Bidouille & Violette : chronique mélancomique d’un premier amour, par Bernard Hislaire (2013)

BIDOUILLE ET VIOLETTE INT NE[BD].indd.pdfJ’ignorais qu’Yslaire avait été Hislaire et ne connaissais de lui que Sambre. Aussi, Bidouille & Violette a été l’occasion de découvrir une autre partie de son œuvre. Merci, Nicola Sirkis, d’avoir écrit la préface ; sans cela, je reconnais que je serais probablement passée à côté de cette intégrale.

Cette histoire commence comme une amourette adolescente entre un garçon complexé et timide et une jolie fille à qui tout le monde fait la cour. Plus qu’une amourette, un amour fou.

Dès le premier tome, Bidouille connaît la morsure de la jalousie lorsqu’il découvre qu’un copain est amoureux de la même fille que lui. Ce sentiment s’amplifie dans le second volume, Les jours sombres, lorsqu’arrive Lazone, un garçon qui colle Violette d’un peu trop près (qui est en réalité son cousin). Le lecteur, au courant du quiproquo, voit Bidouille s’enfoncer dans une jalousie et une rancœur dévorantes qui, même si on peut les comprendre, restent un peu pathétiques.

Tels Roméo et Juliette, les deux amoureux (ne parlons pas d’amants, le thème de la première fois même s’il est sous-entendu, n’est jamais abordé que ce soit par l’image ou par les mots) doivent faire face à l’incompréhension de leur famille et surtout à l’opposition du père de Bidouille. Obstacle permanent puisqu’il interdit à son fils de voir Violette sous le prétexte un peu fallacieux qu’il doit étudier. La comparaison ira crescendo jusqu’à la fin de l’histoire qui se terminera avec un parallèle entre l’histoire de Bidouille et Violette et l’adaptation télévisée de la célèbre pièce de Shakespeare.

 

Histoires courtes initialement publiées dans Spirou, on reconnaît le trait tout en rondeur des bandes dessinées belges dans les planches d’Hislaire même si ses personnages n’ont pas le gros nez rond de Gaston, de Boule et Bill ou de Spirou et Fantasio. Alors que les aventures exotiques (Papyrus, Natasha, Lucky Luke…) ou l’humour (Boule & Bill, Les femmes en blanc…), Bidouille & Violette raconte le quotidien, la vraie vie avec des amoureux, des parents, des amis, des cours et des vacances.

Le ton évolue au fil des 220 pages. Ce qui débute comme une idylle romantique et naïve devient plus sombre : la faute en incombe à la jalousie, au père de Bidouille, mais aussi aux différences entre Bidouille et Violette. Car finalement, qu’ont-ils en commun ? A part des bisous et du silence, ils ne semblent pas partager grand-chose…

Les couleurs du second tome sont déjà différentes : nous quittons l’été pour l’automne, le froid arrive, le brouillard s’installe. Mais, selon moi, le récit atteint son apogée dans le troisième tome, La Reine des Glaces. Inspiré du conte La Reine des Neiges d’Andersen, ce volume est composé d’un rêve que Violette raconte à son journal intime. Sombre, violent, désespéré, ce passage onirique, voire psychanalytique, est oppressant.

Je ne révélerai rien du dénouement qui ne fait qu’exacerber ces évolutions.

 

Je ne savais pas à quoi m’attendre, je l’ai acheté sur un coup de tête, j’ai même été surprise de découvrir une fois chez moi qu’il était en couleur (je m’attendais à du noir et blanc), mais c’était en définitive une très bonne lecture. On retrouve le thème de l’adolescence et des difficultés que cet âge amène, thème cher à Nicola Sirkis récurent dans la discographie d’Indochine.

« Enfin des chroniques mélancoliques de nos innocences recherchées, mais aussi des chroniques mélancomiques, parce que tout n’est pas sombre dans notre adolescence.

Il n’y a qu’à y croire et rêver. »

(Nicola Sirkis, avant-propos)

 « La fin des cours à l’institut St-Tutty, c’était la fin des cours de Violette. Et toutes les sonnettes qui accompagnaient la cloche de St-Tutty saluaient Violette… Et comme chaque matin, Bidouille, le fils du marchand de frites, était là, un peu jaloux… et très timide. »

Bidouille & Violette : chronique mélancomique d’un premier amour, par Bernard Hislaire (2013)

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