La Promise, de Myriam Tonelotto (scénario) et Stéphane Girel (dessins) (2009)

La Promise (couverture)Dans la vallée du Pô, un père et ses quatre fils tentent de surmonter la perte de leur épouse et mère. Gavino quitte la maison à la recherche du pays où l’on ne meurt jamais, Maurizio court les bois, Lorenzo se plonge dans d’interminables discussions avec Loredana, l’ondine (génie des eaux courantes) et, dans le grenier, Dino respire à plein nez les robes de la mère qu’il n’a jamais connue. Jusqu’au jour où une belle inconnue débarque dans leur ferme et dans leur vie et charme leur cœur et leur esprit.

La Promise est un très joli conte sur la mort (provenant apparemment de la Vénétie). Sur la peur de la mort, bien plus terrible que la mort elle-même. Elle nous confronte avec cette peur qui fige, qui paralyse, qui tue tout en maintenant en vie. Tous se débattent, pauvres créatures désespérées, pour échapper à la mort, obsessionnelle quête du père, des quatre frères, de chaque personnage. Tous redoutent un homme, mais la mort, connue et attendue depuis toujours, se présente à eux sous les traits graciles d’une jeune femme, avenante et perspicace.
La mystérieuse femme leur apprend à aimer, à vivre leur vie et à en apprécier tous les plaisirs. Même si tous retourneront finalement, en paix, à leurs trépassés car la mort est inévitable.

Ce  n’est pas une BD d’action, il n’y a pas d’action, ce sont des ambiances, des sensations, des sentiments qui se dessine dans ces cases. Mais il n’y a jamais de lassitude, jamais de temps morts, jamais d’ennui. Chaque personnage, chacun avec son caractère bien unique, est intéressant et attachant par son histoire et son rapport à la mort.

Les dessins sont doux et gracieux. Et, alors que l’on pourrait s’attendre à une palette froide, bleue, grise, à des planches hivernales, en deuil, les couleurs sont chaudes et ensoleillées. Joyeuses.

Une bande dessinée pleine de mélancolie et de douceur, mais en rien morbide. Loin de la tristesse et du drame qu’est la mort dans la « vraie vie », elle est même apaisante. Une fable onirique et poétique.

(Cette histoire m’a rappelée le Conte des trois frères de J.K. Rowling. Chacun cherche à dominer la mort, mais la Mort les prend tous.)

« … Et ils moururent heureux, très, très, longtemps… C’était ainsi que Nonno aimait à conclure la légende de la Promise, la seule qu’on est certain d’épouser un jour… »

La Promise, Myriam Tonelotto (scénario) et Stéphane Girel (dessin). Paquet, 2009. 92 pages.