Les Autodafeurs, tome 3 : Nous sommes tous des propagateurs, de Marine Carteron (2015)

Les Autodafeurs, tome 3  (couverture)Les Autodafeurs est une trilogie absolument géniale parue entre 2014 et 2015. Elle est composée des trois tomes suivants :

  1. Mon frère est un gardien
  2. Ma sœur est une artiste de guerre
  3. Nous sommes tous des propagateurs

Réfugiés sur l’île de Redonda, Auguste et Césarine font connaissance des autres enfants de la Confrérie, ceux qui sont appelés à prendre le flambeau à la suite de leurs parents. Mais ce n’est pas le moment de se relâcher car l’ennemi met en place son plan, l’opération XIe plaie d’Egypte. Heureusement, les Mars peuvent compter sur Néné, mais aussi sur leurs nouveaux amis : Inès, Shé et Rama.

 

Ce dernier tome est marqué par la rencontre avec d’autres enfants de la Confrérie, d’autres jeunes qui ont dû fuir pour échapper à la traque lancée par les Autodafeurs, des adolescents qui ont parfois perdu leurs parents, mais qui ont les ressources nécessaires pour les secourir.

C’est l’occasion de découvrir trois personnages atypiques et sympathiques (bien que parfois très agaçants) qui viennent se greffer au trio Auguste-Césarine-Néné : Rama, le Philippin polydactyle, une tête comme Césarine,  Shé, la geekette iranienne et Inès, l’Espagnole féministe et combative, arrière-arrière-…-arrière-petite-fille d’un personnage très célèbre… Une ribambelle de personnages très réussie !

Je m’attendais à ce qu’ils deviennent des héros, plus entraînés, plus puissants après une formation rapide et efficace – un schéma que j’ai eu l’impression de rencontrer plusieurs fois – mais non, j’ai été agréablement surprise sur ce point : ils restent toujours des ados qui doutent, hésitent (sauf Césarine et Rama évidemment) ou encore disent des bêtises (surtout en ce qui concerne Gus).

Coachée par ses deux maîtres à penser, Sun Tzu et Descartes (pour la méthode !), Césarine se révèle souvent, comme dans les deux premiers tomes, un personnage clé. Sous-estimée à tort (sans doute à cause de son gabarit crevette, de ses couettes et ses socquettes), elle fait progresser l’histoire à grands pas. Comme le dit Néné, avec « des yeux de chat, la précision d’un laser, la froideur d’Hannibal Lecter et la mémoire d’un ordi », Césarine est un adversaire redoutable qui m’aura beaucoup fait rire et énormément touchée. Pas de doute, Césarine est mon personnage préféré et je ne l’oublierai pas de sitôt !

 

Marine Carteron sait tenir son lectorat car on ne peut pas dire qu’elle nous laisse beaucoup d’espoir. Jusqu’à la fin, tout va de mal en pis. La Confrérie, rassemblée sur cette petite île, terrée dans les profondeurs, ne semble plus vraiment en mesure de lutter tandis que les Autodafeurs ont le soutien des gouvernements, ce qui leur permet de prendre le contrôle de l’information. Le suspense est donc toujours bien présent avec une action qui se déchaîne dans la deuxième moitié du roman.

Mais encore une fois, combattre ne fera pas tout. Dans ce volume, nos six amis doivent résoudre les énigmes contenues dans un très vieux Carnet de Bord dérobé par Césarine et déjouer les pièges et embûches sur le chemin du trésor auquel il mène. Leurs six cerveaux ne seront pas de trop.

L’écriture est toujours aussi agréable. On alterne entre la précision diabolique de Césarine et la décontraction d’Auguste, mais chaque page nous donne envie de découvrir la suivante. Au programme : des rebondissements, des révélations, une fin stupéfiante et une petite ouverture dans la dernière phrase de Gus qui laissera à chaque lecteur le plaisir d’imaginer sa suite.

 

Avec ce troisième tome qui tient toutes ses promesses, Les Autodafeurs est une trilogie addictive que j’ai vraiment adoré (sitôt dévorée, sitôt conseillée !). Intelligente, diablement bien écrite, elle constitue un cocktail parfait et détonnant entre action et humour, réflexion et émotions. Je me souviendrai longtemps de tous ces personnages bien campés, captivants et tout simplement uniques, avec, à leur tête, l’incroyable Césarine.

C’est avec plaisir que je découvrirai (au retour de mes vacances) le nouveau roman de Marine Carteron, Génération K.

 

« Il a bien fait parce que, même si les nouvelles ne sont pas bonnes, le plan des adultes, lui, est vraiment stupide : ils ont décidé de se cacher et de ne rien faire en attendant de « trouver une solution ».

Quand Rama m’a dit ça, je me suis demandé si c’était vraiment raisonnable de donner autant de responsabilités aux gens sous prétexte que ce sont « des adultes » et j’ai pensé que la définition de ce mot ne devrait pas être établie sur des critères d’âge mais de raison. »

« Je flottais, les yeux grands ouverts sous mes paupières fermées, et je pensais aux milliers d’enfants en train de naître, aux gens qui se souriaient, qui s’embrassaient, qui s’aimaient.

Je les voyais TOUS ; (…)

Ils étaient tous uniques.

Chacun d’eux, à lui seul, était une histoire.

Tous ensemble, nous étions les milliers de phrases d’un grand livre.

Ce que voulaient faire les Autodafeurs, c’était nous réduire à une unique page, un seule et grande page vierge pour imprimer leur toute petite, rachitique et misérable histoire, un conte où l’Homme, en perdant son droit à l’erreur, perdrait la possibilité de se racheter, d’évoluer, de s’améliorer… et serait réduit à rien.

Ils voulaient effacer nos plus grandes richesses, celles qui nous permettaient de grandir, d’avancer, de devenir meilleurs. Ils voulaient gommer nos imperfections, ils voulaient effacer nos différences ; ils refusaient d’attendre que l’Homme devienne lui-même, ils voulaient que nous soyons tous pareils… tous comme EUX ! »

Les Autodafeurs, tome 3 : Nous sommes tous des propagateurs, Marine Carteron. Rouergue, coll. Doado, 2015. 360 pages.

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