La parenthèse 7ème art – Février 2019

Si j’ai vu pas mal de films ce mois-ci, je n’ai pas forcément envie d’écrire dessus. J’ai revu Le Cercle des poètes disparus, l’un de mes films préférés. Au cinéma, j’ai également vu La Mule de Clint Eastwood. J’étais partie pour écrire un petit quelque chose dessus, mais j’ai lu la chronique de La Moustache et comme elle a tout dit (et qu’elle l’a si bien dit), j’ai renoncé, mon avis aurait été inintéressant. Allez plutôt la lire !

  1.  Dragons 3 : Le monde caché (VO : How to Train your Dragon : The Hidden World), de Dean DeBlois (2019)

Harold est maintenant le chef de Berk aux côtés d’Astrid et Krokmou, en tant que dragon, est devenu le leader de son espèce. Ils réalisent enfin leurs rêves de vivre en paix entre vikings et dragons. Mais lorsque l’apparition soudaine d’une Furie Eclair coïncide avec la plus grande menace que le village n’ait jamais connue, Harold et Krokmou sont forcés de quitter leur village pour un voyage dans un monde caché dont ils n’auraient jamais soupçonnés l’existence. Alors que leurs véritables destins se révèlent, dragons et vikings vont se battre ensemble jusqu’au bout du monde pour protéger tout ce qu’ils chérissent. (Allociné)

Dragons 3 (affiche)

Complètement dingue des deux premiers films (et des dragons), j’attendais avec impatience la sortie de ce troisième opus.
A mes yeux, ce film clôture cette fantastique aventure. J’espère que les choses en seront ainsi car cette conclusion est très bien (mais quand même, les dragons…) et j’ai peur de l’essoufflement. En effet, le premier film était très bien, Harold devait convaincre son père, parfait ; deuxième film, un grand méchant qui vient compromettre le nouvel équilibre instauré sur Berk, ok, logique, il fallait bien montrer la cupidité humaine ; troisième film, un méchant encore plus méchant… vous voyez où je veux en venir ? (J’ai vu après coup que Dragons avait bel et bien été pensé comme une trilogie, c’est donc parfait !)
Si j’ai beaucoup aimé le film, que je me suis régalée, j’avoue mettre un bémol sur le scénario peu surprenant. Certes, il apporte enfin l’occasion à Krokmou de redécouvrir sa nature sauvage et à Harold de mûrir, de dépasser ses craintes adolescentes et de devenir un grand chef, bref, une belle conclusion. Mais j’avoue qu’entre le méchant encore plus méchant (finalement rapidement battu, il n’était pas si terrible apparemment) et la bande carrément lourdingue composée de Kranedur, Kognedur et Rustik, je ne suis pas comblée à 100%.

 Mais punaise, que c’est beau. L’animation est géniale, certaines scènes sont pleines de grâce, les décors sont magnifiques, le souci du détail est juste fabuleux… et pourtant, j’ai également été un peu déçue par la Furie Eclair, un peu trop lisse à mon goût. Harold a grandi (dommage que les autres personnages soient finalement assez transparents quand ils ne sont pas insupportables) et les dragons – Krokmou en tête – sont toujours aussi adorables.

Aboutissement d’une grande histoire initiatique, passage à l’âge adulte avec toutes les souffrances qu’il implique, c’est une excellente fin qui souffre malgré tout de la comparaison avec deux précédents opus quasiment parfaits.                                                                                                                   

  1. The Danish Girl, de Tom Hooper (2016)

The Danish Girl retrace la remarquable histoire d’amour de Gerda Wegener et Lili Elbe, née Einar Wegener, l’artiste danoise connue comme la première personne à avoir subi une chirurgie de réattribution sexuelle en 1930. (Allociné)

The Danish Girl

(Disponible sur Netflix)

J’avais adoré ce film à sa sortie, aussi n’ai-je pas tardé à le revoir une fois mis à disposition sur Netflix. Second visionnage qui m’a confirmé le caractère tout à fait génial de ce film et la perfection de ses interprètes, l’un et l’autre s’entremêlant en parfaite harmonie.

Une merveilleuse histoire du temps (affiche)Eddie Redmayne prouve une nouvelle fois qu’il est un acteur hors pair (Netflix met aussi à disposition le biopic sur Stephen Hawking, Une merveilleuse histoire du temps, dans lequel il est tout aussi marquant). Son interprétation délicate du personnage de Lili Elbe est bouleversante (sauf quand quelques minauderies irritent un chouïa…). On oublie l’acteur pour ne voir que cette pionnière courageuse qui a voulu trouver qui elle était, être en accord avec ce qu’elle ressentait en dépit des opinions des médecins rencontrés.
Alicia Vikander, elle, joue Gerda, la femme d’Einar, l’amie de Lili, qui ne l’a jamais laissée tomber, qui l’a aimée et soutenue jusqu’au bout. Une magnifique histoire d’amour, pas niaise pour un sou. Lili a apporté avec elle des combats, des incompréhensions, de la jalousie et de la solitude pour Gerda, mais cette dernière a toujours été un pilier fiable pour Einar comme pour Lili. Bref, Alicia Vikander y est passionnée, superbe, poignante, profonde. Incroyable.

Certes, c’est un biopic classique. Mais grâce à Eddie Redmayne et Alicia Vikander, grâce à cette histoire importante, grâce à cette beauté (quel régal pour les yeux ! la lumière, les costumes, la caméra qui effleure la peau de ses sujets, les toiles, les vêtements…), c’est aussi un biopic sensible qui m’a émue.

  1. Les invisibles, de Louis-Julien Petit (2019)

Suite à une décision municipale, l’Envol, centre d’accueil pour femmes SDF, va fermer. Il ne reste plus que trois mois aux travailleuses sociales pour réinsérer coûte que coûte les femmes dont elles s’occupent : falsifications, pistons, mensonges… Désormais, tout est permis ! (Allociné)

Les invisibles (affiche)

Un film qui avait tout pour me plaire… et que j’ai effectivement beaucoup aimé. Les SDF ne sont déjà pas forcément un sujet dont on parle énormément (les dispositifs anti-SDF semblent montrer que l’on ne souhaite pas les voir dans les villes) ; les femmes SDF le sont encore moins. Pourtant leur quotidien est encore plus compliqué.
Cependant, ce film n’est pas aussi dur qu’il aurait pu l’être. Il rejette tout misérabilisme sans minimiser les difficultés et les horreurs d’un tel quotidien. Au contraire, il rayonne de bonne humeur et de courage. Toutes ces femmes sont inspirantes : leur vie pourrait leur donner le droit à l’auto apitoiement, mais non, elles sont pleines d’humour sur elle-même et de bonne volonté.

Lumineuses, actrices amatrices et professionnelles sont au diapason. Les premières ayant connu cette vie-là apportent beaucoup de sincérité. Elles sont d’une présence folle et, lorsque le film s’achève, c’est à regret que je les ai quittées tant j’aurais aimé savoir quel avenir les attendait. Les secondes sont impressionnantes de crédibilité et de justesse. Audrey Lamy, Corinne Masiero, Noémie Lvovsky et Déborah Lukumuena (révélée dans le génial Divines) sont fabuleuses, chacune à leur manière, discrète, grande gueule, réaliste, idéaliste, mais réellement impliquées (et je parle autant les actrices que de leurs personnages). Le travail des travailleuses sociales est sidérant et l’investissement qu’elles y mettent réellement digne d’admiration.
Le film montre les obstacles que les unes et les autres peuvent rencontrer avec beaucoup de sensibilité : sentiment d’échec, peur de l’inconnu, estime de soi en berne, savoir mettre une limite entre vies personnelles et professionnels…

Un film sérieux, intelligent, drôle, engagé qui va vous émouvoir, vous faire rire, vous indigner. Presque un documentaire, Les invisible est un film tendre et humain à voir sans aucune hésitation.

  1. Blancanieves, de Pablo Berger (2013)

Sud de l’Espagne, dans les années 20. Carmen est une belle jeune fille dont l’enfance a été hantée par une belle-mère acariâtre. Fuyant un passé dont elle n’a plus mémoire, Carmen va faire une rencontre insolite : une troupe ambulante de nains toreros qui va l’adopter et lui donner le surnom de « Blancanieves ». C’est le début d’une aventure qui va conduire Carmen « Blancanieves » vers elle-même, vers son passé, et surtout vers un destin à nul autre semblable. (Allociné)

Blancanieves (affiche)

Nouveau visionnage, six ans après avoir découvert ce film lors de sa sortie en salles. Pablo Berger revisite ici le conte de Blanche-Neige d’une façon totalement captivante. Film en noir et blanc, film muet avec pour bande-son un formidable usage des airs entraînants du flamenco. Blanche-Neige au pays des toréadors : surprenant, mais réussi.
Si je désapprouve la corrida, incapable de comprendre ces distractions barbares, je ne peux m’empêcher d’être séduite par l’atmosphère vénéneuse de ce film qui reprend parfaitement les principales étapes du conte connu par tout un chacun.

Rien à redire sur le casting et les actrices principales sont tout simplement formidables. Sofía Oria joue une Carmen enfant frondeuse et maltraitée qui parvient malgré tout à trouver un peu de lumière dans l’obscurité de son quotidien injuste tandis que Macarena García est une adulte rayonnante ; impossible de rester indifférent·e face à elles. Maribel Verdú est, quant à elle, une marâtre fascinante, aussi séduisante que perfide. Cupide, elle ne se mire pas dans un miroir magique, mais dans les revues, et quand celles-ci accorde la couverture à sa belle-fille, Encarna voit rouge.

L’image est sublime, le noir et blanc souligne les ombres, caresse les visages, les illumine ou les assombrit selon les émotions qui les traversent.

Tragique, mais aussi comique, ce conte revisité s’offre un final qui nous laissera un peu amer, un peu triste. Des images magnifiques, des émotions sublimées, une narration fluide, Blancanieves est une petite pépite malheureusement trop méconnue.

  1. Une vie volée (VO : Girl, Interrupted), de James Mangold (2000)

En 1967, lors d’un entretien avec un psychanalyste, Susanna Kaysen apprend qu’elle souffre d’un trouble de la personnalité. Elle est envoyée dans un hôpital psychiatrique renommé de la Nouvelle-Angleterre et se retrouve dans un univers étrange peuplé de jeunes filles aussi séduisantes que dérangées, telle Lisa, une charmante sociopathe qui met au point avec elle une désastreuse tentative d’évasion. (Allociné)

Une vie volée

(Disponible sur Netflix)

Vu pour la première quand j’étais lycéenne, j’ai été ravie de voir ce film apparaître au catalogue Netflix. Une plongée dans l’aile des femmes d’un hôpital psychiatrique et un portrait de personnes brisées, fragilisées, paumées, qui, sans être juste des « folles », font écho aux névroses qui nous hantent tous et toutes. Elles ne sont pas présentées uniquement par le biais de leurs maladies, mais de façon humaine et réaliste.
Le parcours de Susanna est fort car elle est un personnage plus proche de nous (de moi, en tout cas) qu’une Lisa ou une Polly. On suit le labyrinthe de ses pensées entre présent et passé au fil des réminiscences et ses peurs, certaines des postures qu’elle se donne parfois, ses doutes se révèlent très parlants.
Angelina Jolie y est magnétique : j’avais été frappée par la force de son interprétation la première fois et, une nouvelle, le « charme » – jeu entre attirance et répulsion – a opéré. Son duo avec la plus discrète Susanna est captivant. Le reste du casting est à l’avenant : efficace, juste, intéressant.

S’il n’est pas parfait, Une vie volée est un film touchant sur l’amitié, sur les pertes de repères, sur le gouffre qui peut être plus près que ce que l’on croit.

***

Séries

  1. Il Miracolo, créée par Niccolò Ammaniti (2018, 1 saison, 8 épisodes)

Lors d’une descente dans la cachette d’un chef de mafia, la police découvre une statuette de Madone en plastique pleurant des larmes de sang. Ce phénomène semble inexplicable, d’autant que l’objet énigmatique entraîne tous ceux qui l’approchent dans une extase mystique et bouleverse leur vie. (Allociné)

Il Miracolo (affiche)

C’est grâce à Alberte que j’ai découvert cette série italienne. Je me suis longtemps (enfin, tout est relatif puisque la série ne comporte que huit épisodes) questionnée sur l’intrigue et la direction prise par la série, sur les personnages… avant de décider de me laisser porter puisque l’ambiance me plaisait bien. Une atmosphère pas bien joyeuse, il faut le reconnaître. Les personnages – la majorité d’entre eux – sont dérangeants, louches ou, au mieux, simplement agaçants. Les portraits ici proposés ne sont guère flatteurs : frustrations, jalousie, violences… bref, l’être humain dans toute sa splendeur.
C’est aussi un portrait de l’Italie dans lequel deux forces s’affrontent : la politique et la religion. La statuette bouleverse les convictions de chacun·e : aucun scientifique et aucun croyant ne reste de marbre devant ce miracle apparent. Des réactions diverses, parfois extrêmes, parfois indécises, mais passionnantes à observer.
Je n’ai pas grand-chose d’autre à en dire : c’est surtout une série aux images aussi belles que son scénario est sombre qui m’a fait éprouver une persistante sensation d’étrangeté et de mal-être.

  1. Poupée russe (VO : Russian Dolls), de Natasha Lyonne, Amy Poehler et Leslye Headland (2019, 1 saison, 8 épisodes)

Une femme prise au piège d’une mystérieuse boucle revit sans cesse une nuit de fête à l’issue de laquelle elle meurt… avant de se réveiller la veille, indemne. (Allociné)

Poupée russe (affiche)

(Disponible sur Netflix)

Cette série est si brève – huit épisodes de 25 minutes environ – qu’il serait dommage de passer à côté. Même lorsque, comme moi, on regarde relativement peu de séries. Et je ne regrette pas ce choix, ne serait-ce pour Natasha Lyonne (que, contrairement à moi, vous aurez peut-être déjà vu dans Orange is the New Black) et son ébouriffante interprétation de Nadia.

A travers une histoire de boucles temporelles, Poupée russe aborde plein de questions sur la vie et la mort, le passé, les relations humaines, l’amitié… et d’autres choses dont je ne peux pas vous parler sans risque de spoiler. Le tout est servi par un scénario très juste et captivant et des dialogues tout aussi fins et bien écrits.
C’est intelligent et c’est aussi très drôle. Dure, la voix éraillée et le ton gouailleur d’une désabusée, Nadia n’a pas la langue dans sa poche et, caparaçonnée dans sa désinvolture, elle est irrésistible. On la découvre peu à peu dans toute son intelligence et sa complexité et c’est un superbe personnage, bourré de défauts et de qualités, réaliste et attachant, qui se dévoile au fil des épisodes. Ses tentatives pour survivre et la mort qui toujours la rattrape donnent lieu à des scènes plus cocasses que morbides.
Elle est rejointe par un autre prisonnier du temps, Alan, dont je vous laisse le plaisir de la découverte.

Une série bourrée d’humour interrogeant sur la vie et la mort (et on s’en pose des questions sur le pourquoi de ces boucles temporelles !), avec la petite touche morbide qui va bien, une réalisation impeccable (BO, lumières, personnages… rien à redire), bref, Poupée russe est un petit bijou qui se dévore en quelques heures. Ne passez pas à côté !

Qu’avez-vous vu ce mois-ci ? Des coups de cœur, des déceptions ?
Cinéma, Netflix ou autres, je prends tous les bons conseils !

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7 réflexions au sujet de « La parenthèse 7ème art – Février 2019 »

  1. Trop heureuse de voir qu’Il Miracolo a eu son petit effet sur toi! Je crois que c’était tout à fait leur objectif cette ambiance sale et gênante ! Tu en parles bien mieux que moi de cette série en plus!!

    J’arrête pas de voir passer Russian Doll et franchement j’ai super envie de la regarder mais n’ayant pas Netflix, je patienterai saaaaagement aha

    • Oh, merci ! Pourtant, je n’avais pas grand-chose à en dire, c’est surtout une ambiance qui te laisse des sensations pas forcément très nettes. Ce n’est pas facile à chroniquer ! En tout cas, si c’était leur objectif, c’est réussi !

      Russian Doll était vraiment très très sympa ! Une petite série bien ficelée ! Si tu as l’occasion, ne te prive pas !

  2. Roh merci pour le partage ❤ !
    Pour Dragons 3 et Blancanieves, je suis tellement d'accord avec toi ! Deux films, deux ambiances, mais qui emportent loin le spectateur d'un coup!

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