Le seul et unique Ivan, de Katherine Applegate (2012)

Le seul et unique Ivan (couverture)Le seul et unique Ivan, narrateur de cette histoire, est un gorille, un « dos argenté » qui vit avec Stella la vieille éléphante et Bob le chien errant dans un mini cirque qui « reste au même endroit, comme une vieille bête trop fatiguée pour bouger », installé dans un centre commercial américain. Ivan s’est habitué à son « domaine » (comme il appelle sa cage), à la télévision, aux yaourts au raisin et à Mack, leur chef. Et puis il a le dessin et Julia la fille du gardien qui l’encourage. Mais la tristesse de la petite Ruby, une jeune éléphante qui vient de les rejoindre le pousse à rechercher autre chose, à leur trouver une nouvelle vie.

Bien que notre narrateur se soit résigné et ne se plaigne pas de son sort, cette histoire dénonce tout de même la maltraitance animale. Elle n’en est que plus triste lorsque l’on apprend qu’Ivan existe et a connu une telle situation. L’auteure ne tombe pas dans la surenchère en faisant de leur quotidien un pur enfer, mais Mack est tout de même négligeant et le bien-être de ses animaux en pâtit gravement. De plus, nos quatre héros raconteront leur histoire personnelle, celle qui les a menés à Circorama, et les souffrances qu’ils n’ont jamais oubliées.
J’ai été attristée de voir ces animaux – qui sont théoriquement des animaux sauvages et libres – s’humaniser, notamment Ivan qui regarde la télé et a été habitué à porter des vêtements. C’est une véritable réflexion au fil des pages sur la captivité, le comportement des animaux enfermés, leurs conditions de vie, les souffrances accumulées, etc.

La fin se veut heureuse, mais qu’Ivan perçoive le zoo (« un endroit où les hommes réparent les erreurs qu’ils ont commises ») comme une sorte de paradis m’a gênée car ce n’est finalement qu’une autre prison, plus grande certes, avec de la compagnie certes, mais les barreaux sont toujours là.

Ivan raconte l’histoire d’un ton tranquille à travers des chapitres courts. On se sent proche de lui évidemment, mais aussi des autres personnages. J’ai d’ailleurs un coup de cœur pour le pétillant Bob qui, s’il veut paraître totalement désabusé et satisfait de sa vie dans les rues, n’est pas contre un peu de tendresse.

Les illustrations sont discrètes, ponctuant ici ou là un chapitre. Elles ne sont pas très importantes et très naïves, j’avoue que je n’en ai pas vraiment saisi l’utilité.

Tiré d’une histoire vraie, Le seul et unique Ivan interpelle sur le sort des animaux enfermés dans des ménageries ou des zoos trop petits. Une histoire touchante portée par les réflexions d’Ivan sur les hommes, lui-même, ses souvenirs, sa cage, son avenir. A mettre dans les mains des plus jeunes.

 « J’ai appris à comprendre le langage des hommes au fil des années, mais cela ne signifie pas que je comprenne les hommes.
Les hommes parlent trop. Ils bavardent sans cesse, comme des chimpanzés, encombrant le monde avec leur bruit même quand ils n’ont rien à dire. »

Le seul et unique Ivan, Katherine Applegate, illustré par Patricia Castelao. Seuil, 2015 (2012 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par Raphaële Eschenbrenner. 270 pages.

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