The End of the World Running Club, d’Adrian J. Walker (2016)

The End of the World Running Club (couverture)L’hémisphère nord est durement frappé par une pluie d’astéroïdes. Le Royaume-Uni est dévasté. Edgar et sa famille se réfugient dans une caserne militaire encore debout en attendant les secours. Malheureusement, Edgar est en ville pour une mission de réapprovisionnement quand les hélicoptères arrivent et emmènent sa famille et le reste de la colonie. Pour lui, et six compagnons d’infortune, la seule solution pour embarquer sur les bateaux qui les conduiront vers la civilisation est de courir. Courir plus de huit cents kilomètres.

 

Décidément, je crois que je prends de plus en plus goût à la science-fiction, à toute cette littérature qui pose comme question initiale « Et si… ? ». J’ai préféré Station Eleven, mais The End of the World Running Club est également très prenant. Les cinq cents pages ont défilé sous mes doigts comme les kilomètres sous les pieds d’Edgar. Contrairement à d’autres lecteurs, je n’ai pas ressenti de longueurs. Notamment parce que finalement, ils se mettent à courir assez tardivement dans le livre, la première moitié du roman étant essentiellement focalisée sur la vie d’avant, la semaine passée à se protéger dans la cave, l’organisation à la caserne et le début de leur voyage (qui ne se fait pas en courant).

 

Edgar Hill est un personnage touchant bien que parfois agaçant par son caractère un peu mou. A 35 ans, il est loin d’être parfait. Mari et père absent, il se laisse dériver dans une vie qui ne lui convient pas. Il boit un peu trop, se laisse aller et se complaît dans des excuses bidons, du genre « être papa de deux enfants, c’est beaucoup de travail, je n’ai pas de temps pour moi » alors que Beth, sa femme, fait plus que sa part dans leur vie de famille. J’ai aimé les critiques qu’il fait de nos sociétés de consommation, de cette dictature de la vitesse et de la performance.

L’auteur ne tente pas de nous faire croire que cet individu quelque peu bedonnant va se transformer en coureur en deux jours. Non, pour Edgar, courir est un supplice de tous les instants. Mais être séparé de sa famille aussi comme il va s’en rendre compte. C’est donc ce puissant moteur qui va le jeter sur les routes d’Angleterre. Avec lui, on va connaître l’espoir, l’abattement, la fatigue, le courage, le désespoir.

Ses compagnons sont tout aussi réalistes et attachants, notamment Bryce, « l’ours » comme dirait la fille d’Edgar, ou Harvey, le vieil homme au sourire facile et au pas léger, ou encore Laura Grimes, militaire de son état, qui va peu à peu abandonner sa carapace d’autorité et de sévérité. Avec eux, il va connaître l’amitié et une vraie entraide.

 

Au cours de leur périple, ils feront des rencontres qui, comme on peut s’en douter, seront parfois très bonnes, parfois très mauvaises, chacun tentant de survivre selon ses moyens. Ils vont dont côtoyer la solidarité comme l’horreur et seront confrontés à des dérives qui arriveraient probablement en cas de fin du monde connu : tyrannie des plus puissants, des mieux armés, folie religieuse, etc.

 

Les rebondissements de l’histoire s’enchaînent avec fluidité et nous sommes rapidement capturés par cette ambiance sombre et inquiétante, pourtant Adrian J. Walker nous offre également un roman très visuel, parfois presque contemplatif avec de nombreuses images de ce panorama dévasté : tours déchirées, villes pulvérisées, zones inondées, nouveaux reliefs… Certes, cela doit être encore plus fort à visualiser lorsque l’on connaît le Royaume-Uni, mais ce paysage post-apocalyptique est très bien décrit.

Quant à la fin, elle ne tombe pas dans le travers du happy end et elle est plutôt bien trouvée, mais je ne vous en dis pas plus.

 

Attirée par le titre, j’ai découvert un bon roman post-apocalyptique qui, par ses personnages bien campés, m’a embarquée dès les premières pages pour une course désespérée à travers un Royaume-Uni hostile.

 

« Je crois ce que je crois pour rendre la vie moins terrifiante. Les croyances ne sont que cela : des histoires que nous nous racontons pour ne plus avoir peur. Les croyances n’ont pas grand-chose à voir avec la vérité.

Je ne sais pas. Croyance, mémoire, peur – ces choses vous freinent, vous alourdissent, vous empêchent d’avancer. Et moi, il faut que j’avance. Il faut que j’arrête de penser à tout ça. C’est ce qu’Harvey me dirait – arrête de penser, avance. Mais il est difficile d’arrêter de penser quand il n’y a personne d’autre que vous, une bougie et une vieille maison sur la côté croulante d’un pays en ruines. »

« La vérité, c’est que j’étais fatigué de tout ça. J’étais fatigué du vacarme et des vociférations d’un monde qui avait de moins en moins de sens et d’une vie qui m’avait mené exactement là où elle l’avait voulu. La vérité, c’est que la fin du monde, du moins pour moi, est venue comme un soulagement. »

 

The End of the World Running Club, Adrian J. Walker. Hugo & Cie, coll. Hugo thriller, 2016 (2015 pour l’édition originale). Traduit de l’anglais (Australie/Angleterre) par David Fauquemberg. 557 pages.

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2 réflexions au sujet de « The End of the World Running Club, d’Adrian J. Walker (2016) »

    • Merci ! Celui-là, je n’en avais pas entendu parler non plus, je l’ai feuilleté un jour où je m’ennuyais à la banque de retour de la bib, et du coup, je me suis dis « pourquoi pas ? ». Et j’ai passé un bon moment !

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