Récits de vie en temps de guerre, de Jihad Darwiche (Ouï’Dire, 2009)

Récits de vie en temps de guerre (couverture)Publiés aux éditions Ouï’Dire, ces Récits de vie en temps de guerre rassemblent 15 histoires de vie ayant pour cadre la guerre du Liban, dans les années 1980. Ce sont des souvenirs, des témoignages, des anecdotes, tirés du quotidien des Libanais. Ces histoires vraies se déroulent parfois à la ville, parfois à la campagne ou encore évoquent les anonymes que sont ces servantes philippines ou éthiopiennes dont le nom est inconnu.

L’idée de recueillir ses histoires (vécues par Jihad Darwiche, racontées par sa mère, lues dans les journaux locaux…) lui est venue en voyant, alors qu’il était journaliste, une femme travailler la terre en dépit des explosions et du risque de mourir. Cette rencontre est racontée dans le très beau texte intitulé « Femme-printemps » qui, je trouve, véhicule un espoir fou.

Si l’horreur de la guerre est bien présente, elle ne domine pas. Les souffrances et la peur non plus. Ce que l’on ressent avant tout en écoutant ce livre, c’est l’espoir de ces gens, leurs petits bonheurs, leur lutte pour continuer à vivre. Comment vivre malgré la menace des bombes et les privations au quotidien.

Certaines histoires font sourire comme celle de Nabyl qui va s’acheter un pyjama pour la première fois de sa vie pour être vêtu décemment dans le cas où il serait tué dans son sommeil. D’autres sont très tendres à l’instar de celle nommée « Les deux amoureux » qui parlent de deux personnes âgées qui, ensemble, traversent la guerre. Toutefois, quelques-unes sont dures comme « L’ourson » ou « Le secouriste ».

Le livre audio s’achève sur un poème déclamé en arabe, puis en français qui prône la paix entre les religions.

L’accompagnement d’Henry Torgue au piano est très émouvant. Les airs sont variés, mais soulignent toujours merveilleusement ces histoires pleines de sensibilité.

L’écoute est fluide et l’on termine sans réaliser de l’heure qui vient de passer. Outre la qualité de la narration de Jihad Darwiche, cela est également lié aux récits qui sont très courtes. Si la plus longue fait seize minutes, les autres oscillent entre une, deux, cinq minutes.

Récits de vie en temps de guerre a reçu le prix du livre audio Handi-Livres en 2010.

Un beau témoignage du quotidien des Libanais pendant la guerre (qui est finalement le quotidien de la plupart des populations civiles durant les conflits). Sans verser dans l’émotion à outrance, Récits de vie en temps de guerre trace avec finesse un portrait de ces vies malmenées, voire parfois détruites.

Pour écouter un extrait, rendez-vous sur le site des éditions Ouï’Dire.

« La religion d’Amour »

« Encore hier je reniais mon ami lorsque sa religion n’était pas proche de la mienne

Mais mon cœur accepte dorénavant toutes les images.

(…)

Ma religion est la religion de l’amour, peu importe où les caravanes de l’amour se dirigent.

L’Amour est ma religion et ma foi. »

 

Récits de vie en temps de guerre, Jihad Darwiche. Ouï’Dire, coll. Contes d’auteurs, 2009. 1h.

Je vous propose également de découvrir les Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage par Jihad Darwiche.

 

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Une réflexion au sujet de « Récits de vie en temps de guerre, de Jihad Darwiche (Ouï’Dire, 2009) »

  1. Ping : Sagesses et malices de Nasreddine, le fou qui était sage, de Jihad Darwiche (1999 pour la version papier chez Albin Michel, 2012 pour la version audio chez Alexandre Stanké) | L'ourse bibliophile

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