Sandman, volume 3 (intégrale) de Neil Gaiman (1989-1996)

Sandman 3 (couverture)Je ne comptais absolument faire un article sur ce troisième volume de Sandman. En ayant déjà écrit deux pour les deux premiers tomes, j’avais nommé mon fichier word « Sandman – Mini-critiques » en pensant n’écrire que quelques lignes sur les prochains opus et le publier lorsque j’aurais enfin fini. Et puis, j’ai commencé à écrire…

J’avais entendu du mal de cette troisième intégrale (lecture laborieuse, histoire peu intéressante…), voilà sans doute pour quelle raison j’ai longtemps repoussé ma lecture. A tort car celle-ci s’est révélée aussi captivante que les précédentes.

L’histoire principale, la plus longue divisée en plusieurs chapitres, s’intitule « Le jeu de soi ». C’est une histoire de femmes, qui parle aussi beaucoup d’identité. Barbie, Wanda, Thessalie, Hazel et Foxglove, le Coucou : une bimbo d’apparence très superficielle, une transsexuelle, une sorcière millénaire, un couple de lesbiennes et une fillette avide de découvrir le monde… Toutes se révèlent très attachantes, fortes et chouettes à suivre. Elles prouvent toutes qu’il ne faut pas se fier aux apparences et qu’un univers absolument merveilleux peut se cacher à l’intérieur de n’importe qui. C’est un aspect de Sandman que j’apprécie beaucoup, cette capacité de mettre en scène aussi bien des hommes que des femmes, ces dernières étant aussi intelligentes et crédibles (et cruelles parfois) que les premiers.
L’intérêt des annexes – qui n’est à mes yeux plus à prouver – se fait une nouvelle fois ressentir. En effet, nous avions déjà croisé Barbie (alors en couple avec Ken) ainsi que Judy, l’ex-petite amie de Foxglove, dans la première intégrale. Si ma mémoire ne me permet malheureusement pas de me souvenir de détails comme cela, je trouve absolument génial de recroiser des personnages ou leurs proches, étendant l’univers et accroissant l’influence de Sandman sur chaque vie terrestre (et non terrestre d’ailleurs).

 

Neil Gaiman continue de nous plonger dans l’Histoire (et à travers elle, les pouvoirs du Sandman) en nous emmenant à la rencontre de révolutionnaires français, du jeune Marco Polo, de l’empereur romain Auguste, devenu clochard le temps d’une journée, et d’un autre empereur plus surprenant – et inconnu pour moi jusqu’alors –, Sa Majesté Impériale Norton Ier. De son vrai nom Joshua Norton, il s’était autoproclamé en 1959 empereur des Etats-Unis.
Petite anecdote dont tout le monde se fout : je m’émerveille parfois des hasards des lectures. Dans l’une des histoires, l’un des personnages évoque Jack Talons-à-Ressorts (Spring-Heeled Jack en anglais). Un homme dont je n’avais jamais entendu parler avant de lire – à peine deux semaines avant ma lecture de Sandman – le quatrième tome d’Axolot qui racontait entre autres l’histoire de ce mystérieux personnage, connu pour ses griffes, son rire diabolique et, logiquement, ses bonds gigantesques.

 

Même si son caractère et ses relations avec ses frères et sœurs se dessinent un peu plus lors d’un concours dans lequel l’entraînent Délire, Désir et Désespoir (« Trois septembres et un janvier »), Sandman est finalement assez peu présent. Evidemment, il intervient toujours d’une façon ou d’une autre dans les aventures des différents protagonistes, mais elles ne tournent pas autour de lui. Le Rêve peut se manifester de bien des manières.

 

Graphiquement, deux histoires se détachent du lot.
La première est « Le Théâtre de minuit » : toute de teintes sépia, un peu floues, c’est malheureusement l’une des parties qui m’a le moins intéressée. On refait un petit bond dans le passé, lorsque Sandman était encore emprisonné, pour découvrir ce que se passait au-dessus de sa tête et la multitude de personnages a bien failli me perdre.
La second tourne autour de Désir et non pas de Sandman. Intitulée « Les fleurs de l’Amour », elle a été imaginée pour une anthologie en 1997 et il s’agit apparemment de sa première réédition. Le dessin – plus peinture que dessin d’ailleurs – la rend unique. Visuellement sublime, elle est aussi touchante car elle nous présente un Désir plus tendre que d’ordinaire.

 

Des histoires parfois sombres à souhait, des personnages bien campés et passionnants, un univers qui continue sa croissance… Bref, Sandman continue de conquérir mon cœur !

Sandman, volume 3 (intégrale), Neil Gaiman. Urban Comics, coll. Vertigo Essentiels, 2013 (1989-1996 pour les éditions originales). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Patrick Marcel. 431 pages.

Mes chroniques précédentes : intégrale 1 et intégrale 2

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2 réflexions au sujet de « Sandman, volume 3 (intégrale) de Neil Gaiman (1989-1996) »

  1. Une saga qui me fait de l’oeil, les illustrations ont l’air tops et puis voir que tu n’as pas été déçue par ces trois volumes me donne encore plus envie de les découvrir ! =)

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