Beijing Coma, de Ma Jian (2008)

Beijing ComaDai Wei est dans le coma. Prisonnier de son corps, il gît sur son lit. Pendant que sa mère s’agite, expérimente mille traitements pour le réveiller et que les gens passent autour de lui, il écoute, il hume les odeurs et surtout, il se souvient. Il se souvient des événements qui l’ont peu à peu conduit à se trouver sur la place Tiananmen ce 4 juin 1989 où il s’est pris la balle responsable de son état.

Les souvenirs sont d’abord épars. Des instants de vie du petit garçon, du jeune adolescent qu’était Dai Wei, des premières années d’études. On y découvre la répression, la réforme agraire, la condamnation de son père comme « droitiste ». La dénonciation de « crimes » plus futiles les uns que les autres, la cruauté, les meurtres, la barbarie. Les horreurs de la Révolution culturelle se révèlent à nous en même temps qu’au narrateur. Des aberrations, des détails horrifiants. J’ai appris beaucoup de choses sur cette période que je ne connais que de manière très superficielle.
Mais cette époque est aussi celle de la vie à l’université du Sud. Le récit de Ma Jian est très vivant, très ancré dans une réalité. Il nous plonge dans ces dortoirs bruyants, nous fait ressentir la promiscuité, respirer les odeurs de parfum et de sueur. Il raconte le sexe et l’amour et la conscience politique qui s’éveille. C’est un tourbillon étourdissant – et un peu oppressant pour qui est habitué à un certain espace personnel… – d’étudiants et étudiantes, de discussions sans fin, de livres prêtés et de cigarettes échangées.

Puis le récit ralentit tandis que Dai Wei rejoint l’université de Beijing. Il prend son temps dans les années et les mois qui précèdent Tiananmen. Les rêves de partir en Amérique, les prises de conscience des abus du pouvoir, les événements déclencheurs, les revendications, les premières manifestations, qui se transforment en sit-in, en grèves de la faim. De la même manière qu’il nous a introduit dans l’intimité des dortoirs, Ma Jian nous entraîne sur la place occupée. Au milieu des banderoles et des détritus, on subit avec les étudiants le soleil harassant et les pluies torrentielles qui s’abattent soudainement et ravagent tout. On connaît l’exaltation et les pertes de courage, la déstructuration, les dissensions, les ambitions et les luttes internes de pouvoir apparemment inéluctables. À travers cette œuvre de fiction, sous des personnages, on découvre les leaders de ce mouvement étouffé dans le sang et la violence, celles et ceux qui ont, en vain, voulu changer leur pays et leur vie.

Le roman nous fait vivre ces événements jour par jour, heure par heure presque. Et là, les pages m’ont parfois paru longues. Si la première partie défile à toute vitesse (sur le jeune Dai Wei, l’université du Sud), elle ne représente finalement pas grand-chose sur la globalité du roman et le récit s’englue alors dans les événements détaillés, les noms, les discussions, les querelles, les prises de pouvoir sur la place, etc. Le récit se fait parfois tellement clinique qu’il perd de sa force et de son intérêt.

Heureusement, le récit est alors redynamisé par les extraits du « présent » de Dai Wei, plongé dans le coma, narrés parallèlement à ses réminiscences. La chronologie progresse par ellipses. Depuis le corps inerte de Dai Wei, on découvre son quotidien fait de sons et de senteurs, les visites des anciens amis, les traitements (médicaments, Qi Gong, manipulation des énergies…), les personnes douces ou abusives, le désamour d’un frère… Et puis, il y a cette mère. Omniprésente pour son fils, elle qui avait déjà tant souffert de la disgrâce de son mari. Cette femme qui s’épuise, qui se décourage, mais qui continue, cette femme qui fait des choix, qui trouve du réconfort où elle le peut… Le Qi Gong apparaît dans sa vie, puis le Falun Gong. Une pratique qui finira par lui valoir les persécutions du régime, comme un cycle familial sans fin.

Ma Jian, évidemment censuré en Chine, rend hommage aux victimes de la place Tiananmen et à leur engagement pour la liberté d’expression. C’est un roman puissant, sensoriel, instructif et révoltant. Il raconte la vie, la dictature, l’espoir, la cruauté… Il était long certes, mais c’est une lecture intense que je ne regrette pas.

« Une foule de touristes étrangers se déversa d’un autocar, leurs cheveux blonds brillant au soleil. Ils se coiffèrent de chapeaux de paille multicolores et sourirent en attendant d’être pris en photo devant le paysage. Je voulais leur dire de s’enfuir, parce que les corps de cent mille victimes de massacres étaient enterrés sous leurs pieds. Ils ne se doutaient pas que la Chine était un immense cimetière. »

« Je ne suis pas dans la classe de dissection maintenant. Je suis un légume. Je ne peux ni bouger, ni toucher, ni sentir, ni voir. Je suis un esprit prisonnier d’une chambre noire, un neurone à la recherche de la sortie, un caillou tombant dans le vaste univers. »

« Tu te rappelles quand tu étais au centre de la Place et que le vent brûlant te soufflait au visage. La Place était comme la chambre où tu te trouves à présent : un espace chaud avec un cœur qui bat, piégé au milieu d’une ville froide. »

« – Même si tu avais un foyer où aller, le Parti aurait toujours la clé de la porte. »

Beijing Coma, Ma Jian. Flammarion, 2008 (2008 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais par Constance de Saint-Mont. 631 pages.

Au zénith, de Duong Thu Huong (2009)

Au zénithPlusieurs points de vue dans ce roman qui nous entraîne dans le Vietnam des années 1950-1970. Celui d’un vieil homme, le Président, isolé dans la montagne qui se retourne sur son passé et son amour perdu. Celui de son meilleur ami, Vu, qui ouvre peu à peu les yeux sur la réalité de la politique vietnamienne au sortir de la Révolution. Celui du beau-frère de la jeune épouse assassinée du Président, dévoré par ses rêves de vengeance. Et enfin, parenthèse de plus de deux cents pages : l’histoire d’un village, l’histoire d’un homme du peuple, de sa famille et de son amour pour une femme bien plus jeune rejetée par le reste de sa famille.

J’avais déjà lu cette autrice et dissidente politique avec Terre des oublis il y a plus de dix ans, mais je dois avouer n’avoir aucun souvenir de ce roman et j’appréhendais quelque peu cette lecture : presque huit cents pages de littérature vietnamienne avec un sujet évoquant Ho Chi Minh et la politique du pays… allais-je accrocher ? allais-je pouvoir suivre ?

La réponse est : oui. J’ai adoré ce roman et je l’ai lu avec une aisance déconcertante et un plaisir constant.

Certes, je ne prétends avoir apprécié à sa juste valeur l’aspect le plus politique du roman, avoir su comprendre toutes les références et capturer tous les échos à l’Histoire du Vietnam. La guerre d’Indochine, la guerre du Vietnam, Ho Chi Minh… j’en connais les grandes lignes – assez pour ne pas être perdue pendant ma lecture – mais pas les détails – donc pas assez pour distinguer ce qui est pure fiction de ce qui est fait historique. Cependant, était-ce le plus important ? Je ne le crois pas.

J’ai été transportée par la poésie de cette œuvre au rythme tranquille. Ses aspects les plus contemplatifs m’ont comblée, dans le regard porté sur la nature omniprésente. Le Président vit au milieu de la montagne, le beau-frère participe à la guerre et se terre dans la forêt, le village de bûcherons vit au rythme des saisons ; seul Vu nous entraîne à la ville. Le cycle des saisons, les éléments météorologiques, les paysages, les cultures et récoltes, les sons des oiseaux ou de l’eau accompagnent les réflexions des protagonistes.

C’est surtout une plongée dans le cœur humain avec ses désirs, ses regrets, ses fiertés… et ses bassesses. Le roman raconte l’envie, la cupidité, la jalousie, la convoitise du pouvoir et de l’héritage. L’héritage – et les questions de filiation – ont une certaine importance dans ce récit : l’héritage qui est laissé, convoité, reçu, l’héritage matériel, politique ou spirituel.
Ce sont aussi de belles histoires d’amour – heureuses ou malheureuses, tragiques et compliquées – entre des hommes et des femmes séparés par un grand nombre d’années. Des amours en butte aux jugements, aux critiques, aux rejets et à la jalousie. La finesse, la délicatesse psychologique de la plume de Duong Thu Huong et les drames qui se nouent autour de personnages fascinants m’ont transportée à chaque page.

Enfin, c’est l’histoire d’un désenchantement impitoyable. Les idéaux révolutionnaires et la solidarité qui unissait les hommes dans la jungle se sont évaporés, remplacés par une avidité et une soif de pouvoir illimitée. Accompagnés d’opportunistes purs et durs, les anciens guérilleros idéalistes, ceux qui partageaient chaque bol de riz, s’arrogent à présent la part du lion, se complaisant dans leurs grandes demeures et dédaignant le peuple affamé.
Vu découvre le véritable visage de sa femme, symbole parmi d’autres de la corruption et la petitesse humaine, tandis qu’il rencontre des personnages en dehors du système qui lui ouvrent les yeux. Le Président, écarté des décisions politiques, relégué dans un camp à l’écart (pour sa protection bien sûr), reçoit la visite de spectres qui soulignent ses erreurs, ses aveuglements, ses échecs. C’est un constat amer pour ceux qui croyaient sincèrement en l’espoir d’une vie meilleure grâce à la fin de la colonisation et qui constatent l’embourbement de leur pays dans une guerre sanglante contre les Américains, la misère de leur peuple et les jeux de manipulation des gens de pouvoir.

Ma chronique est un peu confuse, mais j’ai été émerveillée par ce roman sublime. À la fois critique pleine d’amertume du communisme et des idéaux oubliés et roman intimiste sur la perte, l’amour, l’espoir et la lucidité cruelle, Au zénith se révèle aussi exigeant qu’envoûtant. Une lecture magique qui me donne envie de lire et relire les autres romans de Duong Thu Huong.

« La famille Quy s’en retourna chez elle.
Tout le long de son chemin, des centaines d’yeux cachés derrière les volets et les haies de bambous observèrent le cortège. La vie dans la montagne est paisible comme l’eau dans une flaque au fond d’un ravin, emprisonnée entre des murs rocheux. Un caillou jeté dedans, et des milliers de vaguelettes se forment. Ainsi, le moindre détail touchant aux cordes les plus secrètes de l’âme humaine devient rapidement un cataclysme, un champ de bataille où combattent archaïsme et modernité. Le Village des bûcherons était devenu un volcan en ce printemps, expulsant de ses entrailles la lave formée par l’histoire de la famille Quang. Une jeune et belle femme, aux yeux de colombe et au corsage vert, avait jeté dans ce foyer incandescent qu’était le village une bonne pelletée de charbon. »

« Pourquoi n’ont-ils pas songé un seul instant que si le Vieux avait eu, ne serait-ce qu’un minuscule bonheur personnel, il aurait été mieux dans sa peau et que notre peuple en aurait profité davantage ?
Pourquoi se sont-ils arrogé le droit de maltraiter l’homme derrière lequel ils s’étaient tous, sans exception, abrité et qui leur a, de plus, offert le pouvoir ? On ne peut pas tout avoir, et le riz et la viande. Une logique qui démontre la cruauté de l’espèce humaine. Cruelle parce que envieuse et jalouse. »

« Se peut-il que sa jeunesse et celle de beaucoup d’autres engagés dans la Révolution se soldent par un résultat à ce point infâmant ? Il a toujours cru que cette ignominie et cette immoralité ne concernaient que quelques membres du pouvoir. De tout temps, la lutte pour le pouvoir a été acharnée, dépouillant chaque combattant de ses belles qualités humaines pour ne lui laisser que la jalousie scélérate, la ruse abjecte et la vile méchanceté. Il n’a jamais voulu admettre que toute cette société était devenue immorale et crapuleuse. Il avait pourtant placé en elle tant d’espérance. D’autres avaient misé sur elle toute leur vie.
Aucune mère ne reconnaît facilement avoir donné le jour à un monstre. »

Au zénith, Duong Thu Huong. Sabine Wespieser éditeur, 2009 (2009 pour l’édition originale). Traduit du vietnamien par Phuong Dang Tran. 786 pages.

Toutes les vagues de l’océan, de Victor del Arbol (2015)

Toutes les vagues de l'océan (couverture)Gonzalo Gil, petit avocat vivant sous l’égide de son puissant beau-père, trompé par sa femme, éloigné – bien que vivant sous le même toit – de son fils, menait une existence plutôt banale, plutôt triste jusqu’au jour où un inspecteur l’informe du suicide de sa sœur, qu’il ne voyait plus depuis des années, et de l’accusation de meurtre qui pèse sur elle. Elle aurait vengé la mort de son fils en assassinant le mafieux russe responsable.

Certes, ce livre est publié dans la collection Actes noirs ; certes, il a reçu le Grand prix de littérature policière 2015 ; certes, la couverture est noire. Mais ce n’est pas un polar classique avec un inspecteur qui mène une enquête et qui cherche un tueur. Certes, il y a deux morts liées à un meurtre pour l’un, à un suicide pour l’autre, mais c’est bien plus qu’un polar. C’est avant tout le prétexte à une incroyable fresque historique qui traverse 70 ans d’Histoire.

Parallèlement aux recherches, aux questions et aux doutes de Gonzalo, on revit l’Histoire aux côtés d’Elias Gil, son père. Dans les années 1930, Elias, la vingtaine, est un jeune ingénieur espagnol plein d’enthousiasme et de confiance envers le régime communiste. Toutefois, pour quelques doutes exprimés dans ses lettres à son père, il est déporté à Nazino avec plus de 6 000 personnes. Nazino où ils furent abandonnés sans nourriture et sans outils. Nazino ou « l’île des cannibales ». Nazino ou l’enfer sur Terre. Nazino dont je n’avais jamais entendu parler. Entre la cruauté sans limite d’Igor et l’amour désespéré d’Irina, Nazino marque à jamais ceux qui y sont envoyés et transforme les caractères. Le destin d’Elias, d’Irina, d’Igor et de leurs descendants aurait sans doute été différent sans Nazino.

Le rythme ne faiblit pas. Après Nazino, c’est le régime de Franco et la guerre civile espagnole, c’est l’Occupation française par les nazis.

Les personnages sont denses et travaillés : ils ont tous de multiples facettes. Il n’y a pas de bonnes et de mauvaises personnes (même s’il y a évidemment des actions que l’on désapprouve avec nos yeux détachés). Les protagonistes de Toutes les vagues de l’océan ont été jetés dans les vagues de l’Histoire et ont été contraint de faire des choix dans des conditions extrêmes pour ne pas être totalement broyés. Certains se battent pour ne pas se laisser envahir par leur part d’ombre, toujours grandissante face aux horreurs dont ils ont été témoins. Ceux qui furent adulés sous un régime deviennent les pestiférés du suivant, les criminels peuvent devenir les héros du jour, celui qui était victime devient bourreau, rien n’est définitivement acquis.

Victor del Arbol tisse sa toile et, en même temps que Gonzalo, le lecteur découvre le passé familial, les rancœurs, les secrets enfouis, les hontes trop longtemps tues, les pièces du puzzle qui, lentement, se mettent en place.

Toutes les vagues de l’océan est un ouvrage incroyable et terrible. Tout en entremêlant les destins de tous ses protagonistes, Victor del Arbol prend son lecteur et le jette au milieu des guerres, des idéologies et des résistances qui ont marqué le XXe siècle. 600 pages d’une écriture magistrale pour revivre ce siècle dans toute son atrocité.

Un très gros coup de cœur que je ne peux que conseiller chaleureusement.

« L’esclave le plus fidèle est celui qui se sent libre. »

« La première goutte qi tombe est celle qui commence à briser la pierre.

La première goutte qui tombe est celle qui commence à être océan. »

Toutes les vagues de l’océan, Victor del Arbol. Actes Sud, coll. Actes noirs, 2015 (2014 pour l’édition originale). Traduit de l’espagnol par Claude Bleton. 608 pages.

La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon (2014)

La petite communiste qui ne souriait jamais (couverture)Biographie d’une jeune gymnaste roumaine ? Certes. La petite communiste qui ne souriait jamais, c’est avant tout l’histoire d’une vie. Celle de Nadia Comaneci.

Une ascension fulgurante, compétitions après compétitions, médailles après médaille, allant jusqu’à perturber le panneau électronique olympique à Montréal. Toujours aller plus loin, plus vite, plus haut. En dépit des risques. En dépit de l’ombre de l’accident, de la paralysie, de la mort. L’admiration des journalistes, l’adulation des petites filles, l’amour du public.
Et puis, comme souvent, une déchéance. Les premières défaites, l’argent au lieu de l’or. Une utilisation de la jeune sportive par le pouvoir, des changements d’entraîneurs, des doutes, des « écarts ». Des critiques, des jugements. Une déception face aux changements morphologiques de la fillette qui avait battu les championnes soviétiques.

Derrière cette couverture rouge se cache un feu follet venu de l’Est….

Fiction ? Eh oui ! L’imagination de Lola Lafon (les belles sonorités de ce nom !) remplit les silences de l’histoire et les dialogues de la narratrice avec Nadia sont imaginés (bien que tirés ou inspirés par l’autobiographie de l’athlète). Et pourtant… Pourtant, ils sont si réalistes. Si crédibles qu’il semble impossible que les deux femmes n’aient jamais échangé. Si sincères que l’on voudrait qu’ils soient vrais !

Et sur ces pages blanches s’élance une virgule vivace, un corps souple et musclé !

Panorama d’un pays ? Bien sûr ! Et d’une époque, celle de la Guerre Froide. L’un des grands points forts du livre est l’absence d’une vision binaire des événements : pas de méchants contre des gentils. Etrangement – et intelligemment –, ce sont les points de vue parfois extrêmes de Nadia et de la narratrice qui permettent de nuancer. Le dégoût de l’Occident de l’une et la représentation réductrice du communisme et des pays de l’Est de l’autre entraînent des « dialogues » qui font apparaître les failles et les forces des systèmes. (Ceci n’est absolument pas une apologie de la dictature qui sera toujours injustifiable. Néanmoins, tout n’est pas forcément rose sous une démocratie.)

Avec son intelligence et sa sensibilité, La petite communiste qui ne souriait jamais a séduit quelqu’un qui ne connait rien de la gymnastique que les enchaînements minables du collège et qui ignorait l’existence d’une Nadia.
Avec son écriture aussi vive et dynamique qu’un enchaînement de la nymphette roumaine, Lola Lafon m’a donné envie de m’élancer, de traverser les longs couloirs de mon lieu de travail avec des roues et des bonds. De me sentir légère comme si la pesanteur n’existait plus, affûtée et maître de mon corps. Et libre !

  « Je ne vais pas tourner le dos à ce qui me fait peur. Je fais face, parce que la seule façon d’échapper à ma peur est de la piétiner. »

« Chez nous, on n’avait rien à désirer. Et chez vous, on est constamment sommés de désirer. »

« Si vous cherchez un mot pour dire que vous avez vu quelque chose qui était si beau que ça ne disait pas combien c’était beau, dites donc que c’était nadiesque. »

Un extrait de la performance de Nadia aux JO de 1976 à Montréal

La petite communiste qui ne souriait jamais, Lola Lafon. Actes Sud, 2014. 317 pages.

Egalement de Lola Lafon : Nous sommes les oiseaux de la tempête qui s’annonce