Rendez-vous au cinéma ! – Avril 2017

Seulement six films présentés ce mois-ci, mais il y en a pour tous les goûts : comédie, blockbuster, film en costume, drame, western, thriller, film français/québécois/bulgare/danois…

  1. Ghost in the Shell, de Rupert Sanders

Dans un futur proche, le Major est unique en son genre : humaine sauvée d’un terrible accident, son corps aux capacités cybernétiques lui permet de lutter contre les plus dangereux criminels. Face à une menace d’un nouveau genre qui permet de pirater et de contrôler les esprits, le Major est la seule à pouvoir la combattre. Alors qu’elle s’apprête à affronter ce nouvel ennemi, elle découvre qu’on lui a menti : sa vie n’a pas été sauvée, on la lui a volée. Rien ne l’arrêtera pour comprendre son passé, trouver les responsables et les empêcher de recommencer avec d’autres. (Allociné)

Ghost in the Shell (affiche)

Je n’attendais rien de particulier de ce blockbuster, ne connaissant ni les mangas, ni les anime. J’apprécie les questions autour de l’humain et de la machine avec cette association d’un cerveau humain et d’un corps créé de toutes pièces. Etrangement, je me suis quelque peu attachée au Major au cours de sa quête de son identité, de son passé et de sa place dans la société. Esthétiquement, il est plutôt réussi (en même temps, c’est sans doute à peu près la seule attente que l’on peut avoir face à un film de cet acabit) même si j’avoue douter des hologrammes qui envahissent la ville. C’est ça, la particularité d’une ville du futur : des hologrammes ? Passons aux reproches : je l’ai trouvé un peu long à démarrer, il m’a bien fallu une demi-heure (pour autant que je sois capable d’évaluer le temps écoulé) avant de m’intéresser à l’histoire. Evidemment, je suis un peu chagrinée face à des personnages secondaires plutôt caricaturaux. Je ne suis pas non plus convaincue qu’il était essentiel à l’histoire d’exhiber ainsi la plastique de Scarlett Johansson. Si je ne suis pas sortie de la séance avec un enthousiasme débordant, je l’ai néanmoins trouvé distrayant (en dépit de mon ennui au début du film). Je n’en demandais pas davantage.

  1. Corporate, de Nicolas Silhol

Emilie Tesson-Hansen est une jeune et brillante responsable des Ressources Humaines, une « killeuse ». Suite à un drame dans son entreprise, une enquête est ouverte. Elle se retrouve en première ligne. Elle doit faire face à la pression de l’inspectrice du travail, mais aussi à sa hiérarchie qui menace de se retourner contre elle. Emilie est bien décidée à sauver sa peau. Jusqu’où restera-t-elle corporate ? (Allociné)

Corporate (affiche)

Corporate est un film intéressant et réaliste qui nous plonge dans un univers de requin totalement déshumanisé. Comme il est indiqué au début du film, les personnages sont fictifs, mais les méthodes de management sont réelles. Glaçant. Céline Sallette est tout à fait convaincante, mais j’ai trouvé les autres acteurs/personnages plutôt inexistants. Toutefois, comme La loi du marché (Stéphane Brizé, 2015), Corporate est un film un peu trop terre-à-terre à mon goût. Je ne me suis pas échappée, je n’ai pas tremblé pour les personnages. Il faut avouer que la mise en scène est classique, le déroulement de l’histoire prévisible et la fin attendue. Un film qui a l’avantage de dénoncer la souffrance au travail, mais dont le discours est peut-être un peu trop didactique pour être véritablement prenant.

  1. Brimstone, de Martin Koolhoven

Dans l’Ouest américain, à la fin du XIXe siècle. Liz, une jeune femme d’une vingtaine d’années, mène une vie paisible auprès de sa famille. Mais sa vie va basculer le jour où un sinistre prêcheur leur rend visite. Liz devra prendre la fuite face à cet homme qui la traque sans répit depuis l’enfance. (Allociné)

Brimstone (affiche)

Et dire que j’ai failli manquer ce film ! Western, thriller, ce film raconte le parcours d’une véritable guerrière qui, de toute façon, est contrainte de l’être dans un univers dominé par la religion et dans lequel la femme est soit un objet, soit un esclave sexuel. Dakota Fanning est excellente dans son interprétation et donne à son personnage beaucoup de force et d’émotion. Guy Pearce est véritablement détestable (un indice de la qualité de son jeu). Je connais surtout cet acteur pour son rôle de Felicia dans Priscilla, folle du désert : la rencontre avec ce prêcheur torturé et démoniaque ne pouvait qu’être brutale !
Si l’atmosphère est malsaine et oppressante, les images, les plans, les mouvements sont soignés et le résultat est visuellement superbe. Originalité du scénario : le film est divisé en plusieurs chapitres qui nous font remonter la vie de Liz jusqu’à la source de son malheur et de sa fuite éperdue.
Je suis sortie du cinéma remuée et perturbée, plus à cause de la violence psychologique du film que de la violence sanglante de certaines scènes. Coup de cœur peut-être, coup au cœur sûrement !

Coïncidence amusante : le même jour, j’ai également découvert l’audacieux Memento, de Christopher Nolan. Un film à la chronologie également inversée et dont le rôle-titre est également tenu par Guy Pearce.

Memento (affiche)

  1. Les mauvaises herbes, de Louis Bélanger

Jacques, comédien de théâtre, a accumulé une lourde dette auprès de Patenaude, un mafieux de Montréal. Poursuivi par ce dernier, il fuit précipitamment les lieux et se retrouve, en plein hiver, sur les terres de Simon, un ermite un tantinet illégal qui cultive du cannabis dans sa grange. (Allociné)

Les Mauvaises Herbes (affiche)

Je suis allée voir ce film sans rien attendre de particulier et finalement, quelle bonne surprise ! Des personnages attachants et complexes grâce à un excellent casting, de l’humour parfois absurde, mais toujours fin, un scénario original, de la tendresse… Un film humaniste et gentiment amoral, délicieusement servi par l’accent québécois. La fin est plutôt attendue et un peu trop sentimentale, mais elle va bien avec le film, donc je ne lui ferai pas davantage de reproches. Drôle et touchant sans être niaiseux. Rien à redire !

  1. The Young Lady, de William Oldroyd (VO: Lady Macbeth)

1865, Angleterre rurale. Katherine mène une vie malheureuse d’un mariage sans amour avec un lord qui a deux fois son âge. Un jour, elle tombe amoureuse d’un jeune palefrenier qui travaille sur les terres de son époux et découvre la passion. Habitée par ce puissant sentiment, Katherine est prête aux plus hautes trahisons pour vivre son amour impossible. (Allociné)

The Young Lady (affiche)

Si j’avais su, avant de voir le film, que le titre anglais était Lady Macbeth, je me serais attendue à cette descente dans la folie meurtrière. C’est d’ailleurs un nouvel exemple de changement de titre qui m’échappe un peu, mais je suppose que The Young Lady est plus parlant pour un public français que Lady Macbeth…
Si l’histoire évoque L’amant de Lady Chatterley de D.H. Lawrence, les paysages m’ont plongée dans Les Hauts de Hurlevent d’Emily Brontë avec ces landes désertes et battues par le vent. L’atmosphère est lourde dans cette bâtisse silencieuse et vide. C’est un beau film en costumes avec une jolie photographie, au style dépouillé et efficace : économie de paroles, de décors, de musique et d’action.
Je regrette toutefois que la psychologie des protagonistes ne soit pas plus fouillée : il y a, à mon goût, un manque d’épaisseur et de présence de la part des personnages masculins. En outre, je dois avouer que je ne comprends pas vraiment la passion entre Katherine et ce palefrenier brutal. En revanche, Florence Pugh incarne une Katherine à la fois glaciale et bouillonnante, fragile et décidée, ingénue et prête à tout. Elle inspire d’abord de la compassion – on la comprend et on espère la voir triompher – mais elle nous rend peu à peu complice de ses actes, ce qui fait naître un véritable sentiment de malaise. La fin est d’ailleurs tout à fait glaçante.
Je suis sortie du cinéma en me disant que l’histoire en faisait un peu trop, enchaînant les crimes et les drames,  mais en revenant dessus quelques jours après, The Young Lady m’apparaît comme un film troublant, maîtrisé et réussi.

  1. Glory, de Kristina Grozeva et Petar Valchanov (VO : Slava)

Tsanko, un cantonnier d’une cinquantaine d’années, trouve des billets de banque sur la voie ferrée qu’il est chargé d’entretenir. Plutôt que de les garder, l’honnête homme préfère les rendre à l’Etat qui en signe de reconnaissance organise une cérémonie en son honneur et lui offre une montre… qui ne fonctionne pas. Tsanko n’a qu’une envie : récupérer la vieille montre de famille qu’on ne lui a pas rendue. Commence alors une lutte absurde avec le Ministère des Transports et son service de relations publiques mené par la redoutable Julia Staikova pour retrouver l’objet. (Allociné)

Glory (affiche)

Ce film bulgare prend rapidement l’allure d’une fable absurde et cynique dénonçant la corruption de l’Etat. Il met en scène deux personnages parfaitement antagonistes : d’une part, un ouvrier bègue, honnête et aux valeurs chevillées au corps (Stefan Denolyubov), d’autre part, une bureaucrate carriériste, tyrannique et accrochée à son téléphone. Le premier – pour lequel on compatit – n’a aucune chance contre les mensonges et les évitements de la seconde – qui agace profondément. Tous deux sont toutefois parfaitement réalistes, crédibles et humains. Le film devient même presque cruel alors que l’on regarde la détresse de Tsanko. La fin, inattendue mais pas imprévisible, est intelligente. Malgré quelques détails qui m’ont agacée (la caméra à l’épaule à certains moments notamment), Glory, satire parfois ubuesque, m’a permis de toucher du doigt ce cinéma bulgare que je ne connais pas.

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4 réflexions au sujet de « Rendez-vous au cinéma ! – Avril 2017 »

  1. Je suis tellement contente de voir que quelqu’un partage ma grande passion vis à vis de Brimstone, quand je suis entrée dans la salle, je ne savais pas à quoi m’attendre, je pensais que ça serait plutôt l’histoire d’une chasse aux sorcières et quelle ne fut pas ma surprise quand je me suis retrouvée avec la révélation. Et la gamine qui joue Johanna est juste tellement talentueuse et magnifique. Remuée c’est rien de le dire.

    • C’est grâce à toi que je me suis décidée à aller le voir même s’il ne passait plus sur Paris, alors MERCI !
      Et oui, moi aussi, la bande-annonce m’avait fait pensé à une chasse aux sorcières (et je me demande pourquoi maintenant, à part pour la mère de Johanna attachée et bâillonnée).

      • Ah bon grâce à moi ? : o je suis joie ! Parce que oui ce film il mérite d’être vu tellement il offre des émotions pas très sympathiques certes mais au moins le spectateur vit et tremble. Puis les chapitres faisant référence à la genèse et le personnage de Gea Pearce détestable et fascinant (j’ai un gros problème avec les « méchants » des films je les aime beaucoup TT).
        Ouai la machine à la Hannibal lecteur, non mais c’est terrifiant, puis on va pas parler du gros gros tabou qui est exploité dans le film de façon remarquable. D’ailleurs comment il filme la tâche de sang de façon super délicate et triste ça renforce le côté horreur comparé aux autres scènes bien gores.
        Pardon je parle trop mais ce film il est entré dans le top 3 de mes préférés ♥-♥

      • Oui, parce qu’on avait un peu discuté quand j’avais publié mon bilan d’avril et tu m’avais dit que Brimstone avait été un énorme coup de cœur, et tu en avais remis une couche après en en parlant sur ton blog.
        Mais oui, il est horriblement dérangeant, mais c’est tellement bien filmé, bien raconté que le film n’est juste glauque pour dire de faire du glauque. Il est vraiment excellent. Chapeau au réalisateur et aux acteurs qui assurent vraiment.
        (Et j’aime bien quand tu parles trop ! 🙂 )

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