Rendez-vous au cinéma ! – Mars 2017

Douze films vus au cinéma ce mois-ci !

  1. 20th Century Women, de Mike Mills

Santa Barbara, été 1979. L’époque est marquée par la contestation et d’importants changements culturels. Dorothea Fields, la cinquantaine, élève seule son fils Jamie. Elle décide de faire appel à deux jeunes femmes pour que le garçon, aujourd’hui adolescent, s’ouvre à d’autres regards sur le monde : Abbie, artiste punk à l’esprit frondeur qui habite chez Dorothea, et sa voisine Julie, 17 ans, aussi futée qu’insoumise… (Allociné)

20th Century Women (zffiche)

20th Century Women trace le portrait de cinq personnages (trois femmes de générations différentes, un adolescent et un homme), mais également celui d’une époque, nous ramenant ainsi quarante ans en arrière. C’est également un film initiatique sur l’adolescence, les questions, les doutes qui marquent cette période de la vie de chacun.e. J’ai beaucoup apprécié son côté féministe, très affirmé. Une histoire très humaine, très juste, qui souffre cependant de quelques longueurs. En outre, il manque aussi un petit quelque chose, une petite étincelle, pour qu’il soit davantage qu’un bon film, à voir une fois.

  1. Je danserai si je veux, de Maysaloun Hamoud

Layla, Salma et Nour, 3 jeunes femmes palestiniennes, partagent un appartement à Tel Aviv, loin du carcan de leurs villes d’origine et à l’abri des regards réprobateurs. Mais le chemin vers la liberté est jalonné d’épreuves… (Allociné)

Je danserai si je veux (affiche)

Un très beau film porté par trois actrices sublimes de force et de vie. Elles sont différentes – notamment Nour qui arrive en ville portant sur ses épaules tout le poids des traditions et de la religion – mais néanmoins leurs rêves se rejoignent et l’amitié se met en place. Elles veulent une autre vie, une vie libre qu’elles pourraient mener comme elles le souhaitent. Désir qui semble normal pour une Française et qui, pourtant, leur est sans cesse refusé. Elles tentent de faire tomber les barrières du système patriarcal en place, ce carcan conservateur qui enferme une moitié de la population sous prétexte qu’elle est née femme. J’en suis sortie révoltée, indignée contre ce sexisme toujours présent, contre ces religions qui semblent tout justifier, contre ces injustices. Je danserai si je veux sort le 12 avril et je ne peux que vous le conseiller.

  1. Split, de M. Night Shyamalan

 Kevin a déjà révélé 23 personnalités, avec des attributs physiques différents pour chacune, à sa psychiatre dévouée, la docteure Fletcher, mais l’une d’elles reste enfouie au plus profond de lui. Elle va bientôt se manifester et prendre le pas sur toutes les autres. Poussé à kidnapper trois adolescentes, dont la jeune Casey, aussi déterminée que perspicace, Kevin devient dans son âme et sa chair, le foyer d’une guerre que se livrent ses multiples personnalités, alors que les divisions qui régnaient jusqu’alors dans son subconscient volent en éclats. (Allociné)

Split (affiche)

L’histoire en elle-même est fascinante. 23 personnalités cohabitant dans un seul corps, une 24e en approche. Et ceci est d’autant plus fascinant que le film de Night Shyamalan est inspirée de l’histoire de Billy Milligan (1955-2014) qui abritait lui aussi 24 personnalités. D’ailleurs Daniel Keyes (l’auteur du génial Des Fleurs pour Algernon) a écrit un livre à ce sujet intitulé Les Mille et une vies de Billy Milligan en rencontrant toutes les personnes impliquées dans l’affaire… y compris les 24 personnalités de Billy.
J’ai bien aimé la première partie du film avec la découverte des personnalités de Kevin. J’aurais aimé toutes les connaître, constater leurs différences (de caractère, de métabolisme, etc.), mais finalement… cinq (en comptant très large) sont exploitées et c’est bien dommage (surtout quand on te met les 23 personnalités en avant sur l’affiche et dans la bande-annonce). Le réalisateur se concentre seulement sur quelques-unes pour nous permettre de les découvrir en profondeur, ce qui est moyennement réussi (pourquoi Hedwig, gamin de neuf ans, a le pouvoir dans la tête de Kevin ? pourquoi vingt personnalités, certaines étant particulièrement intelligentes, se sont laissées dominer par trois autres (dont Hedwig) ?). Cependant, James McAvoy est génial, se métamorphosant subtilement en changeant sa voix, son regard, sa posture. Ainsi l’angoisse des trois prisonnières et du spectateur fluctue en fonction de quelle personnalité « prend la lumière ».
En revanche, la suite m’a parue longue et poussive. L’arrivée de La Bête (la transformation en monstre ne m’a pas convaincue…), les poursuites dans des couloirs mal éclairés, les meurtres, c’était décevant. On part d’une pathologie mal connue, controversée, passionnante qui interroge sur ce dont le cerveau est capable et… le tout se transforme en pseudo film d’horreur au scénario typiquement américain et totalement prévisible. Un véritable gâchis du potentiel de l’histoire et un peu une déception donc.

  1. T2 Trainspotting, de Danny Boyle

D’abord, une bonne occasion s’est présentée. Puis vint la trahison.
Vingt ans plus tard, certaines choses ont changé, d’autres non. Mark Renton revient au seul endroit qu’il n’ait jamais considéré comme son foyer. Spud, Sick Boy et Begbie l’attendent.
Mais d’autres vieilles connaissances le guettent elles aussi : la tristesse, le deuil, la joie, la vengeance, la haine, l’amitié, le désir, la peur, les regrets, l’héroïne, l’autodestruction, le danger et la mort. Toutes sont là pour l’accueillir, prêtes à entrer dans la danse…
(Allociné)

T2 Trainspotting (affiche)

J’avais adoré Trainspotting, le premier, sorti en 1996 (et découvert en 2017), je suis donc allée voir sans trop tarder ce second opus, tourné vingt ans après par le même réalisateur avec les mêmes acteurs. Et le plaisir a été au rendez-vous ! Pour plusieurs raisons, j’ai trouvé cette suite excellente :

  • pour les retrouvailles avec Mark, Spud (Spud me fait beaucoup rire en plus de m’attendrir terriblement), Sick Boy et Begbie le psychopathe: le quatuor composé d’Ewan McGregor, Ewen Bremner, Jonny Lee Miller et Robert Carlyle est toujours en forme et toujours aussi convaincant ;
  • pour l’humour et le rythme du film ;
  • pour la bande-son géniale ;
  • pour l’histoire en elle-même.

L’histoire a d’ailleurs un peu changée. Si l’héroïne était véritablement au cœur du premier film, elle est ici secondaire, notamment parce qu’elle est moins consommée (à part par Spud. Bon, Sick Boy, de son côté, est accro la coke). Le cœur du film est le retour de Mark au pays après avoir arnaqué ses copains avec toutes les rancœurs que cela ranime, tous les souvenirs d’amitié que cela ravive, tous les désirs de vengeance que cela suscite… Bien que tout de même beaucoup plus sage que l’original qui comportait son lot de scènes à la fois trash et déjantées, T2, de pari risqué, est devenu aujourd’hui un pari réussi.

  1. Noces, de Stephan Streker

Zahira, belgo-pakistanaise de dix-huit ans, est très proche de chacun des membres de sa famille jusqu’au jour où on lui impose un mariage traditionnel. Ecartelée entre les exigences de ses parents, son mode de vie occidental et ses aspirations de liberté, la jeune fille compte sur l’aide de son grand frère et confident, Amir. (Allociné)

Noces (affiche)

Oui, après Je danserai si je veux, encore un film où l’histoire est totalement désespérante et frustrante tant elle semble nous dire que rien ne bouge, que rien ne change et que les femmes seront toujours confrontées à l’injustice et l’inégalité. Différents points de vue sur ce mariage forcé nous sont exposés au cours du film : celui des parents qui exigent ce mariage pour ne pas perdre leur honneur, celui de la grande sœur résignée après avoir elle-aussi connu cette situation, celui d’Aurore, l’amie de Zahira, qui porte sur cette tradition le même regard révolté et abasourdi que moi (et qui bénéficie de l’appui de son père pour soutenir Zahira) ou encore celui du frère un peu perdu entre ces volontés contradictoires. Je n’arrive décidément pas à comprendre des personnages (des personnes même) comme la mère ou la grande sœur qui, ayant été forcées à épouser un homme qu’elles ne connaissaient pas, se liguent à leur tour pour imposer cette tradition aux générations suivantes. Les acteurs et actrices sont excellents. Notamment la lumineuse Lina El Arabi qui interprète le rôle de Zahira et qui est tout simplement sublime. D’ailleurs, la caméra ne s’y trompe pas et ne la quitte guère du regard. Un très beau film qui, s’il reste assez prévisible au niveau de l’histoire (et d’autant plus si l’on connaît le fait divers dont il s’inspire, ce qui n’était pas mon cas), dénonce une situation à la fois terrible et encore banale dans de nombreux pays.

Mustang (couverture)

Petit aparté pour vous dire deux mots sur un film magnifique sur le même sujet que j’ai adoré au cinéma et que j’ai adoré à nouveau quand je l’ai revu en DVD il y a quelques jours : Mustang de Deniz Gamze Ergüven. Ce film sorti en 2015 raconte l’histoire de cinq sœurs élevées par leur grand-mère dans un petit village turc. Pour fêter la fin de l’année scolaire, les cinq filles se rendent à la plage et jouent avec des garçons. Scandale au village et la joyeuse maison familiale se transforme en prison tandis que la famille commence à arranger au plus vite le mariage des impudentes. Les cinq actrices sont éblouissantes et, faisant souffler sur le film et leur village un vent de rébellion, offrent à cette histoire toute la force qu’elle méritait. Les cinq sœurs sont différentes, elles ont chacune leur caractère (plus ou moins fort) et, toutes à leurs rêves de liberté, elles tentent à leur façon de s’affranchir des barrières qui barrent leur chemin pour trouver leur bonheur. L’histoire est extrêmement subtile et réaliste, les filles sont à la fois drôles, entraînantes et bouleversantes, le film en lui-même est superbe et c’est un véritable coup de cœur que je vous conseille vraiment !

  1. Chez nous, de Lucas Belvaux

Pauline, infirmière à domicile, entre Lens et Lille, s’occupe seule de ses deux enfants et de son père ancien métallurgiste. Dévouée et généreuse, tous ses patients l’aiment et comptent sur elle. Profitant de sa popularité, les dirigeants d’un parti extrémiste vont lui proposer d’être leur candidate aux prochaines municipales. (Allociné)

Chez nous (affiche)

Je sais qu’il y a eu bon nombre de polémiques autour de ce film avant même qu’il ne sorte en salles, mais je n’y ai pas tellement prêté attention. C’est pourquoi je suis arrivée sans idées préconçues au cinéma. Le propos du film reste malheureusement très concret. Au programme : endoctrinement, populisme, dédiabolisation grâce à un visage connu et souriant… Pourtant, les personnages, quelle que soit leur opinion, ne sont jamais jugés par le réalisateur. L’écriture est vraiment fine par cet aspect-là et les acteurs particulièrement convaincants, d’André Dussolier en manipulateur de l’ombre à Anne Marivin en sympathisante en passant par Emilie Dequenne, simple et proche des gens.. Cependant, je ne ressors pas avec l’impression d’avoir découvert quelque chose. Que la politique soit affaire de manipulation, on le savait déjà… Un film engagé et malheureusement très évocateur…

  1. Les figures de l’ombre, de Theodore Melfi

Le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Maintenues dans l’ombre de leurs collègues masculins et dans celle d’un pays en proie à de profondes inégalités, leur histoire longtemps restée méconnue est enfin portée à l’écran. (Allociné)

Les figures de l'ombre (affiche)

Il n’y a pas longtemps, Pénélope Bagieu a publié les deux premiers tomes des Culottées qui dévoilent le destin de femmes fortes qui ont marqué leur domaine, qu’il soit scientifique, artistique ou autre. Voilà un film qui, à son tour, nous prouve que oui, les femmes ont participé à écrire l’histoire, même si elles ont longtemps été maintenues dans l’ombre. C’est important de raconter ces histoires à travers des livres ou des films comme Les Culottées ou Les figures de l’ombre. Et à travers ses trois femmes qui évoluent dans une Amérique ségrégationniste et un univers majoritairement masculin, on peut également saluer le courage de toutes les femmes, femmes noires qui plus est, qui, à chaque pas de leur vie, devaient faire leurs preuves, redresser la tête et continuer à avancer. Les trois actrices forment un trio magnifique, rayonnant d’intelligence, de ténacité, de bonne humeur et d’espoir. Et gare à ceux, Blancs ou Noirs, qui tenteront de les décourager. Les figures de l’ombre est décidément un film instructif et intéressant, avec en plus une pointe d’humour de-ci de-là.

  1. Logan, de James Mangold

Dans un futur proche, un certain Logan, épuisé de fatigue, s’occupe d’un Professeur X souffrant dans un lieu gardé secret à la frontière Mexicaine. Mais les tentatives de Logan pour se retrancher du monde et rompre avec son passé vont s’épuiser lorsqu’une jeune mutante traquée par de sombres individus va se retrouver soudainement face à lui. (Allociné)

Logan (affiche)

Généralement, face à un film de super-héros (qu’il soit Marvel ou DC Comics), soit je n’aime pas, soit je trouve ça bien pour le jour où tu n’as pas trop envie de te prendre la tête. Jusque-là, seul Batman : The Dark Knight avait réussi à sortir du lot grâce à la performance d’Heath Ledger en Joker. Mais là, avec Logan, j’ai été agréablement surprise. J’aime bien certains films X-men et j’en déteste d’autres (à l’image du dernier sorti, Apocalypse). Si l’histoire ne se démarque pas par son originalité, c’est son ambiance qui m’a plu. Drôlement plus sombre que tous les autres films du genre. Wolverine n’est plus la bête indestructible qu’il était auparavant, il est malade, fatigué et n’a plus tous les réflexes de sa jeunesse. Et ne parlons pas du professeur X. Bref, l’atmosphère est sombre et triste, c’est la fin. Mais il y a quand même de l’action et Wolverine a l’occasion de se servir de ses griffes. Beaucoup plus que dans les films précédents si mes souvenirs sont bons. A l’instar de sa nouvelle protégée, Laura, avec qui il nouera une relation touchante, jouée avec beaucoup de sobriété. Précisons que la petite Dafne Keen y est impressionnante et attire le regard ! Elle parle peu, mais son regard et son visage en disent long. Violence, poussière, fin d’une époque, Logan se démarque définitivement des autres films Marvel.

  1. 1:54, de Yan England

À 16 ans, Tim est un jeune homme timide, brillant, et doté d’un talent sportif naturel. Mais la pression qu’il subit le poussera jusque dans ses derniers retranchements, là où les limites humaines atteignent le point de non-retour. (Allociné)

1:54 (affiche)

Assez mauvais ce résumé, je trouve. En se fiant seulement à cela, on pense que le film parle essentiellement de sport (la bande annonce aussi met surtout l’accent sur cet aspect) et on se retrouve comme moi à tomber des nues en découvrant que le sujet est le harcèlement scolaire. 1:54 raconte en effet le calvaire vécu par Tim, harcelé par les rois du bahut. Il n’a qu’un seul ami, Francis, lui aussi souffre-douleur. Raison de cet acharnement : leur (supposée) homosexualité. C’est donc un portrait dur mais tristement réaliste du lycée que trace 1:54. La violence des élèves et le pouvoir de nuisance des réseaux sociaux y sont montrés sans fard, tout comme leurs répercutions dramatiques. L’ambiance est lourde et troublante. Ni Tim, ni Francis, ni le spectateur ne parviendra à sortir la tête hors de l’eau. Le réalisateur, Yan England, ne prend pas de pincettes pour dépeindre cette tragique situation.
Dans le rôle de Tim, on retrouve Antoine-Olivier Pilon, la révélation de Mommy, film de Xavier Dolan sorti en 2014, qui, pour l’anecdote, avait déjà joué une victime de harcèlement scolaire dans le clip « College Boy » d’Indochine, filmé par ce même Xavier Dolan. Décidément, il ne change pas beaucoup de rôle ! Il donne cependant parfaitement vie à cet adolescent touchant, d’une part décidé à s’en sortir, mais complètement désemparé d’autre part.
Si on peut reprocher à ce film de vouloir dire un peu trop de choses en 1h45, 1:54 reste un drame assez dérangeant au final.

  1. La Belle et la Bête, de Bill Condon

Fin du XVIIIe siècle, dans un petit village français. Belle, jeune fille rêveuse et passionnée de littérature, vit avec son père, un vieil inventeur farfelu. S’étant perdu une nuit dans la forêt, ce dernier se réfugie au château de la Bête qui le jette au cachot. Ne pouvant supporter de voir son père emprisonné, Belle accepte alors de prendre sa place, ignorant que sous le masque du monstre se cache un Prince Charmant tremblant d’amour pour elle, mais victime d’une terrible malédiction. (Allociné)

La Belle et la Bête (affiche)

Le moins qu’on puisse dire, c’est que cette adaptation live du dessin animé Disney était très attendue. Je comptais patienter un peu avant d’aller le voir, mais les critiques dithyrambiques que j’ai pu lire m’ont vraiment incitée à aller le voir au plus vite. Malheureusement, de mon côté, je ne peux pas parler de coup de cœur, seulement d’un très bon moment. Je n’ai vu pratiquement aucune adaptation live (c’est comme avec les remakes – voir Kong : Skull Island un peu plus bas –, j’ai du mal, je préférerais que Disney nous propose quelque chose de nouveau) à l’exception d’Alice aux pays des merveilles (pour Tim Burton et quelle déception ce fut !) et de Maléfique (parce qu’on m’a tannée pour que je le voie enfin). Là, c’était surtout la présence d’Emma Watson qui me donnait très envie de le voir (que voulez-vous, quand elle est dans un film, j’ai du mal à ne pas aller le voir). Et parce que j’aime beaucoup ce conte et son héroïne libre, indépendante et amoureuse des livres. Cependant, je l’ai trouvé long et un peu lent à cause des nouvelles chansons que je ne trouve pas toutes formidables. J’avais parfois envie qu’ils arrêtent de chanter et qu’on avance un peu dans l’histoire. J’adore pourtant les comédies musicales, mais là, c’était parfois un peu trop (donc si la chansonnette et les comédies musicales ne sont pas votre tasse de thé, passez votre chemin). Et je savais qu’ils avaient été très fidèles au dessin animé, mais je crois que, pour un film, j’aurais apprécié une ambiance un peu plus sombre.
Par contre, on s’en prend plein les yeux et c’est le gros point fort du film. Les décors, les costumes, le château, tout est magnifique. Le casting est excellent et les interprétations tout à fait convaincantes. Emma Watson est lumineuse et nous montre toute la bonté, le courage, l’intelligence et la gentillesse de Belle. Elle a une très belle relation avec son père, j’ai apprécié la complicité entre ces deux-là. La Bête est touchante aussi, aussi maladroite et drôle qu’imposante (pourquoi faut-il qu’il se transforme en humain à la fin ? Que ce soit le dessin animé, ce film-là ou même celui de Cocteau, je suis toujours déçue en découvrant le prince…). J’adore toujours autant Big Ben et Lumière (Ian McKellen et Ewan McGregor géniaux) et, dans le rôle du vrai monstre du conte, un Luke Evans qui incarne un Gaston parfaitement détestable. On a fait tout un pataquès autour du personnage gay, LeFou, mais au final, il n’y avait pas vraiment de quoi. Et si je trouve qu’un peu de variété est une bonne chose, là, on peut dire vive les clichés… J’aurais aimé écrire une critique enthousiaste racontant mon transport devant ce film qui m’aurait profondément émue, mais, à mon goût, La Belle et la Bête n’est qu’une adaptation très réussie, visuellement éblouissante et au casting sans reproche, qui souffre toutefois de longueurs.

  1. Freaks, de Tod Browning

Des êtres difformes se produisent dans un célèbre cirque, afin de s’exhiber en tant que phénomènes de foire. Le liliputien Hans, fiancé à l’écuyère naine Frieda, est fasciné par la beauté de l’acrobate Cléopâtre. Apprenant que son soupirant a hérité d’une belle somme, celle-ci décide de le duper avec la complicité de son amant Hercule. (Allociné)

Freaks (affiche)

Tous les jeudis, l’opération « UGC Culte » diffuse sur grands écrans des classiques du septième art. Quel plaisir de découvrir que Freaks, film que j’adore, allait être projeté ce dernier jeudi de mars. Ce film de Tod Browning (qui a également réalisé le génial Dracula avec Bela Lugosi) avait tant scandalisé le public lors de sa sortie en 1932 qu’il a disparu pendant trente ans. Heureusement que des cinéphiles ont permis à ce film totalement atypique d’être redécouvert par le grand public. Tourné avec de personnes réellement atteintes de malformations (qui jouent donc leur propre rôle), c’est un film sombre et dérangeant dans lequel la monstruosité n’est pas forcément là où elle semble être. Certains ont le corps déformé, mais chez d’autres, même chez les plus belles jeunes femmes, c’est leur cœur qui est hideux. Le regard de Tod Browning sur sa « monstrueuse parade » est lucide et certaines scènes sont particulièrement dures tandis que d’autres peuvent mettre mal à l’aise le spectateur. Il aborde avec intelligence les sujets de la différence, de l’intolérance et de la bassesse humaine. Un film troublant et unique à l’atmosphère inquiétante.

  1. Kong : Skull Island, de Jordan Vogt-Roberts

Un groupe d’explorateurs plus différents les uns que les autres s’aventurent au cœur d’une île inconnue du Pacifique, aussi belle que dangereuse. Ils ne savent pas encore qu’ils viennent de pénétrer sur le territoire de Kong… (Allociné)

Kong (affiche)

Kong : Skull Island n’est clairement pas un film que je serais allée voir toute seule, mais ça me permet de découvrir des films que je n’aurai pas vus autrement. Quoi qu’il en soit, cette critique, j’aurais pu l’écrire avant même d’aller voir le film.
Toujours plus. Toujours plus grand, toujours plus fort, toujours plus d’effets spéciaux, toujours plus d’action, toujours plus de balles, toujours plus de bombes… Des lézards-dinosaures-dragons au design… intéressant. Il y a une volonté d’en faire toujours plus qui ne m’impressionne pas et qui me fait doucement rigoler. Dommage qu’ils ne travaillent pas autant sur l’histoire et les personnages que sur les effets spéciaux. Je ne porte pas les énièmes remakes dans mon cœur et j’aime trop les vieux films. Donc pour moi, King Kong restera la peluche du film de 1933.

Kong - King Kong 1933

Ok, ça n’a pas tout à fait la même gueule, mais peu importe.

 En plus, j’ai fulminé pendant tout le film à cause de Samuel L. Jackson, qui joue un colonel obtus qui ne pense qu’à tuer Kong. Son personnage est cliché, mais il m’a quand même énervée. Ok, Kong a écrabouillé quelques hélicoptères, mais, premièrement, il ne faisait que défendre son territoire et, deuxièmement, vous n’aviez qu’à vous éloigner quand ça a commencé à tourner au vinaigre. Je ne comprends pas quelle est cette pulsion humaine qui pousse à détruire, à tuer, à devenir roi même sur une île où ils n’ont clairement pas les moyens de l’être. Et ses hommes qui obéissent comme des toutous (sauf évidemment à la fin dans un retournement totalement attendu)… Bref, ce principe de l’obéissance totale dans l’armée, ce n’est pas ma tasse de thé et, du coup, j’ai passé la moitié du film à les insulter mentalement et à leur dire ce qu’ils devaient faire. On ne fait pas de mal aux animaux. Point. Oui, je sais que ce n’est qu’un film, mais je vis les choses à fond. Et heureusement que j’étais là pour me mettre en colère toute seule car, à côté de ça, le film ne génère pas beaucoup d’émotions.
Après, oui, il y a de l’action, les effets spéciaux sont bien foutus, donc si vous aimez ces films, vous passerez sans doute un bon moment (je ne peux d’ailleurs pas dire que je me suis ennuyée ou autre). Par contre, si vous voulez des personnages subtils et un scénario intéressant, vous ne trouverez pas de ça dans ce film. Quant à moi, je préfère toujours les bidouillages et les effets ratés des vieux films.

 

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10 réflexions au sujet de « Rendez-vous au cinéma ! – Mars 2017 »

  1. Alors mais merci!
    Merci parce que ça me fait plaisir de voir enfin un avis qui ne soit pas 100% positif de La belle et la bête (les gars c’est cool, ça se regarde mais ce n’est pas un chef d’œuvre non plus). Et merci de parler de Freaks, c’est un film que j’adore aussi qui est très fort pour plein de raisons et terriblement en avance sur son temps… malheureusement je ne suis jamais dispo le jeudi pour les UGC cultes (je préférais quand c’était le dimanche ou le mardi dans les cinémas autour de chez moi et que le film changeait chaque semaine selon la salle).

    • De rien, avec plaisir ! ^^
      Et je vois tout à fait ce que tu veux dire à propos de La Belle et la Bête. J’ai eu peu ou prou la même réaction en lisant l’article de La Tête en Claire qui a également un avis plutôt critique sur ce film. J’ai pensé « ah, je ne suis pas toute seule à ne pas avoir été transportée par ce film ! ».
      Mais oui, il est extraordinaire, ce film ! Je ne m’en lasse pas et il me fait toujours une aussi forte impression. C’est dommage que tu ne puisses pas y aller, c’est chouette de revoir certains films sur grand écran et c’est aussi l’occasion d’en découvrir certains ! Je ne savais pas que la diffusion des films UGC Culte était moins fixe avant. (Tiens, à la fin du mois, ils continuent avec Tod Browning en passant son Dracula. Qui est le Dracula que je préfère d’entre tous.)

      • Alors je n’ai encore jamais vu d’adaptation de Dracula et pourtant j’ai adoré l’œuvre de Bram Stoker donc je note pour me le faire si c’est possible.

      • Le roman reste le meilleur, évidemment ! Je n’en ai pas vu cinquante, je me souviens surtout de celui-là et de l’adaptation de Coppola, mais j’adore Bela Lugosi dans ce rôle. (Par contre, ce n’est sans doute pas l’adaptation la plus fidèle. Difficile avec un film d’1h15.)

  2. Bonjour! Et bien moi pour Logan c’est tout le contraire de toi haha. J’adore les X-Men, les mutants, les batailles mais toujours très sobres… Alors qu’ici j’ai vraiment eu l’impression de regarder des combats plein de sang durant deux heures… J’aurais aussi aimé que la fin soit plus magique… qu’on retrouve les enfants de tous les X-Men comme Tornade ou Mystique… J’ai trouvé que ce dernier manquait vraiment de magie. Mais c’est chouette de pouvoir lire un avis différent du sien, cela montre bien que les films (comme les livres) sont vraiment très subjectifs!

    • Ah oui, je vois ce que tu veux dire. L’absence de magie ne m’a pas dérangée, au contraire. J’ai aimé la maturité, l’obscurité, cet amertume, comme si c’était un temps passé et révolu. Et je n’ai pas été choquée par le sang. Alors que je me souviens m’être parfois demandée, dans les X-men, pourquoi Wolverine ne sortait pas plus ses griffes (ne me demande pas dans lesquels ou à quel moment, je les ai tous vus (je crois), mais je les mélange et je ne les connais pas du tout par coeur.) Par contre, j’ai été surprise que les enfants n’utilisent pas vraiment leurs pouvoirs lorsqu’ils sont pourchassés. Dans mes souvenirs, on en voit un ou deux s’en servir une fois, mais sinon ils se laissent capturer sans beaucoup de résistance…
      Et oui, moi aussi j’aime tomber sur des avis différents des miens ! C’est toujours intéressant.

  3. J’ai vu aussi plein de films ce mois-ci (et je trouve que c’est tellement une bonne idée de faire ce genre d’article !). Du coup j’ai vu La belle et la bête que je ne voulais pas voir au vu de la BA mais j’ai été agréablement surprise, j’ai passé un excellent moment ! Noces j’ai aussi envie de le voir, je vais devoir attendre sa sortie en DVD TT

    • Avant, je faisais des articles plus longs sur certains films, mais je me suis aperçue que je n’avais pas trop le temps, ni forcément beaucoup de choses à dire, donc je suis passée à ce format qui me convient beaucoup mieux. Noces était vraiment très bien, avec une actrice principale magnifique. Est-ce que, parmi les films que tu as vus, certains sortent du lot ?

      • Brimstone sort totalement du lot, je suis allée le voir en ne m’attendant à rien de particulier mais ce fut un énorme coup de coeur j’ai vraiment envie d’en parler sur mon blog

      • Ooh, me dis pas ça, je voulais aller le voir aujourd’hui, mais il ne passe plus dans aucun cinéma ! Ce que je ne comprends pas vraiment vu qu’il n’est pas sorti il y a si longtemps… Je suis trop déçue de l’avoir raté !

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