Génération K, tomes 1 et 2, de Marine Carteron (2016-2017)

  • Tome 1

Génération K, tome 1 (couverture)Kassandre, Mina, Georges. Une fille d’aristocrates, une fille de domestique et un fils d’on-ne-sait-trop-qui. Apparemment, ils n’ont pas grand-chose en commun, pourtant leur sang est unique. Tout comme leurs pouvoirs qui attisent bien des convoitises.

En commençant ma lecture, j’ai eu la surprise de découvrir que Marine Carteron allait apparemment revisiter un mythe bien connu. En effet, la Roumanie, le retour d’un Maître vieux de plusieurs millénaires, le nom de famille de Kassandre (Elisabeth Báthory, accusée d’avoir assassinée plusieurs jeunes femmes, était surnommée la « comtesse Dracula »), tout cela s’est rapidement assemblé pour faire clignoter le mot « VAMPIRE » sous mon crâne. N’ayant rien lu sur la trilogie et bien que je me sois posée la question en découvrant la couverture du volume 2, j’ai été surprise mais curieuse de découvrir la suite.

Ce premier tome, qui assure la mise en place de l’histoire, est riche en découvertes et en révélations pour ces trois héros. Leur vie est bouleversée, mais ce ne sera que dans le second tome que l’on découvrira à quel point. Entre manipulations génétiques, course poursuite entre la Suisse et l’Italie (on fait aussi un tour dans le Jura, vers chez moi !) et pouvoirs mortels, cette nouvelle trilogie s’annonce bien plus sombre que la précédente. L’écriture de Marine Carteron est en rouge et noir. On ressent une pulsation, une musique de vie et, en même temps, une noirceur hypnotisante. La vie, la mort, le sang, tout se mêle.

Trois personnages, trois voix, trois points de vue sur les événements. Le fait de passer d’un personnage à l’autre ne fait qu’amplifier le côté page-turner du roman. On veut sans cesse avoir la suite de ses aventures, de ses découvertes, de ses réflexions. Aux pensées de Ka et Georges et au cahier de Mina s’ajoute une quatrième voix. Celle d’un cauchemar qui n’en est peut-être pas vraiment un…
Si je n’ai pas encore eu de coup de cœur pour l’un des personnages (comme j’ai pu en ressentir un à l’égard de Césarine dans Les Autodafeurs), j’apprécie énormément leur côté anti-héros. Ka a un caractère rock’n’roll qui envoie du lourd (surtout au milieu de sa famille d’aristo), mais elle est aussi exaspérante parfois avec ses caprices, Mina semble toute douce et toute fragile, mais je ne doute pas qu’elle cache bien son jeu, et la puissance rassurante de Georges est contrebalancée par son inquiétant pouvoir.
D’ailleurs, ces pouvoirs… Dangereux, mais tellement fascinants. S’agit-il un don ou une malédiction ? Ce dragon que Georges appelle « ma bête noire » ou « ma sombre amie », est-il un ami ou un ennemi ? Leurs pouvoirs grandissent rapidement, mais je pressens qu’ils n’en sont qu’à leurs balbutiements et j’ai hâte de découvrir leurs véritables capacités.

Humanité menacée, manipulations génétiques illégales, réveil d’un Maître en colère… Sans aucun doute, la trilogie Génération K s’annonce très différente de celle des Autodafeurs, mais tout aussi haletante et addictive.

 « La terre souffre, elle hurle sa douleur, sa rage et son malheur.
La terre se meurt, la terre étouffe et sa rage nourrit ma colère.
Hommes impudents, larves immondes, qu’avez-vous fait ?
Cette planète que vous deviez fouler avec respect, caresser avec douceur, aimer comme une mère nourricière, que lui faites-vous subir ?
Hommes, enfants stupides, que faites-vous ?
Vous étiez là pour glorifier la vie et vous ne faites que la détruire.
Immonde humanité, capricieuse, avide, égoïste.
Qu’ai-je fait en vous donnant la vie ? » 

  • Tome 2 (attention, risque de SPOILERS si vous n’avez pas lu le premier tome !)

Génération K, tome 2 (couverture)Kassandre, Mina et Georges sont enfin réunis… sur les flancs d’un Vésuve apparemment en colère. Ils savent à présent qu’ils doivent rejoindre le quatrième Génophore, porteur comme eux de six chromosomes K, mais leurs ennemis ne sont pas loin. Et quelle est cette voix qui leur parle et les appelle dès qu’ils ferment les yeux ? Quelles sont ces étranges visions vieilles de plusieurs milliers d’années qui remontent à la surface ?

Ça y est, le Maître est prêt à revenir, mais sa colère est immense. Marine Carteron revisite le mythe du vampire en le dépoussiérant un peu. Nous ne sommes pas dans un roman gothique et l’autrice se paie même le luxe d’ironiser sur l’œuvre de Bram Stocker :
« Au fil des siècles, nombreuses furent les légendes tissées autour de l’existence du Maître, mais aucune n’est aussi ridicule que celle écrite par Bram Stocker.
Le soi-disant roi des vampires… Si les amateurs de Dracula pouvaient voir la couverture made in China qui le recouvre et les petits rideaux en mauvaise dentelle accrochés au hublot de la cabine dans laquelle il est allongé, je pense que ça les décevrait beaucoup… certainement autant que son aspect qui est encore celui d’un vieillard repoussant. »

Elle nous ramène également aux origines de l’humanité et nous fait voyager à travers l’Histoire. J’ai été captivée par les quatre Génophores. On découvre peu à peu leur passé, leur rencontre avec le Maître. Cette idée de réincarnation et de mémoires millénaires m’a fascinée (alors qu’autrement, je n’y crois pas du tout). Les noms donnés aux différents personnages nous ramène à leur passé primitif avec poésie : le Chasseur de dragons et la Danseuse de taureaux, Celle qui écoute et Celui devant lequel tous se courbent… Comme dans Les Autodafeurs, Marine Carteron crée sa propre mythologie et réécrit l’Histoire sous un angle nouveau.
Alors que leurs vies passées se réveillent en même temps que le Maître, les quatre Génophores grandissent, mûrissent et s’acceptent (je ne dirai pas de quelle façon pour ne spoiler personne). Confrontés à des dangers toujours plus grands, ils deviennent de plus en plus intéressants en tentant de s’opposer à une destinée qui semble écrite par avance

La plume de Marine Carteron est toujours aussi diaboliquement efficace et nous plonge dans un thriller fantastique qui confronte science et croyance sur fond de pandémie et d’eugénisme. Ce second tome est encore plus prenant que le premier, alors la suite, vite !

> Ma critique de Génération K, tome 3

« Peu importe, de même que mon pouvoir a augmenté au point de me permettre d’influer sur les rythmes cardiaques, et de lire les émotions des personnes qui m’entourent, je suis certaine d’être capable de recréer à loisir ma musique intérieure. C’est assez logique : après tout, quelle différence y a-t-il entre la vie et la musique ?
Aucune.
Nous ne sommes que pulsations, battements de cœur, pouls, respirations, modulations, souffles et influx électriques.
Notre corps est un instrument, son fonctionnement une harmonie et moi j’en suis le chef d’orchestre. »

Génération K, tome 1, Marine Carteron. Rouergue, coll. Epik, 2016. 302 pages.
Génération K, tome 2, Marine Carteron. Rouergue, coll. Epik, 2017. 377 pages.

Tome 1
Challenge Les Irréguliers de Baker Street – 
Une Etude en Rouge 

lire un livre dont la couverture est à dominante rouge

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9 réflexions au sujet de « Génération K, tomes 1 et 2, de Marine Carteron (2016-2017) »

  1. Je n’ai pas lu la deuxième partie de ta chronique, mais en tout cas le fait d’en savoir plus sur cette saga me donne davantage envie de la découvrir 😀
    Les Autodafeurs sont dans ma pile à lire donc je les lirai peut-être d’abord cependant 🙂

  2. Alors ça y est, on est à égalité 😀 J’espérais que tu accroches, je n’ai plus de soucis à me faire apparemment !
    Comme tu le dis si bien, c’est assez dingue de voir toute la mythologie que l’auteure a su créer. Encore plus surprenant : j’ai été très surprise d’accrocher autant à ces idées de réincarnations, dont autrement, je me moque pas mal…
    Bref, vivement le troisième tome, la saga est tellement addictive !

    • Ouiii, qu’il sorte et vite !
      Je ne m’en faisais pas vraiment, quoique ça aurait pu arriver si j’avais su qu’il y avait une sorte de vampire et des réincarnations… Et en fait, c’est juste génial !

  3. Je n’ai pas lu cette série ni celle des Autodafeurs, mais cette réécriture du mythe de dracula (si j’ai tout compris) à l’air vraiment addictive. Faut que j’aille voir ça.

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