 – Juin 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

 Petit mois de juin, mais j’ai bien l’intention de me rattraper en juillet !

 

Pas de flop ce mois-ci mais des top en veux-tu en voilà !
En premier lieu évidemment La mémoire de Babel de Christelle Dabos ! J’ai également relu le tome 2 de La Passe-Miroir et décidément, quel bonheur, cette saga ! (Les gens intelligents ont relu les tomes précédents en mai pour pouvoir se jeter sur le 3 le 1er juin, mais évidemment…)
Restons dans les sagas avec ma relecture d’Illuminae, tome 1 : Dossier Alexander, avant de me jeter sur le Dossier Gemina. Amie Kaufman et Jay Kristoff ont encore frappé fort avec ce second tome très réussi (malgré les légers bémols expliqués dans ma chronique).
Enfin, deux découvertes. La première avec Sandman du talentueux Neil Gaiman. Une totale nouveauté pour moi qui ne suis nullement attirée par les comics, mais Sandman a su me séduire par ses personnages, son histoire et même ses dessins (car le graphisme des comics est l’un des éléments qui me rebutent le plus). Je ne comptais pas me lancer tout de suite dans la suite de la série, mais changement de plan puisque mes gentilles collègues m’ont offert l’intégrale 2 pour mon départ ! (Et pour être franche, je meurs d’envie de tous les avoir avec leurs magnifiques couvertures…). Seconde découverte avec C’est juste un film d’Earl Lovelace, auteur trinadien, une lecture immersive qui m’a fait découvrir cette petite île à travers une multitude de portraits hauts en couleurs.

Concernant les challenges sur le blog, j’ai doucement avancé.
– Deux chroniques pour le Challenge de l’été avec Illuminae et Sandman.
– Trois nouvelles consignes validées pour Les Irréguliers de Baker Street, soit… 8/60 :

  • La Figure Jaune (lire un livre dont la couverture est à dominante jaune) : C’est juste un film ;
  • Les Trois Garrideb (lire le troisième tome d’une saga) : La Passe-Miroir, T3, La mémoire de Babel ;
  • La Deuxième Tache (lire le deuxième tome d’une saga) : Illuminae, T2, Dossier Gemina.

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Commençons par deux chroniques atypiques :

  • Celle d’Histoires vermoulues concernant Eugène Onéguine de Pouchkine et Songe à la douceur de Clémentine Beauvais: il s’agit, je pense, de l’une des meilleures critiques en vers – critique croisées de deux œuvres en plus – que j’ai pu lire, ça a été un véritable plaisir de la lire, je la trouve incroyablement réussie, alors, encore une fois, bravo !
  • La seconde sera celle de Saiwhisper sur le Dossier Gemina : elle nous a fait un véritable rapport semblable à ceux du roman et c’est un régal de lire une chronique aussi enthousiaste et originale !

Parlons ensuite d’un tir groupé sur un même roman, The Glass Magician de Charlie N. Holmberg, démonté avec énormément d’humour par Charmant Petit Monstre, Le Brocolis de Merlin, Le petit monde d’Isa et June & Cie (qui est un petit peu moins dure et lui accorde quand même quelques qualités).

Deux autres chroniques pour finir :

  • Celle de La viduité sur Et quelquefois j’ai comme une grande idée de Ken Kesey: ça faisait un moment que ce livre – signé par l’auteur de Vol au-dessus d’un nid de coucou – me faisait de l’œil et sa chronique m’a rappelée que je ne dois surtout pas oublier de le lire à l’occasion ;
  • Celle d’Ambroisie à propos de Dracula de Bram Stocker: dans sa chronique, toujours aussi riche et bien écrite, elle regrette la misogynie et le paternalisme du roman, un aspect qui m’a intéressée et dont je n’ai aucun souvenir (je dois dire, à ma décharge, que je l’ai lu vers 12 ou 13 ans et que mon féminisme n’était pas encore très développé).

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

J’ai essayé de décrocher un peu de mon ordinateur (et je pense que je vais continuer dans cette voie en juillet) et je n’ai pas tellement traîné sur le net. Par conséquent, je n’ai aucune découverte géniale à partager avec vous. Je vais donc vous parler… de livres.

Je suis totalement d’accord avec l’article de Plume de Soie sur la romance omniprésente pour le meilleur et surtout le pire. La romance est un passage presque obligé qui commence à m’irriter. Certes, certaines romances sont adorables (je pense évidemment à Ophélie et Thorn qui me font fondre comme une midinette), mais pour une histoire d’amour intéressante, combien d’autres totalement inutiles ?

Ensuite, un tag pointe le bout de son nez (enfin, il est peut-être vieux, mais je ne le découvre que maintenant) : le tag 100% féministe. Evidemment, c’est le genre de titre qui va tout de suite attirer mon attention et je peux remercier Lupiot d’Allez vous faire lire, Tom de La Voix du livre et Le Brocolis de Merlin pour l’allongement de ma wish-list suite à leurs réponses très intéressantes.

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Euh… J’ai enfin répondu au tag Liebster Award ? Je me suis inscrite à Livraddict pour pouvoir participer au Challenge de l’été ? Non, j’ai dû faire quelque chose de mieux… Mais je ne vois pas. C’était un mois banal. Boulot, métro, dodo. Et en écrivant ça, je réalise que c’est vrai et que c’est horrible et qu’il faut au moins que je raye le métro de ma vie en quittant Paris (quoi, monomaniaque, moi ? Non, ab-so-lu-ment pas !).
Ah si, je suis enfin retournée au théâtre, ça faisait au moins une éternité que je n’y étais pas allée ! Je suis allée voir Le Cercle des Illusionnistes et je vous la recommande vraiment. C’est une pièce écrite et mise en scène par Alexis Michalik, également créateur du magique Porteur d’Histoire (que j’ai vu deux fois sans me lasser) et, si j’ai une préférence pour cette dernière, la magie opère à nouveau. Le principe est le même : quelques comédien.nes, quelques pièces de costumes, quelques éléments de décors, et c’est parti pour un voyage dans le temps. De nombreux rebondissements, de la poésie, et, à la fin, la boucle se boucle. Il faut juste se laisser embarquer par le texte, par le jeu, par l’histoire.

 

Voilà, c’est fini pour ce sixième « C’est le 1er » préparé un peu à l’arrache le 30 juin après-midi. Et c’est avec une pensée pour Simone Veil, une femme extraordinaire qui a tant fait pour la condition féminine, que je vous souhaite un beau mois de juillet à tous et de belles lectures !

Rendez-vous au cinéma ! – Mai 2017

Le mois de mai fut placé sous le signe de l’espace : trois films sur huit se passent au-dessus de nos têtes !

  1. Life : origine inconnue, de Daniel Espinosa (VO : Life)

À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient… (Allociné)

Life (zffiche)

Life, c’est :

  • Un scénario assez classique qui m’a irrémédiablement rappelé Alien (un équipage se fait décimer avec une belle régularité  par une créature extraterrestre) (et d’ailleurs, ma critique d’Alien : Covenant vous attend un peu plus bas) ;
  • Un « martien » (prénommé Calvin) plutôt mignon (au début du moins), gracieux et imposant malgré sa petite taille ;
  • Un peu de tension tout au long du film (même si elle joue sur des ressorts connus (créature qui se faufile partout, qui disparaît dans les tuyaux, qui bondit à la figure des astronautes, etc.) ;
  • Une visite de l’ISS en gravité zéro, ce qui est assez chouette;
  • Une fin prévisible (la grosse musique dramatique vous donnera un indice) qui laisse la porte ouverte à une suite ;
  • Une question : que ferions-nous à leur place, si nous découvrions une vie extraterrestre ? faut-il tenter à tout prix de lui rendre la vie ?
  • Une interrogation personnelle : pourquoi « origine inconnue » dans le titre français alors qu’on sait (et qu’ils savent) que la cellule Calvin vient de Mars ?

En bref, Life fut un moment de cinéma divertissant aux effets spéciaux réussis sans pour autant révolutionner le genre de la science-fiction (mais je n’en attendais pas tant).

  1. Les Gardiens de la Galaxie 2, de James Gunn (VO : Guardians of the Galaxy Vol. 2)

Musicalement accompagné de la « Awesome Mixtape n°2 » (la musique qu’écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l’équipe alors qu’elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel. (Allociné)

Les gardiens de la galaxie 2 (affiche)

Un seul mot : déception. Et déception d’être déçue. Le premier volet des aventures de ces Gardiens de la Galaxie était sympa, original et apportait un peu de fraîcheur chez Marvel avec ces héros qui ne se prenaient pas au sérieux, de l’humour et de la bonne musique, alors j’avais envie d’aimer ce second opus. Mais non.
L’équipe de base est toujours cool et sympathique (même si je ne pouvais plus entendre le rire (un peu forcé) de Drax au bout d’un moment, il me donnait envie d’hurler) et bébé Groot est assez attendrissant, mais c’est tout ce qu’il y a autour qui m’a ennuyée. Car oui, je l’ai trouvé horriblement long.
Les nouveaux personnages ne sont pas convaincants du tout : les Souverains sont laids, la face de Taserface semble n’être qu’un masque grossier (pourtant Nebula, Gamora ou Drax ont des apparences qui tiennent bien la route), Ego fait juste vieux beau prétentieux et l’intrigue à son sujet est tout à fait prévisible. Quant à la présence de Stallone…
Le film se partage en trois sortes de séquences. 1, de l’humour lourdingue, car j’ai finalement très peu ri ou même souri : je ne dirai pas que ce n’est jamais arrivé, mais j’ai trouvé les blagues, les réparties ou les disputes bien moins drôles que dans le premier film. Elles arrivent toutes les deux minutes et sont trop forcées, Drax en fait trop, Rocket en fait trop, tout le monde en fait trop. 2, de l’action avec des combats qui n’en finissent pas : je sais que c’est un Marvel, un blockbuster, un film américain et qu’il y a de l’action en vue, mais, par exemple, les Souverains sont-ils vraiment obligés d’avoir une flotte inépuisable ? Non parce que quand ils reviennent pour la énième fois en force, j’étais lassée. 3, des discours grandiloquents sur l’amour, la paternité, l’amitié, etc. (« Tu es ma sœur, j’ai essayé de te tuer mille fois, mais en fait, c’est juste que je t’aime. » « C’était mon vrai père, j’étais trop aveugle pour le voir et maintenant, je l’ai perdu. » « Je me comporte comme un connard, mais c’est que j’ai peur de m’attacher et d’être abandonné parce que mes créateurs se moquaient de moi. » blablablaaargh, stop, arrêtez, taisez-vous !)
Bref, je pense que c’est assez clair : je n’ai pas aimé Les Gardiens de la Galaxie 2 et le générique de fin a été un soulagement. (Vivement le 3 après ça…)

  1. Aurore, de Blandine Lenoir

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ? (Allociné)

Aurore (affiche)

Après Les Gardiens de la Galaxie, on a enchaîné avec Aurore (le temps était triste, gris et pluvieux, alors c’était journée cinéma). Et quel soulagement après l’ennui chez Marvel !
Aurore est un film drôle  (avec de l’humour qui fait rire, n’est-ce pas, les Gardiens ?) et sensible. C’est une histoire simple et vraie, avec une héroïne lumineuse interprétée par Agnès Jaoui. Gaie, désabusée, amoureuse, elle est sincère et touchante. Je me souviendrai aussi de son amie Mano, jouée par Pascale Arbillot, drôle et pleine d’audace, ainsi que de cette vieille femme qui lui prouve que vieillir n’est pas une fatalité, que la vie est toujours aussi intéressante, que les projets et la passion n’en sont pas chassés après cinquante ans. Ce film joue avec des scènes du quotidien en leur donnant un humour et un éclat tout particulier. Un excellent moment !

  1. Le Procès du siècle, de Mick Jackson (VO : Denial)

Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste. Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ? (Allociné)

Le Procès du siècle (affiche)

Je ne connaissais pas du tout cette histoire ubuesque : devoir prouver que la Shoah a vraiment eu lieu. Les acteurs sont plutôt bons, Rachel Weisz en tête (même si ses jogging m’ont fait sourire car j’ai vraiment l’impression que c’est devenu un cliché, le jogging dans les films américains). Timothy Spall, brillant, a ce petit-quelque-chose de répulsif, comme lorsqu’il jouait Peter Pettigrow (et, en dépit de son interprétation excellente, je le regrette toutefois un petit peu car cela le place vraiment dans la peau d’un personnage que l’on ne peut pas apprécier et je trouve un peu facile d’avoir, d’un côté, la gentille universitaire et, de l’autre, le salaud haïssable). Enfin, la fan de Sherlock en moi a été ravie de revoir Moriarty et Mycroft, pardon, Andrew Scott et Mark Gatiss.
Cependant, la forme reste trop classique et Le Procès du siècle ne se détache pas vraiment de tous les films historiques/biopics qui ne cessent de sortir. Je n’ai pas eu de surprise ou d’émotions fortes au cours de ce film, à part peut-être cette étrangeté du droit anglais où c’est celui qui est accusé, et non celui qui accuse, de prouver son innocence. J’ai apprécié le film, mais je ne pense pas qu’il me laissera un souvenir impérissable.

  1. Alien : Covenant, de Ridley Scott

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper. (Allociné)

Alien Covenant (affiche)

Après Life et Les Gardiens de la Galaxie, ce mois de mai se place décidément sous le signe de la science-fiction. Alors que vaut cette suite du préquel d’Alien ? (J’aime bien Alien, je les ai vu plusieurs fois, mais je ne suis pas une fan qui connaît tout par cœur et qui criera au scandale à chaque infidélité aux premiers films ou autre, j’ai apprécié Prometheus même si deux-trois choses m’ont laissée perplexe, voilà l’état d’esprit dans lequel je suis allée voir Alien : Covenant.) Le majeur point négatif pour moi est qu’il est lent à démarrer. Jusqu’à l’arrivée sur la planète, je me suis demandée où on allait et quand est-ce qu’il allait se passer quelque chose.
Après, certes, il y a aussi quelques petites incohérences et quelques clichés. L’équipage est un peu trop insouciant à son arrivée sur la planète, à croire qu’il n’y a aucune mesure de sécurité (du genre : mettons notre casques au cas où, restons groupés, ne suivons pas un mec louche dans une cave plein d’œufs louches…) ; les gens qui vont prendre des douches quand leurs potes se font massacrer ou qui glissent (deux fois !) sur des flaques de sang, c’est un peu gros ; et avouons que le tout manque globalement de suspense. Ajoutons que l’équipage n’est là que pour nourrir les petits aliens et le tour est bouclé.
Alors que les xénomorphes étaient absents (ou presque) de Prometheus, ils refont leur retour dans celui-ci. J’ai eu un double plaisir : en apprendre davantage sur leurs origines et voir la créature en entier. Dans les Alien, on les voit souvent dans l’ombre, par morceaux, la tête ou la queue, alors que là, on les voit gambader en plein jour et on peut admirer la bestiole. Le résultat est donc carrément moins flippant, mais assez chouette quand même. Pour ce qi est de leurs origines, je pense que ça peut plaire ou non, mais en ce qui me concerne, je vois Covenant dans la lignée de Prometheus et tous deux se détachent du flou de la saga d’origine.
Enfin, je ne sais pas s’ils comptent faire de Katherine Waterston (alias Tina dans Les Animaux Fantastiques) la nouvelle Ripley (ce qui sera difficile à mon avis), mais le personnage qui, pour moi, se détache vraiment du lot (les autres sont surtout de la chair à pâté pour aliens, on sait qu’ils ne feront pas long feu), c’est David, l’androïde joué par Michael Fassbender. Le xénomorphe est agressif, certes, mais c’est dans sa nature, avec David, on a un personnage calculateur qui, en plus, fait réfléchir sur la création.
Certes, mon avis est un peu mitigé, mais, à part pendant la première demi-heure, je ne me suis pas ennuyée et j’ai plutôt passé un bon moment. Il faut dire que je n’ai pas forcément un niveau d’exigence très élevé pour ce genre de film, je les trouve assez répétitif et je ne m’attends pas à un chef-d’œuvre en allant voir ça. A vrai dire, je crains surtout l’effet de répétition et de lassitude. Ridley Scott a annoncé plusieurs films à venir pour rallier le Alien de 1979 : est-ce vraiment nécessaire ? On délaie, on multiplie, on reprend les formules qui marchent, mais marcheront-elles éternellement ?
L’Odieux Connard a écrit un excellent article sur « Alien : Convenu » où il fait bien apparaître toutes les incohérences du film : allez-y, c’est très drôle !

  1. Tunnel, de Kim Seong-hun (VO : Teo-neol)

Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ? (Allociné)

Tunnel (affiche)

Pourquoi faut-il toujours que le mec en difficulté dans ce genre de films soit quelqu’un de peu sympathique, impatient, un commercial obsédé par son boulot ? Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait cette idée de « tu vas voir, on va t’apprendre à voir la vie autrement » ? Voilà, c’était juste une question, ça ne m’a pas dérangée plus que ça.
A part ça, Tunnel est bien construit, plutôt prenant et très réaliste (même si la fin est assez prévisible). On suit parallèlement Jung Soo, coincé dans sa voiture, et l’équipe de sauvetage rapidement rejointe par la femme de la victime, Se-hyun. Malgré la gravité du sujet et les nombreuses questions autour du prix d’une vie humaine, il y a de nombreuses pointes d’humour qui viennent agréablement ponctuer ce film et on se surprend à rire au cours de la projection.
Plus qu’un simple huis-clos ou film-catastrophe, Tunnel parle du comportement de la société face à un drame.  La compassion et la solidarité des débuts, puis peu à peu, l’oubli et même la lassitude, l’envie de passer à autre chose… ou de reprendre les travaux dans le tunnel voisin pour le riche entrepreneur. Les politiques et les journalistes en prennent aussi pour leur grade : on voit les premiers soignant leur image (la rencontre avec Se-hyun n’est qu’un prétexte pour se faire photographier) et les seconds obsédés par des images ou des paroles choc pour faire monter leur audience (cette scène frappante où tous ont leur drone pour explorer le tunnel en même temps que celui des sauveteurs…).
Les acteurs et actrices sont excellent.es, avec comme trio de tête Ha Jung-Wu (Jung-doo) qui exprime parfaitement les différentes humeurs par lesquelles il passe, Doona Bae (Se-hyun), touchante, et Dal-Su Oh (Dae-kyoung) qui incarne le chef de l’équipe de sauvetage guidé par sa compassion et son sens du devoir.
Bref, vous l’aurez compris, je recommande Tunnel !

  1. Get Out, de Jordan Peele

 Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle-famille, Missy et Dean, lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. (Allociné)

Get Out (affiche)

La première partie est très réussie et, personnellement, m’a suffisamment fait flipper (je déteste les films d’horreur et il en faut peu pour que je sois crispée pendant tout le film). La tension s’installe subtilement : la découverte de la belle-famille et de ses employés noirs aux sourires forcés, la fête annuelle avec des invités un peu trop sympathiques, le calme des alentours, des petits détails comme des regards ou un téléphone débranché… Il se met en place un racisme ordinaire – des préjugés, des regards, des gestes, la peur d’une voiture de police ou d’une rue déserte – caché sous une prétendue tolérance (qui n’a pas été sans me rappeler les personnes participant à la Manif pour Tous et affirmant sans vergogne « mais si, j’aime les homosexuel.les, ça n’a rien à voir, voyons ! »).
En revanche, je me suis totalement détendue dans la seconde partie du film, quand on sait ce qu’il se passe. Une fois que tout le monde a montré son vrai visage et qu’on sait d’où viendra la prochaine attaque (frontalement), il n’y a plus de quoi avoir peur.
Get Out reste un très bon thriller horrifique, même si seule la partie pré-explications, anxiogène, a su jouer avec mes nerfs et si je trouve que la partie post-explications manque de subtilité pour finir dans le sang. Les touches d’humour qui parsèment le film (certes, essentiellement grâce au meilleur ami de Chris, Rod) sont très agréables.
Et je conclus avec ce que je sais depuis un moment : je ne me ferai jamais hypnotiser !

  1. Après la tempête, de Kore-eda Hirokazu (VO : Umi yori mo Mada Kukaku)

Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble… (Allociné)

Après la tempête (affiche)

J’ai bien cru que je ne verrai jamais ce film ! Après avoir repoussé plusieurs fois le moment d’y aller, voilà que, alors que je suis enfin dans la salle, le film commence à se mettre sur pause avant de s’arrêter totalement ! Heureusement, après de longues minutes à me demander si nous verrions la fin, il repart, ouf ! (Voilà pour la petite histoire ; tout de suite, mon avis.)
Après la tempête est un film magnifique, sensible et pudique. Kore-eda nous fait entrer dans un cocon familial et trace tout particulièrement le portrait quelque peu doux-amer de Ryota, un écrivain qui n’écrit plus, un joueur qui ne gagne pas (pas assez en tout cas), un père qui a peur de décevoir son fils, un fils qui a peur de décevoir ses parents (et notamment son père décédé, toujours présent telle une ombre).
Le film est porté grâce à des acteurs formidables et attachants. En tête, Kirin Kiki (déjà vue notamment dans Les délices de Tokyo l’an passé) joue une grand-mère malicieuse et dynamique (mais qui n’hésite pas à prendre une voix de mourante pour convaincre son fils de rester un peu plus longtemps) qui a souvent amusé la salle. Quant à Hiroshi Abe – et sa dégaine qui m’est particulièrement sympathique – et Yoko Maki – sublime, lucide, intelligente –, ils sont un homme et une femme qui s’éloignent peu à peu, malgré l’affection et les regrets parfois, un couple qui, après l’amour, connaît la désillusion qu’il apporte souvent. A ce sujet, j’ai été ravie de constater que Kore-eda est suffisamment fin pour ne pas terminer son film sur le happy end suggéré par le résumé et vers lequel il semble nous guider pendant le film.
Après la tempête est un film délicat et contemplatif sur la famille et le couple, mais c’est également un très beau moment de cinéma.

Et vous ? Qu’êtes-vous allés voir ce mois-ci ?