Hugo de la nuit, de Bertrand Santini (2016)

Hugo de la nuit (couverture)Comment résumer ce roman sans révéler des éléments de l’intrigue ? Je ne prendrai pas le risque (surtout que, pour une fois, l’éditeur a eu la bonne idée de ne pas le faire non plus : ça change de ces résumés qui vous dévoilent toute l’histoire), je vous donne juste les quelques mots de la quatrième de couverture :

Une nuit d’été
Un enfant
Des fantômes
Un secret

Caché derrière une magnifique couverture, Hugo de la nuit est un court roman qui se dévore en très peu de temps. Etonnant aussi, car, tel un magicien, Bertrand Santini transforme en clin d’œil l’ambiance du récit. Parfois drôle, à la limite du burlesque ou de l’absurde, parfois grave et solennel, parfois tendre, ou encore terriblement dramatique et poignant. L’histoire finit même par basculer dans le macabre… ce qui m’a surprise et ravie.

J’ai également pensé aux Noces funèbres de Tim Burton. En effet, le monde des humains apparaît comme bien sombre, plein de nuit, de rancœur, de jalousie envieuse, alors que celui des morts est beaucoup plus vif et joyeux. Les dialogues dans le cimetière sont cocasses et dynamiques, ponctués d’éclats de rire et d’absurdités.

On termine cette lecture sur une délicieuse note de flou. On ne sait vraiment ce qu’il en est, ce qui est rêvé, ce qui est réel. Mais ce qui est sûr, c’est, le temps de la lecture, on se laisse embarquer avec plaisir et on croit à tous les événements extraordinaires qui arrivent à Hugo.

Rempli d’humour et de poésie, Hugo de la nuit est un récit onirique et horrifique qui nous faire sourire et frissonner le temps d’une nuit fantasmagorique.

« Hugo aurait dû ressentir de la peur, de la terreur même, à planer au-dessus du monde dans les bras d’un fantôme. Mais tant que l’image de sa mère demeurait au chaud dans son esprit, l’enfant ne craignait rien. »

« Lorsqu’Andy se montrait trop envahissante, Hélène savait mettre un terme à ce jeu. Il n’est jamais prudent de laisser les êtres imaginaires prendre leurs aises dans la réalité. A ne plus les distinguer du rêve, la raison court parfois un grave danger, comme en témoignent ces guerres menées depuis la nuit des temps au nom de personnages qui n’ont jamais existé. »

Hugo de la nuit, Bertrand Santini. Grasset jeunesse, 2016. 213 pages.

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3 réflexions au sujet de « Hugo de la nuit, de Bertrand Santini (2016) »

  1. Ta chronique tombe à pic : je viens de l’acheter / et emprunter à la médiathèque du coup 😉 Depuis le temps que je le voyais passer un peu partout sur la blogosphère, il était temps de m’y pencher !

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