Bou et les 3 zours, d’Elsa Valentin (texte) et Ilya Green (illustrations) (2008)

Bou et les 3 zours (couverture)Une petite fille insouciante perdue dans les bois, comme souvent dans les contes. Dans une maison, trois bols de soupe, trois chaises et trois lits… Oui, c’est l’histoire de Boucle-d’or et les trois ours ! Mais avec cet album signé Elsa Valentin et Ilya Green, préparez-vous à redécouvrir autrement ce conte si connu…

Elsa Valentin reprend ce célèbre conte pour en faire une expérience langagière magnifique. Délaissant le français classique, Bou et les 3 zours accueille allégrement patois et langues étrangères pour créer une sauce riche en sonorités agrémentée de quelques mots valises et autres expressions familières pour épicer le tout. L’italien, l’argot, l’anglais, le créole et les néologismes se mélangent dans une histoire parfaitement compréhensible. Un album qui laisse même une place pour un langage enfantin, celui de son jeune lecteur ou auditeur qui ne maîtrise pas encore tous les sons.

La meilleure manière de découvrir Bou et les 3 zours, ou de le faire découvrir, est de le lire à haute voix. C’est un album qui est fait pour être écouté et toute sa saveur en est démultipliée. Un ravissement pour les oreilles !

 

Couleurs vives, échos japonisants, les illustrations d’Ilya Green transmettent toute la malice de la petite Bou, fillette brune toute mignonne dans sa robe rouge. La forêt  luxuriante est superbe, on meurt d’envie de s’y promener. (J’aime particulièrement celle de Bou caminant à travers la forest en direction de la maison des 3 zours, paysage nocturne dominé par les tons violets.) De plus, pétillantes, elles s’accordent parfaitement avec le dynamisme du texte d’Elsa Valentin.

 

Plein de vie, Bou et les 3 zours est un voyage magique au pays des mots. On dévore les verbes, les noms et les adjectifs, on les mâchonne, on les répète tant ils sont jubilatoires à prononcer ! Trésor à faire partager autour de soi !

En prime : un petit détail à relever. Première page. Bou, devant sa maison, s’apprête à boulotter le monde et arpenter la forêt. Derrière les fenêtres, la maïe fait de la peinture pendant que le païe est aux fourneaux ! Merci pour cette page, Ilya Green !)

 

« L’était une fois une petite Bou qui livait dans la forest avec sa maïe et son païe. Un jour, elle partit caminer dans la forest pour groupir des flores.

– Petite Bou, ne t’élonge pas troppe, lui dire sa maïe et son païe.

– Dakodak, respondit Bou. »

 « Ma il tardait et bientôt le sole alla se couchotter.

– Patastrophe ! s’excrilla Bou. J’ai caminé longi lontano troppe ! Oussa ma casa ? Il nocte et je me suis perdite !

Œilladant autour d’elle, elle visa une lumi luce qui brillait entre les zarbres. Elle proxima jusqu’à une casa pikinote. Elle gonca tocca ma nul ne respondit, alors elle poussa la porte et entra la casa. »

A feuilleter sur le site des éditions de L’atelier du poisson soluble.

Bou et les 3 zours, Elsa Valentin (texte) et Ilya Green (illustrations). L’atelier du poisson soluble, 2008. 42 pages

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