Chronique du tueur de roi : Première journée – Le Nom du Vent, de Patrick Rothfuss (2007)

Le nom du vent (couverture)« J’ai libéré des princesses. J’ai incendié la ville de Trebon. J’ai suivi des pistes au clair de lune que personne n’ose évoquer durant le jour. J’ai conversé avec des dieux, aimé des femmes et écrit des chansons qui font pleurer les ménestrels.
J’ai été exclu de l’Université à un âge où l’on est encore trop jeune pour y entrer. J’y étais allé pour apprendre la magie, celle dont on parle dans les histoires.
Je voulais apprendre le nom du vent.
Mon nom est Kvothe.
Vous avez dû entendre parler de moi. »

 J’ai enfin sorti de ma PAL ce lourd pavé qui m’effrayait. Pas à cause du nombre de pages, mais à cause des attentes que j’en avais. Tellement envie d’aimer – tellement sûre d’aimer – que j’avais peur de ne pas aimer tant que ça. Oui, je me mets des pressions totalement inconsidérées pour des broutilles (j’ai malgré tout d’autres livres dans le même cas dans ma PAL). Et alors ? Et alors, sans surprise, c’est un incommensurable coup de cœur !

Par où commencer ?

Dès la première page, j’étais partie. Embarquée par la poésie de ce prologue, cueillie par le souffle épique de ce récit, immergée jusqu’à la noyade dans ce livre imposant qui contient tout un monde à explorer. Pourtant, on ne bouge pas tant que ça dans ce premier tome, on pourrait avoir quelques fourmis dans les jambes à l’idée de tout ce qu’il reste à découvrir dehors si le présent récit n’était pas aussi fascinant.
C’est typiquement le genre de livres dont j’apprécierai une relecture. Je savoure toutes les relectures, mais ma curiosité, mon impatience, mon excitation, mes appréhensions face à l’avenir de Kvothe m’ont poussée à dévorer ces près de huit cents pages. Sentiments tout particulièrement liés au résumé. Savoir que Kvothe a incendié la ville de Trebon fait battre le cœur un peu plus vite lorsqu’il s’approche de la cité ; savoir qu’il a été exclu de l’Université pousse à craindre le moindre faux-pas (or Kvothe possède un talent certain pour s’attirer des ennuis). Ainsi, je l’ai lu comme on dégringole un escalier. A la hâte, en me cognant dans les virages, en trébuchant parfois pour atteindre plus vite les marches suivantes. La prochaine fois, quand je le reprendrai entre mes mains, mes appréhensions auront disparu car je saurai ce qu’il doit se passer et à quel moment. Alors je pourrai prendre mon temps, admirer la forme de l’escalier, détailler les arabesques de la rampe. Et découvrir mille infimes détails qui m’auront à coup sûr échappés lors de cette lecture assoiffée. Je sais qu’il en sera ainsi, comme il en a été pour Harry Potter, A la croisée des mondes, les livres de Pierre Bottero et tant d’autres.
Il se trouve qu’il y en a, des choses à admirer dans le premier roman de Patrick Rothfuss. Ne serait-ce que prendre le temps de savourer la joliesse de chaque phrase de cette histoire qui nous embarque comme un conte. Goûter à l’intelligence percutante de Kvothe lors de ces échanges les plus musclés intellectuellement parlant. Apprécier sa verve et la précision de sa mémoire.

Le Nom du Vent rime indubitablement avec quantité, mais essentiellement avec qualité. C’est de la fantasy riche, dense, prenante. De la fantasy pas toujours simple, qui ne prend pas sans arrêt son lecteur ou sa lectrice par la main pour lui expliquer le moindre concept (notamment tout ce qui concerne le temps et les jours – les espans, Cendling et compagnie – ou la monnaie – chaque pays semblant avoir plus ou moins la sienne, les talents, les drabs, les jots, etc. –).
De la fantasy qui prend son temps. Qui étire ses tentacules dans tous les sens pour nous tracer un tableau vivant et coloré de l’univers qui nous accueille pour quelques bonnes heures. Enchâssée par quelques passages à la troisième personne, la majorité du récit est racontée par Kvothe, à la première personne. Les portraits sont donc biaisés par sa perception des personnages (j’ai d’ailleurs beaucoup apprécié le passage où Bast, l’apprenti du Kvothe qui raconte l’histoire, fait remarquer à son maître que « dans [son] histoire, toutes les femmes sont belles » comme un jeu avec ces femmes toujours sublimes des romans de fantasy avant de lui faire remarquer que celle dont il parle à ce moment-là n’avait pas un physique parfait), de ses relations avec eux, ce que qu’il connaît de leur vie, de leur passé et de leur caractère, mais il évite malgré tout le manichéisme. Sauf peut-être vis-à-vis de son pire ennemi (mais ce serait comme demander à un jeune Harry de dire du bien de Malfoy, il faut le comprendre). Kvothe lui-même est un personnage qui aurait pu être… trop. Trop intelligent, trop précoce, trop malin, trop habile de ses mains et de sa langue. Mais non. Outre le fait qu’il ait de fait difficile de ne pas être fascinée et de ne pas l’apprécier – on le côtoie trop pour cela –, il a aussi des failles. Il souffre, il hait, il se trompe, il fait des erreurs, il s’attire des problèmes, il est trop sûr de lui pour son propre bien, il se laisse emporter par sa fougue ou son arrogance. De la même manière, son amour pour Denna pourrait être trop. Trop soudain, trop exclusif, trop fervent, trop admiratif, mais je ne doute pas que Patrick Rothfuss saura nous surprendre de ce côté-là, Denna elle-même n’ayant rien d’une donzelle en détresse.
La magie adopte différentes formes, plus ou moins complexes, plus ou moins courantes, plus ou moins acceptées. Sympathisme, alchimie, sygaldrie et bien sûr le pouvoir que confère la maîtrise des noms. S’ajoute à cela tout une mythologie avec des contes, des pièces de théâtres, des chants, des récits chevaleresques, des créatures qui existent ? n’existent pas ? à chacun de croire ce qu’il veut, même si cela peut s’avérer dangereux.
La carte en début d’ouvrage est vaste, bien plus vaste que le minuscule territoire exploré dans ce premier tome. Ce qui laisse présager des voyages, des explorations et mille approfondissements par la suite… ainsi qu’une carte un peu plus complète, j’espère, car il est frustrant de ne pas y trouver la majorité des localités citées dans le livre. La majorité de ce volume se déroule à l’Université et j’avoue avoir été comblée. Les petits détails du quotidien me comblent et j’ai toujours aimé découvrir de nouvelles matières, les cours, les professeurs. Impossible de ne pas songer à Harry Potter car j’y ai retrouvé les mêmes sensations. Vous savez, ces moments où il ne se passe rien de crucial pour l’histoire, ces instants de sérénité, de paix relative pour le héros, ces respirations avant que malheurs, tourments et complications ne viennent à nouveau s’abattent sur lui.

Sous la plume travaillée et imagée de son auteur, c’est aussi un livre qui laisse la place à des concepts parfois intangibles, à des idées qu’il est difficile d’expliquer, bref, Patrick Rothfuss donne corps à l’invisible. Le silence, les histoires et les légendes avec leur part de vérité et de mensonges, les masques qui finissent par nous transformer, la pauvreté, la souffrance innommable exhumée d’un luth qui se brise, la magie, la musique, la puissance d’un nom, la violence du vent. Tout cela est d’une importance cruciale et confère une atmosphère bien particulière au récit.

 Ce premier tome s’achève, nous laissant, comme Kvothe, avec des centaines de questions tourbillonnant dans la tête. Je suppose qu’il me faut être patiente et qu’il ne me reste qu’à espérer que les deux volumes qui composent le second tome contiendront quelques ébauches de réponses en attendant que Patrick Rothfuss clôture enfin cette trilogie ouverte en 2007.

Le Nom du Vent est tout simplement une œuvre grandiose. J’en ai eu des frissons, je l’ai refermée attristée et je ne cesse de revivre (voire de relire) tel ou tel passage avec une joie ou une émotion qui me gonfle le cœur de plaisir et d’admiration. Patrick Rothfuss est un conteur : ses mots roulent sur la langue, nous poussant à les prononcer à voix haute pour en apprécier la sonorité, chaque lieu nous plonge dans une ambiance presque palpable.  Il insuffle vie et crédibilité à tout ce qu’il raconte et injecte une originalité tout en reprenant des schémas classiques de la fantasy.

« Cet homme qui d’ordinaire arborait une mine impassible semblait absolument furieux. Une sueur froide m’a glacé l’échine et j’ai pensé aux propos de Teccam dans son Theophany : Il est trois choses que l’homme sage doit redouter : une tempête sur la mer, une nuit sans lune et la colère de l’homme débonnaire. »

« A peine ai-je mis le pied sur l’estrade que les voix dans la salle se sont réduites à un murmure. Dès cet instant, toute nervosité m’a abandonné, chassée par l’attention que me portait l’assistance. Il en a toujours été ainsi avec moi. En coulisse, je transpire à grosses gouttes, dévoré par l’inquiétude, mais, dès que j’entre en scène, je suis envahi par le calme d’une nuit d’hiver dénuée du moindre souffle de vent. »

 « Nous sommes bien davantage que la somme des parties qui nous composent. »

« – Alors, « bleu » est un nom ?
– C’est un mot. Les mots sont les ombres pâlies de noms oubliés. De même que les noms, les mots ont aussi un pouvoir. Les mots peuvent allumer des incendies dans l’esprit des hommes. Les mots peuvent tirer les larmes des cœurs les plus endurcis. Il y a sept mots qui rendront une femme amoureuse de toi. Il y a dix mots qui réduiront à néant la volonté d’un homme fort. Mais un mot n’est rien d’autre que la peinture d’un feu. Un nom, c’est le feu lui-même. »

« – Sous l’Université, j’ai trouvé ce que j’avais toujours voulu et pourtant, ce n’était pas ce que j’attendais…
Il fit signe à Chroniqueur de reprendre sa plume.
– … Comme c’est souvent le cas lorsque l’on obtient ce que l’on désire du fond du cœur. »

Chronique du tueur de roi : Première journée – Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss. Bragelonne, 2009 (2007 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Colette Carrière. 781 pages.

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32 réflexions au sujet de « Chronique du tueur de roi : Première journée – Le Nom du Vent, de Patrick Rothfuss (2007) »

  1. Voilà un joli pavé de fantasy comme je les aime pour l’automne ! Je l’ajoute à ma liste Livraddict « Conseils littéraires de la blogosphère » ! Bon, j’ai déjà le tome 2 de la Roue du temps dans ma PAL pour cet hiver (tu les as lus ? :)) mais c’est avec plaisir que je découvrirai la plume de cet auteur !
    Une super saga fantasy en 3 tomes seulement en plus… JE PRENDS ! hihi

    J’espère que ton mois d’aout sera rempli de jolies lectures comme celle-ci, on sent que Patrick Rothfuss t’a totalement emportée et c’est chouette à lire 🙂

    • Ah, toi aussi, tu as une liste « conseils blogo » ? Je ne désespère de pouvoir un jour y piocher quelques idées ! ^^
      C’était vraiment une superbe lecture, j’ai hâte de replonger dans cet univers. Pour mon anniversaire (un peu en avance), j’ai eu les deux livres qui composent le tome 2 et un autre livre de l’auteur, j’ai de quoi me régaler ! Bref, je te le conseille à 2000% !
      Merci ! J’espère que ce sera aussi chouette en effet ! Je vais peut-être me lancer dans Les Misérables… à voir !

      • Ouiiiii ! Pour piocher dedans je me prévois un petit challenge perso :
        1 mois = – 1 conseil de la blogosphère qui me fait envie
        A partir de septembre, grâce à ma merveilleuse bibliothèque ça devrait être possible ! Tout en faisant baisser ma pal perso vue que 1 livre par mois en vrai, CA VA hihi
        Joyeux anniversaire en retard? 🙂

        Wahou, super courageux ! J’ai hâte d’avoir tes retours sur la question voir si ce livre est fidèle à sa réputation de classique avec des longueurs ^^

        • Bonne idée, tiens ! Le jour où j’aurais réussi à baisser ma PAL à un niveau satisfaisant, j’adopterai peut-être ton système !
          Non, en avance ! C’est en août, mais on l’a fêté avec mes parents et mes grands-parents pendant mes vacances !

          Attends, ce n’est pas encore fait, mais ça me tente plutôt bien ! J’hésite encore un peu entre lui et une relecture de Notre-Dame de Paris, mais on va essayer de privilégier les livres non lus, surtout quand ce sont de sacrés pavés. ^^

          • Elle en est où ta PAL toi ? : »)
            Oki, je réitérerai mon « Joyeux anniversaire » plus tard alors ;P

            C’est ce que je me dis tout le temps mais après je regrette parce que je me dis que la relecture c’est important aussi ! Franchement, fais toi plais aha

            • Je pense qu’elle en est à 130-140 bouquins. Plus les livres chez mes parents, plus tous mes classiques en intégrales que je n’ai pas comptés parce que je ne vais pas lire tout Molière, Marivaux, Shakespeare et compagnie d’une traite.

              Oh, je ne me refuse rien, j’aime beaucoup les relectures et je m’en accorde de temps à autre ! Mais là, les deux me tentent !

              • Ah oui, quand même ! Perso j’en ai déjà 85 je crois et je me dis que j’arriverai jamais à lui faire perdre ses kilos en trop ^^
                En même temps, avoir pleins de livres en attente c’est bien, ça laisse le choix, positivons 🙂

                Aïe aïe, le tiraillement hihi

                • L’idéal pour moi, ça serait que ma PAL ne tienne qu’en un seul endroit : mon touret/table basse/bibliothèque. Il a déjà une belle capacité, ça me laisse quelques mois de lectures. Mais là, elle déborde clairement malgré mes tris réguliers. ^^
                  C’est bien d’avoir le choix, mais 130 choix, c’est trop de choix pour moi !
                  Bon courage à toi pour la faire mincir !

                • Je compatis tellement ! : »)
                  Perso y a des piles dans tout le salon et mes deux bibliothèques sont pleines donc bon ma PAL même lue reste un peu en pile pour le moment en attendant une nouvelle bibliothèque x)
                  Il est vrai! aha

  2. Ta chronique est sublime et devrait convaincre les plus récalcitrants à se lancer dans ce pavé dont la richesse semble presque faire tourner la tête. De la plume de l’auteur à ses personnages parfaitement imparfaits en passant par la mythologie et les sujets abordés, tout semble orchestré pour faire de cette lecture un merveilleux moment. Je ne fais presque jamais de relectures mais j’arrive à comprendre ton envie/besoin de te replonger dans l’histoire et d’en savourer chaque parcelle..

  3. Forcément, j’ai beaucoup entendu parler de ce livre, mais j’ai une question : je croyais que ça allait rester inachevé ? Qu’en est-il réellement ? Je demande parce que ça a l’air très intéressant, mais j’ai peur de m’embarquer dans quelque chose qui n’aura pas de fin… (en même temps, j’ai eu quelques déconvenues de ce côté-là)

    Et t’inquiètes, tu n’es pas la seule à te mettre la pression pour une lecture, en mode « tout le monde a aimé, il faut que j’aime », et je suis la spécialiste de la déception après, tu ne m’apprends rien 😛

    • Non, ce n’est pas censé être inachevé. Enfin, je ne crois pas. Le deuxième tome est sorti et j’ai lu je ne sais plus où que le troisième sortait en anglais en 2020, je crois que le titre a déjà été annoncé, ça a l’air bien parti !
      Je comprends ton inquiétude, ne pas avoir de fin est extrêmement frustrant – coucou Bottero 😥 – mais je ne crois pas que ce soit justifié sur ce coup-là. Dans le doute, attends que le troisième tome soit sorti ! ^^

      Oui, mais là, c’était quand même génial ! Ouf !

  4. Oooh maiiis comme c’est beau ce que tu écrit !
    Je me suis achetée ce tome 1 à Londres sur les bons conseils de Mimine mais c’est vrai que la taille de la bête me faisait un peu peur ! Je suis donc si heureuse de lire ton avis ! Il partira peut être à l’Océan avec moi du coup ♥

    • Merciiiii, t’es trop gentille ! Tu vas le lire en anglais alors ? Je m’incline, tu es trop impressionnante ! Le livre l’est aussi, mais une fois dedans (ce qui n’a pas pris plus de trois pages), on n’a plus envie d’en sortir ! Je te souhaite une excellente lecture alors ! (Quand pars-tu ?)

  5. Encore une de tes critiques qui me fait craquer ! (je suis dans Comme un seul homme en ce moment). J’ai vu ce livre dans les rayons de la biblio où je travaille, sans doute ma « prédécesseuse » qui l’avait acheté. Sa couverture et son nom m’intriguaient, et je sens qu’il va passer dans ma PAL, de nouveau ! Par contre, c’est vrai que certains bouquins de fantasy attendent beaucoup avant d’avoir leur suite. J’espère qu’elle sera à la hauteur et que tu n’en seras pas déçue, tant ce premier tome t’a transportée. En tout cas, tu reflètes bien l’émerveillement de ta lecture, et c’est toujours un plaisir de lire tes avis argumentés et nuancés !
    (et puis, j’ai envie de me remettre à la SF/fantasy/fantastique/horreur en ce moment.)
    Je ne comprends que trop bien le syndrome d’avoir peur d’un livre attendu avec impatience, peur qu’il nous déçoive, peur de ne pas arriver à s’immerger dedans…

    • Oh, merci beaucoup !
      Je te recommande vraiment Le Nom du Vent, ça a été un régal de A à Z. J’ai eu le second tome pour mon anniversaire, ainsi qu’un autre livre de l’auteur qui se déroule dans le même univers, et j’ai vraiment hâte de m’y plonger, même si je repousse un peu ma lecture et faire durer le plaisir. Mais j’ai tellement hâte de retrouver Kvothe que je n’ai presque pas l’appréhension d’être déçue par une suite moins captivante.
      J’ai aussi eu une forte envie de SFFF il y a quelques temps et je prends enfin le temps de l’assouvir et ça fait vraiment du bien ! (Bon, là, je suis dans Les Misérables : un tout autre genre !)
      Que penses-tu de Comme un seul homme ?

      • Je comprends, quand on adore un univers, on n’a pas envie qu’il finisse et on en repousse la lecture ! Surtout que là ça a été un gros coup de coeur pour toi.
        Ah, les Misérables, sacré pavé, mais qui en vaut la peine ! Prépare-toi à verser quelques larmes à la fin… Je ne sais pas si j’aurais un jour le courage de le relire, mais il a été une belle claque pour moi.
        J’ai terminé Comme un seul homme hier soir, je l’ai beaucoup apprécié, mais il est vraiment dur psychologiquement, et tellement toxique, il est difficile de mettre des mots dessus. La violence et la manipulation du père sont effroyables, le plus jeune frère est terriblement naïf et courageux à la fois, mais dans quel enfer se retrouve ce trio-là…c’est vraiment la marque de comment certaines familles dysfonctionnent, comme la présence paternelle peut être un tel mélange de chaud et de froid qu’on ne sait plus à quoi se fier. C’est empreint de désespoir, de courage aussi avec le lien entre les deux frères, mais quelle fin amère ! L’écriture est vraiment acérée, et arrive à retracer des moments qui paraissent « simples » mais qui sont complètement venimeux. Pauvres frères.

        • C’est ça ! Et comme il va falloir attendre un peu pour le tome 3, je peux me permettre d’étirer un peu mes lectures.

          J’espère qu’il en vaut la peine ! Je me suis un peu accrochée sur les 90 pages à décrire les faits et gestes, les repas et les pensées, le quotidien et les idées de l’évêque avant de voir arriver Jean Valjean, mais je sens que je suis sur la bonne voie !

          Tu en parles tellement bien… Je suis sciée. Tu me l’as renvoyé en pleine face comme si je venais de le lire. Vraiment, je suis admirative et remuée à la fois. Tu as tout à fait réussi à mettre des mots dessus, je t’assure ! Chapeau l’artiste !

          • Oh oui, il en vaut la peine, tu verras ! Bon, il reste quelques passages lourds (la bataille de Waterloo m’avait fait lâcher le bouquin la première fois, accroche-toi à ce moment-là). Mais ça en vaut la peine.

            Oh merci de ton compliment ! Mais il faut dire que Comme un seul homme est vraiment intense et marque beaucoup à la lecture. Je te remercie encore de me l’avoir fait découvrir !

            • Ahah, je viens justement de finir les presque 70 pages sur Waterloo ! C’était un peu long, j’avoue, même si c’était aussi intéressant, mais j’avais bien envie de retrouver les personnages. Je viens de le finir ce matin, j’étais contente d’arriver au livre suivant ! Sinon, je n’arrive pas à le lâcher. C’est tellement bon, mon cerveau est en mode « mais c’est tellement bien écrit ! oh, ce passage est trop génial ! putain, celui-là aussi ! et ça, c’est si bien dit ! ». Bref, je suis en extase littéraire.

              Avec plaisir ! C’est un petit bonheur que de faire découvrir un livre à quelqu’un et de constater que la personne a beaucoup aimé sa lecture.

  6. Ta chronique me donne envie de foncer me le procurer n’importe où, à tout prix!^^ Bon je ne le ferai pas parce que j’ai déjà une lecture en cours! Mais je compte aller prochainement en bibli et je pense sauter le pas (ma soeur va être contente^^). Je ne sais pas pourquoi mais le pitch ne me faisait pas trop envie malgré les très bonnes critiques que j’arrêtais pas de voir passer et puis là…ben tu m’as convaincue! XD Je me le mettrai peut-être dans ma pal du Pumpkin autumn challenge du coup!

  7. Celui-là il me fait méchamment de l’oeil – et c’est pas ta superbe chronique qui temporise la chose ! Mais je suis d’humeur prudente, je vais attendre que le troisième tome TREEEEES ATTENDU pointe le bout de son nez avant de m’y mettre 😀
    Parce que je sens qu’une fois lancée, on ne m’arrêtera plus LOL !

    • Merci, c’est trop gentil !
      Je comprends ta prudence ! Normalement, il ne devrait plus y avoir trop de temps à attendre. J’espère en tout cas. De mon côté, j’ai hâte de me plonger dans le tome 2, même si, vu qu’il va falloir attendre le troisième, je n’en fais pas une priorité !

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