Gravity, d’Alfonso Cuarón, avec Sandra Bullock et George Clooney (Etats-Unis – Royaume-Uni, 2013)

GravityGravity. Le film de cet automne dont tout le monde parle. Celui qui fit l’ouverture de la Mostra de Venise 2013. Celui que les critiques encensèrent. Bref, LE film.

Tout ça ne m’aurait pas convaincue pour aller le voir. Tout le monde parlait d’Avatar, tout le monde allait voir Avatar, je ne suis pas allée le voir car ça ne me tentait absolument pas (d’ailleurs, je ne l’ai toujours pas vu…). Mais on m’a conseillé Gravity. Plusieurs personnes. Longtemps. Avec beaucoup d’arguments. Alors j’ai cédé, et j’y suis allée.

Et là, assise dans mon siège, mes lunettes sur le nez, je me demandais pourquoi. Et maintenant, une fois rentrée chez moi, je me pose toujours cette question. Et aussi : est-ce que je suis la seule personne à ne pas avoir aimé Gravity ?

Parcourir le résumé, quand on a commencé à entendre parler de Gravity, ne m’avait pas convaincue : deux bonhommes qui tournent en rond dans l’espace, bof. Ça n’a pas l’air passionnant. Et je confirme : ce n’est pas passionnant. (Je vais me mettre à dos tous ceux qui vantent le suspense insoutenable et la tension incroyable de Gravity…) Honnêtement, à part un moment (peut-être… et encore… mouais… non, en fait), je suis restée totalement froide. Certains trouvent longues les trois heures de La vie d’Adèle que je n’ai pas vu passées (même si je l’ai vu deux fois à une semaine d’intervalle), mais qu’est-ce que les 90 minutes de Gravity m’ont parues interminables !

Le scénario tient en deux pages (ce qui n’est pas forcément une fin en soi) : fracassage de navette, errance, fracassage de station, suspense, fracassage de station, suspense, noyade, ouf, c’est fini. Un enchaînement de catastrophes, c’est vrai qu’elle n’a vraiment pas de pot. Même ça, c’est vraiment possible ? Survivre à tout ça ? Tout le monde est tué, tout est démoli par des débris voyageant à une vitesse inimaginable, mais elle, elle survit ? Vraiment ?

Un peu d’émotion par là-dessus avec un enfant mort, et hop ! On fait pleurer dans les chaumières !

Oups, je deviens un peu méchante quand je suis déçue…

Mais ne vous inquiétez pas ! Il y a du positif.

C’est une chouette visite guidée des navettes et autres stations de l’espace. Apparemment, tout colle à la réalité (aussi irréel que cela peut nous sembler, à nous qui sommes cloués au sol) à l’exception de deux ou trois détails. Autant dire qu’au bout d’un moment, je me suis essentiellement focalisée là-dessus. Je ne connais rien aux navettes et assez peu de choses sur l’espace (un TPE de première sur les difficultés pour aller sur Mars m’avait donné quelques connaissances, mais en quatre ans, elles se sont un peu évaporées). Et ça a l’air beau de là-haut…

Le film est très bien fait, je le reconnais. Je ne sais pas quoi dire, tout a déjà été dit. Chapeau pour ce point-là. (Mais ce n’est pas suffisant.)

La 3D, oui, c’est bien, mais ça ne me transcende toujours pas. Et de toute manière, en 2002, la 3D n’existait pas pour les Harry Potter et ça ne m’avait pas empêchée de me baisser quand le Cognard dans La Chambre des secrets m’était arrivé dessus.

(D’ailleurs, le fait que ce soit Cuarón – Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – qui le réalisait m’avait aussi un peu donné envie de le voir, mais ce n’était pas une bonne raison. A ce propos, on retrouve David Heyman à la production et Jany Temime aux costumes. Voilà. Fin de la parenthèse Potterhead.)

Voilà. N’allez pas voir Gravity.