Chemin perdu, d’Amélie Fléchais (2013)

Chemin perdu (couverture)Avec une copine qui aime beaucoup Amélie Fléchais, j’en avais beaucoup entendu parler, mais je n’en avais jamais lu avant de découvrir cette bande-dessinée. Chemin perdu donc. L’histoire de trois copains qui, au cours d’une chasse au trésor organisée par leur camp de vacances, se perdent dans la forêt et rencontrent une pléthore de créatures étranges.

Pour commencer, visuellement, Chemin perdu est magnifique. Amélie Fléchais a vraiment un style très personnel et unique. Les dessins sont très délicats et j’ai beaucoup apprécié ce noir et blanc sporadiquement ponctué de quelques cases (ou quelques planches) en couleur. Ce sont des explosions de couleurs et ces planches-là sont sublimes. Il y a un petit goût de Japon dans les traits d’Amélie Fléchais, quelque chose qui rappelle les mangas mais aussi les animés de Miyazaki – notamment de Princesse Mononoke – avec ces bestioles étranges, ces animaux géants, ces esprits des bois.

Chemin perduEn se perdant dans cette forêt, les trois garçons vont vivre une aventure étrange et onirique. On ne comprend pas tout, mais on se laisse porter de rencontres en rencontres. Malgré cela, j’ai eu un peu de mal avec cette intrigue. Le bizarre, l’onirique, les rencontres farfelues, le côté conte… tout cela avait tout pour me plaire. Et effectivement, cela m’a plu, mais je n’ai pas été totalement séduite. J’ai décroché par moment, j’ai été dubitative devant certains éléments sans queue ni tête, j’ai été surprise par la fin qui arrive trop vite. Pourquoi ai-je adoré la loufoquerie de L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur et bloqué devant celle de Chemin perdu ? Je ne sais pas, je l’ai relu et j’ai ressenti les mêmes impressions.

Une très belle BD au style graphique superbe, en parfaite adéquation avec la magie qui se dégage de cette histoire, mais dont l’intrigue m’a malheureusement quelque peu laissée de marbre.

« Dans l’obscurité, elle courut aussi vite qu’elle put, mais déjà une triste fin l’attendait.
La forêt ne relâche, en effet, pas si facilement ce qui lui appartient…
 »

Chemin perdu, Amélie Fléchais. Soleil, coll. Métamorphose, 2013. 95 pages.

Chemin perdu

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L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur, de Séverine Gauthier (scénario) et Clément Lefèvre (dessin) (2016)

L'épouvantable peur d'Epiphanie Frayeur (couverture)« Voici Epiphanie. Elle a huit ans et demi.
Et voici sa peur, elle a huit ans aussi.
En huit ans, Epiphanie n’a pas beaucoup grandi.
Sa peur, SI. »

Depuis presque toujours, la peur d’Epiphanie la suit comme une ombre. Alors pour tenter de s’en débarrasser, la fillette entame un voyage initiatique dans une forêt tortueuse à la recherche de celui ou celle qui lui permettra de guérir de sa peur.

Avec Epiphanie et sa peur, on rencontre toute une galerie de personnages hauts en couleur : un guide qui a perdu son sérieux, un docteur Psyche pas très efficace, un coiffeur zozotant, un chevalier (presque) sans peur, un dompteur bien trop sûr de lui, une minuscule cristallomancienne… Tous tenteront de l’aider et, si le résultat n’est pas immédiat, ses rencontres la feront peu à peu grandir et lui permettront de résoudre elle-même son problème
L’album baigne dans une douce loufoquerie à Lewis Carrol. Et cela ne nuit nullement à la justesse et l’intelligence du propos. Il faut également préciser que c’est extrêmement bien écrit et que l’on se régale avec la plume fine et malicieuse de Séverine Gauthier.

lepouvantable-peur-depiphanie-frayeur-extrait-1Immédiatement séduite par ce titre qui roule si bien sur la langue et par la couverture au Salon de Montreuil, je n’ai pas résisté à l’acheter plus de cinq secondes lorsque j’ai découvert le travail de Clément Lefèvre. On pourrait s’attendre à quelque chose de terrifiant, d’oppressant, mais non. Les dessins sont tous doux, lumineux, très colorés et… fantaisistes. Un seul œil, de grandes oreilles, des tentacules… Les personnages sont à l’image de leurs propos : souvent cocasses et extravagants. Quant à la peur d’Epiphanie, cette ombre-dragon est fascinante par ses évolutions.
Le format évolue de planche en planche pour le plus grand plaisir des yeux : pages (voire doubles pages) remplies de mille et un détails, enchaînement de petites cases qui se dévorent, bandelettes, etc.

Deux petits bonus : quelques phobies saugrenues découvertes par le docteur Psyche (qui a la thérapie adéquate évidemment !) et un jeu de l’oie retraçant le parcours d’Epiphanie.

Une écriture et des illustrations magnifiques, un conte initiatique et insolite, un univers abracadabrant… L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur est une véritable perle !

« Pourquoi tu fais ça ? Tu prends toujours tellement de place. Je n’arrive plus à respirer. Tu ne me laisses jamais respirer. Tu dois t’en aller. Tu dois me laisser. Tu… tu me fais mal. »

L’épouvantable peur d’Epiphanie Frayeur, Séverine Gauthier (scénario) et Clément Lefèvre (dessin). Soleil, coll. Métamorphose, 2016. 92 pages.

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Les Carnets de Cerise, de Joris Chamblain (scénario) et Aurélie Neyret (illustrations) (3 tomes à ce jour) (2012, 2013, 2014)

Les Carnets de Cerise 1 Le Zoo PétrifiéIl était une fois…C’est ainsi que Cerise voudrait entamer cette chronique, donc allons-y !

Alors, il était une fois… ben moi, Lou ! J’ai vingt et un an et mon rêve, c’était de lire Les Carnets de Cerise ! Et c’est chose faite à présent…

Tout d’abord, Les Carnets de Cerise, ce sont trois tomes à ce jour, parus à un an d’intervalle entre 2012 et 2014 :

  • 1 : Le zoo pétrifié;
  • 2 : Le livre d’Hector;
  • 3 : Le dernier des cinq trésors.

J’ai tout d’abord été frappée par la beauté des illustrations d’Aurélie Neyret. Je ne savais pas de quoi ils parlaient, mais je voulais les lire depuis des mois à cause de leur couverture. Trois portraits en médaillon d’une petite fille aux cheveux rouges, au sourire malicieux et au regard intelligent. Trois portraits encadrés d’arbres, de nature et de livres. Le premier montre un lion majestueux, le second une sombre bibliothèque, le troisième un paquet mystérieux. Bref, les couvertures suffisaient à faire briller mes yeux d’une lueur gourmande et curieuse…

Et à l’intérieur, les dessins suivent le même chemin de splendeur. Plein de délicatesse, les couleurs sont splendides, riches, chatoyantes, qu’elles soient chaudes ou froides. On aime suivre Aurélie et ses personnages à travers des décors parfois mystérieux, parfois rassurants, parfois imposants : la forêt où les filles cachent leur repère, le grand zoo abandonné où s’étalent ces immenses fresques animalières, une bibliothèque aux secteurs déserts et fantomatiques, l’atelier d’une relieuse pleine de vieilles machines…

De plus, elle se diversifie et alterne journal intime, cases de BD plus traditionnelles, articles de presse, dessins, etc., elle rompt toute monotonie en nous poussant à changer notre manière de lire.

Un seul mot : sublime.

Les Carnets de Cerise 2 Le Livre d'HectorLes aventures de Cerise – dans lesquelles elles entraînent ses meilleures amies, Line et Erica – sont fraîches et pétillantes. La curiosité peut être un vilain défaut, notamment quand elle met en péril une amitié (ainsi que l’apprend Cerise), mais c’est également une grande qualité. Et, dans une grande maturité et perspicacité, Cerise la met au service des autres, elle les aide, elle les réconcilie avec leur passé et leur permet de regarder l’avenir. Pleines d’amitié et d’amour, ces histoires sont subtiles et intelligentes. Derrière les enquêtes se dessine peu à peu le drame qui entache la vie de Cerise. Les petites filles grandissent, on découvre leurs passions et leur famille, on s’attache à elles.

Car tous les personnages sont attachants ou passionnants, tous à leur manière. Ils sont singuliers et complexes. Cerise, évidemment, décidée, intelligente, généreuse, intrépide ; vêtue de son chapeau et son blouson de cuir, elle dépasse tous les obstacles. Annabelle Desjardins, la romancière pleine de classe qui semble d’un autre siècle, toujours prête à aider Cerise et à la pousser dans ses désirs de devenir écrivaine. Michel, le peintre incapable de tourner le dos à son passé. Erica et Line, Erica surtout avec son sale caractère. Pas de méchants dans Les Carnets de Cerise, la seule personne que Cerise doit parfois freiner est elle-même lorsque sa curiosité la pousse à foncer comme un bulldozer aveugle aux sentiments de ses proches.

 Les Carnets de Cerise 3 Le Dernier des Cinq Trésors

Les histoires de Joris Chamblain, auteur de Sorcières Sorcières, font rêver (ces fresques tellement réalistes qui évoluent au fil de jour… c’est fantastique !) : on voyage dans un univers presque onirique. Ce sont des histoires qui rappellent, sans élément magique ou fantastique, que la vie quotidienne peut être un conte si l’on sait regarder autour de soi et capter toutes les étrangetés et merveilles de la vie. Et ce sont des livres qui renforcent l’amour de la lecture.

De la poésie, des rencontres humaines d’une richesse inoubliable, de l’amitié, du rêve… Des ouvrages magnifiques qui m’ont touchée et laissée rêveuse. Des chefs d’œuvre graphiques et narratifs à découvrir ab-so-lu-ment. Et que l’on ne vienne pas les cataloguer en jeunesse : Les Carnets de Cerise sont pour tout le monde ! Trois petites perles dans ma bibliothèque et dans mon cœur…

« Ma maman m’a toujours dit que le vocabulaire était ma meilleure arme dans la vie. Avant je ne comprenais pas vraiment pourquoi. Maintenant si. Lire, c’est découvrir, voyager, mais aussi apprendre le sens des mots et surtout apprendre à s’en servir. C’est très important pour comprendre les choses et faire attention à ce qu’on nous dit ! »

(Tome 1)

« Ne fais pas la même erreur qu’Hector, car quand on enferme ce que l’on ressent tout au fond de soi, on finit par en devenir prisonnier. Parle, n’aie pas honte de ce que tu ressens, exprime tes doutes, tes peurs. Dis à ceux que tu aimes ce que tu as dans le cœur, ils te seront à jamais reconnaissants. »

(Tome 2)

« Continue à jouer, à inventer des histoires… Ne dit-on pas que l’adulte créatif est l’enfant qui a survécu ? »

(Tome 3)

Les Carnets de Cerise, tome 1 : Le zoo pétrifié, Joris Chamblain (scénario) et Aurélie Neyret (dessin). Soleil, coll. Métamorphose, 2012. 76 pages.

Les Carnets de Cerise, tome 2 : Le livre d’Hector, Joris Chamblain (scénario) et Aurélie Neyret (dessin). Soleil, coll. Métamorphose, 2013. 76 pages.

Les Carnets de Cerise, tome 3 : Le dernier des cinq trésors, Joris Chamblain (scénario) et Aurélie Neyret (dessin). Soleil, coll. Métamorphose, 2014. 76 pages.

Autre livre de Joris Chamblain :

Couleur de peau : miel, par Jung (2007-2013)

Couleur de peau miel (coffret)Couleur de peau : miel est un roman graphique et une autobiographie d’un Coréen adopté. Un parmi les 200 000 dispersés en Europe et aux Etats-Unis. Jun Jung-Sik, lui, est arrivé dans une famille belge. Cette bande dessinée, ces trois volumes, c’est sa vie, son expérience, son histoire, son parcours.

Cinq frères et sœurs, un nouveau père et une mère pas toujours facile… et sa vraie mère, inconnue et mille fois imaginée. Une nouvelle culture à laquelle il faut s’adapter, à laquelle il faut trouver une place à côté de celle de ses origines.

Comment se construire en se sentant différent de ceux qui nous entourent ? Comment vivre alors que nos racines ont été coupées ?

Couleur de peau miel (t1)Le premier tome se concentre essentiellement sur son enfance. Du petit garçon errant dans les rues de Séoul recueilli par des « longs-nez », Jung devient un jeune adolescent qui fait des bêtises seul ou avec ses frères et sœurs, qui se passionne pour le Japon, qui découvre la sexualité, qui commence à dessiner, qui recherche ses origines et sa place en Europe.

Couleur de peau miel (t2)Le second est plus sombre, un peu moins drôle. Jung se penche alors sur son adolescence, l’éloignement avec sa famille qu’il n’aime pas moins pour autant, ses amitiés, ses amours, et toujours ses interrogations qui parfois trouvent des réponses.

Couleur de peau miel (t3)Et enfin, dans le troisième et dernier tome, sorti en 2013, Jung est devenu un homme qui, pour la première fois depuis quarante ans, retourne en Corée à l’occasion du tournage du film adapté de la BD. Ayant oublié sa langue et la culture de ses ancêtres, c’est un univers à réapprendre. On ouvre avec lui le mince dossier archivé par la Holt, l’orphelinat qui l’a recueilli. Des photographies émaillent le récit.

Je ne suis pas adoptée et je n’ai jamais été confrontée à l’adoption. Grâce à Jung, j’ai aperçu ses conséquences : les bonnes, les heureuses, mais aussi les mauvaises, les interrogations sur qui l’on est et d’où l’on vient, sur sa différence d’avec les personnes qui nous entoure. Il nous montre les ravages que de telles zones d’ombre ont causés sur d’autres Coréens adoptés de sa connaissance et notamment sur sa petite sœur.
On dit souvent que les livres sont des portes vers d’autres cultures, d’autres personnes, qu’ils nous permettent de découvrir ce dont nous n’aurions pas idée autrement. Ce roman graphique le prouve encore une fois en faisant découvrir ce qu’est l’adoption, du point de vue d’un adopté.

A travers une histoire individuelle, on rentre également dans la grande Histoire alors que le film ne l’effleure que très superficiellement. On redécouvre la guerre de Corée, on apprend la condition des femmes, on entrevoit les raisons dans ce gigantesque et terrible abandon de milliers d’enfants. Ce n’est pas un cours d’histoire, ce n’est qu’une évocation des événements historiques qui ont conduit à un bouleversement de sa vie.

J’avais adoré le film, j’ai – sans grande surprise – encore plus aimé la bande dessinée. Le ton est parfois sombre, parfois léger quelle que soit la gravité du sujet, le regard acéré. Des passages durs sont suivis de moments de tendresse. A tout moment, une question surgit ; simples ou plus complexes, elles ne sont jamais loin, toujours flottantes en arrière-plan.

Si la langue et les mots sont beaux, les dessins sont sublimes. Fins, facétieux, obscurs, précis. Je suis tout simplement en admiration devant certaines planches.

 

Tome 1

« Le doute s’était installé. Des questions sans réponses se bousculaient dans ma tête.
Je suis qui, moi ? Pourquoi la Corée m’a abandonné ? Pourquoi ne suis-je pas blanc ? »

  « Depuis 1958, la Corée a délivré plus de 200 000 enfants. 50 000 pour la consommation locale et 150 000 pour l’exportation.
Il y a une pointe d’ironie dans ce que je viens d’écrire, je ne devrais pas. Après tout, ça nous a sorti de la misère. »

Tome 2

« J’étais à la recherche d’une maman, mais je ne me rendais pas compte que j’en avais deux. Tout aurait été tellement plus simple si je n’en avais eu qu’une… Alors pourquoi devoir choisir ?
Je garderai les deux, chacune avec ses qualités et ses défauts. J’aurai une partie occidentale, et l’autre orientale. Je serai européen, mais aussi asiatique. Et quand quelqu’un me demandera de quelle origine je suis, je lui répondrai que je viens d’une contrée où on y cultive du miel au goût sucré, mais aussi au goût salé.
En fin de compte, j’ai eu deux mamans, deux pays… j’avais découvert que j’étais le chaud et le froid, le blanc et le noir. »

Tome 3

« Mon dossier est resté fermé pendant presque quarante ans. Les quelques documents jaunis par le temps et l’humidité parlent d’eux-mêmes. Mis à part mon bulletin de santé et le rapport de l’orphelinat, absolument rien sur mes parents biologiques. »

« Quand j’étais petit, je me disais souvent que j’avais dû être drôlement mauvais puisqu’on m’avait abandonné. A l’adolescence, perdant l’insouciance de l’enfance, ce sentiment de disgrâce, de rejet, celui de ne pas avoir été désiré, s’est transformé en colère. Je suis devenu un démon pour moi-même, entamant un processus d’autodestruction. Guérir le mal par le mal, jusqu’à disparaître, ne plus exister. » 

Couleur de peau miel

Couleur de peau : miel, Jung. Soleil, coll. Quadrants, 2007, 2008 et 2013. 144, 144 et 142 pages.

A découvrir : Couleur de peau : miel, le film de Jung et Laurent Boileau

Les Contes Macabres, par Edgar Allan Poe, illustrés par Benjamin Lacombe (2010)

Les Contes MacabresPublié en 2010 pour le bicentenaire de la naissance de Poe, la collection Métamorphose des éditions Soleil offre un recueil de huit nouvelles du célèbre écrivain américain traduites par Baudelaire et illustrées par Benjamin Lacombe. Il contient Bérénice, Le Chat noir, L’Île de la fée, Le Cœur révélateur, La Chute de la maison Usher, Le Portrait ovale, Morella et Ligeia. A ceci s’ajoute un long texte signé Charles Baudelaire et intitulé : « Edgar Poe, sa vie, ses œuvres ».

Sans être ce que l’on pourrait appeler une fan d’E. A. Poe (car je suppose qu’une fan aurait tout lu ou presque et c’est loin d’être mon cas), je suis tombée sous le charme de ses histoires il y a quelques années grâce au Chat noir. Je connaissais également Benjamin Lacombe, mais j’ignorais totalement l’existence d’un tel ouvrage. Aussi, lorsque je suis tombée dessus dans une librairie d’Epernay, je n’ai pas pu résister et je me suis débrouillée pour qu’on me l’offre. Et c’est un choix que je ne regretterai pas de ci-tôt.

La couverture, rouge et noire, parsemée de têtes de mort et de Poe, donne le ton et une triste veuve nous invite à ouvrir le livre. A l’intérieur, la mise en page est aussi soignée et recherchée que la couverture. Pages noires succèdent aux blanches et c’est là que l’on tombe sous le charme des illustrations de Benjamin Lacombe. Avant la lecture, elles fascinent et attirent ; pendant, elles accompagnent parfaitement et plongent le lecteur encore plus profondément dans l’histoire. Ces images sombres se marient à la perfection à ces nouvelles, odes à la mort et (souvent) à la femme. Encadrées par des ornements rappelant les illustrations des anciens livres, elles mettent en scène des personnages grands et maigres à l’allure mélancolique, au regard fou, hantés par la peur ou le désespoir. Les tons noirs et rouges suivent l’exemple de la couverture et sont tout simplement envoûtants. Leur disposition en pleine page (voire en double page) permet d’en apprécier les détails et de mieux s’imprégner de l’atmosphère qu’elles dégagent.

 Un véritable bijou pour plonger sans hésiter dans l’univers sombre, beau, aliéné d’Edgar Allan Poe !

 « Quelque chose de profond et de miroitant comme le rêve, de mystérieux et de parfait comme le cristal !
Un vaste génie, profond comme le ciel et l’enfer !
 ».

Charles Baudelaire, à propos de l’oeuvre de Poe

Les Contes Macabres, Edgar Allan Poe, illustrés par Benjamin Lacombe. Soleil, coll. Métamorphose, 2010. 218 pages.

Quelques images du livre