Le premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi (2016)

Le premier jour du reste de ma vie (couverture)Quand j’ai découvert Le premier jour du reste de ma vie, le livre de Virginie Grimaldi, dans ma boîte aux lettres, je l’avoue, j’ai commencé ma lecture avec un a priori plutôt négatif. Ce titre qui reprenait celui du film de Rémi Bezançon (à un adjectif possessif près) et surtout cette couverture très « chick lit » qui me disait que je n’étais pas le public visé par cette histoire. En bref, je ne pouvais pas avoir de mauvaises surprises.

Et finalement je n’ai eu une si horrible impression de ce roman. (Toutefois, je vous conseillerais plutôt son second roman, Tu comprendras quand tu seras plus grande, beaucoup plus abouti et profond.)

Sur une durée de trois mois, on suit trois femmes de trois générations différentes – Marie, 40 ans, Anne, la sexagénaire, et Camille, 25 ans – qui embarquent à Marseille pour une croisière un peu particulière. En effet, la croisière « Tour du monde en solitaire » sur le paquebot le Felicità est réservée aux hommes et aux femmes seul.e.s qui veulent le rester : se mettre en couple est interdit par le règlement !

Ce qui m’a plu – peut-être parce que je pense un peu trop aux vacances en ce moment –, c’est le côté dépaysant de ce livre. Déjà la description du paquebot que l’on découvre en même temps que Marie est surréaliste à mes yeux. Je ne doute pas qu’elle soit tout à fait juste, mais n’ayant jamais mis les pieds à bord de l’un de ces monstres qui transportent des centaines de passagers – et n’étant pas intéressée du tout –, tous ces commerces, ces restaurants, ces dorures, ces soirées, c’est vraiment un autre monde pour moi.

Ensuite, il y a les visites. Certes, la caméra est sur Marie, Anne et Camille, mais il n’empêche que ces noms exotiques font rêver : Madère, Cabo San Lucas, Pago Pago, Suva, Sydney, Phuket, Alexandrie…

Ensuite, on s’attache à ces trois « naufragées de la vie » (comme il est dit au début du roman). Marie, celle qui a tout plaqué, y compris son mari, pour vivre ses rêves. Camille, la fofolle qui cache des doutes profonds sous son apparence séduisante et son humour. Anne (j’ai eu moins d’affinités avec elle malheureusement, je suis sûre qu’elle en est très triste) au cœur rongé de chagrin et de remords.

Elles sont fortes, elles redressent la tête, rigolent de leurs mésaventures. Elles sont très complémentaires. C’est une jolie amitié qui nous rappelle que le bonheur n’est pas forcément loin et qu’il faut profiter de tous les instants.

Et puis, elles sont entourées d’une sacrée galerie de personnages hauts en couleur (à laquelle on pourra parfois reprocher d’être un peu caricaturale). Prennent peu à peu leur place dans la vie de nos trois héroïnes : une Italienne braillarde, malheureusement voisine de cabine de Marie, un mystérieux et revêche homme aux cheveux gris, un jeune blondinet qui suit Camille comme une ombre dont on ignore les intentions…

Bon, passons à ce qui m’a moins plu : je confirme, je ne suis pas le public visé par ce genre de littérature. C’est trop optimiste-idéaliste-utopique pour moi. Tout leur sourit un peu trop facilement à ces trois femmes : l’amour, les amis, le travail, le succès… Ça manque de réalisme et c’est un peu trop gentil

Mais j’ai beaucoup aimé cette manière de voir le monde avec humour et bonne humeur.

Une sympathique littérature de distraction qui détend, qui fait sourire et voyager. Et quelques réflexions de Camille m’ont bien fait rire, il faut le dire.

 

« Son cœur, Marie compte bien le garder pour elle. La dernière fois qu’elle l’a confié à quelqu’un, il le lui a rendu en mauvais état. Elle en a déduit que les gens ne faisaient pas attention à ce qui ne leur appartenait pas et l’a mis à l’abri dans du papier bulle. On n’a pas besoin d’être deux pour être heureux. Comme si la vie se résumait à ça, comme si le bonheur n’était accessible qu’aux paires. Il y a bien d’autres choses à faire qu’aimer quelqu’un… »

« – Il y a une formule anglaise que j’aime beaucoup. Je pense qu’elle correspond bien à ce qu’on vit en ce moment : Today is the first day of the rest of my life.

J’adore ! répond Marie. En français, c’est presque le titre d’un film que j’adore. »

« Parce que la vie, c’est comme un tour de magie. Quand on est enfant, on ne voit que le devant de la scène. C’est fabuleux, on s’émerveille, on se pose des questions, on a envie d’en savoir plus. Et puis, on grandit. Peu à peu, les coulisses se dévoilent, on réalise que c’est compliqué. C’est moins joli, c’est même parfois moche, on est déçu. Mais on continue quand même à s’émerveiller. »

Le premier jour du reste de ma vie, Virginie Grimaldi. Le Livre de Poche, 2016 (City édition, 2015, pour l’édition en grand format). 331 pages.

 

A découvrir aussi : Tu comprendras quand tu seras plus grande

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2 réflexions au sujet de « Le premier jour du reste de ma vie, de Virginie Grimaldi (2016) »

  1. je pense qu’après la découverte de « tu comprendras quand tu seras plus grande », je pourrais bien lire ce premier titre, et tant pis si je ne lis rien dans l’ordre. peut être une lecture ensoleillée pour cet été?

    • De toute manière, ce n’est pas une suite, donc il n’y a pas de question d’ordre. Tout ce que tu risques, c’est d’être un peu déçue car il est moins réussi que le second. Mais pour une lecture légère, ce voyage autour du monde pourrait très bien convenir !

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