Extraits des archives du district, de Kenneth Bernard (2010)

Extraits des archives du districtUne bonne découverte grâce à Babelio et aux éditions Attila (que je découvre avec ce roman) !

La Taupe, John de son vrai nom, vit dans un monde qui semble au départ peu différent du nôtre, si ce n’est que tout semble strictement encadré. Au fur et à mesure, on apprend que les oiseaux sont agonisants et que la nature – et notamment le soleil – est considérée comme dangereuse (comme aujourd’hui où tout est cancérigène), que les carnavals sont interdits, qu’il faut rejoindre un club d’enterrement à partir d’un certain âge. La ville est divisée en districts dont il ne semble jamais sortir.

Le personnage se sent peu à peu isolé du reste de la société : il est maltraité physiquement par une brute qui a investi le hall de son immeuble, les caissières semblent rechigner à le servir et à enregistrer ses transactions, ses voisins disparaissent, les membres de son club sont éloignés avec des justifications peu convaincantes, la responsabilité de secrétaire du club lui est enlevée.

Chaque chapitre présente un aspect de la société dans laquelle il vit, un instant de sa vie quotidienne (le supermarché, le bureau de poste, le club d’enterrement, etc.). Ils dessinent peu à peu un monde dangereux, angoissant, j’ai été un peu oppressée pendant ma lecture comme si j’étais moi-même isolée, mise à l’écart et peut-être même menacée.

John est vraiment attachant : ce n’est pas un héros, il est parfois trouillard, il a ses défauts, bref, il est humain. Enfermé dans son quotidien, il se plie aux règles comme tout le monde le fait, même s’il tente d’introduire quelques grains de sable dans la machine (ajouter quelques fautes dans un rapport, aller à la Poste pour finalement partir sans rien acheter…).

Nous ne sommes pas dans une société totalement tyrannique comme dans 1984 de George Orwell, mais plutôt dans un monde qui est en train de le devenir. Un monde qui ressemble au nôtre parfois, ce qui n’est pas pour rassurer.

« Chaque membre doit, en guise de discipline intellectuelle, tenir chaque jour son journal ou son carnet de bord, qui deviendra la propriété du district après sa mort. (…) Bien que les notes sur la poésie, la musique, la littérature, le théâtre, la nostalgie, les spéculations philosophiques, les rêves, etc., soient déconseillées, elles ne sont pas interdites tant qu’elles n’interfèrent pas avec des annotations plus rigoureuses comme : date, heure, lieu, nombre, et activité. »

Extraits des archives du district, Kenneth Bernard. Editions Attila, 2010 (1992 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Sholby. 248 pages.

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