The Case of Beasts (VF : La valise des créatures), de Mark Salisbury (2016)

Explorez la magie du film Les animaux fantastiques ! Rencontrez Newt, Tina, Queenie et Jacob. Découvrez le MACUSA, le Blind Pig et les rues de New York. Confrontez-vous aux Second Salemers qui tenteront d’exfiltrer la magie qui est en vous ! Et surtout apprenez à connaître toutes les créatures fantastiques qui se cachent dans la valise de Newt.

The case of beasts (couverture)

Je ne suis pas particulièrement sensible au marketing à outrance, certains livres publiés à l’occasion de la sortie des Animaux fantastiques ne m’intéressaient absolument pas. En revanche, je ne peux pas en dire autant des beaux-livres et des belles éditions. Et celui-ci était le premier sur ma liste même si j’ai un peu traîné avant de me l’offrir. Petite précision : je crois qu’il est aujourd’hui indisponible en français, il l’était en tout cas quand j’ai acheté le mien, voilà pourquoi je l’ai pris en anglais (et aussi parce que les trois quarts de mes livres sur Harry Potter sont en anglais) pour un prix extrêmement raisonnable pour le coup.

A l’instar des beaux-livres sur Harry Potter, celui-ci est magnifique. L’objet est tout simplement sublime. La couverture, la typographie, les images, le papier… Aucun doute, l’ouvrage est soigné. Un travail de qualité, signé MinaLima. C’est un plaisir de le lire petit à petit, de découvrir les artefacts (affiches « Wanted », tracts, formulaires du MACUSA…) qui se cachent entre ses pages, de scruter chaque détail des illustrations, croquis et autres photographies.

Les différentes parties s’enchaînent avec logique, en suivant le film : Newt, ses trois compères, New York, MACUSA, New Salem Philanthropic Society, The Blind Pig, les dernières scènes du film et last but not least la valise de Newt et ses habitants. J’ai particulièrement aimé les quatre pages détaillant la création des animaux fantastiques, de travail d’imagination au rendu final.

 

Les textes sont passionnants, riches d’informations, on apprend de nombreux détails sur les différentes étapes de la de la réalisation du film. A travers ce livre, on constate une fois encore la minutie du travail des différentes équipes du film et du soin apporté à des détails invisibles à l’écran. Je suis à chaque fois époustouflée et abasourdie. Un exemple ? Dans les bureaux du journal de Shaw Sr., chaque bureau est décoré d’une manière différente en fonction de s’il appartient au chroniqueur sport, art, news, etc. Décoré en surface évidemment, mais aussi dans les tiroirs des bureaux. Tout ça pour un lieu qui apparaît dans une scène. C’est dingue… J’ai aussi découvert avec surprise qu’ils avaient reconstruit New York aux studios de Leavesden, leur plus grand décor à ce jour (une visite, une visite, une visite !).

Parce que quelques photos seront plus parlantes que des mots…

 

Particulièrement complet et agréable à lire, c’est un ouvrage magnifique. Une petite pépite que je vous recommande chaudement.

The Case of Beasts (VF : La valise des créatures), Mark Salisbury. Editions HarperCollins, 2016. 160 pages.

Rendez-vous au cinéma ! – Juin 2017

Petit mois de juin pour les livres, mais pour le cinéma aussi ! Les raisons : absences fréquentes le week-end et mal de crâne chaque soir après une journée passée devant un ordinateur. J’ai surtout des vieux films et aucun chef d’oeuvre du côté des deux seules nouveautés que j’ai vues…

  1. La nuit du chasseur (VO : The Night of the Hunter), de Charles Laughton (1956)

Un prêcheur inquiétant poursuit dans l’Amérique rurale deux enfants dont le père vient d’être condamné pour vol et meurtre. Avant son incarcération, le père leur avait confié dix mille dollars, dont ils ne doivent révéler l’existence à personne. Pourchassés sans pitié par ce pasteur psychopathe et abandonnés à eux-mêmes, les enfants se lancent sur les routes. (Allociné)

La nuit du chasseur (affiche)

J’ai été ravie de voir que ce film repassait au cinéma. Je l’avais vu quand j’étais plus jeune, je devais avoir entre 11 et 13 ans et j’en gardais un excellent souvenir. Je me rappelais un film sombre et inquiétant, avec ce pasteur obsédé par le pactole, ses doigts tatoués et sa petite chanson indiquant sa venue.
Et j’ai été un peu surprise lors de cette redécouverte. En effet, j’ai été particulièrement déstabilisée par les nombreux éléments comiques qui parsèment le film et dont je n’avais aucun souvenir. Le film noir a aussi un côté farce ! De la même manière, les plans bucoliques sur les petits animaux au bord de la rivière m’ont plus amusée qu’autre chose, les couplets sur la religion m’ont lassée, le jeu de certain.es m’a semblé faux et la fin gentillette m’a un peu laissée sur ma faim. En revanche, comme la première fois, j’ai été totalement convaincue par la prestation de Robert Mitchum en pasteur démoniaque et manipulateur, en criminel parfois ridicule.
La nuit du chasseur est un film que je n’aurais pas dû revoir tant j’aurais aimé sur ce souvenir de film noir plein de tension. Heureusement, Robert Mitchum n’a pas réussi, lui, à me décevoir.

  1. Twin Peaks : Fire Walk With Me, de David Lynch (1992)

La mort mystérieuse de Teresa Banks dans la tranquille petite ville de Deer Meadow va donner bien du fil à retordre aux agents Dale Cooper et Chester Desmond qui vont mener une enquête en forme de charade et découvrir que bien des citoyens de la ville sont impliqués dans cette affaire. Un an plus tard, ce sont les sept derniers jours de Laura Palmer, qui se termineront par la mort brutale de cette dernière annonçant ainsi le début de Twin Peaks. (Allociné)

Twin Peaks Fire Walk With Me (affiche)

Fire Walk With Me est un préquel sorti après les deux premières saisons de Twin Peaks en 1992 et se penche sur l’assassinat de Teresa Banks et sur les sept jours précédant la mort de Laura Palmer. Evidemment, il est à voir après la série sinon vous n’aurez plus aucune surprise puisque le film révèle qui l’a tuée et ce qui s’est passé dans la petite ville de Twin Peaks (et sans la série, le film est, je pense, assez obscur (déjà que Lynch n’est pas toujours très facile à suivre…)).
J’avais vu la série et le film  pour la première fois il y a quelques années et je les ai a nouveau regardés cette année pour pouvoir enchaîner avec la troisième saison qui vient de sortir 25 ans plus tard. Si j’avais de nombreux souvenirs de la série, ce n’était pas le cas du film (dont je ne me rappelais qu’une scène qui n’est pourtant pas des plus marquantes).

Et décidément, la série est mille fois mieux que le film. (Déjà, dans le film, Donna, la meilleure amie de Laura, est jouée par une autre actrice et ça, c’est le genre de détail qui m’agace. Et on ne voit pas assez Cooper. Et trop de personnages sont absents.) Le film est à mon goût moins flippant que la série (car il montre plus les choses), mais il est beaucoup plus dérangeant. Certaines scènes m’ont vraiment mise mal à l’aise. Je ne peux pas trop en dire car c’est lié à l’identité du meurtrier (qu’est-ce que c’est compliqué de chroniquer ce genre de film !). Et il manque l’humour qui est omniprésent dans la série. Mon problème réside peut-être dans le fait que je ne peux pas m’empêcher de le comparer à la série. Sans elle, peut-être apprécierai-je bien davantage le film. Cela dit, Fire Walk With Me permet à la fois de côtoyer un peu plus Laura et d’apporter des éclaircissements à certains éléments restés obscurs dans la série, ce qui est plutôt satisfaisant ! Après, on retrouve aussi l’univers onirique de Twin Peaks, sa musique…
Donc je ne déteste pas ce film dans lequel on retrouve malgré tout un peu de la série, mais des éléments m’irritent et il est à mon goût totalement dispensable.

 

Je vais quand même profiter de l’occasion pour dire deux mots de cette série que j’aime d’amour. Pourquoi faut-il voir Twin Peaks ?

  • Pour le Special Agent Dale Cooper – alias Kyle MacLachlan, incroyable – qui est drôle, intelligent, décalé par rapport aux autres et terriblement charismatique (c’est drôle parce que je détestais Orson dans Desperate Housewives (oui, quand j’habitais dans un trou sans internet ou presque, avec cinq chaînes à la télévision, on regardait Desperate Housewives) avec son sourire mielleux et son côté manipulateur, mais Dale… son sourire à lui est tellement franc qu’il me fait rire dès qu’il entre en scène, alors quand il se met à parler… Bref, j’arrête là, vous avez compris.) ;
  • Pour les personnages tous touchants à leur façon (mais parfois complètement déjantés aussi) et merveilleusement interprétés: Andy et Lucy, shérif Harry, Albert et Denise et Gordon Cole (joué par David Lynch), Shelly et Norma, Leo, Audrey et les frères Horne, Josie et Pete, la femme à la bûche et le Major Briggs, etc. (je ne vais pas tous les citer quand même !). (Attention, même ceux que l’on déteste au début, on se mettra à les aimer plus tard ! Pour l’instant, seul Bobby me reste violemment antipathique) ;
  • Pour l’humour général de la série qui n’est pas seulement lié à Dale : nombreux sont les personnages et innombrables sont les situations qui recèlent un immense potentiel comique, je ne peux pas regarder un épisode sans glousser un peu ;
  • Pour le suspense car, après t’avoir fait rire, David Lynch te fera sursauter dans la scène suivante ;
  • Pour l’atmosphère troublante, dérangeante, étrange et pour les oscillations entre rêve et réalité ;
  • Pour le mélange détonnant policier/fantastique/thriller/humour ;
  • Pour les images et la musique ;
  • Pour Twin Peaks, village perdu au milieu des bois ;
  • Pour Bob parce qu’il me donne des cauchemars (et j’aime les cauchemars).

Bref, Twin Peaks, c’est culte, mais c’est surtout fantastique. ♥

  1. Mulholland Drive, de David Lynch (2001)

A Hollywood, durant la nuit, Rita, une jeune femme, devient amnésique suite à un accident de voiture sur la route de Mulholland Drive. Elle fait la rencontre de Betty Elms, une actrice en devenir qui vient juste de débarquer à Los Angeles. Aidée par celle-ci, Rita tente de retrouver la mémoire ainsi que son identité. (Allociné)

Mulholland Drive (affiche)

C’est fou comme certains de mes films préférés sont des films qui, la première fois que je les ai vus, m’ont fait « Euh… Oui…. Mais encore ?… Késako ?… ». The Rocky Horror Picture Show est l’un d’entre eux, Mulholland Drive en est un autre. Et pourtant, qu’il est génial, qu’il est beau, qu’il est troublant, ce film ! L’atmosphère nébuleuse et mystérieuse, la musique (créée, comme pour Twin Peaks, par Angelo Badalamenti) et la photographie, ce jeu entre la première et la seconde partie du film – l’ouverture de l’énigmatique boîte bleue étant la charnière –, les actrices époustouflantes…
Je trouve ce film plus que captivant, hypnotisant. Et viscéral. Il me prend aux tripes à chaque fois, que ce soit la séquence au Silencio, la relation entre Betty et Rita, la scène derrière le Winkie’s (je me rappelle encore de la pétoche que j’ai eu la première fois ! Du coup, j’appréhende à chaque fois maintenant…)
Je ne m’en lasse pas et on peut, de toute façon, le regarder encore et encore et découvrir à chaque fois de nouveaux indices, de nouveaux éléments qui relient les deux parties. Donc vraiment, regardez-le, il en vaut vraiment la peine. Et si vous le regardez et que vous ne comprenez rien ou pas grand-chose, ne vous inquiétez pas, il y a plein d’articles explicatifs sur internet !

  1. Hair, de Milos Forman (1979)

Le jeune et naïf Claude, croyant en Dieu, fils d’un fermier patriote de province, visite New York avant d’être incorporé comme militaire et partir pour la guerre du Vietnam. En chemin, il se retrouve au milieu d’un happening de hippies dans Central Park et tombe immédiatement sous le charme de la belle Sheila. Le leader pacifiste des hippies l’incite à lui déclarer sa flamme, tout en essayant de le dissuader de faire la guerre. Il fait alors l’expérience de la liberté, des drogues et cesse peu à peu de croire en ce qu’il avait jusque‑là considéré comme étant juste. (Allociné)

Hair (affiche)

Et après celui-là, promis, on revient à des films plus actuels !
J’adore les comédies musicales anglo-saxonnes. En étant fan de The Rocky Picture Show, j’ai ensuite découvert (pour certains grâce à Monsieur L’ours-plus-cinéphile-que-bibliophile) Hair, Chicago, Cabaret, Jesus-Christ Superstar, Hedwig and the Angry Inch, The Little Shop of Horror et, une fois lancée, je peux les regarder et les écouter en boucle (enfin, quand je vivais seule en tout cas : maintenant, j’essaie d’épargner un peu mon entourage de mes obsessions (mes parents auraient sûrement apprécié que je sois déjà comme ça à l’adolescence…)). Tout ça pour dire que voir Hair sur grand écran, ce n’est que du bonheur ! (Par contre, ne pas chanter, c’est dur…).
La plongée dans le monde des hippies me fait toujours regretter de ne pas connaître cette époque. Cette envie de paix, de liberté, d’amour, d’amitié, de joie… En premier lieu, il y Berger, joué par Treat Williams, dont l’insouciance et la bonne humeur sont totalement ravageuses… tout comme son sourire (comme Dale ! Décidément, je fais une fixette sur les sourires…). Mais ses complices, Jeannie, Woof et Hud, me sont tout autant spontanément sympathiques ! Et on se met facilement à la place de Claude qui débarque là-dedans, son dépaysement face à un univers si éloigné de son quotidien. Mais n’épiloguons pas trop sur les personnages si attachants soient-ils. Ils sont tous chouettes et c’est tout !
Car il faut parler des chansons. Elles sont juste incontournables. Elles sont entraînantes. Elles sont dynamiques, elles donnent envie de danser et de chanter (même quand on ne sait faire ni l’un ni l’autre). Elles sont parfois émouvantes aussi. Et surtout, elles se marient parfaitement avec le film et l’histoire.
Mais derrière les chansons entraînantes et le sourire de Berger, il y a aussi une histoire poignante et profondément pacifiste puisqu’il dénonce la guerre du Vietnam. Le fond et la forme valent autant le détour l’un que l’autre.
Voilà pourquoi Hair est une comédie musicale fabuleuse et extraordinaire et merveilleuse et inoubliable et, et, et, et peut-être bien ma préférée d’entre toutes (même si le Rocky aura toujours une place de choix dans mon p’tit cœur ! ♥). Et comme toutes les autres, j’adorerais les voir sur scène ! Let the sunshine in !

  1. Wonder Woman, de Patty Jenkins

C’était avant qu’elle ne devienne Wonder Woman, à l’époque où elle était encore Diana, princesse des Amazones et combattante invincible. Un jour, un pilote américain s’écrase sur l’île paradisiaque où elle vit, à l’abri des fracas du monde. Lorsqu’il lui raconte qu’une guerre terrible fait rage à l’autre bout de la planète, Diana quitte son havre de paix, convaincue qu’elle doit enrayer la menace. En s’alliant aux hommes dans un combat destiné à mettre fin à la guerre, Diana découvrira toute l’étendue de ses pouvoirs… et son véritable destin. (Allociné)

Wonder Woman (affiche)

Partie voir le film avant tout pour faire plaisir à quelqu’un, j’ai été plutôt agréablement surprise par ce personnage qui ne m’a jamais attirée. Attention, je ne dis pas que c’est un chef-d’œuvre. Il y a des scènes qui manquent un peu de logique (l’Odieux Connard les souligne mieux que moi). L’histoire d’amour est totalement inutile (et puis, ils se connaissent depuis deux jours, quoi, alors les adieux déchirants…), les scènes de bataille sont un peu longuettes à mon goût (ça a tendance à m’endormir), la découverte du monde par Diana est mignonne au début mais un peu bateau quand même (les glaces, la neige, la danse, ce sont toujours les mêmes choses qui reviennent). Et j’ai un peu de mal avec la mythologie dans le monde contemporain (ou dans les films tout simplement). C’est un sujet qui m’intéresse énormément, j’en ai lu des recueils, des encyclopédies, des dictionnaires sur le sujet quand j’avais entre 9 et 13 ans, mais je trouve la représentation cinématographique des divers dieux et créatures si peu crédible que ça ne passe pas. Et effectivement, le méchant du film n’est pas aussi charismatique et impressionnant qu’il aurait pu l’être.
Cependant, ce film sur les origines de Wonder Woman (qui n’est jamais appelée ainsi dans le film) m’a fait passer un bon moment. Gal Gadot est quand même très très chouette dans ce rôle. (Non, ce n’est pas juste parce que je la trouve magnifique !) On suit son évolution, de l’enfance à l’âge adulte d’abord, puis dans les découvertes qu’elle fait sur ses pouvoirs et son destin. Forte, décidée, courageuse, elle botte les fesses aux chefs de guerre planqués dans leurs bureaux, elle motive sa petite troupe, elle ouvra la voie dans le no man’s land. Bref, elle est toujours en première ligne. Et ça fait du bien de voir une femme se battre et ne pas être uniquement là pour être aimée du héros ! J’aime particulièrement quand elle soulève souvent la question de la place des femmes, l’innocence peignée sur son visage. Un visage très expressif d’ailleurs. Je trouve souvent trop lisses les héroïnes de blockbusters, mais Gal Gadot échappe sans difficulté à cette critique.
Le reste du casting tient bien la route. J’ai été très contente de retrouver David Thewlis (Lupiiin !) et Ewen Bremner (mon favori dans Trainspotting). Et Robin Wright dans le rôle d’Antiope, tante et mentor bienveillante et exigeante, et Connie Nielsen dans celui d’Hippolyta, mère déchirée entre ce qu’elle sait du destin de sa fille et son amour pour elle, sont particulièrement convaincantes.
Un bon moment avec une super-héroïne qui crève l’écran. Cela faisait un moment que DC ou Marvel (DC dans ce cas) ne m’avait convaincue, donc bravo à Wonder Woman.

  1. La Momie (VO : The Mummy), d’Alex Kurtzman

Bien qu’elle ait été consciencieusement enterrée dans un tombeau au fin fond d’un insondable désert, Ahmanet, une princesse de l’ancienne Égypte, dont le destin lui a été injustement ravi, revient à la vie et va déverser sur notre monde des siècles de rancœurs accumulées et de terreur dépassant l’entendement humain. (Allociné)

La Momie (affiche)

J’avoue, je n’avais aucune attente vis-à-vis de ce film, mais j’ai réussi à être surprise de sa nullité. Parce qu’il est quand même vraiment mauvais. Il n’y a aucune tension et c’est tellement gros lorsqu’ils veulent te faire sursauter (ce qui est pourtant très facile avec moi) que tu peux te préparer dix minutes à l’avance. Il faut aussi reconnaître que le scénario est tellement prévisible qu’il est difficile d’être surpris de quoi que ce soit. La momie, en plus d’avoir des ongles répugnants, doit avoir perdu quelques neurones pendant son emprisonnement car, si elle s’était dépêchée un chouia, si elle avait un peu moins songé à balancer des hanches et à marcher à deux à l’heure (était-ce censé être impressionnant ?), elle aurait sûrement réussi son coup. Mais on a bien compris qu’elle était davantage là pour être sexy que dangereuse. L’histoire d’amour est bateau ; pas un acteur, pas une actrice ne se démarque (et ce n’est pas parce qu’ils sont tous excellents) ; il n’y a pas plus de suspense que d’émotion.
Bref, le générique de cette daube a été accueillie avec soulagement. Mais au moins, j’ai vu la Momie, je n’irai probablement pas voir les prochains films du « Dark Universe » puisque les studios Universal semblent bien décidés à revenir sur tous ses films de monstres des années 30, à savoir Frankenstein, l’homme invisible, Dracula, etc. En plus, j’adore ces vieux films et ces remakes version blockbuster me semblent totalement fades et sans charme.

Et vous, avez-vous fait de belles découvertes dans les salles noires ? Ou eu de terribles déceptions ?

Rendez-vous au cinéma ! – Mai 2017

Le mois de mai fut placé sous le signe de l’espace : trois films sur huit se passent au-dessus de nos têtes !

  1. Life : origine inconnue, de Daniel Espinosa (VO : Life)

À bord de la Station Spatiale Internationale, les six membres d’équipage font l’une des plus importantes découvertes de l’histoire de l’humanité : la toute première preuve d’une vie extraterrestre sur Mars. Alors qu’ils approfondissent leurs recherches, leurs expériences vont avoir des conséquences inattendues, et la forme de vie révélée va s’avérer bien plus intelligente que ce qu’ils pensaient… (Allociné)

Life (zffiche)

Life, c’est :

  • Un scénario assez classique qui m’a irrémédiablement rappelé Alien (un équipage se fait décimer avec une belle régularité  par une créature extraterrestre) (et d’ailleurs, ma critique d’Alien : Covenant vous attend un peu plus bas) ;
  • Un « martien » (prénommé Calvin) plutôt mignon (au début du moins), gracieux et imposant malgré sa petite taille ;
  • Un peu de tension tout au long du film (même si elle joue sur des ressorts connus (créature qui se faufile partout, qui disparaît dans les tuyaux, qui bondit à la figure des astronautes, etc.) ;
  • Une visite de l’ISS en gravité zéro, ce qui est assez chouette;
  • Une fin prévisible (la grosse musique dramatique vous donnera un indice) qui laisse la porte ouverte à une suite ;
  • Une question : que ferions-nous à leur place, si nous découvrions une vie extraterrestre ? faut-il tenter à tout prix de lui rendre la vie ?
  • Une interrogation personnelle : pourquoi « origine inconnue » dans le titre français alors qu’on sait (et qu’ils savent) que la cellule Calvin vient de Mars ?

En bref, Life fut un moment de cinéma divertissant aux effets spéciaux réussis sans pour autant révolutionner le genre de la science-fiction (mais je n’en attendais pas tant).

  1. Les Gardiens de la Galaxie 2, de James Gunn (VO : Guardians of the Galaxy Vol. 2)

Musicalement accompagné de la « Awesome Mixtape n°2 » (la musique qu’écoute Star-Lord dans le film), Les Gardiens de la galaxie 2 poursuit les aventures de l’équipe alors qu’elle traverse les confins du cosmos. Les gardiens doivent combattre pour rester unis alors qu’ils découvrent les mystères de la filiation de Peter Quill. Les vieux ennemis vont devenir de nouveaux alliés et des personnages bien connus des fans de comics vont venir aider nos héros et continuer à étendre l’univers Marvel. (Allociné)

Les gardiens de la galaxie 2 (affiche)

Un seul mot : déception. Et déception d’être déçue. Le premier volet des aventures de ces Gardiens de la Galaxie était sympa, original et apportait un peu de fraîcheur chez Marvel avec ces héros qui ne se prenaient pas au sérieux, de l’humour et de la bonne musique, alors j’avais envie d’aimer ce second opus. Mais non.
L’équipe de base est toujours cool et sympathique (même si je ne pouvais plus entendre le rire (un peu forcé) de Drax au bout d’un moment, il me donnait envie d’hurler) et bébé Groot est assez attendrissant, mais c’est tout ce qu’il y a autour qui m’a ennuyée. Car oui, je l’ai trouvé horriblement long.
Les nouveaux personnages ne sont pas convaincants du tout : les Souverains sont laids, la face de Taserface semble n’être qu’un masque grossier (pourtant Nebula, Gamora ou Drax ont des apparences qui tiennent bien la route), Ego fait juste vieux beau prétentieux et l’intrigue à son sujet est tout à fait prévisible. Quant à la présence de Stallone…
Le film se partage en trois sortes de séquences. 1, de l’humour lourdingue, car j’ai finalement très peu ri ou même souri : je ne dirai pas que ce n’est jamais arrivé, mais j’ai trouvé les blagues, les réparties ou les disputes bien moins drôles que dans le premier film. Elles arrivent toutes les deux minutes et sont trop forcées, Drax en fait trop, Rocket en fait trop, tout le monde en fait trop. 2, de l’action avec des combats qui n’en finissent pas : je sais que c’est un Marvel, un blockbuster, un film américain et qu’il y a de l’action en vue, mais, par exemple, les Souverains sont-ils vraiment obligés d’avoir une flotte inépuisable ? Non parce que quand ils reviennent pour la énième fois en force, j’étais lassée. 3, des discours grandiloquents sur l’amour, la paternité, l’amitié, etc. (« Tu es ma sœur, j’ai essayé de te tuer mille fois, mais en fait, c’est juste que je t’aime. » « C’était mon vrai père, j’étais trop aveugle pour le voir et maintenant, je l’ai perdu. » « Je me comporte comme un connard, mais c’est que j’ai peur de m’attacher et d’être abandonné parce que mes créateurs se moquaient de moi. » blablablaaargh, stop, arrêtez, taisez-vous !)
Bref, je pense que c’est assez clair : je n’ai pas aimé Les Gardiens de la Galaxie 2 et le générique de fin a été un soulagement. (Vivement le 3 après ça…)

  1. Aurore, de Blandine Lenoir

Aurore est séparée, elle vient de perdre son emploi et apprend qu’elle va être grand-mère. La société la pousse doucement vers la sortie, mais quand Aurore retrouve par hasard son amour de jeunesse, elle entre en résistance, refusant la casse à laquelle elle semble être destinée. Et si c’était maintenant qu’une nouvelle vie pouvait commencer ? (Allociné)

Aurore (affiche)

Après Les Gardiens de la Galaxie, on a enchaîné avec Aurore (le temps était triste, gris et pluvieux, alors c’était journée cinéma). Et quel soulagement après l’ennui chez Marvel !
Aurore est un film drôle  (avec de l’humour qui fait rire, n’est-ce pas, les Gardiens ?) et sensible. C’est une histoire simple et vraie, avec une héroïne lumineuse interprétée par Agnès Jaoui. Gaie, désabusée, amoureuse, elle est sincère et touchante. Je me souviendrai aussi de son amie Mano, jouée par Pascale Arbillot, drôle et pleine d’audace, ainsi que de cette vieille femme qui lui prouve que vieillir n’est pas une fatalité, que la vie est toujours aussi intéressante, que les projets et la passion n’en sont pas chassés après cinquante ans. Ce film joue avec des scènes du quotidien en leur donnant un humour et un éclat tout particulier. Un excellent moment !

  1. Le Procès du siècle, de Mick Jackson (VO : Denial)

Deborah Lipstadt, historienne et auteure reconnue, défend farouchement  la mémoire de l’Holocauste. Elle se voit confrontée à un universitaire extrémiste, avocat de thèses controversées sur le régime nazi, David Irving, qui la met au défi de prouver l’existence de la Shoah. Sûr de son fait, Irving assigne en justice Lipstadt, qui se retrouve dans la situation aberrante de devoir prouver l’existence des chambres à gaz. Comment, en restant dans les limites du droit, faire face à un négationniste prêt à toutes les bassesses pour obtenir gain de cause, et l’empêcher de profiter de cette tribune pour propager ses théories nauséabondes ? (Allociné)

Le Procès du siècle (affiche)

Je ne connaissais pas du tout cette histoire ubuesque : devoir prouver que la Shoah a vraiment eu lieu. Les acteurs sont plutôt bons, Rachel Weisz en tête (même si ses jogging m’ont fait sourire car j’ai vraiment l’impression que c’est devenu un cliché, le jogging dans les films américains). Timothy Spall, brillant, a ce petit-quelque-chose de répulsif, comme lorsqu’il jouait Peter Pettigrow (et, en dépit de son interprétation excellente, je le regrette toutefois un petit peu car cela le place vraiment dans la peau d’un personnage que l’on ne peut pas apprécier et je trouve un peu facile d’avoir, d’un côté, la gentille universitaire et, de l’autre, le salaud haïssable). Enfin, la fan de Sherlock en moi a été ravie de revoir Moriarty et Mycroft, pardon, Andrew Scott et Mark Gatiss.
Cependant, la forme reste trop classique et Le Procès du siècle ne se détache pas vraiment de tous les films historiques/biopics qui ne cessent de sortir. Je n’ai pas eu de surprise ou d’émotions fortes au cours de ce film, à part peut-être cette étrangeté du droit anglais où c’est celui qui est accusé, et non celui qui accuse, de prouver son innocence. J’ai apprécié le film, mais je ne pense pas qu’il me laissera un souvenir impérissable.

  1. Alien : Covenant, de Ridley Scott

Les membres d’équipage du vaisseau Covenant, à destination d’une planète située au fin fond de notre galaxie, découvrent ce qu’ils pensent être un paradis encore intouché. Il s’agit en fait d’un monde sombre et dangereux, cachant une menace terrible. Ils vont tout tenter pour s’échapper. (Allociné)

Alien Covenant (affiche)

Après Life et Les Gardiens de la Galaxie, ce mois de mai se place décidément sous le signe de la science-fiction. Alors que vaut cette suite du préquel d’Alien ? (J’aime bien Alien, je les ai vu plusieurs fois, mais je ne suis pas une fan qui connaît tout par cœur et qui criera au scandale à chaque infidélité aux premiers films ou autre, j’ai apprécié Prometheus même si deux-trois choses m’ont laissée perplexe, voilà l’état d’esprit dans lequel je suis allée voir Alien : Covenant.) Le majeur point négatif pour moi est qu’il est lent à démarrer. Jusqu’à l’arrivée sur la planète, je me suis demandée où on allait et quand est-ce qu’il allait se passer quelque chose.
Après, certes, il y a aussi quelques petites incohérences et quelques clichés. L’équipage est un peu trop insouciant à son arrivée sur la planète, à croire qu’il n’y a aucune mesure de sécurité (du genre : mettons notre casques au cas où, restons groupés, ne suivons pas un mec louche dans une cave plein d’œufs louches…) ; les gens qui vont prendre des douches quand leurs potes se font massacrer ou qui glissent (deux fois !) sur des flaques de sang, c’est un peu gros ; et avouons que le tout manque globalement de suspense. Ajoutons que l’équipage n’est là que pour nourrir les petits aliens et le tour est bouclé.
Alors que les xénomorphes étaient absents (ou presque) de Prometheus, ils refont leur retour dans celui-ci. J’ai eu un double plaisir : en apprendre davantage sur leurs origines et voir la créature en entier. Dans les Alien, on les voit souvent dans l’ombre, par morceaux, la tête ou la queue, alors que là, on les voit gambader en plein jour et on peut admirer la bestiole. Le résultat est donc carrément moins flippant, mais assez chouette quand même. Pour ce qi est de leurs origines, je pense que ça peut plaire ou non, mais en ce qui me concerne, je vois Covenant dans la lignée de Prometheus et tous deux se détachent du flou de la saga d’origine.
Enfin, je ne sais pas s’ils comptent faire de Katherine Waterston (alias Tina dans Les Animaux Fantastiques) la nouvelle Ripley (ce qui sera difficile à mon avis), mais le personnage qui, pour moi, se détache vraiment du lot (les autres sont surtout de la chair à pâté pour aliens, on sait qu’ils ne feront pas long feu), c’est David, l’androïde joué par Michael Fassbender. Le xénomorphe est agressif, certes, mais c’est dans sa nature, avec David, on a un personnage calculateur qui, en plus, fait réfléchir sur la création.
Certes, mon avis est un peu mitigé, mais, à part pendant la première demi-heure, je ne me suis pas ennuyée et j’ai plutôt passé un bon moment. Il faut dire que je n’ai pas forcément un niveau d’exigence très élevé pour ce genre de film, je les trouve assez répétitif et je ne m’attends pas à un chef-d’œuvre en allant voir ça. A vrai dire, je crains surtout l’effet de répétition et de lassitude. Ridley Scott a annoncé plusieurs films à venir pour rallier le Alien de 1979 : est-ce vraiment nécessaire ? On délaie, on multiplie, on reprend les formules qui marchent, mais marcheront-elles éternellement ?
L’Odieux Connard a écrit un excellent article sur « Alien : Convenu » où il fait bien apparaître toutes les incohérences du film : allez-y, c’est très drôle !

  1. Tunnel, de Kim Seong-hun (VO : Teo-neol)

Alors qu’il rentre retrouver sa famille, un homme est accidentellement enseveli sous un tunnel, au volant de sa voiture. Pendant qu’une opération de sauvetage d’envergure nationale se met en place pour l’en sortir, scrutée et commentée par les médias, les politiques et les citoyens, l’homme joue sa survie avec les maigres moyens à sa disposition. Combien de temps tiendra-t-il ? (Allociné)

Tunnel (affiche)

Pourquoi faut-il toujours que le mec en difficulté dans ce genre de films soit quelqu’un de peu sympathique, impatient, un commercial obsédé par son boulot ? Pourquoi faut-il toujours qu’il y ait cette idée de « tu vas voir, on va t’apprendre à voir la vie autrement » ? Voilà, c’était juste une question, ça ne m’a pas dérangée plus que ça.
A part ça, Tunnel est bien construit, plutôt prenant et très réaliste (même si la fin est assez prévisible). On suit parallèlement Jung Soo, coincé dans sa voiture, et l’équipe de sauvetage rapidement rejointe par la femme de la victime, Se-hyun. Malgré la gravité du sujet et les nombreuses questions autour du prix d’une vie humaine, il y a de nombreuses pointes d’humour qui viennent agréablement ponctuer ce film et on se surprend à rire au cours de la projection.
Plus qu’un simple huis-clos ou film-catastrophe, Tunnel parle du comportement de la société face à un drame.  La compassion et la solidarité des débuts, puis peu à peu, l’oubli et même la lassitude, l’envie de passer à autre chose… ou de reprendre les travaux dans le tunnel voisin pour le riche entrepreneur. Les politiques et les journalistes en prennent aussi pour leur grade : on voit les premiers soignant leur image (la rencontre avec Se-hyun n’est qu’un prétexte pour se faire photographier) et les seconds obsédés par des images ou des paroles choc pour faire monter leur audience (cette scène frappante où tous ont leur drone pour explorer le tunnel en même temps que celui des sauveteurs…).
Les acteurs et actrices sont excellent.es, avec comme trio de tête Ha Jung-Wu (Jung-doo) qui exprime parfaitement les différentes humeurs par lesquelles il passe, Doona Bae (Se-hyun), touchante, et Dal-Su Oh (Dae-kyoung) qui incarne le chef de l’équipe de sauvetage guidé par sa compassion et son sens du devoir.
Bref, vous l’aurez compris, je recommande Tunnel !

  1. Get Out, de Jordan Peele

 Couple mixte, Chris et sa petite amie Rose  filent le parfait amour. Le moment est donc venu de rencontrer la belle-famille, Missy et Dean, lors d’un week-end sur leur domaine dans le nord de l’État. Chris commence par penser que l’atmosphère tendue est liée à leur différence de couleur de peau, mais très vite une série d’incidents de plus en plus inquiétants lui permet de découvrir l’inimaginable. (Allociné)

Get Out (affiche)

La première partie est très réussie et, personnellement, m’a suffisamment fait flipper (je déteste les films d’horreur et il en faut peu pour que je sois crispée pendant tout le film). La tension s’installe subtilement : la découverte de la belle-famille et de ses employés noirs aux sourires forcés, la fête annuelle avec des invités un peu trop sympathiques, le calme des alentours, des petits détails comme des regards ou un téléphone débranché… Il se met en place un racisme ordinaire – des préjugés, des regards, des gestes, la peur d’une voiture de police ou d’une rue déserte – caché sous une prétendue tolérance (qui n’a pas été sans me rappeler les personnes participant à la Manif pour Tous et affirmant sans vergogne « mais si, j’aime les homosexuel.les, ça n’a rien à voir, voyons ! »).
En revanche, je me suis totalement détendue dans la seconde partie du film, quand on sait ce qu’il se passe. Une fois que tout le monde a montré son vrai visage et qu’on sait d’où viendra la prochaine attaque (frontalement), il n’y a plus de quoi avoir peur.
Get Out reste un très bon thriller horrifique, même si seule la partie pré-explications, anxiogène, a su jouer avec mes nerfs et si je trouve que la partie post-explications manque de subtilité pour finir dans le sang. Les touches d’humour qui parsèment le film (certes, essentiellement grâce au meilleur ami de Chris, Rod) sont très agréables.
Et je conclus avec ce que je sais depuis un moment : je ne me ferai jamais hypnotiser !

  1. Après la tempête, de Kore-eda Hirokazu (VO : Umi yori mo Mada Kukaku)

Malgré un début de carrière d’écrivain prometteur, Ryota accumule les désillusions. Divorcé de Kyoko, il gaspille le peu d’argent que lui rapporte son travail de détective privé en jouant aux courses, jusqu’à ne plus pouvoir payer la pension alimentaire de son fils de 11 ans, Shingo. A présent, Ryota tente de regagner la confiance des siens et de se faire une place dans la vie de son fils. Cela semble bien mal parti jusqu’au jour où un typhon contraint toute la famille à passer une nuit ensemble… (Allociné)

Après la tempête (affiche)

J’ai bien cru que je ne verrai jamais ce film ! Après avoir repoussé plusieurs fois le moment d’y aller, voilà que, alors que je suis enfin dans la salle, le film commence à se mettre sur pause avant de s’arrêter totalement ! Heureusement, après de longues minutes à me demander si nous verrions la fin, il repart, ouf ! (Voilà pour la petite histoire ; tout de suite, mon avis.)
Après la tempête est un film magnifique, sensible et pudique. Kore-eda nous fait entrer dans un cocon familial et trace tout particulièrement le portrait quelque peu doux-amer de Ryota, un écrivain qui n’écrit plus, un joueur qui ne gagne pas (pas assez en tout cas), un père qui a peur de décevoir son fils, un fils qui a peur de décevoir ses parents (et notamment son père décédé, toujours présent telle une ombre).
Le film est porté grâce à des acteurs formidables et attachants. En tête, Kirin Kiki (déjà vue notamment dans Les délices de Tokyo l’an passé) joue une grand-mère malicieuse et dynamique (mais qui n’hésite pas à prendre une voix de mourante pour convaincre son fils de rester un peu plus longtemps) qui a souvent amusé la salle. Quant à Hiroshi Abe – et sa dégaine qui m’est particulièrement sympathique – et Yoko Maki – sublime, lucide, intelligente –, ils sont un homme et une femme qui s’éloignent peu à peu, malgré l’affection et les regrets parfois, un couple qui, après l’amour, connaît la désillusion qu’il apporte souvent. A ce sujet, j’ai été ravie de constater que Kore-eda est suffisamment fin pour ne pas terminer son film sur le happy end suggéré par le résumé et vers lequel il semble nous guider pendant le film.
Après la tempête est un film délicat et contemplatif sur la famille et le couple, mais c’est également un très beau moment de cinéma.

Et vous ? Qu’êtes-vous allés voir ce mois-ci ?

Rendez-vous au cinéma ! – Avril 2017

Seulement six films présentés ce mois-ci, mais il y en a pour tous les goûts : comédie, blockbuster, film en costume, drame, western, thriller, film français/québécois/bulgare/danois…

  1. Ghost in the Shell, de Rupert Sanders

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres. (Allociné)

Ghost in the Shell (affiche)

Je n’attendais rien de particulier de ce blockbuster, ne connaissant ni les mangas, ni les anime. J’apprécie les questions autour de l’humain et de la machine avec cette association d’un cerveau humain et d’un corps créé de toutes pièces. Etrangement, je me suis quelque peu attachée au Major au cours de sa quête de son identité, de son passé et de sa place dans la société. Esthétiquement, il est plutôt réussi (en même temps, c’est sans doute à peu près la seule attente que l’on peut avoir face à un film de cet acabit) même si j’avoue douter des hologrammes qui envahissent la ville. C’est ça, la particularité d’une ville du futur : des hologrammes ? Passons aux reproches : je l’ai trouvé un peu long à démarrer, il m’a bien fallu une demi-heure (pour autant que je sois capable d’évaluer le temps écoulé) avant de m’intéresser à l’histoire. Evidemment, je suis un peu chagrinée face à des personnages secondaires plutôt caricaturaux. Je ne suis pas non plus convaincue qu’il était essentiel à l’histoire d’exhiber ainsi la plastique de Scarlett Johansson. Si je ne suis pas sortie de la séance avec un enthousiasme débordant, je l’ai néanmoins trouvé distrayant (en dépit de mon ennui au début du film). Je n’en demandais pas davantage.

  1. Corporate, de Nicolas Silhol

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ? (Allociné)

Corporate (affiche)

Corporate est un film intéressant et réaliste qui nous plonge dans un univers de requin totalement déshumanisé. Comme il est indiqué au début du film, les personnages sont fictifs, mais les méthodes de management sont réelles. Glaçant. Céline Sallette est tout à fait convaincante, mais j’ai trouvé les autres acteurs/personnages plutôt inexistants. Toutefois, comme La loi du marché (Stéphane Brizé, 2015), Corporate est un film un peu trop terre-à-terre à mon goût. Je ne me suis pas échappée, je n’ai pas tremblé pour les personnages. Il faut avouer que la mise en scène est classique, le déroulement de l’histoire prévisible et la fin attendue. Un film qui a l’avantage de dénoncer la souffrance au travail, mais dont le discours est peut-être un peu trop didactique pour être véritablement prenant.

  1. Brimstone, de Martin Koolhoven

Dans l’Ouest américain, à la fin du XIXe siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance. (Allociné)

Brimstone (affiche)

Et dire que j’ai failli manquer ce film ! Western, thriller, ce film raconte le parcours d’une véritable guerrière qui, de toute façon, est contrainte de l’être dans un univers dominé par la religion et dans lequel la femme est soit un objet, soit un esclave sexuel. Dakota Fanning est excellente dans son interprétation et donne à son personnage beaucoup de force et d’émotion. Guy Pearce est véritablement détestable (un indice de la qualité de son jeu). Je connais surtout cet acteur pour son rôle de Felicia dans Priscilla, folle du désert : la rencontre avec ce prêcheur torturé et démoniaque ne pouvait qu’être brutale !
Si l’atmosphère est malsaine et oppressante, les images, les plans, les mouvements sont soignés et le résultat est visuellement superbe. Originalité du scénario : le film est divisé en plusieurs chapitres qui nous font remonter la vie de Liz jusqu’à la source de son malheur et de sa fuite éperdue.
Je suis sortie du cinéma remuée et perturbée, plus à cause de la violence psychologique du film que de la violence sanglante de certaines scènes. Coup de cœur peut-être, coup au cœur sûrement !

Coïncidence amusante : le même jour, j’ai également découvert l’audacieux Memento, de Christopher Nolan. Un film à la chronologie également inversée et dont le rôle-titre est également tenu par Guy Pearce.

Memento (affiche)

  1. Les mauvaises herbes, de Louis Bélanger

Jacques, comédien de théâtre, a accumulé une lourde dette auprès de Patenaude, un mafieux de Montréal. Poursuivi par ce dernier, il fuit précipitamment les lieux et se retrouve, en plein hiver, sur les terres de Simon, un ermite un tantinet illégal qui cultive du cannabis dans sa grange. (Allociné)

Les Mauvaises Herbes (affiche)

Je suis allée voir ce film sans rien attendre de particulier et finalement, quelle bonne surprise ! Des personnages attachants et complexes grâce à un excellent casting, de l’humour parfois absurde, mais toujours fin, un scénario original, de la tendresse… Un film humaniste et gentiment amoral, délicieusement servi par l’accent québécois. La fin est plutôt attendue et un peu trop sentimentale, mais elle va bien avec le film, donc je ne lui ferai pas davantage de reproches. Drôle et touchant sans être niaiseux. Rien à redire !

  1. The Young Lady, de William Oldroyd (VO: Lady Macbeth)

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible. (Allociné)

The Young Lady (affiche)

Si j’avais su, avant de voir le film, que le titre anglais était Lady Macbeth, je me serais attendue à cette descente dans la folie meurtrière. C’est d’ailleurs un nouvel exemple de changement de titre qui m’échappe un peu, mais je suppose que The Young Lady est plus parlant pour un public français que Lady Macbeth…
Si l’histoire évoque L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence, les paysages m’ont plongée dans Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë avec ces landes désertes et battues par le vent. L’atmosphère est lourde dans cette bâtisse silencieuse et vide. C’est un beau film en costumes avec une jolie photographie, au style dépouillé et efficace : économie de paroles, de décors, de musique et d’action.
Je regrette toutefois que la psychologie des protagonistes ne soit pas plus fouillée : il y a, à mon goût, un manque d’épaisseur et de présence de la part des personnages masculins. En outre, je dois avouer que je ne comprends pas vraiment la passion entre Katherine et ce palefrenier brutal. En revanche, Florence Pugh incarne une Katherine à la fois glaciale et bouillonnante, fragile et décidée, ingénue et prête à tout. Elle inspire d’abord de la compassion – on la comprend et on espère la voir triompher – mais elle nous rend peu à peu complice de ses actes, ce qui fait naître un véritable sentiment de malaise. La fin est d’ailleurs tout à fait glaçante.
Je suis sortie du cinéma en me disant que l’histoire en faisait un peu trop, enchaînant les crimes et les drames,  mais en revenant dessus quelques jours après, The Young Lady m’apparaît comme un film troublant, maîtrisé et réussi.

  1. Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (VO : Slava)

Tsanko, un cantonnier d’une cinquantaine d’années, trouve des billets de banque sur la voie ferrée qu’il est chargé d’entretenir. Plutôt que de les garder, l’honnête homme préfère les rendre à l’Etat qui en signe de reconnaissance organise une cérémonie en son honneur et lui offre une montre… qui ne fonctionne pas. Tsanko n’a qu’une envie : récupérer la vieille montre de famille qu’on ne lui a pas rendue. Commence alors une lutte absurde avec le Ministère des Transports et son service de relations publiques mené par la redoutable Julia Staikova pour retrouver l’objet. (Allociné)

Glory (affiche)

Ce film bulgare prend rapidement l’allure d’une fable absurde et cynique dénonçant la corruption de l’Etat. Il met en scène deux personnages parfaitement antagonistes : d’une part, un ouvrier bègue, honnête et aux valeurs chevillées au corps (Stefan Denolyubov), d’autre part, une bureaucrate carriériste, tyrannique et accrochée à son téléphone. Le premier – pour lequel on compatit – n’a aucune chance contre les mensonges et les évitements de la seconde – qui agace profondément. Tous deux sont toutefois parfaitement réalistes, crédibles et humains. Le film devient même presque cruel alors que l’on regarde la détresse de Tsanko. La fin, inattendue mais pas imprévisible, est intelligente. Malgré quelques détails qui m’ont agacée (la caméra à l’épaule à certains moments notamment), Glory, satire parfois ubuesque, m’a permis de toucher du doigt ce cinéma bulgare que je ne connais pas.

Rendez-vous au cinéma ! – Mars 2017

Douze films vus au cinéma ce mois-ci !

  1. 20th Century Women, de Mike Mills

Santa Barbara, été 1979. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields, la cinquantaine, élève seule son fils Jamie. Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes pour que le garçon, aujourd’hui adolescent, s’ouvre à d’autres regards sur le monde : Abbie, artiste punk à l’esprit frondeur qui habite chez Dorothea, et sa voisine Julie, 17 ans, aussi futée qu’insoumise… (Allociné)

20th Century Women (zffiche)

20th Century Women trace le portrait de cinq personnages (trois femmes de générations différentes, un adolescent et un homme), mais également celui d’une époque, nous ramenant ainsi quarante ans en arrière. C’est également un film initiatique sur l’adolescence, les questions, les doutes qui marquent cette période de la vie de chacun.e. J’ai beaucoup apprécié son côté féministe, très affirmé. Une histoire très humaine, très juste, qui souffre cependant de quelques longueurs. En outre, il manque aussi un petit quelque chose, une petite étincelle, pour qu’il soit davantage qu’un bon film, à voir une fois.

  1. Je danserai si je veux, de Maysaloun Hamoud

Layla, Salma et Nour, 3 jeunes femmes palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin du carcan de leurs villes d’origine et à l’abri des regards réprobateurs. Mais le chemin vers la liberté est jalonné d’épreuves… (Allociné)

Je danserai si je veux (affiche)

Un très beau film porté par trois actrices sublimes de force et de vie. Elles sont différentes – notamment Nour qui arrive en ville portant sur ses épaules tout le poids des traditions et de la religion – mais néanmoins leurs rêves se rejoignent et l’amitié se met en place. Elles veulent une autre vie, une vie libre qu’elles pourraient mener comme elles le souhaitent. Désir qui semble normal pour une Française et qui, pourtant, leur est sans cesse refusé. Elles tentent de faire tomber les barrières du système patriarcal en place, ce carcan conservateur qui enferme une moitié de la population sous prétexte qu’elle est née femme. J’en suis sortie révoltée, indignée contre ce sexisme toujours présent, contre ces religions qui semblent tout justifier, contre ces injustices. Je danserai si je veux sort le 12 avril et je ne peux que vous le conseiller.

  1. Split, de M. Night Shyamalan

 Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats. (Allociné)

Split (affiche)

L’histoire en elle-même est fascinante. 23 personnalités cohabitant dans un seul corps, une 24e en approche. Et ceci est d’autant plus fascinant que le film de Night Shyamalan est inspirée de l’histoire de Billy Milligan (1955-2014) qui abritait lui aussi 24 personnalités. D’ailleurs Daniel Keyes (l’auteur du génial Des Fleurs pour Algernon) a écrit un livre à ce sujet intitulé Les Mille et une vies de Billy Milligan en rencontrant toutes les personnes impliquées dans l’affaire… y compris les 24 personnalités de Billy.
J’ai bien aimé la première partie du film avec la découverte des personnalités de Kevin. J’aurais aimé toutes les connaître, constater leurs différences (de caractère, de métabolisme, etc.), mais finalement… cinq (en comptant très large) sont exploitées et c’est bien dommage (surtout quand on te met les 23 personnalités en avant sur l’affiche et dans la bande-annonce). Le réalisateur se concentre seulement sur quelques-unes pour nous permettre de les découvrir en profondeur, ce qui est moyennement réussi (pourquoi Hedwig, gamin de neuf ans, a le pouvoir dans la tête de Kevin ? pourquoi vingt personnalités, certaines étant particulièrement intelligentes, se sont laissées dominer par trois autres (dont Hedwig) ?). Cependant, James McAvoy est génial, se métamorphosant subtilement en changeant sa voix, son regard, sa posture. Ainsi l’angoisse des trois prisonnières et du spectateur fluctue en fonction de quelle personnalité « prend la lumière ».
En revanche, la suite m’a parue longue et poussive. L’arrivée de La Bête (la transformation en monstre ne m’a pas convaincue…), les poursuites dans des couloirs mal éclairés, les meurtres, c’était décevant. On part d’une pathologie mal connue, controversée, passionnante qui interroge sur ce dont le cerveau est capable et… le tout se transforme en pseudo film d’horreur au scénario typiquement américain et totalement prévisible. Un véritable gâchis du potentiel de l’histoire et un peu une déception donc.

  1. T2 Trainspotting, de Danny Boyle

D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison.
Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton revient au seul endroit qu’il n’ait jamais considéré comme son foyer. Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent.
Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…
(Allociné)

T2 Trainspotting (affiche)

J’avais adoré Trainspotting, le premier, sorti en 1996 (et découvert en 2017), je suis donc allée voir sans trop tarder ce second opus, tourné vingt ans après par le même réalisateur avec les mêmes acteurs. Et le plaisir a été au rendez-vous ! Pour plusieurs raisons, j’ai trouvé cette suite excellente :

  • pour les retrouvailles avec Mark, Spud (Spud me fait beaucoup rire en plus de m’attendrir terriblement), Sick Boy et Begbie le psychopathe: le quatuor composé d’Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller et Robert Carlyle est toujours en forme et toujours aussi convaincant ;
  • pour l’humour et le rythme du film ;
  • pour la bande-son géniale ;
  • pour l’histoire en elle-même.

L’histoire a d’ailleurs un peu changée. Si l’héroïne était véritablement au cœur du premier film, elle est ici secondaire, notamment parce qu’elle est moins consommée (à part par Spud. Bon, Sick Boy, de son côté, est accro la coke). Le cœur du film est le retour de Mark au pays après avoir arnaqué ses copains avec toutes les rancœurs que cela ranime, tous les souvenirs d’amitié que cela ravive, tous les désirs de vengeance que cela suscite… Bien que tout de même beaucoup plus sage que l’original qui comportait son lot de scènes à la fois trash et déjantées, T2, de pari risqué, est devenu aujourd’hui un pari réussi.

  1. Noces, de Stephan Streker

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir. (Allociné)

Noces (affiche)

Oui, après Je danserai si je veux, encore un film où l’histoire est totalement désespérante et frustrante tant elle semble nous dire que rien ne bouge, que rien ne change et que les femmes seront toujours confrontées à l’injustice et l’inégalité. Différents points de vue sur ce mariage forcé nous sont exposés au cours du film : celui des parents qui exigent ce mariage pour ne pas perdre leur honneur, celui de la grande sœur résignée après avoir elle-aussi connu cette situation, celui d’Aurore, l’amie de Zahira, qui porte sur cette tradition le même regard révolté et abasourdi que moi (et qui bénéficie de l’appui de son père pour soutenir Zahira) ou encore celui du frère un peu perdu entre ces volontés contradictoires. Je n’arrive décidément pas à comprendre des personnages (des personnes même) comme la mère ou la grande sœur qui, ayant été forcées à épouser un homme qu’elles ne connaissaient pas, se liguent à leur tour pour imposer cette tradition aux générations suivantes. Les acteurs et actrices sont excellents. Notamment la lumineuse Lina El Arabi qui interprète le rôle de Zahira et qui est tout simplement sublime. D’ailleurs, la caméra ne s’y trompe pas et ne la quitte guère du regard. Un très beau film qui, s’il reste assez prévisible au niveau de l’histoire (et d’autant plus si l’on connaît le fait divers dont il s’inspire, ce qui n’était pas mon cas), dénonce une situation à la fois terrible et encore banale dans de nombreux pays.

Mustang (couverture)

Petit aparté pour vous dire deux mots sur un film magnifique sur le même sujet que j’ai adoré au cinéma et que j’ai adoré à nouveau quand je l’ai revu en DVD il y a quelques jours : Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Ce film sorti en 2015 raconte l’histoire de cinq sœurs élevées par leur grand-mère dans un petit village turc. Pour fêter la fin de l’année scolaire, les cinq filles se rendent à la plage et jouent avec des garçons. Scandale au village et la joyeuse maison familiale se transforme en prison tandis que la famille commence à arranger au plus vite le mariage des impudentes. Les cinq actrices sont éblouissantes et, faisant souffler sur le film et leur village un vent de rébellion, offrent à cette histoire toute la force qu’elle méritait. Les cinq sœurs sont différentes, elles ont chacune leur caractère (plus ou moins fort) et, toutes à leurs rêves de liberté, elles tentent à leur façon de s’affranchir des barrières qui barrent leur chemin pour trouver leur bonheur. L’histoire est extrêmement subtile et réaliste, les filles sont à la fois drôles, entraînantes et bouleversantes, le film en lui-même est superbe et c’est un véritable coup de cœur que je vous conseille vraiment !

  1. Chez nous, de Lucas Belvaux

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales. (Allociné)

Chez nous (affiche)

Je sais qu’il y a eu bon nombre de polémiques autour de ce film avant même qu’il ne sorte en salles, mais je n’y ai pas tellement prêté attention. C’est pourquoi je suis arrivée sans idées préconçues au cinéma. Le propos du film reste malheureusement très concret. Au programme : endoctrinement, populisme, dédiabolisation grâce à un visage connu et souriant… Pourtant, les personnages, quelle que soit leur opinion, ne sont jamais jugés par le réalisateur. L’écriture est vraiment fine par cet aspect-là et les acteurs particulièrement convaincants, d’André Dussolier en manipulateur de l’ombre à Anne Marivin en sympathisante en passant par Emilie Dequenne, simple et proche des gens.. Cependant, je ne ressors pas avec l’impression d’avoir découvert quelque chose. Que la politique soit affaire de manipulation, on le savait déjà… Un film engagé et malheureusement très évocateur…

  1. Les figures de l’ombre, de Theodore Melfi

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran. (Allociné)

Les figures de l'ombre (affiche)

Il n’y a pas longtemps, Pénélope Bagieu a publié les deux premiers tomes des Culottées qui dévoilent le destin de femmes fortes qui ont marqué leur domaine, qu’il soit scientifique, artistique ou autre. Voilà un film qui, à son tour, nous prouve que oui, les femmes ont participé à écrire l’histoire, même si elles ont longtemps été maintenues dans l’ombre. C’est important de raconter ces histoires à travers des livres ou des films comme Les Culottées ou Les figures de l’ombre. Et à travers ses trois femmes qui évoluent dans une Amérique ségrégationniste et un univers majoritairement masculin, on peut également saluer le courage de toutes les femmes, femmes noires qui plus est, qui, à chaque pas de leur vie, devaient faire leurs preuves, redresser la tête et continuer à avancer. Les trois actrices forment un trio magnifique, rayonnant d’intelligence, de ténacité, de bonne humeur et d’espoir. Et gare à ceux, Blancs ou Noirs, qui tenteront de les décourager. Les figures de l’ombre est décidément un film instructif et intéressant, avec en plus une pointe d’humour de-ci de-là.

  1. Logan, de James Mangold

Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui. (Allociné)

Logan (affiche)

Généralement, face à un film de super-héros (qu’il soit Marvel ou DC Comics), soit je n’aime pas, soit je trouve ça bien pour le jour où tu n’as pas trop envie de te prendre la tête. Jusque-là, seul Batman : The Dark Knight avait réussi à sortir du lot grâce à la performance d’Heath Ledger en Joker. Mais là, avec Logan, j’ai été agréablement surprise. J’aime bien certains films X-men et j’en déteste d’autres (à l’image du dernier sorti, Apocalypse). Si l’histoire ne se démarque pas par son originalité, c’est son ambiance qui m’a plu. Drôlement plus sombre que tous les autres films du genre. Wolverine n’est plus la bête indestructible qu’il était auparavant, il est malade, fatigué et n’a plus tous les réflexes de sa jeunesse. Et ne parlons pas du professeur X. Bref, l’atmosphère est sombre et triste, c’est la fin. Mais il y a quand même de l’action et Wolverine a l’occasion de se servir de ses griffes. Beaucoup plus que dans les films précédents si mes souvenirs sont bons. A l’instar de sa nouvelle protégée, Laura, avec qui il nouera une relation touchante, jouée avec beaucoup de sobriété. Précisons que la petite Dafne Keen y est impressionnante et attire le regard ! Elle parle peu, mais son regard et son visage en disent long. Violence, poussière, fin d’une époque, Logan se démarque définitivement des autres films Marvel.

  1. 1:54, de Yan England

À 16 ans, Tim est un jeune homme timide, brillant, et doté d’un talent sportif naturel. Mais la pression qu’il subit le poussera jusque dans ses derniers retranchements, là où les limites humaines atteignent le point de non-retour. (Allociné)

1:54 (affiche)

Assez mauvais ce résumé, je trouve. En se fiant seulement à cela, on pense que le film parle essentiellement de sport (la bande annonce aussi met surtout l’accent sur cet aspect) et on se retrouve comme moi à tomber des nues en découvrant que le sujet est le harcèlement scolaire. 1:54 raconte en effet le calvaire vécu par Tim, harcelé par les rois du bahut. Il n’a qu’un seul ami, Francis, lui aussi souffre-douleur. Raison de cet acharnement : leur (supposée) homosexualité. C’est donc un portrait dur mais tristement réaliste du lycée que trace 1:54. La violence des élèves et le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux y sont montrés sans fard, tout comme leurs répercutions dramatiques. L’ambiance est lourde et troublante. Ni Tim, ni Francis, ni le spectateur ne parviendra à sortir la tête hors de l’eau. Le réalisateur, Yan England, ne prend pas de pincettes pour dépeindre cette tragique situation.
Dans le rôle de Tim, on retrouve Antoine-Olivier Pilon, la révélation de Mommy, film de Xavier Dolan sorti en 2014, qui, pour l’anecdote, avait déjà joué une victime de harcèlement scolaire dans le clip « College Boy » d’Indochine, filmé par ce même Xavier Dolan. Décidément, il ne change pas beaucoup de rôle ! Il donne cependant parfaitement vie à cet adolescent touchant, d’une part décidé à s’en sortir, mais complètement désemparé d’autre part.
Si on peut reprocher à ce film de vouloir dire un peu trop de choses en 1h45, 1:54 reste un drame assez dérangeant au final.

  1. La Belle et la Bête, de Bill Condon

Fin du XVIIIe siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction. (Allociné)

La Belle et la Bête (affiche)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette adaptation live du dessin animé Disney était très attendue. Je comptais patienter un peu avant d’aller le voir, mais les critiques dithyrambiques que j’ai pu lire m’ont vraiment incitée à aller le voir au plus vite. Malheureusement, de mon côté, je ne peux pas parler de coup de cœur, seulement d’un très bon moment. Je n’ai vu pratiquement aucune adaptation live (c’est comme avec les remakes – voir Kong : Skull Island un peu plus bas –, j’ai du mal, je préférerais que Disney nous propose quelque chose de nouveau) à l’exception d’Alice aux pays des merveilles (pour Tim Burton et quelle déception ce fut !) et de Maléfique (parce qu’on m’a tannée pour que je le voie enfin). Là, c’était surtout la présence d’Emma Watson qui me donnait très envie de le voir (que voulez-vous, quand elle est dans un film, j’ai du mal à ne pas aller le voir). Et parce que j’aime beaucoup ce conte et son héroïne libre, indépendante et amoureuse des livres. Cependant, je l’ai trouvé long et un peu lent à cause des nouvelles chansons que je ne trouve pas toutes formidables. J’avais parfois envie qu’ils arrêtent de chanter et qu’on avance un peu dans l’histoire. J’adore pourtant les comédies musicales, mais là, c’était parfois un peu trop (donc si la chansonnette et les comédies musicales ne sont pas votre tasse de thé, passez votre chemin). Et je savais qu’ils avaient été très fidèles au dessin animé, mais je crois que, pour un film, j’aurais apprécié une ambiance un peu plus sombre.
Par contre, on s’en prend plein les yeux et c’est le gros point fort du film. Les décors, les costumes, le château, tout est magnifique. Le casting est excellent et les interprétations tout à fait convaincantes. Emma Watson est lumineuse et nous montre toute la bonté, le courage, l’intelligence et la gentillesse de Belle. Elle a une très belle relation avec son père, j’ai apprécié la complicité entre ces deux-là. La Bête est touchante aussi, aussi maladroite et drôle qu’imposante (pourquoi faut-il qu’il se transforme en humain à la fin ? Que ce soit le dessin animé, ce film-là ou même celui de Cocteau, je suis toujours déçue en découvrant le prince…). J’adore toujours autant Big Ben et Lumière (Ian McKellen et Ewan McGregor géniaux) et, dans le rôle du vrai monstre du conte, un Luke Evans qui incarne un Gaston parfaitement détestable. On a fait tout un pataquès autour du personnage gay, LeFou, mais au final, il n’y avait pas vraiment de quoi. Et si je trouve qu’un peu de variété est une bonne chose, là, on peut dire vive les clichés… J’aurais aimé écrire une critique enthousiaste racontant mon transport devant ce film qui m’aurait profondément émue, mais, à mon goût, La Belle et la Bête n’est qu’une adaptation très réussie, visuellement éblouissante et au casting sans reproche, qui souffre toutefois de longueurs.

  1. Freaks, de Tod Browning

Des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s’exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l’écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l’acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d’une belle somme, celle-ci décide de le duper avec la complicité de son amant Hercule. (Allociné)

Freaks (affiche)

Tous les jeudis, l’opération « UGC Culte » diffuse sur grands écrans des classiques du septième art. Quel plaisir de découvrir que Freaks, film que j’adore, allait être projeté ce dernier jeudi de mars. Ce film de Tod Browning (qui a également réalisé le génial Dracula avec Bela Lugosi) avait tant scandalisé le public lors de sa sortie en 1932 qu’il a disparu pendant trente ans. Heureusement que des cinéphiles ont permis à ce film totalement atypique d’être redécouvert par le grand public. Tourné avec de personnes réellement atteintes de malformations (qui jouent donc leur propre rôle), c’est un film sombre et dérangeant dans lequel la monstruosité n’est pas forcément là où elle semble être. Certains ont le corps déformé, mais chez d’autres, même chez les plus belles jeunes femmes, c’est leur cœur qui est hideux. Le regard de Tod Browning sur sa « monstrueuse parade » est lucide et certaines scènes sont particulièrement dures tandis que d’autres peuvent mettre mal à l’aise le spectateur. Il aborde avec intelligence les sujets de la différence, de l’intolérance et de la bassesse humaine. Un film troublant et unique à l’atmosphère inquiétante.

  1. Kong : Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… (Allociné)

Kong (affiche)

Kong : Skull Island n’est clairement pas un film que je serais allée voir toute seule, mais ça me permet de découvrir des films que je n’aurai pas vus autrement. Quoi qu’il en soit, cette critique, j’aurais pu l’écrire avant même d’aller voir le film.
Toujours plus. Toujours plus grand, toujours plus fort, toujours plus d’effets spéciaux, toujours plus d’action, toujours plus de balles, toujours plus de bombes… Des lézards-dinosaures-dragons au design… intéressant. Il y a une volonté d’en faire toujours plus qui ne m’impressionne pas et qui me fait doucement rigoler. Dommage qu’ils ne travaillent pas autant sur l’histoire et les personnages que sur les effets spéciaux. Je ne porte pas les énièmes remakes dans mon cœur et j’aime trop les vieux films. Donc pour moi, King Kong restera la peluche du film de 1933.

Kong - King Kong 1933

Ok, ça n’a pas tout à fait la même gueule, mais peu importe.

 En plus, j’ai fulminé pendant tout le film à cause de Samuel L. Jackson, qui joue un colonel obtus qui ne pense qu’à tuer Kong. Son personnage est cliché, mais il m’a quand même énervée. Ok, Kong a écrabouillé quelques hélicoptères, mais, premièrement, il ne faisait que défendre son territoire et, deuxièmement, vous n’aviez qu’à vous éloigner quand ça a commencé à tourner au vinaigre. Je ne comprends pas quelle est cette pulsion humaine qui pousse à détruire, à tuer, à devenir roi même sur une île où ils n’ont clairement pas les moyens de l’être. Et ses hommes qui obéissent comme des toutous (sauf évidemment à la fin dans un retournement totalement attendu)… Bref, ce principe de l’obéissance totale dans l’armée, ce n’est pas ma tasse de thé et, du coup, j’ai passé la moitié du film à les insulter mentalement et à leur dire ce qu’ils devaient faire. On ne fait pas de mal aux animaux. Point. Oui, je sais que ce n’est qu’un film, mais je vis les choses à fond. Et heureusement que j’étais là pour me mettre en colère toute seule car, à côté de ça, le film ne génère pas beaucoup d’émotions.
Après, oui, il y a de l’action, les effets spéciaux sont bien foutus, donc si vous aimez ces films, vous passerez sans doute un bon moment (je ne peux d’ailleurs pas dire que je me suis ennuyée ou autre). Par contre, si vous voulez des personnages subtils et un scénario intéressant, vous ne trouverez pas de ça dans ce film. Quant à moi, je préfère toujours les bidouillages et les effets ratés des vieux films.

 

Rendez-vous au cinéma ! – Février 2017

Et voici le bilan de mes découvertes cinématographiques du mois de février !

Tous en scène (affiche)

  1. Tous en scène, de Garth Jennings

N’aimant pas du tout Moi, moche et méchant ou Les Minions, je ne savais qu’attendre de cette nouvelle réalisation des studios Illumination. Et finalement, j’ai été très agréablement surprise. Le scénario est sympathique sans être révolutionnaire, mais l’animation est réussie, l’humour est au rendez-vous et les chansons sont très bien intégrées dans l’histoire qui est, heureusement, suffisamment développée autour des personnages (variés et crédibles, de la grande timide à l’ado rebelle en passant par la maman débordée et le jeune délinquant désireux d’échapper à son père) pour que l’on ne se lasse pas de la succession de chansons. Sans être un chef-d’œuvre, Tous en scène m’a fait passer un très bon moment.

Jackie (affiche)

  1. Jackie, de Pablo Larraín

C’est avant tout pour Nathalie Portman que je voulais voir ce film, mais ce n’était décidément pas le film à voir absolument ce mois-ci. Je l’ai trouvé inutilement lent. Je n’ai rien ressenti – sinon un vague ennui – face à ce portrait psychologique de cette First Lady décidée à rendre tous les hommages possibles à son mari défunt tant pour l’honorer une dernière fois que pour faire son deuil. Quand à Nathalie Portman, j’ai vu tant de critiques dithyrambiques sur la perfection de son jeu que j’ai été un peu surprise : je l’ai trouvé un peu agaçante, empotée et minaudante. La vraie Jackie était-elle vraiment ainsi ? Je n’ai rien appris du point de vue historique et je n’ai ressenti aucune sympathie pour les personnages.

La La Land (affiche)

  1. La La Land, de Damien Chazelle

Le film le plus attendu de ce début d’année ! En dépit du fait que les critiques ultra-dithyrambiques de ces dernières semaines me faisaient attendre LE chef-d’œuvre de la décennie et que j’en attendais donc davantage (je lui reproche notamment quelques longueurs), j’ai a-do-ré ! Les chansons sont chouettes (et je ne connais rien au chant, donc le fait que Ryan Gosling et Emma Stone soient des amateurs ne me dérange en aucun cas) et les musiques, qui, pour certaines, restent bien en tête, donnent envie de danser avec Mia et Sebastian. Les acteurs sont tellement vrais et attachants avec un Ryan Gosling tout en finesse et une Emma Stone tout simplement géniale, à la fois rigolote et touchante. Je ne pouvais que les aimer ! Et surtout, La La Land, c’est un plaisir pour les yeux. Coloré, lumineux, des lumières aux costumes, on sort avec des étoiles plein les mirettes. Un feel-good-movie poétique et dynamique qui rend hommage aux vieilles comédies musicales hollywoodiennes tout en leur redonnant un bon coup de fouet et de modernité. Et la BO du film est à peu près la seule chose que j’ai envie d’écouter depuis un mois !

Passengers (affiche)

  1. Passengers, de Morten Tyldum

Jennifer Lawrence et Chris Pratt, seuls passagers réveillés à bord d’un vaisseau (un chouette vaisseau, soit dit en passant !) en route pour une nouvelle colonie, arrivée prévue dans 90 ans : une histoire de deux Robinson Crusoé intergalactiques livrés à eux-mêmes alors que le vaisseau connaît vraisemblablement quelques problèmes techniques. Un huis-clos qui se laisse voir, sans trop fatiguer les neurones, l’idée est sympathique, mais ce film n’a rien de particulièrement innovant. J’ai lu plusieurs critiques soulignant le côté prenant, inquiétant de l’histoire, pourtant j’ai trouvé que le suspense était gâché par un scénario qui devenait de plus en plus prévisible tout comme chacune des péripéties (à un tel point que j’ai eu quelques fous rires…). Quant aux acteurs, je les ai trouvés globalement un peu lisses (sauf Chris Pratt quand il est encore seul). Un excellent démarrage, mais une qualité en baisse au fil du film.

Loving (affiche)

  1. Loving, de Jeff Nichols

L’histoire n’est pas compliquée : Richard et Mildred s’aiment. Sauf que voilà, il est blanc, elle est noire. Et en 1958, l’Amérique ségrégationniste ne voit pas leur mariage d’un bon œil. Loving, c’est une histoire touchante. Notamment grâce aux acteurs principaux au jeu parfaitement juste : Ruth Negga est aussi lumineuse et pleine d’espoir que Joel Edgerton est effacé et taciturne. C’est elle la porte-parole de leur famille et de leur amour tandis que ses mots à lui passent par ses silences et ses regards. De plus, le film évite tous les clichés qu’on aurait pu attendre de lui : des racistes blancs haineux, des scènes interminables de procès, pas de pathos excessif, ce genre de choses. On reste focalisé sur la famille Loving, la mise en scène est sobre et certains plans sont tout simplement magnifiques. Un très beau film.

Certaines femmes (affiche)

  1. Certaines femmes, de Kelly Reichardt

Pour le prix du film le plus ennuyeux du mois, Certaines femmes sera un sérieux concurrent à Jackie. J’y suis allée sur un coup de tête, ne sachant absolument pas de quoi il parlait. Ça m’apprendra. Ces quatre « portraits de femmes » dans un coin perdu du Montana sont d’une lenteur inouïe. Peu de dialogues, pas de musique, juste le silence pendant qu’on les regarde rouler en voiture ou se regarder sans mot dire. 1h47 de moments de vie si terre-à-terre au cinéma, c’est mortel… J’avoue, j’ai fait un micro somme (mais j’ai remarqué que je n’avais pas été la seule dans la salle !). J’ai trouvé ce film froid, terne et inexpressif. Pourquoi ce film ? (Et pourquoi suis-je allée le voir ?…)

Trainspotting (affiche)

  1. Trainspotting, de Danny Boyle

Je ne l’avais jamais vu même si j’en ai souvent entendu parler. Je ne l’ai jamais lu non plus même si le bouquin d’Irving Welsh m’attend depuis des années dans ma PAL. Je savais que le film parlait d’héroïnomanes écossais et c’est tout. J’ai souvent une petite réticence envers les films qui parlent de drogues, à cause du côté inéluctable de la rechute, je crois. Et effectivement, en dépit de toute sa bonne volonté, Mark Renton replonge toujours. Mais j’ai beaucoup aimé ce film. Le fond pas joyeux et parfois plutôt scabreux – on parle de l’addiction avec tous les malheurs qui en découlent ainsi que de l’avenir peu réjouissant qui semble attendre les jeunes Ecossais – est contrebalancé par de l’humour et un côté un peu délirant. La bande son est bonne et les acteurs excellents, Ewan McGregor en tête. Avec cette bande de copains d’aiguilles, tous aussi paumés les uns que les autres, Trainspotting aborde des sujets graves, parfois dramatiques, sans tomber dans le pathos ou le pessimisme. (Par contre, l’accent écossais… terrible.) Reste à voir si le 2, tourné vingt ans après, avec les mêmes acteurs, sera aussi bon.

Lion (affiche)

  1. Lion, de Garth Davis

Un très beau film – tiré d’une étonnante histoire vraie – sur l’adoption et la quête de ses origines. Comment Saroo, à 5 ans, s’est perdu au point de se retrouver à Calcutta, très loin de chez lui et a été adopté par un couple australien. Comment, à 30 ans, il a entamé une quête pour retrouver sa famille en cherchant son village sur Google Earth. Le ton est particulièrement juste. Le gamin qui joue le jeune Saroo est excellent. Il ne dit pas grand-chose, mais son regard noir fait passer beaucoup d’émotions. Dev Patel nous transmet également la détresse de celui qui est déchiré entre deux cultures, deux familles, deux volontés : d’une part, celle de retrouver sa mère biologique et son frère pour les rassurer sur son sort, de l’autre, celle de ne pas blesser sa mère adoptive. L’Inde est filmée dans toute sa beauté et dans toute son horreur : superbes paysages et misère humaine se côtoient sans cesse. Des problèmes aussi sordides que la vie à l’orphelinat ou le trafic d’enfants ne sont pas passés sous silence. En dépit de quelques longueurs dans la seconde partie du film, cela reste un beau moment de cinéma et une histoire très touchante.

Moonlight (affiche)

  1. Moonlight, de Barry Jenkins

Je suis ressortie assez mitigée de ce film qui nous fait suivre Chiron de l’enfance à l’âge adulte, en passant par l’adolescence. En réalité, le sujet, le fond est intéressant et m’a totalement convaincue, d’autant plus que le réalisateur ne tombe pas dans les clichés. Drogue, relation conflictuelle avec la mère, homophobie, délinquance… Il y a beaucoup de non-dits et les regards sont souvent plus importants que les mots. Les personnages sont parfois plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord et changent énormément en grandissant : Kevin se responsabilise (plaisir à retrouver Andre Holland alias Dr Algernon Edwards dans l’excellente série The Knick) tandis que Chiron se forge une carapace de caïd pour oublier les humiliations du passé. En dépit du fait que cette « transformation » m’a surprise au début, l’acteur Trevante Rhodes parvient tout à fait à montrer que, derrière cette montagne de muscles, sa sensibilité est toujours là. Et esthétiquement, il est plaisant à regarder. Vous allez donc me demander pourquoi je suis mitigée après tous ces points positifs ? Pour une seule raison. Parce que c’est LENT ! C’est extrêmement lent (et, par conséquent, long, trop looooong). Surtout l’enfance de Chiron à mon goût (à ce moment-là, je m’inquiétais vraiment pour la suite). Un film intéressant, mais qui ne mérite pas toutes les critiques dithyrambiques qu’il reçoit (ni l’Oscar du meilleur film non plus).

De sas en sas (affiche)

  1. De sas en sas, de Rachida Brakni

Dernier film du mois. Le long trajet de neuf femmes (et un homme et une fillette) de sas en sas, à travers la prison de Fleury-Mérogis, jusqu’au parloir où les attendent pères, frères, fils et maris. Suite à mes déceptions du mois, j’ai hésité avant d’aller le voir. Mais finalement, j’ai bien aimé. Les actrices sont convaincantes, le petit groupe fonctionne bien dans ses amitiés, ses connivences, mais aussi ses inimitiés qui deviennent de plus en plus violentes alors que les patiences s’amenuisent. On vit avec elle (notamment avec Marlène pour qui c’est la première fois) ce trajet oppressant avec ces grilles qui se ferment dans leur dos, ces portes qui claquent, ces clefs qui tournent dans les serrures. C’est long, il faut souvent attendre dans la chaleur d’un été caniculaire, les gardiens sont mutiques, les laissant dans l’ignorance et l’angoisse quand une sirène retentit et que des éclats de voix éclatent du côté des prisonniers. Réaliste quoi que parfois un peu théâtral, ce huis-clos étouffant dénonce aussi bien la culpabilité qui assaille parfois ces femmes – auraient-elles dû écouter plus, comprendre davantage, être plus présentes ? qu’ont-elles raté dans l’éducation de leur enfant ? auraient-elles pu empêcher ce qui s’est passé ? – que (indirectement) les conditions de travail des gardiens.

Voilà ! Et vous, les avez-vous vus, aimés ? Qu’êtes-vous allés voir ce mois-ci ?

Histoire illustrée de l’horreur, anthologie de Stephen Jones (2015)

Histoire illustrée de l’horreur (couverture)Précédés par un avant-propos de Neil Gaiman, dix chapitres écrits par des spécialistes présentent les évolutions d’à peu près tous les monstres de la littérature et du cinéma : suceurs de sang, morts-vivants, créations humaines comme Frankenstein et le Golem, loups-garous, fantômes, tueurs en série, sorcières, créatures lovecraftiennes, dinosaures et autres monstres des temps anciens ou encore extraterrestres.

Je ne regarde jamais les films d’horreurs qui sortent à notre époque, je ne les apprécie pas vraiment ; en revanche, je suis une fan absolue des vieux films dits d’épouvante (et qui, par conséquent, ne font absolument pas peur) depuis que j’ai découvert les Universal Monsters. Et, côté 7e art, l’Histoire illustrée de l’horreur se consacre quasiment exclusivement à ces films-là, ce qui ne pouvait que m’intéresser.

C’est un très bel objet. C’est évidemment la première chose que l’on remarque en faisant glisser l’ouvrage hors de son coffret cartonné. Grande taille, couverture rigide, alternance de pages noires et blanches, illustrations qui s’étalent en pleines pages, belles finitions. Cela donne tout de suite envie de s’y plonger.

C’est également un ouvrage très riche. Ce qui est à la fois un point positif et négatif (mais quand même plus positif que négatif !).
Positif car on apprend, on s’émerveille, on s’intéresse à de nouvelles créatures (par exemple, les zombies ne sont pas trop ma tasse de thé (même si j’ai adoré certains livres/films de morts-vivants) et le chapitre sur eux m’a vraiment donné envie d’aller voir ça d’un peu plus près). Les illustrations sont variées (tableaux, magazines pulp, affiches de films et couvertures de livres…) et permettent de découvrir des illustrateurs très talentueux. Globalement, les informations sont bien structurées, ce qui permet de suivre l’évolution du monstre au fil des années et force est de constater que certaines créatures ont beaucoup changé depuis leur création. C’est passionnant.
Négatif parfois à cause de la profusion de noms et de dates. J’ai parfois été perdue parmi tous les noms égrainés les uns après les autres dans l’article principal, ce qui m’a parfois (pas trop souvent heureusement) donné l’impression de lire un catalogue. Il y en a tant que lorsque, dans une légende, untel ou unetelle était évoqué, j’étais souvent obligée de retourner dans l’article en me demandant  « euh… qui c’est ça ? ».

Cette Histoire illustrée de l’horreur m’a donné envie de lire pas mal de livres et de voir beaucoup de films. C’est pourquoi j’aurais grandement apprécié une bibliographie et une filmographie pour chaque chapitre pour retrouver en clin d’œil une œuvre évoquée dans le texte. Du coup, j’ai constitué ma propre liste au fil de la lecture.

Un livre magnifiquement macabre et très complet à mon goût, parfait pour découvrir l’horreur dans toute sa splendeur.

« Il y a une certaine jouissance à donner forme à nos cauchemars. C’est pourquoi les auteurs de fiction d’horreur sont, paradoxalement, les personnes les plus gentilles, les plus douces et les plus drôles qui soient. (Et les auteurs de comédie des gens plus sombres, avec plus de problèmes et de démons qu’on pourrait croire.) »
Neil Gaiman, avant-propos « Ce dont nous ne parlerons pas »

Histoire illustrée de l’horreur, anthologie de Stephen Jones. Le Pré aux clercs, 2015. Traduit de l’anglais par Baptiste Nollet et Christian Vair. 256 pages.