Ici reposent tous les oiseaux, Anne-Fleur Drillon (textes) et Etienne Friess (illustrations) (2013)

Ici reposent tous les oiseaux 1 (couverture)Quand j’ai découvert Ici reposent tous les oiseaux, c’est d’abord l’objet qui a attiré mon attention. Ce très grand format, ce titre rouge légèrement verni encadré de deux schémas en relief, et surtout, cette illustration. Ces drôles de piafs de métal et de boulons, comiquement posés sur un fil électrique ou tournoyant dans le ciel. Un très beau livre qui semblait receler des merveilles et du rêve entre ses pages. Et ce fut le cas comme je le découvris en y plongeant.

Sur plus de soixante pages s’étale un carnet farfelu, celui d’un inventeur du nom d’Ernest Sémaphore. Dans un monde où les oiseaux ont apparemment disparu, il découvre une vieille édition de l’Histoire naturelle des oiseaux de Buffon et se met en tête de recréer, à partir de tout et surtout n’importe quoi, ces fascinantes créatures qui peuplaient les cieux.

Oiseau-peintre, hululeur nocture, colibricoleur, faucon pèlerin, pélican à vapeur, pingouin à réaction. Chaque oiseau fait l’objet d’une présentation de ses caractéristiques principales et d’anecdotes quant à ses habitudes, son alimentation, son milieu, etc. Mais cette description scientifique est truffée de jeux de mots croustillants. Les textes sont amusants et parfois poétiques. Il y a du rythme dans la prose d’Anne-Fleur Drillon et je me suis parfois surprise à répéter certaines phrases joliment rimées.

 

Et bien sûr, nulle création sans croquis, sans schémas, sans gros plans. Etienne Friess s’y est attelé pour ce carnet. Parfois, les dessins sont accompagnés d’une petite explication sur le pourquoi ou le comment de tel ou tel détail de fabrication, de telle ou telle erreur. Plaques de tôle, pinces, vis, tuyaux, radios, aspirateurs, rien ne se perd et tout est utile pour faire naître une nouvelle espèce d’oiseaux mécaniques. Les inventions d’Ernest Sémaphore et Etienne Friess paraissent si crédibles que l’on souhaiterait voir voler ces drôles de piafs.

Des doubles pages thématiques informent un peu plus le lecteur sur les ratés (des créations qu’il vaut mieux oublier) ou les nichoirs (chacun trouvera logement à son goût, qu’il soit petit ou gros, solitaire ou grégaire). De plus, les deux dernières pages présentent les frères de ses drôles d’oiseaux dans notre monde.

Quelques illustrations très colorées s’étalent en double page et ponctuent cet ouvrage. Rêveuses et amusantes, elles capturent quelques instants de la vie quotidienne d’Ernest Sémaphore, notamment sa cohabitation avec ses protégés, ses courses à travers son île en motruche, un « moyen de locomotion rapide et élégant ».

 

Poétique et rigolo, complétement fou, Ici reposent tous les oiseaux est un superbe livre pour tous les ornithologues déjantés ou les amateurs de steampunk. Outre un talentueux illustrateur et une jolie plume, je découvre les éditions Margot qui semblent prometteuses et gage de qualité.

Ici reposent tous les oiseaux (pigeon)
      Le pigeon voyageur

 « Voilà trois ans que je parcours le monde. Des années que je l’observe. Source d’inspiration, il nourrit mes créations, débride mon imagination.

Je m’appelle Ernest Sémaphore. Scientifique de mon état. Pour beaucoup, « le fou pas vraiment savant ». D’aucuns disent de moi que je suis piqué, dérangé, azimuté. Un brin extravagant et tout à fait bizarre. Mais je me suis habitué à ces quolibets.

Ma vie s’écoule au rythme de mes inventions. »

 « J’ai équipé l’un des oiseaux-peintres d’une horloge. C’est l’éclaireur, le leader charismatique, un tantinet despotique. Avec ce système, ses compagnons savent précisément quand s’envoler et se poser. Ne rien laisser au hasard avec ces drôles d’oiseaux à la cervelle de moineau. L’éclaireur est également là pour les protéger du danger. Il surveille les oiseaux qui passent et rapacent. »

 « Arbre à chouettes. Ambiance guinguette et bonne franquette. Pour ne pas voir tout en noir, les hululeurs ont orné leur maison de guirlandes. Repère de fêtards, nid de couche-tard. Quand il faut changer une ampoule, en revanche, y a pas foule. »

Ici reposent tous les oiseaux, Anne-Fleur Drillon (textes) et Etienne Friess (illustrations). Editions Margot, 2013. 63 pages.

Publicités

Une réflexion au sujet de « Ici reposent tous les oiseaux, Anne-Fleur Drillon (textes) et Etienne Friess (illustrations) (2013) »

  1. Ping : Poulbots, de Patrick Prugne (2014) | L'ourse bibliophile

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s