Rendez-vous au cinéma ! – Février 2017

Et voici le bilan de mes découvertes cinématographiques du mois de février !

Tous en scène (affiche)

  1. Tous en scène, de Garth Jennings

N’aimant pas du tout Moi, moche et méchant ou Les Minions, je ne savais qu’attendre de cette nouvelle réalisation des studios Illumination. Et finalement, j’ai été très agréablement surprise. Le scénario est sympathique sans être révolutionnaire, mais l’animation est réussie, l’humour est au rendez-vous et les chansons sont très bien intégrées dans l’histoire qui est, heureusement, suffisamment développée autour des personnages (variés et crédibles, de la grande timide à l’ado rebelle en passant par la maman débordée et le jeune délinquant désireux d’échapper à son père) pour que l’on ne se lasse pas de la succession de chansons. Sans être un chef-d’œuvre, Tous en scène m’a fait passer un très bon moment.

Jackie (affiche)

  1. Jackie, de Pablo Larraín

C’est avant tout pour Nathalie Portman que je voulais voir ce film, mais ce n’était décidément pas le film à voir absolument ce mois-ci. Je l’ai trouvé inutilement lent. Je n’ai rien ressenti – sinon un vague ennui – face à ce portrait psychologique de cette First Lady décidée à rendre tous les hommages possibles à son mari défunt tant pour l’honorer une dernière fois que pour faire son deuil. Quand à Nathalie Portman, j’ai vu tant de critiques dithyrambiques sur la perfection de son jeu que j’ai été un peu surprise : je l’ai trouvé un peu agaçante, empotée et minaudante. La vraie Jackie était-elle vraiment ainsi ? Je n’ai rien appris du point de vue historique et je n’ai ressenti aucune sympathie pour les personnages.

La La Land (affiche)

  1. La La Land, de Damien Chazelle

Le film le plus attendu de ce début d’année ! En dépit du fait que les critiques ultra-dithyrambiques de ces dernières semaines me faisaient attendre LE chef-d’œuvre de la décennie et que j’en attendais donc davantage (je lui reproche notamment quelques longueurs), j’ai a-do-ré ! Les chansons sont chouettes (et je ne connais rien au chant, donc le fait que Ryan Gosling et Emma Stone soient des amateurs ne me dérange en aucun cas) et les musiques, qui, pour certaines, restent bien en tête, donnent envie de danser avec Mia et Sebastian. Les acteurs sont tellement vrais et attachants avec un Ryan Gosling tout en finesse et une Emma Stone tout simplement géniale, à la fois rigolote et touchante. Je ne pouvais que les aimer ! Et surtout, La La Land, c’est un plaisir pour les yeux. Coloré, lumineux, des lumières aux costumes, on sort avec des étoiles plein les mirettes. Un feel-good-movie poétique et dynamique qui rend hommage aux vieilles comédies musicales hollywoodiennes tout en leur redonnant un bon coup de fouet et de modernité. Et la BO du film est à peu près la seule chose que j’ai envie d’écouter depuis un mois !

Passengers (affiche)

  1. Passengers, de Morten Tyldum

Jennifer Lawrence et Chris Pratt, seuls passagers réveillés à bord d’un vaisseau (un chouette vaisseau, soit dit en passant !) en route pour une nouvelle colonie, arrivée prévue dans 90 ans : une histoire de deux Robinson Crusoé intergalactiques livrés à eux-mêmes alors que le vaisseau connaît vraisemblablement quelques problèmes techniques. Un huis-clos qui se laisse voir, sans trop fatiguer les neurones, l’idée est sympathique, mais ce film n’a rien de particulièrement innovant. J’ai lu plusieurs critiques soulignant le côté prenant, inquiétant de l’histoire, pourtant j’ai trouvé que le suspense était gâché par un scénario qui devenait de plus en plus prévisible tout comme chacune des péripéties (à un tel point que j’ai eu quelques fous rires…). Quant aux acteurs, je les ai trouvés globalement un peu lisses (sauf Chris Pratt quand il est encore seul). Un excellent démarrage, mais une qualité en baisse au fil du film.

Loving (affiche)

  1. Loving, de Jeff Nichols

L’histoire n’est pas compliquée : Richard et Mildred s’aiment. Sauf que voilà, il est blanc, elle est noire. Et en 1958, l’Amérique ségrégationniste ne voit pas leur mariage d’un bon œil. Loving, c’est une histoire touchante. Notamment grâce aux acteurs principaux au jeu parfaitement juste : Ruth Negga est aussi lumineuse et pleine d’espoir que Joel Edgerton est effacé et taciturne. C’est elle la porte-parole de leur famille et de leur amour tandis que ses mots à lui passent par ses silences et ses regards. De plus, le film évite tous les clichés qu’on aurait pu attendre de lui : des racistes blancs haineux, des scènes interminables de procès, pas de pathos excessif, ce genre de choses. On reste focalisé sur la famille Loving, la mise en scène est sobre et certains plans sont tout simplement magnifiques. Un très beau film.

Certaines femmes (affiche)

  1. Certaines femmes, de Kelly Reichardt

Pour le prix du film le plus ennuyeux du mois, Certaines femmes sera un sérieux concurrent à Jackie. J’y suis allée sur un coup de tête, ne sachant absolument pas de quoi il parlait. Ça m’apprendra. Ces quatre « portraits de femmes » dans un coin perdu du Montana sont d’une lenteur inouïe. Peu de dialogues, pas de musique, juste le silence pendant qu’on les regarde rouler en voiture ou se regarder sans mot dire. 1h47 de moments de vie si terre-à-terre au cinéma, c’est mortel… J’avoue, j’ai fait un micro somme (mais j’ai remarqué que je n’avais pas été la seule dans la salle !). J’ai trouvé ce film froid, terne et inexpressif. Pourquoi ce film ? (Et pourquoi suis-je allée le voir ?…)

Trainspotting (affiche)

  1. Trainspotting, de Danny Boyle

Je ne l’avais jamais vu même si j’en ai souvent entendu parler. Je ne l’ai jamais lu non plus même si le bouquin d’Irving Welsh m’attend depuis des années dans ma PAL. Je savais que le film parlait d’héroïnomanes écossais et c’est tout. J’ai souvent une petite réticence envers les films qui parlent de drogues, à cause du côté inéluctable de la rechute, je crois. Et effectivement, en dépit de toute sa bonne volonté, Mark Renton replonge toujours. Mais j’ai beaucoup aimé ce film. Le fond pas joyeux et parfois plutôt scabreux – on parle de l’addiction avec tous les malheurs qui en découlent ainsi que de l’avenir peu réjouissant qui semble attendre les jeunes Ecossais – est contrebalancé par de l’humour et un côté un peu délirant. La bande son est bonne et les acteurs excellents, Ewan McGregor en tête. Avec cette bande de copains d’aiguilles, tous aussi paumés les uns que les autres, Trainspotting aborde des sujets graves, parfois dramatiques, sans tomber dans le pathos ou le pessimisme. (Par contre, l’accent écossais… terrible.) Reste à voir si le 2, tourné vingt ans après, avec les mêmes acteurs, sera aussi bon.

Lion (affiche)

  1. Lion, de Garth Davis

Un très beau film – tiré d’une étonnante histoire vraie – sur l’adoption et la quête de ses origines. Comment Saroo, à 5 ans, s’est perdu au point de se retrouver à Calcutta, très loin de chez lui et a été adopté par un couple australien. Comment, à 30 ans, il a entamé une quête pour retrouver sa famille en cherchant son village sur Google Earth. Le ton est particulièrement juste. Le gamin qui joue le jeune Saroo est excellent. Il ne dit pas grand-chose, mais son regard noir fait passer beaucoup d’émotions. Dev Patel nous transmet également la détresse de celui qui est déchiré entre deux cultures, deux familles, deux volontés : d’une part, celle de retrouver sa mère biologique et son frère pour les rassurer sur son sort, de l’autre, celle de ne pas blesser sa mère adoptive. L’Inde est filmée dans toute sa beauté et dans toute son horreur : superbes paysages et misère humaine se côtoient sans cesse. Des problèmes aussi sordides que la vie à l’orphelinat ou le trafic d’enfants ne sont pas passés sous silence. En dépit de quelques longueurs dans la seconde partie du film, cela reste un beau moment de cinéma et une histoire très touchante.

Moonlight (affiche)

  1. Moonlight, de Barry Jenkins

Je suis ressortie assez mitigée de ce film qui nous fait suivre Chiron de l’enfance à l’âge adulte, en passant par l’adolescence. En réalité, le sujet, le fond est intéressant et m’a totalement convaincue, d’autant plus que le réalisateur ne tombe pas dans les clichés. Drogue, relation conflictuelle avec la mère, homophobie, délinquance… Il y a beaucoup de non-dits et les regards sont souvent plus importants que les mots. Les personnages sont parfois plus profonds qu’il n’y paraît au premier abord et changent énormément en grandissant : Kevin se responsabilise (plaisir à retrouver Andre Holland alias Dr Algernon Edwards dans l’excellente série The Knick) tandis que Chiron se forge une carapace de caïd pour oublier les humiliations du passé. En dépit du fait que cette « transformation » m’a surprise au début, l’acteur Trevante Rhodes parvient tout à fait à montrer que, derrière cette montagne de muscles, sa sensibilité est toujours là. Et esthétiquement, il est plaisant à regarder. Vous allez donc me demander pourquoi je suis mitigée après tous ces points positifs ? Pour une seule raison. Parce que c’est LENT ! C’est extrêmement lent (et, par conséquent, long, trop looooong). Surtout l’enfance de Chiron à mon goût (à ce moment-là, je m’inquiétais vraiment pour la suite). Un film intéressant, mais qui ne mérite pas toutes les critiques dithyrambiques qu’il reçoit (ni l’Oscar du meilleur film non plus).

De sas en sas (affiche)

  1. De sas en sas, de Rachida Brakni

Dernier film du mois. Le long trajet de neuf femmes (et un homme et une fillette) de sas en sas, à travers la prison de Fleury-Mérogis, jusqu’au parloir où les attendent pères, frères, fils et maris. Suite à mes déceptions du mois, j’ai hésité avant d’aller le voir. Mais finalement, j’ai bien aimé. Les actrices sont convaincantes, le petit groupe fonctionne bien dans ses amitiés, ses connivences, mais aussi ses inimitiés qui deviennent de plus en plus violentes alors que les patiences s’amenuisent. On vit avec elle (notamment avec Marlène pour qui c’est la première fois) ce trajet oppressant avec ces grilles qui se ferment dans leur dos, ces portes qui claquent, ces clefs qui tournent dans les serrures. C’est long, il faut souvent attendre dans la chaleur d’un été caniculaire, les gardiens sont mutiques, les laissant dans l’ignorance et l’angoisse quand une sirène retentit et que des éclats de voix éclatent du côté des prisonniers. Réaliste quoi que parfois un peu théâtral, ce huis-clos étouffant dénonce aussi bien la culpabilité qui assaille parfois ces femmes – auraient-elles dû écouter plus, comprendre davantage, être plus présentes ? qu’ont-elles raté dans l’éducation de leur enfant ? auraient-elles pu empêcher ce qui s’est passé ? – que (indirectement) les conditions de travail des gardiens.

Voilà ! Et vous, les avez-vous vus, aimés ? Qu’êtes-vous allés voir ce mois-ci ?

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9 réflexions au sujet de « Rendez-vous au cinéma ! – Février 2017 »

  1. Je suis assez surprise (quoique) parce que je suis sortie de Moonlight en trouvant la fin trop rapide et j’attendais encore au moins 30 minutes de plus dans le film, bref pas du tout trop lent bien au contraire mais en croisant un copain dans la salle il m’a dit la même chose que toi. Je me dis de plus en plus que j’ai un rapport au temps particulier! 🙂
    Pour La La Land par contre je crois qu’on est bien d’accord par contre!

    • La fin de Moonlight est effectivement un peu rapide, je ne sais pas, je ne m’attendais pas à une fin comme ça même si, finalement, je la trouve bien. Mais la lenteur, c’est au cours du film que je l’ai ressenti et surtout dans la première partie, l’enfance de Chiron (du coup, ça a sans doute influencé dans la perception de la suite du film…).

  2. J’ai bien aimé Jackie, malgré quelques longueurs et oui, elle m’a aussi un peu agacée par moments. Par contre, un peu déçue par La La Land, je m’attendais vraiment à être transportée, et finalement, même si le film est très beau esthétiquement parlant, je n’ai pas ressenti les émotions attendues.

    • Je comprends pour La La Land, on en a tellement entendu parler ! Je n’ai pas été déçue, mais comme toi, je m’attendais à ressentir des émotions plus fortes et un émerveillement démesuré. Mais j’ai quand même adoré !

  3. J’ai été très surprise d’aimer La La Land, je m’attendais à une romance sur fond musicale, mais au final j’ai adoré. Esthétiquement il est magnifique, l’histoire est jolie, et j’ai beaucoup aimé la fin. et les musiques !!! j’écoute que ça depuis que j’ai été au ciné !
    J’ai très envie de voir Transponting. j’ai est pas mal entendu parler, mais ton avis m’a vraiment convaincue, il faut que je le regarde !

    • Oui, je comprends ! La bande-annonce me plaisait énormément, mais j’avais peur de la romance, mais finalement, c’est passé tout seul et j’ai été ravie du résultat final !
      Oui, moi aussi, j’en avais souvent entendu parler, mais j’étais toujours passée à côté. Et finalement, j’ai beaucoup aimé ! Tu me diras ce que tu en auras pensé ?

  4. Ping : Rendez-vous au cinéma ! – Mars 2017 | L'ourse bibliophile

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