La parenthèse 7ème art – Août 2017

Pour ce mois d’août, il y a eu du très bon (avec Djam et Petit Paysan entre autres) et du très mauvais (Valerian, ma bête noire du mois). Je vous laisse découvrir tout ça.

  1. Gladiator, de Ridley Scott (2000)

Gladiator (affiche)

Le général romain Maximus est le plus fidèle soutien de l’empereur Marc Aurèle, qu’il a conduit de victoire en victoire avec une bravoure et un dévouement exemplaires. Jaloux du prestige de Maximus, et plus encore de l’amour que lui voue l’empereur, le fils de MarcAurèle, Commode, s’arroge brutalement le pouvoir, puis ordonne l’arrestation du général et son exécution. Maximus échappe à ses assassins mais ne peut empêcher le massacre de sa famille. Capturé par un marchand d’esclaves, il devient gladiateur et prépare sa vengeance. (Allociné)

Bien que le péplum soit un genre qui ne m’attire pas vraiment, j’ai été contente de découvrir ce célèbre film de Ridley Scott grâce à UGC Culte. On repassera sans doute pour l’exactitude historique, mais ce fut néanmoins une bonne surprise. Je me suis laissée prendre par cette histoire de vengeance, je ne me suis pas ennuyée à un seul instant. Même les scènes de bataille ont évité l’écueil de me plonger dans l’ennui car elles ne s’éternisent pas trop, ce qui est souvent le cas à mon goût. Mais surtout, j’ai beaucoup aimé la prestation de Russell Crowe (acteur qui me laisse globalement indifférente) que je trouve très charismatique (on comprend la fidélité qu’il inspire à ses hommes) ainsi que celle Joaquin Phoenix, parfaitement détestable et pitoyable dans sa jalousie puérile. Je considère donc Gladiator comme un bon péplum qui, à ma grande surprise, aura réussi à m’intéresser et à me divertir. Chapeau !

  1. Une femme fantastique (VO : Una Mujer Fantástica), de Sébastián Leilo

Marina et Orlando, de vingt ans son aîné, s’aiment loin des regards et se projettent vers l’avenir. Lorsqu’il meurt soudainement, Marina subit l’hostilité des proches d’Orlando : une « sainte famille » qui rejette tout ce qu’elle représente. Marina va se battre, avec la même énergie que celle dépensée depuis toujours pour devenir la femme qu’elle est : une femme forte, courageuse, digne … une femme fantastique ! (Allociné)

Une femme fantastique (affiche)

Mais qu’il est beau ce film ! Et dire que j’ai bien failli le rater, attendant le dernier jour pour aller le voir (il passait encore après, mais dans des cinémas trop lointains pour moi ou à des horaires impossibles genre 22h, l’heure idéale pour que je pionce devant). Un film sensible et très pudique. Beaucoup plus pudique que la famille d’Orlando obsédée par l’entrejambe de Marina. Daniela Vega, l’actrice principale est fantastique (oui, j’ai osé !), émouvante, belle, forte. Elle ne surjoue jamais, ne montrant que ce qu’il faut et contenant ses émotions qui transparaissent néanmoins sur son visage. Le traitement réservé à Marina – par la famille, les autorités, les médecins – est révoltant : elle doit affronter un tel irrespect qu’on la croirait à peine humaine. On sent bien que l’un des frères d’Orlando, Gabo, la respecte, mais il se tait, n’osant pas s’opposer ouvertement au reste de la famille. Un film qui appelle à la tolérance avec beaucoup de délicatesse !

  1. Crash Test Aglaé, d’Eric Gravel

L’histoire d’une jeune ouvrière psychorigide dont le seul repère dans la vie est son travail. Lorsqu’elle apprend que son usine fait l’objet d’une délocalisation sauvage, elle accepte, au grand étonnement de l’entreprise, de poursuivre son boulot en Inde. Accompagnée de deux collègues, elle va entreprendre un absurde périple en voiture jusqu’au bout du monde qui se transformera en une improbable quête personnelle. (Allociné)

Crash Test Aglaé (affiche)

La tête de hamster dépressif d’India Hair, l’idée de voyage et Yolande Moreau m’ont donné envie de découvrir ce film français sans prétention. Le périple s’annonçait épique. Bien qu’un peu déçue qu’Aglaé perde ses compagnes dès les premières étapes, j’ai apprécié ce road trip féminin et totalement décalé. La base étant une histoire de mondialisation, de délocalisation et de perte d’emploi, le sujet se prêtait à un ton tristounet. Mais non, le réalisateur offre à Aglaé une quête de son identité et l’opportunité d’enfin s’affirmer. La forme est loufoque et on rit souvent. En outre, les paysages sont souvent magnifiques et on en prend plein les yeux. Avec juste ce qu’il faut d’absurdité, d’humour et de tendresse, Crash Test Aglaé s’est révélé être un divertissement rafraîchissant porté par une actrice impeccable.

  1. Valérian et la cité des mille planètes (VO : Valerian and the City of a Thousand Planets), de Luc Besson

Au 28ème siècle, Valérian et Laureline forment une équipe d’agents spatio-temporels chargés de maintenir l’ordre dans les territoires humains. Mandaté par le Ministre de la Défense, le duo part en mission sur l’extraordinaire cité intergalactique Alpha – une métropole en constante expansion où des espèces venues de l’univers tout entier ont convergé au fil des siècles pour partager leurs connaissances, leur savoir-faire et leur culture. Un mystère se cache au cœur d’Alpha, une force obscure qui menace l’existence paisible de la Cité des Mille Planètes. Valérian et Laureline vont devoir engager une course contre la montre pour identifier la terrible menace et sauvegarder non seulement Alpha, mais l’avenir de l’univers. (Allociné)

Valérian et la cité des mille planètes (affiche)

Film qui aurait pu s’appeler « Valérian et Laureline » comme la BD (ainsi renommée depuis 2007) puisque Laureline est aussi importante que Valérian et même plus forte que lui. Ah, Trinity Syndrome quand tu nous tiens ! On ne va quand même pas mettre un prénom de fille dans le titre ! Qui sait, les hommes pourraient fuir les salles de cinéma ! Allez, on fait passer la ville avant l’héroïne !
De même, je me serais passée des soupirs de Laureline du genre « oh, ils ont abîmé ma robe » ou « on va aller faire du shopping, toi et moi ! » (le toi étant une petite créature capable de tout dupliquer en des centaines d’exemplaires), Laureline n’ayant pas l’air superficielle pour un sou et probablement capable de savoir que l’heure n’est pas au shopping quand une menace mortelle plane au-dessus de sa tête.
L’histoire de mariage est totalement lourdingue et inutile, pourquoi nous enquiquiner avec ça ? Je n’y ai pas cru une seconde (déjà, je pensais qu’ils étaient frère et sœur, ça partait mal…) et Laureline n’a pas l’air d’être davantage convaincue. Je veux dire, ils peuvent commencer par avoir une relation un peu plus intime avant de se marier, non ? Ou dans le futur, on retourne en arrière ? (Cette phrase ne veut rien dire si on l’analyse deux secondes, mais bon.)
On appréciera également le fait que c’est la compassion toute féminine de Laureline qui permet de sauver tout un peuple tandis que Valérian aurait préféré aller voir ses supérieurs car il est un soldat et fait ce qu’on lui dit (ce sont ses mots). Soit il va voir ses chefs, soit il fonce tête baissée sans réfléchir. Aah… ça c’est un homme.
Du côté des autres personnages féminins, c’est tout aussi édifiant. Nous avons une strip-teaseuse qui se sacrifie pour le héros (qui a toujours le temps d’un show quand sa collègue est prisonnière), une princesse qui se dandine insupportablement avant de mourir et une reine qui n’est pas grand-chose d’autre qu’une excroissance dans le dos de son mari. Des personnages aussi profonds, ça me fait fondre.
Dans la même veine, j’aurais aimé voir un autre capitaine qu’un humain systématiquement mâle et blanc (et probablement américain) accueillir les nouveaux arrivants sur Alpha, mais non, les siècles s’écoulent mais rien ne change. Voilà, des « détails » qui m’ont bien fait rager sur mon siège.
Il faut dire que l’intrigue m’en a laissé le temps puisque le « méchant » est identifiable à la minute où on pose les yeux sur lui. J’ai même eu le temps d’imaginer des scénarios alternatifs et plus surprenants, mais non, le coupable était bien celui qui a une gueule de méchant. D’ailleurs, est-ce une obligation de toujours utiliser des militaires dans les films de SF ? La suite des péripéties est globalement attendue (même si une ou deux sont bien trouvées) : fusillades, batailles, courses poursuites en vaisseau spatial, installation de bombes (arriveront-ils à arrêter le compte à rebours à temps ? le suspense est trop intense pour moi !)…
Passons sur le scénario et voyons les images mille fois vantées de ce film. Certes, c’est très travaillé, il y a des milliers de détails dans les plans des diverses cités… mais on n’a pas vraiment le temps de les voir. Je suis décidément peu touchée par les images bien léchées du numérique et les effets spéciaux qui éclatent dans tous les coins.
Je ne suis ni fan ni anti Besson, je suis allée voir ce film par curiosité, pour me faire mon propre avis, pour voyager un peu et parce que la musique de la bande annonce (« Because » des Beatles) me promettait une atmosphère mystérieuse, éthérée et originale, mais ça a été une déception. Le scénario est vide, prévisible et répétitif, les personnages sont classiques, les images ne méritaient pas tout le foin que l’on en a fait, et surtout, le sexisme vieillot qui saupoudre le tout m’a écœurée. Désillusion intersidérale.

  1. Les filles d’Avril (VO : Las hijas de Abril), de Michel Franco

Valeria est enceinte, et amoureuse. A seulement 17 ans, elle a décidé́ avec son petit ami de garder l’enfant. Très vite dépassée par ses nouvelles responsabilités, elle appelle à l’aide sa mère Avril, installée loin d’elle et de sa sœur. À son arrivée, Avril prend les choses en mains, et remplace progressivement sa fille dans son quotidien… Jusqu’à franchir la limite. (Allociné)

Les filles d'Avril (affiche)

Le portrait de la mère se dessine petit à petit. De mère possessive, elle se transforme sous nos yeux impuissants en mère malade, voleuse et manipulatrice. C’est un personnage qui m’échappe totalement. Je ne comprends pas qu’une mère puisse blesser sa propre fille volontairement et manquer ainsi d’amour (ce serait valable aussi pour un père bien sûr). Son comportement envers Clara, la ramenant sans cesse à son poids, n’est pas plus exemplaire. Le sujet est clairement original et l’histoire se déroule peu à peu, me laissant totalement incrédule devant cette mère totalement immorale et devant l’absence de réaction de ses filles qui se laissent faire, jusqu’à un certain point, Valeria finissant enfin par prendre les choses en main pour récupérer sa fille.
Soulignons que ce film présente un personnage masculin d’une passivité totale (fait suffisamment rare pour être souligné) : Matéo, le père de l’enfant, suit le mouvement et se fait manipuler par la mère, par la fille, par ses parents sans aucune protestation. Une vraie marionnette d’une naïveté incroyable. La lâcheté du père de Valeria est tout aussi remarquable.
Si ce n’est pas un coup de cœur, notamment à cause de la frustration générée par la mollesse de certains personnages, Les filles d’Avril n’en est pas moins une tragédie familiale perturbante à découvrir.

  1. Djam, de Tony Gatlif

Djam, une jeune femme grecque, est envoyée à Istanbul par son oncle Kakourgos, un ancien marin passionné de Rébétiko, pour trouver la pièce rare qui réparera leur bateau. Elle y rencontre Avril, une française de dix-neuf ans, seule et sans argent, venue en Turquie pour être bénévole auprès des réfugiés. Djam, généreuse, insolente, imprévisible et libre la prend alors sous son aile sur le chemin vers Mytilène. Un voyage fait de rencontres, de musique, de partage et d’espoir. (Allociné)

Djam (affiche)

Un film magnifique qui doit beaucoup à son actrice principale qui y est tout simplement parfaite. Daphne Patakia, alias Djam, y est incandescente. Une étincelle rieuse dans le regard, la musique chevillée au corps, elle fascine, éclate et détonne dans ce film plein de tendresse. Elle fait de l’ombre à Maryne Cayon (Avril) qui s’efface devant la fougue, la joie de vivre, la séduction et l’indépendance de sa lumineuse amie. Les autres personnages, Kakourgos en tête, sont tout aussi vrais et sympathiques. Malgré leur rudesse extérieure, ils sont unis et prêts à se serrer les coudes à chaque instant.
La musique y est entêtante et entraînante. Impossible de sortir de la salle sans avoir envie de danser (même quand on n’est pas danse pour un sou comme moi). Tous semblent aimer passionnément la musique qui fait partie de leur quotidien. J’ai découvert le rébétiko, une très belle musique dont les chants touchent au cœur. Cela me rappelle les films d’Emir Kusturica dont la musique m’accompagne généralement pendant des jours après les avoir vus (qu’est-ce que j’ai pu écouter la BO d’Underground !).
Djam est un film grave, dont les sujets sont sérieux (les difficultés de la Grèce, la pauvreté, la crise, l’exil), mais les actrices, les acteurs et la musique permettent de ne pas tomber dans le tragique et le désespéré.
Un film sublime, une actrice éblouissante, une musique hypnotisante, Djam est un immense coup de cœur !

  1. La Planète des Singes : Suprématie (VO : War of the Planet of the Apes), de Matt Reeves

Dans ce volet final de la trilogie, César, à la tête des Singes, doit défendre les siens contre une armée humaine prônant leur destruction. L’issue du combat déterminera non seulement le destin de chaque espèce, mais aussi l’avenir de la planète. (Allociné)

La planète des singes (affiche)

Pour moi qui suis souvent déçue par les blockbusters, La Planète des Singes aura été une très bonne trilogie de science-fiction. Intelligente et touchante. Et saisissante de réalisme. Les singes y sont magnifiques, souvent bien plus remplis d’émotions – amour, douleur, compassion – que les humains. J’avoue avoir été de leur côté dès les premiers instants et j’ai détesté les morts régulières dans leurs rangs (quand ce sont des soldats qui meurent, je m’en fiche comme d’une guigne, mais dès qu’il y a un animal en jeu – qu’il soit singe, chien, chat ou je ne sais quoi – je suis révoltée d’assister à sa mise à mort. Oui, je m’implique beaucoup dans les films.) Andy Serkis peut être félicité pour ce rôle car, par ses expressions, il donne vie à un leader véritablement charismatique qui nous permet de croire – pour la durée du film tout du moins – que César existe réellement.
La nature, les images, tout y est magnifique. Je remercie également le réalisateur d’avoir évité l’écueil fréquent des blockbusters : les batailles qui n’en finissent pas avec explosions dans tous les coins. La trilogie aura clairement mis l’accent sur les relations entre les singes ou entre les singes et les humains (qu’elles soient positives ou négatives) et c’est extrêmement appréciable. Si je regrette la rareté des personnages féminins dans la trilogie, j’ai néanmoins beaucoup aimé les nouveaux personnages introduits par cet épisode. L’un apporte du rire (le petit singe qui m’a parfois rappelé Gollum) et l’autre de la douceur (la petite fille muette : la relation qu’elle noue avec les grands singes est incroyablement traitée).
Un dernier opus plus sombre et plus froid – et peut-être meilleur que les précédents opus – qui réussit un savant mélange d’action, de tension, d’humour et de tendresse, bouclant ainsi une trilogie qui repart avec les honneurs.
Maintenant, je vais pouvoir lire le roman de Pierre Boulle qui doit traîner quelque part parmi mes livres à lire.

  1. Les Proies (VO : The Beguiled), de Sofia Coppola

En pleine guerre de Sécession, dans le Sud profond, les pensionnaires d’un internat de jeunes filles recueillent John MacBurney, un soldat blessé du camp adverse. Alors qu’elles lui offrent refuge et pansent ses plaies, l’atmosphère se charge de tensions sexuelles et de dangereuses rivalités éclatent. Jusqu’à ce que des événements inattendus ne fassent voler en éclats interdits et tabous. (Allociné)

Les Proies (affiche)

Le film passe à une vitesse folle, je n’ai pas vu les 90 minutes filer. Cela, c’est surtout grâce aux différentes actrices que l’on le doit. Elles sont excellentes et les traits de caractère de chacune, leurs désirs, leurs névroses se dessinent rapidement (on peut d’ailleurs regretter qu’elles soient figées dans leur rôle). La mise en scène est également très réussie, la lumière est belle et on sent bien le déclin et la monotonie qui frappent ce pensionnat.
Il y a toutefois un point qui me pose question. Ce film est un remake de celui du même nom réalisé en 1971 par Don Siegel. Il s’agit d’une copie presque en tout point. Si certains éléments ont été supprimés (l’esclave noire du pensionnat, la rencontre entre MacBurney et des soldats sudistes, la relation incestueuse entre la directrice et son frère, etc.), globalement tout est identique : les situations, les dialogues, les traits de caractères des pensionnaires et de leurs responsables… Du coup, je m’interroge toujours sur le pourquoi de refaire la même chose. Certes, l’esthétique soignée de Coppola redonne un petit coup de jeune au film, mais cela ne suffit pas pour me convaincre. Elle travaille un peu plus sur l’ambiguïté du personnage de MacBurney : chez Don Siegel, Clint Eastwood n’était clairement pas innocent et beaucoup plus antipathique que Colin Farrell. Pourtant, le film échoue à créer l’ambiance véritablement empoisonnée et pesante qu’il aurait pu avoir.
Les Proies n’est pas un mauvais film, il est en outre très beau à regarder, mais il ne restera pas longtemps dans mes annales.

  1. Petit paysan, d’Hubert Charuel

 Pierre, la trentaine, est éleveur de vaches laitières. Sa vie s’organise autour de sa ferme, sa sœur vétérinaire et ses parents dont il a repris l’exploitation. Alors que les premiers cas d’une épidémie se déclarent en France, Pierre découvre que l’une de ses bêtes est infectée. Il ne peut se résoudre à perdre ses vaches. Il n’a rien d’autre et ira jusqu’au bout pour les sauver. (Allociné)

Petit paysan (affiche)

Petit paysan, c’est une tranche de vie, c’est un drame psychologique, c’est un film social, c’est vrai, c’est un bijou. Ce film, ça a été un moment incroyable. Swann Arlaud incarne à merveille Pierre, ce petit paysan, fou de ses bêtes auxquelles il tient comme à la prunelle de ses yeux. Swann Arlaud est plus que crédible, il est époustouflant. Il retient les émotions, n’en fait jamais trop, même dans les moments les plus durs. Bref, il est tout en sobriété, laissant simplement affleurer les émotions sur son visage si particulier. J’adore les visages comme le sien (comme celui de Nahuel Perez Biscayart dans 120 battements par minutes, une claque dont je ne vous parlerai que le mois prochain malheureusement : en attendant, allez voir ce film !), ils me touchent, ils me parlent, ils me font chavirer, et, oh joie ! il est à l’écran à chaque instant ou presque.
Pour l’épidémie, écho de la vache folle, une maladie a été inventée : la FHD, la Fièvre Hémorragique Dorsale. Une maladie très visuelle avec ces épines dorsales qui deviennent poisseuses de sang. Pierre est prêt à tout pour éviter le sort réservé aux bêtes d’une exploitation contaminée (il pourra d’ailleurs compter un temps sur sa sœur, vétérinaire, jouée par Sara Giraudeau, parfaite). Et, pauvre spectatrice, je me suis mise à avoir peur pour ces créatures si douces (de toute façon, je déteste quand des animaux sont tués). A plusieurs moments, on ressent leur détresse et leur souffrance, comme si elles étaient humaines, et leurs meuglements m’ont fendu le cœur.
Parlons-en un peu d’ailleurs. Sous leurs robes noires et blanches, les vaches sont magnifiques. La caméra est met en valeur, souligne la longueur de leurs cils, caresse leur poil brillant, flatte leur côtes. On ressent l’amour que Pierre leur porte, il est attentionné, il les connaît par cœur. Ses méthodes de production sont bien éloignées de celles de son ami qui a délégué à un robot les tâches que Pierre effectue à la main.
Il faut dire que Pierre n’est pas le seul à respecter les animaux. Car quelqu’un d’autre les connaissait bien pendant le tournage. Il s’agit du second atout de ce film, outre le talent de Swann Arlaud : son réalisateur. Car Hubert Charuel sait de quoi il parle. Fils d’éleveurs de vaches laitières, il connaît leur quotidien, leurs difficultés, les bêtes et la peur d’une épidémie. Il a d’ailleurs utilisé la ferme familiale comme lieu de tournage. De son enfance, de sa famille, il tire un premier film touchant et sublime sur le monde rural.
Si vous avez encore un doute, Petit paysan est un coup de cœur.

En avez-vous vu certains ? Si oui, qu’en avez-vous pensé ? Avez-vous d’autres recommandations à me faire ?
Sur ce, je vous souhaite un beau mois de septembre dans les salles de cinéma !

12 réflexions au sujet de « La parenthèse 7ème art – Août 2017 »

  1. J’avais adoré Une femme fantastique !! Un vrai bijou selon moi !
    Je voulais voir Valerian, mais vu les avis négatifs : NOPE .
    Tu m’as convaincue avec Petit Paysan !!

    • Ils sont géniaux, tous les deux ! Je te les conseille complètement. Par contre, il y a un effet secondaire à Djam : elle donne envie de danser et de se mettre au rébétiko pendant quelques heures ! ^^

  2. Voila qui me fait regretté de n’être pas allée plus au cinéma ce mois ci… donnez moi plus de temps!!! Bon pour Valerian je n’ai pas tenté de perdre une séance à aller le voir, il semble par contre qu’il a fort bien marché auprès des plus jeunes.

  3. Aaah boon, je crois que je passerai mon tour pour Valérian hein^^
    Par contre Djam me tente beaucoup (et 120 battements par minute aussi, mais celui-ci c’est déjà prévu que j’aille le voir donc ça compte pas^^)
    J’aime beaucoup tes billets qui donnent envie de foncer au cinéma ! =)

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