La balade de Yaya (3 intégrales), de Jean-Marie Omont, Charlotte Girard et Patrick Marty (scénario) et Golo Zhao (dessin) (2012-2013-2015)

Attention, coup de cœur ! La balade de Yaya est un ensemble de BD franco-chinoises parues à l’origine en neuf petits formats à l’italienne avant d’être republiées en trois intégrales grands formats. C’est l’histoire de Yaya, fillette de sept ans issue d’une famille aisée, qui, accompagnée de Tuduo, un gamin des rues, et de Pipo, son oiseau qui parle, part à la recherche de ses parents, perdus au moment de l’invasion de Shanghai par les Japonais en novembre 1937.

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Ce sont d’abord les magnifiques couvertures de Golo qui m’ont attirée (plus que le titre…). Ces visages d’enfants, ce drôle d’oiseau sur leur épaule, les traits, les couleurs… Et la beauté des couvertures se retrouve dans les dessins à l’intérieur. Tout en rondeurs et en couleurs, les personnages semblent vivants. Les dessins de Golo évoquent l’œuvre de Miyazaki. D’ailleurs, Yaya possède un talent particulier – que je ne révélerai pas – qui ne dépareillerait pas chez le maître de l’animation japonaise.
J’ai également été conquise par la tête de Pipo. Les têtes, devrais-je dire. Qu’il ressente de l’émerveillement, de la peur ou le mal de mer, il est tellement expressif qu’il en devient parfois tordant !

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Après les illustrations, j’ai été séduite par l’histoire portée par un narrateur original… Pipo, l’oiseau de Yaya ! Mais il s’avère finalement que la narration externe n’intervient que dans les premières et les dernières cases de chaque chapitre.
Yaya et Tuduo sont attachants : la première parce qu’elle est forte et volontaire (malgré son côté capricieux) et le second par sa débrouillardise et la manière dont il se sent responsable de son petit frère et de Yaya. Ils vont de mésaventures en mésaventures, rencontrant des gens généreux comme les artistes du cirque de Fuzhou comme des personnes avides et malhonnêtes. Et bien sûr, ils ont leur ennemi : Zhu, tyran des rues, exploiteur des orphelins, attiré par la fortune des parents de Yaya.

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Histoire d’amitié et de solidarité, mais aussi récit initiatique dans lequel Yaya grandit en apprenant à gérer la douleur de la séparation et de la perte et en découvrant une autre réalité qu’elle n’aurait jamais imaginée. Elle fait la connaissance de la méchanceté, de la cupidité et du travail forcé. Le récit s’enchaîne sans répit pour le lecteur qui tourne les pages et passe d’une intégrale à l’autre sans s’en apercevoir.

Sur fond de guerre et de bombes, La balade de Yaya dessine le portrait d’une époque (que personnellement je ne connais pas très bien), mais également d’une Chine où les enfants et les femmes sont parfois exploités jusqu’à leurs dernières forces, voire leur dernier souffle.

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Pour les enfants et pour les adultes, La balade de Yaya est une bande dessinée de qualité, parfaitement réussie que ce soit sur le plan graphique – magnifique ! – ou scénaristique – rythmé, passionnant, intelligent.

La balade de Yaya (3 intégrales), Jean-Marie Omont, Charlotte Girard et Patrick Marty (scénario) et Golo Zhao (dessin). Editions Fei, 2012-2013-2015. 144+142+146 pages.

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