La Maison au milieu de la Mer céruléenne, de TJ Klune (2020)

La Maison au milieu de la mer céruléenne 1Une île au milieu d’une mer céruléenne. Un orphelinat étrange et ses habitants atypiques. Des secrets. Et pour s’assurer du bien-être des pensionnaires, Linus Baker, un agent du Ministère de la Jeunesse magique, un employé modèle et solitaire au quotidien bien réglé entre son chat acariâtre et ses quelques tournesols, qui va voir ses certitudes s’effondrer et son cœur se réveiller.

Attention chronique sans aucun recul ! Je l’écris à chaud même si elle ne sera pas publiée tout de suite. Si vous voulez de l’analytique, du rationnel, ce n’est pas le bon article car j’ai envie de vous raconter comment ce livre a suscité la totale adhésion de mon cœur et de mon esprit.

Je l’avoue, j’ai les tripes nouées, le cœur déchiré et la gorge serrée de cette dernière page tournée. Ce livre était juste beaucoup trop attendrissant.
Page après page, on découvre, on vit avec et on apprend à connaître et surtout à aimer (bon, en vrai, je les ai probablement tous aimés dès leur première apparition) une petite bande haute en couleurs. Linus et Arthur. Talia, Phee, Chauncey, Théodore, Sal, Lucy. Zoe. Ce qu’ils sont est d’abord très réjouissant à lire. Qui ils sont est bouleversant à découvrir.

C’est un livre qui fait chaud au cœur. J’ai lu et relu certains passages pour les vivre encore et encore avec une émotion intacte, voire grandissante. Le pouvoir de mots simples mais agencés avec une telle justesse qu’ils en deviennent magiques. On s’amuse souvent avec les personnages, on sourit. Parfois, on est révoltée, écœurée, encolérée. Il arrive aussi que la tristesse se fasse submersive.
Incroyables, les émotions nées de cette histoire. On a envie d’y croire, de croire que la vie peut être belle, colorée et généreuse. Que peut-être on trouvera sa place. Ça parle de différence, de résilience, de famille (celles que l’on se crée surtout), de confiance, de beauté, de petits riens qui font tout.

Peut-être que c’est un peu trop beau. Peut-être que si j’étais plus objective, je trouverais ça un peu trop plein de bons sentiments pour y adhérer. Peut-être que cette histoire est juste tombée pile poil au moment où j’avais besoin d’une bulle de douceur. Peut-être qu’à un autre moment, j’aurais pu trouver ça un peu trop gentil.
Mais aujourd’hui, je n’en ai pas envie. Pas envie d’être cynique. Pas envie d’être critique. Je me suis laissée emportée par une vague céruléenne et c’était tellement agréable. Parce que les belles histoires font du bien parfois. Qu’il est bon de se retrouver si tourneboulée de temps en temps, même si la contrepartie est de se sentir orpheline quand arrive le moment de laisser ces personnages derrière nous.

Et puis, je pourrais vous parler d’un univers fascinant, malgré son triste et juste regard sur l’humanité avec ses craintes et ses haines. De personnages si vivants qu’on ne peut les croire uniquement de papier. D’histoires d’amour LGBT+ qui ne constituent jamais un problème ou une source de rejet ou de souffrance, qui sont juste tendres et sincères et évidentes. D’un rythme enlevé et d’une écriture très visuelle. Peut-être pourrions-nous analyser plus précisément ce qui constitue la réussite de ce roman.
Ou alors, comme une amie l’a fait pour moi en me collant dans les mains ce roman dont j’ignorais tout, je pourrais simplement vous inviter à partir sur une île étonnante sans rien savoir de plus. C’est peut-être la meilleure façon de faire un voyage renversant. Tout simplement magique.

(Et puis, cette couverture – celle de l’édition américaine – cachée sous le rabat papier est juste sublime, non ?)

La Maison au milieu de la mer céruléenne (couverture américaine)

« Je suis du papier. Fin et fragile. Si l’on me brandit vers le soleil, il brille à travers moi. Si l’on écrit sur moi, je deviens inutilisable. Ces marques ont une histoire. Elles forment une histoire, racontent des choses que les autres lisent, mais ils ne voient que les mots et pas ce sur quoi ils sont écrits. Je suis du papier et même si j’ai de nombreux semblables, aucun n’est exactement comme moi. Je suis un parchemin parcheminé. J’ai des lignes. Des trous. Si tu me mouilles, je fonds. Si tu m’enflammes, je brûle. Si tu me tiens dans des mains trop dures, je tombe en morceaux. Je me déchire. Je suis du papier. Fin et fragile. »

La Maison au milieu de la Mer céruléenne, TJ Klune. Éditions De Saxus, 2021 (2020 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Tasson. 473 pages.

7 réflexions au sujet de « La Maison au milieu de la Mer céruléenne, de TJ Klune (2020) »

  1. Au diable le rationnel, et vive l’émotionnel !
    Ce roman, je ne l’ai pas encore lu, mais à chaque fois ou presque, j’ai l’impression qu’il se fait une place toute chaude dans le cœur de ses lecteurs. Quand on te lit, on a qu’une envie : ressentir la même chose que toi et se plonger dans ce roman qui semble rendre l’imaginaire merveilleux.

    • Ah, là, c’est sûr qu’il n’y a pas de rationnel dans cet avis : c’est le ressenti brut de ma lecture. Mais je n’avais vraiment pas envie de gâcher ça en analysant, en dépiautant le roman, voire en soulignant d’éventuelles imperfections. Une place toute chaude dans le coeur, oui, c’est tout à fait ça !
      Je pense que j’étais vraiment dans le mood parfait pour ce roman. Faut pas être en quête d’un roman sombre et torturé par contre ! ^^
      Merci beaucoup pour ton passage et ta lecture ! ♥

  2. Alors tu vas avoir l’impression que je me repete de commentaires en commentaires mais il se trouve que celui-ci aussi m’a gravement tapé dans l’oeil depuis que tout le booktube anglais en parle. Ca m’avait l’air sympa, « réconfortant », une touche enfantine et un propos pas creux pour autant. Et toi évidemment tu arrives à pas de loup et là tu viens rajouter la petite couche supplémentaire qui me fait me dire qu’il faut absolument que je mette la main sur ce livre, peut etre même pour la fin d’année (tu vois le genre de lecture que tu fais en une journée froide de décembre, typiquement!)

    Je n’ai encore une fois lu que les passages en gras mais déjà tu m’as convaincue. Je dois dire que quand tu dis « Incroyables, les émotions nées de cette histoire. On a envie d’y croire, de croire que la vie peut être belle, colorée et généreuse. Que peut-être on trouvera sa place. » j’ai un peu la gorge qui se serre et ça me donne GIGA envie ♥

    • Perso, je n’en avais pas entendu parler (déjà que je ne regarde pas le booktube français, alors l’anglais… ^^) avant que mon amie me le colle entre les mains. Du coup, j’étais tout ignorante ! En plus, elle me l’avait filé sans la jaquette, ce qui était une vachement bonne idée parce que j’ai découvert après, en librairie, qu’au dos de la jaquette française, il y a des portraits des protagonistes qui ne ressemblaient pas du tout à ce que je m’étais imaginé ! J’étais outrée parce que, 1, les portraits étaient un peu moches, 2, ça casse direct l’imagination et ça te révèle direct qui tu vas croiser ! Sans la jaquette, j’ai rencontré les perso en temps voulu ! (Bref, je m’indigne peut-être pour rien, mais ça m’a vraiment surprise.)
      Tout ça pour dire que c’était vraiment chouette. Par contre, choisis peut-être un peu ton moment. Une journée froide de décembre, c’est pas mal, ou si tu es un peu démoralisée et que tu as besoin de chaud au coeur. Mais si j’ai pu te donner la gorge qui se serre, dis-toi que ce sera encore plus fort avec le roman.

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