Bleu Blanc Sang, T2 : Blanc, de Bertrand Puard (2016)

Bleu Blanc Sang - 2 Blanc (couverture)Quatre toiles de Justine Latour-Maupaz (et non cinq comme l’indique la quatrième de couverture) doivent encore être retrouvées pour avoir une chance de sauver Clarissa, héritière de l’empire Tourre. Eva Brunante se lance à corps perdu dans cette quête qui se transforme en une véritable course contre la montre.

Voici donc le second tome de la trilogie Bleu Blanc Sang ! L’écriture est toujours aussi dynamique et les pages se tournent à une vitesse folle. Blanc est aussi prenant que Bleu ! J’entame ma lecture, un peu plus tard je regarde où j’en suis : page 148, déjà ! Les rebondissements sont encore une fois légion et le rythme ne faiblit pas. On s’attend sans cesse à un mauvais coup du camp adverse et on redoute ce qui va leur tomber sur le coin du nez. De plus, Bertrand Puard enclenche un mortel chronomètre car l’état de Clarissa se dégrade terriblement et il n’y a plus une minute à perdre.

Les pions se mettent en place pour une obscure partie d’échecs. Les membres d’une même famille se déchirent, mais jusqu’où iront-ils ? J’ai hâte d’avoir toutes les réponses, de découvrir comment cela va finir (sauveront-ils Clarissa ? la révolution mise en place par Riposte aboutira-t-elle ? quels autres secrets cache la dynastie Philidor ?) en me plongeant dans le troisième et dernier tome.

J’ai été ravie de retrouver les personnages troubles de Bleu, mais aussi d’en découvrir de nouveaux, notamment Romain Philidor (j’espère d’ailleurs le connaître un peu mieux avec le troisième tome). Nouveauté par rapport au premier tome : nous en apprenons davantage sur la mystérieuse Justine Latour-Maupaz par le biais de son journal intime.

Saga familiale, thriller, Bleu Blanc Sang dépeint également une situation politique semblable à celle que l’on connaît actuellement : abus des politiques, de droite comme de gauche, montée de l’extrême-droite, ras-le-bol général… D’ailleurs, la situation décrite par Bertrand Puard semble propice à une révolution à l’instar de celle de 1789 !

Tout simplement ébouriffant, ce second tome de la trilogie fracassante de Bertrand Puard tient donc toutes ses promesses !

« Tout s’était écroulé autour de moi. Il ne me restait plus que le refuge de ma création, et tout se passait comme si j’avais attendu cet instant ultime, lorsque plus rien ne vous retient à rien, pas même au souffle de la vie, pour enfin commencer mon œuvre. »

Bleu Blanc Sang, T2 : Blanc, Bertrand Puard. Hachette Romans, 2016. 309 pages.

Ma critique du tome 1 de Bleu Blanc Sang : Bleu

Bleu Blanc Sang - 3 Sang (couverture)

A bientôt pour une critique sur le troisième et dernier tome !

Bleu Blanc Sang, T1 : Bleu, de Bertrand Puard (2016)

Bleu Blanc Sang - 1 Bleu (couverture)Trois événements se produisent simultanément en ce 5 juin 2018. Une cérémonie funéraire se déroule à Notre-Dame en l’hommage du Président défunt : son propre frère, Patrice Tourre, est pressenti pour lui succéder. Un tableau d’une artiste inconnue du XVIIIe siècle est détruit au lance-roquette. Une autre toile de cette même artiste jusque-là obscure est vendue aux enchères pour la somme faramineuse de 53 millions de dollars. Mais qui est derrière ces événements ? Quelles forces s’affrontent dans l’ombre ? Pourquoi Justine Latour-Maupaz est-elle devenue l’artiste que l’on s’arrache ?

J’ai un peu entendu parler de cette trilogie sur les blogs et notamment du fait que les trois tomes sortaient simultanément (le 12 octobre 2016), ce qui est suffisamment rare pour être signalé. Ce brouhaha autour de Bleu Blanc Sang m’a intriguée, donc quand je l’ai vu dans la sélection de la dernière Masse Critique jeunesse de Babelio, je n’ai pas hésité et j’ai été choisi, donc merci Babelio, merci Hachette !

Les personnages sont parfaitement crédibles. Ils sont nombreux, mais on se les approprie rapidement. Certains sont plongés dans cette course aux tableaux contre leur gré, mais tous tentent de tirer leur épingle d’un jeu qu’ils ne comprennent pas toujours. J’ai beaucoup aimé le personnage d’un jeune militant appartenant à un groupement sans étiquette appelé Riposte dont le but est de « détruire les fondements de ce pays pour en construire des neufs ». A travers lui, Bertrand Puard fait une critique assez acérée de notre société.

L’histoire tourne autour de l’art, de la révolutionnaire Justine Latour-Maupas et de ses douze tableaux, mais prend place dans un monde de politique, de finances, d’affaires. Des sujets qui ne m’intéressent pas, mais pourtant, Bertrand Puard a su me faire rentrer dans ce monde de requins (bravo à lui). C’est aussi un univers impitoyable où les puissants s’affrontent, où l’argent permet beaucoup de choses. Et un univers où les rancœurs familiales sont légions. J’ai notamment été abasourdie par le mépris d’un père pour son cadet (je n’en dis pas plus).

L’écriture est très fluide, très vive. Les chapitres sont courts et alternent les points de vue, poussant le lecteur à lire un peu plus pour en savoir davantage. La fin ne fait pas exception et donne envie de se jeter littéralement sur le deuxième tome.
L’énigme progresse tellement dans ce tome que je me suis demandée comme l’auteur a pu écrire deux autres tomes, mais je ne me fais pas trop de soucis. Au vu de ce démarrage sur les chapeaux de roues, je suis certaine que Bertrand Puard nous réserve bien des surprises et des retournements de situation dans la suite de sa trilogie !

Une écriture qui nous embarque littéralement, 300 pages qui se lisent trop vite, des personnages qui prennent de l’ampleur au fil du récit, une intrigue bien construite entre art et pouvoir… Bleu est un thriller très très réussi qui donne envie de découvrir la suite !

 « Là était le nœud, la clef.
Oui, Hugo sentait monter une machination énorme, aux multiples strates, un scandale qui ferait tomber plusieurs têtes, peut-être des plus connues et respectées.
Et il n’allait pas laisser passer cette occasion. Depuis le temps qu’il rêvait de pouvoir les nettoyer, ces écuries d’Augias qui encombraient le monde !
Nettoyer les écuries d’Augias. Penser qu’un simple citoyen, à présent, avec l’aide d’Internet, pouvait le faire grâce à son seul discernement et à sa grande énergie ! N’était-ce pas une utopie de rêveur, de philosophe ?
Plus maintenant. »

Bleu Blanc Sang, T1 : Bleu, Bertrand Puard. Hachette Romans, 2016. 309 pages.

Mes critiques de Blanc et de Sang

Une forêt obscure, de Fabio M. Mitchelli (2016)

Une forêt obscure (couverture)Pendant qu’à Montréal, Luka Ricci, désespéré d’accéder à la célébrité, assassine son amant d’un soir avant de poster la vidéo sur Internet, la police de Juneau, capitale de l’Etat de l’Alaska, découvre deux adolescentes en état de choc, mutiques et portant des traces de coups. Au milieu, le chasseur Daniel Singleton, violeur et tueur en série, s’amuse depuis sa cellule en dévoilant des informations au compte-goutte.

Ce roman est librement inspiré du meurtre commis par Luka Rocco Magnotta en 2012, ainsi que des crimes de Robert Christian Hansen, qui a violé et assassiné 17 femmes entre 1971 et 1983.

 

Dans Une forêt obscure, nous avons donc une double enquête. La première est menée à Montréal par Louise Beaulieu, une jeune flic pleine de fougue et de franchise, accro aux jeux en ligne ; la seconde par Carrie Callan, fille d’un policier assassiné par un criminel jamais identifié et mère de la petite Clara qui souffre de progeria. Les deux affaires se rejoindront et les deux policières exhumeront de terribles secrets.

Une forêt obscure n’est pas un policier où l’on cherche à identifier les coupables. On sait dès le début qui ils sont car les narrateurs sont alternés (et les coupables aussi peuvent être narrateurs). Le roman porte sur l’enquête, sur les fils que tirent les deux policières pour remonter jusqu’à eux. Et en même temps, on découvre d’autres secrets que certains espéraient voir enfouis à jamais.

Il utilise des faits réels (comme dans son roman La compassion du diable que je n’ai pas lu où il s’inspirait des crimes de Jeffrey Dahmer), mais ses personnages de fiction sont tout aussi forts que les personnages réels. Ses deux héroïnes forment un duo de choc qui est loin d’être parfait car toutes deux ont leurs faiblesses. L’auteur s’approprie totalement la vie et les crimes de Magnotta et d’Hansen et nous propose ainsi un mélange faits réels/fiction très réussi.

 

Fabio M. Mitchelli plante son décor avec finesse et a vraiment instillé une ambiance particulière à son livre. Une ambiance froide, pesante, avec ce soleil d’Alaska qui ne se couche jamais vraiment, cette luminosité quasi permanente qui engourdit, qui épuise. Il nous immerge dans cette région profondément traumatisée par la catastrophe de l’Exxon Valdez qui, s’échouant sur les côtes alaskiennes, provoqua une immense marée noire en 1989. « Une catastrophe écologique et psychologique qui avait marqué au fer rouge toute une population… » La forêt de Tongass est également très présente, elle est presque un personnage à part entière. Elle fascine et pèse en même temps.

De la même manière, il retranscrit cet accent québécois inimitable, ce qui donne vraiment plus de corps à Louise et au récit.

Une forêt obscure est un roman très noir, très sombre, marqué par le poids des secrets, des douleurs, des noirceurs de chacun. Il parle du déni, des failles de chacun, du fait que tout le monde peut, un jour, basculer. Il n’y a pas énormément de scènes de violence, de meurtres, alors que les crimes de chacun sont légions ; en revanche, c’est très pesant psychologiquement.

 

Les rencontres entre Daniel Singleton, alias Robert Hansen, et Louise sont un clin d’œil très appuyé à Hannibal Lecter et au Silence des Agneaux. C’est amusant au début, mais c’est un peu trop appuyé à mon goût peut-être.

Un thriller choral que j’ai trouvé très réussi, avec des personnages à la psychologie et au passé très fouillés, des révélations jusqu’au bout et un rythme qui ne souffre d’aucun temps mort.

 « Elle savait que le soleil allait très bientôt illuminer Juneau presque vingt heures sur vingt-quatre. Des journées infinies, l’illusion d’un monde étincelant en permanence, un piège pour l’étranger qui débarquait en Alaska en cette saison pour la première fois. »

« L’enfance, c’est un miroir qui absorbe les images, les émotions, et qui les reflétera plus tard dans votre vie d’adulte. C’est un miroir derrière lequel il aurait fallu rester caché et ne pas grandir. L’enfance, c’est une blessure qui se referme et qui s’infecte à mesure que l’on devient adulte. »

« A Juneau, les secrets devaient demeurer des secrets. »

Une forêt obscure, Fabio M. Mitchelli. Robert Laffont, coll. La Bête Noire, 2016. 399 pages.

The End of the World Running Club, d’Adrian J. Walker (2016)

The End of the World Running Club (couverture)L’hémisphère nord est durement frappé par une pluie d’astéroïdes. Le Royaume-Uni est dévasté. Edgar et sa famille se réfugient dans une caserne militaire encore debout en attendant les secours. Malheureusement, Edgar est en ville pour une mission de réapprovisionnement quand les hélicoptères arrivent et emmènent sa famille et le reste de la colonie. Pour lui, et six compagnons d’infortune, la seule solution pour embarquer sur les bateaux qui les conduiront vers la civilisation est de courir. Courir plus de huit cents kilomètres.

Décidément, je crois que je prends de plus en plus goût à la science-fiction, à toute cette littérature qui pose comme question initiale « Et si… ? ». J’ai préféré Station Eleven, mais The End of the World Running Club est également très prenant. Les cinq cents pages ont défilé sous mes doigts comme les kilomètres sous les pieds d’Edgar. Contrairement à d’autres lecteurs, je n’ai pas ressenti de longueurs. Notamment parce que finalement, ils se mettent à courir assez tardivement dans le livre, la première moitié du roman étant essentiellement focalisée sur la vie d’avant, la semaine passée à se protéger dans la cave, l’organisation à la caserne et le début de leur voyage (qui ne se fait pas en courant).

Edgar Hill est un personnage touchant bien que parfois agaçant par son caractère un peu mou. A 35 ans, il est loin d’être parfait. Mari et père absent, il se laisse dériver dans une vie qui ne lui convient pas. Il boit un peu trop, se laisse aller et se complaît dans des excuses bidons, du genre « être papa de deux enfants, c’est beaucoup de travail, je n’ai pas de temps pour moi » alors que Beth, sa femme, fait plus que sa part dans leur vie de famille. J’ai aimé les critiques qu’il fait de nos sociétés de consommation, de cette dictature de la vitesse et de la performance.
L’auteur ne tente pas de nous faire croire que cet individu quelque peu bedonnant va se transformer en coureur en deux jours. Non, pour Edgar, courir est un supplice de tous les instants. Mais être séparé de sa famille aussi comme il va s’en rendre compte. C’est donc ce puissant moteur qui va le jeter sur les routes d’Angleterre. Avec lui, on va connaître l’espoir, l’abattement, la fatigue, le courage, le désespoir.
Ses compagnons sont tout aussi réalistes et attachants, notamment Bryce, « l’ours » comme dirait la fille d’Edgar, ou Harvey, le vieil homme au sourire facile et au pas léger, ou encore Laura Grimes, militaire de son état, qui va peu à peu abandonner sa carapace d’autorité et de sévérité. Avec eux, il va connaître l’amitié et une vraie entraide.

Au cours de leur périple, ils feront des rencontres qui, comme on peut s’en douter, seront parfois très bonnes, parfois très mauvaises, chacun tentant de survivre selon ses moyens. Ils vont dont côtoyer la solidarité comme l’horreur et seront confrontés à des dérives qui arriveraient probablement en cas de fin du monde connu : tyrannie des plus puissants, des mieux armés, folie religieuse, etc.

Les rebondissements de l’histoire s’enchaînent avec fluidité et nous sommes rapidement capturés par cette ambiance sombre et inquiétante, pourtant Adrian J. Walker nous offre également un roman très visuel, parfois presque contemplatif avec de nombreuses images de ce panorama dévasté : tours déchirées, villes pulvérisées, zones inondées, nouveaux reliefs… Certes, cela doit être encore plus fort à visualiser lorsque l’on connaît le Royaume-Uni, mais ce paysage post-apocalyptique est très bien décrit.
Quant à la fin, elle ne tombe pas dans le travers du happy end et elle est plutôt bien trouvée, mais je ne vous en dis pas plus.

Attirée par le titre, j’ai découvert un bon roman post-apocalyptique qui, par ses personnages bien campés, m’a embarquée dès les premières pages pour une course désespérée à travers un Royaume-Uni hostile.

« Je crois ce que je crois pour rendre la vie moins terrifiante. Les croyances ne sont que cela : des histoires que nous nous racontons pour ne plus avoir peur. Les croyances n’ont pas grand-chose à voir avec la vérité.
Je ne sais pas. Croyance, mémoire, peur – ces choses vous freinent, vous alourdissent, vous empêchent d’avancer. Et moi, il faut que j’avance. Il faut que j’arrête de penser à tout ça. C’est ce qu’Harvey me dirait – arrête de penser, avance. Mais il est difficile d’arrêter de penser quand il n’y a personne d’autre que vous, une bougie et une vieille maison sur la côté croulante d’un pays en ruines. »

« La vérité, c’est que j’étais fatigué de tout ça. J’étais fatigué du vacarme et des vociférations d’un monde qui avait de moins en moins de sens et d’une vie qui m’avait mené exactement là où elle l’avait voulu. La vérité, c’est que la fin du monde, du moins pour moi, est venue comme un soulagement. »

The End of the World Running Club, Adrian J. Walker. Hugo & Cie, coll. Hugo thriller, 2016 (2015 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Australie/Angleterre) par David Fauquemberg. 557 pages.

Un hiver en enfer, de Jo Witek (2014)

Un hiver en enfer (couverture)Edward Barzac est un adolescent mal dans sa peau. Sa vie : des rituels à chaque instant, le harcèlement que lui font subir Sébastien Traval et Stéphane Bosco dans son lycée pourtant de si bonne réputation, l’Institut Saint-Nicolas, une autre vie dans les jeux vidéo en ligne. Et son père. La seule personne qui compte à ses yeux, la seule personne avec qui il partage des bons moments. Fragile psychologiquement, sa mère fait de fréquents séjours en institutions et, quand elle est à la maison, elle n’est guère plus qu’un fantôme. Elle n’a jamais eu de gestes d’amour pour lui.

Le jour où son père décède dans un accident de voiture, sa mère se métamorphose. La voilà devenue mère poule, mère aimante, mère possessive… mère dangereuse ?

J’ai découvert Jo Witek il y a peu, avec Peur express et – dans un autre genre – avec Mentine et c’est une bibliothécaire qui m’a recommandé celui-ci.

Les personnages évoluent dans ce qui devient peu à peu un thriller psychologique, plus qu’un thriller bourré d’action.

Plongé dans les pensées d’Edward, on s’attache tout de suite à cet ado mal dans sa peau, isolé, sans amis. Les épreuves que traverse Edward peuvent être celles de beaucoup de jeunes, qu’il s’agisse de la perte d’un parent ou du harcèlement scolaire. Mais jusqu’où peut aller sa violence suite à la perte déchirante de son père ? Quant à Rose, sa mère, pourquoi, comment a-t-elle perdu sa froideur pour devenir si aimante ? Est-ce qu’elle ment, est-ce qu’elle joue ?

Ce face-à-face oppressant est brillamment mené par Jo Witek.

L’ambiance devient de plus en plus pesante. Voilà qu’ils quittent leur belle demeure de la région parisienne pour s’installer dans leur chalet de Courchevel. Les rares soutiens d’Edward – son ancienne nourrice, la vieille cuisinière, un ami…  – disparaissent peu à peu de sa vie. Sa mère l’isole, le protège, le surveille. Qui est fou dans cette histoire ? Sa mère comme Edward le pense ? Edward qui serait devenu paranoïaque à la mort de son père ? Nous sommes tant immergés dans son esprit que l’on est tout à fait partant pour croire en la bonne fois d’Edward, mais se peut-il que tout soit si « simple » ?

Un thriller bien asphyxiant avec tous les ingrédients, notamment des personnages ambigus et une tension croissante maîtrisée…

 

« Les gosses n’étaient pas toujours en sécurité dans leur maison, car c’était là que pour certains leur vie se faisait bousiller à jamais. Une violence sans témoins, bien calfeutrée derrière les doubles rideaux. »

« Sa mère avait accepté qu’Henry-Pierre les rejoigne au chalet pour les vacances d’hiver. Il n’y comprenait plus rien. Cela n’avait pas de sens, plus de sens. Autour de lui, les murs de sa chambre se mirent à vaciller comme s’ils étaient faits de papier mâché. Comme si la pluie à l’extérieur pénétrait dans sa chambre, faisant couler les parois, emportant ses certitudes. »

Une interview de Jo Witek au sujet d’Un hiver en enfer sur le site des éditions Actes Sud Junior.

Un hiver en enfer, Jo Witek. Actes Sud Junior, 2014. 333 pages.