Le guide steampunk, d’Etienne Barillier et Arthur Morgan (2019)

Le guide steampunk (couverture)Quand j’ai reçu ce Guide steampunk grâce à Babelio et aux éditions ActuSF, j’avoue que j’ai eu un petit moment de doute face à la densité du bouquin qui ne met pas forcément en appétit. Appréhension sans fondement car je l’ai dévoré une fois entamé. Les auteurs expliquent et présentent le mouvement de façon claire et abordable, y compris pour les néophytes. De multiples interviews parsèment l’ouvrage, donnant la parole à des auteurs, des musiciens, des artistes en tout genre qui ont contribué et/ou contribuent encore à faire vivre le mouvement.

Mes connaissances du steampunk étant somme toute assez basiques, j’ai découvert beaucoup de choses… à commencer par le flou qui tourne autour de ce mouvement. Si mes idées – assez clichées, je le reconnais – d’engrenages, de corsets, d’espions et de mécaniciennes font indéniablement partie de l’imagerie steampunk, c’est un genre qui s’avère beaucoup plus large et – heureusement – beaucoup plus riche.
Par conséquent, définir clairement le steampunk semble être un challenge que même les spécialistes ne parviennent à résoudre : si des éléments concordent – uchronie, dimension métatextuelle (qui permet de faire rencontrer R.L. Stevenson et Dr Jekyll, Jules Verne et capitaine Némo…), inspiré du XIXe siècle bien que ce ne soit pas une obligation absolue –, chaque vaporiste (comprendre les membres de la communauté steampunk) semble avoir sa propre vision du genre. J’ai par ailleurs beaucoup aimé cette citation de Douglas Fetherling reprise dans le Guide :

« Le steampunk s’efforce d’imaginer jusqu’à quel point le passé aurait pu être différent si le futur était arrivé plus tôt. »

Si je l’ai lu ici d’une traite, c’est un guide dans lequel je reviendrai régulièrement piocher des idées – de livres, de films, etc. – bien que je me sois déjà constitué une liste de belle taille (surtout pour quelqu’un qui souhaite se concentrer avant tout sur sa PAL). Soyez prévenu·es : ce livre regorge de mille tentations car l’enthousiasme des auteurs est contagieuse ! Leur passion pour le steampunk vous donnera envie de tout lire et de tout voir (ou presque car les auteurs n’hésitent pas à critiquer un film ou un livre qu’ils voulaient néanmoins présenter pour leurs éléments steampunk).
J’ai réalisé que j’avais vu beaucoup plus de films steampunk que lu de livres et la section jeux vidéo, bien que succincte, a aussi été une petite mine pour moi. En plus des découvertes, ce Guide a fait remonter à la surface de nombreux romans que j’avais déjà envie de lire, mais qui était noyés dans la masse. Bref. Ce livre n’est pas conseillé par les banquiers !
Sans surprise, la section « musique » a été une totale découverte pour moi. A l’exception des Dresden Dolls qualifiés de « proto-steampunk », je n’en connaissais tout simplement aucun. J’ignorais même qu’il existait de la musique steampunk. Mais ma culture musicale étant ce qu’elle est, c’était prévisible.

Entre discours théoriques, pistes (littéraires, cinématographiques, musicales…) à explorer et interviews, ce Guide steampunk s’est révélé instructif et passionnant. Nul doute qu’il sera mon copilote dans ma découverte approfondie du mouvement steampunk. Il s’agit d’un excellent ouvrage pour s’initier, mais je doute que des expert·es puissent trouver chaussure à leur pied dans ce livre qui semble présenter les grands titres du genre (ce qui, je le répète, convenait en revanche à merveille à l’ignorante que je suis).

« Le gigantisme steampunk est également à prendre en compte. Il est aux antipodes de ce que la technologie nous offre aujourd’hui où les écrans et les machines deviennent de plus en plus ténus (et de moins en moins réparables), où la notion d’obsolescence programmée ne choque qu’à peine. La technologie steampunk est bruyante, gigantesque, transpire la graisse qui protège ses engrenages. L’ordinateur y est mécanique ; l’androïde automate. Elle est aussi dangereuse qu’un piston mal entretenu, mais elle est réparable, fabriqué par la main de l’homme et fonctionnelle. Plus que tout, elle est belle. »

Le guide steampunk, Etienne Barillier et Arthur Morgan. ActuSF, coll. Hélios, 2019 (édition mise à jour et augmentée, première édition en 2013). 374 pages.

Challenge de l’imaginaire
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Famille (presque) zéro déchet : ze guide, de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret (2016)

Famille (presque) zéro déchet (couverture)Voilà une petite chronique sur un livre dont j’ai parlé lors du premier « C’est le 1er, je balance tout » : il s’agit donc de Famille (presque) zéro déchet. De quoi ça parle ? Sans surprise, de ce mode de vie qu’est le zéro déchet.

Plus de 350 kg de déchets par an et par Français, des continents d’ordures qui dérivent dans les océans, beaucoup trop d’espèces animales éteintes ou en voie de disparition, des publicités partout qui poussent toujours plus à la consommation, des légumes ou de la viande qui parcourent des kilomètres avant d’arriver dans notre assiette… Le bilan n’est pas joyeux et pourtant chacun peut agir et protester à son humble mesure. Consommer local, acheter en vrac, privilégier les primeurs et les bouchers aux produits des supermarchés, fabriquer ses produits d’entretien… Tout ça, c’est possible ! Et en prime, outre aider la planète, on préserve sa santé, on réduit son porte-monnaie et les aliments auront plus de goût.

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Après avoir partagé leur expérience sur le blog Famille (presque) zéro déchet, Jérémie Pichon, Bénédicte Moret et leurs deux enfants se sont lancés dans l’édition de ce livre très complet et passionnant.

J’ai été complètement séduite à la fois par le guide et par ce mode de consommation plus responsable. Je pense que, pour une initiation au zéro déchet, le guide de Jérémie Pichon et Bénédicte Moret est tout simplement parfait.

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Il est tout d’abord vraiment motivant et engageant car il présente les choses simplement : grâce à eux, devenir zéro déchet ne semble pas être un défi irréalisable. Divisé en plusieurs sections (courses, cuisine, hygiène de la maison et du corps, enfants, etc.), il donne plein de solutions et d’alternatives pour tous les moments du quotidien : recettes, conseils, exemples, adresses web…

De plus, le discours n’est absolument pas moralisateur et nous sommes rassurés tout au long du livre : il ne faut pas s’accabler de reproches parce qu’on a eu un coup de mou, il ne faut pas chercher à tout changer en même temps car on risque d’être rapidement débordé et donc découragé, etc. Bref, il faut être indulgent envers soi-même ! Après tout, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret savent de quoi ils parlent puisqu’ils sont passés par là eux aussi.

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Il reste également très instructif et révèle certains éléments peu rassurants : coût du traitement des déchets, composition des produits ménagers ou de ceux dits de beauté, devenir des ordures non recyclables… Cela dit, ces explications ne sont jamais pesantes et on ne se noie pas dans des listes de chiffres ou de composants chimiques incompréhensibles. En bref, il est très pédagogique.

De plus, les illustrations de Bénédicte Moret, alias Bloutouf, sont rigolotes  et apportent de la couleur et de la gaieté à l’ouvrage. Et c’est bien comme ça – avec bonne humeur – qu’il faut adopter ce mode de vie.

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Famille (presque) zéro déchet : un super guide qui déculpabilise, qui fait rire et qui motive ! Je vous le conseille car il est très instructif et présente ce mode de vie de façon particulièrement abordable et stimulante.

Il existe également un guide tout spécialement pour les enfants : Les Zenfants (presque) zéro déchet : ze mission. Les explications, richement illustrées, sont percutantes et les conseils simples peuvent facilement être mis en oeuvre avec un peu de motivation. C’est un livre à mettre entre les mains de vos enfants à partir de 8 ans pour qu’ils puissent à leur tour être acteur et sauver la planète aux côtés de Compostman, Greengirl et autres héros du quotidien. Avec ce guide qui leur est tout spécialement dédié, les enfants peuvent enfin concrètement agir avec leurs parents.

Les Zenfants (presque) zéro déchet (couverture)

« Le mot le plus important à coller à ce bilan est REFUSER. Refuser de se faire emballer, suremballer. Refuser un système qui dégénère, nous coûte cher et hypothèque les chances de nos enfants à vivre aussi bien que nous ou nos parents. Refuser de brûler des déchets organiques. Refuser un sac plastique. Refuser de faire comme les autres. Refuser est le début du changement. Refuser, c’est renoncer. Mais franchement, on s’en fout royalement de ne plus manger de chips en sachet à l’apéro. Bien au contraire. »

 « Faisons le point. La surface de la Terre est de 510 millions de km2, à 7 milliards d’individus, cela nous laisse en théorie 7,6 ha de surfaces bioproductives disponibles pour chacun. Retirons du compte les océans, la Sibérie et autres déserts inhabitables, ce chiffre passe à 1,7 ha. Que l’on doit partager avec l’ensemble des autres êtres vivants (oiseaux, mammifères…) et les forêts.
A l’heure actuelle, nous consommons plus que ces 1,7 ha d’espaces productifs. C’est-à-dire plus que ce que la Terre peut nous donner et cela ne lui laisse pas le temps nécessaire pour se régénérer. Nous épuisons nos ressources. Chaque année, nous vivons à crédit à partir du mois de juillet environ. »                  

« Le problème du monde c’est que les personnes intelligentes sont pleines de doutes, alors que les personnes stupides sont pleines de certitudes. »
Charles Bukowski

Famille (presque) zéro déchet : ze guide, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret. Editions Thierry Souccar, 2016. 256 pages.

Les Zenfants (presque) zéro déchet : ze mission, Jérémie Pichon et Bénédicte Moret. Editions Thierry Souccar, 2016. 96 pages.