Les Royaumes Crépusculaires, de Mathieu Gaborit (1995-1997)

Les Royaumes Crépusculaires (couverture)

Depuis l’année dernière et ma lecture de La Cité exsangue, j’avais très envie de découvrir les précédents romans de Mathieu Gaborit, notamment ceux prenant place dans le même univers. C’est à présent chose faite à travers l’intégrale des Royaumes Crépusculaires. Elle réunit deux trilogies :

Les Crépusculaires :

  • Souffre-jour ;
  • Les Danseurs de Lorgol ;
  • Agone.

Abyme :

  • Aux ombres d’Abyme ;
  • Renaissance ;
  • La Romance du démiurge.

Le cycle d’Agone
Agone de Rochronde doit hériter du titre de baron légué par son père, mais le jeune homme refuse d’accepter ce titre d’aristocrate, préférant parcourir l’Urguemand pour éduquer le peuple. Cependant, lorsqu’un testament de son père le met face à ses responsabilités et qu’il découvre les arcanes du pouvoir, Agone se prend au jeu et entame un périple semé d’embûches lors duquel il aura le sort du royaume entre les mains.
Le cycle d’Abyme
Quant à Maspalio, farfadet et Prince-voleur de la cité baroque d’Abyme, le voilà accusé de meurtre. Il se lance dans une enquête éperdue pour prouver son innocence et éclaircir les ténèbres qui l’entourent.

Après ma riche lecture du Nom du Vent, mon entrée dans l’univers de Mathieu Gaborit m’a semblé un peu rapide. A peine commencé, voici Souffre-jour terminé !
Si je me suis sentie un peu déphasée avec ce premier récit, c’est principalement pour deux raisons. Tout d’abord, car le séjour d’Agone de Rochronde au Souffre-jour est très bref. J’aurais aimé en savoir plus, mais, du fait de la narration à la première personne, cela aurait signifié une plus grande implication de la part d’Agone, ce qu’il se refuse à faire puisque ce passage au collège lui est imposé. C’est d’ailleurs assez original, me semble-t-il, ce refus du collège de la part du héros. Les autres élèves l’ont attendu et espéré, comme c’est souvent le cas en fantasy (difficile de ne pas penser à Harry Potter ou au Nom du Vent).
Ensuite, ce même héros s’est révélé très passif. Les intrigues se nouent autour de lui et il se contente le plus souvent de suivre le cours des événements sans savoir que ses prétendues décisions personnelles ne sont là que pour faire le jeu de ceux qui le manipulent.

Cet univers de manigance et de pouvoir constitue d’ailleurs la toile de fond de la trilogie : à de multiples reprises, divers personnages pensent en manipuler d’autres sans savoir qu’ils servent eux-mêmes de pantins à plus puissants, plus rusés ou plus clairvoyants qu’eux. Il faut dire que le premier tome prend place dans un collège qui a la particularité de former des éminences grises : le ton est donné.
C’est aussi un univers de magie assez fascinant qui se met en place : les souffre-jours, les Psycholunes, l’accouchement d’une rapière dotée d’une conscience (et d’instincts meurtriers), l’Accord, les fées noires… Tout un vocabulaire qui a capturé mon attention, stimulé mon imagination et régalé mon appétit de fantasy.
Mathieu Gaborit n’explique pas tout et nous laisse découvrir le monde dans lequel il nous plonge au fil des pages. Si généralement, tout finit par s’éclairer, cela donne parfois lieu à des étrangetés comme cette unique et solitaire mention des « Gros » dans Les Crépusculaires. Certes, on en apprend davantage sur eux dans la second trilogie, mais qui ne la lirait pas resterait dans l’expectative jusqu’au bout. Elle est toutefois annonciatrice d’un monde plus vaste et c’est peut-être là sa principale utilité.

Les second et troisième tomes (Les Danseurs de Lorgol et Agone) se poursuivent sur cette même voie. Côté magie, on rencontre les Lutins, les Nains, les Défroqués et surtout les Danseurs, les artisans de la magie, des créatures de mouvement et de grâce manipulées par les mages pour faire naître les enchantements. Une idée originale qui m’a émerveillée… et qui est aussi la source de mes plus puissants dégoûts lorsque l’on rencontrera les Obscurantistes qui ont une façon assez sanglante de traiter avec les Danseurs.
L’intrigue devient de plus en plus complexe et stratégique. Les différents acteurs font leur apparition : le Cryptogramme-magicien, les trois ordres de mages (les Jornistes, les Eclipsistes et les Obscurantistes), les royaumes voisins… Tous ont leurs projets pour l’Urguemand, tous se mentent, se manipulent, se tirent dans les pattes et se trahissent. Complots et ambition sont au programme avec Agone au milieu. Agone qui gagne en maturité, qui apprend et qui devient enfin décisionnaire après avoir longtemps subi. Il faut dire qu’il a à sa disposition des talents lui conférant des avantages certains. Magie, musique et excellence au combat grâce à sa rapière constitue son trio d’atouts… qui semblent parfois trop vite acquis à mon goût. En fort peu de leçons, le voilà qui maîtrise tel ou tel art de manière tout à fait admirable (sauf pour la magie où l’on nous fait bien comprendre que son don n’est pas de taille à affronter d’autres maîtres). Non non non, c’est trop facile !
Finalement, l’histoire est plus creusée stratégiquement qu’humainement parlant. A l’exception d’Agone dont nous partageons les pensées, les autres personnages ne sont pas forcément d’une grande profondeur psychologique, bien que des excursions pendant lesquelles on suit un autre personnage d’Agone (comme Amertine, Lerschwin ou Amrod) permettent d’en savoir un peu plus sur leur intériorité, leurs pensées et leurs plans.
Dans un univers globalement masculin, quelques femmes parviennent toutefois à tirer leurs épingles du jeu et leur présence se révèlent cruciales pour Agone. Il y a Amertine, la fée noire capable de donner vie au métal et à la pierre : Ewelf, sa sœur digne d’une Eowyn, qui dirige la baronnie, tire à l’arc et se bat sans avoir rougir devant un soldat ; et Eyhidiaze, une magicienne de grand talent.

Si la fin est peut-être à l’image du début un peu trop rapide, un peu trop facile dans son dénouement, assez peu surprenante, ça n’en reste pas moins une trilogie qui m’a entraînée dans un monde magique riche et complexe doté d’un aspect stratégique globalement fascinant.

Nous montons ensuite un peu plus au nord pour découvrir la tentaculaire et abracadabrantesque ville d’Abyme. Là, après les mages qui utilisaient une créature pour faire fonctionner leurs pouvoirs, nous rencontrons des conjurateurs qui invoquent quant à eux des démons venus des abysses. Il en existe toute une tripotée – Opalins, Incarnat, Azurins, Vermillons, Obsidiens… – plus ou moins puissants, plus ou moins exigeants, chaque invocation donnant lieu à un contrat auprès d’un Advocatus Diaboli définissant la mission du démon et le paiement promis par le conjurateur.
Dans cette histoire, l’intrigue est plus resserrée autour de notre héros et une machination complexe contre Maspalio se met lentement en place. Qui ? Pourquoi ? Comment ? Autant de questions sans réponses. L’univers fascine, les mystères s’épaississent, et nous sommes sans tarder happé·es par ce roman.
Maspalio est un personnage charmant, même s’il est le seul dans ce cas-là. Encore une fois, il est le seul que l’on apprend à connaître suffisamment bien pour qu’il puisse y avoir un quelconque attachement. Ancien Prince-voleur aux désirs parfois contradictoires – retraite vs plaisir des défis – il nous fait visiter sa ville dont il connaît tous les recoins. Les palais, les canaux, les souterrains, les rades, les différents visages de la ville se dessinent peu à peu. Les noms de rues et de lieux sont évocateurs et porteurs en eux-mêmes de toute une histoire parallèles. Il nous permet également de rencontrer tout un bestiaire mythologique : après les nains et les lutins d’Agone, voici des sirènes, satyres, méduses et autres minotaures.

Toutefois, tout au long de ma lecture et encore après, maintenant que je l’ai finie depuis quelques semaines, je ne parviens pas à me défaire de cette sensation de trop peu. J’aurais souhaité davantage d’épaisseurs, davantage de détails. Tant sur le monde que sur les personnages. Mathieu Gaborit a pourtant créé des personnages prégnants qui fascinent ou rebutent, c’est selon, comme les Lithurges ou les Gros, sauf que. Sauf que voilà, on ne les côtoie pas assez, on n’en sait pas suffisamment à mon goût. Certes, ils contribuent à donner de l’ampleur à l’univers créé, mais ça ne suffit pas à me rassasier et j’ai encore des questions en tête, une grande soif de détails.
De même pour les personnages. Une simple description ne suffit pas à leur donner corps. Je pense par exemple aux compagnons de Maspalio : à l’exception d’un voire deux d’entre eux, je les ai immédiatement mélangés et oubliés. Et lorsqu’un personnage est bien campé, la description physique est tout à fait accessoire. Pour résumer, je préfère qu’on me raconte qui il est intérieurement que à quoi il ressemble, chose qui m’importe peu.
J’avais déjà fait ce reproche au tome 1 des Nouveaux mystères d’Abyme, mais je les avais mis sur le compte du fait qu’il ne s’agissait justement que d’un premier tome. Il semblerait que ce ne soit pas lié finalement.

C’était vraiment une très bonne lecture, je me suis régalée, je ne peux pas dire le contraire. L’intrigue est efficace et, allant doit au but, nous pousse à tourner les pages à toute allure. L’univers imaginé par Mathieu Gaborit est vraiment riche et captivant. Il en ressort des idées assez originales – les Danseurs artisans de la magie, le Souffre-jour, collège atypique, les chasseurs de feux follets, le « code couleur » démoniaque, les Salanistres, etc. – et des ambiances fortes – sombres et délétères dans Agone, magiques et excentriques dans Abyme. Au fil des pages, il a généré chez moi de très belles images tandis que, soulignant cette imagination foisonnante, la plume de l’auteur s’est révélée agréable et soignée.
Cependant, on ne se refait pas, j’aurais aimé quelque chose de plus bavard : plus de détails, de précisions, d’anecdotes presque insignifiantes pour l’histoire. Je disais que Le Nom du Vent n’était pas un livre qui explicitait tout, celui-là l’est encore moins. Six livres en cinq cents pages, l’on n’a pas le temps de se perdre dans des digressions pour tout décortiquer, débrouillez-vous un peu, faites travailler votre imagination.
Un peu mitigée donc, même si je lirai la suite des Nouveaux mystères d’Abyme, si elle sort un jour, parce que j’ai bien envie d’avoir le fin mot de l’histoire.

« Ces vieillards veillent sur moi autant que je veille sur eux. Chacun d’entre eux incarne des souvenirs précieux de mon existence. Un passé qui tisse à travers le temps la toile de nos complicités. Seulement, les farfadets vieillissent moins vite que les humains. Un soupçon d’immortalité qui me rend triste, qui m’empêche de leur appartenir jusqu’au bout. Les enterrements se succèdent comme des chapitres que l’on ferme. En attendant que le mien close définitivement le livre de nos vies. »

« Il a cédé sa Salanistre à une jeune humaine dont le cou frissonne sous les caresses de l’animal. Le lézard a refermé sa mâchoire sur la nuque de l’adolescente et se substitue peu à peu à son cœur afin qu’elle devienne Abyme.
Une harmonie minérale, une extraordinaire symbiose qui lie la jeune fille et la cité comme deux amants afin qu’ils forment une seule et même entité dont les frontières s’étendent du cœur de la ville jusqu’aux faubourgs.
Etre Abyme. Entendre les milliers de voix qui résonnent entre ses murs, ressentir les milliers de pas qui la piétinent. Une sensation vertigineuse, un ouragan émotionnel qui mène tout droit à la mort. En devenant votre cœur, la Salanistre n’offre qu’un seul et dernier voyage. […]
Une petite goutte de sang vient d’apparaître sur son épaule, un stigmate qui prouve combien la symbiose est parfaite entre cette jeune fille et Abyme. Quelque part, une arme a entaillé un mur. »

Les Royaumes Crépusculaires, Mathieu Gaborit. Mnémos, 2018 (1995-1996 pour Agone, 1996-1997 pour Abyme). 603 pages.

Challenge de l’imaginaire
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La Passe-Miroir (tomes 1 et 2), de Christelle Dabos (2013-2015)

Une vieille écharpe, des lunettes qui changent de couleurs selon l’émotion de sa propriétaire, le pouvoir de lire le passé des objets qu’elle touche et celui – rare – de voyager à travers les miroirs, voici Ophélie. Ophélie qui ne rêve à rien d’autre qu’à tenir son petit musée sur Anima et qui voit son avenir basculer lorsqu’on la fiance de force à Thorn, un homme du Pôle. Mais un épais mystère entoure cette alliance.

Voilà comment commence Les fiancés de l’hiver, premier tome de La Passe-Miroir. Ma chronique concernant également le second volet, Les disparus du Clairdelune, je m’attarderai davantage sur les éléments qui m’ont fait aimer la saga en général (et non pas livre par livre).

Pourquoi j’ai adoré puissance dix mille La Passe-Miroir ?

Premièrement, pour les personnages. 

Ils sont tous extraordinaires et, pour la plupart, extrêmement attachants. Les descriptions de Christelle Dabos ont cette faculté de nous faire voir les personnages, ils sont si présents, si concrets que je n’ai eu aucun mal à les convoquer, à les faire apparaître devant mes yeux.

A commencer évidemment par Ophélie. Aaah, la douce Ophélie, la sensible Ophélie ! Elle ne paie pas de mine, c’est sûr, avec sa petite voix, ses lunettes, ses cheveux ébouriffés et son minois caché derrière une longue écharpe, et pourtant… Pourtant, elle est si résistante, si décidée à suivre sa propre voie. Sa normalité (oui, en dépit de ses pouvoirs, on s’identifie sans peine à Ophélie), sa maladresse et son sens de la répartie – parfois cinglant – m’ont totalement conquise.

Thorn ensuite. Qui est-il ? Est-il un manipulateur au cœur de glace, un irascible ambitieux redouté de tous ? Ou bien est-il cet homme terriblement bouleversant qui retient toutes ses émotions et une certaine fragilité sous sa carapace de comptable sombre et maussade ? Ou bien est-il les deux ? Quoiqu’il en soit, il n’a cessé de m’émouvoir, de me faire rire (malgré lui sans doute) et de me faire sourire et j’ai hâte de le retrouver.

Je pourrais encore parler des heures de toutes les autres rencontres qui ont marquées ma lecture. Tous ces personnages ni blancs ni noirs qu’on peut successivement détester et adorer (mais surtout adorer !), à chacun leurs travers et leurs crimes. Berenilde et son caractère parfois soupe-au-lait. Archibald, le coquin frivole et magouilleur mais aussi honnête et vrai parmi tous les faux-semblants de la cour. Ou encore le Chevalier et le seigneur Farouk qui peuvent tour à tour se révéler parfaitement terrifiants et émouvants.

Une dernière pensée pour l’indéfectible compagne d’Ophélie, l’écharpe mi-chat mi-serpent que j’ai trouvé géniale.

Deuxièmement, pour ce monde, ou plutôt ces mondes.

L’idée de cette Terre éclatée qui a donné naissance à de multiples arches. Celle des esprits de famille, immortels et quasiment amnésiques. Celle des clans et des pouvoirs. Toute cette diversité est enchanteresse et donne envie de se lancer dans une carrière d’exploratrice pour partir à la découverte  des autres arches. Le talent de l’auteure pour donner à voir les personnages se retrouve également ici et je n’ai eu aucun mal à visualiser les différents lieux. Quel contraste entre la vie paisible et montagnarde  sur Anima (qui cache cependant quelques secrets) et l’ambiance à la Citacielle, si délétère, si pesante en dépit de son apparente frivolité. L’univers de Christelle Dabos est foisonnant, subtil et tout simplement merveilleux.

Troisièmement, n’oublions pas l’intrigue.

Haletante, merveilleusement bien écrit, l’histoire est extrêmement bien ficelée. Des indices, des détails sont laissés ici et là et se révèlent essentiels quelques chapitres plus loin. La trame principale se dévoile peu à peu tandis que des personnages secondaires font leur apparition. Tout aussi construits et profonds que les protagonistes de premier plan, ils contribuent à la richesse de l’histoire. J’ajouterai que celle-ci est aussi passionnante dans le premier que dans le second tome, ce dernier ne connaissant aucun essoufflement.

Quant à la relation entre nos deux personnages principaux – Ophélie et Thorn pour ceux qui n’auraient pas suivi – elle est particulièrement bien amenée. Pas de romance ridicule et prévisible, Ophélie ne fait aucun mystère de son absence de sentiments pour Thorn et tous deux, timides et butés à la fois, ont beaucoup de mal à communiquer, ce qui donne lieu à des scènes qui m’ont particulièrement attendrie. 

Poétique, captivante, désuète, cette saga est un coup de cœur absolu et je pressens que mes prochaines lectures vont me sembler un peu fades. Pour ses personnages atypiques, hauts en couleurs, détestables et adorables, pour cet univers qui, s’il peut rappeler Miyazaki ou d’autres auteurs de fantasy, reste unique et incroyablement riche, pour ces intrigues parfaitement tricotées, lisez La Passe-miroir !

Et remarquons que les couvertures sont juste magnifiques. Bravo à Laurent Gapaillard qui embellit ma bibliothèque d’une manière tout à fait enchanteresse !

Tome 1, Les fiancés de l’hiver

« Tu es la personnalité la plus forte de la famille, ma petite. Oublie ce que je t’ai dit la dernière fois. Je te prédis que la volonté de ton mari se brisera sur la tienne. »

« Mais son regard, lui, ne redeviendrait jamais comme avant. A force de voir des illusions, il avait perdu les siennes et c’était très bien comme ça. Quand les illusions disparaissent, seule demeure la vérité. »

Tome 2, Les disparus du Clairdelune

« La première fois que je vous ai vue, je me suis fait une piètre opinion de vous. Je vous croyais sans jugeote et sans caractère, incapable de tenir jusqu’au mariage. Ça restera à jamais la plus grosse erreur de ma vie. »

« Il en allait toujours ainsi avec elle : plus elle avait le cœur gros et plus sa tête était vide. »

« Si elle s’était perfectionnée dans l’art de la lecture, c’était parce qu’elle ne s’était jamais sentie aussi proche de sa propre vérité qu’en explorant celle des objets. Le passé n’était pas toujours beau à regarder, mais les erreurs des personnes qui l’avaient précédée sur Terre étaient aussi devenues les siennes. Si Ophélie avait retenu une chose dans la vie, c’était que les erreurs étaient indispensables pour se construire. »

La Passe-Miroir, tome 1 : Les fiancés de l’hiver, Christelle Dabos. Gallimard jeunesse, 2013. 517 pages.

La Passe-Miroir, tome 2 : Les disparus du Clairdelune, Christelle Dabos. Gallimard jeunesse, 2015. 552 pages.