La promesse de l’océan, de Françoise Bourdin (2015)

La promesse de l'océan (couverture)Deuxième livre de Françoise Bourdin, après Au nom du père. Cette fois, le cadre est la Bretagne, l’héroïne se nomme Mahé Landrieux.

Et j’ai eu l’impression de relire le livre avec quelques nuances.

On retrouve encore une fille qui suit les traces de son père, père qui est frustré des succès de sa fille et terrifié à l’idée d’être par elle supplanté : « Qu’elle ait su reprendre le flambeau la comblait, mais qu’elle le porte plus haut que lui le dérangeait. » Erwan, comme Gabriel dans Au nom du père est égoïste, a peur de la mort et le fait payer à ses proches.

J’ai retrouvé les mêmes types de caractères, avec les mêmes schémas amoureux d’attirance, de répulsion, de séduction. Alors si le premier lu était cousu de fil blanc, que dire du second ?

On retrouve ce qui est peut-être le leitmotiv de Françoise Bourdin, à savoir fonder une famille ! Une préoccupation centrale chez tous les personnages, et non seulement chez des parents avides de petits-enfants, mais chez tous les personnages – notamment féminins évidemment – jeunes ou non. Armelle à 30 ans, dynamique, pleine de vie, déclare ainsi à son amie Mahé : « On doit se trouver des maris et faire des bébés. » On DOIT ! On doit ? Ah bon ?

En revanche, on se sent en Bretagne, le monde de la pêche est assez développé, c’est intéressant. Dommage que le scénario et les protagonistes ne soient pas aussi approfondis que le décor.

Mais je suis tout de même contente d’avoir pu découvrir une littérature que je ne connais pas vraiment, une auteure à succès que je n’avais jamais lue, et je remercie Babelio de me donner ce genre d’occasions. Qui sait si j’aurais un jour lu un Françoise Bourdin avec mes préjugés (je le reconnais, mais ils ont été confirmés malheureusement…) sans les opérations Masse Critique ?

Pour conclure la série Bourdin, je dirais que ce ne sont pas des mauvais livres (je ne connais pas assez la littérature de terroir ou les romans sentimentaux de cet acabit pour pouvoir comparer à d’autres auteurs), mais qu’ils correspondent aux attentes d’un certain lectorat dont je ne fais définitivement pas partie.

  « Toutes les forêts de Bretagne, même moins célèbres que celles de Paimpont – appelée à tort Brocéliande – recelaient des mystères, des étangs secrets, et peut-être des enchanteurs. Il suffisait de tomber sur une minuscule clairière, éclairée d’un rayon de soleil fin comme une épée et dardé à travers le feuillage, pour croire à la magie. »

 « Mais il ne jouait pas au Breton, ni à l’homme de la mer : il l’était dans l’âme, issu de six générations de pêcheurs, et il pouvait s’enorgueillir d’être le premier à avoir surmonté la pauvreté. »

La promesse de l’océan, Françoise Bourdin. Pocket, 2015 (Belfond, 2014, pour l’édition en grand format). 320 pages.

Autre livre de Françoise Bourdin : Au nom du père

Au nom du père, de Françoise Bourdin (2015)

Au nom du père (couverture)Je reviens sur mon blog après une longue absence notamment due à des travaux dans un nouvel appartement avec quelques critiques de livres reçus grâce à Babelio. Dont deux Françoise Bourdin…

Dans ce livre de Françoise Bourdin, nous suivons l’histoire sur quelques mois de la famille Larcher au cœur de la Sologne. Le père, Gérard, ancien champion de Formule 1, remâche incessamment son ancienne gloire. Albane, la mère, le supporte mais semble avoir son petit secret (peut-être pas si petit d’ailleurs). Quant aux trois enfants, Nicolas, Dan et Valentine, ils tentent de se débarrasser de l’ombre de leur père avec plus ou moins de succès.

Que dire ? L’écriture est fluide, parfois un peu trop simple, avec des descriptions un peu inutiles. (Une phrase m’avait surprise – mais elle apparaissait peut-être dans La promesse de l’océan –, elle disait – en gros car de tête – « Féru d’informatique, il maîtrisait les logiciels de gestion » (ou de compte, je ne sais plus). C’est le genre de phrase qui, selon moi, n’apporte rien. Il ne faut pas être féru d’informatique pour maîtriser un logiciel qui t’est plutôt essentiel dans ton boulot. Bref.)

Par contre, si vous attendez des rebondissements, vous risquez de patienter longtemps. L’histoire est tout de même cousue de fil blanc.

Les caractères des personnages sont variés, ce qui est plaisant. Ça rend la lecture évidement plus intéressante. Les femmes sont plutôt sympathiques : elles ont toute une force de caractère propre, ce qui est assez jubilatoire. Aucune ne se laisse marcher sur les pieds !

Les personnages pourraient être plus attachants (sauf le père qui n’évolue pas et qui reste jusqu’au bout imbuvable), peut-être si le livre allait plus loin dans la psychologie. Je ne dis pas qu’il n’y a pas de nuances, mais je les ai trouvées… grossières. Disons que, pour chaque personnage, tu as une torture, un regret unique, qui revient trop souvent, qui est trop rabâché.

La famille, la famille, toujours la famille est au cœur du bouquin. Avec évidemment son lot de secrets, de non-dits, de tensions, etc. La fin m’a quelque peu déçue. Un peu lisse à mon goût. Ce n’est pas forcément un happy end, mais c’est un peu convenu.

Si je devais résumer ? Je dirais que : conventionnel. Ça se lit vite et bien, mais que ça ne me laissera pas un souvenir impérissable. Cela dit, je n’avais jamais du Bourdin et je me coucherai donc moins ignorante ce soir.

 « Comme son frère, elle avait essayé à sa manière de marcher sur les traces de leur père, et elle y avait perdu sa propre identité. »

« Très tôt, Nicolas avait compris que l’univers de son père se résumait à lui-même. »

Au nom du père, Françoise Bourdin. Belfond, 2015. 308 pages.