La parenthèse 7ème art – Octobre 2017

Un mois d’octobre qui a fait la part belle au cinéma français !

  1. Demain et tous les autres jours, de Noémie Lvovsky

Mathilde a 9 ans. Ses parents sont séparés. Elle vit seule avec sa mère, une personne fragile à la frontière de la folie. C’est l’histoire d’un amour unique entre une fille et sa mère que le film nous raconte. (Allociné)

Demain et tous les autres jours (affiche)

Le mois d’octobre commence mal… Je n’ai pas du tout accroché à ce film. Ça ne partait pourtant pas trop mal avec ce duo mère/fille, la folie de la mère qui se dessine peu à peu, les responsabilités assumées par la fillette… Un ton au départ quelque peu burlesque qui s’assombrit rapidement, un petit côté En attendant Bojangles en moins réussi… La touche de fantastique avec cette chouette parlante ne m’a pas convaincue et des longueurs s’installent. Ce n’est pas un film qui me laissera un souvenir pérenne, en dépit de certains moments très réussis. Des passages dans lesquels on sent l’amour de Mathilde pour sa mère, mais aussi son désir douloureux d’avoir une vraie mère, une mère qui protège, qui ordonne parfois, une mère forte, une mère présente.

  1. Nos années folles, d’André Téchiné

La véritable histoire de Paul qui, après deux années au front, se mutile et déserte. Pour le cacher, son épouse Louise le travestit en femme. Dans le Paris des Années Folles, il devient Suzanne. En 1925, enfin amnistié, Suzanne tentera de redevenir Paul… (Allociné)

Nos années folles (affiche)

Cette histoire vraie avait tout pour me plaire (j’avais d’ailleurs beaucoup aimé la bande dessinée de Chloé Cruchaudet, Mauvais genre, inspirée de la même histoire). Et ce fut globalement le cas… à une exception près. Le comportement de Paul, parfois horripilant. Certes, les épreuves affrontées pendant la guerre et les années suivantes permettent parfois de l’expliquer, de comprendre sa détresse psychologique, mais cela m’a tout de même un peu empêché de ressentir de l’empathie pour le personnage. Sa jalousie, sa manière de traiter la femme qui a menti pour lui, qui l’a aidé, qui l’a soutenu… Crispant.
Autres petits reproches : les allers-retours dans le temps un peu déstabilisants au début, mais on finit par s’y faire et le nombre de sujets abordés et un peu survolés à cause de la durée (plutôt courte) du film. Mais Nos années folles restent un bon film, porté par une intéressante mise en abîme par le biais du théâtre et par le jeu de Pierre Deladonchamps, Céline Sallette et Michel Fau, tous trois très justes et convaincants.

  1. Le sens de la fête, d’Eric Toledano et Olivier Nakache

Max est traiteur depuis trente ans. Des fêtes il en a organisé des centaines, il est même un peu au bout du parcours. Aujourd’hui c’est un sublime mariage dans un château du 17e siècle, un de plus, celui de Pierre et Héléna. Comme d’habitude, Max a tout coordonné. Mais la loi des séries va venir bouleverser un planning sur le fil où chaque moment de bonheur et d’émotion risque de se transformer en désastre ou en chaos. Des préparatifs jusqu’à l’aube, nous allons vivre les coulisses de cette soirée à travers le regard de ceux qui travaillent et qui devront compter sur leur unique qualité commune : Le sens de la fête. (Allociné)

Le sens de la fête (affiche)

Le sens de la fête n’est pas un film que je serais allée voir toute seule, n’étant pas grande amatrice de comédies. De plus, Gilles Lellouche et Jean-Paul Rouve ne font pas partie de mes acteurs favoris, mais je comptais sur Jean-Pierre Bacri et Suzanne Clément (actrice que j’ai découverte grâce aux films de Xavier Dolan) pour faire pencher la balance. Et quoi que j’en dise, cette séance ne fut pas une torture. Ce n’est pas le film de l’année et certaines scènes sont très convenues et prévisibles, mais d’autres sont parvenues à me faire sourire. L’humour caustique et désabusé de Bacri a plutôt bien marché sur moi. On prend plaisir à découvrir sa bande de bras cassés et les différentes personnalités, parfois un peu bancales. Celles-ci sonnent parfois plutôt justes, mais sont aussi parfois un peu stéréotypées, ce qui est dommage. Le rythme est suffisamment vif pour que l’on ne s’ennuie pas. Bref, un film divertissant et un bon moment.

  1. Une suite qui dérange : le temps de l’action (VO : An Inconvenient Sequel : Truth to Power), de Bonni Cohen et Jon Shenk

L’ex vice-président Al Gore poursuit infatigablement son combat en voyageant autour du monde pour former une armée de défenseurs du climat et exercer son influence sur la politique climatique internationale. Les caméras le suivent en coulisse, saisissent des moments publics et privés, drôles et émouvants : alors que les enjeux n’ont jamais été aussi importants, il défend l’idée que les périls du changement climatique peuvent être surmontés par l’ingéniosité et la passion des hommes. (Allociné)

Une suite qui dérange (affiche)

Même si je n’ai pas (encore) vu Une vérité qui dérange, le premier film d’Al Gore sorti en 2006, Une suite qui dérange m’intéressait totalement… même si je pressentais bien qu’il n’allait pas être très réjouissant. Je m’attendais à un documentaire classique avec voix off et non pas à suivre ainsi Al Gore dans les coulisses de son combat. Ce choix s’est révélé parfois un peu agaçant et narcissique, parfois passionnant. Il se démène pour amener à une prise de conscience à travers le monde entier, mais je regrette qu’il ne présente pas tant de solutions que ça (à part le solaire et l’éolien). Je ne sais pas s’il touchera des climatosceptiques, je pense que c’est le genre de film qui ne prêche que des convaincus, mais c’est toujours intéressant (et un peu déprimant). Il y a des scènes qui m’ont laissée abasourdie (les « rain bombs » s’abattant sur les villes ou la fonte des glaces), d’autres dubitative, comme ce long passage sur les attentats de Paris (le rapport me semble assez ténu quand même…). Un documentaire intéressant, même s’il fait davantage le portrait d’un homme qu’un véritable point sur la situation.

  1. Barbara, de Mathieu Amalric

Une actrice va jouer Barbara, le tournage va commencer bientôt. Elle travaille son personnage, la voix, les chansons, les partitions, les gestes, le tricot, les scènes à apprendre, ça va, ça avance, ça grandit, ça l’envahit même. Le réalisateur aussi travaille, par ses rencontres, par les archives, la musique, il se laisse submerger, envahir comme elle, par elle. (Allociné)

Barbara (affiche)

Je ne connais pas particulièrement Barbara et ses chansons, ne comptez donc pas pour moi pour vous dire si Jeanne Balibar est convaincante dans ce rôle. Ce n’est même pas un film que je comptais aller voir, cette mode des biopics me laissant un peu de marbre, mais l’occasion s’est finalement présentée.
J’étais intriguée par la mise en abîme originale proposée par Amalric, le film n’étant pas un biopic classique, mais montrant un projet de biopic tourné par un réalisateur joué par Amalric. Le film fascine par la façon dont l’actrice principale et le réalisateur sont happés par ce rôle, par la présence d’une Barbara ressuscitée. Jeanne Balibar est plutôt convaincante, bien qu’irritante parfois, tout comme Mathieu Amalric.
Néanmoins, je lui ai tout de même trouvé quelques longueurs (sur un film d’1h35, il faut le faire), des passages décousus et/ou inintéressants, j’ai été un peu perdue sur l’identité de certains personnages secondaires et j’avoue avoir décroché sur la fin. Globalement, et en dépit de quelques points positifs, ce fut une déception qui sera vite oubliée.

  1. Ça (VO : It), d’Andy Muschietti

À Derry, dans le Maine, sept gamins ayant du mal à s’intégrer se sont regroupés au sein du « Club des Ratés ». Rejetés par leurs camarades, ils sont les cibles favorites des gros durs de l’école. Ils ont aussi en commun d’avoir éprouvé leur plus grande terreur face à un terrible prédateur métamorphe qu’ils appellent « Ça »… Bien décidés à rester soudés, les Ratés tentent de surmonter leurs peurs pour enrayer un nouveau cycle meurtrier. Un cycle qui a commencé un jour de pluie lorsqu’un petit garçon poursuivant son bateau en papier s’est retrouvé face-à-face avec le Clown Grippe-Sou…  (Allociné)

Ça (affiche)

Ah, LE film de cet automne ! D’un côté, j’avais très envie de voir Ça, notamment pour la prestation de Bill Skarsgård qui semblait démente. D’un autre côté, je n’avais pas tellement envie parce que j’avais la frousse (les films d’horreur et moi, on n’est pas copains vu que je sursaute déjà dès que quelqu’un arrive derrière mon dos, ou parle quand je ne m’y attends pas, ou klaxonne à côté de moi, ou… bref, vous avez saisi). Je me suis un peu préparée en regardant le téléfilm (histoire de repérer les passages potentiellement flippants, tout ça), téléfilm qui ne m’a pas déplu même s’il a vieilli et si ce brave Tim Curry n’est pas effrayant pour un sou. C’est donc les jambes flageolantes d’appréhension (et avec l’impression de repousser mes limites) que je suis allée au cinéma, c’est donc les poings serrés et le corps crispé que j’ai passé la séance. Il paraît que ce n’est pas un film d’horreur, mais ça l’est largement assez pour moi !
Malgré tout… j’ai adoré ! Certes, les jumpscares ont parfaitement fonctionné puisque j’ai sursauté quasiment à chaque fois qu’il fallait sursauter (oui, je sais, ils sont prévisibles, mais quand même…). Mais à part beaucoup de sursauts, je n’ai pas eu si peur que ça (une fois que le clown est visible et que plus rien ne saute sur les gamins, c’est bon, aussi moche ou effrayante soit son apparence au moment dit) et j’ai plein de compliments à faire à ce film :

  • Il est beau: j’ai adoré les décors, les couleurs, tout ce qui participe à l’ambiance glauque qui règne à Derry (d’ailleurs les adultes sont aussi – voire plus – monstrueux que Pennywise) ;
  • Les gosses jouent très bien, ils sont adorables, drôles, attachants, et c’est aussi une belle histoire d’amitié qui se dessine ici (mais je me serais bien passé de la Beverly, princesse sauvée d’un baiser…) ;
  • Le film nous fait passer de l’épouvante (enfin, moi, en tout cas) au rire: légèreté et gravité se mêlent et c’est un soulagement de se détendre de temps en temps avec une scène amusante ou attendrissante.
  • Bill Skarsgård est génialement malsain: il est décalé, dérangeant et à aucun moment sympathique, son sourire est particulièrement flippant et chacune de ses apparitions transcende le film.

Je n’ai pas encore lu le livre, mais c’est prévu pour tout bientôt. Toutefois, de ce que je sais de l’histoire (grâce au téléfilm ou à des critiques que j’ai pu lire), j’ai quelques appréhensions quant au chapitre deux, notamment par rapport au fait qu’ils oublient Ça en grandissant, donc j’espère que ce ne sera pas un film constitué de 50% de flash-backs. Idem pour Henry Bowers qui est aussi censé être présent… Enfin, on verra bien, j’ai adoré ce chapitre un que je reverrai avec plaisir et, maintenant, la prochaine étape pour moi est de lire le roman de Stephen King !

  1. La Passion Van Gogh (VO : Loving Vincent), de Dorota Kobiela et Hugh Welchman

Paris, été 1891, Armand Roulin est chargé par son père, le facteur Joseph Roulin, de remettre en mains propres une lettre au frère de Vincent van Gogh, Theo. En effet, la nouvelle du suicide du peintre vient de tomber. Armand, peu enchanté par l’amitié entre son père et l’artiste, n’est pas franchement ravi par sa mission. À Paris, le frère de Van Gogh est introuvable. Le jeune homme apprend alors par Père Tanguy, le marchand de couleurs du peintre, que Theo, visiblement anéanti par la disparition de son frère aîné, ne lui a survécu que quelques mois. Comprenant qu’il a sans doute mal jugé Vincent, Armand se rend à Auvers-sur-Oise, où le peintre a passé ses derniers mois, pour essayer de comprendre son geste désespéré. En interrogeant ceux qui ont connu l’artiste, il découvre combien sa vie a été surprenante et passionnée. Et que sa vie conserve une grande part de mystère. (Allociné)

La Passion Van Gogh (affiche)

Magnifique ! Ce film d’animation est un chef-d’œuvre et fait clairement partie de mes coups de cœur de l’année.
Premièrement, ce film est superbe, esthétiquement parlant. Tout le film a été peint – travail extraordinaire – et cela lui donne un cachet fabuleux. Plus de 62 000 plans peints à la main, à l’huile « façon Van Gogh » pour un résultat sublime. En se basant sur bon nombre de tableaux de Van Gogh, les artistes lui rendent un bel hommage et donnent vie à ses toiles. Les flash-backs en noir et blanc, mais peints eux aussi, sont tout aussi réussis.
On reconnaît d’ailleurs les acteurs et actrices ayant donné vie aux personnages puisque les scènes ont d’abord été filmées pour de vrai. Par exemple, le docteur Gachet est joué par Jerome Flynn et il est facile de retrouver Bronn sous la peinture !

Deuxièmement, l’histoire est tout à fait prenante. Intrigue policière, c’est une véritable enquête qui sème le doute sur la mort du célèbre peintre néerlandais. Armand Roulin se rend auprès de tous ceux qui l’ont connu pour tenter de percer le mystère de cet étrange suicide. Tous lui parlent du Vincent qu’ils ont connu, de ce Vincent qui, lui, ne s’exprime qu’à travers ses lettres et ses toiles.
La Passion Van Gogh est un film d’animation passionnant et visuellement éblouissant. La technique choisit nous immerge dans l’œuvre du peintre tout en nous faisant vivre ses derniers jours.

  1. Knock, de Lorraine Levy

Knock, un ex-filou repenti devenu médecin diplômé, arrive dans le petit village de Saint-Maurice pour appliquer une « méthode » destinée à faire sa fortune : il va convaincre la population que tout bien portant est un malade qui s’ignore. Et pour cela, trouver à chacun la maladie réelle ou imaginaire dont il souffre. Passé maître dans l’art de la séduction et de la manipulation, Knock est sur le point de parvenir à ses fins. Mais il est rattrapé par deux choses qu’il n’avait pas prévues : les sentiments du cœur et un sombre individu issu de son passé venu le faire chanter. (Allociné)

Knock (affiche)

Comme pour Le sens de la fête, Knock n’est pas un film que je serais allée voir si une amie ne me l’avait pas proposé. Parce que les comédies et moi, ça fait deux (et j’en ai déjà vu une ce mois-ci avec Le sens de la fête). Je n’ai pas lu le livre qui traîne pourtant dans ma PAL depuis une éternité et je ne connais de Knock pas grand-chose de plus que le célèbre « Ça vous chatouille ou ça vous gratouille ? », donc je n’établirai aucune comparaison avec la pièce de Jules Romains.
Je n’ai pas passé un mauvais moment, mais le film est assez convenu et il ne nous surprend jamais dans les directions qu’il prend. J’avoue avoir été presque surprise par le happy end : dans mon esprit, tout cela devait mal se finir.
Deux éléments m’ont toutefois beaucoup agacée. Le premier est l’inévitable coup de foudre. J’y suis résignée, mais j’en suis totalement lassée. Le second est ce rôle de femme frustrée qui se déshabille devant l’homme qui l’attire et, une fois ses avances repoussées, va se plaindre de tentative de viol. C’est une situation trop souvent mise en scène et que je ne trouve pas drôle du tout. Comment être surprise que la parole des femmes violées soit mise en doute quand les films montrent des menteuses prêtes à tout pour se venger ?
Ceci mis à part, la rencontre avec ces villageois hauts en couleur est sympathique, le docteur joué par Omar Sy est finalement bien plus rempli d’humanité que sa petite arnaque ne le laissait présager : un film sans prise de tête.

  1. Zombillénium, d’Arthur de Pins et Alexis Ducord

Dans le parc d’attractions d’épouvante Zombillénium, les monstres ont le blues. Non seulement, zombies, vampires, loups garous et autres démons sont de vrais monstres dont l’âme appartient au Diable à jamais, mais en plus ils sont fatigués de leur job, fatigués de devoir divertir des humains consuméristes, voyeuristes et égoïstes, bref, fatigués de la vie de bureau en général, surtout quand celle-ci est partie pour durer une éternité… Jusqu’à l’arrivée d’Hector, un humain, contrôleur des normes de sécurité, déterminé à fermer l’établissement. Francis, le Vampire qui dirige le Parc, n’a pas le choix : il doit le mordre pour préserver leur secret. Muté en drôle de monstre, séparé de sa fille Lucie, et coincé dans le parc, Hector broie du noir… Et s’il devenait finalement la nouvelle attraction phare de Zombillénium ? (Allociné)

Zombillénium (affiche)

Ne connaissant pas la BD, je ne m’étais pas intéressée plus que ça à la sortie de ce film d’animation… et quelle bonne surprise ce fut !
Le graphisme m’a tout d’abord laissée dubitative avant de me convaincre. Je l’ai finalement trouvé plutôt beau ! Je signale également le générique de début qui montre la naissance du parc : je le trouve extrêmement bien fait et pertinent en plus d’être passionnant.
Certains éléments humoristiques sont très bien trouvés, ce monde des morts et des monstres faisant souvent écho au nôtre. Le cerbère, avec sa troisième tête yorkshire prête à s’attaquer à plus gros qu’elle, est très bien trouvé et m’a beaucoup fait rire. Certes, si vous voulez des monstres flippants, vous n’êtes pas au bon endroit puisqu’ils sont tous très sympathiques… à l’exception des vampires, totalement insupportables et imbus de leur personne.
Zombillénium est aussi un film intelligent et ne s’interdit pas de dénoncer le capitalisme et la discrimination dans le monde du travail. Rien que ça ! Ajoutons une BO qui tient bien la route et on obtient un très bon film d’animation rythmé et drôle !
Entouré par Le monde secret des Emojis, My little pony et Opération casse-noisette 2, il relève bien la barre de ces sorties automnales dans le domaine du film d’animation.

  1. Ouvrir la voix, d’Amandine Gay

Ouvrir La Voix est un documentaire sur les femmes noires issues de l’histoire coloniale européenne en Afrique et aux Antilles.  Le film est centré sur l’expérience de la différence en tant que femme noire et des clichés spécifiques liés à ces deux dimensions indissociables de notre identité « femme » et « noire ». Il y est notamment question des intersections de discriminations, d’art, de la pluralité de nos parcours de vies et de la nécessité de se réapproprier la narration. (Allociné)

Ouvrir la voix (affiche)

Ce documentaire qui offre la parole à des femmes d’origine africaine ou antillaise se révèle tout simplement passionnant. Deux heures en tête à tête et pas une minute d’ennui. On constate à travers les tranches de vie qu’elles partagent avec nous que le problème du racisme se pose dans toutes les strates de la société et dans tous les milieux. Leur première expérience du racisme donne le ton. Si je suis évidemment consciente de certains faits, je suis parfois restée bouche bée. Notamment face à cette absurde violation de leur intimité : des gens qui se permettent de leur toucher les cheveux. Comment peut-on avoir l’idée de se permettre d’une telle chose ? Les combats qu’elles doivent mener toute leur vie durant sont révoltants et pourtant elles ne s’apitoient pas sur elles-mêmes. Un film qui permet de relativiser certaines choses et de mesurer les privilèges dont, femme blanche, on bénéficie inconsciemment.
En abordant de multiples sujets, Amandine Gay offre avec ce film un témoignage important. A voir.

  1. Au revoir là-haut, d’Albert Dupontel

Novembre 1919. Deux rescapés des tranchées, l’un dessinateur de génie, l’autre modeste comptable, décident de monter une arnaque aux monuments aux morts. Dans la France des années folles, l’entreprise va se révéler aussi dangereuse que spectaculaire. (Allociné)

Au revoir là haut (affiche)

J’avais adoré Au revoir là-haut et j’étais curieuse de voir le film, même si je ne suis pas vraiment fan d’Albert Dupontel. De toute façon, je ne pouvais rater Nahuel Perez Biscayart, coup de cœur de 120 battements par minutes, dans le rôle de l’extravagant et impertinent Edouard Péricourt. J’avais à l’origine pensé relire le roman, ma lecture remontant à quatre ans, mais, en lisant ici ou là que de nombreuses scènes avaient été ajoutées, j’ai préféré m’abstenir. Et j’ai bien fait. Mon souvenir un peu flou m’a empêchée de comparer livre et film scène par scène et de juger durement l’adaptation.
Car finalement, je l’ai trouvée très fidèle au roman de Pierre Lemaitre. Effectivement, la folle aventure d’Edouard et Albert sont racontées à un gendarme marocain par Albert (récit enchâssé absent du roman), des raccourcis ont été faits, des rencontres ont été imaginées, même la fin a été légèrement modifiée, et pourtant, l’esprit du roman et des personnages était tout à fait respecté.
C’est aussi un régal pour les yeux. Les images sont soignées, les couleurs vives, le rythme dynamique tout comme la caméra qui tourne et danse d’un personnage à l’autre, la reconstruction du Paris de 1920 est stupéfiante. L’immersion est réussie à 100%.
Les masques sont superbes tout comme celui qui les porte. Un regard, une gestuelle exacerbée et des bruits de gorge, voilà ce avec quoi Nahuel Perez Biscayart a dû composer son personnage. Et il y parvient à merveille, donnant à Edouard une présence formidable. Exceptionnel.
Une adaptation fantastique, passionnante, haute en couleur, drôle, émouvante et visuellement stupéfiante !

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?

8 réflexions au sujet de « La parenthèse 7ème art – Octobre 2017 »

  1. J’ai vu le Sens de la Fête (un peu par hasard) et comme toi, je n’ai pas passé un mauvais moment mais je ne pense pas qu’il me marquera durablement. J’ai aussi vu et aimé ça, mais je l’ai trouvé un poil trop classique pour moi (je crois que je commence à saturer de cette vibe années 80 qu’on retrouve partout, et entre ça et Stranger Things j’ai eu ma dose ce mois ci).

    J’ai très envie de voir Au Revoir Là-Haut (je n’ai jamais lu le roman donc je ne pourrai pas comparer), je trouve l’affiche superbe, et j’ai loupé Ouvrir La Voix mais j’attends sa sortie en DVD avec impatience !
    Je ne connaissais pas Zombillenium mais ton avis me donne très envie de le découvrir (alors que le dessin ne m’attire pas du tout)

    • Idem pour moi,je ne le considère pas comme un film mémorable du tout, mais j’ai été surprise car j’ai tendance à m’ennuyer pendant les comédies (enfin, ça dépend un peu lesquelles (j’ai revu récemment tous les films de Simon Pegg et Nick Frost et, même si je leur trouve des défauts (la seconde moitié des films a souvent tendance à me lasser, je la trouve souvent interminable), ca mamuse toujours autant), mais devant les comédies françaises, oui) (désolée pour cette digression pleine de parenthèses, je ne sais plus où j’en étais…).
      Par contre, je n’ai pas vu Stranger Things !
      Je te conseille vraiment Au revoir là-haut (aussi bien le roman que le film d’ailleurs) et Ouvrir la voix. Quant à Zombillenium, ça a été une très bonne surprise !

  2. Fichtre, voilà de quoi me redonner le boost nécessaire pour aller au ciné (0 films vus en octobre, bouhhh). J’ai particulièrement envie de voir ce que donne l’adaptation de Au revoir là-haut. Quant à Knock, les avis sont plutôt mitigés, je me tâte encore ^^ Merci pour toutes ces belles idées !

      • Oh si ^^ mais octobre à été plutôt chargé niveau boulot. Donc quand je rentrais à la maison, c’était pour finir affalée sur le canapé en général ! J’espère avoir davantage d’occasions (et de courage !) ce mois-ci 🙂

        • Oui, je comprends, j’ai repris le boulot en octobre et c’est mort pour aller au ciné le soir, je n’y ai pas encore remis les pieds en novembre pour l’instant. J’espère que tu auras l’occasion d’y aller ce mois-ci ! Même si je n’ai pas la moindre idée de ce qui passe en ce moment…

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