Le maître du Haut-Château, de Philip K. Dick (1962)

Le maître du Haut-Château (couverture)Nous sommes dans les années 1960 et cela fait vingt ans que l’Axe a gagné la Seconde Guerre mondiale. L’Ouest des Etats-Unis vit sous la domination des Japonais et tous les habitants – de Robert Chidan, vendeur d’objets de collection, à Frank Frink, ouvrier – consultent régulièrement le Yi King, un guide spirituel d’origine nippone qui leur annonce de grands changements. Mais un autre livre fait également beaucoup parler de lui, Le poids de la sauterelle, qui raconte un monde où les Alliés auraient vaincus.
J’aurais bien du mal à vous expliquer davantage l’intrigue car il ne se passe en réalité pas grand-chose !

Cette uchronie est plus effrayante que bon nombre de romans de science-fiction car elle se nourrit du passé, des atrocités de l’Histoire, des horreurs de l’idéologie nazie. Les régions du monde dominées par l’Allemagne connaissent des exterminations (des Noirs, des Slaves, des Juifs) ainsi que des campagnes de stérilisation ; l’esclavage a été réhabilité partout.
A l’inverse, les Japonais sont presque de gentils occupants ! Ils sont civilisés, il y a de nombreux commerces et échanges avec les populations locales, ils ont apportés leur art de vivre. Entre les Japonais et les Allemands, des intrigues et des manigances semblent apparaître, une méfiance naît entre les anciens alliés. Comme une Guerre Froide alternative.

Les cent premières pages ont été difficiles, j’ai vraiment eu du mal à rentrer dedans. Les personnages sont relativement bien campés, mais ils ont tous une certaine langueur, ils sont tous un peu mous, passifs. En attente de quelque chose. Et j’attendais aussi un déclic, un mouvement dans l’action. De plus, la majorité des personnages ne se rencontre jamais, ce qui m’a surprise. Ils se croisent parfois, mais se parlent ou interagissent rarement.
Finalement, je me suis laissée prendre au rythme de cette lecture, mais c’est avant tout la curiosité qui m’a poussée à tourner les pages. Où va-t-on ? Comment cette histoire va-t-elle finir ?
Malheureusement, j’ai trouvé que la fin et la révélation, l’explication finale, tombaient complètement à plat. Après le dernier chapitre, la seule pensée que j’avais en tête était : « Et… c’est tout ? » Je pense que c’est un roman qui a un peu vieilli et que nous sommes habitués à plus de mouvement, plus de suspense. Mon édition était enrichie d’une postface et des deux chapitres d’une suite inachevée. Or, j’ai presque trouvé plus d’intérêt dans ces deux petits chapitres que dans le roman en lui-même !

Deux livres sont omniprésents dans ce roman : Le Poids de la sauterelle, uchronie dans l’uchronie qui raconte un monde dans lequel les Alliés ont gagné la guerre, et le Yi King, guide spirituel, méthode pour prédire l’avenir, oracle oriental. Tout le monde l’utilise dans la partie japonaise du monde et j’ai découvert dans la postface que le Yi King existait vraiment et que Philip K. Dick l’avait lui-même utilisé pendant longtemps. En revanche, en dépit des explications de l’auteur, je n’ai pas vraiment réussi à visualiser la méthode de tirage, j’ai donc dû me renseigner à côté.

J’ai vraiment du mal à me faire un avis sur ce livre que je placerais dans la catégorie – heureusement peu fournie – des « Euh ?… » comme je le disais dans mon « C’est le 1er, je balance tout ». L’action est presque inexistante, j’ai un peu de mal à voir ce qui a rempli les 340 pages du roman. Je dois donc lire d’autres romans ou nouvelles de Philip K. Dick pour me faire un avis plus clair.

 « Nous vivons dans un monde psychotique.
Les fous sont au pouvoir. Depuis quand en avons-nous la certitude ?
Depuis quand affrontons-nous cette réalité ? Et… combien sommes-nous à le savoir ?
 »

Le maître du Haut-Château (VO : The Man in the High Castle), Philip K. Dick. J’ai Lu,coll. Nouveaux Millénaires, 2012 (1962 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Michelle Charrier. 379 pages.

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6 réflexions au sujet de « Le maître du Haut-Château, de Philip K. Dick (1962) »

  1. Je n’ai jamais lu de PK Dick mais d’après les quelques retours que j’ai déjà eu, j’ai l’impression qu’effectivement, ça a plutôt mal vieilli ! Ce qui est dommage parce que les pitchs de départ sont souvent hyper intéressants 😀

    • Mais oui, les idées sont trop bonnes ! Après, je ne baisse pas les bras car j’ai deux collègues actuellement (une fille et son père d’ailleurs) qui adorent cet auteur et qui me l’ont vendu avec tellement d’enthousiasme que j’ai encore envie d’y croire ! Donc je lui laisserai encore une chance, mais avec des nouvelles, je pense.

  2. J’ai vu le premier épisode de la série, j’ai voulu acheté le livre mais je l’ai finalement reposé en hésitant s’il allait me plaire ou pas, du coup je ne pense pas l’acheter maintenant vu qu’il a vieilli…

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