D’une île à l’autre, de Serena Fisseau, Olivier Prou et Muriel Kerba (2013)

D'une île à l'autre (couverture)Un petit album accompagné d’un CD pour voyager chaque soir de la semaine ! Serena et Nina nous emmènent avec elles pour une rêverie tout en chansons.

On commence avec un petit texte très joli, rythmé et rimé. On peut prendre beaucoup de plaisir à écouter la musicalité des mots. Ravorombazaha, Madagascar, Nyamuk, Katak, Langkawi, Sulawesi… voilà des noms qui sont un rêve de pays lointains à eux tous seuls !

A propos des mots, quel plaisir d’avoir des textes intelligents ! J’ai énormément de mal avec ces livres pour la jeunesse qui n’utilisent que des mots très simples ; pour moi, pour enrichir le vocabulaire et l’imaginaire des enfants, il faut leur proposer autre chose que le vocabulaire acquis ! (Après, je ne suis ni professionnelle de la petite enfance, ni linguiste ce n’est qu’une opinion très personnelle.) Ici, on parle de Pays du Soleil Levant, de tigre de Tasmanie, de rizières et d’anémones. Les auteurs ont varié les termes, cherchant parfois plus loin que le mot qui viendrait sans doute plus naturellement pour parler à un petit, et c’est vraiment un point positif pour moi !

A chaque soir, sa chanson traditionnelle ! Serena chante en malgache, en japonais, en malais, en tahitien, en grec (et cætera) d’une voix à la fois très jolie et très douce. Parfait pour calmer et s’endormir en toute sérénité.

Certes, on reste principalement dans le secteur des Océans Indien et Pacifique (à l’exception de deux excursions en Grèce et à Haïti) : pas de musiques traditionnelles du Groenland, de l’Islande, des îles canadiennes, italiennes ou russes. Mais l’Asie et l’Océanie sont des continents qui me font rêver et les chansons choisies sont très jolies, donc peu de regrets.

Je n’oublie pas une partie importante de tout album : les illustrations. Si les textes sont intelligents, les visuels sont tout aussi intéressants. Loin des dessins trop enfantins, trop fluo, trop naïfs (avec lesquels j’ai également du mal), celles de D’une île à l’autre sont constituées de traits multicolores qui dessinent Nina, son doudou et le vol zigzaguant de Nyamuk le moustique. Et pour chaque voyage que fait Nina, une double page entièrement peinte donne immédiatement une atmosphère, une chaleur, une image du pays visité. Le jaune domine pour Madagascar, le bleu pour le Japon, le vert pour les rizières de Malaisie…

Le principal défaut de ce livre (eh oui ! il y en a un !) est l’emplacement du CD. Normalement, on range celui-ci à l’intérieur du livre ; or, dans ce cas, il se fixe au dos sans aucune protection, ce qui n’est pas pratique pour ranger l’album sans prendre le risque d’abîmer le disque !

Le mot de la fin : un très joli ouvrage intéressant tant par ses textes que ses illustrations, musicalement enchanteur pour les jeunes enfants (jusqu’à cinq ans, je pense). Une belle découverte dans le domaine de la littérature jeunesse et des livres-CD.

 

« Me revoilà sous ma couette

Avec mille idées en tête qui papotent et qui caquettent.

Arrêtez les pipelettes ! Vous m’empêchez de dormir…

 

Bonsoir Nina, me dit Nyamuk

Mon cher moustique, tu tombes à pic !

Veux-tu bien me zézayer

Comment dormir à poings fermés ? »

 

« Regarde ton mobile

Ton mobile en bambou

Comme il est immobile

Fais-le bouger tout doux

Ecoute son babil

Le sommeil est au bout ! »

D’une île à l’autre, Serena Fisseau, Olivier Prou et Muriel Kerba. Editions Naïve, 2013.

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