Peter Pan sous diverses formes

Il est temps de publier cet article entamé il y a plusieurs mois sur les différents supports qui m’ont permis de croiser le personnage de Peter Pan au cours de l’année 2019 !

Au programme, deux livres et deux films (pas de jaloux) :

  • le film Neverland de Marc Forster ;
  • le roman Peter Pan de J.M. Barrie ;
  • le film Hook ou la revanche du Capitaine Crochet de Steven Spielberg ;
  • et le texte dans sa version illustrée par Quentin Gréban.

Bon voyage au Pays imaginaire !

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Neverland, film de Marc Forster (2004)

Londres, début du XXe siècle. L’écrivain James M. Barrie est en quête d’un nouvel élan dans sa vie comme dans son œuvre : son mariage avec la comédienne Mary Ansell est dans l’impasse et le public londonien boude sa dernière pièce. Au cours d’une promenade, il fait la connaissance de Mrs Llewelyn Davies et ses quatre fils. De la complicité grandissante entre l’écrivain et les enfants naît une précieuse source d’inspiration. Ensemble, ils commencent à tisser la trame fantastique et visionnaire de Peter Pan. (Résumé présent sur le DVD)

Neverland (affiche)J’avais vu ce film il y a plusieurs années et je n’en avais gardé qu’un souvenir flou. J’ai eu envie de le revoir et, à mon plus grand plaisir, j’ai été enchantée par cette histoire, entre drame et humour. Ce James Barrie me rappelle le Edward Bloom de Big Fish, un homme débordant d’imagination qui transforme le quotidien en aventures extraordinaires. Sa vision du monde et ses jeux avec les enfants injectent une pincée de magie et de fabuleux dans une vie autrement banale. Mondes réel et imaginaire s’entremêlent au fil des histoires initiées par Barrie et ses jeunes compagnons de jeu. C’est fantasque, onirique et parfaitement réjouissant.

Tout n’est pas exact dans ce film qui prend, comme souvent, quelques libertés avec la réalité : Mrs Lleweyn Davies n’était pas veuve par exemple et il n’y avait alors que trois enfants. Mais peu importe – à mes yeux en tout cas – car il reste un très joli film qui montre que responsabilités et complications de l’âge adulte ne sont pas incompatibles avec l’émerveillement et le plaisir d’inventer des histoires même s’il devient de plus en plus dur de croire aux fées lorsqu’on grandit.
De plus, il est amusant de repérer au fil du film les premiers éléments que l’on retrouvera dans Peter Pan. J’ai également été très intéressé par les pistes qu’il offre pour comprendre l’œuvre originale, c’est-à-dire tout ce qui touche à l’enfance de Barrie. Une enfance trop vite perdue suite à la mort d’un frère – qui, par conséquent, ne grandira jamais – avec une mère qui ne s’en est jamais remise.

Il est parfois difficile de lutter contre le désenchantement et contre les cruautés de la vie, mais il ne fait pas de mal d’égayer tout ça, quand on le peut, d’une touche d’imagination et de magie.

Neverland (VO : Finding Neverland), réalisé par Marc Forster, avec Johnny Depp, Kate Winslet, Freddie Highmore… Film britannique, 2004. 1h40.

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Peter Pan, de J.M. Barrie (1911)

Peter Pan (couverture)Je me suis ensuite penchée sur le roman de l’écrivain écossais. Je l’avais acheté en Ecosse (cohérence oblige) en me disant que, s’agissant d’un livre destiné aux enfants, la lecture ne devrait pas en être trop ardue. Oups, erreur. J’ai été étonnée du niveau de langage du roman. Je mets cela sur le compte de l’âge du récit, mais il m’a posé beaucoup plus de difficultés qu’un roman contemporain. Du coup, je l’ai lu bien plus lentement que prévu, mais j’en suis finalement venue à bout ! (Et je suis assez fière d’avoir pris le temps d’ouvrir à nouveau un roman en anglais.)

A présent, partons pour Neverland. Et comment dire… si vous avez en tête une mignonne histoire enfantine, je vais peut-être briser quelques illusions.

Avant de passer au cœur de l’histoire, quand les enfants s’envolent par la fenêtre, je me permets de faire un aparté sur un personnage qui m’a sidérée par son comportement. Mr Darling. Le père. Une scène m’a fait tomber des nues – à tel point que je craignais d’avoir mal compris le texte anglais – car il agit alors comme un enfant pourri gâté qui fait une crise. Voilà un adulte qui n’a pas conservé le meilleur côté de son âme d’enfant ! C’est une scène tout à fait puérile – qui permettra d’ailleurs la rencontre et la fuite des enfants avec Peter Pan – dont le ridicule m’a laissée absolument bouche bée. Voilà, fin de l’aparté, mais je voulais signaler ce personnage d’adulte d’une immaturité rarement rencontrée.

Parlons maintenant de Peter Pan. Vous imaginez un enfant malicieux qui incarne l’innocence et la beauté de l’enfance ? Erreur. Peter est un véritable tyran qui  se révèle franchement inquiétant au fil du roman. Parlerons-nous de ses pertes de mémoire quasiment instantanées qui lui font oublier Wendy et ses frères maintes et maintes fois juste le temps du vol jusqu’au Pays Imaginaire ? De la façon dont il impose sa loi aux autres enfants perdus, de leur interdire de savoir quelque chose qu’il ignore (par exemple, être capable de distinguer les jumeaux alors lui n’y parvient pas), de proscrire tout bavardage sur les parents ? De son imitation angoissante d’un Captain Hook fraîchement dévoré ? De son arrogance ? Quel monstre de vanité ! Imbu de lui-même jusqu’à l’exaspération (la mienne, je veux dire), il ne cesse de se jeter des fleurs – combien de fois il nous apprendra qu’il est le garçon le plus génial du monde ? – et de s’attribuer les mérites des autres. Tout ce qu’il fait n’a qu’un but : le mettre en valeur et tant pis s’il doit mettre d’autres enfants en danger. Dépourvu de la moindre empathie, Peter n’a qu’un seul centre d’intérêt : lui-même. Une conversation avec Wendy, des années après leurs aventures communes, le montre particulièrement bien : il a purement et simplement oublié celles et ceux qui en étaient les autres protagonistes, à savoir Captain Hook et Tinker Bell.
Mais surtout, Peter Pan a des pulsions qui sont loin d’être celles que l’on aimerait trouver chez un enfant. Un extrait (qui se situe lors du voyage aller vers Neverland) vous éclairera peut-être :
« His courage was almost appalling. ‘Do you want an adventure now’, he said casually to John, ‘or would you like to have your tea first?’
Wendy said ‘tea first’ quickly, and Michael pressed her hand in gratitude, but the braver John hesitated.
‘What kind of adventure?’ he asked cautiously.
‘There’s a pirate asleep in the pampas just beneath us’, Peter told him. ‘If you like, we’ll go down and kill him.’ »
Tranquillou. Le garçon assassine des pirates. Des vrais, pas des Playmobils. En effet, malgré quelques scènes au comique détonnant digne d’un dessin animé (par exemple, quand l’auteur explique que les enfants perdus, les pirates, les Indiens, les bêtes sauvages et le crocodile, se poursuivent sans fin car ils tournent dans le même sens, faisant inlassablement le tour de l’île), c’est un lieu de tous les dangers où la mort rôde. Tandis que les indiens scalpent tout ce qui bouge – jusqu’au sauvetage de Tiger Lily –, des enfants tuent et se font parfois tuer et les pirates se feront correctement massacrer à la fin de l’histoire.
Concernant les enfants, il y a aussi un passage un peu flou : « The boys on the island vary, of course, in numbers, according as they get killed and so on ; and when the seem to be growing up, which is against the rules, Peter thins them out; but at this time there were six of them, counting the Twins as two. » Qu’est-ce que cela signifie? Est-ce qu’il les tue, purement et simplement ? Est-ce qu’il les pousse à quitter la bande des enfants perdus (pour rejoindre les pirates ou autres) ou à abandonner l’île pour vivre leur vie d’adulte parmi leurs semblables ? Certaines traductions françaises semblent avoir adopté le choix de l’assassinat, mais pour avoir cherché un peu, il semble que la formulation anglaise prête davantage au débat et à l’indécision.
Voilà, un petit aperçu de qui est Peter Pan. Un garçon insupportable et cruel, coincé dans son corps d’enfants et dans sa haine des adultes. Haine née d’avoir été abandonné et remplacé par un autre enfant dans le cœur de sa propre mère. Cette mère qu’il cherchera sans cesse en Tinker Bell, en Wendy, en la fille de Wendy, etc., sans jamais voir, sans jamais comprendre, sans jamais imaginer que l’amour qu’elles tentent de lui offrir n’est pas celui d’une mère. C’est donc un antihéros très sombre et torturé.

Wendy, quant à elle, m’a posé problème à cause de son rôle. Elle n’est pas fillette, elle est une maman. C’est d’ailleurs pour cela que Peter Pan l’a invitée à rejoindre Neverland : pour être la maman des enfants perdus. En quoi ça consiste ? Raconter des histoires certes, mais surtout repasser, recoudre, faire le ménage (elle détestera le navire des pirates – il était apparemment inimaginable qu’une fille soit attirée par l’aventure pirate – car il est décidément bien trop sale), faire à manger (faire semblant de faire à manger plutôt) et surveiller l’heure du coucher. Ah, et appeler Peter « father ». Jouer au papa et à la maman, c’est une chose que tout le monde ou presque aura fait, mais là, c’était trop. C’était presque dérangeant. Cela sonnait vraiment « conditionnement à ton futur rôle de femme au foyer et de mère » (ce que Wendy deviendra quelques années après son retour dans le monde réel). Certes, l’œuvre a plus d’un siècle, il faut recontextualiser, tout ça tout ça, mais ça fait quand même grincer des dents. (Petite anecdote : le titre du roman était à l’origine Peter and Wendy, mais celle-ci a fini par disparaître des couvertures bien que l’histoire suive bien davantage son parcours que celui de Peter Pan.)

Ce fut donc un étrange moment de lecture. Déstabilisant car je ne m’attendais pas à ressentir si peu d’attachement vis-à-vis des personnages, mais j’ai adoré découvrir ce conte bien plus glauque et malsain et déprimant que l’image que j’en avais auparavant.

Peter Pan, James Matthew Barrie. Puffin Books, coll. Puffin Chalk, 2013 (1911 pour l’édition originale). 206 pages. En anglais.

Pour prolonger la découverte de Peter Pan, je vous invite à vous rendre sur le blog Histoire naturelle de bibliophiles pour son très bon article joyeusement intitulé « Maman ou putain, les femmes dans Peter Pan ». Le ton est donné…

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Hook ou la revanche du Capitaine Crochet, film de Steven Spielberg (1991)

« Peter Banning alias Peter Pan est devenu un brillant avocat d’affaires qui a tout oublié de ses merveilleuses aventures. Mais le terrible capitaine Crochet, lui, n’a pas oublié. Pour enfin, régler leur compte, il enlève une nuit Jack et Maggie, les enfants de Peter. C’est en compagnie de Tinkerbell que Peter s’envole à nouveau pour le pays de Nulle Part. » (Allociné)

Hook (affiche)Je n’avais jamais vu ce film, mais la présence de Robin Williams et Maggie Smith ont suffi à me convaincre à lui laisser sa chance. Ce fut pour moi un bon divertissement pour un jour pluvieux. J’ai passé un bon moment et je me suis laissée porter par les aventures de Peter Banning bien que l’intrigue soit cousue de fil blanc. Pas de réelle surprise ni sur les péripéties, ni sur l’humour, ni sur les petits messages sur la famille.
Les deux acteurs principaux sont excellents dans leur rôle respectif : si je ne doutais pas de Robin Williams, j’ai été bluffée par Dustin Hoffman que je n’ai absolument pas reconnu (bien que sachant que c’était lui) et qui joue un Capitaine Crochet absolument parfait. Le reste du casting est à l’avenant, c’est-à-dire excellents dans leurs rôles respectifs. (Et puis, il y a Maggie Smith. Oui, je l’ai déjà dit, mais ça me fait toujours plaisir.)

Cependant, je n’ai absolument pas retrouvé l’ambiance du roman. Le film est bon enfant tout comme l’ambiance à Neverland. Comme je me l’imaginais avant de lire le livre. Peter Banning retrouve son âme d’enfant et l’avocat trop sérieux redécouvre le plaisir du jeu et du rire. On se bat sans se tuer (adieu, le massacre final du roman) et chacun retrouve une part d’innocence. Pourtant, à mon goût, Peter Banning n’a jamais été si proche du caractère du Peter Pan de papier lorsqu’il était cet adulte égoïste et aveugle à la peine de sa famille.
Ce n’est pas nécessairement un mal car Spielberg s’est approprié l’histoire pour créer son Peter Pan, sa suite, mais j’avoue que je serais curieuse de voir un film avec un Peter aussi sombre et dangereux que dans le livre. Savez-vous si de telles adaptations existent ?

Conclusion ? Un film très agréable, pas du genre à révolutionner le septième art, mais à nous faire passer un très bon moment.

Hook ou la revanche du Capitaine Crochet (VO : Hook), réalisé par Steven Spielberg, avec Robin Williams, Dustin Hoffman, Maggie Smith, Julia Roberts… Film américain, 1991, 2h15.

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(C’est bientôt la fin.)

Je pensais vous parler d’autres versions de Peter Pan, notamment en films – Netflix proposant notamment dans son catalogue Pan de Joe Wright (2015) et le Peter Pan de P.J. Hogan (2004) – mais je me suis aperçue que ces versions ne m’intéressaient pas vraiment (et que je n’avais pas vraiment envie de regarder le Disney), donc je vais m’arrêter là côté septième art. Je vous invite simplement à découvrir la petite vidéo de Math se fait des films sur le dessin animé Disney : je me dis que mes souvenirs sont peut-être erronés car les mauvais sentiments n’ont pas l’air loin à voir ces extraits.

Juste un dernier mot sur la version illustrée par Quentin Gréban.

Peter Pan (Gréban) (couverture)Quentin Gréban est un illustrateur dont j’aime beaucoup les grandes aquarelles, j’ai encore cette année été conquise par Maman aux textes signés par Hélène Delforge et cet article était l’occasion rêvée de ressortir son Peter Pan de ma bibliothèque.

Je ne m’attarderai pas sur le texte : c’est une version abrégée et adaptée, ce qui n’est guère ma tasse de thé. Je préfère avoir le texte complet et avoir toutes les clefs en main. Ici, on rencontre tout de même le Peter dur du roman, mais des passages manquants ou ayant été raccourcis, sa violence et son égocentrisme ne se font pas autant ressentir.
Les illustrations sont en revanche sublimes. Si elles ne soulignent pas forcément la noirceur de cette  histoire – avec un Peter Pan plus malicieux et attendrissant que dans le roman –, elles présentent des personnages lumineux et expressifs. Le Pays Imaginaire sera laissé à l’imagination de celles et ceux qui liront ce livre, car ce sont bien ses habitants qui sont au cœur des aquarelles et crayonnés de Quentin Gréban. Chacun a droit à son ou ses portraits. La taille de l’ouvrage est l’occasion de pleines pages fascinantes.
Bref, un très bel ouvrage !

Peter Pan, James Matthew Barrie, illustré par Quentin Gréban, édition adaptée et abrégée par Xavier Deutsch, à partir de la traduction d’Yvette Métral (Flammarion, 1982). Editions Mijade, 2014. 92 pages.

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C’est la fin de cet article consacré à Peter Pan !
Connaissez-vous le roman (ou la pièce de théâtre) de J.M. Barrie ?
Avez-vous un film (ou autre) à me conseiller ?

The Case of Beasts (VF : La valise des créatures), de Mark Salisbury (2016)

Explorez la magie du film Les animaux fantastiques ! Rencontrez Newt, Tina, Queenie et Jacob. Découvrez le MACUSA, le Blind Pig et les rues de New York. Confrontez-vous aux Second Salemers qui tenteront d’exfiltrer la magie qui est en vous ! Et surtout apprenez à connaître toutes les créatures fantastiques qui se cachent dans la valise de Newt.

The case of beasts (couverture)

Je ne suis pas particulièrement sensible au marketing à outrance, certains livres publiés à l’occasion de la sortie des Animaux fantastiques ne m’intéressaient absolument pas. En revanche, je ne peux pas en dire autant des beaux-livres et des belles éditions. Et celui-ci était le premier sur ma liste même si j’ai un peu traîné avant de me l’offrir. Petite précision : je crois qu’il est aujourd’hui indisponible en français, il l’était en tout cas quand j’ai acheté le mien, voilà pourquoi je l’ai pris en anglais (et aussi parce que les trois quarts de mes livres sur Harry Potter sont en anglais) pour un prix extrêmement raisonnable pour le coup.

A l’instar des beaux-livres sur Harry Potter, celui-ci est magnifique. L’objet est tout simplement sublime. La couverture, la typographie, les images, le papier… Aucun doute, l’ouvrage est soigné. Un travail de qualité, signé MinaLima. C’est un plaisir de le lire petit à petit, de découvrir les artefacts (affiches « Wanted », tracts, formulaires du MACUSA…) qui se cachent entre ses pages, de scruter chaque détail des illustrations, croquis et autres photographies.

Les différentes parties s’enchaînent avec logique, en suivant le film : Newt, ses trois compères, New York, MACUSA, New Salem Philanthropic Society, The Blind Pig, les dernières scènes du film et last but not least la valise de Newt et ses habitants. J’ai particulièrement aimé les quatre pages détaillant la création des animaux fantastiques, de travail d’imagination au rendu final.

 

Les textes sont passionnants, riches d’informations, on apprend de nombreux détails sur les différentes étapes de la de la réalisation du film. A travers ce livre, on constate une fois encore la minutie du travail des différentes équipes du film et du soin apporté à des détails invisibles à l’écran. Je suis à chaque fois époustouflée et abasourdie. Un exemple ? Dans les bureaux du journal de Shaw Sr., chaque bureau est décoré d’une manière différente en fonction de s’il appartient au chroniqueur sport, art, news, etc. Décoré en surface évidemment, mais aussi dans les tiroirs des bureaux. Tout ça pour un lieu qui apparaît dans une scène. C’est dingue… J’ai aussi découvert avec surprise qu’ils avaient reconstruit New York aux studios de Leavesden, leur plus grand décor à ce jour (une visite, une visite, une visite !).

Parce que quelques photos seront plus parlantes que des mots…

 

Particulièrement complet et agréable à lire, c’est un ouvrage magnifique. Une petite pépite que je vous recommande chaudement.

The Case of Beasts (VF : La valise des créatures), Mark Salisbury. Editions HarperCollins, 2016. 160 pages.

Le Grand Méchant Renard, de Benjamin Renner (2015) et son adaptation en film d’animation (2016)

Le Grand Méchant Renard (couverture)Le renard est un habitué de la ferme. Il entre, salue le chien, le cochon et le lapin, tente de manger la poule, se prend une raclée par cette dernière et repart avec des navets faute de poulet pour son repas. Inspiré par le loup, il met au point un plan : voler des œufs pour élever les poussins jusqu’à ce qu’ils soient prêts à être mangés.
Mais évidemment, on se doute bien que son plan va tomber à l’eau comme tous les autres. Sinon, pas d’histoire et, surtout, pas d’humour.

Car l’humour est bien le point fort de cette bande dessinée. Elle est hilarante par les situations, les dialogues parfois caustiques, les personnages… avec en tête ce pauvre renard que l’on ne peut s’empêcher de prendre un peu en pitié tant il échoue dans toutes ses entreprises. La pauvre bête en voit de toutes les couleurs, humilié par tous les animaux, martyrisé par trois poussins trop aimants et trop dynamiques.
Mais son cœur de papa poule fond malgré tout devant ses trois terreurs et, avouons-le, nous aussi. Leur relation est touchante, pleine de taquineries et d’amour. Le renard se montrera prêt à tout pour les protéger du loup (qui, lui, est un vrai Grand Méchant). Sans oublier de se protéger lui-même de la poule et de son club d’extermination des renards ! Ce qui nous donnera de nouvelles occasions de rire de ses déboires.

Les aquarelles sont toutes douces et toutes jolies. Les protagonistes sont tous très expressifs, ce qui contribue à l’excellence de la BD. J’ai beaucoup apprécié le trait de Benjamin Renner. Les délicates petites vignettes, sans aucun détail superflu, donnent un aspect très léger et aéré à la bande dessinée. Le résultat : les pages tournent toutes seules et l’on dévore l’ouvrage sans s’en rendre compte.

Le Grand Méchant Renard est un véritable coup de cœur tant pour son scénario que pour son dessin. Oscillant entre humour et tendresse, c’est une bande dessinée originale et adorable, à mettre entre toutes les mains.

Le Grand Méchant Renard (extrait)

Et le film d’animation alors ?

Le grand méchant renard (affiche)Après avoir relu et adoré la BD, je suis allée découvrir l’adaptation cinématographique par Benjamin Renner et Patrick Imbert. Et autant vous le dire tout de suite, je suis déçue. Dans ce film d’animation, le rideau du théâtre de la ferme s’ouvre trois fois pour nous raconter trois histoires : « Un bébé à livrer », « Le Grand Méchant Renard » et « Il faut sauver Noël » (un choix peut-être étrange vu la saison, mais pourquoi pas…).

Parlons tout d’abord de la seconde qui reprend le scénario de la bande dessinée et sur laquelle se focalisait toutes mes attentes. Si les éléments et les rebondissements principaux sont bien là, je n’ai pu que constater que certaines coupes avaient été effectuées dans les dialogues notamment. Logique, allez-vous me dire, on pouvait s’y attendre. Certes, mais je ne m’attendais pas à ce que tous les passages les plus drôles à mon goût disparaissent. Le résultat est bien moins humoristique et moins fin que la bande dessinée. Idem pour certaines scènes trop mignonnes entre les poussins et leur mère adoptive. Dommage…
Quant aux deux autres histoires qui tournent autour des personnages du cochon, du lapin et du canard, elles sont assez bateau et je dois reconnaître ne pas avoir été touchée du tout. Disons que je pense que le public visé est quand même un public très jeune.

En revanche, l’animation est plutôt jolie surtout pour les paysages en aquarelle que j’ai adorés et d’ailleurs préférés aux personnages. Une remarque à ce propos sur l’apparence des poussins, bien moins mignons que dans la BD (mais peut-être plus facile à animer avec leur nouveau physique lorsqu’ils sont plus grands ?).

Voilà, une déception donc. Il est peut-être préférable de le découvrir lorsque l’on a aucune attente grâce à la BD.

Le grand méchant renard 2

Le Grand Méchant Renard, Benjamin Renner. Editions Delcourt, collection Shampooing, 2015. 189 pages.

Quelques minutes après minuit, de Juan Antonio Bayona, avec Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones, Liam Neeson… (Etats-Unis, Espagne, 2016)

Quelques minutes après minuit (film, affiche)Mardi soir, j’ai eu la chance d’assister à une avant-première en présence du réalisateur de Quelques minutes après minuit, l’adaptation du livre de Patrick Ness – que l’on retrouve au scénario – par Juan Antonio Bayona (réalisateur de L’Orphelinat et The Impossible, deux films que je n’ai pas vus). J’adore le livre, j’avais donc pas mal d’attente vis-à-vis de ce film (ce qui est rarement une bonne idée). Je casse le suspense tout de suite : j’ai beaucoup aimé !

J’ai commencé par être séduite par le générique, tout en taches d’encre et aquarelle. J’ai été très heureuse de retrouver par la suite cette technique de l’aquarelle dans les histoires racontées par le monstre. J’ai beaucoup aimé les séquences des contes que je trouve très réussies esthétiquement parlant et très bien portées par la voix de Liam Neeson.
Sur le sujet de l’aquarelle, un petit ajout a été apporté : Conor dessine, ce qu’il ne faisait pas dans le livre. Ça apporte une transition entre le monde réel et les contes, une bonne idée à mon goût.

L’ambiance est sombre, triste et on sort de la salle un peu assommé. Toutefois, une scène finale a été ajoutée pour « apporter un peu plus d’espoir et de lumière » (dixit J. A. Bayona). Je rassure les inquiets, ce n’est pas une fin culcul à l’eau de rose et elle ne dépare pas avec l’ensemble du film/du livre/de l’histoire.

Quelques minutes après minuit (film, Conor)

Un mot sur les acteurs/actrices tout de même. J’ai trouvé le jeune acteur qui interprète Conor, Lewis MacDougall, parfait. Il incarne un Conor qui, derrière ce visage atypique, cache une montagne de rage et de désespoir qu’il tente de retenir comme il peut. Il ne se précipite pas dans le larmoyant pour faire pleurer le spectateur, il a un jeu plus complexe, plus profond.
Sigourney Weaver incarne avec justesse aussi bien la grand-mère tyrannique que perçoit Conor que la mère inquiète pour sa fille.
Mais mes plus grosses inquiétudes concernaient le monstre. Inspiré par la légende celte de l’Homme vert, le monstre est finalement très réussi visuellement et très fidèle à la vision proposée par Jim Kay dans le livre. De même, sa voix – celle de Liam Neeson – est très convaincante par sa profondeur.

A la fois drame et film fantastique, Quelques minutes après minuit est un film poignant sur la perte, sur la façon de l’accepter pour apprendre à vivre avec. Très fidèle au livre, il a réussi à en retransmettre toute la beauté et la justesse.

Sortie le 4 janvier 2017

Quelques minutes après minuit, réalisé par Juan Antonio Bayona, avec Lewis MacDougall, Sigourney Weaver, Felicity Jones, Liam Neeson… Film américain et espagnol, 2016. 1h48.

Ma critique du livre

Le Petit Prince, de Mark Osborne (2015)

  • Deux mots sur le livre…

Le fabuleux livre d’Antoine de Saint-Exupéry, Le Petit Prince. Ce livre, que j’ai découvert relativement tardivement, fait aujourd’hui partie de mes favoris. De ceux que je peux relire sans me lasser. Je suis fascinée par son double sens, la double interprétation qu’il propose. L’écriture enfantine et l’une histoire onirique du premier abord se transforme rapidement en un conte philosophique qui aborde les difficiles questions de l’amitié, de l’amour, de la mort, des hommes, de leur vanité ou leur avarice, de la manière dont nous abordons le monde au quotidien.* Tantôt fascinée par la poésie qui se dégage de ses pages, tantôt plongée dans une réflexion, j’aime l’aborder d’une manière ou d’une autre.

Le petit prince (édition pop-up Gallimard)

L’édition pop-up de Gallimard est tout simplement magnifique. En mettant en relief toutes les aquarelles d’Antoine de Saint-Exupéry, elle nous fait entrer plus en avant dans ce monde et prolonge la magie du récit. J’adore les livres animés et celui-ci est particulièrement réussi à mon goût.

*Pour aller plus loin, je vous propose de lire la critique de Nastasia-B sur Babelio. Je la trouve à la fois intelligente et passionnante. Elle m’a permis d’approfondir ma lecture sur certains points.

  • … Et sur le film.

« C’est l’histoire d’une histoire.

C’est l’histoire d’une petite fille, intrépide et curieuse, qui vit dans un monde d’adultes.

C’est l’histoire d’un aviateur, excentrique et facétieux, qui n’a jamais vraiment grandi.

C’est l’histoire du Petit Prince qui va les réunir dans une aventure extraordinaire. »

Le Petit Prince (affiche)

L’histoire du Petit Prince est mise sur la route d’une petite fille par son vieux et étrange voisin, l’aviateur. Obnubilée par ses études et la grande académie Werth, poussée par sa mère, elle est devenue une adulte avant l’âge et ne sait plus s’amuser. Si elle prend tout d’abord les fantaisies de son voisin pour des rêves idiots et une perte de temps, elle est peu à peu fascinée par l’histoire du Petit Prince que lui fait lire l’aviateur. Elle plonge dans une aventure fabuleuse qui lui permettra de retrouver le chemin de l’enfance.

Deux techniques se côtoient dans ce film d’animation : l’animation en CGI pour l’histoire et le monde de la petite fille et en stop-motion pour ceux du Petit Prince. Le stop-motion est vraiment une bonne idée. Outre le fait qu’il permet de distinguer les deux univers, ce côté « artisanal » se rapproche des aquarelles du livre. Seize minutes seulement en stop-motion, mais seize minutes de pure poésie.

Je dois toutefois diviser le film en deux parties. La première comprend la rencontre entre la petite fille et l’aviateur, leur amitié et l’histoire du Petit Prince. Dans la seconde, la petite fille part à la recherche du Petit Prince et le découvre sur une planète régie par le businessman. Devenu adulte, il semble avoir tout oublié. Le jaune et la lumière régnaient dans la première moitié ; le gris et l’obscurité sont devenus les maîtres dans la seconde.

J’ai adoré les deux. Mais j’ai adoré la première partie sans concession car on retrouve, on « relit » Le Petit Prince. Néanmoins, la seconde, bien qu’imaginée par les créateurs du film, est nécessaire pour arriver à la pleine compréhension et acceptation de l’histoire par la petit fille (notamment la mort). Elle est très belle, mais elle m’a parue plus lisse, plus classique que la première partie. De plus… Le happy-ending s’éloigne un peu trop de la fin voulue par Antoine de Saint-Exupéry. La fin du livre est beaucoup plus émouvante que celle du film.

Malgré ces légers bémols, ce qui fait la force de ce film, c’est sa beauté et son émotion. On peut lui reprocher de reléguer au second plan l’histoire d’Antoine de Saint-Exupéry, mais cela ne m’a pas dérangé. Elle est bien intégrée dans l’histoire de ces autres personnages. Il y a des séquences vraiment touchantes. Et on retrouve la matière à réflexion proposée par le livre.

Un film d’animation à la fois beau et poétique, avec un énorme coup de cœur pour les séquences en stop-motion !

Le journal d’une femme de chambre, de Benoît Jacquot, avec Léa Seydoux, Vincent Lindon (France, 2015)

Journal d'une femme de chambre (affiche)J’avais tellement aimé le roman de Mirbeau, ce Journal d’une femme de chambre si immoral, si vif, si impertinent ! Pourquoi suis-je allée voir ce film que je pressentais plutôt mal, avec une actrice qui me hérisse le poil ? La réponse est simple : j’accompagnais quelqu’un. En tout cas, il n’a pas déçu mes attentes : c’est une catastrophe.

Le pitch du film en deux mots : Célestine, une jeune bonne, quitte Paris pour aller servir un couple de provinciaux. Madame est sèche et méprisante, Monsieur est faible et coureur de jupon. Il y a aussi Joseph, un vieux domestique bourru. Quelques autres protagonistes autour et l’histoire du film s’arrête là. (Attention, je parle bien du film ! Le film est autrement plus fouillé !)

Tout d’abord, les acteurs. Léa Seydoux mérite d’être félicitée pour son exploit. Elle est tout de même parvenue à rendre la piquante Célestine fade et insipide. L’inexpressive Léa Seydoux est égale à elle-même : un seul jeu, une seule expression quel que soit le film. (Quand je pense que le génial Dolan va réaliser un film avec elle et Marion Cotillard, j’ai envie de fuir les salles obscures.)

Vincent Lindon retrouve un rôle de bourru qu’il semble affectionner et est plus inaudible que jamais. Jacquot semble avoir eu un souci de direction d’acteurs car les autres ne sont pas beaucoup mieux, notamment le jeune Vincent Lacoste.

L’histoire ensuite (et je terminerais là). Le livre était une critique des bourgeois comme des domestiques car le portrait que Célestine faisait de ses « collègues » n’était pas particulièrement flatteur. Ici, quelques phrases du livre jetées de temps à autre ne suffisent pas à rendre ce caractère irrévérencieux du chef-d’œuvre de Mirbeau. Loin de la vivacité de Célestine, le film est lent et mou.

Rien de l’impertinence du livre, de sa verve qui nous plonge avec passion dans ce monde de bourgeois et de domestiques. Lisez le livre de Mirbeau et oubliez le film de Jacquot !

Le Hobbit : La Bataille des Cinq Armées, de Peter Jackson, avec Martin Freeman, Benedict Cumberbatch, Ian McKellen… (Etats-Unis, Nouvelle-Zélande, 2014)

Le Hobbit 3 4 Smaug et BardAprès toutes ces bonnes critiques, je voulais quand même râler un peu contre LE blockbuster de la fin d’année 2014, à savoir l’immanquable Hobbit. Autant j’ai aimé les deux premiers, Un voyage inattendu et La Désolation de Smaug, autant le troisième, La Bataille des Cinq Armées, m’a ennuyée pendant deux heures et demie.

Première déception : voir Smaug écarté en cinq minutes. Smaug était la star des deux premiers volets. Objet de la quête, on le fantasmait dans Un voyage inattendu, on l’a partiellement découvert avant la sortie de La Désolation de Smaug dans lequel on le découvrait enfin dans toute sa puissance, sa majesté, sa grandeur et sa terreur. Les mimiques et la voix de Benedict Cumberbatch en ont fait bien plus qu’un simple lézard de synthèse, c’était un personnage à part entière. Avec Bilbo, c’était le personnage qui m’intéressait et m’importait le plus. Et là, il meurt – comme prévu, certes – au bout de cinq minutes. On a un peu l’impression d’avoir été manipulés. Ces cinq minutes auraient très bien pu trouver leur place à la fin du deux. Différence minime entre 161 ou 166 minutes de film. Mais ces millions de spectateurs – dont je fais partie – seraient-ils allés voir le trois s’ils n’avaient pas la curiosité de savoir comment Smaug allait se débrouiller, quels ravages il allait causer ? J’en doute.

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Donc voilà, Smaug meurt. Que se passe-t-il pendant les innombrables minutes restantes ?

Thorin (Richard Armitage) est de plus en plus casse-bonbon. Ses retournements intérieurs, que ce soit sa folie ou son retour à la raison, sont tellement rapides qu’ils sont improbables à mes yeux. Sa mort, cheveux au vent dans le soleil couchant, est d’un convenu affligeant tout comme la « résurrection » d’Azog après sa mort par noyade.

Legolas (Orlando Bloom), toujours avec ses drôles d’yeux flippants, est exaspérant et devrait se prendre une baffe à chaque fois qu’il ouvre la bouche. Et je suis d’accord, les Elfes sont puissants, terriblement agiles, mais… sauter sur des rochers qui s’effondrent comme sur des marches d’escalier, ce n’est pas un peu too much ?

Tauriel (Evangeline Lilly) et Kili (Aidan Turner) sont à vomir. Les longs plans sur leurs visages larmoyants sont à mourir de rire. Tauriel, dont j’avais salué l’apparition, personnage féminin libre et fort, me déçoit depuis qu’elle est tombé amoureuse de ce nain, certes très sympathique, mais tout de même. Pourquoi tout personnage féminin doit être protagoniste d’une histoire d’amour et, si possible, d’un triangle amoureux ? Dès le moment où elle rencontre Kili, son seul but est de sauver Kili. Elfe sylvestre, la voilà aussi libre qu’un Elfe de maison… Et l’interprétation d’Evangeline Lilly laisse vraiment à désirer. Beaucoup de mimiques, beaucoup de fausseté, je n’ai pas cru une seule seconde ni à son amour, ni à sa douleur.

Alfrid (Ryan Gage), le serviteur du maître de Lacville, avide et peureux, n’est qu’une pâle copie de Grima « Langue-de-Serpent » (Brad Dourif) dans la trilogie du Seigneur des Anneaux et ne fait pas rire alors que c’est bien la seule raison de sa présence. Le duel entre Galadriel (Cate Blanchett) et le Nécromancien/Sauron (voix de Benedict Cumberbatch) est très exagéré avec des effets spéciaux ridicules. Gandalf (Ian McKellen) est bien gentil, mais qu’est-ce qu’il apporte dans ce film ?

Heureusement que Martin Freeman est là. Malgré ses pieds de plus en plus énormes, Bilbo est le seul que j’ai eu plaisir à voir, le seul qui m’a réellement convaincue. Malgré sa relative inutilité dans cet opus, sa bouille suffit à me fait plaisir. Et son mélange d’intelligence et de gaucherie me séduit depuis Un voyage inattendu.

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La Bataille des Cinq Armées porte bien son titre. Ce n’est qu’une interminable bataille. Le spectateur voyageait à travers des paysages majestueux dans les premiers, le voilà sur un champ de guerre boueux et inesthétique. Les décors n’ont aucun intérêt. Champ de bataille parcouru par des créatures immondes dont la présence m’a laissée perplexe : pourquoi les « mange-terre » qui apparaissent trente secondes et qui n’apportent rien ? Cela me rappelle les cochons de combat des nains : était-ce une obligation de leur fournir des montures aussi risibles ?

La poésie du début de la trilogie ? L’humour ? Disparus, enterrés.

A la place des plans ampoulés et des paroles vides. A mille reprises, le spectateur est sans doute censé se trouver pris aux tripes, les larmes aux yeux, par la profondeur des phrases lancées d’un air inspiré et sage par tous les personnages, mais j’ai simplement été partagée entre un long bâillement et un éclat de rire devant leur vacuité et leur pathétisme.

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J’ai beaucoup ri devant un résumé trouvé dans le magazine Illimité si je ne me trompe pas. Je vous le donne :

« Et si le dragon Smaug était le cœur qui fait battre la trilogie du Hobbit [sans aucun doute… dans les deux premiers films, jusqu’à son éviction impitoyable dans les cinq minutes introduisant le troisième], à la manière de son cousin Gollum devenu plus mythique que Frodon [heureusement…] ? Dans ce cas, La Bataille des Cinq Armées, centré sur sa terrible vengeance [avez-vous vu le film ?], est sans conteste le film le plus excitant de la saga [dans quelle langue répétition, ennui et platitude sont-ils synonyme d’excitation ?], vouée à s’éteindre avec lui [et on oubliera cette fin]. »

Un film de bourrins, sans poésie, sans subtilité, sans intérêt. La pire fin possible pour la trilogie du Hobbit. A oublier. A enterrer.

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