Le guide steampunk, d’Etienne Barillier et Arthur Morgan (2019)

Le guide steampunk (couverture)Quand j’ai reçu ce Guide steampunk grâce à Babelio et aux éditions ActuSF, j’avoue que j’ai eu un petit moment de doute face à la densité du bouquin qui ne met pas forcément en appétit. Appréhension sans fondement car je l’ai dévoré une fois entamé. Les auteurs expliquent et présentent le mouvement de façon claire et abordable, y compris pour les néophytes. De multiples interviews parsèment l’ouvrage, donnant la parole à des auteurs, des musiciens, des artistes en tout genre qui ont contribué et/ou contribuent encore à faire vivre le mouvement.

Mes connaissances du steampunk étant somme toute assez basiques, j’ai découvert beaucoup de choses… à commencer par le flou qui tourne autour de ce mouvement. Si mes idées – assez clichées, je le reconnais – d’engrenages, de corsets, d’espions et de mécaniciennes font indéniablement partie de l’imagerie steampunk, c’est un genre qui s’avère beaucoup plus large et – heureusement – beaucoup plus riche.
Par conséquent, définir clairement le steampunk semble être un challenge que même les spécialistes ne parviennent à résoudre : si des éléments concordent – uchronie, dimension métatextuelle (qui permet de faire rencontrer R.L. Stevenson et Dr Jekyll, Jules Verne et capitaine Némo…), inspiré du XIXe siècle bien que ce ne soit pas une obligation absolue –, chaque vaporiste (comprendre les membres de la communauté steampunk) semble avoir sa propre vision du genre. J’ai par ailleurs beaucoup aimé cette citation de Douglas Fetherling reprise dans le Guide :

« Le steampunk s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. »

Si je l’ai lu ici d’une traite, c’est un guide dans lequel je reviendrai régulièrement piocher des idées – de livres, de films, etc. – bien que je me sois déjà constitué une liste de belle taille (surtout pour quelqu’un qui souhaite se concentrer avant tout sur sa PAL). Soyez prévenu·es : ce livre regorge de mille tentations car l’enthousiasme des auteurs est contagieuse ! Leur passion pour le steampunk vous donnera envie de tout lire et de tout voir (ou presque car les auteurs n’hésitent pas à critiquer un film ou un livre qu’ils voulaient néanmoins présenter pour leurs éléments steampunk).
J’ai réalisé que j’avais vu beaucoup plus de films steampunk que lu de livres et la section jeux vidéo, bien que succincte, a aussi été une petite mine pour moi. En plus des découvertes, ce Guide a fait remonter à la surface de nombreux romans que j’avais déjà envie de lire, mais qui était noyés dans la masse. Bref. Ce livre n’est pas conseillé par les banquiers !
Sans surprise, la section « musique » a été une totale découverte pour moi. A l’exception des Dresden Dolls qualifiés de « proto-steampunk », je n’en connaissais tout simplement aucun. J’ignorais même qu’il existait de la musique steampunk. Mais ma culture musicale étant ce qu’elle est, c’était prévisible.

Entre discours théoriques, pistes (littéraires, cinématographiques, musicales…) à explorer et interviews, ce Guide steampunk s’est révélé instructif et passionnant. Nul doute qu’il sera mon copilote dans ma découverte approfondie du mouvement steampunk. Il s’agit d’un excellent ouvrage pour s’initier, mais je doute que des expert·es puissent trouver chaussure à leur pied dans ce livre qui semble présenter les grands titres du genre (ce qui, je le répète, convenait en revanche à merveille à l’ignorante que je suis).

« Le gigantisme steampunk est également à prendre en compte. Il est aux antipodes de ce que la technologie nous offre aujourd’hui où les écrans et les machines deviennent de plus en plus ténus (et de moins en moins réparables), où la notion d’obsolescence programmée ne choque qu’à peine. La technologie steampunk est bruyante, gigantesque, transpire la graisse qui protège ses engrenages. L’ordinateur y est mécanique ; l’androïde automate. Elle est aussi dangereuse qu’un piston mal entretenu, mais elle est réparable, fabriqué par la main de l’homme et fonctionnelle. Plus que tout, elle est belle. »

Le guide steampunk, Etienne Barillier et Arthur Morgan. ActuSF, coll. Hélios, 2019 (édition mise à jour et augmentée, première édition en 2013). 374 pages.

Challenge de l’imaginaire
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La parenthèse 7ème art – Mars 2019

(En vrai, j’ai regardé la dernière série en avril, mais on ne chipotera pas.)

Ce mois-ci, la moisson de films est bien pauvre. J’en ai vu d’autres, mais je n’avais forcément envie d’écrire dessus. J’ai aussi une grosse tendance à m’endormir devant les films en ce moment – qu’ils soient petits films français comme Se souvenir des belles choses ou blockbusters comme Avengers : Infinity War –, ce qui est particulièrement agaçant et me pousse donc à me tourner vers le format série.

Film

  1. Marie Stuart, Reine d’Ecosse (VO : Mary Queen of Scots), de Josie Rourke (2019)

Le destin tumultueux de la charismatique Marie Stuart. Épouse du Roi de France à 16 ans, elle se retrouve veuve à 18 ans et refuse de se remarier conformément à la tradition. Au lieu de cela elle repart dans son Écosse natale réclamer le trône qui lui revient de droit. Mais la poigne d’Élisabeth Iʳᵉ s’étend aussi bien sur l’Angleterre que l’Écosse. Les deux jeunes reines ne tardent pas à devenir de véritables sœurs ennemies et, entre peur et fascination réciproques, se battent pour la couronne d’Angleterre. Rivales aussi bien en pouvoir qu’en amour, toutes deux régnant sur un monde dirigé par des hommes, elles doivent impérativement statuer entre les liens du mariage ou leur indépendance. Mais Marie menace la souveraineté d’Elisabeth. Leurs deux cours sont minées par la trahison, la conspiration et la révolte qui mettent en péril leurs deux trônes et menacent de changer le cours de l’Histoire. (Allociné)

Mary Stuart, Reine d'Ecosse (affiche)

Ce sont les actrices qui m’ont donné envie de voir ce film, mais finalement, il n’a fait que confirmer une tendance : les biopics, tellement présents au cinéma ces dernières années (peut-être est-ce ainsi depuis plus longtemps, mais j’ai l’impression qu’il en sort toutes les semaines à présent), m’ennuient profondément. Certes, l’histoire est l’histoire (même si tous les biopics ne sont pas d’une fidélité exemplaire) et ils ne vont pas réécrire la fin en décapitant Elisabeth plutôt que Marie Stuart, mais j’ai l’impression de voir toujours les mêmes scènes (notamment les sexes de sexe/viol, apparemment indispensables pour faire plus vrai). Ils semblent tous filmés de la même manière, lisse, comme s’ils étaient filmés à la chaîne, sans changement d’équipe technique, sans le point de vue personnel d’un ou d’une réalisatrice. Cependant, l’idée des lords noirs et des suivantes asiatiques dans l’Angleterre du XVIe est assez originale (irréaliste et incompréhensible à mes yeux, mais atypique).

 De même, je n’ai pas aimé l’image véhiculée de ces deux femmes, particulièrement de Marie Stuart. Les hommes de son entourage l’insultent et la rabaissent en la traitant de faible femme et toutes les joyeusetés et finalement, le portrait que le film dessine d’elle n’est guère plus glorieux. Stratège, Marie ? Solide dirigeante, Elisabeth ? Influentes, ces reines ? Ce n’est guère ainsi qu’on les perçoit, mais en femmes manipulées, malmenées et passives face aux événements. Waouh. Je suis époustouflée. Surtout par rapport à Elisabeth : régner 45 ans en faisant des fleurs en papier, c’est impressionnant. Et le film se veut féministe ?

 Le très bon jeu des actrices (notamment Saoirse Ronan qui ne m’a jamais déçue jusqu’à présent) n’a pas suffi à me faire oublier ni les longueurs ni les raccourcis et, finalement, les seuls éléments qui auront suscité un peu d’émotion chez moi sont les paysages écossais.
Je suis peut-être de mauvaise foi à cause de l’ennui que ce film a provoqué chez moi, mais je me dis que j’aurais dû lui préférer une relecture du Marie Stuart de Stefan Zweig.

***

Séries

  1. Dark, créée par Baran bo Odar et Jantje Friese (2017, 1 saison, 10 épisodes)

Un enfant disparu lance quatre familles dans une quête éperdue pour trouver des réponses. La chasse au coupable fait émerger les péchés et les secrets d’une petite ville. (Allociné)

Dark (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Tiens, une série allemande ! Déjà que je ne regarde pas beaucoup de séries, c’est encore moins souvent que je me croise le chemin de nos voisins germaniques ! Après Il miraculo italien, je voyage !
Après Poupée russe, il semblerait les voyages dans le temps soient à la mode. Mais les deux séries sont très réussies, chacune dans leur genre. Là où Poupée russe était morbide mais drôle, Dark est, comme son nom l’indique, beaucoup plus sombre et pesant. Des enfants qui disparaissent, des corps qui réapparaissent des décennies plus tard, des grottes obscures, une immense forêt digne des contes de fées, un village isolé, un petit côté Twin Peaks… le décor est posé.
L’atmosphère est assez anxiogène et les personnages sont souvent torturés par leurs travers, leurs regrets ou leurs passé. Des ingrédients plein de noirceur (surtout quand tu rajoutes un prêtre mystérieux) particulièrement alléchants.
Le puzzle se met en place petit à petit, ce qui est totalement accrocheur. L’envie d’en savoir davantage, de comprendre, les révélations surprenantes révélées au compte-goutte… les réalisateurs ont soigneusement dosé leurs effets et ça fonctionne à merveille. L’intrigue se complexifie au fil des épisodes et c’est un régal.

J’ai beaucoup aimé les personnages, étonnement… ordinaires. Dans le sens, qu’on pourrait les croiser en sortant dans la rue. Et ça fait du bien. Dans les films, les séries, les personnages sont souvent particulièrement beaux (belles, car les femmes n’ont que rarement le droit à l’erreur (ou alors c’est que son physique banal ou moche servira dans l’intrigue)), particulièrement drôles ou intelligents, enfin, toujours mieux que toi (en tout cas, c’est ce que je ressens). Mais là, non. Les femmes sont belles, mais ce ne sont pas des beautés « parfaites », dans les normes actuelles ; ce sont des beautés particulières, des beautés atypiques que l’on croise chaque jour. Idem pour leurs caractères : les protagonistes ne peuvent être résumés à « méchant·e » « gentil·le ». Tous et toutes ont des défauts, des qualités, certain·es tendent vers le louche, d’autres sont globalement sympathiques, mais ils et elles sont faillibles.
Je ne sais pas si vous avez suivi ce que j’essayais laborieusement de vous dire, c’est clair dans ma tête, mais ça s’embrouille sur le clavier.

Par contre, à ce sujet, il y a un certain risque d’embrouillage à cause du nombre de personnages, sachant qu’il faut multiplier le tout par deux, voire trois, lorsque l’on retourne dans le passé. On a regardé les premiers épisodes de façon assez décousue, sans être bien immergés dedans et on s’est retrouvés quelques fois en mode « attends, mets pause, du coup, elle, c’est celle qui tient l’hôtel quand elle était petite, c’est ça ? c’est la mère de l’autre là, comment il s’appelle déjà ? le copain de la fille, tu sais ! » (il nous a fallu les trois quarts des épisodes pour retenir tous les prénoms allemands) « ah, mais du coup, elle, c’est la tante de machin vu que son père était son frère mais dans le passé ! » (En vrai, on s’y fait, mais évitez peut-être de laisser passer trop de temps entre les premiers épisodes.)
Mais il paraît que la saison 2 doit arriver prochainement, j’espère qu’elle ne tardera pas, histoire que je n’ai pas tout oublié qui est qui et qui est où quand la série recommencera.

Une série oppressante et fascinante, portée par un scénario qui tient la route d’un bout à l’autre. Vivement la suite !

  1. Sex Education, de Laurie Nunn (2019, 1 saison, 8 épisodes)

Maeve, jeune fille rebelle, seule et sans parents décide de créer un cabinet de sexologie dans son lycée avec l’aide d’un camarade de classe, Otis, fils de sexologue. Celui-ci aide alors des personnes à gérer leurs relations, alors qu’il est lui-même vierge. (Wikipédia)

Sex Education (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Troisième série que je commence alors qu’il n’y a qu’une saison. C’est très rare pour moi : généralement, j’attends qu’elle se finisse et au final, soit je les oublie, soit je vois que ça ne finit jamais et la probabilité pour que je les regarde un jour fond à toute vitesse (un exemple parmi d’autre : Orange is the New Black me semblait intéressante lorsque la première saison est sortie, mais maintenant qu’on en est à la sixième ou septième, c’est nettement moins le cas).
Du coup, pour libérer de la place dans la section « séries » de mon cerveau, j’ai plus ou moins décidé d’abandonner Outlander. J’ai tenu pendant les deux premières pour l’Ecosse (les paysages, la langue… c’était beau), la troisième m’a un peu ennuyée, j’ai vu le premier épisode de la quatrième et c’est bon, j’ai donné : les voir s’embourber dans des situations pas possibles, être séparés, être réunis, se faire violer, subir une deux trois dix tentatives de viols alors qu’ils restent en Amérique, ce n’est pas la peine. Je ne le supporterai pas une quatrième fois sans une dose d’Ecosse pour faire passer la pilule. Bye Jamie, bye Claire !

Sinon, de quoi devait-on parler ? Ah oui, Sex Education.

Ça va être court, je n’ai pas dix mille trucs à en dire. Ce n’est pas une série qui révolutionne le monde des séries, on est d’accord. On est dans un lycée, à moitié anglais, à moitié américain, avec des personnages stéréotypés : la bande fashion avec péteux et pétasses, insupportables avec tout le monde, y compris entre eux, la rebelle que personne n’aime et que tout le monde insulte tandis que toi, devant ton écran, tu ne les comprends pas du tout car ça crève les yeux qu’elle est à la fois démentiellement cool et intelligente, le gay flamboyant, le timide, etc.
Mêmes choses pour les thématiques : l’adolescence, les premières fois, l’amour, les déceptions amoureuses, les disputes entre amis…
Idem pour certaines séquences que l’on voit venir à des kilomètres (pas d’exemples, pas de spoils).
MAIS. C’était sympa quand même. Ça fonctionne. Grâce aux personnages. On s’attache à Otis, Maeve et Eric. On s’intéresse à Adam : j’ai d’ailleurs beaucoup aimé la façon dont certains protagonistes – dont lui – évoluent. On se retrouve à éprouver de la compassion et de la sympathie pour des lycéens a priori secondaires et/ou insupportables. On s’amuse beaucoup de la curiosité de Jean, la mère d’Otis (même si on est d’accord qu’on aurait aimé lui arracher les yeux si elle avait été notre mère quand on était ado ?).
C’est drôle, c’est léger, et il y a facilement de quoi passer un très bon moment à condition de ne pas avoir des attentes démesurées.
(En plus, Otis et Eric aiment Hedwig and the Angry Inch ! Quoi ? Ce n’est pas un argument ?)

  1. The Umbrella Academy, de Steve Blackman (2019, 1 saison, 10 épisodes)

En 1989, le même jour, quarante-trois bébés sont inexplicablement nés de femmes qui n’étaient pas enceintes et que rien ne relie. Sir Reginald Hargreeves, un industriel milliardaire, adopte sept de ces enfants et crée The Umbrella Academy pour les préparer à sauver le monde. Mais tout ne se déroule pas comme prévu. Les enfants devenus adolescents, la famille se désagrège et l’équipe est dispersée. Les six membres toujours en vie, désormais trentenaires, se retrouvent à l’occasion de la mort de Hargreeves. Luther, Diego, Allison, Klaus, Vanya et Numéro Cinq travaillent ensemble pour résoudre le mystère qui entoure la mort de leur père. La famille désunie se sépare cependant de nouveau, incapable de gérer des personnalités et des pouvoirs trop différents, sans même parler de l’apocalypse qui menace… (Allociné)

The Umbrella Academy (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Puisque je suis dans l’exploration des séries Netflix, autant ne pas passer à côté de la dernière en date. J’avoue, c’est surtout Ellen Page qui a été mon principal moteur pour lancer le premier épisode. Mais finalement, mon enthousiasme est un peu retombé.

Mettons les choses au clair : je suis complètement accro aux personnages de Klaus (aka Robert Sheehan) et Numéro Cinq (Aidan Gallagher). Ce sont les deux dont j’ai adoré chaque apparition à l’écran : le premier est irrésistiblement attachant tout en étant bien allumé (les drogues qu’il prend à longueur de temps n’y sont pas pour rien) tandis que le second est charismatique et cynique à souhait. Bref, deux personnages jubilatoires.
Et pendant ce temps, les autres m’ont globalement laissée bien indifférente (dans le sens « mourez ou vivez, ça m’est égal »). Diego est même allé jusqu’à m’irriter encore et encore (ça doit être la moustache). Et je suis la seule à avoir tiqué sur le costume de Luther ?
Quant à Ellen Page, je suis mitigée. D’un côté, elle joue très bien son rôle de fille ordinaire dans une famille extraordinaire, mais voilà, elle apparaît un peu trop terne, un peu trop ordinaire et il est donc un peu difficile de s’y attacher. En fait, elle joue trop bien son rôle.

Et l’intrigue ? J’ai trouvé qu’il y avait beaucoup de longueurs, je me suis périodiquement ennuyée, notamment lors de scènes répétitives de dissensions familiales et de certaines petites histoires personnelles. Et tout est un peu cousu de fil blanc : les secrets concernant Vanya n’en sont pas vraiment, on devine le rôle que doit jouer Leonard dès la première minute où il apparaît, etc. Bref, ça reste classique, malgré quelques bonnes idées.

Heureusement, je suis bon public, la BO est plutôt cool, l’esthétique est sympa, et je suis irrémédiablement fascinée par Klaus et Numéro Cinq, donc je suis prête à signer pour une deuxième saison. (De toute façon, juste pour eux, j’en veux encore.) (Sinon, une série JUSTE avec eux, ce n’est pas possible ?)

***

Avez-vous vu certaines de ces séries ? Ou bien d’autres ?
Je prends aussi les bons conseils cinématographiques (même si je vais devoir attendre de récupérer le contrôle de mes paupières pour les regarder).

La parenthèse 7ème art – Février 2019

Si j’ai vu pas mal de films ce mois-ci, je n’ai pas forcément envie d’écrire dessus. J’ai revu Le Cercle des poètes disparus, l’un de mes films préférés. Au cinéma, j’ai également vu La Mule de Clint Eastwood. J’étais partie pour écrire un petit quelque chose dessus, mais j’ai lu la chronique de La Moustache et comme elle a tout dit (et qu’elle l’a si bien dit), j’ai renoncé, mon avis aurait été inintéressant. Allez plutôt la lire !

  1.  Dragons 3 : Le monde caché (VO : How to Train your Dragon : The Hidden World), de Dean DeBlois (2019)

Harold est maintenant le chef de Berk aux côtés d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent. (Allociné)

Dragons 3 (affiche)

Complètement dingue des deux premiers films (et des dragons), j’attendais avec impatience la sortie de ce troisième opus.
A mes yeux, ce film clôture cette fantastique aventure. J’espère que les choses en seront ainsi car cette conclusion est très bien (mais quand même, les dragons…) et j’ai peur de l’essoufflement. En effet, le premier film était très bien, Harold devait convaincre son père, parfait ; deuxième film, un grand méchant qui vient compromettre le nouvel équilibre instauré sur Berk, ok, logique, il fallait bien montrer la cupidité humaine ; troisième film, un méchant encore plus méchant… vous voyez où je veux en venir ? (J’ai vu après coup que Dragons avait bel et bien été pensé comme une trilogie, c’est donc parfait !)
Si j’ai beaucoup aimé le film, que je me suis régalée, j’avoue mettre un bémol sur le scénario peu surprenant. Certes, il apporte enfin l’occasion à Krokmou de redécouvrir sa nature sauvage et à Harold de mûrir, de dépasser ses craintes adolescentes et de devenir un grand chef, bref, une belle conclusion. Mais j’avoue qu’entre le méchant encore plus méchant (finalement rapidement battu, il n’était pas si terrible apparemment) et la bande carrément lourdingue composée de Kranedur, Kognedur et Rustik, je ne suis pas comblée à 100%.

 Mais punaise, que c’est beau. L’animation est géniale, certaines scènes sont pleines de grâce, les décors sont magnifiques, le souci du détail est juste fabuleux… et pourtant, j’ai également été un peu déçue par la Furie Eclair, un peu trop lisse à mon goût. Harold a grandi (dommage que les autres personnages soient finalement assez transparents quand ils ne sont pas insupportables) et les dragons – Krokmou en tête – sont toujours aussi adorables.

Aboutissement d’une grande histoire initiatique, passage à l’âge adulte avec toutes les souffrances qu’il implique, c’est une excellente fin qui souffre malgré tout de la comparaison avec deux précédents opus quasiment parfaits.                                                                                                                   

  1. The Danish Girl, de Tom Hooper (2016)

The Danish Girl retrace la remarquable histoire d’amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l’artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. (Allociné)

The Danish Girl

(Disponible sur Netflix)

J’avais adoré ce film à sa sortie, aussi n’ai-je pas tardé à le revoir une fois mis à disposition sur Netflix. Second visionnage qui m’a confirmé le caractère tout à fait génial de ce film et la perfection de ses interprètes, l’un et l’autre s’entremêlant en parfaite harmonie.

Une merveilleuse histoire du temps (affiche)Eddie Redmayne prouve une nouvelle fois qu’il est un acteur hors pair (Netflix met aussi à disposition le biopic sur Stephen Hawking, Une merveilleuse histoire du temps, dans lequel il est tout aussi marquant). Son interprétation délicate du personnage de Lili Elbe est bouleversante (sauf quand quelques minauderies irritent un chouïa…). On oublie l’acteur pour ne voir que cette pionnière courageuse qui a voulu trouver qui elle était, être en accord avec ce qu’elle ressentait en dépit des opinions des médecins rencontrés.
Alicia Vikander, elle, joue Gerda, la femme d’Einar, l’amie de Lili, qui ne l’a jamais laissée tomber, qui l’a aimée et soutenue jusqu’au bout. Une magnifique histoire d’amour, pas niaise pour un sou. Lili a apporté avec elle des combats, des incompréhensions, de la jalousie et de la solitude pour Gerda, mais cette dernière a toujours été un pilier fiable pour Einar comme pour Lili. Bref, Alicia Vikander y est passionnée, superbe, poignante, profonde. Incroyable.

Certes, c’est un biopic classique. Mais grâce à Eddie Redmayne et Alicia Vikander, grâce à cette histoire importante, grâce à cette beauté (quel régal pour les yeux ! la lumière, les costumes, la caméra qui effleure la peau de ses sujets, les toiles, les vêtements…), c’est aussi un biopic sensible qui m’a émue.

  1. Les invisibles, de Louis-Julien Petit (2019)

Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis ! (Allociné)

Les invisibles (affiche)

Un film qui avait tout pour me plaire… et que j’ai effectivement beaucoup aimé. Les SDF ne sont déjà pas forcément un sujet dont on parle énormément (les dispositifs anti-SDF semblent montrer que l’on ne souhaite pas les voir dans les villes) ; les femmes SDF le sont encore moins. Pourtant leur quotidien est encore plus compliqué.
Cependant, ce film n’est pas aussi dur qu’il aurait pu l’être. Il rejette tout misérabilisme sans minimiser les difficultés et les horreurs d’un tel quotidien. Au contraire, il rayonne de bonne humeur et de courage. Toutes ces femmes sont inspirantes : leur vie pourrait leur donner le droit à l’auto apitoiement, mais non, elles sont pleines d’humour sur elle-même et de bonne volonté.

Lumineuses, actrices amatrices et professionnelles sont au diapason. Les premières ayant connu cette vie-là apportent beaucoup de sincérité. Elles sont d’une présence folle et, lorsque le film s’achève, c’est à regret que je les ai quittées tant j’aurais aimé savoir quel avenir les attendait. Les secondes sont impressionnantes de crédibilité et de justesse. Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena (révélée dans le génial Divines) sont fabuleuses, chacune à leur manière, discrète, grande gueule, réaliste, idéaliste, mais réellement impliquées (et je parle autant les actrices que de leurs personnages). Le travail des travailleuses sociales est sidérant et l’investissement qu’elles y mettent réellement digne d’admiration.
Le film montre les obstacles que les unes et les autres peuvent rencontrer avec beaucoup de sensibilité : sentiment d’échec, peur de l’inconnu, estime de soi en berne, savoir mettre une limite entre vies personnelles et professionnels…

Un film sérieux, intelligent, drôle, engagé qui va vous émouvoir, vous faire rire, vous indigner. Presque un documentaire, Les invisible est un film tendre et humain à voir sans aucune hésitation.

  1. Blancanieves, de Pablo Berger (2013)

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen « Blancanieves » vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable. (Allociné)

Blancanieves (affiche)

Nouveau visionnage, six ans après avoir découvert ce film lors de sa sortie en salles. Pablo Berger revisite ici le conte de Blanche-Neige d’une façon totalement captivante. Film en noir et blanc, film muet avec pour bande-son un formidable usage des airs entraînants du flamenco. Blanche-Neige au pays des toréadors : surprenant, mais réussi.
Si je désapprouve la corrida, incapable de comprendre ces distractions barbares, je ne peux m’empêcher d’être séduite par l’atmosphère vénéneuse de ce film qui reprend parfaitement les principales étapes du conte connu par tout un chacun.

Rien à redire sur le casting et les actrices principales sont tout simplement formidables. Sofía Oria joue une Carmen enfant frondeuse et maltraitée qui parvient malgré tout à trouver un peu de lumière dans l’obscurité de son quotidien injuste tandis que Macarena García est une adulte rayonnante ; impossible de rester indifférent·e face à elles. Maribel Verdú est, quant à elle, une marâtre fascinante, aussi séduisante que perfide. Cupide, elle ne se mire pas dans un miroir magique, mais dans les revues, et quand celles-ci accorde la couverture à sa belle-fille, Encarna voit rouge.

L’image est sublime, le noir et blanc souligne les ombres, caresse les visages, les illumine ou les assombrit selon les émotions qui les traversent.

Tragique, mais aussi comique, ce conte revisité s’offre un final qui nous laissera un peu amer, un peu triste. Des images magnifiques, des émotions sublimées, une narration fluide, Blancanieves est une petite pépite malheureusement trop méconnue.

  1. Une vie volée (VO : Girl, Interrupted), de James Mangold (2000)

En 1967, lors d’un entretien avec un psychanalyste, Susanna Kaysen apprend qu’elle souffre d’un trouble de la personnalité. Elle est envoyée dans un hôpital psychiatrique renommé de la Nouvelle-Angleterre et se retrouve dans un univers étrange peuplé de jeunes filles aussi séduisantes que dérangées, telle Lisa, une charmante sociopathe qui met au point avec elle une désastreuse tentative d’évasion. (Allociné)

Une vie volée

(Disponible sur Netflix)

Vu pour la première quand j’étais lycéenne, j’ai été ravie de voir ce film apparaître au catalogue Netflix. Une plongée dans l’aile des femmes d’un hôpital psychiatrique et un portrait de personnes brisées, fragilisées, paumées, qui, sans être juste des « folles », font écho aux névroses qui nous hantent tous et toutes. Elles ne sont pas présentées uniquement par le biais de leurs maladies, mais de façon humaine et réaliste.
Le parcours de Susanna est fort car elle est un personnage plus proche de nous (de moi, en tout cas) qu’une Lisa ou une Polly. On suit le labyrinthe de ses pensées entre présent et passé au fil des réminiscences et ses peurs, certaines des postures qu’elle se donne parfois, ses doutes se révèlent très parlants.
Angelina Jolie y est magnétique : j’avais été frappée par la force de son interprétation la première fois et, une nouvelle, le « charme » – jeu entre attirance et répulsion – a opéré. Son duo avec la plus discrète Susanna est captivant. Le reste du casting est à l’avenant : efficace, juste, intéressant.

S’il n’est pas parfait, Une vie volée est un film touchant sur l’amitié, sur les pertes de repères, sur le gouffre qui peut être plus près que ce que l’on croit.

***

Séries

  1. Il Miracolo, créée par Niccolò Ammaniti (2018, 1 saison, 8 épisodes)

Lors d’une descente dans la cachette d’un chef de mafia, la police découvre une statuette de Madone en plastique pleurant des larmes de sang. Ce phénomène semble inexplicable, d’autant que l’objet énigmatique entraîne tous ceux qui l’approchent dans une extase mystique et bouleverse leur vie. (Allociné)

Il Miracolo (affiche)

C’est grâce à Alberte que j’ai découvert cette série italienne. Je me suis longtemps (enfin, tout est relatif puisque la série ne comporte que huit épisodes) questionnée sur l’intrigue et la direction prise par la série, sur les personnages… avant de décider de me laisser porter puisque l’ambiance me plaisait bien. Une atmosphère pas bien joyeuse, il faut le reconnaître. Les personnages – la majorité d’entre eux – sont dérangeants, louches ou, au mieux, simplement agaçants. Les portraits ici proposés ne sont guère flatteurs : frustrations, jalousie, violences… bref, l’être humain dans toute sa splendeur.
C’est aussi un portrait de l’Italie dans lequel deux forces s’affrontent : la politique et la religion. La statuette bouleverse les convictions de chacun·e : aucun scientifique et aucun croyant ne reste de marbre devant ce miracle apparent. Des réactions diverses, parfois extrêmes, parfois indécises, mais passionnantes à observer.
Je n’ai pas grand-chose d’autre à en dire : c’est surtout une série aux images aussi belles que son scénario est sombre qui m’a fait éprouver une persistante sensation d’étrangeté et de mal-être.

  1. Poupée russe (VO : Russian Dolls), de Natasha Lyonne, Amy Poehler et Leslye Headland (2019, 1 saison, 8 épisodes)

Une femme prise au piège d’une mystérieuse boucle revit sans cesse une nuit de fête à l’issue de laquelle elle meurt… avant de se réveiller la veille, indemne. (Allociné)

Poupée russe (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Cette série est si brève – huit épisodes de 25 minutes environ – qu’il serait dommage de passer à côté. Même lorsque, comme moi, on regarde relativement peu de séries. Et je ne regrette pas ce choix, ne serait-ce pour Natasha Lyonne (que, contrairement à moi, vous aurez peut-être déjà vu dans Orange is the New Black) et son ébouriffante interprétation de Nadia.

A travers une histoire de boucles temporelles, Poupée russe aborde plein de questions sur la vie et la mort, le passé, les relations humaines, l’amitié… et d’autres choses dont je ne peux pas vous parler sans risque de spoiler. Le tout est servi par un scénario très juste et captivant et des dialogues tout aussi fins et bien écrits.
C’est intelligent et c’est aussi très drôle. Dure, la voix éraillée et le ton gouailleur d’une désabusée, Nadia n’a pas la langue dans sa poche et, caparaçonnée dans sa désinvolture, elle est irrésistible. On la découvre peu à peu dans toute son intelligence et sa complexité et c’est un superbe personnage, bourré de défauts et de qualités, réaliste et attachant, qui se dévoile au fil des épisodes. Ses tentatives pour survivre et la mort qui toujours la rattrape donnent lieu à des scènes plus cocasses que morbides.
Elle est rejointe par un autre prisonnier du temps, Alan, dont je vous laisse le plaisir de la découverte.

Une série bourrée d’humour interrogeant sur la vie et la mort (et on s’en pose des questions sur le pourquoi de ces boucles temporelles !), avec la petite touche morbide qui va bien, une réalisation impeccable (BO, lumières, personnages… rien à redire), bref, Poupée russe est un petit bijou qui se dévore en quelques heures. Ne passez pas à côté !

Qu’avez-vous vu ce mois-ci ? Des coups de cœur, des déceptions ?
Cinéma, Netflix ou autres, je prends tous les bons conseils !

La parenthèse 7ème art – Décembre 2018 et janvier 2019

Je sais, il n’y a plus aucune régularité dans ce rendez-vous. J’écris mes petites chroniques cinéma de temps à autre en laissant beaucoup de films de côté. Et franchement, je ne crois pas que cela va changer dans l’immédiat.

  1. Astérix : Le secret de la potion magique, d’Alexandre Astier et Louis Clichy (2018)

À la suite d’une chute lors de la cueillette du gui, le druide Panoramix décide qu’il est temps d’assurer l’avenir du village. Accompagné d’Astérix et Obélix, il entreprend de parcourir le monde gaulois à la recherche d’un jeune druide talentueux à qui transmettre le Secret de la Potion Magique. (Allociné)

Astérix et le secret de la potion magique (affiche)

Que dire de nouveau après ma chronique, à l’automne dernier, du Domaine des Dieux ? Pas grand-chose, il faut le reconnaître, cette critique sera donc aussi brève qu’élogieuse. En effet, si l’on retrouve les mêmes ingrédients, c’est toujours aussi sympathique à regarder. C’est drôle pour les enfants comme les adultes (tout le monde ne sera peut-être pas touché par la même chose, mais chacun devrait pouvoir y trouver son compte), les voix sont parfaites, les clins d’œil à la culture populaire – de Superman à, bien évidemment, Kaamelott – font mouche. Et comme le premier, c’est beau, c’est rond, c’est propre, c’est bien léché.
Plein de détails rappellent les BD : les attaques des Romains, les navires sans cesse coulés des pirates, les sangliers… Cependant, j’ai aimé l’idée d’en apprendre plus sur Panoramix, de découvrir son passé, de le voir s’interroger. Il n’est plus seulement le vieux sage qui prépare la potion magique et que l’on voit ici et là.
De plus, la question posée par cet opus inédit (basé sur aucune bande-dessinée) est loin d’être idiote : pourquoi ne pas partager la potion et bouter l’envahisseur romain hors de Gaule ? Même si la méthode Sulfurix n’est guère recommandable, la problématique mérite d’être posée. Et enfin, on a un vrai méchant, pas un nul ridicule, mais quelqu’un qui met vraiment des bâtons dans les roues à nos héros.
Qu’importe si l’on sait dès son apparition à l’écran qui connaîtra le secret de la potion magique, j’ai suivi avec grand plaisir les pérégrinations du druide, du guerrier et du tailleur de menhir. Et même si Sulfurix rappelle fort un certain mÔsieu Elias de Kelliwic’h, même si la voix de Serge Papagalli est telle qu’Abraracourcix s’efface derrière Guethenoc, les deux réalisateurs ont su donner vie aux personnages de la BD avec beaucoup un juste dosage d’humour et d’action !

  1. Cloud Atlas, de Lana et Lilly (alors créditée comme Andy) Wachowski et Tom Tykwer (2012)

A travers une histoire qui se déroule sur cinq siècles dans plusieurs espaces temps, des êtres se croisent et se retrouvent d’une vie à l’autre, naissant et renaissant successivement. Tandis que leurs décisions ont des conséquences sur leur parcours, dans le passé, le présent et l’avenir lointain, un tueur devient un héros et un seul acte de générosité suffit à entraîner des répercussions pendant plusieurs siècles et à provoquer une révolution. Tout, absolument tout, est lié. (Allociné)

Cloud Atlas (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Un film que j’avais envie de voir depuis sa sortie, que j’avais raté, qui m’avait par la suite souvent effrayée par sa longueur et que Netflix a finalement eu la bonne idée de proposer dans son catalogue. Bilan : une excellente surprise dont les presque trois heures ont filé à toute vitesse.
Il faut dire qu’avec un tel casting, il aurait fallu que le film soit particulièrement mauvais pour que je reste indifférente. Hugo Weaving, Jim Broadbent et Tom Hanks forment l’excellent trio de tête. Trois acteurs que j’adore, entourés d’Halle Berry, Bae Doona, Ben Whishaw, Susan Sarandon, Hugh Grant, etc. Tous et toutes jouent de multiples rôles. Déguisé·es, maquillé·es, ils et elles se transforment pour incarner leurs différentes identités à travers les siècles. Dans ce film où les hommes deviennent femmes, où les Européens deviennent Asiatiques, vice versa, j’ai pris plaisir à scruter les traits des différents personnages les plus grimés pour découvrir qui se cachait en dessous.
Ensuite, la thématique des vies successives m’a totalement embarquée. Un peu perplexe durant les premières minutes du film, le temps de comprendre qui est qui, qu’est-ce qui se passe, où sommes-nous (je ne savais absolument rien du film si ce n’est que je voulais le voir), je me suis laissée emportée par les événements qui se mettent rapidement en place (même si je ne refuserais pas de le voir une seconde fois, histoire d’appréhender le début du film en connaissance de cause). J’ai adoré me plonger dans toutes les époques, surtout les plus lointaines (que ce soit en direction du passé ou du futur) et le langage de Zachry et des siens me reste en tête depuis mon visionnage.
Au fil des siècles, de 1849 à 2321, les personnages sont confrontés aux mêmes questionnements : la liberté, le choix, l’intérêt personnel ou collectif, l’amour… Ainsi, en dépit des différences entre un marin du XIXe siècle et un survivant de 2321, en dépit des presque cinq cents ans qui les sépare, ce n’est qu’une histoire qui trouve ses racines dans un passé lointain mais malgré tout fondamental. Une lente évolution d’une même âme à travers les âges et les lieux.

Après ce film fleuve d’une richesse folle qui m’a fait voyager à travers une histoire fascinante, je serais à présent curieuse de découvrir le roman dont ce film est l’adaptation, Cartographie des nuages de David Mitchell. En attendant, je pense le revoir très bientôt tant ce fut une claque. C’est complexe, c’est beau, c’est dense, c’est un concentré de vie. Bref, j’adore.

  1. Delicatessen, de Jean-Pierre Jeunet et Marc Caro (1991)

La vie des étranges habitants d’un immeuble de banlieue qui se dresse dans un immense terrain vague et qui tous vont se fournir chez le boucher-charcutier, à l’enseigne « Delicatessen ». (Allociné)

Delicatessen (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Ce n’est pas la première fois que je visionne ce film qui me séduit pourtant à chaque fois comme si c’était le cas. Glauque et poétique à la fois, cette ambiance peut-être paradoxale à tout pour me séduire. Si le cadre global de l’histoire reste plutôt flou – les temps sont durs certes, mais que s’est-il passé exactement ? Mystère –, la vie de cet immeuble délabré et de ses habitants est présentée avec énormément de finesse.
Plus que l’histoire – drôle plus qu’effrayante, pleine de tendresse dans un monde brutal –, c’est l’esthétisme de ce film qui me reste à chaque fois en tête. L’univers présenté est absolument fascinant et imprégné de la personnalité des créateurs du film. Un soin presque maniaque est apporté aussi bien aux images, aux objets de décor et aux costumes, qu’aux bruits et musiques, proposant ainsi une cartographie sonore du bâtiment particulièrement détaillée. C’est tout simplement enchanteur alors même qu’une teinte jaune renforce cette atmosphère malsaine, délétère, comme de fin du monde.
La galerie de personnages qui traverse le film est totalement excentrique, avec des caractères et tics poussés à l’extrême, pour un résultat surprenant et captivant. A la tête de cette troupe, Jean-Claude Dreyfus excelle dans le rôle du boucher doucereux et amoral.

Suivez donc Louison, un attachant rêveur interprété par Dominique Pinon, et plongez dans les entrailles de ce film décalé, burlesque et original, je ne vois pas comment vous pourriez le regretter !

  1. Sur mes lèvres, de Jacques Audiard (2001)

 Carla Bhem, une jeune femme de 35 ans au physique plutôt moyen et qui porte des prothèses auditives, est secrétaire à la Sédim, une agence immobilière, mais elle est payée une misère et souffre d’un manque de considération de la part de ses employeurs. Son existence triste et solitaire va prendre une tournure différente avec l’arrivée dans la société de Paul Angéli, une nouvelle recrue de 25 ans, plutôt beau gosse, mais qui n’a aucune compétence dans la promotion immobilière. Celui-ci cherche à se réinsérer après avoir fait de la prison. Une histoire d’amour improbable, doublée de manipulation réciproque, va naître entre ces deux marginaux. (Allociné)

Sur mes lèvres (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Pioché au hasard sur Netflix, ce film a été une belle découverte. Emmanuelle Devos joue une Carla extrêmement convaincante que l’on prend rapidement en sympathie, à l’instar de son compagnon interprété par Vincent Cassel. Contrairement à ce que le résumé Netflix laissait entendre, le sujet du handicap n’est pas vraiment central. Oui, Carla entend très mal mais avec ses prothèses, elle n’est pas totalement isolée. Au contraire, avec sa maîtrise de la lecture sur les lèvres, bien loin de la pénaliser, cette particularité se transforme en atout.
Les personnages sont au centre de cette histoire qui est surtout un portrait de deux antagonismes qui vont se rencontrer, s’apprivoiser, s’apprécier et s’influencer mutuellement. On se lie avec ces deux cabossés de la vie et on se prend au jeu, notamment lors des passages légèrement crispants de la seconde moitié. Paroles mesurées, silences, le film laisse la place à leurs émotions, les laissant éclore lentement et nous incluant dans ces moments intimistes et pudiques.
L’histoire, la mise en scène, le jeu des acteurs, tout déborde de sensibilité. Résultat : un film efficace et complètement prenant.

  1. Crimson Peak, de Guillermo del Toro (2015)

Au début du siècle dernier, Edith Cushing, une jeune romancière en herbe, vit avec son père à Buffalo, dans l’État de New York. La jeune femme est hantée, au sens propre, par la mort de sa mère qui lui délivre un avertissement : « Prends garde à Crimson Peak ». Edith comprendra, trop tard, le sens de cette mise en garde.

Crimson Peak (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Je vous le dis tout de suite : le scénario ne recèle aucune surprise. Tout est couru d’avance et les « révélations » comme la fin peuvent être décelées bien avant cette dernière. Ce n’est donc pas pour l’histoire que l’on reste devant ce film jusqu’au bout.
En revanche, ce qui est plus fascinant, c’est l’univers victorien sombre et morbide, où les longues robes s’imbibent de sang, où des fantômes décharnés hantent les couloirs et les recoins, où les pièces délabrées murmurent d’abjects secrets. Superbement omniprésent, le décor – le manoir de Crimson Peak – est impressionnant : le lieu est encore habité par sa grandeur passée en dépit des éléments qui semblent se déchaîner contre lui comme pour réduire à néant ce théâtre d’indicibles événements. Les couleurs sont superbes : chaudes et pleines d’espoir en Amérique, elles deviennent glacées et désespérantes une fois de l’autre côté de la mer. Bref, c’est magnifique.
Une Jessica Chastain excellente, aussi séduisante que démente, et un Tom Hiddleston ambigu achève de transformer cette romance vénéneuse en un agréable moment de cinéma.

***

Séries

  1. Les désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire (VO : Lemony Snicket’s A Series of Unfortunate Events), créée par Daniel Handler, Mark Hudis et Barry Sonnenfeld (2017-2019, 3 saisons, 25 épisodes)

Le comte Olaf cherche par les plus vils moyens à dépouiller les trois orphelins Violette, Klaus et Prunille de leur héritage. Les enfants doivent se montrer plus malins que lui, mettre en échec ses plans tordus et le reconnaître sous ses pires déguisements, afin de découvrir la vérité sur le mystérieux décès de leurs parents. (Allociné)

Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire (série)

(Disponible sur Netflix)

J’ai déjà écrit une chronique relativement complète sur ce que je pensais de cette saga livresque et de la nouvelle série qui en a été tirée, mais à présent que la dernière saison est sortie, je ne peux m’empêcher de vous la conseiller une nouvelle fois.

Trois saisons, 25 épisodes, c’est vite regardé après tout, surtout face à une telle qualité. A y réfléchir, c’est rare qu’une série m’emballe à ce point du début à la fin (en même temps, je ne regarde pas beaucoup de séries, je vous l’accorde) : généralement, je trouve toujours quelque chose à redire. Là, mon enthousiasme ne retombe pas et je me suis sentie bien seule une fois le dernier épisode visionné.
L’histoire ? Fantastique. Délicieusement grinçante, sombre et drôle à la fois. Comme celle des livres, l’atmosphère de la série est à la fois tragique et colorée, poignante et hilarante, absurde et ridicule.
Le casting ? Impeccable. Olaf (Neil Patrick Harris) est fascinant et irrésistiblement attachant surtout lorsque la troisième saison nous dévoile enfin son humanité – un peu perdue certes –, ses faiblesses, ses doutes, ses désirs enfantins d’être aimé ; décidément, ce personnage aussi machiavélique que pathétique me touche terriblement. Le jeu des trois enfants/adolescents (Malina Weissman pour Violet, Louis Hynes pour Klaus et Presley Smith pour Sunny/Prunille) est sans reproche : s’ils sont tous les trois à la mesure de leur personnage, Sunny est tout simplement géniale et adorable d’un bout à l’autre de la série. Mais les acteurs et actrices sont parfait·es quelle que soit leur importance dans la série.
Les révélations ? Bel et bien présentes ! Celles et ceux qui ont lu les livres partageront sans doute ma frustration face aux nombreuses questions laissées sans réponse (« mais qu’y a-t-il dans ce foutu sucrier ?! ») et là, Daniel Handler alias Lemony Snicket nous fait le plaisir de nous révéler de nombreux détails. Non seulement sur le sucrier (mais est-ce la vérité ?…), mais aussi sur VFD : son passé s’éclaire, le schisme nous est expliqué grâce à des flash-backs totalement absents des livres. De la même façon que les actions des membres de la mystérieuse organisation (Jaquelyn Scieszka, Jacques et Kit Snicket, Larry…), que l’on suit parfois dans la série, nous étaient dans les livres aussi inconnues qu’elles l’étaient pour le trio.
Seul reproche : pourquoi le treizième livre a-t-il été adapté avec un épisode au lieu de deux, à l’instar des douze précédents ? pourquoi nous priver de cinquante minutes de plaisir ? (Non mais !)
La photographie ? Sublime. Les couleurs, les costumes (surtout les déguisements loufoques d’Olaf et les tenues « in » paraît-il d’Esmé), les décors, les accessoires… tout émerveille le regard. Trop de détails à observer, trop de belles scènes sur lesquelles on voudrait s’attarder, c’est une réussite.

Le générique – qui reste en tête – nous dit de regarder ailleurs, mais surtout n’en faites rien. Ce serait passer à côté d’une série tout simplement fabuleuse !

Et vous, qu’avez-vous vu de chouette ces derniers temps ?
Je mets souvent longtemps avant de voir les films, mais je suis toujours preneuse de bonnes recommandations, alors lâchez-vous !

La parenthèse 7ème art – Novembre 2018

La parenthèse 7ème art reviendrait-elle avec plus de régularité ? Peut-être… peut-être pas… L’avenir nous le dira, mais en tout cas, voilà quelques petites critiques !

  1. Les Animaux fantastiques 2 : Les Crimes de Grindelwald, de David Yates (2018)

1927, quelques mois après sa capture, le célèbre sorcier Gellert Grindelwald s’évade comme il l’avait promis et de façon spectaculaire. Réunissant de plus en plus de partisans, il est à l’origine d’attaque d’humains normaux par des sorciers et seul celui qu’il considérait autrefois comme un ami, Albus Dumbledore, semble capable de l’arrêter. Mais Dumbledore va devoir faire appel au seul sorcier ayant déjoué les plans de Grindelwald auparavant : son ancien élève Norbert Dragonneau. L’aventure qui les attend réunit Norbert avec Tina, Queenie et Jacob, mais cette mission va également tester la loyauté de chacun face aux nouveaux dangers qui se dressent sur leur chemin, dans un monde magique plus dangereux et divisé que jamais. (Allociné)

Les animaux fantastiques 2 (affiche)

Le film tant attendu en cette année 2018. Le film que je ne pouvais pas manquer au cinéma. Alors, verdict ?

J’ai envie de dire, en mode potterhead activé : c’était trop bien ! J’ai passé un excellent moment, j’ai été transportée du début à la fin. Retrouver des personnages adorés, en découvrir d’autres, se faire surprendre par quelques révélations (notamment concernant un certain serpent bien connu), s’émerveiller devant de nouvelles créatures, visiter de nouveaux lieux magiques et visiter un autre Paris, s’étonner devant de nouvelles formes de magie… J’appréhendais Johnny Depp en Grindelwald car je n’étais pas du tout convaincue à la fin du premier opus et finalement, j’étais tellement enthousiaste que je suis passée outre ; quant à Jude Law en Dumbledore, rien à redire ! Ajoutons que le film est juste sublime : les décors, les costumes, les lumières, le design des créatures, les personnages, tout est magnifique. Donc c’était un moment merveilleux, magique, et j’ai adoré chaque seconde passée au cinéma.

Si j’éteins le mode fan, même si je trouve toujours le film passionnant, je ne le trouve pas parfait pour autant. Loin de là. Disons que je trouve qu’il y a beaucoup beaucoup beaucoup de choses dans ce film, trop de choses. Car, si le résultat est totalement entraînant, il semble survoler beaucoup d’éléments. En fait, j’ai un peu l’impression que chaque lieu (le Ministère de la magie français, le monde magique français…) et chaque personnage ne sont pas assez exploités. (Je pense par exemple à un certain personnage évoqué dans le premier tome d’Harry Potter qui finalement n’apporte rien si ce n’est que c’était l’occasion ou jamais de faire un petit coucou, mais c’est valable pour tous : Leta, Tina, Nagini, Credence, etc.) (Je trouve aussi que s’ils passaient moins de temps à développer mille romances pour que tout le monde soit en couple, on gagnerait du temps…) Attention, je ne dis pas la multiplicité des intrigues me déplaît ! J’aime l’idée d’un film riche, dense, avec de nombreuses pistes, sujets, personnages, etc. Je regrette uniquement la superficialité – pas très surprenante, j’ai souvent ce ressenti avec les films – que cela peut donner à certains aspects du film, du fait qu’il ne dure que 2h15.

Quant à la « révélation finale » que je commençais à voir venir au fil du film mais je me disais « non, ils ne vont pas oser ! », je ne sais qu’en penser. Je suis sortie du cinéma en pensant « mouais… c’est un peu gros quand même, où elle va, là, J.K. Rowling ? ». A chaud, j’étais donc très dubitative. Maintenant, je me dis qu’un cliffhanger sert à attiser notre curiosité, à surprendre, donc j’attends impatiemment d’en savoir plus ! Je sais que diverses théories fleurissent déjà sur la toile, mais tout ce que j’espère, c’est que la suite restera cohérente avec les livres Harry Potter, mais je fais confiance à J.K. Rowling et suis curieuse de voir ce qu’elle nous réserve pour la suite !
D’ailleurs, plus je lis et j’entends de critiques négatives, plus j’ai envie d’apprécier et de défendre ce film. Je comprends que l’on puisse aimer ou pas, que l’on ait envie de critiquer certains points (je le fais aussi), mais parfois, je trouve que les griefs sont avancés de façon très péremptoire surtout concernant la fin : il reste trois films à venir et, même si elle a peut-être eu les yeux plus gros que le ventre, J.K. Rowling a encore le temps de nous étonner et de nous expliquer plein de choses ! Et si on laissait une chance à celle qui a su indescriptiblement nous émerveiller avec Harry Potter ?

Cependant, malgré mes reproches, c’est vraiment un sentiment positif qui ressort, je suis totalement enthousiaste et ravie, ne vous y trompez pas ! Ce n’est pas un film parfait, ce n’est pas un grand film, mais c’est un film fantastiquement divertissant avec des personnages fascinants (bien que trop superficiels) et servi par une esthétique splendide et irréprochable. De plus, j’ai beaucoup aimé certaines thématiques abordées ou certaines directions empruntées par certain·es d’entre eux/elles. Après, je suis très très très curieuse de découvrir les films suivants : n’oublions pas que nous ne sommes qu’en 1927 et que Dumbledore vaincra Grindelwald en 1945, il risque de s’en passer des choses !

 Blackkklansman : j’ai infiltré le Ku Klux Klan, de Spike Lee (2018)

 Au début des années 70, au plus fort de la lutte pour les droits civiques, plusieurs émeutes raciales éclatent dans les grandes villes des États-Unis. Ron Stallworth devient le premier officier Noir américain du Colorado Springs Police Department, mais son arrivée est accueillie avec scepticisme, voire avec une franche hostilité, par les agents les moins gradés du commissariat. Prenant son courage à deux mains, Stallworth va tenter de faire bouger les lignes et, peut-être, de laisser une trace dans l’histoire. Il se fixe alors une mission des plus périlleuses : infiltrer le Ku Klux Klan pour en dénoncer les exactions. (Allociné)

Blackklansman (affiche)

Blackkklansman est un film à la fois intelligent et divertissant. Spike Lee trace un portrait très humain de tous les protagonistes, qu’ils soient flics ou membre de « l’organisation ». Il présente ces derniers comme franchement flippants, sans les caractériser tout de go comme des monstres. La haine qui les habite se dessine progressivement derrière les sourires et les franches poignées de mains. Deux discours cohabitent : le discours officiel, qui n’étale pas sa haine au grand jour, qui prône l’Amérique d’abord (tiens tiens…), c’est-à-dire pour ces gens les Etats-Unis des WASP, les Blancs anglo-saxons protestants, et un discours horriblement violent qui se déploie entre initiés, si possible dans les caves aux murs recouverts d’armes.
Les deux policiers principaux, à savoir Ron et sa doublure blanche pour les rencontres en chair et en os, Flip, sont magnifiquement interprétés par John David Washington et Adam Driver. J’ai beaucoup aimé les tiraillements que connaissent les personnages, plongés dans une situation inédite. Ron, entre les conversations téléphoniques avec le Ku Klux Klan et sa relation avec Patrice, une militante pour les droits civiques, découvre que son statut de policier apparaît aux yeux des autres comme incompatible avec celui de Noir pour l’égalité. Flip renoue avec son identité juive (que le Klan méprise presque autant que les Noirs) qu’il croyait très loin de lui. Bref, un discours intéressant sur l’identité, les communautés et les rêves personnels.
Je ne suis pas une experte sur ces sujets, donc je ne peux totalement juger de la justesse de ce film, mais de mon point de vue plein d’ignorance, je trouve qu’il s’agit d’un film aussi important qu’intéressant, surtout accolé – comme Spike Lee l’a fait – aux images des manifestations de Charlottesville aux Etats-Unis. Un  bon film porté par une incroyable histoire vraie, d’excellents acteurs et une mise en scène soignée. Un film qui fait, d’une manière assez effrayante, écho à l’actualité.

Il est tout de même difficile de chroniquer ce genre de films. En tant que femme blanche, je ne me sens pas très à ma place. Si j’ai été capable de parler un peu de Blackkklansman, je ne me risquerais pas à chroniquer Mississippi Burning que j’ai vu peu après. Car l’aspect humoristique et divertissant passe à l’as dans ce film grave et terrible. J’ai été révoltée par ce qui est montré, révoltée que l’on puisse agir ainsi (et accessoirement révoltée que ce soit l’attaque du Blanche par le Klan qui met finalement un coup de pied aux fesses du FBI et non les multiples agressions de Noir·es…), c’est une haine d’une telle ampleur qu’elle me dépasse totalement.

  1. The Full Monty, de Peter Cattaneo (1997)

Aujourd’hui, Sheffield, qui fut l’orgueil du Yorkshire et le joyau de l’Angleterre, est une ville sinistrée. Le chômage y règne en maître et les hommes désœuvrés errent dans les rues en quête d’illusoires petits boulots. La venue de la troupe des Chippendales, qui, lors de leur spectacle, provoqua un véritable délire chez les spectatrices, va donner des idées à Gaz et ses copains. Si les femmes de Sheffield craquent pour des éphèbes anabolisés, que penseront-elles de vrais hommes, prêts à aller jusqu’au bout en s’exhibant entièrement nus ? (Allociné)

The Full Monty (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Une très sympathique comédie britannique. Une industrie au ralenti, du chômage pour tout le monde, on se croirait dans un film de Ken Loach. Sauf que, mené par un Robert Carlyle en forme, la bande de copains désespérés de voir leur vie leur échapper va se lancer dans le pari fou de passer outre leur âge, leur maigreur, leur embonpoint, leurs complexes physiques et le regard des gens pour proposer un spectacle auquel le voisinage est peu accoutumé. Pour une fois, ce sont les hommes qui complexent et qui se mettent à la place des femmes, comme dans cette scène où l’un d’entre eux fait remarquer à un autre qui vient de juger la poitrine d’une femme qu’il espère que ces dernières auront davantage de respect pour leurs corps à eux. De plus, on sent le poids que cette société met sur leurs épaules. Dans ce milieu ouvrier, un homme qui ne travaille pas ne semble pas très acceptable, surtout quand leurs femmes travaillent. Ainsi, Gerald n’ose pas avouer son licenciement à sa femme et, mois après mois, s’enfonce dans un mensonge ruineux puisque sa femme continue logiquement à dépenser comme avant.
Bourré d’humour, ce n’est donc pas un film qui laisse la tendresse de côté. Ces hommes émeuvent surtout lorsqu’ils entrouvrent l’armure de virilité dont ils se sont longtemps enveloppés. Malin, étonnant, réjouissant, entraînant.

  1. Astérix : Le domaine des dieux, d’Alexandre Astier et Louis Clichy (2014)

Nous sommes en 50 avant Jésus-Christ ; toute la Gaule est occupée par les Romains… Toute ? Non ! Car un village peuplé d’irréductibles Gaulois résiste encore et toujours à l’envahisseur. Exaspéré par la situation, Jules César décide de changer de tactique : puisque ses armées sont incapables de s’imposer par la force, c’est la civilisation romaine elle-même qui saura séduire ces barbares Gaulois. Il fait donc construire à côté du village un domaine résidentiel luxueux destiné à des propriétaires romains : « Le Domaine des Dieux ». Nos amis gaulois résisteront-ils à l’appât du gain et au confort romain ? Leur village deviendra-t-il une simple attraction touristique ? Astérix et Obélix vont tout faire pour contrecarrer les plans de César. (Allociné)

Astérix Le Domaine des dieux (affiche)

A l’heure où sort Le Secret de la Potion magique, le second film Astérix du duo Astier-Clichy, je découvre leur premier opus. Les adaptations d’Astérix en films d’animation des BD ne m’avaient jusque-là jamais enthousiasmée (pour être honnête, je les trouvais très laides et je n’ai jamais eu le courage de tenir plus de quelques minutes). Cette fois, ce fut un excellent moment !
Dire que les fans de Kaamelott ne seront pas dépaysés est un euphémisme. En tant qu’inconditionnelle de la série, je n’ai pas pu m’empêcher d’y songer tout du long. Outre un casting de voix qui titille agréablement nos oreilles – Alexandre Astier, Serge Papagalli, Lionnel Astier, Franck Petiot, Joëlle Sévilla, Brice Fournier… ainsi que ceux qui ont fait des apparitions dans la série tels que Alain Chabat ou Elie Semoun –, on retrouve également le ton de Kaamelott. Les nuls qui ne comprennent rien à rien, les réclamations des subordonnés, les engueulades, la tendresse… Pas de doute, Astier sait parler à notre cœur.
Même si je ne suis pas une experte dans les BD (donc je ne comparerai pas les deux scénarios), je pense que le film parlera aussi aux adeptes des aventures d’Astérix et Obélix. L’humour Astier se double de l’humour des BD pour un long métrage souvent très drôle et l’on retrouvera les inévitables disputes entre Ordralfabétix et Cétautomatix ou le dévastateur chant d’Assurancetourix.
Ajoutons, puisque c’était l’un de mes griefs contre les autres dessins animés qui me sont passés sous le nez, que l’animation est très réussie. C’est doux, c’est chaleureux, c’est beau.  Les personnages sont expressifs et nous touchent aussi bien que s’ils étaient de chair et d’os.
L’histoire en elle-même fonctionne bien. Très énergique, elle interroge sur la mondialisation, l’attrait de la modernité et du confort, l’écologie, tout en mettant en place une sympathique amitié entre les Gaulois et une famille romaine.
Un humour brillamment simple et subtil à la fois qui fait mouche, une pincée d’anachronisme, quelques références culturelles (Le Seigneur des Anneaux, King Kong, Ratatouille, etc.), des personnages inoubliables que l’on retrouve avec une pointe de nostalgie, beaucoup de dynamisme = un film d’animation très réussi, un super moment de cinéma, une immense surprise et beaucoup de plaisir !

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Séries

  1. The Haunting of Hill House, créée par Mike Flanagan (2018, 1 saison, 10 épisodes)

Plusieurs frères et sœurs qui, enfants, ont grandi dans la demeure qui allait devenir la maison hantée la plus célèbre des États-Unis sont contraints de se retrouver pour faire face à cette tragédie ensemble. La famille doit enfin affronter les fantômes de son passé, dont certains sont encore bien présents dans leurs esprits alors que d’autres continuent de traquer Hill House. (Allociné)

The Haunting of Hill House (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Quand on me dit « épouvante-horreur », je ne suis pas forcément hyper motivée dans le visionnage, mais là, quelque chose me tentait bien. Peut-être les aperçus de l’esthétique de la série que j’avais pu avoir à droite à gauche. Quoi qu’il en soit, me voilà partie pour Hill House.
Surprise, après un premier épisode toute tendue par peur d’avoir peur, je me suis aperçue que ce n’était nullement justifié. Bonheur, la série n’abuse pas des jump scare et autres grosses ficelles pour faire sursauter (j’ai donc pu boire mes immenses tasses de thé sans m’en renverser dessus toutes les deux minutes). Je me suis alors détendue, ce qui m’a valu une bonne grosse surprise lors d’une apparition à laquelle je ne m’attendais absolument pas. Plus que des sursauts, le côté épouvante de la série a surtout déclenchée deux ou trois vagues de frayeur à travers mon corps. Je ne suis pas amatrice des films d’horreur, mais quand c’est si bien dosé, j’avoue que c’en est paradoxalement agréable.

Mais alors, si la peur, l’horreur et la terreur ne sont pas le noyau dur de cette série, qu’est-ce que c’est ? Les personnages. La famille Crain. Si tout se passe bien, vous ne voudrez plus les quitter. On apprend à les connaître chacun leur tour, on les voit à travers les yeux de leurs frères et sœurs, on les découvre enfants et on les retrouve adulte. Passé et présent s’entremêlent pour nous offrir un tableau complet de cette famille. J’avoue que j’ai eu un gros coup de cœur pour Theo, Luke et Nell. Concernant Theo, j’ai été bluffée par Mckenna Grace et son regard noir dont émane un incroyable charisme : cette jeune actrice me renverse à chaque fois que je la retrouve (elle m’avait déjà impressionnée dans Mary et I, Tonya).
En fait, il n’y a rien à redire sur cette série. La réalisation est fantastique, on a les avantages de la série qui permettent de développer les personnages de manière bien plus riche qu’un film sans l’inconvénient d’une série qui traîne en longueur sur moult saisons. Servie par une image très belle, l’atmosphère trouble, tordue, névrosée est autant dû aux fantômes qui hantent la maison qu’aux démons qui obsèdent les différents protagonistes. Ceux-ci sont merveilleusement interprétés, que l’on parle des adultes ou des enfants.

Je ne m’attendais à rien de spécial en commençant mon visionnage, ce fut donc un véritable choc. Un véritable coup de cœur que cette mini-série absolument parfaite qui mélange très justement émotions, psychologie et une petite pincée d’épouvante.

Et vous, qu’avez-vous regardé ce mois-ci ?

C’est le 1er, je balance tout ! # 22 – Octobre 2018 (& une inattendue Parenthèse 7ème art)

c-est-le-1er-je-balance-tout-banniere-bicolore-sapinRimant avec « C’est lundi, que lisez-vous ? », ce sympathique rendez-vous a été initié par Lupiot du blog Allez vous faire lire. Il permet de revenir sur le mois écoulé à travers quatre points :

  • Le Top et le Flop de ce que l’on a lu le mois dernier ;
  • Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier ;
  • Un lien adoré le mois dernier (hors chronique littéraire) ;
  • Ce que l’on a fait de mieux le mois dernier.

***

  1. Le Top et le Flop de ce que j’ai lu le mois dernier.

 

 

Côté Top… Littérairement productif et agréable, ce mois d’octobre. Passionnante relecture des Rois maudits, de Maurice Druon, fantastique plongée dans le monde de Tolkien avec Le Silmarillion, déstabilisante découverte avec Way Inn, de Will Wiles, moment paradoxalement brutal et cocooning avec L’habitude des bêtes, de Lise Tremblay… Mais comme ces livres ont été ou seront chroniqués, je vais plutôt vous parler de la saga Malaussène, de Daniel Pennac, achevée avec Des chrétiens et des Maures et Aux fruits de la passion.

J’avais déjà lu le premier tome, mais je n’en avais que peu de souvenirs quand j’ai entamé cette lecture de toute la saga en août 2017. Chaque tome fut un délice, un régal, un véritable enchantement littéraire. Quelle plongée dans cet univers bellevillois qui serait parfaitement crédible s’il n’était cette touche de folie qui saupoudre ces histoires !
Histoires terribles où les homicides sont légion, enquêtes policières, et pourtant, ce qu’il m’en restera, c’est l’humour. L’humour optimiste, l’humour cynique, l’humour farfelu, l’humour né des situations, des malentendus, des personnages, l’humour qui imprègne les pages de ces six romans. Cet esprit drolatique, spirituel et fantaisiste… et l’écriture.
Pennac joue avec les mots, les niveaux de langage, les images, les dialogues, les descriptions, dans un grand mélange hétéroclite à l’instar de la société cosmopolite accueillie par le quartier parisien de Belleville. A chaque tome, je suis restée baba tellement c’est bien écrit. C’est savoureux, mais ce n’est jamais pédant. C’est la prose foisonnante et colorée du conteur, de quelqu’un qui a pris plaisir à écrire ces histoires et à les partager. C’est de l’excellente littérature et c’est de la littérature partage qui, je pense, peut happer aussi bien les grands lecteurs que ceux que la lecture effraie ou rebute un peu.
Les histoires, menées d’une main de maître, captivent ; le rythme dynamique embarque et ne lâche plus sa proie avant la dernière page ; les personnages attendrissent (même si la chronique du blog Les Cheesecakes de Dolores m’a fait réfléchir un peu à la place des femmes de la famille Malaussène, j’avoue que ma lecture n’en a pas été heurtée) ; bref, laissez une chance à cette étrange famille de vous emmener dans son univers chaotique mais chaleureusement familier.

Côté Flop… C’est sans aucun doute Les Morts, de Christian Kracht qui remportent la palme de l’ennui. Ce n’est même pas que j’ai détesté ce roman, c’est qu’il ne m’a inspiré que le néant. J’ai cependant déjà eu suffisamment de mal à écrire ma chronique, je ne vais pas recommencer ici…
Les Chimères de la Mort, d’Eric Simard a également été une déception. Eric Simard, c’est l’auteur de ce fabuleux petit texte intitulé L’enfaon, si beau, si doux, si juste. Ce roman-là triple le nombre de pages et pourtant je l’ai trouvé plus superficiel. Les thèmes, les événements, les personnages, tout est jeté, à peine creusé. Le personnage principal est tout simplement imbuvable et son enfance difficile ne peut tout excuser. Bref, j’en attendais davantage.

Côté challenges…

  • Tournoi des trois sorciers : 260 + 550, soit 810 points pour Poudlard
  • Les Irréguliers de Baker Street : + 1, soit 41/60 ;
  • Les 4 éléments : + 0, soit 13/20 ;
  • Voix d’autrices : + 0, soit 24/50.

***

  1. Une chronique d’ailleurs lue le mois dernier.

Octobre, c’est le mois qui signe le retour du blog Allez vous faire lire ! Je n’y croyais plus, mais si, ça y est, Lupiot et sa team sont de retour. Même si je ne partage pas à 100% l’opinion extatique de Lupiot face à La Belle Sauvage (son avismon avis), la qualité inaltérée de leurs articles est un vrai bonheur ! Lupiot ayant daigné nous informer de ses coups de cœur 2017 (oui oui, 2017), je vous conseille mille fois cette liste terriblement alléchante. En ce qui me concerne, j’ai envie de tout lire.

Dans la catégorie « blogueuses qui se font rares », j’appelle la Récolteuse de mots à la barre ! Son article sur Une bouche sans personne de Gilles Marchand a été une totale découverte (je n’en avais pas entendu parler avant, je n’en ai jamais entendu parler après) et un enchantement. On sent toute sa tendresse pour ce livre, à quel point elle l’a adoré, à quel point il l’a touchée, et ça donne envie de lire ce livre, de lire les autres livres du monsieur, de lire des livres et d’avoir des coups de cœur, bref, c’est une super chronique.

***

  1. Un lien que j’ai adoré le mois dernier (hors critique littéraire).

Le Joli m’a fait découvrir Eddy de Pretto (je ne sais même pas s’il est connu, je suis une quiche en musique, j’en écoute peu et je ne connais pas grand-chose d’actuel…) et, même si je suis une feignasse et je n’ai pas encore écouté plus de deux chansons, j’aime beaucoup ce que j’en ai entendu. En tout cas, il chante des opinions que je partage et ses textes me parlent (homophobie, identité, virilité, liberté, tolérance…). Je suis curieuse d’en écouter plus (il faut juste que j’y pense). Merci pour la découverte !

***

  1. Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier.

J’ai beaucoup lu, j’ai bu beaucoup de thé sous mon plaid tout doux, j’ai mangé des châtaignes en écoutant le feu craquer et j’ai fait de la compote moi-même.
Voilà.
C’est l’automne.

Et vous ? Que faites-vous alors que l’automne commence enfin à montrer son nez ?

***

 BONUS : Parenthèse 7e art

 En ce moment, je n’arrive pas à me motiver pour écrire des critiques cinéma. Même pour des films que j’ai aimé comme Les Evadés, non, ça ne vient pas. J’ai donc quelques rares chroniques qui traînent depuis le mois d’août, attendant que je me décide à étoffer cet article maigrelet. Comme ça n’a pas l’air d’être pour tout de suite (et que je n’ai pas grand-chose non plus à vous faire découvrir sur la toile), je vous les offre ici maintenant tout de suite. Et peut-être que les parenthèses 7e art finiront par revenir plus régulièrement.

  1. Haute Couture (VO : The Dressmaker), de Jocelyn Moorhouse (2016)

Alors qu’elle est encore une enfant, Tilly quitte l’Australie profonde à la poursuite de sa passion : la mode. Vingt ans plus tard, après avoir voyagé aux quatre coins du monde, elle revient dans sa ville natale. Les choses ont depuis bien changé : sa mère ne la reconnaît presque plus, les habitants se méfient d’elle, et son compagnon de jeu d’antan, Teddy, est devenu un homme… Entre secrets, amour, et haute couture, la vie du village va se retrouver bouleversée par le retour de Tilly. (Allociné)

Haute Couture (affiche)

(Disponible sur Netflix)

En réalité, je trouve ce résumé quelque peu erroné. Les choses n’ont pas tant changé dans sa ville natale tant l’atmosphère y a toujours été malsaine et délétère. On découvre peu à peu, à coup de flashbacks, l’enfance de Tilly, souffre-douleur de la brute de l’école (et donc de tous les autres élèves), méprisée par les adultes pour n’avoir pas de père – méprisée et jugée, sa mère l’est aussi pour avoir « fauté ». Elle revient en quête de réponses, de souvenirs effacés à propos d’un sujet dont je ne dirai mot.
Sauf que Tilly – interprétée par Kate Winslet, juste parfaite comme toujours (comme dans tous les films où je l’ai vue en tout cas) – est devenue forte. Elle n’est plus l’enfant qu’on pouvait brimer et insulter. Elle est devenue une femme splendide, intelligente, cultivée, ayant parcouru le monde. Elle a vécu, vu plus de lieux, rencontré plus de monde que ne pourraient en rêver les habitants de cette bourgade australienne… et revient en divinité vengeresse.
Elle peut compter sur le soutien de Teddy (Liam Hemsworth) dont la famille est également mise à l’écart et moquée à cause du handicap mental de son jeune frère. Beau, gentil, séduisant, bref, je n’ai pas grand-chose à dire de Teddy qui semble avant tout là pour le côté romantique un peu lassant mais tellement attendu. Cependant, elle compte parmi ses appuis – bien que peu solide parfois – le Sergent Farrat joué par Hugo Weaving, touche de douceur parmi tout ce mépris ambiant, zeste de folie au milieu de la bien-pensance. Celui-ci est porté par un amour immodéré de la mode et des tissus et l’arrivée de Tilly est synonyme pour lui de nouvelles extases. J’avoue que cet acteur est de ceux qui me mettent dans de bonnes dispositions envers leur personnage et envers le film. Capable de passer de l’agent Smith au Sergent Farrat, du sage Elrond à Mitzi dans Priscilla, folle du désert, j’adore.

Porté par une très belle photographie – éclatante pour les années 1950 avec sa lumière sur le désert, ses robes colorées qui se détachent de la poussière de la route, plus sombre mais léchée pour les flashbacks –, Haute Couture est une histoire dont je n’attendais pas grand-chose et qui m’a bien surprise. La tonalité du film oscille entre drame et comédie, mélange subtil et réussi à mon goût. Des envies de vengeance, une relation mère-fille parfois compliquée mais néanmoins étonnamment tendre (diantre ! je n’ai pas parlé de Judy Davis, époustouflante dans son rôle de mère cassante et parfois insupportable), un peu thriller, un portrait au vitriol d’un village, le tout saupoudré de haute couture, sujet qui ne me passionne pas vraiment mais qui sait décidément me toucher au cinéma (à l’instar de Phantom Thread en début d’année)

  1. Place Publique, d’Agnès Jaoui (2018)

Castro, autrefois star du petit écran, est à présent un animateur sur le déclin. Aujourd’hui, son chauffeur, Manu, le conduit à la pendaison de crémaillère de sa productrice et amie de longue date, Nathalie, qui a emménagé dans une belle maison près de Paris. Hélène, sœur de Nathalie et ex-femme de Castro, est elle aussi invitée. Quand ils étaient jeunes, ils partageaient les mêmes idéaux mais le succès a converti Castro au pragmatisme (ou plutôt au cynisme) tandis qu’Hélène est restée fidèle à ses convictions. Leur fille, Nina, qui a écrit un livre librement inspiré de la vie de ses parents, se joint à eux.Alors que Castro assiste, impuissant, à la chute inexorable de son audimat, Hélène tente désespérément d’imposer dans son émission une réfugiée afghane. Pendant ce temps, la fête bat son plein. (Allociné)

Place Publique (affiche)

J’aime beaucoup Jean-Pierre Bacri et j’aime beaucoup Agnès Jaoui (bien que je réalise que je n’ai pas vu grand-chose de ou avec elle, si ce n’est que je l’ai adorée dans Aurore de Blandine Lenoir), mais je n’avais encore jamais vu de film Jaoui/Bacri. Je répare ça avec leur dernier bébé en date et… je suis quelque peu déçue.
Pourtant, j’aime les films qui dessinent la société, où il ne se passe rien de plus que la vie avec ses échecs et ses réussites. Le film trace des portraits certes caricaturaux mais que l’on reconnaîtra tout de même : la star sur le déclin, la Parisienne à la campagne, l’idéaliste, l’addict aux selfies, le choc culturel avec les paysans du coin… Un discours plutôt pessimiste sur la nature humaine auquel j’adhère totalement. Les dialogues sonnent juste, l’écriture est fine, rien à dire de ce côté-là.
Toutefois, je crois que j’en attendais davantage. Ça ne décolle pas vraiment, la mise en scène est très classique et prévisible, l’humour n’a que moyennement fonctionné (pourtant, le cynisme me parle beaucoup d’ordinaire). Je pensais sans doute aller plus loin dans la critique sociétale, ou dans l’exploration des différentes personnalités. Ou n’ai-je pas adhéré à cette société du spectacle et de la célébrité ? Ou est-ce un message un peu trop appuyé qui m’a lassée ?

Un film bien construit, aux propos pertinents, mais qui me laisse sur ma faim. Je ne laisse cependant pas tomber l’affaire et ai bien l’intention de découvrir les anciens films du duo.

  1. Larguées, d’Eloïse Lang (2018)

Rose et Alice sont deux sœurs très différentes. Rose est libre et rock’n’roll. Alice est rangée et responsable. Elles ne sont d’accord sur rien, à part sur l’urgence de remonter le moral de Françoise, leur mère, fraîchement larguée par leur père pour une femme beaucoup plus jeune. La mission qu’elles se sont donnée est simple « sauver maman » et le cadre des opérations bien défini : un club de vacances sur l’Ile de la Réunion. (Allociné)

Larguées (affiche)

Avec les daubes qui fleurissent chaque été, j’avoue que le label « comédie française » ne me vend pas du rêve. Aussi, il serait dommage de ne pas parler de celles qui relèvent un peu le niveau.
C’est Camille Cottin qui m’a attirée vers ce film (et la critique de La Moustache). Si j’ai deux-trois trucs à redire sur la saison 2 de Dix pour cent, j’avais particulièrement aimé sa prestation. Dans Larguées, Camille Cottin mène la danse, aussi bien dans l’histoire qu’au niveau des actrices et acteurs. Elle y est particulièrement attachante et m’a souvent fait sourire. Face à elle, Camille Chamoux s’en sort haut la main dans son rôle, moins sympathique, de mère et d’épouse qui se veulent modèles. Les deux sœurs n’ont pas grand-chose en commun et les disputes et répliques un peu vaches seront forcément au programme. Rien à dire sur Miou-Miou que son rôle rend un peu trop effacée pour être réellement commentée.
Le film n’est pas exempt de clichés, loin de là, mais j’ai trouvé que la réalisatrice évitait agréablement les lourdes et pesantes caricatures trop souvent présentées dans ce type de film. Elle offre à ses actrices comme à ses acteurs – à la plupart en tout cas – des personnages humains, drôles et touchants.
Une comédie agréable, dynamique et pleine de fraîcheur, entraînée par la fougue et l’insouciance de Camille Cottin. Pas inoubliable, mais un bon moment quand même !
(Par contre… les clubs de vacances, ce n’est vraiment pas mon truc…) 

Séries

  1. Dollhouse, créée par Joss Whedon (2009-2010, 2 saisons, 26 épisodes)

Au sein d’un programme top secret, des hommes et des femmes sont programmés pour remplir des missions spécifiques. Ces dernières peuvent être d’ordre romantique ou physique mais aussi les faire entrer dans l’illégalité. Pour qu’ils remplissent à bien leurs différents contrats, on leur programme à chaque fois une nouvelle personnalité, des capacités et des mémoires différentes. Après chaque mission, leurs souvenirs sont effacés et ils retournent au laboratoire secret nommé Dollhouse. Dans cet étrange univers, Echo, une jeune doll, voit ses souvenirs refaire peu à peu surface. (Allociné)

Dollhouse (photo)

Dollhouse n’est pas une série récente, mais j’ai beau l’avoir vu deux ou trois fois maintenant, je la trouve toujours aussi plaisante à voir. Elle n’est pas sans rappeler Orphan Black par son côté futuriste bien que se déroulant à notre époque (et à l’insu de la plupart des gens) et par ses intrigues conspirationnistes.
Même si l’on se rend compte dès le début qu’Echo est spéciale et que ses souvenirs ne sont pas aussi bien effacés qu’il le devrait, il faut laisser passer les premiers épisodes avant de voir la série s’approfondir et gagner en intérêt (je peux concevoir que les cinq-six premiers épisodes peuvent sembler un peu répétitif). Toutefois, à mon goût, elle mérite qu’on s’y attarde. Elle réussit toujours à surprendre et il n’est pas rare qu’elle joue avec ce que l’on croit savoir pour mieux nous surprendre par la suite.
La seconde saison remonte encore le niveau en proposant des épisodes à la fois tendus et intelligents. La Dollhouse – lieu dérangeant, « poupées » volontaires ou trafic humain ? –, le personnage d’Echo qui devient une vraie personne et non plus une coquille vide… tout cela pose des questions d’ordre éthique, des questions sur l’identité et ce qui fait l’être humain.
La série est brève – deux saisons, vingt-six épisodes – et pourtant, elle ne laisse aucun goût d’inachevé. Joss Whedon et les scénaristes parviennent à combiner concision et précision. Les informations sur les personnages sont suffisamment complètes et intéressantes pour leur offrir une vraie profondeur psychologique tandis que les événements se déroulent avec juste le rythme nécessaire. J’ai beaucoup aimé la fin, inattendue, qui creuse le sujet et développe les conséquences des actes d’Echo.

La plupart des personnages de cette série qui laisse une belle place aux femmes comme aux hommes sont attachants. Même si je ne trouve pas son jeu d’actrice absolument renversant, il y a évidemment Echo (Eliza Dushku) que l’on voit « grandir » – terme surprenant peut-être puisqu’elle est adulte, mais c’est pourtant ce qu’elle fait : apprendre de son passé, s’améliorer, prendre des décisions… Toutefois j’avoue avoir un faible pour Topher (Fran Kranz), le scientifique de la Dollhouse. Ce génie prétentieux doublé d’un enfant gâté et immature est poussé dans ces retranchements, notamment dans la deuxième saison, et fait également partie des personnages qui changent le plus, même s’il y a quelque chose de tragique et de poignant dans son évolution. Mais il y a aussi le touchant duo Sierra-Victor (Dichen Lachman et Enver Gjokaj) qui se retrouvent toujours quelle que soit l’identité qu’on leur imprime (ou l’absence d’identité), la glaciale et imperturbable Adelle DeWitt (Olivia Williams), la directrice solitaire de la Dollhouse.

Une série intelligente, proposant un juste mélange d’action et de réflexion, qui met en scène des personnages qui ne m’ont pas laissée indifférente. Apparemment, c’est loin d’être une série qui fait l’unanimité (mais en existe-t-il réellement ?), mais en ce qui me concerne, je la trouve très réussie.

Tag Sunshine Blogger Award x 2 !

Sunshine Blogger Award

J’ai été taguée par la Récolteuse de Mots il y a un moment et ça n’a pas été facile de répondre !

Les trois règles du jeu :

  • Insérer le logo du tag : il y en a plusieurs, mais quand on a la flemme, on pique celui de celle qui nous a taguée ;
  • Répondre aux onze questions de la personne qui vous nomine ;
  • Nominer onze autres blogueurs et leur poser onze questions.

C’est parti ! (Et je vous préviens, c’est beaucoup trop long pour être lisible !)

***

  1. Prenez vos 3 personnages préférés de 3 œuvres différentes. Maintenant, qui adoptez-vous, qui tuez-vous, qui épousez-vous ? (c’était gratuit)

Bon, j’ai des tas de personnages préférés, mais pour cette question, j’appelle à la barre Ellana (Le Pacte des Marchombres de Pierre Bottero), le Délire (Sandman de Neil Gaiman) et Jane Eyre (de Charlotte Brontë). Et j’épouse Ellana, j’adopte Délire… et du coup… je tue Jane Eyre, je suppose (mais c’est vraiment parce que je préfère épouser et adopter les autres) (on va dire qu’elle a vécu son temps !).

  1. L’auteur.rice et/ou le livre que tu détestes le plus dans tout ce que tu as lu ?

Il y en a peut-être d’autres, mais d’une part, j’ai une mémoire de poisson rouge et, d’autre part, cette dernière me hurle un nom : Sylvain Tesson. Je pense que ma chronique de Dans les forêts de Sibérie est suffisamment éloquente. Je l’ai trouvé moralisateur, pédant, imbu de lui-même… je me répète ? Bref, insupportable en tout cas.

Dans les forêts de Sibérie (couverture)

  1. Est-ce que tu as déjà pensé à arrêter définitivement ton blog ? Pourquoi ? (n’y lisez pas que je veux voir votre départ, NON)

Ouf, il y a au moins une question facile dans ce questionnaire ! Oui, sans aucun doute. C’est une interrogation qui revient souvent chez moi. Pourquoi ? Parce qu’il n’apporte pas grand-chose à la blogo et parce que je trouve qu’il y a mille autres blogs bien plus intéressants et intelligents.  (Et je ne dis pas ça pour que vous me disiez « mais non, voyons… », je réponds juste à Naomi !)
Mais pour l’instant, même s’il a connu de longues pauses, il a toujours résisté. C’est mon journal de lecture et ma mémoire, je ne vais pas les sacrifier aussi facilement, simplement à cause de doutes !

  1. Vous avez la possibilité d’offrir le Prix Nobel de littérature : à qui le décernes-tu ?

Honnêtement, je préfère reléguer cette responsabilité à quelqu’un d’autre. Premièrement, je ne sens pas assez cultivée pour distinguer un.e artiste parmi les autres. Deuxièmement, je suis trop versatile. Six mois après, il me faudrait pouvoir reprendre le prix au premier lauréat parce que j’aurais changé d’avis. Non merci, pas pour moi. En plus, je déteste décevoir les gens et je serais mal pour tous ceux et toutes celles qui l’auraient voulu.

  1. Une femme qui t’inspire et le pourquoi du comment.

N’importe quelle femme volontaire, décidée, généreuse. Celles présentées dans les Culottées de Pénélope Bagieu qui ont su s’imposer dans la voie qu’elles avaient choisie. Mireille Havet qui, au début du XXe siècle, a su briser les conventions et faire fi des tabous, Emma Watson pour ses engagements féministes… Mais en fait, je suis surtout inspirée par des femmes de mon quotidien, des femmes que j’ai pu rencontrer dans la vraie vie et qui m’ont impressionnée, m’impressionnent encore par leur force, leur intelligence, leur humour, leur gentillesse, etc., quelles que soient leurs qualités. Cela varie selon les jours et les rencontres, mais je n’ai pas UNE femme en particulier que j’érige en idole et en modèle au quotidien.

  1. Quel aurait pu être l’autre nom de ton blog ?

Ah non, j’ai assez galéré à en trouver un, je ne vais pas devoir en trouver un second ! Ça aurait été un nom bateau et commun, voilà. Pour me faire pardonner de cet évitement (qui n’est d’ailleurs pas le premier, sorry Naomi…), je peux vous dire pourquoi il s’appelle comme ça ! Alors « bibliophile », c’est parce que j’aime lire (n’est-ce pas complètement fou ?), mais « l’ourse » ne vient pas d’une passion pour les ursidés, mais parce que le gentilé de « mon » village, celui où j’ai passé mon adolescence en tout cas, se trouve être… les Ours. (Par contre, je vous laisse chercher où c’est.)

  1. Si on retire les romans, quel est ton genre préféré ?

Si on me retire les romans… je serais bien dans la mouise ! Parce qu’il ne fait aucun doute que c’est mon genre de prédilection. Sans romans, il faudrait d’abord que je découvre plus en avant les autres genres avant d’en élire un supérieur aux autres en mon cœur. Ce ne serait probablement pas la poésie qui me laisse globalement hermétique. Peut-être les essais, à condition qu’ils ne soient pas trop abscons (c’est idiot, mais j’ai cette image des essais alors que j’ai pu en lire de très plaisants) ou le théâtre, mais je crains de me lasser assez vite.
(Cinq minutes plus tard, après m’être torturée l’esprit dans tous les sens…) Suis-je bête ! Ce serait la bande-dessinée et les romans graphiques ! Avec toutes les pépites que le genre recèle, je suis idiote de ne pas y avoir pensé plutôt !

  1. Un univers que tu voudrais aussi célèbre que celui d’Harry Potter ? (pas le droit de répondre que HP est le meilleur, nope nope nope)

Je ne peux pas dire celui de Tolkien, c’est déjà le cas, alors Gwendalavir ! Créé par Pierre Bottero, c’est un univers formidable et j’aurais tellement aimé qu’il soit encore développé plus en avant dans maintes trilogies formidables…

  1. Une œuvre qui nous permettrait de mieux te comprendre ?

Une œuvre ?… Je ne sais pas si l’une d’entre elle permettrait de me comprendre… Peut-être les Chants de Maldoror de Lautréamont pour leur côté joyeux et positif ! (Ceci est du second degré.) Non, je ne sais pas.
En revanche, je me suis terriblement identifiée à une autrice, mon âme sœur vieille d’un siècle, Mireille Havet. Je n’ai pourtant pas encore fini de lire son journal, mais les premiers volumes ont véritablement résonné en moi, me prenant aux tripes par ses mots, par leur honnêteté, par leur modernité, par leur véracité. Mes exemplaires sont couverts de notes, d’une longue conversation avec elle (les seuls livres que je ne prêterai absolument jamais !).

  1. La chose dont tu es la plus fière au cours de ta vie ?

Avoir participé à l’animation du Rocky Horror Picture Show, je dirais. C’était une période assez dingue de ma vie et monter sur scène est tellement loin de mon caractère que je me demande encore comment j’ai fait pour y arriver ! Pourtant, je me suis éclatée chaque jour et j’ai savouré chaque répétition et chaque séance.

The Rocky Horror Picture Show - Lèvres

  1. Qui voudrais-tu être ? (pas forcément en comparaison à un personnage ou une personnalité, mais davantage : personnellement quel genre de personne veux-tu devenir ?)

Celle que j’étais quand je faisais le Rocky ? La moi plus téméraire et de plus positive. Quelqu’un qui sait voir le bonheur quand il se présente, aussi petit soit-il.

***

La Récolteuse avait aussi taguée Plouf qui a posé des questions sans nominer personne, donc dans ma lancée, j’ai aussi répondu aux siennes (non, cet article n’était pas assez long comme ça !), so… voici les questions de Plouf !

  1. Quel est le livre que tu as trop envie de lire, mais que pour une raison obscure, tu n’as pas pas encore lu ?

Americanah de Chimamanda Ngozi Adichie. J’ai très très très envie de le lire depuis l’été dernier, je le regarde régulièrement en me disant « putain, j’ai trop envie de le lire ! »… et pourtant, je ne l’ai pas encore ouvert plus d’une minute. Et ça, c’est pour une raison très obscure que je n’arrive pas à déterminer.

Americanah (couverture)

  1. Comment est-ce que tu organises ta bibliothèque ? Joyeux bazar ou tout bien rangé ? (et une photo en prime pour baver, ça peut être très cool !)

Je trie un peu (jeunesse, SFFF, littérature blanche, beaux-livres, BD, essais…) et après, c’est au feeling et selon les périodes (parce que, de temps à autre, je me fais un petit trip « réorganisation de ma bibliothèque ») : taille des livres, nationalité de l’auteur, associations d’idées…

(Désolée, la qualité n’est pas top…)

  1. Quel est le roman dont on ne parle pas assez à ton goût ?

Jonathan Strange & Mr Norrell, de Susanna Clarke ! Un roman de fantasy incroyablement riche, avec un univers développé à la perfection, une œuvre fascinante, doucement envoûtante avec un humour subtil. Un véritable voyage !

Jonathan Strange & Mr Norrell (couverture)

(Savourez cette question, c’est la seule à laquelle j’ai pu apporter une réponse claire, nette et unique !)

  1. Quels sont les endroits du monde qui te font le plus rêver ? 

L’Ecosse ! Depuis que j’y suis allée, je ne rêve que d’y retourner. C’est tellement sublime et magique et incroyable qu’il ne peut en être autrement. Sinon, l’Irlande. Et les grands espaces de l’Amérique du Nord. Et le Vietnam que j’aimerais faire un jour en vélo du nord au sud ou du sud au nord (mais faudrait que je me mette sérieusement au vélo parce que ça risque de faire quelques kilomètres…).

  1. Est ce que tu as un personnage d’une série que tu adores mais que lui, tu peux pas piffer, et pourquewadoncquecela ?

Je crois que je vais passer mon tour… Je ne suis pas une grande sérivore et là, je n’ai aucun personnage en tête. Enfin, j’ai détesté d’un bout à l’autre ce petit merdeux de Junior dans Under the Dome, mais comme je n’ai pas aimé la série… Je crois que dans mes séries préférées, j’ai adoré détester certains personnages, mais je ne m’en rappelle pas que je n’ai pas pu piffer.

  1. Quel est ce film que tu pourrais regarder encore et encore et encore ?

Et encore ?
Il y en a plein, même si je pense que pour tous j’arriverai à saturation au bout d’un moment. Mulholland Drive, les comédies britanniques (surtout s’il y a Bill Nighy ou Maggie Smith ou d’autres acteurs ou actrices de cet acabit), les anciens Tim Burton… Il y a aussi The Rocky Horror Picture Show que j’ai vu des dizaines voire des centaines de fois… et du coup, ça me fait penser à Hair… et que dire de Mulan ou du Roi Lion ou des Miyazaki !
Non, et puis ça dépend de mon humeur, de la période, de ce que j’ai envie de voir ! C’est tout simplement impossible de n’en choisir qu’un.

  1. Plutôt couche tard-lève tard ? Ou couche tôt-lève tôt ? Ou j’ai un rythme de merde, déso pas déso ?

En temps normal, je suis plutôt une lève-tôt et une couche-ni-tôt-ni-tard. Dans les périodes les plus survoltées de ma vie, je pouvais me coucher à une ou deux heures et me lever à cinq sans problème. Mais comme ma vie n’est pas particulièrement survoltée en ce moment, j’ai avancé le coucher et repoussé le lever, mais je compte bien remédier à ça un de ces quatre !

  1. Quels sont les blogs que tu adores visiter ? J’ai trop envie d’en découvrir plein de nouveaux en ce moment, fais tourner !

Pour ne pas citer des évidences (comme Ambroisie, Pauline, Charmant Petit Monstre ou la Récolteuse… que j’ai citées du coup…), je t’en donne deux : Sick Sad Me tenu par la plume pleine d’esprit et d’ironie de Zelda et Les jolis choux moustachus, un petit blog tout nouveau tout beau !

  1. C’est quoi tes 5 livres préférés (ouais je mets une formulation moche pour changer du ‘quel est’) ?

Dur… En vrac et sans classement : le journal de Mireille Havet, Méridien de sang de Cormac McCarthy, Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë, les nouvelles de Stefan Zweig et Harry Potter.
(…et les autres livres de McCarthy, et Sukkwan Island de David Vann, et Le Pacte des Marchombres, et à peu près tout Neil Gaiman, et Jane Austen, et Jane Eyre, et A la croisée des mondes, et L’Attrape-cœur, et… c’est quoi cette question ? Pourquoi juste cinq d’abord ?)
(Comme tu peux le voir avec cette question à l’instar de la 6, j’ai du mal avec la notion de choix. Je ne te dis pas les débats existentiels devant le menu au restaurant.)
Non, décidément, le livre, le film, le plat, le ci ou le ça préféré, ce sont des questions impossibles ! Ça dépend de trop de choses, ça varie, ça fluctue, ce n’est pas figé dans le marbre, donc je ne peux pas trancher. Je ne peux pas et je ne veux pas car en choisir un, c’est laisser les autres. Et ça, c’est hors de question, je ne laisse personne derrière !

  1. La chanson qui te met la patate direct ? 

En fait, je n’écoute presque pas de musique. Je me sens très tache au milieu de ces enceintes partout tout le temps, de ces écouteurs, des playlists, mais je ne sais même pas à quand remonte la dernière fois où j’ai mis de la musique. Après, j’en écoute de temps en temps et je suis incapable de résister à l’envie de chanter faux face aux chansons que je connais. Et là, ça va de BO de comédies musicales à Indochine, en passant par les Disney, Léo Ferré et « Jolene » de Dolly Parton (oui, même ces deux-là arrivent à me mettre de bonne humeur : sans doute la joie de connaître les paroles…) ou encore la merveilleuse Agnes Obel. Mais je n’ai pas de chanson particulière que je vais me mettre pour me donner un coup de fouet.

  1. Dans quel livre/film (ou les deux) voudrais tu vivre ? Et pourquoooi ?

Dans un univers magique évidemment. Je ne suis pas difficile. Ça peut être en Terre du Milieu (Le Seigneur des Anneaux, Le Hobbit), en Gwendalavir (les livres de Pierre Bottero) ou sur les arches de la Passe-miroir. En ce moment, je suis en mode Terre du Milieu à fond, mais pour moi qui suis nulle en dessin mais qui ai plein d’images dans la tête… peut-être que je me révélerais meilleure dans l’Art du Dessin tel qui se pratique en Gwendalavir (et de toute façon, je deviens Marchombre aussi).
Je ne voudrais pas vivre dans le monde d’Harry Potter (le fait que je ne cite pas cet univers pourrait surprendre les personnes me connaissant), mais c’est notre monde. Avec de la magie certes, mais avec la pollution, la surpopulation, la disparition des espèces animales, etc. Donc non merci.

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Et donc, mes onze questions !

  1. Ecris-tu ? Te rêves-tu publié·e ?
  2. As-tu une passion (ou plusieurs) autre que la lecture et/ou l’écriture, bien sûr ?
  3. Quel est, pour toi, l’endroit où tu te sens le mieux ?
  4. L’existence de ton blog est-elle connue de ton cercle familial, amical et professionnel ?
  5. Une fée, un lutin, un génie, qui tu veux (qui, d’ailleurs ?) t’offre un vœu. Un seul. Que choisis-tu ?
  6. Quel est ton dernier voyage ? Quel sera le prochain ? (Fais-moi rêver.)
  7. Une autrice ou un auteur méconnu·e que tu aimerais me faire découvrir ? (Comme si ma wish-list n’était pas assez gargantuesque…)
  8. De quel objet ne peux-tu te passer (hors livres et/ou liseuse) ?
  9. Le bruit que tu préfères ?
  10. L’auteur/autrice et/ou le livre que tu détestes le plus dans tout ce que tu as lu ? (Oui, je reprends sans scrupule la question de la Récolteuse de Mots. Si ça ne tenait qu’à moi, j’aurais repris tout son questionnaire !)
  11. Comment vois-tu le futur de l’humanité ? (Une question joyeuse pour finir)

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Et là, normalement, je sais, je suis censée taguer des gens. Onze personnes. Sauf que j’ai l’impression qu’il a déjà pas mal tourné, alors ce sera en libre-service pour qui en aura envie !