La surface de réparation, d’Alain Gillot (2015)

La surface de réparation (couverture)L’histoire d’un solitaire, sportif à la carrière stoppée avant l’heure, qui va s’ouvrir au monde, au autres, à sa famille en lambeau grâce à la rencontre avec son neveu atteint du syndrome d’Asperger.

J’ai beaucoup aimé la rencontre avec Léonard le jour où sa mère l’abandonne à Sedan chez son oncle, Vincent, pour aller suivre un stage professionnel. Ces deux-là – d’un côté, ce jeune garçon de 13 ans au visage de marbre, timide, obsédé par les règles, surdoué des échecs et extrêmement intelligent, et, de l’autre, ce vieux loup solitaire, qui refuse tout contact avec sa famille, hors du monde qu’il a décidé être le sien – doivent s’apprivoiser. J’ai été fascinée par la manière dont Léonard théorise le foot (est-ce possible en réalité ?) alors que je refuse d’ordinaire tout contact avec le sport et que j’ignore tout des actions en foot.

Et puis, Madeleine reprend Léonard. Et le roman perd de son intérêt. Tandis que Madeleine s’enfonce dans un projet de bar rémois, manipulée par un type violent, les problèmes s’accumulent pour Vincent : sa mère malade d’un cancer généralisé, sa brouille avec Catherine, la belle et intelligente psychiatre qui devenait son ami, etc. L’impression qu’il m’en reste est celle d’un roman superficiel.

L’idée est bonne, intéressante et nous fait rapidement entrer dans le roman, mais j’aurais préféré que la relation des deux, de l’adolescent et de l’adulte, et la manière dont Vincent fait évoluer son propre comportement, soient au cœur du récit au lieu d’être bazardées aussi rapidement.

 

Même si tout arrive un peu rapidement, les personnages sont bien ficelés et on ne tombe pas dans un manichéisme primaire. Tous évoluent avec plus ou moins de facilité et parviennent à trouver une paix intérieure en s’ouvrant aux autres et à la différence.

Quand j’ai vu l’équipe de foot de Vincent et Léonard arriver dans les buts, j’ai imaginé la situation clichée où l’étrange étranger est rejeté et violemment malmené par les autres adolescents. Mais non, à part une légère dispute qui part en vrille le premier jour, Alain Gillot nous dit que l’intégration et l’acceptation de la différence sont possibles et le Martien devient rapidement l’arme imparable de l’équipe de Sedan.

L’écriture est fluide, le livre se dévore et, malgré cette légère déception et une fin un peu trop « happy ending », j’ai passé un bon moment de lecture.

 

« C’est la théorie des boîtes… Avoir peu de boîtes, savoir toujours exactement où elles sont, permet à l’homme de s’adapter rapidement à son environnement, mais par contre, cette simplicité le limite, car elle est terriblement réductrice. Accepter d’en augmenter le nombre, se poser la question de leur pertinence, en inventer de nouvelles quand la nécessité s’en fait sentir, cela prend plus de temps, c’est certain, mais permet une infinité de possibilités supplémentaires. »

La surface de réparation, Alain Gillot. Flammarion, 2015. 222 pages.

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