Autobiographie d’une courgette, de Gilles Paris (2002)

Autobiographie d'une courgette (couverture)Courgette, c’est Icare, 9 ans. Pour faire plaisir à sa maman qui boit trop de bières à cause de son père qui est parti avec une poule et du ciel qui est « grand pour nous rappeler qu’on n’est pas grand chose dessous », il décide de tuer le ciel. Il tire et le ciel est toujours là. Mais plus sa maman. Jugé « incapable mineur », il est placé aux Fontaines au milieu de bien d’autres enfances difficiles. Et là où l’on s’attendrait à de la tristesse, Courgette découvre l’amitié, le rire, la joie et l’amour.

Après avoir adoré l’adaptation en film d’animation (Ma vie de courgette par Claude Barras), j’ai enfin lu le livre. Et c’est un nouveau coup de cœur qui ne me fait pas déprécier le film pour un sou.

L’histoire de Courgette, c’est un drame abominable comme ceux qui ont bouleversé les enfances de chaque protégé des Fontaines. C’est l’inénarrable qui est narré ici. Ce sont des mots innocents qui racontent l’horreur. Ce sont des mots pleins d’images, de couleurs et de soleil.
Autobiographie d’une courgette, c’est une montagne de tendresse au cœur de l’indicible. C’est un roman lumineux, c’est la découverte de l’amour – l’amour des copains, l’amour des adultes, l’amour amoureux.
Un roman à hauteur d’enfant, un roman triste, un roman drôle, un roman dur, un roman profondément touchant.

En gros, je vous ai dit l’essentiel. Que pourrais-je raconter d’autre ?
Les personnages si attachants – chacun de ces enfants bousculés, cabossés, brisés évidemment, ainsi que certains adultes touchants par l’amour et le soutien qu’ils abordent aux enfants – et si réalistes qu’on a l’impression de les connaître depuis toujours.
Les sujets durs et crus qui contrastent avec la grâce incroyable, avec la pureté candide de la narration simple et enfantine.
L’humour qui transperce cette histoire.
L’amitié, la tendresse du gendarme et les bons moments qui nous font espérer le meilleur pour le futur de Courgette.

Je n’ai rien de dire de plus, ce livre est un bijou. Une perle que l’on referme bien trop vite, à regret.

« – Le ciel, ma Courgette, c’est grand pour nous rappeler qu’on n’est pas grand chose dessous. »

« Des fois, les grandes personnes faudrait les secouer pour faire tomber l’enfant qui dort à l’intérieur. »

« Et les grandes personnes c’est pareil.
C’est plein de points d’interrogation sans réponses parce que tout ça reste enfermé dans la tête sans jamais sortir par la bouche. Après, ça se lit sur les visages toutes ces questions jamais posées et c’est que du malheur ou de la tristesse.
Les rides, c’est rien qu’une boîte à questions pas posées qui s’est remplie avec le temps qui s’en va. »

Autobiographie d’une courgette, Gilles Paris. Editions France Loisirs, coll. Piment, 2003 (éditions Plon, 2002, pour la première édition). 281 pages.