La parenthèse 7ème art – Septembre 2017

Le mois de septembre fait la part belle aux films américains ! Heureusement que deux films, l’un français, l’autre japonais, viennent un peu étoffer cette rétrospective.

  1. 120 battements par minute, de Robin Campillo

 Début des années 90. Alors que le sida tue depuis près de dix ans, les militants d’Act Up-Paris multiplient les actions pour lutter contre l’indifférence générale. Nouveau venu dans le groupe, Nathan va être bouleversé par la radicalité de Sean. (Allociné)

120 BPM

LE film que j’attendais. J’ai vu la bande-annonce quasiment avant chaque séance pendant deux mois et je ne m’en suis jamais lassée. Et une fois devant, quel bonheur ! 120 BPM s’est révélé totalement à la hauteur de mes attentes. (J’avoue que j’avais une légère crainte, par rapport à toutes les critiques dithyrambiques entendues ici et là…)
Avec un œil quasi documentaire, Robin Campillo replonge dans son passé de militant à coup de RH (réunions hebdomadaires) et d’actions coup de poing. On aurait pu croire que les réunions d’une asso étaient ennuyeuses à filmer, mais pas celles d’Act Up en tout cas. L’humour est là, les débats font rage et les opinions divergent, notamment entre le fondateur Thibaud, le diplomate, le bavard, et Sean, le fiévreux, le radical qui réclame de l’action. Mais le soutien ne faiblit jamais et on se serre toujours les coudes. Leur colère est palpable, leur souffrance, leur frustration et l’urgence de la situation aussi. Plongée dans ces années noires où le SIDA tuait sans faire de vagues. Emotions brutes. Témoignage d’un combat qui ne doit pas être oublié et qui doit continuer.
Au milieu de tout ça, il y a l’intime, il y a l’amour, il y a Sean et Nathan. Le premier (Nahuel Perez Biscayart, magnifique), est un enragé, un engagé, un agité, un passionné. Le second (Arnaud Valois, touchant), petit nouveau dans l’association, doux, rassurant, imposant malgré lui, tombe vite sous son charme. Leur histoire est belle, brûlante, poignante, tendre, vraie. Autour d’eux, le reste de l’association, des acteurs et des actrices charismatiques, éblouissants, bouleversants.
Des scènes poétiques, imagées viennent lier le tout : gros plans, sorties en boîte de nuit et lumières kaléidoscopiques, la danse pour rester vivants, la Seine rougie par le faux sang (projet irréalisable d’Act Up enfin réalisé)…
Juste du début à la fin, sans fausse note pendant 2h20, 120 battements par minute est un film incroyable, sans aucun doute l’un des meilleurs de l’année. Je m’attendais à prendre une claque, mais c’est un bon gros coup de poing que m’a donné ce film sublime, puissant, sensuel, vibrant, vivant.

  1. Patti Cake$, de Geremy Jasper

Patricia Dombrowski, alias Patti Cake$, a 23 ans. Elle rêve de devenir la star du hip-hop, rencontrer O-Z, son Dieu du rap et surtout fuir sa petite ville du New Jersey et son job de serveuse dans un bar miteux. Elle doit cependant s’occuper de Nana, sa grand-mère qu’elle adore, et de Barb, sa mère, une chanteuse ratée et totalement instable. Un soir, au cours d’une battle sur un parking, elle révèle tout son talent de slammeuse. Elle s’embarque alors dans une aventure musicale avec Jheri, son meilleur ami et Basterd, un musicien mutique et asocial. (Allociné)

Patti Cakes (affiche)

Même si le rap n’est absolument pas ma tasse de thé, ce film m’intriguait, ne serait-ce en premier lieu pour son héroïne hors norme comme il est plaisant d’en voir au cinéma. Patti (Danielle Macdonald) est une jeune femme attachante et l’on s’identifie rapidement à elle, à ses problèmes, à ses rêves. Elle a envie d’autre chose que le New Jersey miteux et les galères qui font sa vie. Au cours du film, elle va peu à peu se forger sa propre identité, trouver sa propre personnalité, notamment en se détachant de son idole OZ. Son talent va éclore progressivement, ignorant les critiques adressées à sa corpulence, à sa couleur de peau ou à ses textes. Le second personnage qui se détache vraiment à mes yeux est Basterd (joué par Mamoudou Athie). Un laissé-pour-compte timide et magnétique, avec son regard doux et sa voix grave trop rarement entendue.
Les points négatifs du film, ceux qui m’ont un peu lassée, sont le côté vulgaire et sexuel du rap (finalement, seul le dernier morceau de Patti m’a plu, pour ses paroles) et le comportement de sa mère. Certes, ça met du piquant et je comprends les frustrations qui ont amené Barb à se conduire ainsi, mais j’ai vraiment du mal avec les personnages de mères qui insultent, voire humilient leurs filles. Cela n’empêche pas qu’il y a un peu d’amour entre elles, mais ce genre de relation m’échappe totalement.
Patti Cake$ est un film sympathique, enthousiasmant et positif. A travers le personnage de Patricia, cette comédie dramatique  nous encourage tous à trouver notre propre voix/voie.

  1. Seven Sisters (VO : What Happened to Monday?), de Tommy Wirkola

2073, La Terre est surpeuplée. Le gouvernement décide d’instaurer une politique d’enfant unique, appliquée de main de fer par le Bureau d’Allocation des Naissances, sous l’égide de Nicolette Cayman. Confronté à la naissance de septuplées, Terrence Settman décide de garder secrète l’existence de ses 7 petites-filles. Confinées dans leur appartement, prénommées d’un jour de la semaine, elles devront chacune leur tour partager une identité unique à l’extérieur, simulant l’existence d’une seule personne : Karen Settman. Si le secret demeure intact des années durant, tout s’effondre le jour où Lundi disparaît mystérieusement… (Allociné)

Seven Sisters (affiche)

Voilà un film que j’avais repéré depuis longtemps ! A la fois pour son actrice principale et pour son synopsis, je pressentais que Seven Sisters allait me plaire. Et mes attentes n’ont pas été déçues !
Parlons d’abord du cadre. Je m’aperçois que j’apprécie vraiment découvrir de nouvelles dystopies, que ce soit dans la littérature ou au cinéma (pour les films, je me souviens d’ailleurs avoir eu une grosse fringale du genre il y a quelques années). J’adore me poser cette question « Et si… ? » Mais en plus de créer un univers comme je les aime, le futur imaginé dans Seven Sisters est un futur qui me parle et qui m’effraie. La surpopulation me semble déjà un problème actuel et je ne suis pas très positive quant au futur de l’humanité.
Ensuite, Noomi Rapace est sept fois incroyable. Elle incarne sept sœurs aux caractères bien distincts. Même si certaines restent plus effacées et inconnues que d’autres, on identifie rapidement qui est qui. Le rythme d’enfer du film arrive tout de même à laisser de la place à la psychologie des sœurs, ce qui j’ai trouvé très appréciable. Certes, elles ne sont pas toujours très étoffées et l’accent est souvent mis sur un trait de leur personnalité, mais cela semblait inévitable avec un film de deux heures.
On ne s’ennuie pas une seconde et même si certains « secrets » n’en sont pas vraiment (on se doute bien de ce que deviennent les enfants cryogénisés : simple question de logique et de place), Seven Sisters a réussi à me surprendre plus d’une fois. Et si je me suis parfois posée quelques questions (du genre comment, dans un monde hyper rationné et surveillé, leur grand-père a-t-il pu nourrir huit personnes au nez et à la barbe du gouvernement ?), je n’ai pas soulevé de gros défauts à ce film.
Un thriller SF dynamique et très réussi avec une Noomi Rapace éblouissante dans ses sept rôles.

Et là, je suis obligée de faire un aparté et vous parler d’Orphan Black.

Orphan Black (affiche)

Orphan Black est une série en cinq saisons (elle s’est malheureusement terminée cette année et, même si je n’ai pas encore vu la dernière saison, je sais que les filles vont me manquer un petit peu). Une histoire passionnante de clones, de projet de laboratoire, de sœurs, de famille. Et ce qui fait, entre autres, la grande qualité de la série, c’est Tatiana Maslany qui est juste incroyable dans le rôle de tous les clones. Avantage de la série, on a beaucoup plus de temps pour apprendre à les connaître et découvrir leurs multiples facettes. Elle leur offre à toutes un look, un regard, une façon de bouger, de parler qui les rend unique. Elles sont toutes attachantes et on ne peut pas rester indifférente face à Sarah, Helena, Cosima ou même Alison, souvent hilarante malgré elle.
Il faudrait aussi parler de Felix, le frère adoptif de Sarah, Siobhan, sa mère adoptive, Donnie, le mari d’Alison, et de bien d’autres personnages savoureux. Il faudrait parler de l’intrigue bien ficelée, de l’action toujours prenante, de l’atmosphère de suspicion et de la menace émanant d’ennemis pas toujours connus. Bref, c’est une série palpitante et à voir, ne serait-ce que pour la prestation spectaculaire de Tatiana Maslany.

Orphan Black (affiche)

  1. Mary (VO : Gifted), de Marc Webb

Un homme se bat pour obtenir la garde de sa nièce, qui témoigne d’un don hors du commun pour les mathématiques. (Allociné)

Mary (affiche)

Mary est le genre de film dont tu peux deviner à peu près tout le déroulement uniquement grâce à la bande-annonce. Voire simplement au synopsis. Mais peu importe, j’avais envie d’un film mignon, pas trop prise de tête, et la gamine semblait rigolote à souhait. Autant dire que, puisque je n’avais pas d’immenses attentes, je n’ai pas été déçue. Si le film n’évite sans doute pas quelques clichés, il questionne également sur la vie et l’éducation offerte aux jeunes surdoué.es. D’une part, une grand-mère qui recherche l’excellence et le travail acharné pour développer au mieux les capacités de la petite fille ; d’autre part, un oncle qui veut la voir profiter de son enfance, avoir des amis de son âge, faire du sport, etc. Mais c’est surtout un film très tendre et émouvant (même s’il avance parfois avec des gros sabots : les scènes qui me hurlent « c’est le moment de verser ta petite larme », ça ne marche pas tellement sur moi). Point fort du film, Mckenna Grace qui joue Mary est un mélange détonnant d’intelligence, d’humour, de fougue et de gentillesse. La relation avec son oncle est très douce, sublimée par quelques moments de complicité. Un bon moment.

  1. Dans un recoin de ce monde (VO : Kono Sekai No Katasumi Ni), de Sunao Katabuchi

La jeune Suzu quitte Hiroshima en 1944, à l’occasion de son mariage, pour vivre dans la famille de son mari à Kure, un port militaire. La guerre rend le quotidien de plus en plus difficile, malgré cela, la jeune femme cultive la joie et l’art de vivre. Mais en 1945, un bombardement va éprouver son courage. (Allociné)

Dans un recoin de ce monde (affiche)

Ça faisait longtemps que je n’avais pas vu de film d’animation japonais et celui-là a été un réel plaisir. Tout d’abord, il y a l’esthétisme sublime du film, tout doux avec ces couleurs lumineuses. L’une des scènes de bombardement, si terrible soit-elle, est tout simplement magnifique, avec ces taches de peinture qui explosent dans le ciel. Un contraste entre beauté de la forme et horreur du fond qui revient souvent au cours du film.
Car il y a aussi ce talent qu’ont les Japonais d’aborder des thèmes durs. Précédemment, il y a eu Le Tombeau des Lucioles, impossible de ne pas y penser. Et, même s’il reste en-deçà du chef-d’œuvre d’Isao Takahata et bien que plus optimiste grâce à son personnage principal, Dans un recoin de ce monde est parfois terrible et sans concession : les morts, les souffrances liées à la guerre, les horreurs dont les civils ont pu être témoins.
Les années s’égrènent et l’on voit grandir la petite Suzu, son mariage, son installation dans sa belle-famille, la guerre de plus en plus proche. Elle reste fondamentalement optimiste, trouvant de la joie même dans des moments où bien d’autres se seraient laissés abattre. Même après un événement dramatique et bouleversant, on la voit retrouver peu à peu cette incroyable abnégation et des paillettes d’espoir réapparaissent dans leur vie.
On pourra regretter quelques longueurs ainsi que des personnages qui parfois se ressemblent un peu trop ou dont on ne cerne pas vraiment l’âge, mais Dans un recoin de ce monde reste un film superbe, triste sans tomber dans le pathos, dont on se souviendra aussi pour ses moments de joie et de poésie.

  1. Wind River, de Taylor Sheridan

Cory Lambert est pisteur dans la réserve indienne de Wind River, perdue dans l’immensité sauvage du Wyoming. Lorsqu’il découvre le corps d’une femme en pleine nature, le FBI envoie une jeune recrue élucider ce meurtre. Fortement lié à la communauté amérindienne, il va l’aider à mener l’enquête dans ce milieu hostile, ravagé par la violence et l’isolement, où la loi des hommes s’estompe face à celle impitoyable de la nature… (Allociné)

Wind River (affiche)

Même si je trouve que la scène de viol aurait pu être seulement suggérée et que l’enquête se résout un peu vite, Wind River reste un thriller efficace. Mais le plus intéressant dans ce film est ce qu’il montre d’une région des Etats-Unis et de la vie de ses habitants. Une vie dure, confrontée au climat rude. Le sort des Amérindiens, le triste quotidien d’une réserve, les problèmes de drogue, la résignation, la solitude. Les acteurs et actrices ont su trouver le ton juste et la psychologie des personnages, très travaillée, est ce qui confère à ce film engagé toute sa force. Dans un Wyoming où les pumas et les loups rodent, le prédateur le plus dangereux est pourtant encore et toujours l’homme.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Sur ce, je vous souhaite un beau mois d’octobre dans les salles de cinéma !

14 réflexions au sujet de « La parenthèse 7ème art – Septembre 2017 »

  1. J’aime beaucoup ce rendez vous, qui me donne à chaque fois envie de filer au cinéma ! Ça fait un moment que je n’y suis pas allée et là tu me teeentes =D

    • Merci !♥ Il y a toujours tellement de films qui me font envie ! D’ailleurs, il faut que je me bouge un peu, ce mois d’octobre commence mollement. Et il faut que je me prépare psychologiquement à aller voir Ça ! ^^

  2. Sous un recoin de ce monde est un film super, et avant cela, c’est un très bon manga aussi! Comme je connaissais déjà l’histoire, j’avais peur de m’ennuyer, mais pas du tout; Par contre, il y a un moment qui me met toujours les larmes aux yeux dans le manga à chaque fois que je le relis, et à cinq minutes de ce moment dans le film je me suis mise à pleurer comme une madeleine en me cachant derrière mon blouson…

  3. « Seven sisters » et « Mary » me tentent énormément ! Je n’ai pas encore eu la chance de les voir, mais je sais d’avance (du moins je suis quasiment sûre) qu’ils me plairont !
    Quant à « Wind River »… ce film m’a tellement marqué… LA scène est juste horrible, mais tellement bien filmé. Je trouve qu’au contraire, ils ont bien fait de montrer la scène, car ça choque plus, ça fait réaliser. Je pense que tous ceux qui ne croient pas vraiment au viol etc, avec des scènes de ce genre, se rendent plus compte des choses (ou alors je suis naïve ahah). J’ai trouvé ce film génial, il m’a vraiment marqué, à tel point que j’y repense encore parfois, sans raison. J’adore Jeremy Renner, et j’ai beaucoup aimé le trouver dans un rôle un peu différent que ce qu’il joue d’habitude. Il y avait de tout dans ce film : de l’action, du suspens, de la peur, de l’horreur, beaucoup de sujets traités, du courage, de l’amour, de l’amitié, de la confiance… il est excellent ! C’est un des meilleurs films que j’ai vu.

    • J’ai bien aimé Seven Sisters quand j’étais devant ; avec le recul, je le trouve un peu rapide, mais c’est quand même un très bon moment. Et Mary est très mignon, ce n’est pas le film du siècle, mais il fait du bien.
      Peut-être, mais je ne supporte pas ce genre de scène. Et moi, j’y crois au viol, donc même si on me suggère le truc, j’imagine déjà suffisamment ! Mais je comprends ton point de vue aussi… Après, je pense qu’on ne croit que ce qu’on a envie de croire. Si tu montres le film à quelqu’un qui dénigre le viol, il te répondra sûrement que « là, c’est particulier, ils sont en manque, dans un pays où la solitude rend fou, etc. », non ? (ou alors je suis vraiment désabusée. ^^) Mais ton enthousiasme est communicatif en tout cas ! Et tu en parles très bien !

      • MMh oui je vois ce que tu veux dire, j’imagine que tu as raison. Mais je ne sais pas comment dire, mais ça m’a vraiment marqué, ça m’a choqué c’est sûr, et surement parce que c’est la première fois que je vois une scène pareille dans un film, mais je trouve quand même que c’est bien, que pour une fois justement, ils n’aient pas juste sous-entendu la scène. ça fait réagir, ça fait réfléchir, et mine de rien, ça prévient aussi, si un jour on se retrouve dans une situation similaire (enfin tu vois)

        j’ai hâte de voir ces deux autres films en tous cas !

        • C’est peut-être là, la différence, je n’ai pas du tout l’impression que c’est la première fois que je vois une scène comme ça dans un film, j’ai au contraire l’impression de l’avoir vue beaucoup beaucoup beaucoup trop souvent…
          Après, ta façon de voir les choses se tient aussi !

            • Euh… Je t’avoue que là, comme ça… je n’en sais rien et je ne veux pas savoir. En fait, quand il y a une scène de viol et que je suis chez moi, je quitte la pièce et j’attends que mon copain me prévienne quand c’est fini, donc pour établir à quel point c’est « poussé », c’est pas évident.
              Mais en fait, c’est aussi la répétition des scènes de viol, dans des films où ce n’est pas nécessaire. Genre le film The revenant. Des mecs ont capturée une Indienne, tu te doutes bien que ce n’est pas pour parler de Shakespeare avec elle. Ce n’est pas obligé de passer par une scène de viol. Enfin bref…
              En fait, j’en sais rien, c’est personnel, je ne supporte pas ça et là, ça fait remonter Millénium, Je danserai si je veux, C’est arrivé près de chez vous, Outlander, Wind river… et je commence à avoir mal au coeur.

  4. Ping : La parenthèse 7ème art – Avril 2018 | L'ourse bibliophile

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