Orignal, par Max de Radiguès (2013)

OrignalOrignal est ce qui s’appelle une claque. Juste une claque.

Je l’avais demandé pendant une opération Masse Critique BD sur Babelio, mais, n’ayant pas été sélectionnée, j’ai décidé de l’acheter. J’avais simplement parcouru le résumé puisque je fonctionne surtout à l’intuition, donc je ne savais pas vraiment ce qui m’attendait.

Je n’ai pu empêcher College Boy d’Indochine et son clip réalisé par Xavier Dolan de tourner en boucle dans ma tête au cours de ma lecture. Il y a beaucoup de choses dans cette histoire. Comment en parler sans tout révéler ? Harcèlement à l’école, humiliations et violence physique, souffrance dissimulée aux parents, aux professeurs et au monde entier, aide souvent rejetée de peur des représailles et bandeaux sur les yeux. D’autres sujets importants, l’homosexualité et les conséquences terribles nées de l’intolérance. Pas besoin de mots, les paroles sont minoritaires par rapport aux dessins, mais l’histoire en gagne en force tout en mettant le lecteur dans une position pas toujours confortable, un peu voyeuriste.

La fin n’est pas simple selon moi. Elle est perturbante, gênante. Je me suis sentie partagée. Je ne peux pas en dire plus sans la dévoiler, mais il s’agit selon moi d’une bonne fin car elle n’est pas évidente, ou toute faite, ou totalement prévisible.

Une bande dessinée complexe, grave, bouleversante, percutante…

Cela n’est pas visible au premier abord, lorsque l’on ouvre le livre pour la première fois. Pas de couleurs, des traits simples, un format des cases quasi uniforme (trois fois deux cases) à quelques exceptions près. Mais ces illustrations servent parfaitement l’histoire qui est relatée. Les moments passés en forêt, seul, sont teintés de lenteur, de beauté et de solennité. La rencontre avec l’orignal, mais aussi celles avec la chouette ou le lièvre sont bien les seuls instants de paix dans ce récit pour Joe, le personnage principal, mais aussi pour le lecteur. De plus, cette absence de couleur rend parfaitement la neige, la nuit, et, dans un sens, la solitude.

Max de Radiguès mêle dans un même temps simplicité (du dessin) et complexité (de l’histoire, de la vie), violence et poésie,  laideur et beauté.

Décidémment, je ne regrette pas mon achat : cette bande dessinée est décidément un coup au cœur et un coup de cœur.

Orignal, Max de Radiguès. Delcourt, coll. Shampooing, 2013. 151 pages.

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