Sagan 1954, d’Anne Berest (2014)

Sagan 1954 (couverture)L’autofiction produit parfois des ouvrages que je juge excellents. Des livres qui bouleversent, qui amusent, qui font réfléchir tant sur la vie et son étrangeté que sur la forme et le travail de l’écrivain. Ce sont des livres que je prends « plaisir » à lire. Je mets  « plaisir » entre guillemets car je songe notamment à Chloé Delaume et la lecture de ses livres est souvent si perturbante, voire dérangeante, que ce terme n’est pas forcément le plus approprié.

Mais dans le cas de Sagan 1954, j’appelle ça se regarder le nombril, tout simplement. Personnellement, je n’ai pas été intéressée par la vie d’Anne Beret : sa séparation par exemple ou ses interrogations sur son travail n’éveillent rien en moi. Il me rappelle le livre Au travail : les écrivains au quotidien de Géraldine Kosiak. Apparemment, écrire sur un autre auteur est un bon prétexte pour parler de soi.

Je ne veux pas sembler trop dure ; peut-être Anne Berest sent réellement un lien avec Sagan, d’où cette volonté d’écrire ce livre (même s’il lui a été suggéré par Denis Westhoff, le fils de Sagan tout de même…), mais je n’ai pas vraiment compris ce lien, ni été touchée par ce qu’elle raconte.

Quant à la vie de Françoise Sagan au cours de cette incroyable année 1954, la description en est plutôt sympathique bien qu’évidemment imaginée et fantasmée. Même si de véritables témoignages recueillis par des biographes de Sagan ou par l’auteure elle-même auprès de ses proches, ce que Sagan a réellement ressenti au moment de déposer ses manuscrits ou pensé en signant ses premiers autographes reste un mystère. Même si la plongée dans le Paris des années 1950 est plaisante et crédible, j’ai été dérangée par le sentiment qu’Anne Berest transposait ses propres émotions à Françoise Sagan. Est-ce un livre sur Sagan ou sur Berest ?

Je n’ai pas apprécié, je ne le conseillerai pas, mais Sagan 1954 m’aura au moins donné l’envie de relire Bonjour tristesse.

 « C’est qu’il y a, dans tout combat mené, dans tout travail achevé, dans toute victoire, quelque chose qu’il faut accepter de perdre. »

« Car il n’existe pas de vrais secrets dans les familles. Les secrets attendent tranquillement leur heure pour être dévoilés. Et en patientant, ils dessinent leurs contours dans les silences. »

Sagan 1954, Anne Berest. Stock, coll. La Bleue, 2014. 198 pages.

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