Dominium Mundi (2 tomes), de François Baranger (2013-2014)

J’avais le vague pressentiment que ces deux volumes risquaient de traîner fort longtemps dans ma PAL si je n’y prenais garde. J’ai donc une la bonne idée de partir avec eux en confinement. La bonne idée car je me suis effectivement régalée d’un bout à l’autre de ma lecture !

De quoi ça parle ? Imaginez une Terre dévastée par une Guerre d’Une Heure, guerre nucléaire et bactériologique aussi fulgurante que dévastatrice ; imaginez que des cendres de l’ancien monde détruit émerge l’Empire Chrétien Moderne et une réorganisation féodale des sociétés survivantes, placée sous l’égide d’un pape tout puissant ; imaginez, les nuages toxiques réduisant sans cesse l’espace vivable, une mission colonisatrice est lancée en direction d’Akya, une planète d’Alpha du Centaure ; imaginez que ces colons découvrent sur place ni plus ni moins que le tombeau du Christ avant d’être massacrés par les Atamides, les habitants de cette planète. Il n’en faut pas moins pour que soit lancée la neuvième croisade. Un million d’hommes et de femmes bien déterminés à récupérer ce lieu saint aux mains des impies, lancés à travers l’espace dans un gigantesque vaisseau, le Saint-Michel.

Évidemment, on devine rapidement que cette version officielle de l’histoire n’est sans doute pas tout à fait exacte. Des personnages louches, des conversations qui laissent échapper des indices… Que s’est-il vraiment passé sur Akya lors de la première mission de colonisation ? Qui sont les Atamides ? Que contient réellement ce tombeau ? Qui sait quoi ? Qui commet ces meurtres atroces sur le Saint-Michel ? Ce petit côté mystère, porté par l’enquête de Tancrède de Tarente (l’un des personnages principaux sur lequel je reviendrai), sert de fil rouge tout au long du récit. Il donne lieu à une alternance de moments d’action et d’instants plus tranquilles où il ne se passe pas grand-chose et l’auteur a su trouver une juste balance entre ces deux ambiances, entre rebondissements surprenants et vie quotidienne au cœur de l’armée croisée, pour ne jamais perdre son lecteur (surtout quand, comme moi, on aime la richesse foisonnante de mille petits détails, plus que les courses poursuites haletantes). Tout cela est très bien amené et géré d’une main de maître.

Les romans sont denses et détaillés. Les ressorts politiques, les intérêts des uns et des autres, les luttes entre seigneurs, la manipulation des masses, le fanatisme, le système de classes et l’impunité offerte aux couches jugées supérieures de la société, l’hypocrisie de la religion et des hommes d’église… Cette lecture m’a parfois rappelé Les Rois Maudits de Maurice Druon : l’univers moyenâgeux, les guerres de pouvoir, les intrigues, les mensonges et les trahisons… J’ai beaucoup aimé en apprendre plus sur l’Empire Chrétien Moderne, son emprise sur le globe, son ascension, toutes ces informations qui sont injectées ici et là au fil de l’intrigue. Et j’ai encore davantage adoré voir l’Église en prendre sérieusement pour son grade. Ce mélange entre science-fiction et roman historique s’est révélé à la fois très réussi et tout simplement passionnant !

L’écriture est très agréable et véritablement prenante. Pas avare en détails et en descriptions, elle est très visuelle, même dans les passages les plus techniques (comprendre « même quand je ne comprends pas tout », par exemple, lorsque l’auteur parle du Nod2, l’ordinateur organique qui régit le Saint-Michel).
La narration est d’autant plus addictive et efficace que l’auteur change régulièrement de point de vue et garde des informations pour plus tard, utilisant des flashbacks (les personnages se remémorent plus tard les circonstances les ayant menés à telle situation ou la conversation leur ayant permis de découvrir telle vérité). Cela crée un suspense parfois frustrant tant ma curiosité en était attisée.
Par contre, j’ai été outrée par le nombre de fautes présentes dans ces deux volumes. J’ai fini par regretter de ne pas les avoir comptées tant il y en a. Au début, ça surprend, mais j’ai fini par être véritablement exaspérée. Des « a » quand il faudrait des « à », des « où » quand il faudrait des « ou » et vice versa, un « d’avantage » au lieu d’un « davantage » ; une ou deux phrases mal formulées… ; ça en devient agaçant quand ça se répète sans cesse.

Outre cela, ce qui m’a complètement accrochée à ce long récit, ce sont les personnages. Je marche énormément à l’affectif et les personnages sont, la plupart du temps, quelque chose d’essentiel pour moi. Nous passons énormément de temps avec eux, ce qui nous laisse le temps de les connaître et de les aimer. A côté des grands objectifs de la Chrétienté, ces romans sont aussi bourrés d’émotions humaines : les rivalités, les préjugés, l’amitié, la remise en question et l’ouverture d’esprit, l’anthropocentrisme contre l’entraide et la rencontre avec un Autre, le fanatisme religieux contre les doutes spirituels, l’obéissance aveugle à l’autorité contre l’anti-militarisme, etc.
J’ai été surprise par Tancrède de Tarente. Celui que l’on présente comme un lieutenant émérite, un Méta-Guerrier (un rang militaire élevé) exemplaire, pur produit de l’armée, ne m’intéressait guère de prime abord, mais il a su rapidement attirer mon attention et mon affection. Il aurait pu être trop parfait tant il est impressionnant de courage et de droiture, mais lui que je craignais rébarbatif s’est révélé attachant par ses liens avec ses hommes, ses doutes et ses remises en question (sur la religion, l’armée, les Atamides…). Pour lui qui avait été si bien été conditionné depuis son plus jeune âge, l’évolution de sa pensée ne se fait pas sans mille souffrances morales.
Il y a aussi Albéric Villejust, l’inerme, le classe zéro, l’enrôlé de force qui se rebelle contre l’autorité, l’athée qui aide Tancrède à progresser sur le chemin du questionnement, qui finira par jouer un rôle immense, celui qui ne paie pas de mine à première vue mais à qui l’on s’attache pour sa simplicité et son réalisme (il est plus facile de s’identifier à un Albéric qu’à un Tancrède surentraîné). Il y a le flamboyant Liétaud Tournai, le géant affable et toujours prêt à rire, l’ami fidèle dont la relation avec Tancrède est particulièrement forte et belle.
J’ai été intriguée par leurs découvertes, j’ai été révoltée face aux situations injustes, j’ai été triste face à leurs pertes, j’ai partagé leurs joies, j’ai adoré suivre leur évolution, leur complexité, leurs hésitations, bref, j’ai fini par vivre pleinement leurs aventures avec eux. J’ai été vraiment désolée de quitter ces trois personnages (et d’autres dont je ne dirais rien pour ne pas spoiler) quand est venu le temps de la dernière page.
L’univers est presque exclusivement masculin : l’équipage est composé majoritairement d’hommes en dépit du régiment d’élite des Amazones et des femmes enrôlées de force pour leurs compétences scientifiques (comme Clotilde qui deviendra une aide précieuse pour Albéric). Il faut dire que dans la société médiévale qui a été réinstaurée, la place des femmes n’a guère progressé dans les classes supérieures : nulle possibilité de s’échapper d’un avenir de femme au foyer si ce n’est en s’engageant dans l’armée. Ce qui m’a réellement chagrinée, c’est de ne pas parvenir à réellement apprécier Clorinde di Severo, la seule femme dont nous partageons parfois le point de vue. Une femme forte, décidée, combattante, mais que j’ai souvent trouvée trop obtuse et hautaine. Peut-être avais-je déjà trop pris le parti de Tancrède au moment de sa rencontre avec Clorinde pour apprécier celle qui, d’une certaine façon, tente bien souvent de lui barrer la route. (Et puis, je n’ai pas trop accroché à sa romance avec Tancrède.)
Je m’arrête là mais sachez qu’il y a plein d’autres personnages fascinants, intimidants, captivants, dangereux, ambigus, à découvrir.

Ma première incursion dans le genre du space opera s’est donc révélée particulièrement fascinante et addictive. Ce dyptique, qui revisite le poème épique La Jérusalem délivrée à la sauce science-fiction, a su m’embarquer pour un voyage palpitant. Tout est réussi : la narration, les protagonistes, les sujets abordés, ce qu’il dénonce – que ce soit la volonté si tristement humaine de tout dominer, les abus de pouvoir ou la religion utilisée à des fins de pouvoir –, les conflits politiques ou intérieurs, le mélange entre action addictive et richesse de détails… Une superbe lecture qui m’a vraiment bluffée.

« « – Ce n’est qu’une illusion. Ce jardin n’est qu’une façade créée de toutes pièces.
– Je le sais. Mais je veux pourtant croire que tout cela est vrai, qu’aucune pompe n’est dissimulée sous les ruisseaux, qu’aucune soufflerie n’est à l’origine du vent qui fait bouger les feuilles, qu’aucun paysagiste n’en a tracé les plans. C’est plus beau si on y croit. »
Albéric secoua la tête.
« – Je ne suis pas d’accord. Les choses les plus belles sont sans fard. Rien n’est plus beau que la vérité.
– La véritable nature, sans fard, n’est pas toujours belle. Beaucoup de souffrance, de violence, de peur, de froid, de faim. La véritable nature exhale plus souvent l’odeur de la décomposition que le parfum des fleurs.
– Peut-être. Néanmoins, même crue, je préfère la véritable nature à une imitation. Une imitation n’est qu’une falsification de la réalité. Peut-être que tout ce que tu viens d’énumérer est le prix à payer pour la vérité. »
Tancrède eut un petit rire amusé, sans mépris.
« Voilà un discours que je n’ai pas l’habitude d’entendre. Dans mon milieu, les apparences comptent plus que tout. C’est l’honneur d’une famille noble que de les maintenir coûte que coûte. » »

(Livre I)

« A cet instant, lui qui tenait tant à son indépendance d’esprit sut qu’en réalité il acceptait beaucoup de choses sans réfléchir. Moi qui croyais ne pas être un mouton suivant le troupeau simplement parce que mon esprit indépendant me faisait cheminer de côté, je revenais quand même à la bergerie tous les soirs. »
(Livre I)

« Si les Atamides ne semblaient pas s’être forgé de religion comme l’avaient fait pratiquement tous les peuples de la Terre, ils n’avaient en revanche pas échappé à cette triste fatalité qui veut que toutes les sociétés soient condamnées à s’inventer des mythes absurdes destinés à leur compliquer la vie. »
(Livre II)

« « Maintenant, je sens que je peux être heureux. »
Je devais me rappeler longtemps cette phrase qui derrière une apparente simplicité contenait une vérité profonde. Trop de gens, dont moi-même probablement, attendent que le bonheur leur tombe dessus sans même penser à le chercher. Or, je crois sincèrement que si l’on ne décide pas que l’on peut être heureux, alors on a peu de chances de l’être un jour. »

(Livre II)

Dominium Mundi, 2 tomes, François Baranger. Éditions Critic, coll. SF, 2013-2014. 602 pages et 796 pages.

La malédiction d’Old Haven, de Fabrice Colin (2007)

La malédiction d'Old Haven (couverture)Le confinement m’a permis de redécouvrir un livre lu à sa sortie, soit quand j’avais quatorze ans. Peu de souvenirs (une affaire de sorcellerie, mais à part ça…) et un gros point d’interrogation sur l’intérêt qu’il allait générer avec treize ans de plus au compteur. Encore une fois, ce ne fut pas une déception. Je suppose que je sais juger de la capacité d’un livre à me plaire ou non sur le long terme nonobstant les années qui ont passées.

En revanche, j’ai constaté avec surprise et plaisir que ma lecture fut probablement très différente de celle d’il y a treize ans. Ne serait-ce que pour le genre du roman. A l’époque, je ne connaissais pas du tout le steampunk et je n’avais probablement pas prêté attention à tout ce qui relève de ce pan de la littérature de l’imaginaire.

Nous sommes ici dans une Amérique alternative, au XVIIIe siècle. D’un côté, l’Empereur, profondément catholique, et son bras armé, la Sainte Inquisition. De l’autre, des sorcières et des mages, des peuplades indiennes, des pirates, pourchassés de la même manière, voués à la torture et au bûcher… et Mary, notre héroïne. Le pétrole a été découvert ; les plans de Léonard de Vinci ont donné naissance à toutes sortes de machines, à commencer par les ornithoptères, des engins volants bien pratiques pour combattre les dragons ; des automates peuvent être rencontrés dans de riches demeures.

De même, toujours conforme à la définition du steampunk, les références littéraires abondent. Si la ville principale de l’Empire s’appelle Gotham, c’est à l’œuvre d’H.P. Lovecraft que le roman fait le plus référence. Arkham, le Necronomicon, Dagon et les Grands Anciens, Nyarlathotep, les Profonds et les hybrides issus de leur union avec des humaines… comptent parmi les clins d’œil qui parsèment le récit. Mary va également être amenée à côtoyer des personnages issus de la fiction – Rip Van Winkle ou Jack O’Lantern – ou de l’Histoire – le fils de Pieter Stuyvesant, Constance Hopkins ou Jonathan Swift. Je vous laisse vous renseigner sur qui a fait quoi, mais en tout cas, cet entremêlement m’a beaucoup plu.

Comme je l’ai dit, j’ai apprécié ma lecture. Certains passages m’ont réellement convaincue – notamment par l’évocation de certains lieux, tels que les souterrains ou l’île des dragons – tandis que certains mystères m’ont intriguée jusqu’à leur résolution – l’identité de celui qui se cachait sous les voiles immaculés de l’Empereur par exemple. De plus, suivre Mary sur le chemin de la vérité, dévoilant peu à peu tous les secrets de son passé et de sa famille tout en prenant conscience des formidables pouvoirs qui sont les siens était un voyage livresque plutôt plaisant.

Cependant, j’ai quelques petits reproches à faire à ce roman. Outre le fait qu’il est basé sur une histoire assez classique (une héroïne, un grand méchant, un mentor, des supers pouvoirs, des secrets de famille…), ce qui n’est pas vraiment un problème dans l’absolu (c’est une formule qui a fait ses preuves et qui peut toujours se révéler efficace), je l’ai trouvé légèrement déséquilibré. La première moitié est parfois un peu trop lente, très descriptive, voire répétitive, à la progression quelque peu laborieuse alors que la seconde est extrêmement dynamique, sans la moindre pause, avec une fin très abrupte.
Ensuite, c’est dense, c’est riche, ce qui est passionnant… mais aussi un peu frustrant parfois car certains aspects auraient pu être plus creusés, moins rapidement évoqué. Par exemple, la magie fonctionne grâce au monde de l’esprit qui s’est détaché de la Terre physique et matérielle (bon, je simplifie car il y a en réalité Spiritus, le Monde Blanc, et Umbra, un plan maléfique, mais je ne vais pas vous refaire le bouquin). Mary utilise Spiritus tandis que l’Empereur rôde en Umbra croyant que là est le chemin qui mène à Dieu. Or j’ai trouvé ses plans spirituels trop peu utilisés. Un coup en Umbra, deux fois en Spiritius, et hop, c’est bon, on a compris le principe, passons à autre chose. Oui mais non, c’est trop rapide et au final, on a juste l’impression que ça ne joue qu’un rôle mineur. Idem pour les dragons (et j’avoue que je n’aurais pas dit non à plus de dragons. Ou de pirates. On ne peut pas avoir trop de dragons ou de pirates.)
Enfin, les personnages. Entre Mary qui n’est pas inoubliable – quand elle n’est pas insupportable – et les autres qui sont trop superficiellement présentés, difficile de les garder longtemps en mémoire. Concernant les personnages secondaires, cela ne nuit pas à leur capital sympathie, certains sont très chouettes comme Jack O’Lantern, Nicketti ou Iron Moses, mais j’aurais apprécié des personnages plus forts, plus nuancés, plus marquants.

Voici une chronique finalement plus nuancée que mes sentiments au sortir de ma lecture. Certes, il y a quelques déceptions, mais j’ai aussi beaucoup apprécié la richesse de ce petit pavé qui mêle steampunk, uchronie, fantasy, aventure… Une relecture agréable.

« C’est là l’effroyable paradoxe : l’Inquisition est persuadée de l’innocence de ceux qu’elle envoie sur le bûcher. Elle les nomme sorciers ou sorcières parce qu’elle a besoin de boucs émissaires. En définitive, son objectif est double : faire régner la terreur, car celui qui est craint est aussi respecté ; et décourager les « honnêtes gens » de s’intéresser à la connaissance véritable. »

La malédiction d’Old Haven, Fabrice Colin. Albin Michel, coll. Wiz, 2007. 635 pages.

La parenthèse 9ème art – Bergères Guerrières et Canoë Bay

Un peu lassée de voir traîner ces chroniques esseulées dans mon ordinateur, je vous propose une petite parenthèse 9ème art avec des lectures qui remontent à quelques mois maintenant. Deux très belles découvertes, dont la première ne vous est peut-être pas inconnue !

***

Bergères Guerrières (3 tomes, en cours), de Jonathan Garnier (scénario) et Amélie Fléchais (dessin) (2017-2019)

Voilà dix ans que les hommes ont disparu, avalés par une guerre aux confins du pays. Les femmes ont dû s’organiser et surtout, organiser la défense du village. Ainsi est né l’ordre des bergères guerrières. Ce sont ces combattantes d’élite que la jeune Molly s’apprête à rejoindre en prenant le titre d’apprentie.

Au scénario, j’appelle Jonathan Garnier qui a fait naître l’énergique et émouvante Momo ! Et qu’avons-nous là ? Une histoire d’aventures et une histoire de femmes et de filles braves et prêtes à tout pour défendre leur village.
Dans un univers qui n’est pas sans rappeler la pittoresque bourgade de Berk (Dragons), Molly et ses amies sont nommées apprenties. Sous l’égide des guerrières d’élite, elles apprennent à manier arcs, épées et autres marteaux de guerre. Toutes ont des traits de caractère très différents – énergique, blasée, colérique, peureuse… – mais toutes se surpassent, affrontent leurs peurs, leurs blocages et leurs doutes. Être une fille n’est nullement un handicap dans ce pays. Et ce n’est pas Liam, le meilleur copain de Molly, qui dirait le contraire : il est au contraire prêt à tout pour rejoindre l’ordre des bergères guerrières.
J’ai aussi été sous le charme de la magie qui opère en ce monde. Pas de pouvoir pour nos bergères guerrières, mais des sorciers et sorcières qui vivent isolés, en communion avec la nature. Une tribu, une famille, un peuple féerique attirant quoique parfois inquiétant. Et cette magie noire aussi, qui a donné vie à cette Malbête dont l’ombre pèse sur le village.

Au dessin, j’appelle Amélie Fléchais dont la beauté du trait n’est plus à prouver ! Déjà, il y a ces couvertures qui sont tout simplement à tomber ! Ensuite, elle offre à cette contrée des teintes écossaises avec ces rochers, ses étendues vertes, son brouillard, ses moutons : rien que cela avait de quoi me séduire. Ses personnages sont très expressifs et plutôt craquants, à commencer par ce petit feu follet prénommée Molly. Avec sa chevelure rousse, ses bonnes joues et son enthousiasme mâtiné d’un sale caractère, difficile de rester de marbre face à cette héroïne entraînante. Tout en rondeur et en douceur, son trait si distinctif apporte un véritable charme à cette histoire.
Par contre, pour être honnête, j’ai été déstabilisée par le tome 3. L’histoire est toujours aussi chouette, mais le dessin m’a semblé bien différent. Plus grossier, aux traits plus épais. Je ne sais pas si c’est parce que j’ai lu le troisième tome deux mois après les deux premiers ou si la disparité dans le coup de crayon est bien réelle, mais cela a fait naître un sentiment mitigé sur le troisième tome qui tranche avec l’enthousiasme des premiers. Cela, cependant, ne retire en rien les qualités de cette saga dont j’attends la suite avec curiosité et impatience.

Comment dire non à une si belle histoire d’amitié, d’égalité, de courage et de magie ? Tendre, humour, aventure et féminisme, le tout dans une ambiance celtique/viking, personnellement, j’en redemande !

Bergères Guerrières (2 tomes), Jonathan Garnier (scénario) et Amélie Fléchais (dessin). Glénat, coll. Tchô !.
– Tome 1, La Relève, 2017, 70 pages ;
– Tome 2, La Menace, 2018, 71 pages ;
– Tome 3, Le Périple, 2019, 64 pages.

***

Canoë Bay, de Tiburce Oger (scénario) et Patrick Prugne (dessin) (2009)

Canoë Bay (couverture)Ce roman graphique raconte l’histoire de Jack, jeune Acadien orphelin, qui, alors qu’il n’est que mousse, se découvre détenteur d’un indice conduisant à un fabuleux trésor.
J’attendais pour en publier la chronique d’avoir lu les autres ouvrages du même auteur et de la même série – à savoir Frenchman, Iroquois, Pawnee et Vanikoro – que possédait la bibliothèque où je travaillais, sauf que j’ai si bien lu autre chose que me voilà partie, d’où cette simple chronique.)

Cette bande dessinée mêle deux histoires. Une histoire fictionnelle sur fond historique.
Pour l’histoire avec un grand H, c’est l’histoire du Canada en 1755, ce sont les conflits franco-britanniques pour le Nouveau Monde, c’est l’esclavage. C’est croiser les noms de Mary Read, Anne Bonny et Calico Jack Rackham.
Et dans cette grand Histoire, il y a le jeune Jack. Il y a la rencontre avec des Indiens et des pirates ! Un rêve de gosse, pas toujours idyllique avouons-le. Le chef de la bande de pirates, John Place, alias « Lucky Roberts », rappelle le John Silver du film Disney La Planète au trésor : avide de trouver son or mais pas si « sans foi ni loi » finalement. C’est un récit d’aventure, d’amitié, d’amour, mais aussi de combats et de mort. Un périple, la nature, les dangers, les haines des hommes. Pas de répit, pas d’ennui.

Et puis, il y a les dessins de Patrick Prugne, l’auteur de Poulbots, sublime ouvrage dont j’ai déjà parlé, à ne pas confondre avec son fils Thibault Prugne (dessinateur tout aussi talentueux par ailleurs). Dès qu’on ouvre la BD, c’est parti, on en prend plein les yeux. Les paysages, les forêts, les lacs… Les couleurs, la chaleur de ses illustrations, l’expressivité des personnages… Les aquarelles de l’artiste sont absolument sublimes.

En bonus (et je ne dis jamais non aux bonus) : plein de croquis et d’esquisses préparatoires qui enrichissent la fin de l’ouvrage et donnent à voir un soupçon du travail de documentation nécessaire à un tel ouvrage.

Une très belle bande-dessinée portée par des illustrations magnifiques, notamment de la nature nord-américaine.

Canoë Bay, Tiburce Oger (scénario) et Patrick Prugne (dessin). Editions Daniel Maghen, 2009. 102 pages.

La longue marche des dindes, de Kathleen Karr (1998)

La longue marche des dindes (couverture)Après Les Misérables, après le drame, après les 1800 pages, après la plume dantesque de Victor Hugo, après ce coup de cœur annoncé… après tout ça, j’avais besoin de quelque chose d’un peu plus léger, d’un peu plus court, d’un peu moins attendu. Je me suis donc tournée vers La longue marche des dindes, un livre dont je n’avais jamais entendu parler avant qu’Arcanes ouvertes ne donne son avis dessus. Ce qu’elle en disait m’avait bien emballée et je l’avais rapidement repéré à la bibliothèque.
Et quelle jolie surprise ce fut !

Derrière ce titre intrigant se cache une aventure pas moins rocambolesque. 1860, États-Unis. Simon Green n’est pas fait pour l’école, c’est le moins qu’on puisse dire après un quatrième CE1… à quinze ans. Mais il n’est pas idiot pour autant et il a quand même appris les multiplications. Alors quand on lui dit que les dindes vendues ici vingt-cinq cents valent cinq dollars à Denver, il fait rapidement le calcul… et ce sont pas les mille kilomètres entre Union, Missouri, et Denver, Colorado, qui l’empêcheront de déployer ses ailes et de lancer sa petite affaire !

Simon m’a été d’emblée sympathique. Certes, ses talents ne sont pas scolaires, mais sa gentillesse, sa générosité et son sens pratique sont fédérateurs. Belles ou mauvaises rencontres le feront grandir au fil de ce récit initiatique. Si certains chercheront à abuser de ses qualités, d’autres feront tout pour l’aider à trouver sa place dans ce monde. Alors certes, le récit est gentil et positif, et certains retournements de situation peuvent parfois sembler un peu faciles, mais j’avoue que j’ai trouvé ça agréable pour une fois et j’ai suivi leurs péripéties avec plaisir.
J’ai adoré toute la clique qui entoure Simon, cet ingénu aux éclairs de génie. Miss Rogers, son institutrice qui croit en lui d’une bien belle façon ; Bidwell Peece, l’amoureux des bêtes que Simon extirpe de la boisson ; Emmett, le brave petit chien du précédent ; Jabeth, l’esclave en fuite ; Lizzie, la jeune fille explosive qui refuse d’être traitée comme une poupée. Ne pas se fier aux apparences et croire aux talents de chacun·e, voilà une leçon à retenir !

 C’est également un beau voyage à travers les États-Unis. Un pays où tout n’est pas rose, loin de là. Certes, le petit peut y devenir grand – à condition de ne pas être réduit à néant par la méchanceté et la cupidité d’autrui –, mais c’est aussi un pays divisé par l’esclavage, un pays qui martyrise les Indiens, qui massacre inutilement les bisons.

Solidarité, amitié, honnêteté… et c’est parti pour un voyage lumineux qui ne cessera de faire grandir notre tendresse pour ces protagonistes hauts en couleurs.

« – Simon, elle a répété. Simon.
J’ai souri de toutes mes dents.
– Y a pas : vous avez mon nom sur le bout de la langue, Miss Rogers.
– C’est exact, elle a soupiré. Cela n’a rien de surprenant.
Sa bouche s’est plissée comme pour une moue. Elle jouait avec une boucle de ses cheveux d’or.
– Simon, elle a repris, il m’est très pénible de te le dire, mais tu te rends bien compte…
– Oui, m’dame ?
– Tu te rends bien compte que tu viens d’achever ton CE1. Pour la quatrième fois.
– Oui, m’dame. Ç’a été encore plus plaisant que d’habitude.
Elle a froncé les sourcils.
– Quoi qu’il en soit… (Elle s’est tue, puis elle a inspiré profondément et elle a lâché, dans un souffle : ) Je crois que tu as exploré jusqu’au tréfonds les arcanes du CE1, Simon. Je crois qu’il est temps pour toi de le quitter.
J’ai sauté de joie.
– Ça veut dire que je vais enfin passer en CE2 ?
– Hélas non. Tu es déjà le plus âgé de mes élèves, Simon Green. Si fort que j’ai pu apprécier ta compagnie, il est temps pour toi d’affronter le monde. De déployer tes ailes. »

« – Le territoire indien ? Je n’ai jamais vu d’Indiens de toute ma vie !
– Pas étonnant, Simon pas étonnant, vu que notre Etat éclairé du Missouri les a tous fichus dehors y a que’ques années. Les a expédiés un peu plus loin à l’ouest, quoi. Le gouvern’ment leur a raconté qu’il y avait là-bas plein de bonnes terres où ils pourraient s’établir pour toujours.
– Et alors ? j’ai demandé.
Peece a soupiré.
– Eh ben alors, « pour toujours » dans l’esprit des Indiens et « pour toujours » dans l’esprit des Blancs m’ont tout l’air d’être deux notions bien différentes, Simon. »

La longue marche des dindes, Kathleen Karr. L’École des loisirs, coll. Neuf, 1999 (1998 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Hélène Misserly. 249 pages.

Chronique du tueur de roi : Première journée – Le Nom du Vent, de Patrick Rothfuss (2007)

Le nom du vent (couverture)« J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires.
Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi. »

 J’ai enfin sorti de ma PAL ce lourd pavé qui m’effrayait. Pas à cause du nombre de pages, mais à cause des attentes que j’en avais. Tellement envie d’aimer – tellement sûre d’aimer – que j’avais peur de ne pas aimer tant que ça. Oui, je me mets des pressions totalement inconsidérées pour des broutilles (j’ai malgré tout d’autres livres dans le même cas dans ma PAL). Et alors ? Et alors, sans surprise, c’est un incommensurable coup de cœur !

Par où commencer ?

Dès la première page, j’étais partie. Embarquée par la poésie de ce prologue, cueillie par le souffle épique de ce récit, immergée jusqu’à la noyade dans ce livre imposant qui contient tout un monde à explorer. Pourtant, on ne bouge pas tant que ça dans ce premier tome, on pourrait avoir quelques fourmis dans les jambes à l’idée de tout ce qu’il reste à découvrir dehors si le présent récit n’était pas aussi fascinant.
C’est typiquement le genre de livres dont j’apprécierai une relecture. Je savoure toutes les relectures, mais ma curiosité, mon impatience, mon excitation, mes appréhensions face à l’avenir de Kvothe m’ont poussée à dévorer ces près de huit cents pages. Sentiments tout particulièrement liés au résumé. Savoir que Kvothe a incendié la ville de Trebon fait battre le cœur un peu plus vite lorsqu’il s’approche de la cité ; savoir qu’il a été exclu de l’Université pousse à craindre le moindre faux-pas (or Kvothe possède un talent certain pour s’attirer des ennuis). Ainsi, je l’ai lu comme on dégringole un escalier. A la hâte, en me cognant dans les virages, en trébuchant parfois pour atteindre plus vite les marches suivantes. La prochaine fois, quand je le reprendrai entre mes mains, mes appréhensions auront disparu car je saurai ce qu’il doit se passer et à quel moment. Alors je pourrai prendre mon temps, admirer la forme de l’escalier, détailler les arabesques de la rampe. Et découvrir mille infimes détails qui m’auront à coup sûr échappés lors de cette lecture assoiffée. Je sais qu’il en sera ainsi, comme il en a été pour Harry Potter, A la croisée des mondes, les livres de Pierre Bottero et tant d’autres.
Il se trouve qu’il y en a, des choses à admirer dans le premier roman de Patrick Rothfuss. Ne serait-ce que prendre le temps de savourer la joliesse de chaque phrase de cette histoire qui nous embarque comme un conte. Goûter à l’intelligence percutante de Kvothe lors de ces échanges les plus musclés intellectuellement parlant. Apprécier sa verve et la précision de sa mémoire.

Le Nom du Vent rime indubitablement avec quantité, mais essentiellement avec qualité. C’est de la fantasy riche, dense, prenante. De la fantasy pas toujours simple, qui ne prend pas sans arrêt son lecteur ou sa lectrice par la main pour lui expliquer le moindre concept (notamment tout ce qui concerne le temps et les jours – les espans, Cendling et compagnie – ou la monnaie – chaque pays semblant avoir plus ou moins la sienne, les talents, les drabs, les jots, etc. –).
De la fantasy qui prend son temps. Qui étire ses tentacules dans tous les sens pour nous tracer un tableau vivant et coloré de l’univers qui nous accueille pour quelques bonnes heures. Enchâssée par quelques passages à la troisième personne, la majorité du récit est racontée par Kvothe, à la première personne. Les portraits sont donc biaisés par sa perception des personnages (j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le passage où Bast, l’apprenti du Kvothe qui raconte l’histoire, fait remarquer à son maître que « dans [son] histoire, toutes les femmes sont belles » comme un jeu avec ces femmes toujours sublimes des romans de fantasy avant de lui faire remarquer que celle dont il parle à ce moment-là n’avait pas un physique parfait), de ses relations avec eux, ce que qu’il connaît de leur vie, de leur passé et de leur caractère, mais il évite malgré tout le manichéisme. Sauf peut-être vis-à-vis de son pire ennemi (mais ce serait comme demander à un jeune Harry de dire du bien de Malfoy, il faut le comprendre). Kvothe lui-même est un personnage qui aurait pu être… trop. Trop intelligent, trop précoce, trop malin, trop habile de ses mains et de sa langue. Mais non. Outre le fait qu’il ait de fait difficile de ne pas être fascinée et de ne pas l’apprécier – on le côtoie trop pour cela –, il a aussi des failles. Il souffre, il hait, il se trompe, il fait des erreurs, il s’attire des problèmes, il est trop sûr de lui pour son propre bien, il se laisse emporter par sa fougue ou son arrogance. De la même manière, son amour pour Denna pourrait être trop. Trop soudain, trop exclusif, trop fervent, trop admiratif, mais je ne doute pas que Patrick Rothfuss saura nous surprendre de ce côté-là, Denna elle-même n’ayant rien d’une donzelle en détresse.
La magie adopte différentes formes, plus ou moins complexes, plus ou moins courantes, plus ou moins acceptées. Sympathisme, alchimie, sygaldrie et bien sûr le pouvoir que confère la maîtrise des noms. S’ajoute à cela tout une mythologie avec des contes, des pièces de théâtres, des chants, des récits chevaleresques, des créatures qui existent ? n’existent pas ? à chacun de croire ce qu’il veut, même si cela peut s’avérer dangereux.
La carte en début d’ouvrage est vaste, bien plus vaste que le minuscule territoire exploré dans ce premier tome. Ce qui laisse présager des voyages, des explorations et mille approfondissements par la suite… ainsi qu’une carte un peu plus complète, j’espère, car il est frustrant de ne pas y trouver la majorité des localités citées dans le livre. La majorité de ce volume se déroule à l’Université et j’avoue avoir été comblée. Les petits détails du quotidien me comblent et j’ai toujours aimé découvrir de nouvelles matières, les cours, les professeurs. Impossible de ne pas songer à Harry Potter car j’y ai retrouvé les mêmes sensations. Vous savez, ces moments où il ne se passe rien de crucial pour l’histoire, ces instants de sérénité, de paix relative pour le héros, ces respirations avant que malheurs, tourments et complications ne viennent à nouveau s’abattent sur lui.

Sous la plume travaillée et imagée de son auteur, c’est aussi un livre qui laisse la place à des concepts parfois intangibles, à des idées qu’il est difficile d’expliquer, bref, Patrick Rothfuss donne corps à l’invisible. Le silence, les histoires et les légendes avec leur part de vérité et de mensonges, les masques qui finissent par nous transformer, la pauvreté, la souffrance innommable exhumée d’un luth qui se brise, la magie, la musique, la puissance d’un nom, la violence du vent. Tout cela est d’une importance cruciale et confère une atmosphère bien particulière au récit.

 Ce premier tome s’achève, nous laissant, comme Kvothe, avec des centaines de questions tourbillonnant dans la tête. Je suppose qu’il me faut être patiente et qu’il ne me reste qu’à espérer que les deux volumes qui composent le second tome contiendront quelques ébauches de réponses en attendant que Patrick Rothfuss clôture enfin cette trilogie ouverte en 2007.

Le Nom du Vent est tout simplement une œuvre grandiose. J’en ai eu des frissons, je l’ai refermée attristée et je ne cesse de revivre (voire de relire) tel ou tel passage avec une joie ou une émotion qui me gonfle le cœur de plaisir et d’admiration. Patrick Rothfuss est un conteur : ses mots roulent sur la langue, nous poussant à les prononcer à voix haute pour en apprécier la sonorité, chaque lieu nous plonge dans une ambiance presque palpable.  Il insuffle vie et crédibilité à tout ce qu’il raconte et injecte une originalité tout en reprenant des schémas classiques de la fantasy.

« Cet homme qui d’ordinaire arborait une mine impassible semblait absolument furieux. Une sueur froide m’a glacé l’échine et j’ai pensé aux propos de Teccam dans son Theophany : Il est trois choses que l’homme sage doit redouter : une tempête sur la mer, une nuit sans lune et la colère de l’homme débonnaire. »

« A peine ai-je mis le pied sur l’estrade que les voix dans la salle se sont réduites à un murmure. Dès cet instant, toute nervosité m’a abandonné, chassée par l’attention que me portait l’assistance. Il en a toujours été ainsi avec moi. En coulisse, je transpire à grosses gouttes, dévoré par l’inquiétude, mais, dès que j’entre en scène, je suis envahi par le calme d’une nuit d’hiver dénuée du moindre souffle de vent. »

 « Nous sommes bien davantage que la somme des parties qui nous composent. »

« – Alors, « bleu » est un nom ?
– C’est un mot. Les mots sont les ombres pâlies de noms oubliés. De même que les noms, les mots ont aussi un pouvoir. Les mots peuvent allumer des incendies dans l’esprit des hommes. Les mots peuvent tirer les larmes des cœurs les plus endurcis. Il y a sept mots qui rendront une femme amoureuse de toi. Il y a dix mots qui réduiront à néant la volonté d’un homme fort. Mais un mot n’est rien d’autre que la peinture d’un feu. Un nom, c’est le feu lui-même. »

« – Sous l’Université, j’ai trouvé ce que j’avais toujours voulu et pourtant, ce n’était pas ce que j’attendais…
Il fit signe à Chroniqueur de reprendre sa plume.
– … Comme c’est souvent le cas lorsque l’on obtient ce que l’on désire du fond du cœur. »

Chronique du tueur de roi : Première journée – Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss. Bragelonne, 2009 (2007 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Colette Carrière. 781 pages.

Challenge de l’imaginaire
Challenge de l'imaginaire (logo)