Colorado, de Frédérique Toudoire-Surlapierre (2015)

Colorado (couverture)Frédérique Toudoire-Surlapierre, professeure de littérature en université, nous emmène pour un voyage, non pas au Colorado comme pourrait le laisser présager le titre de cet ouvrage, mais au pays des couleurs. Quelles sont les symboliques des couleurs dans la littérature, dans le cinéma ? Le rôle des impressionnistes ou de la religion ? Les représentations traditionnelles, les images, les concepts associés à telle ou telle couleur ?

Bleu, noir, blanc, rouge, vert, jaune. Romans, contes, photographies, films, peintures. Imiter le réel, s’en détacher. Quatre chapitres pour parler… de beaucoup de choses.

J’ai été par moment très intéressée, lorsqu’elle se penchait sur un livre, sur un film, voire sur un tableau pour l’examiner plus en profondeur. Les analyses des romans Moby Dick d’Herman Melville ou Le dernier des Mohicans de Fenimore Cooper, du film La Ricotta de Pier Paolo Pasolini ou encore de l’impact du « Carré blanc sur fond blanc » de Kasimir Malevitch sur la littérature (bien que je sois plutôt réfractaire à l’art moderne…) sont des moments où j’ai été davantage absorbée par l’ouvrage.

Malheureusement, ces passages n’étaient pas majoritaires et la « théorie », c’est-à-dire des enchaînements de phrases abstraites et tarabiscotées tant dans leur forme que dans leur fond, faisait retomber l’intérêt périodiquement suscité.

Le sujet traité – les représentations, significations des couleurs – était trop vaste pour être ainsi traité dans un ouvrage de 170 pages. Peut-être un focus sur l’une des facettes abordées ici aurait-il été plus pertinent et surtout plus intéressant. Le rôle du cinéma dans la codification des couleurs et les conceptions divergentes du 7e art apparues parallèlement à la couleur, par exemple. Ou son rôle dans la littérature et les contes. Ou tout autre aspect puisque l’auteure nous a montré dans cet ouvrage qu’ils sont multiples.

Ce que je retire de positif de ma lecture, c’est une envie de lire les romans mentionnés ou de voir les films cités. Je dois au moins à Colorado, faute d’un voyage véritablement agréable, un élargissement de mon horizon culturel !

« Quand vous sortez pour peindre, déclare Claude Monet, essayez d’oublier quels objets  vous avez devant vous, un arbre, une maison, un champ ou  quoi que ce soit. Pensez simplement que là, se trouve un petit carré de bleu, ici un rectangle de rose, ou encore un trait de jaune, et peignez-les, juste comme vous apparaissent leur couleur exacte et leur forme, jusqu’à ce que vous obteniez votre propre impression naïve de la scène devant vous. »

 « Les couleurs sont des parures du monde. » Ionesco

Colorado, Frédérique Toudoire-Surlapierre. Les éditions de Minuit, coll. Paradoxe, 2015. 174 pages.

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