La parenthèse 7ème art – Novembre 2017

Bon.
Novembre a été un mois misérable pour le cinéma. Seulement quatre films, ce qui est juste misérable. Promis, je me rattrape en décembre !

  1. Jalouse, de David et Stéphane Foenkinos

Nathalie Pêcheux, professeure de lettres divorcée, passe quasiment du jour au lendemain de mère attentionnée à jalouse maladive. Si sa première cible est sa ravissante fille de 18 ans, Mathilde, danseuse classique, son champ d’action s’étend bientôt à ses amis, ses collègues, voire son voisinage… Entre comédie grinçante et suspense psychologique, la bascule inattendue d’une femme. (Allociné)

Jalouse (affiche)

Le programme ciné ne m’inspirait guère en ce début novembre (malheureusement, de nombreux films me faisant très envie sont ensuite sortis sans que je ne trouve vraiment le temps (ou le courage) d’aller les voir), je me suis donc rabattue sur ce film sur lequel je ne projetais pas de grandes espérances. C’est une comédie parfaite pour se vider la tête. Karin Viard se révèle parfaitement insupportable par sa jalousie dévorante (même si certaines répliques acides sont assez amusantes). Elle n’a toutefois pas réussi à s’attirer beaucoup de mon affection. Si je peux comprendre son mal-être et l’impulsivité née du malheur qui nous fait dire des choses immédiatement regrettées, sa jalousie devient un peu trop malsaine et méchante. En outre, on tourne un peu en rond jusqu’au dernier quart d’heure. Avant cela, c’est parole vacharde sur allusion désagréable pour qu’on soit bien sûrs que personne n’est épargné, mais j’ai fini par me lasser et souhaiter que le film avance.
Les seconds rôles sont très convaincants. J’ai notamment relevé Anne Dorval et Marie-Julie Baup, la nouvelle compagne de son ex-mari, présenté tout d’abord comme une cruche, méprisée par l’universitaire qu’est Karin Viard, mais qui se révèle très humaine, amusante et intuitive lorsqu’on la découvre par les yeux de sa belle-fille.
Je n’ai pas énormément de choses à dire sur ce film dont je ne garderai pas longtemps un souvenir précis, la faute résidant sans doute principalement dans le fait que je n’ai pas été touchée par le personnage de Nathalie Pêcheux.

  1. Les conquérantes (VO : Die Göttliche Ordnung), de Petra Biondina Volpe

Woodstock, Flower Power, Révolution Sexuelle: trois ans se sont écoulés depuis mai 68 mais la vague de libération ne semble pas avoir atteint le petit village suisse d’Appenzell. En mère au foyer exemplaire, Nora ne conçoit d’ailleurs pas sa vie autrement. Pourtant, à l’approche d’un référendum sur le droit de vote des femmes, un doute l’assaille : et si elles s’affirmaient davantage face aux hommes ? A mesure que Nora propage ses drôles d’idées, un désir de changement s’empare du village, jusque chez les plus récalcitrantes…(Allociné)

Les conquérantes (affiche)

Les conquérantes m’a beaucoup fait penser au film Pride de Matthew Warchus (déjà juste pour voir une Ombrage (Imelda Staunton) et un Moriarty (Andrew Scott) doux et gentils comme des agneaux, il est chouette à voir !) qui raconte l’union entre des mineurs du pays de Galles et une association LGBT en 1984. Si le sujet est évidemment différent, les deux films racontent une lutte pour des droits et ils font du bien. On s’attache aux personnages, on les rejoint dans leur combat et on est bien heureux de voir leur amitié naître et se solidifier ainsi que de les voir triompher. (En tout cas, c’est l’effet que ça me fait…)

Pride (film)

Revenons à nos conquérantes. Nous sommes donc en Suisse en 1971 et les femmes n’ont toujours pas le droit de vote (en réalité, certains cantons l’accordaient déjà depuis 1959 (et celui d’Appenzell Rhodes-Intérieures attendra 1991 (!) pour l’accorder), mais ce n’était pas encore acté au niveau fédéral), mais un vote (masculin) devant décider de leur accorder ou non approche à grands pas. A première vue, Nora se fiche bien de voter ou pas, mais quelques événements venant bouleverser son quotidien de femme au foyer viennent également bousculer ses convictions (ou son absence de conviction). Elle réalise à quel point les femmes sont dépendantes des hommes et commence à froncer les sourcils. Avec deux autres femmes du village, Graziella (qui a en plus la malchance d’être immigrée italienne) et Vroni (qui clame fièrement qu’elle avait déjà voté « oui » en 1959), elles s’entraînent mutuellement dans une lutte qui vient bousculer « l’ordre divin » (le titre en VO du film).
Les conquérantes est vraiment un excellent film porté par un très bon scénario. Tout d’abord, il est très drôle. On rit beaucoup même si certaines situations ne sont pas amusantes pour un sou. Un parfait équilibre entre le drame et la comédie. Et en plus de cet humour, il est tout simplement passionnant. Parallèlement à cette lutte contre le patriarcat, nous suivons également les prises de conscience et le cheminement progressif de notre héroïne. J’ai été parfois abasourdie par cette époque pas si lointaine où les femmes étaient muselées et attachées au foyer (ce n’était pas une découverte, mais c’est à chaque fois un étourdissement).
Les actrices crèvent l’écran avec en tête Marie Leuenberger dans le rôle de Nora et Sibylle Brunner dans celui de Vroni. Si l’on peut sans doute trouver quelques situations prévisibles, je trouve que les personnages ne tombent pas trop dans la caricature (même si la réalisatrice a fait en sorte d’utiliser au mieux ses femmes pour nous présenter tout un échantillon : la femme contre le droit de vote, l’immigrée, etc.). Elles sont attachantes, parfois maladroites, elles bravent leur timidité et les pudeurs enseignées depuis des générations, et j’ai tout autant aimé la solidarité qui les unit peu à peu.
Film intelligent et plein d’humour, véritable feel good movie, ces Conquérantes sont décidément des femmes à rencontrer !

  1. Justice League, de Zack Snyder

Après avoir retrouvé foi en l’humanité, Bruce Wayne, inspiré par l’altruisme de Superman, sollicite l’aide de sa nouvelle alliée, Diana Prince, pour affronter un ennemi plus redoutable que jamais. Ensemble, Batman et Wonder Woman ne tardent pas à recruter une équipe de méta-humains pour faire face à cette menace inédite. Pourtant, malgré la force que représente cette ligue de héros sans précédent – Batman, Wonder Woman, Aquaman, Cyborg et Flash –, il est peut-être déjà trop tard pour sauver la planète d’une attaque apocalyptique… (Allociné)

Justice League (affiche)

Ça y est, j’ai atteint l’écœurement des films de super-héros, que ce soit Marvel ou DC (et on peut même Star Wars dans la liste, ce sont des marques que je ne peux plus voir en peinture). Je me suis ennuyée d’un bout à l’autre du film et je n’ai pas pu retenir tous les soupirs que ce film m’a inspirés.
Je n’en peux plus de ces films où le scénario est tout le temps le même, où les dialogues ne changent pas. « Aaah, je vais tous vous écraser ! C’est la fin du monde ! » « Notre devoir est de sauver le monde.. » « On va tous mourir ! » « Ah ben non, personne n’est mort. » (Il y en a même certains qui ressuscitent, c’est plus pratique pour continuer à faire des milliers de films identiques sur eux.)
Les méchants sont plus ridicules les uns que les autres. Celui de Wonder Woman n’était déjà pas bien impressionnant, mais celui-là n’est pas crédible pour un sou. Il s’approche de celui du dernier X-men, le bonhomme violet censé amener l’apocalypse. Les scènes de combat n’en finissent pas, mais on connaît quand même bien la fin. Peu importe le nombre de fois que les héros auront été encastrés dans les murs.
Remarque, les héros ne sont pas vraiment plus convaincants. J’ai essayé, hein, mais je ne suis pas parvenue à voir autre chose que des hommes qui font des grandes phrases et qui se prennent beaucoup trop au sérieux. L’humour de Flash tombe à plat (désolée, Ezra, j’aurais tellement aimé apprécier ton rôle !) et j’ai franchement eu envie de claquer Diana. Son histoire d’amour avec le mec qui meurt dans Wonder Woman ne m’avait vraiment pas émue, mais qu’elle vienne me dire, CENT ANS APRES, qu’elle ne s’est pas remise de son crush de trois jours… c’est un peu too much. Et Batman qui se pleure dessus… Ah, ces âmes torturées… Dommage qu’ils ne soient absolument pas crédibles.
Bref. Vous avez compris, je me suis ennuyée et je suis en overdose totale.

  1. Battle of the Sexes, de Jonathan Dayton et Valerie Faris

1972, la championne de tennis Billie Jean King remporte trois titres du Grand Chelem. Mais loin de se satisfaire de son palmarès, elle s’engage dans un combat pour que les femmes soient aussi respectées que les hommes sur les courts de tennis. C’est alors que l’ancien numéro un mondial Bobby Riggs, profondément misogyne et provocateur, met Billie Jean au défi de l’affronter en match simple… (Allociné)

Battle of the sexes (affiche)

Heureusement que ce film est venu relever le niveau du précédent… J’ai trouvé ce second film féministe du mois très bon.
Je parlais de la crédibilité absente des acteurs dans Justice League, j’ai ici été bluffée par Emma Stone. Ses cheveux noirs et ses lunettes la rendent suffisamment méconnaissable pour que je me laisse totalement aller à suivre l’histoire de Billie Jean King. Et son jeu est tout simplement formidable.
Ce sont deux aventures, l’une professionnelle, l’autre personnelle, qui se mêlent dans cette histoire. 1972 a dû être l’une des années les plus importantes de sa vie. Dans sa vie publique, BJK se bat pour les femmes, pour une égalité de traitement et pour un véritable respect, tandis que, dans sa vie privée, elle découvre son homosexualité à une époque où celle-ci n’est pas très bien considérée et se retrouve déchirée entre son amante et son mari (compréhensif et attentif au possible).
Le bouffon phallocrate, Bobby Riggs, joué par Steve Carell, est tout aussi convaincant. Bien qu’il soit irritant au possible, il n’est pas aussi fort (ni aussi misogyne) qu’il tente de le faire croire. Comme Billie Jean, il a ses faiblesses et les deux réalisateurs ne se contentent pas de nous le présenter comme le macho à détester, nous montrant toutes les facettes du personnage, y compris les plus touchantes.
On se laisse prendre par le film. Peu à peu, j’ai été captivée par la volonté et le courage de Billie Jean King tout en découvrant le personnage progressivement créé par Bobby Riggs après sa mise à la retraite. Un peu de tension vers la fin jusqu’à l’apogée du film : le match qui les oppose et la victoire de Billie Jean, nouvelle marche dans la lutte féministe.
Cette plongée dans le monde du tennis des années 1970 m’a permis de découvrir une histoire vraie dont je n’avais jamais entendu parler. Ce n’est pas seulement un épisode de l’histoire du sport, c’est surtout un épisode de l’histoire de l’égalité entre les femmes et les hommes.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Je vous souhaite un beau mois de décembre dans les salles de cinéma !

7 réflexions au sujet de « La parenthèse 7ème art – Novembre 2017 »

  1. Haan Battle of the sexes me faisaient de l’oeil depuis longtemps, j’ai encore plus envie de le voir après ce que tu en dis! Je n’avais jamais entendu parler des conquérantes mais il me tenten carrément, surtout avec le rapprochement avec Pride qui est un film que j’ai aimé d’un amoooooour gros comme ça ♥
    Dommage pour Justice League, mais c’est sûr que malheureusement à force de nous faire des suites de remakes de reboot, déjà on nous perd parce qu’on sait plus où on en est mais en plus on a l’impression de revoir tout le temps les mêmes films…

    • Mais oui, Pride est juste ♥♥♥ Je l’ai revu il y a quelques jours et je n’ai pas arrêté de sourire niaisement et de m’extasier devant la mignonnitude d’Andrew Scott (mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle je l’aime, hein ! ^^).
      Par contre, c’est Les Conquérantes que je comparais à Pride. Mais je te conseille aussi carrément Battle of the Sexes !
      Oui… tu connais la fin avant que ça ait commencé. Moi j’abandonne. ^^

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