La parenthèse 7ème art – Avril 2018

Nouveautés

  1. Moi, Tonya (VO : I, Tonya), de Craig Gillespie

 En 1994, le milieu sportif est bouleversé en apprenant que Nancy Kerrigan, jeune patineuse artistique promise à un brillant avenir, est sauvagement attaquée. Plus choquant encore, la championne Tonya Harding et ses proches sont soupçonnés d’avoir planifié et mis à exécution l’agression. (Allociné)

Moi, Tonya (affiche)

Je crois que j’ai tout aimé dans ce film. La façon dont il est construit en y insérant des « interviews » des protagonistes. L’humour subtilement dosé, subtilement injecté, parfois absolument cruel ou désespérant, sachant laisser place à l’émotion juste au bon moment. La façon dont est filmé le patinage : dynamique, sportive, précise, fascinante. Les rôles de la mère (Allison Janney) et de Tonya Harding (Margot Robbie, l’excellente Harley Quinn d’un Suicide Squad sans aucun autre intérêt). Le caractère de cette dernière : volontaire, arrogant, sans filtre.
J’ai vraiment apprécié le personnage Tonya Harding et ce film m’a donné l’impression de réhabiliter quelque peu la sportive et la jeune femme qu’elle était. De ce que m’ont dit des personnes suffisamment âgées pour avoir suivi cette affaire, elle était perçue uniquement comme une fille très dure et la méchante de l’histoire, son exploit avec le triple axel passant complètement à l’arrière-plan. Ici, on voit un être humain vraiment malmené physiquement et psychologiquement par sa mère, puis par son premier petit ami/mari.
Le film dénonce aussi un milieu sportif qui discrimine les patineuses en fonction de leurs origines sociales et qui préfère mettre à l’honneur de petites princesses à la vie parfaite plutôt que le talent s’il vient d’une fille un peu rustre, endurcie par une vie difficile. Je ne sais pas si telle est la réalité du monde du patinage artistique, mais les injustices dont Tonya est parfois victime sont consternantes. Si, contrairement à ce qu’elle affirme plusieurs fois dans le film, elle n’est pas toujours étrangère à  tout ce qui lui arrive, effectivement, ce n’était pas entièrement de sa faute : quel que fut son implication, elle a été surtout rattrapée par la violence qui l’a élevée.

Un film énergique et passionnant, drôle et émouvant, porté par deux actrices absolument parfaites.

(Le rôle de la jeune Tonya est joué par Mckenna Grace que j’avais découverte dans Mary : son regard noir transmettant à la fois force et vulnérabilité, elle est une nouvelle fois excellente.)

  1. L’île aux chiens (VO : Isle of Dogs), de Wes Anderson

En raison d’une épidémie de grippe canine, le maire de Megasaki ordonne la mise en quarantaine de tous les chiens de la ville, envoyés sur une île qui devient alors l’Ile aux Chiens. Le jeune Atari, 12 ans, vole un avion et se rend sur l’île pour rechercher son fidèle compagnon, Spots. Aidé par une bande de cinq chiens intrépides et attachants, il découvre une conspiration qui menace la ville. (Allociné)

L'île aux chiens (affiche)

Films d’animation + Wes Anderson : je ne pouvais décidément pas manquer L’île aux chiens, le dernier film en stop-motion de ce dernier. J’y suis allée en fermant mes oreilles à toutes les critiques, j’avais simplement vu la bande-annonce. Et quel moment de cinéma !

Visuellement, c’est atypique et fascinant : la peau lisse de poupée des personnages, les pelages miteux des chiens, les paysages, les « effets spéciaux » à base de coton lors des bagarres… Si cela donne envie de tout toucher, ça ne nuit en aucun cas à l’immersion. L’on ose à peine imaginer le travail nécessaire à la création de des superbes plans qui émaillent le film.
Entre dystopie, western et récit d’aventure, le rythme décoiffant nous happe rapidement et nous voilà plongé au cœur de cette histoire étonnante et de cet univers atypique. Les dialogues vifs et bondissants, les sous-titres qui défilent en français et en anglais, la musique intense – la BO d’Alexandre Desplat est envoûtante, mêlant thèmes lancinants et airs guerriers portés par des tambours japonais –… tout cela impulse une dynamique efficace.
Porté par un casting impressionnant (comme toujours avec Wes Anderson), les langues sont multiples et le choix de laisser la place au japonais (écrit ou parlé) est à la fois plaisant et original. On ne comprend pas forcément ce que disent les personnages, mais leur ton est généralement suffisamment explicite pour que l’on comprenne. Nous nous retrouvons au même niveau que les chiens : nous les comprenons très bien à l’inverse des humains.

A travers ce conte parfois macabre, Wes Anderson rend un bel hommage à la gent canine et aborde nombre de problèmes sociétaux. L’île aux chiens et ses montagnes de déchets sont un appel écologique, le maître Kobayashi est une critique des despotes de ce monde, et le film dénonce l’intolérance qui imprègne le monde et la mise à l’écart des marginaux et autres SDF, mais j’y ai également vu un message d’amitié et d’espoir de connaître un jour égalité et tolérance. Malgré ce discours qui semble banal et un peu cucul, ce film ne l’est en aucune façon et mêle avec talent et réalisme poésie et violence, humanité et cruauté.

Hypnotisante. C’est le mot que j’utiliserais pour qualifier cette fable japonisante à l’humour acerbe et ironique qui enchante et étonne aussi bien la vue que l’ouïe.

Je vous encourage également à découvrir l’excellente chronique d’Alberte Bly sur ce film.

  1. Lady Bird, de Greta Gerwig

Christine « Lady Bird » McPherson se bat désespérément pour ne pas ressembler à sa mère, aimante mais butée et au fort caractère, qui travaille sans relâche en tant qu’infirmière pour garder sa famille à flot après que le père de Lady Bird a perdu son emploi. (Allociné)

Lady Bird (affiche)

J’avais vraiment hâte de voir ce film et je n’ai pas été déçue ! C’est une véritable plongée dans les affres de l’adolescence et je pense que tout le monde se retrouvera un peu en Lady Bird. Evidemment, il y a les immanquables – les amitiés qui se nouent, s’effilochent et se renouent, les premiers amours et les premières déceptions, la colère contre les parents, ce sentiment d’incompréhension et de frustration – mais il y a également de nombreux petits détails qui vont marquer cette dernière année de lycée qui vont permettre à Lady Bird de mûrir et de découvrir ce qu’elle doit à ces parents qu’elle pensait médiocres… J’ai trouvé le tout présenté sans la moindre caricature et avec une grande justesse.
La relation avec la mère est au cœur du film, ce que j’ai trouvé vraiment original car je n’ai pas le souvenir d’avoir vu beaucoup de films qui mettaient l’accent sur cet aspect-là de l’adolescence. Leur incapacité à dialoguer, bloquées par leur fierté, amène aussi bien une grande force émotionnelle qu’une certaine frustration pour le spectateur. Leur amour mutuel, muet et conflictuel, est vraiment magnifiquement mis en scène.
Saoirse Ronan est excellente (je l’avais déjà beaucoup aimé dans Brooklyn d’ailleurs) : vive, impertinente, passionnée, elle donne vie à cette rebelle qui se sent en décalage avec sa famille, sa ville, son lycée. Le reste du casting est tout aussi bon : Timothée Chalamet (que j’ai adoré dans Call me by your name) qui amène une touche de nonchalance arrogante, Tracy Letts, le père, bulle de douceur qui tente sans cesse d’arrondir les angles entre sa femme et sa fille, etc.
Un portrait sensible et sincère d’une adolescence dans l’Amérique post-11 septembre.

***

 Autres films

  1. Les combattants, de Thomas Cailley (2014)

 Entre ses potes et l’entreprise familiale, l’été d’Arnaud s’annonce tranquille. Tranquille jusqu’à sa rencontre avec Madeleine, aussi belle que cassante, bloc de muscles tendus et de prophéties catastrophiques. Il ne s’attend à rien ; elle se prépare au pire. Jusqu’où la suivre alors qu’elle ne lui a rien demandé ? C’est une histoire d’amour. Ou une histoire de survie. Ou les deux. (Allociné)

Les combattants (affiche)

Une histoire assez simple et en même temps riche et originale. Un vent de rébellion, la naissance de l’amour chez deux personnalités antagonistes… Si les deux personnages sont très réalistes, Adèle Haenel se détache, intelligente, volontaire et enragée. Sa relation avec un Arnaud habitué à un certain confort est touchante grâce à leur duo étonnant qui marche du début à la fin.
Entre fin de l’humanité et désillusion quant à l’avenir, la jeune génération est clairement pas l’optimisme incarné (mais je ne vais pas critiquer, je m’y retrouve bien !). Malgré tout, Madeleine n’a pas tout abandonné : elle attend d’un stage au sein de l’armée (dire que si j’avais su qu’ils allaient à l’armée, je n’aurais sans doute pas regardé ce film…) un apprentissage poussé des techniques de survie (elle a beau être résignée, elle n’en est pas moins résolue à survivre le plus longtemps possible). Attentes cruellement déçues : ce sont l’obéissance et la solidarité qui sont exigées, et non les interrogations et les instincts primaires. Symptomatique de l’humour qui irrigue délicatement le film, cette discipline (que les personnages ne tardent pas à fuir) est gentiment moquée.
Ce n’est pas un film qui fera date dans mon esprit mais j’ai néanmoins passé un bon moment. Une histoire initiatique connue mais contée de manière si fraîche et inédite (ainsi mêlée avec une histoire de survivalisme) qu’elle en redevient intéressante.
(Et non, cet article n’est pas sponsorisé par le lobby des parenthèses.)

  1. Still Alice, de Richard Glatzer et Wash Westmoreland (2015)

Mariée, heureuse et mère de trois grands enfants, Alice Howland est un professeur de linguistique renommé. Mais lorsqu’elle commence à oublier ses mots et qu’on lui diagnostique les premiers signes de la maladie d’Alzheimer, les liens entre Alice et sa famille sont mis à rude épreuve. Effrayant, bouleversant, son combat pour rester elle-même est une magnifique source d’inspiration. (Allociné)

Still Alice (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Un drame plutôt réussi qui nous fait entrer dans l’intimité d’une famille éprouvée par la maladie d’Alzheimer. La tragédie est prétendument amplifiée par le fait qu’Alice est une intellectuelle, une linguiste pour qui – elle l’explique d’ailleurs à un moment – les mots, l’expression et l’élocution jouent un rôle essentiel dans la construction de son identité (c’est ce qu’on essaie de nous dire, mais c’est en réalité toujours une tragédie quel que soit le milieu social de la malade). Si, avec ce genre de sujet, il y a forcément les « passages clés » de la progression de la maladie, attendus dès le début, qui semblent parfois là avant tout pour bouleverser le spectateur (spoiler : ça n’a pas marché avec moi), je trouve que le film garde globalement une certaine pudeur qui évite l’apitoiement.
Parmi les trois enfants du couple, Lydia (Kristen Stewart) est la seule qui été sympathique (même si je n’ai pas trouvé son jeu renversant). Le fils est relativement transparent tandis que la fille aînée est tout bonnement insupportable avec ses airs pincés. Lydia est la seule à ne pas viser une grande carrière comme le souhaite sa mère : elle veut être comédienne et s’est pour cela éloignée de sa famille en partant sur la côte Ouest. Elle est la seule à rester vraie, à parler franchement (mais avec tact malgré tout) à sa mère, même si cela engendre souvent des conflits.
Je suis entrée dans le film sans savoir ce que c’était et j’avoue que le trio « maladie + Julianne Moore + Kristen Stewart » m’aurait certainement fait reculer si j’en avais été prévenue à l’avance, mais j’ai passé un bon moment même si le film est très linéaire et globalement sans surprise.

  1. Will Hunting (VO : Good Will Hunting), de Gus Van Sant (1998)

Will Hunting est un authentique génie mais également un rebelle aux élans imprévisibles. Il est né dans le quartier populaire de South Boston et a arrêté très tôt ses études, refusant le brillant avenir que pouvait lui procurer son intelligence. Il vit désormais entouré d’une bande de copains et passe son temps dans les bars à chercher la bagarre et à commettre quelques petits délits qui risquent bien de l’envoyer en prison. C’est alors que ses dons prodigieux en mathématiques attirent l’attention du professeur Lambeau, du Massachusetts Institute of Technology. (Allociné)

Will Hunting (affiche)

(Disponible sur Netflix)

En dépit des dialogues qui touchent justes d’un bout à l’autre, le déroulement du film est assez classique et sans surprise. En réalité, ça n’affecte pas énormément le plaisir pendant le visionnage car je me laisse prendre par l’histoire, mais c’est un peu dommage malgré tout.
Cependant, j’ai apprécié que Will (Matt Damon) ne soit pas le genre « génie asocial (et moqué par les autres) » que l’on voit souvent. Il a une bande de potes avec qui il sort, il est bagarreur et rebelle, il est capable de parler à une fille, il fait des petits boulots, bref, il se débrouille. A ce niveau, ça change.
Tous les acteurs (et Minnie Driver, la seule et unique actrice…) sont excellents, à l’image de leurs personnages, attachants et vrais. Robin Williams est évidemment génial dans le rôle du psychiatre qui, finalement, fait sa propre thérapie en même temps que celle de Will. Son duo complice avec Matt Damon fonctionne à merveille.
Un très agréable divertissement.

  1. Paprika (VO : Papurika), de Satoshi Kon (animation, 2006)

Dans le futur, un nouveau traitement psychothérapeutique nommé PT a été inventé. Grâce à une machine, le DC Mini, il est possible de rentrer dans les rêves des patients, et de les enregistrer afin de sonder les tréfonds de la pensée et de l’inconscient.
Alors que le processus est toujours dans sa phase de test, l’un des prototypes du DC Mini est volé, créant un vent de panique au sein des scientifiques ayant développé cette petite révolution. Dans de mauvaises mains, une telle invention pourrait effectivement avoir des résultats dévastateurs. 
(Allociné)

Paprika (affiche)

Dans son « C’est le 1er » du mois de mars, Alberte Bly mentionnait son coup de cœur pour Paprika, un film que j’avais vu – et beaucoup aimé bien qu’il m’avait laissé bien décontenancée – il y a six ou sept ans. J’ai donc décidé de le voir et d’écrire cette petite critique avant d’aller lire la sienne.

Ce nouveau visionnage a été un vrai bonheur ! Et un sacré trip aussi. Parce que dans le genre étrange, bizarre et flippant, Paprika se pose là !
Si Inception vous a perdu, laissez tomber. Inception n’est pas si compliqué que ça à mon goût (d’ailleurs Alberte a un autre avis là-dessus, donc à vous de vous faire le vôtre !) alors que Paprika, même s’il ne présente pas tout à fait les emboîtements de rêves d’Inception, nous fait osciller sans cesse du rêve à la réalité, puis le premier entre dans la seconde, sommeil ou non. On se croit dans une scène ordinaire et paf, un truc totalement anormal se produit. La frontière est beaucoup plus poreuse et le résultat est beaucoup plus anarchique et inattendu dans la version japonaise. Bref, 1h30 d’onirisme et de délire, servie par une animation dynamique, dense et absolument envoûtante.

Entre les parades hallucinées et ondulantes pleines de poupées flippantes et les déformations corporelles parfois dérangeantes, ce n’est pas un film aussi gentil et joyeux que laissent imaginer ses couleurs acidulées et son entraînante BO – qui est totalement géniale. Il est sombre et le monde des rêves révèle bien des traumatismes et des obsessions chez les rêveurs. Toutefois, cette plongée dans cet univers pas si ludique que ça est aussi une plongée dans la psyché humaine et, si elle révèle la mégalomanie de certains, elle fait aussi grandir les personnages de Tokita, d’Atsuko et du commissaire Konakawa.

Original et inquiétant, voire glauque parfois, Paprika est une immersion surprenante dans un univers onirique et psychotique. Une expérience délirante que je vous conseille vivement !

(Cela m’a donné envie de me replonger dans le cinéma d’animation japonais et dans la filmographie de Satochi Kon – j’avais aussi vu Tokyo Godfathers (dont on voit l’affiche dans Paprika), mais une piqûre de rappel ne me ferait pas de mal –, ne soyez donc pas surpris si ceux-ci fleurissent dans les prochains bilans cinéma.)

  1. Fantastic Mr. Fox, de Wes Anderson (animation, 2010)

Fox, le plus rusé des voleurs de poules, sa femme, Mrs Fox, Ash, son fils, le cousin Kristofferson et tous les autres animaux de la forêt défient trois odieux fermiers. Ils vont vivre la plus périlleuse et délirante des aventures. (Allociné)

Fantastic Mr. Fox (affiche)

La découverte de L’île aux chiens m’a donné très envie de revoir le premier film d’animation de Wes Anderson, une adaptation du roman de Roald Dahl et, dès la présentation des trois fermiers, j’ai été plongée dans cette histoire de mon enfance.
L’animation en stop-motion est soignée – les poils, la fumée en coton… – et la mise en scène est parfaite : on aperçoit au travers de ce long-métrage tout ce que permet le choix de l’animation, toute l’inventivité qui vient servir le récit. L’anthropomorphisme exacerbé aurait pu me déranger, mais non, rien ne m’a heurté, d’autant plus que la bestialité de nos héros pointe régulièrement le bout de son nez : une goutte d’eau parmi toutes ses situations exagérées et parfois absurdes. Le film regorge de petits détails amusants (et pertinents) comme sait les placer Wes Anderson, comme ce décompte en années-renard par exemple. L’histoire de ce voleur invétéré est évidemment portée par un casting de voix aux petits oignons (autre signe distinctif du réalisateur) et des dialogues très fins.
Si L’île aux chiens me semble plus abouti et plus prenant, Fantastic Mr. Fox n’en reste pas moins un film sympathique, drôle et subtil, qui questionne l’ambition, la famille, la jalousie.

***

Séries

  1. Captive (VO : Alias Grace), créée par Mary Harron et Sarah Polley, d’après le roman de Margaret Atwood (2017, mini-série, 6 épisodes)

Dans le Canada du XIXe siècle, un aliéniste américain, Simon Jordan, tente d’évaluer si Grace Marks, servante condamnée à mort (peine commuée en emprisonnement à perpétuité) pour les meurtres de son maître et d’une gouvernante, devrait être graciée. Est-elle innocente ou coupable, folle ou saine d’esprit ? (Wikipédia)

Alias Grace (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Après m’avoir attirée par un scénario alléchant, puis par des premières images qui donnent immédiatement une grande envie d’en voir plus, cette mini-série s’est révélée être un vrai régal. Elle a su me surprendre et se jouer de mes attentes. Elle a su m’indigner (en même temps, ce n’était pas tellement difficile lorsque l’on voit les injustices auxquelles sont soumises les femmes), me fasciner, me questionner.

Les images sont superbes : la lumière, les costumes, les robes, les plans sur le visage de Grace, les incroyables édredons en patchwork… C’est décidé, la couverture en patchwork rencontre dans la longue liste des « un jour, je ferai ça » (juste après apprendre à coudre…). Visuellement – comme à tout autre niveau –, c’est vraiment une réussite !

L’actrice qui interprète Grace, Sarah Gadon,  a un visage absolument fascinant : doux et mystérieux, il semble illuminé de l’intérieur et l’on doute, comme le docteur Simon Jordan chargé d’établir son innocence ou sa culpabilité, jusqu’à la fin. Elle est véritablement troublante et, si le reste de casting ne présente aucune fausse note, c’est bien elle qui confère à la série tout son sel et son intérêt.

Six épisodes tout simplement parfaits, sans la moindre fausse note. Une série qui m’a laissée fascinée et quelque peu pensive.

  1. Avatar, le dernier maître de l’air (VO : Avatar : The Last Airbender), créée par Michael Dante DiMartino et Bryan Konietzko (animation, 2005-2008, 3 saisons, 61 épisodes)

Prisonnier à l’intérieur d’un iceberg pendant un siècle, Aang, un garçon d’une douzaine d’années, est libéré des glaces par deux jeunes membres de la tribu de l’eau du pôle sud. Aang a une destinée hors du commun : il est l’Avatar, chargé de garantir l’équilibre entre les maîtres des quatre éléments. Ceux-ci sont répartis en quatre civilisations : les tribus de l’eau, le royaume de la terre, la nation du feu et les nomades de l’air.
Toutefois, sa tâche se complique lorsqu’il découvre que la nation du feu a profité des cent ans passés pour semer la guerre et la destruction. Et ce, pour étendre son emprise sur les trois autres peuples. Aang est le seul à pouvoir rétablir l’ordre au sein de l’univers. Néanmoins, il doit commencer par apprendre à maîtriser tous les éléments. C’est le seul moyen d’atteindre son but. (Wikipédia)

Avatar le dernier maitre de l'air (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Avatar est un dessin animé que ma sœur regardait et que j’aimais voir également, cependant, je voyais un épisode par-ci, par-là, et je n’ai jamais eu toute l’histoire. Ayant eu l’occasion (la chance, dirais-je) de mener une vie de célibataire pendant plusieurs jours ce mois-ci, j’en ai profité pour corriger ça – puisque Netflix a eu la gentillesse de les ajouter – et renouer avec mon âme d’enfant !

Et ça a fonctionné ! La maîtrise des quatre éléments est un sujet fascinant et je ne me suis pas lassée une seconde des prouesses qu’ils étaient capables d’accomplir avec l’air, l’eau, la terre et le feu. Visuellement, on en prend plein la vue, les mouvements sont tout en fluidité, il y a beaucoup de grâce et de puissance dans la danse qu’ils font avec les éléments.
Outre leurs fascinants pouvoirs, j’ai adoré découvrir les différents royaumes, les villes, voyager de la banquise aux montagnes, des marais aux volcans, faire la connaissance des gens et des créatures étranges qui peuplent ce monde. On découvre plein de cultures, de façons de vivre. Outre le ravissement pour la spectatrice que je fus, tout cela va également contribuer à l’évolution des personnages.

Bon, on reste dans un dessin animé. Globalement, les gentils sont les gentils (même s’ils vont parfois faire quelques bourdes, être jaloux ou désireux de vengeance, ils restent les gentils), les méchants sont les méchants et il y a un méchant qui va évidemment devenir gentil (mais pas forcément au moment attendu !). Toutefois les enfants mûrissent et ils vont aussi faire la connaissance de personnes qui ne sont pas toutes blanches ou toutes noires, des gens aigris, des gens qui se sont retrouvés au mauvais endroit au mauvais moment, des gens aveuglés par la tristesse. Leur long périple constitue un voyage initiatique qui leur fera connaître joie, deuil, amour, doutes, peur, amitié, jusqu’à les conduire là où est leur place.
La bande de l’Avatar est éclectique et sympathique. Elle n’est certes pas exempte de clichés, mais créateurs et scénaristes ont tout de même su par moments épaissir leur profil sans les cantonner uniquement à une facette. (Le seul épisode m’ayant insupportée au possible est celui où Katara succombe au charme de Jet, le brun mystérieux et rebelle. Grr !) Ils sont en outre entourés de toute une flopée de personnages secondaires dont certains sont vraiment géniaux (Bumi par exemple !).
(Et puis, il y a l’oncle Iroh doublé par Marc Cassot, alias la voix de Dumbledore ! En plus, il a un peu le même type de rôle : le vieux sage et pacifique, mais néanmoins extrêmement puissant, tout ça quoi.)

Emotions, humour, action. Diversités de paysages, de cultures et de caractères. Epoustouflante maîtrise des quatre éléments et combats ébouriffants. Joies et peines du quotidien. Beauté et poésie du monde. Cruauté et violences de la guerre.  Sagesse, spiritualité et philosophie. Mythes et esprits d’inspiration asiatique. Art du thé. Autant d’éléments mariés avec harmonie pour créer un dessin animé intelligent et vraiment très chouette.

(En cherchant une illustration pour la série, j’ai découvert qu’il y avait eu un film ! Je n’ose imaginer le résultat et, comme je ne veux pas corrompre les bons moments passés avec le dessin animé, voilà un film que je ne regarderai pas !)
(J’ai également découvert l’existence d’une suite intitulée La légende de Korra. Je me méfie toujours des suites, mais je pense tout de même la visionner à l’occasion.)
(Et n’oubliez pas que Adlyn du blog Un rat des villes a créé un petit challenge pour rendre hommage à cette très chouette série !)

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27 réflexions au sujet de « La parenthèse 7ème art – Avril 2018 »

  1. Nos avis sont bien différents sur certains points mais se rejoignent pour d’autres 🙂
    Merci pour le lien vers mon article sur Isle of Dogs au fait! Je pensais pas que cet article plairait autant!!

    Je voulais justement voir Moi, Tonya, tu m’as donné envie en mettant en avant le côté humoristique du film. Je vais réparer ça dans le mois à venir 🙂

    • Tu parles de quel film ? Tous ou un en particulier ?
      De rien, j’aime beaucoup tes articles cinéma (et les autres aussi d’ailleurs !)
      J’espère qu’il te plaira ! Et si tu le juges digne d’une critique, je te lirai avec plaisir !
      Merci d’être passée !

      • Je parlais de Paprika 🙂
        Sur Isle of Dogs on se rejoint pas mal aussi! Par contre Lady Bird m’a laissée un peu plus indifférente que toi. Ca m’a pas énormément marqué quoi ^^
        Ca me fait très plaisir! Merci!
        Je ne l’ai toujours pas vu. Je suis incorrigible! Je vais y remédier au plus vite et si ça vaut pas une critique je te dirai ce que j’en ai pensé malgré tout ahaha
        De rien! C’est un plaisir de te lire!

        • Ah, tiens, ça faisait longtemps ! 😀 Ça me fait plaisir de te relire ! (D’ailleurs, j’ai ton bilan ouvert, il faut que j’aille le lire !)
          T’inquiète pour Moi, Tonya. Je suis un peu pareille, je peux dire pendant une éternité « faut que je le lise/faut que je voie ce film » et trois mois après, toujours rien. Remarque, c’est pareil pour tout. Hier, « bon, j’arrête de jouer à Zelda » (deux heures à le dire sans le faire), « bon, faut que j’aille à la douche » (au moins quatre ou cinq fois), « bon, allez Dena (ma chienne), on arrête de jouer et on va se coucher » (pendant une heure au moins). Incorrigible aussi ! ^^

          • Mais oui, trop longtemps! Je m’y remets pendant les vacances dès que j’ai un peu de temps! Ca fait plaisir de revenir 🙂
            C’est la base du procrastinateur. Procrastiner dans tous les domaines. Tout l’temps aha

  2. Oh il faudrait vraiment que je trouve le temps d’aller voir L’île aux chiens, et peut-être aussi Lady Bird s’il est encore en salles sur Paris à ce moment-là !

    Je ne sais pas si tu as entendu parler de cette chanson sur Tonya Harding, composée par Sufjan Stevens !
    Je te la dépose ici au cas où (elle est sublimissiiiiime) : https://www.youtube.com/watch?v=813SeOUlyAY

  3. Je note Paprika ! (je n’avais pas trouvé Inception si compliqué 😀 ) Et aussi Lady Bird, je n’aurais jamais cru que ça pourrait être aussi bien vu le synopsis. Moi, Tonya me fait aussi énormément envie, c’est une histoire que je ne connais pas vraiment (trop jeune quand ça a eu lieu) et le traitement médiatique autour d’elle a été pourrie d’après ce que j’en ai compris.

    Et mille fois oui pour Avatar ! Ca me donne envie de la regarder à nouveau, c’était trop bien ! Cette série fait du bien, et puis m’a fait pleurer à des moments où je me suis dit que, quand même, j’étais encore facile à émouvoir, mais c’est le pouvoir de cette série, j’y peux rien ❤

    • Peut-être que tu ne trouveras pas Paprika compliqué non plus, mais la première fois il m’avait laissé émerveillée et un peu perplexe, mais la seconde fois, WAH ! J’adore.
      Je te conseille vraiment Lady Bird et Moi, Tonya. Moi non plus je ne la connaissais pas et oui, c’est ce qu’on m’a dit : elle était la méchante et tout le monde semblait la détester !
      Oui, cette série est géniale ! Une petite perle ! Tu as eu l’occasion de voir la suite ?

      • Vu ce que tu en dis, Paprika risque d’être à un niveau supérieur !
        Pour Tonya Harding, j’avais lu quelques petites choses sur elle, son histoire est incroyable ! Et comme les RS n’existaient pas à ce moment-là, elle n’a pas pu se défendre réellement comme des tas de gens le font aujourd’hui.
        Oui, j’avais vu les deux premières saisons, mais je ne m’en souviens pas trop, à regarder une nouvelle fois. J’avais bien aimé, bien que mon coeur reste fidèle à la première série 😉

        • Après, Alberte a trouvé Inception plus complexe, alors apparemment on ne voit pas toutes les choses pareil ! A toi de voir, mais quoi qu’il en soit, Paprika devrait t’étonner.
          Et comme c’était un peu elle contre le reste du monde… ça ne facilite pas les choses.

  4. J’ai loupé l’Ile aux Chiens, j’ai hâte de le découvrir !
    J’ai adoré Lady Bird… La relation avec sa mère est vraiment touchante !
    Still Alice m’a beaucoup fait pleurer et Julianne Moore est extraordinaire dans ce rôle.
    Will Hunting, je l’ai vu il y a longtemps mais il est tellement bien ! De toutes façons, Robin Williams était génial…
    J’aime beaucoup aussi Fantastic Mr Fox !

    • Ah oui, L’île aux chiens est vraiment à découvrir ! Surtout si tu as déjà aimé Fantastic Mr Fox. Ce n’est pas le même univers, mais tout de même, je pense qu’il te plaira !
      Oui, une relation très compliquée et un peu frustrante, mais quelle relation ! C’est tout à fait le genre de film qui me plaît !
      Je suis bien d’accord pour Robin Williams…

  5. J’ai adoré lire ton article, c’est vraiment super chouette comme principe ! Pour ma part je suis assez intriguée par Still Alice et Lady Bird 🙂
    Sinon c’est marrant que tu aies parlé d’Avatar parce que c’est un dessin animé que mon petit frère regardait donc il m’arrivait d’être avec lui devant la télé à ce moment là, et j’en garde un plutôt bon souvenir donc merci pour ce petit revival inattendu ^^!

    Et que dire de Will Hunting, que je ne me lasse pas de regarder. Même si comme tu le dis, ça reste assez classique et sans surprise, j’ai toujours trouvé ce film hyper touchant et le casting très juste.

    • Merci ! Il y a longtemps, je faisais des articles plus longs sur les films, mais ça me prenait tellement de temps entre les chroniques de livres et le reste de ma vie et de mes activités que ça passait tout le temps à la trappe (et en plus, je ne suis pas assez calée en cinéma pour que ce soit véritablement passionnant) et c’est après avoir écrit un bilan annuel de mes tops de l’année 201… je ne sais pas combien que j’ai découvert qu’un format mini chroniques me convenait bien mieux pour les films. Je parle un peu, je parle beaucoup, ça dépend, mais je donne simplement mon avis sans prétendre à des analyses filmiques dont je serais incapable.
      Bref, je te conseille vraiment Lady Bird ! Still Alice est sympa, mais oubliable à mon goût (pour un film sur Alzheimer, ça reste dans le thème ! ^^)

      C’était pareil pour moi, ça passait quand ma soeur était celle qui regardait beaucoup les dessins animés, mais ça faisait partie de ceux que j’aimais beaucoup voir quand j’étais devant la télé au même moment. Et cette redécouverte a vraiment été à la hauteur de mes souvenirs !

      Oui Will Hunting est très réussi. Les acteurs sont vraiment top et les dialogues sont parfaitement justes. Je soulignais le côté sans surprise, mais c’est plus une fois le film terminé que je l’ai noté. Pendant, j’étais prise dans l’histoire qui est vraiment émouvante.

  6. Tu as l’air d’avoir fait plein de belles découvertes ce mois-ci globalement ! Les 3 premiers films dont tu parles me font très très envie. Je n’ai pas du tout pu aller au cinéma ces derniers temps, mais je me rattraperai en les regardant chez moi. J’ai découvert l’histoire de Tonya Harding le mois dernier et j’ai trouvé ça absolument hallucinant. Du coup, il est certain que je regarderai le film, en plus je n’en entends que du bien !
    Je n’avais pas du tout entendu parler de Captive, et j’ai été surprise d’apprendre que c’était basé sur un roman de Margaret Atwood. Je pensais qu’avec The Handmaid Tale j’aurais eu du mal à passer à côté de celui-là. ^^

    • Le cinéma aussi semble s’éloigner de plus en plus de mon quotidien, je suis complètement à la ramasse niveau nouveautés. Même à la maison, j’ai regardé très peu de films ce mois-ci. Le film Moi Tonya est vraiment excellent : drôle, touchant, percutant.
      Eh oui ! Je n’ai pas encore lu/vu The Handmaid Tale, mais Captive est une très bonne mini série !

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