Miss Endicott (tomes 1 et 2), de Jean-Christophe Derrien (scénario) et Xavier Fourquemin (dessins) (2007)

Miss Endicott t1 (couverture)Quel plaisir de voir des personnages féminins forts ! Miss Endicott nous apparaît tout d’abord comme une simple gouvernante orpheline (quoique différente des autres comme le dit Conrad, le majordome), mais endosse rapidement son rôle de justicière, de « conciliatrice », qui défend les intérêts des pauvres gratuitement ! Pas de gros revolvers, ni de fouets comme Catwoman, simplement deux aiguilles à tricoter dissimulées dans ses manches qui se révèlent de redoutables dards.

A l’exception du digne et bon Conrad, les hommes font souvent figures de rigolos à côté d’elle et se laissent mener à la baguette par la demoiselle. Malgré tout, ils ne sont pas que des bouffons et sont tous attachants à leur manière.

Une enquête, un méchant, une armée, des dangers : Miss Endicott est une véritable bande dessinée policière teintée de fantastique. Je ne veux pas trop en révéler pour ne pas gâcher le plaisir de la lecture, mais les rebondissements sont nombreux et le final du premier tome titille la curiosité !

Miss Endicott t2 (couverture)Si je n’ai que peu de choses à dire sur les traits des personnages, j’ai en revanche adoré les décors de la capitale anglaise du XIXe siècle. On plonge dans le Londres huppé des grandes familles avec manoirs et domestiques avant d’explorer dans la planche suivante celui des bas-quartiers, des tavernes, des voyous et des humbles. On descend même dans les profondeurs de la ville où se tapit un peuple d’oubliés. Un monde souterrain où se cachent les « freaks » qui refusent d’être exhibés dans les foires pour faire rire les masses. Il y aura là une touche de steampunk, ce qui n’est pas pour me déplaire.

Une bande dessinée bien sympathique et entraînante. La recette mélangeant action et humour fonctionne et le résultat se lit avec grand plaisir.

Le tome 2 m’a légèrement déçue ; je l’ai trouvé trop orienté vers l’action qui prend toute la place. Plus d’humour, moins de réflexion, on tombe dans le récit d’action pur et dur. De plus, j’ai été fortement agacée par la mère de Prudence Endicott. Elle prend le dessus sur sa fille et s’impose dans l’histoire presque jusqu’à en devenir le personnage central. M’étant attachée à la fille au fil du tome 1, son éviction par sa mère a fait que j’ai moins apprécié ce second opus.

Ceux qui auront lu la bande dessinée comprendront pourquoi j’ai, en revanche, beaucoup aimé la fin qui signe, en outre, un retour à un peu de poésie.

« Ne jamais juger un livre à sa couverture ! »

(Tome 1)

 

« – Si j’ai bien compris, tu m’as fait revenir d’Inde pour que je serve d’appât ? Et simuler ton propre enterrement ? Mais quel genre de mère es-tu donc ?

– Je suis une conciliatrice ! … Ce que tu ne seras jamais vraiment ! »

(Tome 2)

Miss Endicott, tomes 1 et 2, Jean-Christophe Derrien (scénario) et Xavier Fourquemin (dessin). Le Lombard, coll. Signé, 2007. 77+76 pages.

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