Rendez-vous au cinéma ! – Avril 2017

Seulement six films présentés ce mois-ci, mais il y en a pour tous les goûts : comédie, blockbuster, film en costume, drame, western, thriller, film français/québécois/bulgare/danois…

  1. Ghost in the Shell, de Rupert Sanders

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres. (Allociné)

Ghost in the Shell (affiche)

Je n’attendais rien de particulier de ce blockbuster, ne connaissant ni les mangas, ni les anime. J’apprécie les questions autour de l’humain et de la machine avec cette association d’un cerveau humain et d’un corps créé de toutes pièces. Etrangement, je me suis quelque peu attachée au Major au cours de sa quête de son identité, de son passé et de sa place dans la société. Esthétiquement, il est plutôt réussi (en même temps, c’est sans doute à peu près la seule attente que l’on peut avoir face à un film de cet acabit) même si j’avoue douter des hologrammes qui envahissent la ville. C’est ça, la particularité d’une ville du futur : des hologrammes ? Passons aux reproches : je l’ai trouvé un peu long à démarrer, il m’a bien fallu une demi-heure (pour autant que je sois capable d’évaluer le temps écoulé) avant de m’intéresser à l’histoire. Evidemment, je suis un peu chagrinée face à des personnages secondaires plutôt caricaturaux. Je ne suis pas non plus convaincue qu’il était essentiel à l’histoire d’exhiber ainsi la plastique de Scarlett Johansson. Si je ne suis pas sortie de la séance avec un enthousiasme débordant, je l’ai néanmoins trouvé distrayant (en dépit de mon ennui au début du film). Je n’en demandais pas davantage.

  1. Corporate, de Nicolas Silhol

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ? (Allociné)

Corporate (affiche)

Corporate est un film intéressant et réaliste qui nous plonge dans un univers de requin totalement déshumanisé. Comme il est indiqué au début du film, les personnages sont fictifs, mais les méthodes de management sont réelles. Glaçant. Céline Sallette est tout à fait convaincante, mais j’ai trouvé les autres acteurs/personnages plutôt inexistants. Toutefois, comme La loi du marché (Stéphane Brizé, 2015), Corporate est un film un peu trop terre-à-terre à mon goût. Je ne me suis pas échappée, je n’ai pas tremblé pour les personnages. Il faut avouer que la mise en scène est classique, le déroulement de l’histoire prévisible et la fin attendue. Un film qui a l’avantage de dénoncer la souffrance au travail, mais dont le discours est peut-être un peu trop didactique pour être véritablement prenant.

  1. Brimstone, de Martin Koolhoven

Dans l’Ouest américain, à la fin du XIXe siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance. (Allociné)

Brimstone (affiche)

Et dire que j’ai failli manquer ce film ! Western, thriller, ce film raconte le parcours d’une véritable guerrière qui, de toute façon, est contrainte de l’être dans un univers dominé par la religion et dans lequel la femme est soit un objet, soit un esclave sexuel. Dakota Fanning est excellente dans son interprétation et donne à son personnage beaucoup de force et d’émotion. Guy Pearce est véritablement détestable (un indice de la qualité de son jeu). Je connais surtout cet acteur pour son rôle de Felicia dans Priscilla, folle du désert : la rencontre avec ce prêcheur torturé et démoniaque ne pouvait qu’être brutale !
Si l’atmosphère est malsaine et oppressante, les images, les plans, les mouvements sont soignés et le résultat est visuellement superbe. Originalité du scénario : le film est divisé en plusieurs chapitres qui nous font remonter la vie de Liz jusqu’à la source de son malheur et de sa fuite éperdue.
Je suis sortie du cinéma remuée et perturbée, plus à cause de la violence psychologique du film que de la violence sanglante de certaines scènes. Coup de cœur peut-être, coup au cœur sûrement !

Coïncidence amusante : le même jour, j’ai également découvert l’audacieux Memento, de Christopher Nolan. Un film à la chronologie également inversée et dont le rôle-titre est également tenu par Guy Pearce.

Memento (affiche)

  1. Les mauvaises herbes, de Louis Bélanger

Jacques, comédien de théâtre, a accumulé une lourde dette auprès de Patenaude, un mafieux de Montréal. Poursuivi par ce dernier, il fuit précipitamment les lieux et se retrouve, en plein hiver, sur les terres de Simon, un ermite un tantinet illégal qui cultive du cannabis dans sa grange. (Allociné)

Les Mauvaises Herbes (affiche)

Je suis allée voir ce film sans rien attendre de particulier et finalement, quelle bonne surprise ! Des personnages attachants et complexes grâce à un excellent casting, de l’humour parfois absurde, mais toujours fin, un scénario original, de la tendresse… Un film humaniste et gentiment amoral, délicieusement servi par l’accent québécois. La fin est plutôt attendue et un peu trop sentimentale, mais elle va bien avec le film, donc je ne lui ferai pas davantage de reproches. Drôle et touchant sans être niaiseux. Rien à redire !

  1. The Young Lady, de William Oldroyd (VO: Lady Macbeth)

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible. (Allociné)

The Young Lady (affiche)

Si j’avais su, avant de voir le film, que le titre anglais était Lady Macbeth, je me serais attendue à cette descente dans la folie meurtrière. C’est d’ailleurs un nouvel exemple de changement de titre qui m’échappe un peu, mais je suppose que The Young Lady est plus parlant pour un public français que Lady Macbeth…
Si l’histoire évoque L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence, les paysages m’ont plongée dans Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë avec ces landes désertes et battues par le vent. L’atmosphère est lourde dans cette bâtisse silencieuse et vide. C’est un beau film en costumes avec une jolie photographie, au style dépouillé et efficace : économie de paroles, de décors, de musique et d’action.
Je regrette toutefois que la psychologie des protagonistes ne soit pas plus fouillée : il y a, à mon goût, un manque d’épaisseur et de présence de la part des personnages masculins. En outre, je dois avouer que je ne comprends pas vraiment la passion entre Katherine et ce palefrenier brutal. En revanche, Florence Pugh incarne une Katherine à la fois glaciale et bouillonnante, fragile et décidée, ingénue et prête à tout. Elle inspire d’abord de la compassion – on la comprend et on espère la voir triompher – mais elle nous rend peu à peu complice de ses actes, ce qui fait naître un véritable sentiment de malaise. La fin est d’ailleurs tout à fait glaçante.
Je suis sortie du cinéma en me disant que l’histoire en faisait un peu trop, enchaînant les crimes et les drames,  mais en revenant dessus quelques jours après, The Young Lady m’apparaît comme un film troublant, maîtrisé et réussi.

  1. Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (VO : Slava)

Tsanko, un cantonnier d’une cinquantaine d’années, trouve des billets de banque sur la voie ferrée qu’il est chargé d’entretenir. Plutôt que de les garder, l’honnête homme préfère les rendre à l’Etat qui en signe de reconnaissance organise une cérémonie en son honneur et lui offre une montre… qui ne fonctionne pas. Tsanko n’a qu’une envie : récupérer la vieille montre de famille qu’on ne lui a pas rendue. Commence alors une lutte absurde avec le Ministère des Transports et son service de relations publiques mené par la redoutable Julia Staikova pour retrouver l’objet. (Allociné)

Glory (affiche)

Ce film bulgare prend rapidement l’allure d’une fable absurde et cynique dénonçant la corruption de l’Etat. Il met en scène deux personnages parfaitement antagonistes : d’une part, un ouvrier bègue, honnête et aux valeurs chevillées au corps (Stefan Denolyubov), d’autre part, une bureaucrate carriériste, tyrannique et accrochée à son téléphone. Le premier – pour lequel on compatit – n’a aucune chance contre les mensonges et les évitements de la seconde – qui agace profondément. Tous deux sont toutefois parfaitement réalistes, crédibles et humains. Le film devient même presque cruel alors que l’on regarde la détresse de Tsanko. La fin, inattendue mais pas imprévisible, est intelligente. Malgré quelques détails qui m’ont agacée (la caméra à l’épaule à certains moments notamment), Glory, satire parfois ubuesque, m’a permis de toucher du doigt ce cinéma bulgare que je ne connais pas.

C’est le 1er, je balance tout ! # 4 – Avril 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.
  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Pas de mauvaises lectures en ce mois d’avril qui m’aura notamment enchantée avec les deux premiers tomes de la nouvelle trilogie de Marine Carteron, Génération K, avec autant d’enthousiasme que celles des Autodafeurs avant de me remuer profondément avec Je suis une fille de l’hiver de Laurie Halse Anderson.

La tétralogie Le Pensionnat de Mlle Géraldine n’a pas été une mauvaise lecture puisqu’elle a eu le mérite de me distraire, mais j’ai tout de même plusieurs reproches à lui faire (entre autres, un triangle amoureux et un premier tome plutôt mauvais, mais je ne m’y attarde pas davantage, ma critique arrivera dans les prochains jours).

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

J’ai lu beaucoup de belles critiques ce mois-ci. Autant de découvertes et de nouveaux titres à ajouter à ma wish-list déjà terriblement longue. Je balance donc quatre blogueuses qui ont su trouver les mots justes pour parler avec passion de ces livres qu’elles ont tant aimés :

J’ajoute également à la liste la savoureuse et hilarante critique de Charmant Petit Monstre au sujet de Prince Captif de C.S. Pacat.

J’ai également adoré les coups de cœur 2016 de Tom (La Voix du Livre). Pour chaque livre de son top, il a demandé à l’auteur.e son livre préféré lu en 2016 ainsi que quelques mots de son personnage à propos de l’année écoulée. Une liste originale donc !

Un dernier lien enfin : celui de la chaîne booktube de Lemon June. Je suis sans doute la seule pour laquelle c’est une découverte, mais je ne suis jamais les booktubeurs car je n’ai pas la patience nécessaire. J’ai un mal fou de rester devant une vidéo (quelle qu’elle soit) sans faire dix mille choses en même temps, sans mettre sur avance rapide, sans éteindre avant la fin. Pourtant, j’ai vraiment aimé son ton, sa bonne humeur, son humour en découvrant sa vidéo sur les cinq lieux communs qui l’agacent. Je ne dis pas que je suivrai toutes ses vidéos, mais j’irai avec grand plaisir jeter un œil de temps en temps !

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

J’ai trouvé très juste la tribune de Clémentine Beauvais sur le site ActuaLitté au sujet de la littérature jeunesse et de la double contrainte plutôt paradoxale imposée aux auteur.es.

J’accroche totalement au défi de Miroslava Zetkin : celui de ne lire que des autrices pendant six mois. Son article à ce sujet était véritablement inspirant et son bilan très intéressant. Je suis tentée de me lancer dans ce même type de challenge, peut-être en me dirigeant un peu plus vers des autrices africaines (puisqu’il s’agit d’une littérature que je connais très peu).

Les Irréguliers de Baker StreetEnsuite, grâce à La Récolteuse de Mots et à Pretty Rose Mary, j’ai découvert le challenge Les Irréguliers de Baker Street : un challenge littéraire illimité et tournant autour de Sherlock Holmes. Même si le nom de Sherlock Holmes m’évoque davantage la série avec Benedict Cumberbatch que l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle, j’ai été immédiatement enthousiasmée et j’espère qu’il me permettra de sortir de ma PAL des livres depuis trop longtemps ignorés.

J’ai bien conscience que tout cela tourne toujours autour des livres, mais je n’ai pas relevé d’autres liens en avril. Et puis, ce ne sont pas vraiment des chroniques littéraires…

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Le mois d’avril est passé à une vitesse folle et, honnêtement, je n’ai pas la moindre idée de ce que j’ai pu faire de bien. J’ai publié régulièrement sur le blog, j’ai peint, j’ai bricolé, mais rien qui ne sorte de l’ordinaire. Donc je crois que je vais être obligée de passer mon tour pour ce mois-ci…

 

Rendez-vous au cinéma ! – Mars 2017

Douze films vus au cinéma ce mois-ci !

  1. 20th Century Women, de Mike Mills

Santa Barbara, été 1979. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields, la cinquantaine, élève seule son fils Jamie. Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes pour que le garçon, aujourd’hui adolescent, s’ouvre à d’autres regards sur le monde : Abbie, artiste punk à l’esprit frondeur qui habite chez Dorothea, et sa voisine Julie, 17 ans, aussi futée qu’insoumise… (Allociné)

20th Century Women (zffiche)

20th Century Women trace le portrait de cinq personnages (trois femmes de générations différentes, un adolescent et un homme), mais également celui d’une époque, nous ramenant ainsi quarante ans en arrière. C’est également un film initiatique sur l’adolescence, les questions, les doutes qui marquent cette période de la vie de chacun.e. J’ai beaucoup apprécié son côté féministe, très affirmé. Une histoire très humaine, très juste, qui souffre cependant de quelques longueurs. En outre, il manque aussi un petit quelque chose, une petite étincelle, pour qu’il soit davantage qu’un bon film, à voir une fois.

  1. Je danserai si je veux, de Maysaloun Hamoud

Layla, Salma et Nour, 3 jeunes femmes palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin du carcan de leurs villes d’origine et à l’abri des regards réprobateurs. Mais le chemin vers la liberté est jalonné d’épreuves… (Allociné)

Je danserai si je veux (affiche)

Un très beau film porté par trois actrices sublimes de force et de vie. Elles sont différentes – notamment Nour qui arrive en ville portant sur ses épaules tout le poids des traditions et de la religion – mais néanmoins leurs rêves se rejoignent et l’amitié se met en place. Elles veulent une autre vie, une vie libre qu’elles pourraient mener comme elles le souhaitent. Désir qui semble normal pour une Française et qui, pourtant, leur est sans cesse refusé. Elles tentent de faire tomber les barrières du système patriarcal en place, ce carcan conservateur qui enferme une moitié de la population sous prétexte qu’elle est née femme. J’en suis sortie révoltée, indignée contre ce sexisme toujours présent, contre ces religions qui semblent tout justifier, contre ces injustices. Je danserai si je veux sort le 12 avril et je ne peux que vous le conseiller.

  1. Split, de M. Night Shyamalan

 Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats. (Allociné)

Split (affiche)

L’histoire en elle-même est fascinante. 23 personnalités cohabitant dans un seul corps, une 24e en approche. Et ceci est d’autant plus fascinant que le film de Night Shyamalan est inspirée de l’histoire de Billy Milligan (1955-2014) qui abritait lui aussi 24 personnalités. D’ailleurs Daniel Keyes (l’auteur du génial Des Fleurs pour Algernon) a écrit un livre à ce sujet intitulé Les Mille et une vies de Billy Milligan en rencontrant toutes les personnes impliquées dans l’affaire… y compris les 24 personnalités de Billy.
J’ai bien aimé la première partie du film avec la découverte des personnalités de Kevin. J’aurais aimé toutes les connaître, constater leurs différences (de caractère, de métabolisme, etc.), mais finalement… cinq (en comptant très large) sont exploitées et c’est bien dommage (surtout quand on te met les 23 personnalités en avant sur l’affiche et dans la bande-annonce). Le réalisateur se concentre seulement sur quelques-unes pour nous permettre de les découvrir en profondeur, ce qui est moyennement réussi (pourquoi Hedwig, gamin de neuf ans, a le pouvoir dans la tête de Kevin ? pourquoi vingt personnalités, certaines étant particulièrement intelligentes, se sont laissées dominer par trois autres (dont Hedwig) ?). Cependant, James McAvoy est génial, se métamorphosant subtilement en changeant sa voix, son regard, sa posture. Ainsi l’angoisse des trois prisonnières et du spectateur fluctue en fonction de quelle personnalité « prend la lumière ».
En revanche, la suite m’a parue longue et poussive. L’arrivée de La Bête (la transformation en monstre ne m’a pas convaincue…), les poursuites dans des couloirs mal éclairés, les meurtres, c’était décevant. On part d’une pathologie mal connue, controversée, passionnante qui interroge sur ce dont le cerveau est capable et… le tout se transforme en pseudo film d’horreur au scénario typiquement américain et totalement prévisible. Un véritable gâchis du potentiel de l’histoire et un peu une déception donc.

  1. T2 Trainspotting, de Danny Boyle

D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison.
Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton revient au seul endroit qu’il n’ait jamais considéré comme son foyer. Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent.
Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…
(Allociné)

T2 Trainspotting (affiche)

J’avais adoré Trainspotting, le premier, sorti en 1996 (et découvert en 2017), je suis donc allée voir sans trop tarder ce second opus, tourné vingt ans après par le même réalisateur avec les mêmes acteurs. Et le plaisir a été au rendez-vous ! Pour plusieurs raisons, j’ai trouvé cette suite excellente :

  • pour les retrouvailles avec Mark, Spud (Spud me fait beaucoup rire en plus de m’attendrir terriblement), Sick Boy et Begbie le psychopathe: le quatuor composé d’Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller et Robert Carlyle est toujours en forme et toujours aussi convaincant ;
  • pour l’humour et le rythme du film ;
  • pour la bande-son géniale ;
  • pour l’histoire en elle-même.

L’histoire a d’ailleurs un peu changée. Si l’héroïne était véritablement au cœur du premier film, elle est ici secondaire, notamment parce qu’elle est moins consommée (à part par Spud. Bon, Sick Boy, de son côté, est accro la coke). Le cœur du film est le retour de Mark au pays après avoir arnaqué ses copains avec toutes les rancœurs que cela ranime, tous les souvenirs d’amitié que cela ravive, tous les désirs de vengeance que cela suscite… Bien que tout de même beaucoup plus sage que l’original qui comportait son lot de scènes à la fois trash et déjantées, T2, de pari risqué, est devenu aujourd’hui un pari réussi.

  1. Noces, de Stephan Streker

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir. (Allociné)

Noces (affiche)

Oui, après Je danserai si je veux, encore un film où l’histoire est totalement désespérante et frustrante tant elle semble nous dire que rien ne bouge, que rien ne change et que les femmes seront toujours confrontées à l’injustice et l’inégalité. Différents points de vue sur ce mariage forcé nous sont exposés au cours du film : celui des parents qui exigent ce mariage pour ne pas perdre leur honneur, celui de la grande sœur résignée après avoir elle-aussi connu cette situation, celui d’Aurore, l’amie de Zahira, qui porte sur cette tradition le même regard révolté et abasourdi que moi (et qui bénéficie de l’appui de son père pour soutenir Zahira) ou encore celui du frère un peu perdu entre ces volontés contradictoires. Je n’arrive décidément pas à comprendre des personnages (des personnes même) comme la mère ou la grande sœur qui, ayant été forcées à épouser un homme qu’elles ne connaissaient pas, se liguent à leur tour pour imposer cette tradition aux générations suivantes. Les acteurs et actrices sont excellents. Notamment la lumineuse Lina El Arabi qui interprète le rôle de Zahira et qui est tout simplement sublime. D’ailleurs, la caméra ne s’y trompe pas et ne la quitte guère du regard. Un très beau film qui, s’il reste assez prévisible au niveau de l’histoire (et d’autant plus si l’on connaît le fait divers dont il s’inspire, ce qui n’était pas mon cas), dénonce une situation à la fois terrible et encore banale dans de nombreux pays.

Mustang (couverture)

Petit aparté pour vous dire deux mots sur un film magnifique sur le même sujet que j’ai adoré au cinéma et que j’ai adoré à nouveau quand je l’ai revu en DVD il y a quelques jours : Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Ce film sorti en 2015 raconte l’histoire de cinq sœurs élevées par leur grand-mère dans un petit village turc. Pour fêter la fin de l’année scolaire, les cinq filles se rendent à la plage et jouent avec des garçons. Scandale au village et la joyeuse maison familiale se transforme en prison tandis que la famille commence à arranger au plus vite le mariage des impudentes. Les cinq actrices sont éblouissantes et, faisant souffler sur le film et leur village un vent de rébellion, offrent à cette histoire toute la force qu’elle méritait. Les cinq sœurs sont différentes, elles ont chacune leur caractère (plus ou moins fort) et, toutes à leurs rêves de liberté, elles tentent à leur façon de s’affranchir des barrières qui barrent leur chemin pour trouver leur bonheur. L’histoire est extrêmement subtile et réaliste, les filles sont à la fois drôles, entraînantes et bouleversantes, le film en lui-même est superbe et c’est un véritable coup de cœur que je vous conseille vraiment !

  1. Chez nous, de Lucas Belvaux

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales. (Allociné)

Chez nous (affiche)

Je sais qu’il y a eu bon nombre de polémiques autour de ce film avant même qu’il ne sorte en salles, mais je n’y ai pas tellement prêté attention. C’est pourquoi je suis arrivée sans idées préconçues au cinéma. Le propos du film reste malheureusement très concret. Au programme : endoctrinement, populisme, dédiabolisation grâce à un visage connu et souriant… Pourtant, les personnages, quelle que soit leur opinion, ne sont jamais jugés par le réalisateur. L’écriture est vraiment fine par cet aspect-là et les acteurs particulièrement convaincants, d’André Dussolier en manipulateur de l’ombre à Anne Marivin en sympathisante en passant par Emilie Dequenne, simple et proche des gens.. Cependant, je ne ressors pas avec l’impression d’avoir découvert quelque chose. Que la politique soit affaire de manipulation, on le savait déjà… Un film engagé et malheureusement très évocateur…

  1. Les figures de l’ombre, de Theodore Melfi

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran. (Allociné)

Les figures de l'ombre (affiche)

Il n’y a pas longtemps, Pénélope Bagieu a publié les deux premiers tomes des Culottées qui dévoilent le destin de femmes fortes qui ont marqué leur domaine, qu’il soit scientifique, artistique ou autre. Voilà un film qui, à son tour, nous prouve que oui, les femmes ont participé à écrire l’histoire, même si elles ont longtemps été maintenues dans l’ombre. C’est important de raconter ces histoires à travers des livres ou des films comme Les Culottées ou Les figures de l’ombre. Et à travers ses trois femmes qui évoluent dans une Amérique ségrégationniste et un univers majoritairement masculin, on peut également saluer le courage de toutes les femmes, femmes noires qui plus est, qui, à chaque pas de leur vie, devaient faire leurs preuves, redresser la tête et continuer à avancer. Les trois actrices forment un trio magnifique, rayonnant d’intelligence, de ténacité, de bonne humeur et d’espoir. Et gare à ceux, Blancs ou Noirs, qui tenteront de les décourager. Les figures de l’ombre est décidément un film instructif et intéressant, avec en plus une pointe d’humour de-ci de-là.

  1. Logan, de James Mangold

Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui. (Allociné)

Logan (affiche)

Généralement, face à un film de super-héros (qu’il soit Marvel ou DC Comics), soit je n’aime pas, soit je trouve ça bien pour le jour où tu n’as pas trop envie de te prendre la tête. Jusque-là, seul Batman : The Dark Knight avait réussi à sortir du lot grâce à la performance d’Heath Ledger en Joker. Mais là, avec Logan, j’ai été agréablement surprise. J’aime bien certains films X-men et j’en déteste d’autres (à l’image du dernier sorti, Apocalypse). Si l’histoire ne se démarque pas par son originalité, c’est son ambiance qui m’a plu. Drôlement plus sombre que tous les autres films du genre. Wolverine n’est plus la bête indestructible qu’il était auparavant, il est malade, fatigué et n’a plus tous les réflexes de sa jeunesse. Et ne parlons pas du professeur X. Bref, l’atmosphère est sombre et triste, c’est la fin. Mais il y a quand même de l’action et Wolverine a l’occasion de se servir de ses griffes. Beaucoup plus que dans les films précédents si mes souvenirs sont bons. A l’instar de sa nouvelle protégée, Laura, avec qui il nouera une relation touchante, jouée avec beaucoup de sobriété. Précisons que la petite Dafne Keen y est impressionnante et attire le regard ! Elle parle peu, mais son regard et son visage en disent long. Violence, poussière, fin d’une époque, Logan se démarque définitivement des autres films Marvel.

  1. 1:54, de Yan England

À 16 ans, Tim est un jeune homme timide, brillant, et doté d’un talent sportif naturel. Mais la pression qu’il subit le poussera jusque dans ses derniers retranchements, là où les limites humaines atteignent le point de non-retour. (Allociné)

1:54 (affiche)

Assez mauvais ce résumé, je trouve. En se fiant seulement à cela, on pense que le film parle essentiellement de sport (la bande annonce aussi met surtout l’accent sur cet aspect) et on se retrouve comme moi à tomber des nues en découvrant que le sujet est le harcèlement scolaire. 1:54 raconte en effet le calvaire vécu par Tim, harcelé par les rois du bahut. Il n’a qu’un seul ami, Francis, lui aussi souffre-douleur. Raison de cet acharnement : leur (supposée) homosexualité. C’est donc un portrait dur mais tristement réaliste du lycée que trace 1:54. La violence des élèves et le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux y sont montrés sans fard, tout comme leurs répercutions dramatiques. L’ambiance est lourde et troublante. Ni Tim, ni Francis, ni le spectateur ne parviendra à sortir la tête hors de l’eau. Le réalisateur, Yan England, ne prend pas de pincettes pour dépeindre cette tragique situation.
Dans le rôle de Tim, on retrouve Antoine-Olivier Pilon, la révélation de Mommy, film de Xavier Dolan sorti en 2014, qui, pour l’anecdote, avait déjà joué une victime de harcèlement scolaire dans le clip « College Boy » d’Indochine, filmé par ce même Xavier Dolan. Décidément, il ne change pas beaucoup de rôle ! Il donne cependant parfaitement vie à cet adolescent touchant, d’une part décidé à s’en sortir, mais complètement désemparé d’autre part.
Si on peut reprocher à ce film de vouloir dire un peu trop de choses en 1h45, 1:54 reste un drame assez dérangeant au final.

  1. La Belle et la Bête, de Bill Condon

Fin du XVIIIe siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction. (Allociné)

La Belle et la Bête (affiche)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette adaptation live du dessin animé Disney était très attendue. Je comptais patienter un peu avant d’aller le voir, mais les critiques dithyrambiques que j’ai pu lire m’ont vraiment incitée à aller le voir au plus vite. Malheureusement, de mon côté, je ne peux pas parler de coup de cœur, seulement d’un très bon moment. Je n’ai vu pratiquement aucune adaptation live (c’est comme avec les remakes – voir Kong : Skull Island un peu plus bas –, j’ai du mal, je préférerais que Disney nous propose quelque chose de nouveau) à l’exception d’Alice aux pays des merveilles (pour Tim Burton et quelle déception ce fut !) et de Maléfique (parce qu’on m’a tannée pour que je le voie enfin). Là, c’était surtout la présence d’Emma Watson qui me donnait très envie de le voir (que voulez-vous, quand elle est dans un film, j’ai du mal à ne pas aller le voir). Et parce que j’aime beaucoup ce conte et son héroïne libre, indépendante et amoureuse des livres. Cependant, je l’ai trouvé long et un peu lent à cause des nouvelles chansons que je ne trouve pas toutes formidables. J’avais parfois envie qu’ils arrêtent de chanter et qu’on avance un peu dans l’histoire. J’adore pourtant les comédies musicales, mais là, c’était parfois un peu trop (donc si la chansonnette et les comédies musicales ne sont pas votre tasse de thé, passez votre chemin). Et je savais qu’ils avaient été très fidèles au dessin animé, mais je crois que, pour un film, j’aurais apprécié une ambiance un peu plus sombre.
Par contre, on s’en prend plein les yeux et c’est le gros point fort du film. Les décors, les costumes, le château, tout est magnifique. Le casting est excellent et les interprétations tout à fait convaincantes. Emma Watson est lumineuse et nous montre toute la bonté, le courage, l’intelligence et la gentillesse de Belle. Elle a une très belle relation avec son père, j’ai apprécié la complicité entre ces deux-là. La Bête est touchante aussi, aussi maladroite et drôle qu’imposante (pourquoi faut-il qu’il se transforme en humain à la fin ? Que ce soit le dessin animé, ce film-là ou même celui de Cocteau, je suis toujours déçue en découvrant le prince…). J’adore toujours autant Big Ben et Lumière (Ian McKellen et Ewan McGregor géniaux) et, dans le rôle du vrai monstre du conte, un Luke Evans qui incarne un Gaston parfaitement détestable. On a fait tout un pataquès autour du personnage gay, LeFou, mais au final, il n’y avait pas vraiment de quoi. Et si je trouve qu’un peu de variété est une bonne chose, là, on peut dire vive les clichés… J’aurais aimé écrire une critique enthousiaste racontant mon transport devant ce film qui m’aurait profondément émue, mais, à mon goût, La Belle et la Bête n’est qu’une adaptation très réussie, visuellement éblouissante et au casting sans reproche, qui souffre toutefois de longueurs.

  1. Freaks, de Tod Browning

Des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s’exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l’écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l’acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d’une belle somme, celle-ci décide de le duper avec la complicité de son amant Hercule. (Allociné)

Freaks (affiche)

Tous les jeudis, l’opération « UGC Culte » diffuse sur grands écrans des classiques du septième art. Quel plaisir de découvrir que Freaks, film que j’adore, allait être projeté ce dernier jeudi de mars. Ce film de Tod Browning (qui a également réalisé le génial Dracula avec Bela Lugosi) avait tant scandalisé le public lors de sa sortie en 1932 qu’il a disparu pendant trente ans. Heureusement que des cinéphiles ont permis à ce film totalement atypique d’être redécouvert par le grand public. Tourné avec de personnes réellement atteintes de malformations (qui jouent donc leur propre rôle), c’est un film sombre et dérangeant dans lequel la monstruosité n’est pas forcément là où elle semble être. Certains ont le corps déformé, mais chez d’autres, même chez les plus belles jeunes femmes, c’est leur cœur qui est hideux. Le regard de Tod Browning sur sa « monstrueuse parade » est lucide et certaines scènes sont particulièrement dures tandis que d’autres peuvent mettre mal à l’aise le spectateur. Il aborde avec intelligence les sujets de la différence, de l’intolérance et de la bassesse humaine. Un film troublant et unique à l’atmosphère inquiétante.

  1. Kong : Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… (Allociné)

Kong (affiche)

Kong : Skull Island n’est clairement pas un film que je serais allée voir toute seule, mais ça me permet de découvrir des films que je n’aurai pas vus autrement. Quoi qu’il en soit, cette critique, j’aurais pu l’écrire avant même d’aller voir le film.
Toujours plus. Toujours plus grand, toujours plus fort, toujours plus d’effets spéciaux, toujours plus d’action, toujours plus de balles, toujours plus de bombes… Des lézards-dinosaures-dragons au design… intéressant. Il y a une volonté d’en faire toujours plus qui ne m’impressionne pas et qui me fait doucement rigoler. Dommage qu’ils ne travaillent pas autant sur l’histoire et les personnages que sur les effets spéciaux. Je ne porte pas les énièmes remakes dans mon cœur et j’aime trop les vieux films. Donc pour moi, King Kong restera la peluche du film de 1933.

Kong - King Kong 1933

Ok, ça n’a pas tout à fait la même gueule, mais peu importe.

 En plus, j’ai fulminé pendant tout le film à cause de Samuel L. Jackson, qui joue un colonel obtus qui ne pense qu’à tuer Kong. Son personnage est cliché, mais il m’a quand même énervée. Ok, Kong a écrabouillé quelques hélicoptères, mais, premièrement, il ne faisait que défendre son territoire et, deuxièmement, vous n’aviez qu’à vous éloigner quand ça a commencé à tourner au vinaigre. Je ne comprends pas quelle est cette pulsion humaine qui pousse à détruire, à tuer, à devenir roi même sur une île où ils n’ont clairement pas les moyens de l’être. Et ses hommes qui obéissent comme des toutous (sauf évidemment à la fin dans un retournement totalement attendu)… Bref, ce principe de l’obéissance totale dans l’armée, ce n’est pas ma tasse de thé et, du coup, j’ai passé la moitié du film à les insulter mentalement et à leur dire ce qu’ils devaient faire. On ne fait pas de mal aux animaux. Point. Oui, je sais que ce n’est qu’un film, mais je vis les choses à fond. Et heureusement que j’étais là pour me mettre en colère toute seule car, à côté de ça, le film ne génère pas beaucoup d’émotions.
Après, oui, il y a de l’action, les effets spéciaux sont bien foutus, donc si vous aimez ces films, vous passerez sans doute un bon moment (je ne peux d’ailleurs pas dire que je me suis ennuyée ou autre). Par contre, si vous voulez des personnages subtils et un scénario intéressant, vous ne trouverez pas de ça dans ce film. Quant à moi, je préfère toujours les bidouillages et les effets ratés des vieux films.

 

C’est le 1er, je balance tout ! # 3 – Mars 2017

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire.  Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.
  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

 Pas mal de lectures ce mois-ci, mais c’est facile avec une longue série de romans « aussitôt commencés, aussitôt terminés », trois bandes dessinées et des mini-livres de 50 pages à tout casser.

Côté Top, je peux citer Lettres d’un mauvais élève et Je suis le fruit de leur amour et je n’en parle pas davantage car j’en reparle juste après. En BD, j’ai découvert avec bonheur la suite d’Abélard intitulée Alvin par Dillies et Hautière.

Il faut aussi que je vous parle d’un autre mini-livre, L’enfaon d’Eric Simard. Il appartient à la collection Mini-Syros – qui, comme les Petite Poche de Thierry Magnier, propose des textes courts –, mais il ne faut pas se fier à sa petite taille. A travers une histoire de science-fiction qui met en scène l’enfaon (mi-humain, mi-cerf) arrivant dans une école primaire « normale », Eric Simard nous parle d’amour, de maladie et de différence. C’est beau, c’est fort, c’est poétique. Bref, c’est très réussi.

L'enfaon (couverture)

Côté Flop, les seuls livres que je peux citer sont les deux tomes de La Rivière à l’envers de Jean-Claude Mourlevat. Je ne les ai même pas chroniqués car je ne sais pas trop quoi en dire. C’est vite lu, ce n’est pas désagréable comme lecture, mais ça ne m’a pas apporté grand-chose.

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Avec pratiquement deux ans de retard, j’ai découvert la critique de Lupiot (Allez vous faire lire) au sujet de The Book of Ivy alias « le plus mauvais livre de l’année ».  J’ai tellement ri avec cet article ! Il est juste génial. Une critique négative aussi argumentée qu’hilarante, ça aurait été dommage de passer à côté !

Grâce à Dans ta page et à sa critique enthousiaste, j’ai découvert la collection Petite Poche chez Thierry Magnier. J’ai pris une claque en découvrant Lettres d’un mauvais élève et Je suis le fruit de leur amour. C’est fort, on y lit des choses comme « Je suis le fruit pourri de leur amour. », c’est vraiment une incroyable découverte. Surtout que je n’aurais peut-être jamais fait attention à ces petits livres de moins de cinquante pages dans cette chronique.

Je suis tombée amoureuse d’Abélard en février, puis d’Alvin en mars, mais je n’ai pas été la seule. J’ai adoré les magnifiques chroniques de Moka (Au milieu des livres) et de Petit Carré Jaune.

Enfin, Charmant Petit Monstre (Les lectures du monstre) m’a donné envie de lire The Paper Magician de Charlie N. Holmberg, un livre qui m’intrigue et qui m’attire beaucoup.

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Le 8 mars, c’était la Journée internationale des droits des femmes, l’occasion pour la Parisienne (Carnet parisien) de publier une chronique très juste sur le sexisme, le féminisme, les combats à mener et les droits à enfin obtenir. Je me suis retrouvée totalement dans ses propos.

Passons à quelque chose de plus léger. Je n’ai jamais lu ou vu Cinquante nuances de Grey et ce n’est absolument pas prévu. En revanche, ces résumés d’Anais Bordages – comment j’ai pu arriver là ? – m’ont beaucoup fait rire. Elle revient sur les films Cinquante nuances de Grey et Cinquante nuances plus sombres, ainsi que sur le tout dernier tome, Grey. Je pense que c’est le meilleur moyen pour découvrir ce qui me semble être de la daube (« non, je n’ai pas lu, c’est pas bien de critiquer ce qu’on ne connaît pas, mais je m’en fiche ! »).

Il y a aussi Lola de A l’horizon des mots qui, dans son troisième « Tu liras moins bête », nous livre des informations passionnantes sur la gémellité, sur le temps au Moyen-âge et sur des livres pratiques pour se suicider (petite note joyeuse).

Sinon, en ce moment, je passe beaucoup de temps à rêver de voyages et d’escapades. Je ne veux pas passer ma vie à attendre le week-end et mes cinq semaines de congés par an. Donc en attendant de concrétiser mes projets, je me fais du mal en explorant des sites de voyageurs. Niognot m’a transportée en Nouvelle-Zélande et j’ai également découvert le site de L’Oiseau rose qui ne cesse de m’enchanter.

Enfin, Lupiot (oui, encore) m’a également vendu du rêve avec le compte-rendu de sa visite du parc « Wizarding World of Harry Potter » à Orlando, Floride. J’étais déjà folle aux Studios, mais là, l’émotion a l’air d’être multipliée par mille. Rien qu’en la lisant, j’étais surexcitée, je sautais presque sur mon siège, donc si je suis déjà dans un tel état face à un écran, je m’inquiète un peu de ce que ça sera quand j’y serai (parce que j’irai un jour, aucun doute là-dessus !).

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

 J’ai écrit un loooong article pour le blog sur les Désastreuses aventures des orphelins Baudelaire car il s’est avéré que j’avais plein de choses à dire dessus. Du coup, j’y ai consacré un temps fou et je ne sais absolument pas si quelqu’un aura la persévérance de lire jusqu’au bout ! Mais ce n’est pas très grave, je suis quand même contente de moi.

J’ai planté des herbes aromatiques dans ma cuisine, ça apporte un peu de vert, c’est joli (et utile). C’était prévu l’an passé déjà, mais j’avais un peu raté le coche, ça m’apprendra à procrastiner !

Et enfin, j’ai plus ou moins entamé un changement de direction au niveau professionnel. Rien n’est fait, rien ne dit que ça me plaira, rien ne dit que j’en suis capable, mais je me lance (un peu dans l’inconnu). Donc je suis plutôt fière d’avoir (plus ou moins) surmonté mon angoisse de l’échec (en vrai, je suis super flippée, mais je regretterais aussi de ne pas essayer, donc à tout prendre…).

Rendez-vous au cinéma ! – Février 2017

Et voici le bilan de mes découvertes cinématographiques du mois de février !

Tous en scène (affiche)

  1. Tous en scène, de Garth Jennings

N’aimant pas du tout Moi, moche et méchant ou Les Minions, je ne savais qu’attendre de cette nouvelle réalisation des studios Illumination. Et finalement, j’ai été très agréablement surprise. Le scénario est sympathique sans être révolutionnaire, mais l’animation est réussie, l’humour est au rendez-vous et les chansons sont très bien intégrées dans l’histoire qui est, heureusement, suffisamment développée autour des personnages (variés et crédibles, de la grande timide à l’ado rebelle en passant par la maman débordée et le jeune délinquant désireux d’échapper à son père) pour que l’on ne se lasse pas de la succession de chansons. Sans être un chef-d’œuvre, Tous en scène m’a fait passer un très bon moment.

Jackie (affiche)

  1. Jackie, de Pablo Larraín

C’est avant tout pour Nathalie Portman que je voulais voir ce film, mais ce n’était décidément pas le film à voir absolument ce mois-ci. Je l’ai trouvé inutilement lent. Je n’ai rien ressenti – sinon un vague ennui – face à ce portrait psychologique de cette First Lady décidée à rendre tous les hommages possibles à son mari défunt tant pour l’honorer une dernière fois que pour faire son deuil. Quand à Nathalie Portman, j’ai vu tant de critiques dithyrambiques sur la perfection de son jeu que j’ai été un peu surprise : je l’ai trouvé un peu agaçante, empotée et minaudante. La vraie Jackie était-elle vraiment ainsi ? Je n’ai rien appris du point de vue historique et je n’ai ressenti aucune sympathie pour les personnages.

La La Land (affiche)

  1. La La Land, de Damien Chazelle

Le film le plus attendu de ce début d’année ! En dépit du fait que les critiques ultra-dithyrambiques de ces dernières semaines me faisaient attendre LE chef-d’œuvre de la décennie et que j’en attendais donc davantage (je lui reproche notamment quelques longueurs), j’ai a-do-ré ! Les chansons sont chouettes (et je ne connais rien au chant, donc le fait que Ryan Gosling et Emma Stone soient des amateurs ne me dérange en aucun cas) et les musiques, qui, pour certaines, restent bien en tête, donnent envie de danser avec Mia et Sebastian. Les acteurs sont tellement vrais et attachants avec un Ryan Gosling tout en finesse et une Emma Stone tout simplement géniale, à la fois rigolote et touchante. Je ne pouvais que les aimer ! Et surtout, La La Land, c’est un plaisir pour les yeux. Coloré, lumineux, des lumières aux costumes, on sort avec des étoiles plein les mirettes. Un feel-good-movie poétique et dynamique qui rend hommage aux vieilles comédies musicales hollywoodiennes tout en leur redonnant un bon coup de fouet et de modernité. Et la BO du film est à peu près la seule chose que j’ai envie d’écouter depuis un mois !

Passengers (affiche)

  1. Passengers, de Morten Tyldum

Jennifer Lawrence et Chris Pratt, seuls passagers réveillés à bord d’un vaisseau (un chouette vaisseau, soit dit en passant !) en route pour une nouvelle colonie, arrivée prévue dans 90 ans : une histoire de deux Robinson Crusoé intergalactiques livrés à eux-mêmes alors que le vaisseau connaît vraisemblablement quelques problèmes techniques. Un huis-clos qui se laisse voir, sans trop fatiguer les neurones, l’idée est sympathique, mais ce film n’a rien de particulièrement innovant. J’ai lu plusieurs critiques soulignant le côté prenant, inquiétant de l’histoire, pourtant j’ai trouvé que le suspense était gâché par un scénario qui devenait de plus en plus prévisible tout comme chacune des péripéties (à un tel point que j’ai eu quelques fous rires…). Quant aux acteurs, je les ai trouvés globalement un peu lisses (sauf Chris Pratt quand il est encore seul). Un excellent démarrage, mais une qualité en baisse au fil du film.

Loving (affiche)

  1. Loving, de Jeff Nichols

L’histoire n’est pas compliquée : Richard et Mildred s’aiment. Sauf que voilà, il est blanc, elle est noire. Et en 1958, l’Amérique ségrégationniste ne voit pas leur mariage d’un bon œil. Loving, c’est une histoire touchante. Notamment grâce aux acteurs principaux au jeu parfaitement juste : Ruth Negga est aussi lumineuse et pleine d’espoir que Joel Edgerton est effacé et taciturne. C’est elle la porte-parole de leur famille et de leur amour tandis que ses mots à lui passent par ses silences et ses regards. De plus, le film évite tous les clichés qu’on aurait pu attendre de lui : des racistes blancs haineux, des scènes interminables de procès, pas de pathos excessif, ce genre de choses. On reste focalisé sur la famille Loving, la mise en scène est sobre et certains plans sont tout simplement magnifiques. Un très beau film.

Certaines femmes (affiche)

  1. Certaines femmes, de Kelly Reichardt

Pour le prix du film le plus ennuyeux du mois, Certaines femmes sera un sérieux concurrent à Jackie. J’y suis allée sur un coup de tête, ne sachant absolument pas de quoi il parlait. Ça m’apprendra. Ces quatre « portraits de femmes » dans un coin perdu du Montana sont d’une lenteur inouïe. Peu de dialogues, pas de musique, juste le silence pendant qu’on les regarde rouler en voiture ou se regarder sans mot dire. 1h47 de moments de vie si terre-à-terre au cinéma, c’est mortel… J’avoue, j’ai fait un micro somme (mais j’ai remarqué que je n’avais pas été la seule dans la salle !). J’ai trouvé ce film froid, terne et inexpressif. Pourquoi ce film ? (Et pourquoi suis-je allée le voir ?…)

Trainspotting (affiche)

  1. Trainspotting, de Danny Boyle

Je ne l’avais jamais vu même si j’en ai souvent entendu parler. Je ne l’ai jamais lu non plus même si le bouquin d’Irving Welsh m’attend depuis des années dans ma PAL. Je savais que le film parlait d’héroïnomanes écossais et c’est tout. J’ai souvent une petite réticence envers les films qui parlent de drogues, à cause du côté inéluctable de la rechute, je crois. Et effectivement, en dépit de toute sa bonne volonté, Mark Renton replonge toujours. Mais j’ai beaucoup aimé ce film. Le fond pas joyeux et parfois plutôt scabreux – on parle de l’addiction avec tous les malheurs qui en découlent ainsi que de l’avenir peu réjouissant qui semble attendre les jeunes Ecossais – est contrebalancé par de l’humour et un côté un peu délirant. La bande son est bonne et les acteurs excellents, Ewan McGregor en tête. Avec cette bande de copains d’aiguilles, tous aussi paumés les uns que les autres, Trainspotting aborde des sujets graves, parfois dramatiques, sans tomber dans le pathos ou le pessimisme. (Par contre, l’accent écossais… terrible.) Reste à voir si le 2, tourné vingt ans après, avec les mêmes acteurs, sera aussi bon.

Lion (affiche)

  1. Lion, de Garth Davis

Un très beau film – tiré d’une étonnante histoire vraie – sur l’adoption et la quête de ses origines. Comment Saroo, à 5 ans, s’est perdu au point de se retrouver à Calcutta, très loin de chez lui et a été adopté par un couple australien. Comment, à 30 ans, il a entamé une quête pour retrouver sa famille en cherchant son village sur Google Earth. Le ton est particulièrement juste. Le gamin qui joue le jeune Saroo est excellent. Il ne dit pas grand-chose, mais son regard noir fait passer beaucoup d’émotions. Dev Patel nous transmet également la détresse de celui qui est déchiré entre deux cultures, deux familles, deux volontés : d’une part, celle de retrouver sa mère biologique et son frère pour les rassurer sur son sort, de l’autre, celle de ne pas blesser sa mère adoptive. L’Inde est filmée dans toute sa beauté et dans toute son horreur : superbes paysages et misère humaine se côtoient sans cesse. Des problèmes aussi sordides que la vie à l’orphelinat ou le trafic d’enfants ne sont pas passés sous silence. En dépit de quelques longueurs dans la seconde partie du film, cela reste un beau moment de cinéma et une histoire très touchante.

Moonlight (affiche)

  1. Moonlight, de Barry Jenkins

Je suis ressortie assez mitigée de ce film qui nous fait suivre Chiron de l’enfance à l’âge adulte, en passant par l’adolescence. En réalité, le sujet, le fond est intéressant et m’a totalement convaincue, d’autant plus que le réalisateur ne tombe pas dans les clichés. Drogue, relation conflictuelle avec la mère, homophobie, délinquance… Il y a beaucoup de non-dits et les regards sont souvent plus importants que les mots. Les personnages sont parfois plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord et changent énormément en grandissant : Kevin se responsabilise (plaisir à retrouver Andre Holland alias Dr Algernon Edwards dans l’excellente série The Knick) tandis que Chiron se forge une carapace de caïd pour oublier les humiliations du passé. En dépit du fait que cette « transformation » m’a surprise au début, l’acteur Trevante Rhodes parvient tout à fait à montrer que, derrière cette montagne de muscles, sa sensibilité est toujours là. Et esthétiquement, il est plaisant à regarder. Vous allez donc me demander pourquoi je suis mitigée après tous ces points positifs ? Pour une seule raison. Parce que c’est LENT ! C’est extrêmement lent (et, par conséquent, long, trop looooong). Surtout l’enfance de Chiron à mon goût (à ce moment-là, je m’inquiétais vraiment pour la suite). Un film intéressant, mais qui ne mérite pas toutes les critiques dithyrambiques qu’il reçoit (ni l’Oscar du meilleur film non plus).

De sas en sas (affiche)

  1. De sas en sas, de Rachida Brakni

Dernier film du mois. Le long trajet de neuf femmes (et un homme et une fillette) de sas en sas, à travers la prison de Fleury-Mérogis, jusqu’au parloir où les attendent pères, frères, fils et maris. Suite à mes déceptions du mois, j’ai hésité avant d’aller le voir. Mais finalement, j’ai bien aimé. Les actrices sont convaincantes, le petit groupe fonctionne bien dans ses amitiés, ses connivences, mais aussi ses inimitiés qui deviennent de plus en plus violentes alors que les patiences s’amenuisent. On vit avec elle (notamment avec Marlène pour qui c’est la première fois) ce trajet oppressant avec ces grilles qui se ferment dans leur dos, ces portes qui claquent, ces clefs qui tournent dans les serrures. C’est long, il faut souvent attendre dans la chaleur d’un été caniculaire, les gardiens sont mutiques, les laissant dans l’ignorance et l’angoisse quand une sirène retentit et que des éclats de voix éclatent du côté des prisonniers. Réaliste quoi que parfois un peu théâtral, ce huis-clos étouffant dénonce aussi bien la culpabilité qui assaille parfois ces femmes – auraient-elles dû écouter plus, comprendre davantage, être plus présentes ? qu’ont-elles raté dans l’éducation de leur enfant ? auraient-elles pu empêcher ce qui s’est passé ? – que (indirectement) les conditions de travail des gardiens.

Voilà ! Et vous, les avez-vous vus, aimés ? Qu’êtes-vous allés voir ce mois-ci ?

C’est le 1er, je balance tout ! # 2 – Février 2017

²c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire.

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

Voilà ce que j’ai lu ce mois-ci :

Côté Top, comment ne pas citer en premier lieu La Passe-miroir de Christelle Dabos ? Je l’ai lu avec beaucoup de retard, mais j’ai été totalement emportée par ces romans que je ne cesse depuis de conseiller. J’ai hâte de retrouver Ophélie, Thorn et tous les autres, j’attends donc le troisième avec impatience. Toutefois, j’ai également eu un immense coup de cœur avec Dans le désordre de Marion Brunet. Un roman Exprim’ incroyablement puissant à l’écriture vive et passionnée. La critique arrivera prochainement, mais je peux déjà vous dire que c’est un chef-d’œuvre et que vous pouvez vous jeter dessus sans hésitation.

En BD, je suis tombée amoureuse d’Abélard par Régis Hautière et Renaud Dillies : une histoire touchante sur la vie, l’amitié avec beaucoup de poésie et de philosophie.
Dernièrement, je veux également citer Sexus Nullus ou l’égalité de Thierry Hoquet qui pose la question du sexe civil par la bouche d’un candidat à une élection présidentielle qui souhaite le faire disparaître pour une société plus égalitaire.

Côté Flop, je n’en citerai qu’un et ce sera Miss Alabama et ses petits secrets de Fannie Flagg : un roman beaucoup trop léger et superficiel qui m’a déçue.

Miss Alabama et ses petits secrets (couverture)

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

J’ai été beaucoup touchée par la critique de Pikobooks sur L’Attrape-cœur, de J.D. Salinger. C’est un livre que je serais, je crois, incapable de chronique car il a été l’un des livres de chevet de mon adolescence et je m’y replonge encore à l’occasion. J’adore la langue et la plume de Salinger et je m’identifie beaucoup à Holden, à ses doutes, ses interrogations, ses rebellions.
J’ai aussi très envie de découvrir La cité des méduses d’Emmi Itäranta grâce à cet article sur le blog Tanuki No Monogatari.

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Je vadrouille pas mal sur Internet, mais rien ne m’a marqué particulièrement. Du coup, ce sera un lien cuisine (section particulièrement intellectuelle donc, mais je m’en fiche, j’aime cuisiner et j’aime le sucre !). J’ai essayé pour la première fois de faire mon propre caramel au beurre salé grâce à cette recette et ça a été une réussite. Finalement, c’est tout bête à faire.

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

Février a été un mois assez tranquille, je n’ai rien fait d’extraordinaire. Ah si, j’ai trouvé un boulot ! Sauf que – pour la première fois de ma vie – je l’ai quitté au bout de 15 jours. Ça peut être étonnant comme raison d’auto-congratulation, mais j’ai refusé de me laisser marcher dessus, j’ai refusé des conditions qui ne me convenaient pas, et je suis assez fière de moi. Maintenant, il faut que je recommence à chercher, mais au moins, je ne déprimerai pas pendant des mois à cause d’un travail qui ne me laissait guère de place pour une vie personnelle.

Et à part ça, je suis contente d’avoir gardé un rythme de publication régulier sur le blog. Depuis janvier, je suis assez sérieuse et ça me fait plaisir. Je vais peut-être ralentir un peu en mars, mais j’essayerai tout de même de conserver une bonne vitesse de croisière.

Rendez-vous au cinéma ! – Janvier 2017

Je vous propose un nouveau rendez-vous mensuel autour du cinéma. Je n’ai pas le temps d’écrire de longues et constructives critiques de films pour plusieurs raisons :

  1. Je vais beaucoup au cinéma, donc je n’arrive pas à suivre le rythme ;
  2. Je ne me sens pas forcément légitime, faute de connaissances solides sur le cinéma ;
  3. Je donne du temps au blog pour les critiques de livres, mais j’ai d’autres centres d’intérêt dans la vie qui me demandent aussi du temps, donc les critiques cinéma passent à la trappe ;
  4. Et sûrement d’autres raisons qui ne me viennent pas en tête à l’instant présent.

Rédiger mon bilan 2016 m’a beaucoup plu. J’ai rédigé mon avis en quelques lignes, de manière rapide et succincte. C’est ce que je ferai à présent chaque fin de mois sur les films que j’ai vus dans le mois (tous ou une partie). Ce sera mon humble avis de spectatrice, et non une analyse cinématographique.

Commençons donc avec ce mois de janvier !

Rogue One (affiche)

  1. Rogue One : a Star Wars Story, de Gareth Edwards

C’est quand même fou, je ne suis absolument pas une fan de Star Wars (j’aime bien les premiers films, mais je ne les ai vus qu’une fois) et pourtant voilà deux ans de suite que je commence l’année avec un film de la franchise. J’ai passé un bon moment (pas trop exigeant pour les neurones), mais ce n’est pas le coup de foudre. L’histoire met du temps à démarrer et j’avoue que j’étais perdue parmi toutes les planètes (j’ai déjà du mal à me souvenir que les hommes en blanc sont les méchants – dans des films aussi manichéens, ça me semble toujours illogiques ! – alors de là à m’y retrouver parmi tous les mondes…). Je ne me suis pas ennuyée et j’ai apprécié la fin plutôt épique (même si l’on en connaissait l’issue), mais je n’ai pas eu d’atomes crochus avec les personnages. Un blockbuster sympathique, mais dont j’aurais pu me dispenser.

Your Name (affiche)

  1. Your Name, de Makoto Shinkai

J’attendais avec impatience ce film d’animation dans lequel Mitsuha et Taki échangent régulièrement de corps et de vie. On découvre alors la vie empreinte des traditions japonaises de la première et la vie urbaine du second. C’est un film onirique, envoûtant et original. Beaucoup plus contemporain que les films de Miyazaki (qui auront toujours ma préférence), il reste néanmoins un film inattendu jusqu’au bout et magnifique sur le plan esthétique.

3000 nuits (affiche)

  1. 3000 nuits, de Mai Masri

Layal, condamnée à huit ans de prison pour un attentat avec lequel elle n’a rien à voir, est envoyée dans une prison pour femmes israélienne qui accueille des détenues politiques palestiniennes (et quelques israéliennes). Découvrant sa grossesse, elle décide de garder l’enfant. Les actrices (Maisa Abd Elhadi « Layal » en tête) sont excellentes. Un drame dur et poignant sur ces femmes qui n’abandonnent jamais la lutte qu’une belle histoire humaine.

Café society (affiche)

  1. Café Society, de Woody Allen

Je l’avais raté l’année dernière, mais j’ai pu le revoir grâce aux semaines des Incontournables qui, chaque année, reprennent des films de l’année passée. Ma relation avec Woody Allen est en dents de scie : il y a des films que j’apprécie et d’autres que je déteste. Celui-ci appartient à la première catégorie. J’ai beaucoup aimé l’ambiance des années 1930 – les couleurs, les costumes, la musique… – ainsi que la peinture du milieu des gangsters ou de la jet set qui parfois se rejoignent. Le chassé-croisé amoureux n’est pas niais pour un sou. Toutefois, les acteurs, certes bons, n’ont pas réussi à vraiment me toucher. Un bon moment.

Beauté cachée (affiche)

  1. Beauté cachée, de David Frankel

Je suis allée le voir en toute ignorance puisque j’accompagnais alors quelqu’un qui voulait vraiment le découvrir. Si l’idée des trois abstractions – l’amour, le temps, la mort – m’a plu au début du film, j’ai trouvé que le film tournait assez rapidement mélo et assez prévisible au niveau du scénario (je dois cependant avouer que je ne m’attendais pas à un détail final). L’objectif semblait seulement être de faire pleurer dans les chaumières… et comme je n’ai pas pleuré, cela m’a vite agacée. Je regrette l’absence d’un discours plus philosophique sur ces trois abstractions. Une déception donc, en dépit de la justesse des acteurs…

Ma vie de courgette (affiche

  1. Ma vie de courgette, de Claude Barras

J’en avais déjà parlé dans mes films préférés de 2016, mais j’ai accompagné une personne qui ne l’avait pas vu – et qui a autant adoré que moi. Mon avis d’alors : Ma vie de courgette peut compter sur un scénario atypique, horriblement dur et tendre à la fois. Les petits héros affrontent tous des situations difficiles – maltraitances, placement à l’orphelinat… –, mais le soutien de leurs copains et une sacrée réserve de bonne humeur les aident à tenir le coup. A travers un remarquable travail de stop motion, Claude Barras nous présente des personnages fabuleusement expressifs. Bouleversant.

The Birth of a Nation (affiche)

  1. The Birth of a Nation, de Nate Parker

Ce film a été controversé du fait du passé de son réalisateur, mais comme j’entendais que c’était LE film à voir, qu’il était très important, etc., ma curiosité a été titillée. Et finalement… Certes, c’est un bon film qui nous permet de découvrir une histoire vraie : cette rébellion d’esclaves qui a causé la mort de nombreux propriétaires avant d’être matée dans le sang. Certes, il fait partie de ces films sur l’esclavage, essentiels pour ne pas oublier l’horreur de cette période (certaines scènes sont d’ailleurs particulièrement choquantes, voire monstrueuses). Mais le scénario reste classique à mon goût et le film, un peu trop long, s’essouffle parfois. Toutefois, The Birth of a Nation reste un film qui m’a touchée (et remuée à certains moments).

Usual Suspects (affiche)

  1. Usual Suspects, de Bryan Singer

Un classique, un film culte (sorti en 1995) que je ne pouvais pas rater alors qu’il repassait dans les salles obscures ! Il faut le voir parce que c’est un polar totalement maîtrisé, parce que le scénario est parfaitement ficelé et parce que la prestation de Kevin Spacey est magistrale! Quand on connait la fin, on prend tellement de plaisir à rechercher les indices qui laissaient présager du twist final. Alors qui est Keyser Söze ?…

Et vous ? Qu’avez-vous ce mois-ci au cinéma ?