Vango, tome 2 : Un prince sans royaume, de Timothée de Fombelle (2011)

« J‘ai mis dans ce roman tout ce qui compte pour moi : le souffle de l’aventure, la fragilité, la cruauté, la beauté des existences. Je voulais une saga qui emporte le lecteur, mais qui laisse chez lui des traces. » (Timothée de Fombelle).

Vango 2 (couverture)Nous sommes en 1936 et Vango fuit ses mystérieux ennemis depuis maintenant sept ans. Nous le retrouvons maintenant aux Etats-Unis où, avec Zefiro, il se lance dans la traque du glaçant Voloï Viktor.

 

Nous découvrons de nouveaux personnages : Augustin Avignon (qui, s’il était présent dans le premier tome, prend de l’importance dans celui-ci), Mme Boulard, une attachante et énergique vieille dame, ou encore Cafarello qui a fui la Sicile après avoir commis ses crimes.

Et on retrouve les anciens : Ethel, la Taupe, Zefiro, Hugo Eckener, le commissaire Boulard, Voloï Viktor… Tous ces personnages incroyables aux caractères si différents, mais si forts, qui se croisent, se séparent, mais qui, toujours, sont liés les uns aux autres.

Timothée de Fombelle nous emmène à la rencontre de toute une galerie de personnages extraordinaires, mais tous sont si vivants, si réalistes qu’on s’attendrait presque à croiser Ethel poussant à fond sa Napier-Railton, à voir la Taupe passer devant sa fenêtre, à déjeuner à côté du bon commissaire dans un petit restaurant parisien…

 

On retrouve les mêmes ingrédients magiques que dans le premier tome. Le suspense est toujours aussi fort : sans cesse, des pièges semblent prêts à attraper Vango, des ennemis le frôlent et leur échapper semble à chaque fois plus compliqué. L’action qui ne se pose que rarement et seulement pour repartir de plus belle. De l’émotion dans tous ces destins qui s’entremêlent. Et, pour lier le tout, la plume magique de Timothée de Fombelle qui glisse tantôt une pointe d’humour, tantôt une émotion intense.

 

Les deux premières parties du roman se déroulent dans les années 1936 et 1937, années sombres pendant lesquelles le nazisme étend son ombre menaçante sur l’Europe, mais la partie 3 fait un saut dans le temps pour arriver en 1942, sous l’Occupation. Il y a alors un ralentissement de l’action, le temps de reposer la situation et l’évolution des personnages pendant ces cinq années, puis tout repart sur les chapeaux de roues.

Le secret des origines de Vango sera enfin révélé, mais finalement, ce n’est pas ce qui m’a le plus enthousiasmée. J’étais davantage impliquée dans le présent que dans le passé, c’est-à-dire ce qui allait arriver à Vango, à Ethel, à la Taupe, à Mademoiselle et aux autres.

 

A bord du Graf Zeppelin, du dirigeable Hindenburg ou de la Napier-Railton d’Ethel, Un prince sans royaume, aussi beau et aussi réussi qu’Entre ciel et terre, nous embarque dans une course-poursuite décoiffante à travers l’Europe et les Etats-Unis. L’aventure, le suspense, l’humour et les émotions sont présents de la première à la dernière page. Vango a été un vrai plaisir de lecture !

 

« Elle. Pour chacun, même pour Zefiro, les quatre lettres correspondaient à un être précis, parfois très lointain, un rêve, une ombre ou un regret. »

« Il reconstituait pour la millième fois ce qu’il appelait « ses constellations ».
C’était sa façon de réfléchir.
Dans un ciel nocturne imaginaire, en fermant les yeux, il faisait figurer chaque élément de son enquête. Puis il dessinait mentalement tous les liens qui pouvaient exister entre ces étoiles isolées. »

« Grâce au cauchemar que vivait son pays, il continuait à près de soixante-dix ans à jouer au chat et à la souris dans les jardins publics. La dictature, ça conserve. Il n’était pas loin de le penser. »

« Tous les chagrins sont méprisant, imprenables, perchés à des hauteurs que personne ne peut rejoindre. Peut-être a-t-on trop peur qu’une consolation efface ce qu’il reste des souvenirs. »

« Pendant ces instants, quelques secondes à peine, il passa entre eux un flot agité. Un désordre de vie, de peurs, de souvenirs se promena sur cet étroit chemin. On se serait cru sur une route nationale dans la marée humaine de l’exode de juin 1940. Mais cela, sans un bruit, sans un cri, sans un coup de klaxon, comme dans un film muet. »

 

Vango, tome 2 : Un prince sans royaume, Timothée de Fombelle. Gallimard jeunesse, 2011. 392 pages.

Et ma critique du premier tome de Vango, Entre ciel et terre.

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